Toc, toc, toc, ... Miraï Connor ?
Jusqu’à quel point peut-on se confondre avec son personnage ? Même prénom, même métier, peut-être même caractère : Shida Mirai endosse le rôle avec un naturel décomplexé d’une 9borders désespérée de ne toujours pas avoir réussi à percer dans le monde du spectacle. Avec cette histoire écrite pour elle, et pas seulement pour le prénom, elle réussit à nous faire oublier son statut d’ex-enfant star et habite son rôle comme si elle était elle-même débutante dans le milieu. Maladroite et passionnée, elle transmet immédiatement cette sensation infinie de galère qu’est sa vie de célibataire malchanceuse.Par ailleurs, son interprétation dans cette comédie romantique parvient à faire oublier le côté complètement « what the fuck » de la situation dès le premier épisode. Il y a bien quelques rappels, çà et là, d’une montre qui vient du futur, mais très peu de clins d’œil au monde de 2036, et le parti pris est plutôt rafraîchissant. Ce petit garçon ultra débrouillard et tellement chou, du haut de ses 6 ans, ne connaît rien au monde des adultes à part sa crèche, qui est sûrement préservée de l’IA et de la robotisation qui exploseront avec l’avènement de Skynet en 2036. En plus, elle est cassée, la montre, donc aucune information ne trouble le monde bien réglé du Japon de 2026.
Mirai-chan enchaîne les baito, les petits copains et les galères en gérant sa nouvelle vie de maman. Le scénario aurait tout aussi bien pu être l’abandon du fils à la naissance et la récupération de celui-ci après la mort du père. Mais la comédie remplace le drame dans une situation de single mother où la quête est inversée. On ne recherche pas le père pour le mettre devant ses responsabilités, parentales ou financières, mais pour savoir comment va être le futur de Mirai, du point de vue sentimental, mais aussi professionnel, puisqu’elle reçoit enfin des propositions de rôles, qu’elle devra abandonner à cause de l’apparition de son fils, tant le Japon de 2026 ressemble encore à celui de 1986 pour les femmes.
« Qui sera le papa ? » remplace la comptine du « Papa, où t’es ? », rendant tellement plus sympathique cette quête. Un conte moderne où Mirai n’est la princesse de personne et ne compte pas le devenir. Être maître de son destin n’est-il pas le futur rêvé de toute la génération Z ? La musique est bonne, la production est bonne, l’humour et les sentiments sont omniprésents. Un must de l’hiver 2036.
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