Le T-Rex de l'an 2000
Voilà déjà un quart de siècle que ce nouveau millénaire a commencé, et j’attends toujours une adaptation drama ou anime de 20th Century Boys, l’œuvre monstrueuse de Naoki Urasawa. En comparaison du manga, les trois films font pâle figure, et je suis persuadé qu’on peut atteindre la qualité de Monster ou Pluto en anime. Mais soyons honnête, qui s’intéresse encore à cette histoire, du siècle dernier et de la peur de l’an 2000, à part la génération X, comme moi ?Quelques dramas reprennent le principe éculé d’adultes se retrouvant vingt ans après, pour inonder l’écran de flashbacks sur leur enfance et enquêter sur l’un d’entre eux après de mystérieux meurtres… Ii koto, Warui koto ne change rien à la règle, mais apporte-t-il du sang neuf en attendant l’adaptation ultime de mon manga préféré ?
Réunion d’anciens élèves, rêves d’enfance non réalisés, enquête pour retrouver certains d’entre eux : du déjà-vu, certes, mais ici, c'est rondement mené et rien d’étonnant, au vu du casting.
Mamiya Shotaro, qui ne cesse de se bonifier avec l’âge et qui n’a sans doute jamais été aussi mature (comprendre : beau) que dans ce rôle d’ancien harceleur scolaire, prenant enfin conscience de la gravité de ses actes passés.
Araki Yuko, connue pour ses rôles de râleuse tant son sourire crispé est devenu sa marque de fabrique, ne pouvait être que cette ancienne victime de harcèlement, véritable sport national au Japon. Belle lorsqu’elle sourit, glaçante quand celui-ci s’efface. C’est exactement ce qu’on lui demande ici, afin de laisser planer le doute sur ces meurtres tous plus glauques les uns les autres. En est-elle l’origine ? Une vengeance compréhensible quand on découvre à quel point les enfants peuvent être cruels entre eux…
Si le trait semble parfois exagéré par le manque d’empathie de quasiment toute l’école envers le personnage d’Araki Yuko, il l’est tout autant du côté des adultes, dont très peu reconnaissent à quel point le harcèlement est ignoble. Peut-être déformons-nous la réalité de l’an 2000 avec nos yeux de 2025, mais j’en doute. Petit moment de gêne donc, lors de ces scènes pourtant bien représentatives de notre enfance. Le reste du casting ne démérite pas, chacun sonne juste. Elles pourraient bien agir comme un miroir pour nous et nous toucher droit au cœur.
Et évidemment, on ne peut qu’admirer l’aisance des enfants, d’autant plus qu’ils ressemblent vraiment à leurs équivalents adultes. Si l’on fait fi d’un pitch trop convenu pour ce type de thriller, et qu’on accepte que les flics soient encore une fois d’une nullité abyssale, incapables de mettre en garde à vue la suspecte n°1, même après le quatrième meurtre d’un ancien harceleur, vous passerez un bon moment à tenter de déterminer qui est à l’origine de ces assassinats dignes de Destination Finale.
En résumé, un Mystery Drama, pas original dans son concept, mais un peu plus dans son déroulé, porté par un bon jeu d’acteurs et un suspense solide. Et surtout, un drama qui nous replonge avec nostalgie à l’aube des années 2000, à coups de parties de Bomberman et de cartes Yu-Gi-Oh. À chaque génération son 20th Century Boy, finalement.
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