Quantcast

Details

  • Last Online: 3 hours ago
  • Location:
  • Contribution Points: 2 LV1
  • Roles:
  • Join Date: August 5, 2020
Completed
Love for Love's Sake
1 people found this review helpful
7 days ago
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 8.0
Rewatch Value 8.5
This review may contain spoilers

Une pépite cachée victime de son format trop court

Love for Love’s Sake est un drama qui ne me faisait absolument pas envie. J’ai tellement retardé l’échéance que j’en ai presque oublié qu’il existait. Le concept de transmigration n’est vraiment pas quelque chose que j’affectionne en temps normal. Mais, toujours dans mon mood coréen, j’ai fini par lui accorder une chance, sans grandes attentes. Et franchement, quelle bonne surprise ! Je ne m’attendais pas à autant apprécier cette histoire, qui a su me séduire bien au-delà de son concept initial. Sous ses airs de romance scolaire mignonne se cache un récit plus dramatique qu’il n’y paraît, porté par des personnages profondément attachants et une relation qui prend le temps de se construire, et c’est ce qui m’a véritablement charmée.

En effet, derrière son emballage de romance scolaire, le drama aborde des thématiques particulièrement lourdes, notamment le deuil, l’abandon, le harcèlement et même le suicide. Le contraste entre l’apparente légèreté du cadre et la gravité de certaines situations fonctionne bien, d’autant que les personnages ne sont pas réduits à leurs souffrances. L’un des aspects les plus intéressants repose sur la position particulière de Tae Myung-ha, qui possède l’esprit d’un adulte de vingt-neuf ans dans un corps adolescent. Son regard sur le monde diffère donc considérablement de celui de ses camarades : il dispose d’un recul, d’une maturité et d’un instinct protecteur qui viennent bousculer les dynamiques habituelles du milieu scolaire. Là où d’autres réagiraient impulsivement, lui est capable de prendre de la distance, de désamorcer certaines situations et de protéger les plus vulnérables sans nécessairement recourir à la confrontation. Cette différence d’âge mental ne constitue pas seulement une particularité amusante du concept ; elle influence réellement sa manière d’interagir avec les autres et donne à la romance une dynamique moins conventionnelle.

Et c’est notamment ce qui m’a le plus séduite chez lui. Dans beaucoup de BL, le rôle du protecteur revient au ML, généralement plus froid, plus intimidant ou plus expérimenté, tandis que le MC se retrouve dans une position plus vulnérable. Ici, les rôles sont presque inversés. Myung-ha possède cette assurance tranquille, cette aura intimidante et cette capacité à prendre les choses en main qui lui donnent davantage l’énergie du ML traditionnel. Il peut se montrer joueur, insolent et parfaitement capable de remettre à leur place ceux qui cherchent à lui marcher sur les pieds, mais il n’a pas besoin de prouver constamment sa force. Mais c’est surtout son altruisme qui constitue l’un des piliers de son personnage. Il aide les autres spontanément, les protège et se préoccupe de leur bien-être, quitte à reléguer le sien au second plan. Cette générosité est touchante, même si elle révèle également une tendance à se considérer comme secondaire, comme si sa propre sécurité et son bonheur avaient moins de valeur que ceux des personnes qui l’entourent. Derrière son assurance se dessine ainsi un personnage plus fragile qu’il n’y paraît, dont le passé réel reste longtemps dans l’ombre. On comprend progressivement que sa vie n’a pas été particulièrement heureuse et qu’il a appris à composer avec sa souffrance plutôt qu’à espérer véritablement autre chose. Cette dimension apporte une profondeur bienvenue à un protagoniste qui aurait facilement pu se limiter au rôle du grand frère protecteur, distribuant ses bonnes actions avec le sourire.

Face à lui, Cha Yeo-woon est tout aussi attachant, mais pour des raisons presque opposées. Son apparente froideur dissimule une solitude immense, façonnée par l’abandon, le deuil et un environnement familial profondément défaillant. Sa carapace n’est donc pas une simple posture de beau garçon mystérieux destinée à faire fondre le public : elle constitue une protection contre un monde qui lui a rarement donné de bonnes raisons de faire confiance aux autres. Là où Myung-ha a appris à se rendre utile et à s’effacer, Yeo-woon a appris à se fermer et à tenir les gens à distance. Leur rencontre permet alors de confronter deux manières différentes de survivre à la souffrance. Myung-ha lui apporte une présence stable, de la tendresse et une attention désintéressée, sans lui demander de justifier son existence ni de mériter cette affection. Et voir progressivement ce garçon glacial se transformer en un adolescent candide, maladroit face à ses premiers émois et soudain beaucoup moins capable de dissimuler son attachement est un véritable plaisir. Il y a quelque chose de particulièrement touchant dans cette découverte de l’amour, justement parce qu’elle conserve une certaine innocence. Yeo-woon n’a pas besoin de devenir un séducteur expérimenté du jour au lendemain : il découvre simplement qu’il aime quelqu’un, qu’il a envie de se rapprocher de lui et que cette proximité lui fait du bien. Sa tendresse nouvelle contraste délicieusement avec la carapace qu’il s’était construite, sans pour autant effacer la souffrance qui l’a façonné.

Leur relation constitue incontestablement le cœur du drama, et c’est là que j’ai pris le plus de plaisir. Nous sommes sur un véritable slow burn, où les sentiments se développent progressivement à travers les gestes, les attentions et les habitudes qui s’installent entre eux. Rien ne donne l’impression que les personnages doivent brusquement tomber amoureux parce que le scénario a décidé que le moment était venu. Yeo-woon s’attache à Myung-ha parce qu’il découvre quelqu’un de sincèrement gentil, une personne plus mature qui prend soin de lui sans chercher à le contrôler ni à obtenir quelque chose en échange. Quant à Myung-ha, son affection possède une origine un peu différente. Il connaissait déjà Yeo-woon comme personnage et avait éprouvé de la compassion pour lui avant même de le rencontrer. Il savait à quel point son existence était douloureuse et combien de malheurs l’attendaient. Mais cette tendresse initiale, presque dirigée vers un personnage de fiction qu’il souhaitait voir heureux, finit par se transformer en un attachement bien réel. Yeo-woon cesse d’être simplement quelqu’un qu’il veut sauver : il devient une personne dont la présence compte pour lui, au point que certains gestes lui viennent naturellement, avant même qu’il ait pleinement conscience de ce qu’ils signifient. C’est précisément cette évolution que j’apprécie. Les sentiments ne sont pas systématiquement décortiqués, expliqués ou accompagnés d’une déclaration solennelle à chaque étape. Ils se glissent dans le quotidien, dans la proximité, dans une main que l’on prend sans réfléchir ou dans une envie de retrouver l’autre qui devient progressivement évidente. La romance laisse ainsi de la place à la spontanéité et à la tendresse, sans chercher à transformer chaque interaction en événement dramatique. Et avec deux personnages aussi adorables, inutile de préciser que le capital doki doki est largement rentabilisé.

Le concept du jeu vidéo mérite également d’être souligné, car il participe directement à cette évolution. La mission confiée à Myung-ha lui donne un objectif concret, mais sa connaissance préalable de l’histoire de Yeo-woon lui permet surtout de comprendre certaines de ses réactions et d’anticiper les difficultés qu’il rencontre. Le dispositif crée donc un lien entre la fiction originale et la relation qui se développe dans le présent. Mais le jeu ne se contente pas de distribuer des quêtes comme un PNJ particulièrement insistant : ses règles ont des conséquences, et les modifications apportées au scénario finissent par perturber son fonctionnement. Lorsque le système commence à dysfonctionner, la quête initialement centrée sur le bonheur du ML se transforme en une situation beaucoup plus dangereuse, dans laquelle les choix de Myung-ha peuvent affecter sa propre survie et celle de ceux auxquels il tient. Cette évolution donne une véritable portée dramatique au concept et soulève des questions intéressantes sur la frontière entre personnage fictif et individu réel, ainsi que sur les conséquences de la volonté de modifier une histoire. Le système devient alors une contrainte narrative à part entière, et non un simple distributeur automatique de romance. C’est aussi ce qui rend certaines décisions de Myung-ha révélatrices de sa personnalité : lorsqu’il refuse de sacrifier quelqu’un pour faciliter sa propre progression, son comportement dépasse largement le cadre de la mission initiale. Il ne cherche plus uniquement à réussir le jeu, mais à préserver les personnes auxquelles il s’est attaché.

Malheureusement, si le drama prend son temps pour installer ses personnages et construire leur relation, il se montre nettement moins patient lorsqu’il s’agit de conclure son intrigue. Certaines péripéties se résolvent trop rapidement, notamment les quêtes qui jalonnent le parcours de Myung-ha, et plusieurs éléments du contexte auraient mérité davantage de développement. Ce défaut devient surtout problématique dans les derniers épisodes, où les événements s’enchaînent à un rythme précipité, ponctué d’ellipses qui coupent des scènes importantes sans toujours assurer une transition satisfaisante. On passe parfois d’une situation à une autre avec l’impression qu’il manque des morceaux entre les deux, ce qui nuit à la compréhension des événements et réduit l’impact émotionnel de certaines révélations. J’aurais préféré que le drama prenne le temps de développer les réactions des personnages, de montrer leurs états d’esprit évoluer et de laisser les conséquences des rebondissements s’installer avant de passer à la suite. Une progression plus maîtrisée, qui aurait fait monter la tension jusqu’à une véritable apothéose, aurait permis de rendre le dénouement beaucoup plus marquant. C’est d’autant plus frustrant que le scénario avait largement de quoi nous offrir cette montée en puissance. La série commence tranquillement, installe son univers, développe ses personnages et prend le temps de faire évoluer la romance, puis semble soudain découvrir qu’il ne lui reste plus que quelques minutes avant la fermeture du magasin. Résultat : sprint final, scènes escamotées et développement émotionnel parfois sacrifié sur l’autel de l’efficacité. Le contraste avec le rythme du début est assez brutal.

Et c’est précisément ce qui me frustre le plus dans la révélation finale, car le fond est réellement excellent. Le retournement de situation recontextualise l’histoire de Myung-ha et donne une tout autre signification à la conversation qui ouvre le drama. Ce qui semblait être un échange avec son ami se révèle être une discussion avec une figure que l’on peut interpréter comme une sorte d’ange de la mort, à laquelle Myung-ha demande, en substance, une nouvelle chance. Son passage dans le jeu n’est donc pas le fruit d’un hasard ou d’une simple fantaisie scénaristique : il constitue une occasion de vivre autrement, après une existence marquée par la souffrance. La révélation établit également un parallèle bouleversant entre Myung-ha et Yeo-woon. Tous deux ont connu l’abandon, la perte de leur grand-mère et le rejet, au point que Myung-ha a lui-même fini par renoncer à la vie. Ce qui rend leur rencontre encore plus touchante, c’est que celui qui s’efforce de sauver Yeo-woon a lui aussi été un garçon qui avait besoin d’être sauvé. Son altruisme prend alors une dimension nouvelle : il ne vient pas seulement de sa maturité ou de sa compassion, mais s’inscrit dans une histoire personnelle que le récit nous avait jusque-là dissimulée. Le jeu lui offre la possibilité de modifier le destin de Yeo-woon, mais aussi, indirectement, de découvrir une autre manière d’exister. C’est une idée magnifique, qui donne rétrospectivement beaucoup de profondeur à leur relation et à leurs trajectoires respectives.

Seulement, cette révélation aurait mérité un traitement autrement plus ambitieux. Le scénario dispose de tous les ingrédients nécessaires pour provoquer un véritable choc émotionnel, mais il ne laisse pas suffisamment de place à leur retentissement. Les souvenirs de Myung-ha, la découverte de la vérité par Yeo-woon, les conséquences de ce passé sur leur relation et la manière dont chacun pourrait assimiler ces informations auraient dû constituer le point culminant de l’histoire. J’aurais voulu voir les personnages réagir, prendre le temps de comprendre ce qui leur arrive, confronter leurs émotions et mesurer ce que cette révélation change réellement entre eux. Au lieu de cela, les événements s’enchaînent trop vite, comme si le drama avait peur de s’attarder sur les moments qui auraient justement pu le rendre inoubliable. Le twist est incroyable, mais son exécution ne lui rend pas pleinement justice. Et c’est dommage, parce que je ne reproche pas au drama un manque d’idées, bien au contraire : je lui reproche de ne pas avoir suffisamment exploité celles qu’il avait. Avec quelques épisodes supplémentaires, ou simplement un dernier arc mieux construit, cette conclusion aurait pu devenir le véritable point d’orgue émotionnel de la série. À la place, elle laisse une frustration persistante, celle d’avoir aperçu le potentiel d’une histoire qui aurait pu nous achever proprement, mais qui a préféré nous pousser gentiment vers la sortie.

Heureusement, l’interprétation contribue largement à faire vivre cette histoire. Le jeu d’acteur est excellent, avec des performances qui rendent les personnages crédibles aussi bien dans leurs moments de légèreté que dans leurs passages plus douloureux. La complicité entre les deux protagonistes fonctionne particulièrement bien : leur proximité se construit avec naturel, leurs réactions donnent du relief aux petits gestes et leur évolution émotionnelle ne repose pas uniquement sur les dialogues. Ils parviennent à rendre leur relation attachante sans avoir besoin d’en faire des tonnes, ce qui correspond parfaitement à cette romance fondée sur les attentions quotidiennes et les sentiments qui se dévoilent progressivement. Les personnages secondaires apportent également leur contribution à l’ensemble et participent à donner de l’épaisseur à cet univers, même si certains auraient pu bénéficier d’un développement plus poussé. L’ensemble fonctionne donc très bien sur le plan humain, ce qui permet au drama de conserver son pouvoir d’attachement même lorsque son intrigue finale commence à perdre en fluidité.

En résumé, Love for Love’s Sake m’a surprise sur de nombreux aspects. Je partais avec de sérieux a priori concernant son univers de transmigration, et j’ai finalement découvert une histoire bien plus intéressante que ce que son concept laissait présager, portée par des personnages adorables, touchants et parfois même admirables. Myung-ha et Yeo-woon forment un duo particulièrement attachant, dont la relation apporte autant de douceur que de douleur, et dont l’évolution constitue le véritable moteur émotionnel du drama. J’ai aimé leur dynamique inversée, la manière dont ils apprennent à se faire confiance et la place laissée aux gestes spontanés plutôt qu’aux grandes déclarations. J’ai également apprécié que le jeu vidéo conserve une véritable fonction scénaristique, jusqu’à devenir un élément perturbateur qui donne du poids aux choix des personnages. Mais je reste frustrée par cette fin précipitée, qui accumule les révélations sans leur accorder tout l’espace nécessaire pour déployer leur potentiel. C’est d’autant plus regrettable que le twist final était excellent et que l’histoire avait tous les atouts pour devenir un véritable coup de cœur scénaristique et émotionnel. Il lui a simplement manqué le temps, ou la volonté, de mener ses dernières idées jusqu’au bout. Je ressors donc avec beaucoup d’affection pour ce drama, mais aussi avec ce petit goût d’inachevé qui empêche l’enthousiasme de se transformer en coup de cœur.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Summertime
1 people found this review helpful
22 days ago
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 8.0
Music 7.5
Rewatch Value 9.5
This review may contain spoilers

Quand le rêve devient une réalité ou inversement…

Summertime est un drama qui me faisait énormément envie depuis plusieurs semaines, notamment à cause des nombreux extraits que j’avais vus passer sur Internet et qui laissaient entrevoir une tension romantique et sexuelle particulièrement palpable. Le genre de tension qui traverse l’écran et vient tranquillement s’installer dans ton salon sans avoir demandé l’autorisation. J’avais donc volontairement résisté à l’envie de commencer la série à coups d’extraits volés, histoire de pouvoir la regarder entièrement d’une traite. Et autant dire que, sur ce point, je n’ai absolument pas été déçue. Si je ressors finalement assez mitigée par sa conclusion, il faut tout de même reconnaître une chose : jusqu’à cette fameuse fin, Summertime aura été une expérience particulièrement réussie, avec une romance qui fonctionne énormément sur la proximité, la complicité et surtout une tension physique qui pourrait probablement alimenter toute une centrale électrique.

On suit Cha Do Hyeon et Yeo Eun Ho, deux amis d’enfance qui se connaissent depuis le berceau et ont pratiquement grandi ensemble. Ils vivent proches l’un de l’autre, passent leur temps ensemble et sont tellement habitués à la présence de l’autre qu’ils fonctionnent presque comme une petite entité à deux. Sauf qu’un beau jour, Do Hyeon se met à rêver d’Eun Ho d’une manière qui n’a plus grand-chose à voir avec les rêves innocents qu’on pourrait avoir de son meilleur ami. Et à partir de là, quelque chose se dérègle dans son cerveau. Son regard change, il devient soudain beaucoup plus conscient du corps et de la présence d’Eun Ho, peine à le regarder dans les yeux ou à supporter certains contacts qui, auparavant, lui semblaient parfaitement normaux. Le garçon vient de découvrir qu’il est attiré par son meilleur ami et son cerveau semble avoir décidé de gérer l’information en lançant Windows en mode sans échec. Et évidemment, la jalousie ne tarde pas à pointer le bout de son nez. Ce qui était au départ inconscient devient rapidement parfaitement conscient, au point que Do Hyeon développe un besoin assez spectaculaire de marquer son territoire dès que quelqu’un s’approche un peu trop d’Eun Ho. Les autres comprennent assez rapidement qu’il y a un périmètre de sécurité à respecter. Eun Ho est une chasse gardée et il vaut mieux ne pas venir tester les limites du rottweiler. Parce que derrière son calme apparent, Do Hyeon peut devenir particulièrement mauvais dès qu’on touche à ce qu’il considère comme étant à lui.

Et justement, cette tension est probablement l’un des gros points forts de la série. Summertime ne se contente pas de nous dire que ces deux garçons sont attirés l’un par l’autre. Elle prend le temps de faire monter cette attraction, de la faire passer par les regards, les réactions physiques, la gêne, la proximité et surtout cette sensation permanente qu’ils sont en train de franchir une frontière qu’ils n’avaient jamais envisagée auparavant. Et lorsque leur relation commence réellement à basculer, la série n’a visiblement pas reçu le mémo concernant la pudeur coréenne d’il y a quelques années. Dès les premières secondes, on comprend que le drama a décidé de venir jouer dans la cour des grands. Les scènes intimes sont loin d’être simplement suggérées et certaines scènes de baiser sont clairement venues poser leur candidature à mon classement des vacuum cleaners. Je ne vais pas faire semblant : lorsque j’avais entendu dire que ce drama avait l’air spicy, ce n’était manifestement pas une métaphore. La tension entre eux est tellement présente qu’elle devient presque un personnage à part entière. Et surtout, elle n’est pas déconnectée de leurs sentiments : leur attirance physique accompagne naturellement le développement amoureux, ce qui rend leurs rapprochements d’autant plus satisfaisants.

J’ai également beaucoup aimé leur dynamique avant même qu’ils deviennent officiellement un couple. Ils sont amis depuis toujours, mais leur manière de communiquer est assez atypique. Ils ne passent pas leur temps à se couvrir de mots doux ou à se répéter à quel point ils sont importants l’un pour l’autre. Eux, leur langage de l’amour, c’est plutôt de se grogner dessus, de se provoquer, de se balancer leurs petites erreurs à la première occasion et de se chamailler comme deux gamins qui se connaissent beaucoup trop bien. Ce n’est jamais réellement méchant, justement parce qu’on sent derrière leurs sarcasmes une proximité immense. Ils connaissent leurs habitudes, leurs réactions et leurs faiblesses sur le bout des doigts. Ils sont capables de prévoir ce que l’autre va faire avant même qu’il ne le fasse. Et sous cette couche de chamailleries permanentes, il y a surtout une présence constante : ils s’inquiètent l’un pour l’autre, répondent présents lorsque ça compte et sont tout simplement incapables de réellement vivre l’un sans l’autre. C’est probablement ce qui rend leur relation aussi attachante. Ils n’ont pas besoin de se dire toutes les cinq minutes qu’ils s’aiment pour qu’on comprenne qu’ils occupent une place absolument centrale dans la vie l’un de l’autre.

J’ai d’ailleurs apprécié la manière dont leur désir se réveille presque simultanément. Do Hyeon tombe amoureux le premier et devient d’abord conscient de son propre désir avant même de savoir quoi en faire. Puis Eun Ho commence à ressentir à son tour quelque chose qui dépasse progressivement les limites de l’amitié. Il y a donc cette évolution assez amusante où chacun semble découvrir en même temps que son meilleur ami n’est peut-être pas simplement son meilleur ami. Et lorsque leurs sentiments finissent enfin par s’aligner et qu’ils trouvent le courage de les assumer, leur passage de meilleurs amis à amants paraît finalement assez naturel. Ils ont déjà une intimité émotionnelle énorme, connaissent tout l’un de l’autre et ont construit leur relation pendant des années. Être amis, c’est bien, être amants, c’est visiblement mieux. Du moins jusqu’à ce que la réalité leur rappelle que sortir avec son meilleur ami ne transforme pas miraculeusement toutes les insécurités en confettis.

Car c’est justement à ce moment-là qu’apparaît le complexe d’infériorité d’Eun Ho. Do Hyeon est brillant, respecté, particulièrement doué dans ses études et semble avoir une trajectoire assez claire devant lui. Eun Ho, à l’inverse, ne sait pas vraiment ce qu’il veut faire de sa vie, a connu des difficultés scolaires et travaille dans le restaurant de ses parents. La différence commence alors à lui peser. Il se compare, observe les personnes qui gravitent autour de Do Hyeon et finit par avoir l’impression de ne pas être à la hauteur. Le problème, c’est que Do Hyeon, lui, ne semble absolument pas avoir reçu le mémo concernant cette prétendue hiérarchie. Il ne regarde pas son petit ami en se demandant s’il est assez brillant, assez ambitieux ou assez prestigieux. Il regarde simplement Eun Ho et voit Eun Ho. Point. Sa vie pourrait probablement être composée à 90 % de son petit ami et à 10 % de choses vaguement administratives comme manger et aller en cours. Ce qui rend la mini séparation d’autant plus frustrante : Eun Ho décide de partir non pas parce que leur amour ne fonctionne pas, mais parce qu’il ne croit pas suffisamment en sa propre valeur pour accepter qu’un garçon comme Do Hyeon puisse sincèrement le choisir.

Sur le plan psychologique, je peux comprendre le mécanisme. Sur le plan émotionnel, j’ai eu envie de secouer Eun Ho jusqu’à ce que toutes ses insécurités tombent par terre. Parce que son problème n’est pas l’amour de Do Hyeon, qui est parfaitement clair. Son problème, c’est l’image qu’il a de lui-même. Et personne ne peut résoudre ça entièrement à sa place. J’ai donc apprécié que la série finisse par faire comprendre à Eun Ho qu’il n’y a jamais eu de compétition entre eux et que Do Hyeon ne l’aime pas en dépit de ses différences, mais précisément en tant que personne. Eun Ho n’a pas besoin de devenir lui, ni de posséder le même parcours, ni de trouver immédiatement une grande vocation pour mériter cette relation. Et le voir ensuite reprendre progressivement confiance en lui, jusqu’à devenir celui qui marque presque fièrement son territoire lorsque les admirateurs de son petit ami s’approchent, avait quelque chose d’assez savoureux. Le garçon qui pensait ne pas être à la hauteur quelques épisodes plus tôt est maintenant en mode « circulez, c’est déjà pris ». L’évolution est amusante, même si j’aurais aimé que le déclic psychologique soit un peu plus développé.

Et puis arrive la fin. Et là… non. Simplement non. Je peux accepter énormément de choses dans une histoire. Une dispute, une séparation, une période difficile, même une fin tragique lorsqu’elle est cohérente avec le récit. Mais le procédé qui consiste à construire une romance du début à la fin, à montrer les rapprochements, les sentiments, les conflits, la jalousie, la complicité, l’intimité, les baisers, la tension et toute cette évolution pour finalement nous annoncer que tout cela n’était qu’un rêve me laisse franchement perplexe. Je ne comprends pas l’intérêt ici. Dans certaines œuvres, le procédé peut avoir une véritable fonction narrative et apporter quelque chose au récit. Mais lorsque l’histoire repose justement sur la construction progressive d’une relation, annuler rétroactivement tout ce que l’on vient de vivre me donne surtout l’impression qu’on m’a demandé de construire une maison pour venir m’annoncer ensuite que le terrain était imaginaire. Ce n’est pas seulement une fin ouverte qui ne me convient pas. C’est le fait qu’elle remet en question la réalité même de l’expérience que la série vient de me faire vivre pendant neuf épisodes. Et ça, dans une romance, je trouve le procédé particulièrement frustrant.

Parce que j’avais réellement vécu cette histoire avec eux. J’avais aimé leur dynamique, leurs chamailleries, leur côté presque animal, leur jalousie, leur territorialité, leur tendresse maladroite, leur évolution et cette manière qu’ils avaient de fonctionner comme deux moitiés d’un même système. J’avais aimé leur entourage, leur complicité et surtout cette tension romantique et sexuelle qui était suffisamment bien construite pour ne jamais donner l’impression d’être simplement là pour faire joli. J’étais donc parfaitement disposée à leur accorder un très beau coup de cœur. Et puis la série a sorti son petit tapis magique narratif pour me dire : « finalement, tout ça, c’était dans ta tête ». Eh bien non. Je refuse. Je refuse officiellement. Les vacuum cleaners ont eu lieu. La tension a eu lieu. Les sentiments ont eu lieu. Les deux abrutis se sont aimés et ils l’ont fait avec beaucoup trop d’alchimie pour qu’on puisse maintenant prétendre que je viens d’imaginer tout ça dans un rêve collectif.

Au final, Summertime reste malgré tout une série que j’ai énormément aimée. J’ai adoré ses personnages, leur psychologie, leur relation et cette façon très particulière qu’ils ont de s’aimer en passant leur temps à se chercher des noises. J’ai adoré leur alchimie et cette tension qui pouvait être aussi bien émotionnelle que physique. Pendant une grande partie du visionnage, j’étais clairement en train de me dire que je tenais peut-être à un nouveau coup de cœur. Mais cette fin m’a véritablement plombé l’expérience. Alors oui, j’ai passé un excellent moment, oui j’ai adoré la série dans son immense majorité, mais cette conclusion m’empêche clairement de lui donner la place qu’elle aurait probablement pu obtenir sans ce dernier coup de théâtre.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Again My Life
1 people found this review helpful
Aug 1, 2026
16 of 16 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.5
Acting/Cast 9.0
Music 10
Rewatch Value 9.0
This review may contain spoilers

Une vengeance inachevée

Lorsque je suis tombée sur Again My Life, c'était complètement par hasard. Mais il comportait les deux mots magiques qui suffisent généralement à attirer toute mon attention : régression et vengeance. Autant dire que je n'ai pas hésité bien longtemps avant de me lancer. Et je dois reconnaître que j'ai passé un très bon moment devant cette histoire, qui m'a tenue en haleine grâce à son dynamisme et ses nombreux rebondissements.

Le drama suit Kim Hi Wu, un procureur qui, malgré son modeste statut, n'a pas peur de s'attaquer aux plus puissants lorsque ceux-ci utilisent leur influence pour écraser les autres. C'est quelqu'un qui ose faire ce que beaucoup n'oseraient jamais tenter. Malheureusement, à force de défier plus fort que lui, il finit par en payer le prix ultime. Sa mort marque pourtant le véritable début de l'histoire puisqu'il obtient une seconde chance en revenant plusieurs années dans le passé avec tous ses souvenirs. Dès lors, son objectif est simple : reconstruire sa vie de manière à empêcher les tragédies qu'il a connues et, surtout, faire tomber celui qui tirait toutes les ficelles dans l'ombre.

Jusque-là, autant dire que c’est un scénario qui a tous les atouts pour me plaire. Je dois toutefois avouer que le début du premier épisode m’a demandé un petit temps d'adaptation. On nous plonge directement dans le quotidien de Kim Hi Wu sans réellement nous expliquer qui il est ni quelles sont les raisons profondes qui le poussent à agir. On comprend rapidement qu'il est prêt à tout pour faire respecter la justice, quitte à employer la manière forte,mais il manque cette dimension émotionnelle qui permet de véritablement s'attacher à lui. C'est finalement après sa mort et sa régression que le drama prend une tout autre ampleur. On découvre progressivement son passé, notamment la perte de ses parents, les regrets qu'il nourrit envers eux et cette culpabilité d'avoir toujours gardé une certaine distance avant de les perdre. À partir de ce moment-là, son désir de changer le futur devient bien plus personnel. Il ne s'agit plus seulement de faire tomber un homme politique corrompu, mais également de réparer ses propres erreurs, de profiter d'une famille qu'il n'avait jamais vraiment su apprécier à sa juste valeur et de vivre une vie qu'il ne regrettera plus.

J'aurais néanmoins aimé que cet aspect soit encore davantage exploité. Le drama revient très vite à ses thèmes principaux : les jeux de pouvoir, les chiffres, les pots-de-vin, les alliances politiques et la corruption. C'est passionnant, mais cela laisse parfois les émotions au second plan. En dehors, des retrouvailles avec ses parents, le seul véritable moment qui m’a profondément touchée c’est lorsque Park Sang Man manque de mourir. Cette scène est véritablement bouleversante en particulier lorsque Kim Hi Wu et à son chevet à l’hôpital , et ça nous rappelle tout le potentiel émotionnel que possède la série lorsqu'elle accepte enfin de ralentir un instant. C'est précisément pour cette raison que j'aurais aimé retrouver davantage de passages de cette intensité au fil de l'histoire.

Toutefois, sans cet aspect un peu plus sentimental et une énorme ellipse de plusieurs années sortie de nulle part, l’histoire se démarque par son récit et son dynamism. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est la manière dont Kim Hi Wu construit sa vengeance. Il ne fonce jamais tête baissée. Il tisse patiemment sa toile sans que personne ne réalise ce qu'il est réellement en train de faire. Petit à petit, il coupe les soutiens de Cho Tae Seob, utilise parfois ses propres ennemis pour gagner en influence et protège les personnes qui avaient souffert dans sa première vie. J'ai également aimé le fait qu'il comprenne très vite qu'il ne pourra pas vaincre un homme aussi puissant en restant à l'extérieur du système. Pour détruire un monstre, il doit entrer dans son monde, apprendre à jouer selon ses règles et donner l'impression qu'il est devenu l'un des leurs, sans jamais franchir la ligne rouge. Il veut seulement se fondre dans la masse suffisamment longtemps pour les faire tomber de l'intérieur. Toute cette partie stratégique fonctionne extrêmement bien et rend les affrontements beaucoup plus intéressants que de simples confrontations physiques.

Mais la structure globale de la série m’a également posé un petit problème. Pendant une grande partie des épisodes, on a presque l'impression de jouer au boomerang. Kim Hi Wu fait tomber un pion, Cho Tae Seob récupère immédiatement un nouvel allié. Il détruit un réseau, un autre apparaît aussitôt. À force, cela donne parfois l'impression de couper la queue d'un lézard qui repousse sans cesse. Sur le moment, cela ne m'a pas réellement gênée parce que chaque rebondissement reste absolument captivant. Mais c'est justement parce que cette montée en puissance dure aussi longtemps que j'attendais une conclusion beaucoup plus satisfaisante.

En effet, c’est malheureusement là que le drama me laisse sur ma faim. Toute cette longue préparation aboutit finalement à une résolution que j'ai trouvée beaucoup trop rapide. Non seulement Cho Tae Seob parvient à s'échapper, mais le scénario introduit en plus Elle a toute fin un nouvel antagoniste sorti de nulle part, comme s'il fallait absolument préparer une suite. Je n'ai absolument aucun problème avec les fins ouvertes. Au contraire, j'aime beaucoup lorsqu'une œuvre laisse volontairement certaines portes entrouvertes. Mais encore faut-il que la quête principale donne malgré tout l'impression d'avoir réellement abouti. Ici, j'ai surtout eu le sentiment que toute cette longue partie d'échecs n'offrait finalement pas la récompense que le spectateur attend depuis le premier épisode. Après avoir passé seize épisodes à voir Kim Hee Woo élaborer minutieusement son plan, j'avais simplement envie d'obtenir cette fameuse "vengeance" finale que le drama semblait promettre depuis le début. Et je suis restée frustrée de ne jamais l'obtenir.

Je regrette par ailleurs que certains éléments soient restés sans suite, notamment Han Ji Hyun. On comprend progressivement qui elle était avant sa mort et on devine qu'elle est devenue une sorte d'ange de la mort, mais le drama ne va jamais réellement au bout de cette idée. Son rôle reste finalement assez flou alors qu'il aurait mérité une véritable conclusion. J'ai eu exactement la même impression concernant la famille de Kim Hi Wu. Toute la première partie insiste énormément sur les regrets qu'il nourrit envers eux et sur sa volonté de profiter pleinement de cette seconde chance. Que son entourage fasse pleinement partie de sa vie, à chaque étape cruciale. Pourtant, une fois devenu procureur, ces interactions deviennent de plus en plus rares, en dehors de quelques repas familiaux. C'est dommage, car cette relation constituait justement l'un des piliers émotionnels de sa nouvelle vie.

Au final, Again My Life est un drama que j'ai pris énormément de plaisir à suivre, vraiment c’était un régal. Malgré un démarrage un peu lent, il m'a captivée grâce à son rythme, ses nombreux rebondissements, ses personnages et toute sa dimension stratégique. On ne s'ennuie pratiquement jamais tant Kim Hi Wu semble toujours avoir plusieurs coups d'avance sur ses adversaires. En revanche, cette impression de tourner parfois en rond finit par devenir frustrante lorsque la conclusion ne récompense pas réellement toute cette attente. Ce n'est pas tant la fin ouverte qui m'a dérangée que le fait d'avoir eu le sentiment que la quête du protagoniste n'avait pas reçu l'aboutissement qu'elle méritait. Après tout ce chemin parcouru, j'attendais une victoire plus marquante, plus définitive et surtout plus satisfaisante. C'est probablement ce qui m'empêche d'en faire un véritable coup de cœur, malgré tout le plaisir que j'ai pris à regarder cette série.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Nour
0 people found this review helpful
13 hours ago
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.0
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.5
Rewatch Value 6.0
This review may contain spoilers

Une série qui n’est pas allée au bout de son développement…

Nour est un drama qu’on m’a énormément vendu sur les réseaux sociaux, au point de le présenter comme le nouveau KinnPorsche : une œuvre intense, émotionnelle, capable de sortir du lot et de laisser des traces. Autant dire que j’y suis allée avec des attentes plutôt élevées, d’autant plus que Kisakorn faisait partie du casting. Ses interprétations dans To Sir with Love et the Wicked Game m’avaient particulièrement marquée, ce qui me donnait une raison supplémentaire de me lancer. Pourtant, si j’avais écouté mon instinct, ce drama ne m’attirait pas spécialement à la base. Je n’en avais pratiquement jamais entendu parler avant sa sortie et son résumé ne m’avait pas franchement convaincue. Mais bon, à force de me vendre monts et merveilles, j’ai fini par mettre mes réserves de côté. Avec le recul, j’aurais peut-être mieux fait de m’écouter, car je suis restée malheureusement assez extérieure à l’expérience même si en toute objectivité cette série ne manque pas d’atouts.

En effet, parmi les quelques aspects que j’ai vraiment appréciés on peut évoquer le mystère qui entoure les Nours et, plus particulièrement, Ken. J’aime lorsque le surnaturel est introduit progressivement, avec suffisamment d’éléments pour éveiller la curiosité sans dévoiler immédiatement toutes ses cartes. Le concept d’immortalité, associé à un personnage qui cherche désespérément à mourir, offre également un point de départ intéressant. Ken est un homme froid, presque impénétrable, dont l’apparente indifférence dissimule une vulnérabilité beaucoup plus profonde. Le voir baisser progressivement sa garde auprès de James permet de découvrir ses différentes facettes, et j’apprécie particulièrement cette manière de construire un personnage qui ne se résume pas à son attitude initiale. Leur relation fonctionne aussi grâce à cette opposition entre un homme qui veut en finir avec son existence et un autre qui souhaite profiter du temps qu’ils peuvent partager. Ils se chamaillent beaucoup, mais leurs disputes ressemblent parfois davantage à celles d’un vieux couple qu’à celles de deux personnes censées se supporter difficilement. Leur complicité apporte une légèreté bienvenue, même si elle ne m’a pas toujours permis de m’investir pleinement dans leur histoire.

J’ai d’ailleurs particulièrement aimé la manière dont leurs relations se développent, pour chaque couple qui ont chacun leurs propres enjeux. Toutefois, mon intérêt s’est progressivement déplacé vers Chita et Ji, qui constituent à mes yeux le véritable cœur tragique de la série. Leur histoire apporte une profondeur supplémentaire à l’univers des Nours en montrant plus concrètement le prix de l’immortalité et les conséquences d’une existence que l’on n’a pas choisie. Là où la romance principale oscille davantage entre comédie, tension et sentiments, celle de Chita et Ji s’inscrit dans quelque chose de plus sombre, qui correspond davantage à ce que j’attendais de cette histoire. Leur relation soulève notamment une question intéressante : sauver quelqu’un que l’on aime est-il toujours un acte juste lorsque cette survie revient à lui imposer une existence qu’il ne souhaite pas ? Cette contradiction rend leur couple particulièrement poignant. J’ai trouvé leurs personnages attachants, complexes et profondément tragiques, et c’est finalement leur parcours qui m’a le plus touchée. C’est assez révélateur lorsqu’une romance secondaire finit par porter davantage l’âme d’une série que son couple principal.

Sur le plan visuel, Nour propose une réalisation agréable et soignée, accompagnée de musiques qui renforcent efficacement certaines scènes. J’ai notamment apprécié les moments intimes, qui ne se limitent pas à la passion et parviennent parfois à mêler tendresse, tristesse et une certaine noirceur. Le casting constitue aussi un point fort : les acteurs sont convaincants, particulièrement dans les scènes dramatiques, où ils transmettent une véritable sincérité. Certains passages m’ont réellement émue, et j’ai même versé ma larme devant le destin de personnages auxquels je m’étais attachée. Malheureusement, cette maîtrise ne se retrouve pas systématiquement ailleurs. Les scènes d’action et certains passages censés être sérieux m’ont paru nettement plus moyens, tandis que le montage m’a parfois frustrée. En alternant entre les différents couples au beau milieu d’une même péripétie, la réalisation fragmente des moments qui gagneraient à être développés jusqu’au bout. Je préfère largement qu’une scène puisse respirer, installer sa tension et produire son effet avant que l’on passe à une autre intrigue. À force de multiplier les petites coupures, la série finit par affaiblir l’impact de situations pourtant importantes.

De plus je déplore grandement la gestion des tonalités. J’aime les histoires capables d’alterner entre humour, tendresse et drame, mais encore faut-il que ces changements soient suffisamment maîtrisés pour ne pas donner l’impression que les personnages évoluent dans des séries différentes selon les scènes. Ici, certaines situations manquent cruellement de tension au regard de leur gravité. Des personnages sont kidnappés, des vies sont en jeu, des événements tragiques surviennent, et pourtant, l’ambiance reste parfois étonnamment légère. Les plaisanteries arrivent à des moments où j’aurais préféré ressentir de l’inquiétude, de la peur ou simplement une émotion à la hauteur des circonstances. Le cas du frère de Ji m’a particulièrement frustrée : après tout ce que la série nous avait montré de son attachement à son grand frère, son apparente absence de chagrin après la mort de celui-ci m’a laissée perplexe. Je ne demande pas à chaque personnage de pleurer pendant trois épisodes, mais un minimum de continuité émotionnelle aurait été appréciable. Un contraste entre légèreté et tragédie peut être très efficace lorsqu’il souligne la manière dont la vie continue malgré les pertes. Ici, j’ai parfois eu le sentiment que la série oubliait simplement de mesurer les conséquences de ce qu’elle racontait. Cela nuit à la tension, au dynamisme et surtout à la portée émotionnelle de certaines scènes.

L’autre faiblesse de Nour concerne son manque de contexte. La série se concentre beaucoup sur les événements présents et l’enquête, mais développe assez peu ce qui a conduit les protagonistes à se retrouver dans cette situation. Pourtant, leurs motivations constituent une part essentielle de leur histoire : James cherche à venger son père, tandis que Ken souhaite mettre fin à une existence qu’il subit depuis des siècles. J’aurais aimé que ces deux trajectoires bénéficient d’un véritable approfondissement. Ken a vécu pendant environ deux cents ans, ce qui représente un potentiel narratif considérable. Quelle était sa vie avant sa transformation ? Qu’a-t-il traversé au fil des décennies, quels liens a-t-il noués et perdus, et comment son désir de mourir s’est-il progressivement installé ? Autant de questions qui auraient pu donner davantage de poids à son personnage. Une série comme Forever, qui exploite l’immortalité à travers le vécu et les souvenirs de son protagoniste, me semble être une référence intéressante pour ce type de récit. Je ne demande pas deux cents ans d’histoire détaillée, mais quelques éléments supplémentaires auraient permis de mieux comprendre ce qui façonne Ken. Ou même en ce qui concerne le passe de James, son don, comment il a vécu avant et après le meurtre de son père… Sans ce passé, cette condition surnaturelle donne parfois l’impression d’être davantage un ressort scénaristique qu’un véritable univers à explorer.

Cette impression de manque est renforcée par certaines questions laissées sans réponse, notamment celle concernant la mort du père de James. Je n’ai pas réussi à comprendre précisément pourquoi Chita l’a tué. D’après ce que j’ai retenu, sa vengeance vise les Nours, qu’il élimine sans distinction depuis qu’un événement tragique lui a fait perdre la vie qu’il partageait avec son amant. En revanche, sa réaction lorsqu’il tue une policière laisse penser qu’il ne considère pas les humains comme des cibles ordinaires. J’en ai donc déduit que le père de James était peut-être lui-même un Nour, mais cela reste une hypothèse, et je regrette de ne pas avoir obtenu de réponse claire. Les règles entourant la transformation des Nours m’ont également laissée avec quelques interrogations. Or, je suis quelqu’un qui aime que les mystères finissent par trouver leur résolution. Je peux parfaitement accepter qu’une œuvre entretienne volontairement certaines zones d’ombre, à condition que celles-ci nourrissent réellement le récit. Lorsque les explications manquent sur des éléments qui me semblent essentiels à la compréhension de l’intrigue, je finis davantage frustrée qu’intriguée. Et c’est dommage, car ces questions auraient pu contribuer à rendre l’univers plus dense et les enjeux plus cohérents.

Pour être honnête, Nour n’a pas été un mauvais visionnage. Il propose une approche qui se démarque dans le paysage du BL thaïlandais, même si son univers surnaturel, proche du folklore vampirique, n’a rien de particulièrement inédit en soi. Je reconnais volontiers l’intérêt de son histoire, la richesse de certaines oppositions psychologiques, la qualité de son casting et sa capacité à produire de véritables moments d’émotion. Pourtant, malgré ces qualités, j’ai eu énormément de mal à m’investir dedans. Un drama que j’aurais pu dévorer en une journée m’aura finalement demandé presque une semaine, et j’ai parfois dû me pousser à reprendre les épisodes. Ce n’est pas nécessairement le signe d’une œuvre qui a ratée sa cible, mais cela traduit bien le décalage entre ses ambitions et mon ressenti. J’ai été touchée à certains moments sans parvenir à développer un attachement suffisamment fort pour avoir envie de retrouver régulièrement ces personnages. Même la romance principale, pourtant au centre du récit, m’a moins marquée que celle de Chita et Ji. Je serais bien en peine d’expliquer précisément pourquoi je suis restée aussi distante, mais le constat est là : j’ai davantage apprécié ce que la série avait à raconter que le plaisir que j’ai réellement pris à la regarder.

Nour restera donc pour moi une expérience intéressante, portée par de bonnes idées et des personnages qui méritaient parfois mieux que la manière dont leurs histoires ont été développées. J’aurais aimé davantage de profondeur dans son univers, une meilleure maîtrise de ses changements de ton et une réalisation capable de laisser aux événements le temps de produire toute leur portée émotionnelle. Le potentiel était là, mais il ne s’est pas pleinement concrétisé à mes yeux. Je comprends que cette série puisse toucher d’autres spectateurs et qu’elle se distingue par certains aspects, mais elle ne m’aura malheureusement pas procuré le coup de cœur espéré. Une œuvre que je ne regrette pas d’avoir découverte, sans pour autant avoir envie de la ranger parmi mes préférées.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Popular Serizawa Acts Weird around Me
0 people found this review helpful
13 hours ago
11 of 11 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 8.0
Music 7.0
Rewatch Value 9.0
This review may contain spoilers

Une romance simple, mais efficace !


À première vue, Popular Serizawa Acts Weird Around Me n’était pas nécessairement le drama qui allait retenir mon attention. Le synopsis avait beau réunir plusieurs éléments que j’apprécie, l’ensemble semblait assez classique pour une romance lycéenne japonaise. Toutefois, entre les avis positifs que je voyais passer, ma période consacrée aux dramas japonais et coréens et mon amour pour les histoires de lycéens japonais, il aurait été difficile de résister bien longtemps. J’ai donc fini par me lancer, sans attentes démesurées, et franchement, sans grande surprise, je me suis régalée. Il faut croire que les romances lycéennes japonaises et moi, c’est une histoire qui fonctionne particulièrement bien. Et lorsqu’on reprend les codes de School Trip en y ajoutant un fudanshi et un garçon populaire complètement accro à lui, forcément, je valide le concept.

L’histoire repose sur une situation aussi embarrassante que prometteuse : Hajime Suzuki, lycéen timide et passionné de BL, écrit secrètement des histoires dont Haruto Serizawa, garçon populaire de sa classe, est l’inspiration. Lorsque ce dernier découvre ses écrits, Suzuki s’attend naturellement au pire. Pourtant, loin de se moquer de lui, Serizawa saisit cette occasion pour se rapprocher de lui, d’autant qu’il partage lui-même cet intérêt pour le BL. Ce qui aurait pu tourner à l’humiliation devient alors le point de départ d’une cour assidue, Serizawa multipliant les occasions de passer du temps avec celui qu’il aime en secret depuis plus d’un an. Et c’est précisément cette dynamique qui fait le charme de la série : Serizawa ne se contente pas de déclarer ses sentiments, il les exprime constamment à travers ses gestes, sa proximité et son attention. Il colle Suzuki comme une moule à son rocher, le prend entre ses jambes pendant les pauses déjeuner, lui donne la becquée et lui tient la main avec une décontraction absolument déconcertante. Le plus drôle reste que leur entourage semble trouver tout cela parfaitement normal. Personnellement, je ne vais certainement pas m’en plaindre : cette proximité permanente est beaucoup trop mignonne, et je pourrais regarder des heures ces deux-là se coller sans raison apparente.

Et derrière cette romance sucrée se dessine un aspect que j’ai particulièrement apprécié dans l’évolution de Suzuki. Au départ, il est présenté comme un garçon solitaire, persuadé d’être socialement inadapté. Pourtant, à mesure qu’il se rapproche de Serizawa et intègre son groupe d’amis, on découvre que cette réserve ne correspond pas vraiment à sa personnalité profonde. Son repli sur lui-même trouve son origine dans une expérience douloureuse : lorsqu’il a confié à ses anciens amis qu’il aimait le BL, ceux-ci l’ont rejeté, au point de lui faire intérioriser l’idée que sa passion le rendait bizarre, voire dégoûtant. Il a fini par se définir lui-même à travers le regard négatif des autres, comme si cette humiliation avait révélé quelque chose de honteux chez lui. En réalité, Suzuki n’est pas fondamentalement asocial. Une fois qu’il se sent accepté, il se montre capable de rire, de s’amuser et de profiter pleinement de la compagnie des autres. Le voir s’ouvrir progressivement et retrouver une forme d’aisance sociale est donc particulièrement satisfaisant. Ce n’est pas seulement une romance qui se construit, mais aussi un personnage qui retrouve le droit d’être lui-même.

Cette évolution est d’autant plus agréable que l’intégration de Suzuki ne repose pas uniquement sur les efforts de Serizawa. Ses amis l’accueillent sincèrement dans leur groupe, sans le traiter comme une curiosité ni lui faire sentir qu’il doit mériter sa place. Ils se préoccupent de lui, prennent ses difficultés au sérieux et n’hésitent pas à organiser des réunions collectives pour tenter de résoudre les problèmes du couple. À ce stade, on n’est plus très loin de la thérapie conjugale organisée par les copains de lycée, et je dois reconnaître que cette bande de jeunes est absolument adorable. Leur présence donne une dimension chaleureuse à l’histoire : Suzuki ne gagne pas seulement un petit ami potentiel, il retrouve aussi un environnement dans lequel il peut s’épanouir sans avoir honte de ses goûts. Cette bienveillance collective contribue largement à mon attachement aux personnages, car elle permet à la romance de s’inscrire dans un cadre où l’affection et l’acceptation ne viennent pas uniquement du partenaire amoureux.

Reste néanmoins un obstacle de taille : l’estime de soi de Suzuki, qui semble avoir été enterrée si profondément qu’il faudrait probablement une équipe de fouilles archéologiques pour la retrouver. Serizawa pourrait lui écrire une déclaration d’amour en lettres lumineuses dans le ciel, lui tenir la main, l’embrasser et lui consacrer chacune de ses journées qu’il continuerait probablement à se demander s’il n’a pas mal interprété la situation. Le pauvre Serizawa a beau multiplier les signaux, Suzuki demeure incapable de comprendre que le garçon dont il est amoureux l’aime en retour. C’est adorable dans son côté maladroit, mais aussi terriblement frustrant, surtout lorsque l’on sait depuis combien de temps Serizawa nourrit ses sentiments. Il s’est même intéressé au BL dans l’espoir de mieux comprendre Suzuki et de se rapprocher de lui, avant de finir par tomber dedans comme Obélix dans sa potion magique. Ce détail me touche particulièrement, car il montre que son intérêt ne se résume pas à une stratégie de séduction : il a voulu découvrir ce qui plaisait à la personne qu’il aimait, et cette curiosité s’est transformée en véritable passion. Serizawa fait preuve d’une patience remarquable pour quelqu’un qui doit visiblement accomplir les douze travaux d’Hercule avant de convaincre son crush qu’il est bel et bien amoureux de lui. Chaque rejet, même involontaire, devient alors un peu douloureux à regarder, précisément parce que ses sentiments sont sincères et qu’il se donne tant de mal pour les exprimer. On a envie de secouer Suzuki, mais aussi de prendre Serizawa dans ses bras pour lui dire que ses efforts finiront bien par payer.

Sur le plan de l’intrigue, il faut toutefois reconnaître que la série ne cherche pas particulièrement à renouveler les codes de la romance lycéenne. Les enjeux restent relativement simples, les personnages évoluent dans un cadre familier et l’histoire privilégie la mignonnerie aux grandes réflexions psychologiques. Mais cette simplicité ne me pose absolument aucun problème ici, car l’objectif n’est manifestement pas de proposer une intrigue complexe. Le drama sait ce qu’il veut raconter et assume pleinement son registre : une romance tendre, des personnages attachants, des rapprochements maladroits et suffisamment de situations embarrassantes pour nous faire sourire. Surtout, il remplit son contrat sans me donner l’impression de tourner en rond. Je ne me suis pas ennuyée, ce qui est déjà un excellent point pour une série dont le principal argument repose sur des interactions quotidiennes plutôt que sur une succession de rebondissements. Je ne demande pas systématiquement à une histoire d’inventer un nouveau genre de romance pour l’apprécier. Parfois, j’ai simplement envie de voir deux garçons tomber amoureux, se chercher, se rapprocher et finir par comprendre ce qui crève les yeux de tout le monde depuis le premier épisode.

Et puis, comment ne pas évoquer cette incapacité presque surnaturelle qu’ont Suzuki et Serizawa à communiquer directement sur leurs sentiments ? Ces deux-là sont capables de se rapprocher physiquement avec une facilité déconcertante, mais dès qu’il s’agit de mettre des mots sur ce qu’ils ressentent, il faut convoquer leurs amis et organiser une réunion de groupe. La thérapie conjugale avant même que le couple soit officiellement constitué, voilà un concept qui mériterait presque sa propre série dérivée. Cette dynamique renforce le côté comique de leur relation et donne à leurs amis un rôle qui dépasse celui de simples figurants chargés de remplir la salle de classe. Elle rappelle aussi que, malgré l’assurance de Serizawa et les maladresses de Suzuki, ils restent deux adolescents qui découvrent comment exprimer leurs sentiments et construire une relation. Leur histoire n’a pas besoin d’être particulièrement sophistiquée pour fonctionner : elle s’appuie sur cette opposition entre un garçon qui exprime son amour sans retenue et un autre qui peine à croire qu’il puisse réellement être aimé.

Au final, Popular Serizawa Acts Weird Around Me correspond parfaitement à ce que je recherche lorsque je me lance dans une romance lycéenne japonaise : une histoire simple, chaleureuse et suffisamment adorable pour me faire sourire devant mon écran. Les personnages sont attachants, la dynamique amoureuse fonctionne sur moi et le groupe d’amis apporte une dose de bienveillance qui rend l’ensemble particulièrement agréable à suivre. Ce drama ne cherche pas à bouleverser les codes du genre, et je n’avais pas besoin qu’il le fasse pour passer un excellent moment. Il me rappelle simplement pourquoi j’aime autant ces romances japonaises : leur capacité à transformer les petits gestes du quotidien en véritables sources de papillons dans le ventre. Une histoire mignonne comme je les aime, que je pourrais consommer par milliers sans me lasser, pour peu qu’elle conserve cette tendresse et cette sincérité.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Four Hands, Two Sonatas
0 people found this review helpful
11 days ago
12 of 12 episodes seen
Completed 0
Overall 10
Story 10
Acting/Cast 10
Music 10
Rewatch Value 8.0
This review may contain spoilers

La musique qui nous fait vivre peut aussi nous détruire

Four Hands, Two Sonatas est un drama qui me faisait extrêmement envie, et c’est typiquement le genre d’histoire pour laquelle je préfère attendre la fin de la diffusion avant de me lancer. Je savais que j’allais souffrir, mais quitte à souffrir, autant le faire en une seule fois plutôt que de passer plusieurs semaines à attendre chaque épisode avec l’angoisse de savoir quelle nouvelle catastrophe les scénaristes avaient décidé d’infliger à leurs personnages. Et je dois dire que j’ai bien fait, parce qu’en dépit d’être une série magnifique, Four Hands, Two Sonatas est aussi une œuvre particulièrement difficile à regarder tant les réalisateurs semblent avoir décidé que le bonheur des personnages constituait une menace personnelle qu’il fallait éradiquer dès qu’il apparaissait à l’écran.

En effet, le drama nous montre dès le départ que quelque chose va terriblement mal tourner, et chaque moment de bonheur prend progressivement la forme d’une petite bombe à retardement. Derrière son histoire de piano, de compétition et de vengeance, Four Hands, Two Sonatas raconte surtout la destruction progressive de deux jeunes hommes qui, au départ, ne demandaient pourtant pas grand-chose : pouvoir jouer, aimer la musique et trouver auprès de l’autre un espace où ils n’avaient plus besoin d’être ce que les adultes avaient décidé qu’ils seraient.

On va donc suivre l’histoire de deux adolescents qui semblent presque avoir été construits pour se compléter. Pi-o est un jeune pianiste prodige issu d’un milieu privilégié et prestigieux, formé depuis l’enfance à la compétition et à l’excellence. Il possède la technique, l’expérience, les connaissances musicales et tout l’environnement nécessaire pour devenir un grand pianiste. Et pourtant, c’est précisément ce qui lui manque intérieurement qui lui est constamment reproché : il n’aurait pas d’expressivité. Son grand-père méprise son jeu, sa mère transforme chacune de ses performances en examen de valeur personnelle et Pi-o finit par jouer comme quelqu’un qui cherche en permanence à prouver qu’il mérite d’exister. Tandis que Jeong-yo se trouve presque à l’exact opposé. Il vient d’un milieu extrêmement défavorisé, vit avec un père alcoolique qui lui fait payer sa propre frustration, n’a pratiquement aucune formation musicale et ne possède ni les moyens ni les opportunités de son camarade. Pourtant, lorsqu’il joue, il possède précisément cette chose que Pi-o ne parvient pas à trouver en lui-même : une compréhension instinctive de la musique, une sensibilité presque viscérale, cette capacité à faire ressentir quelque chose sans avoir besoin de l’expliquer. L’un possède la technique sans parvenir à s’y épanouir, l’autre possède l’âme du pianiste sans avoir les outils nécessaires pour la développer. Et c’est là que leur complémentarité devient bien plus intéressante qu’une simple opposition entre deux prodiges. Ils ne sont pas seulement deux pianistes différents, ils représentent deux façons de concevoir la musique qui deviennent pleinement fonctionnelles lorsqu’elles sont réunies.

Cette complémentarité explique aussi pourquoi leur relation fonctionne aussi bien. Pi-o peut apporter à Jeong-yo ce que celui-ci n’a jamais eu : la maîtrise technique, les connaissances, l’expérience de la scène et une manière de traduire ce que Jeong-yo ressent sans parvenir à le formuler. Jeong-yo, lui, permet à Pi-o de retrouver quelque chose que toute son éducation musicale avait progressivement étouffé : le plaisir de jouer. Le piano devient alors leur langage commun, mais surtout leur seul véritable espace de liberté. Et ils ne se contentent pas de jouer ensemble, ils s’apprennent mutuellement à comprendre la musique. C’est aussi ce qui rend leur duo si important : ils ne cherchent pas à écraser les différences de l’autre, ils les utilisent pour créer quelque chose qu’aucun des deux n’aurait pu produire seul.

Ce qui rend leur relation particulièrement touchante, c’est justement qu’elle ne repose pas, à mes yeux, sur une romance. Je sais que le projet a pu être imaginé à l’origine avec une dimension plus romantique avant de prendre une autre direction, mais intention des créateurs ou pas, ce n’est pas ce que j’ai ressenti devant la série. Je n’ai pas vu deux hommes amoureux l’un de l’autre au sens romantique, mais deux âmes sœurs du piano, deux personnes qui deviennent absolument essentielles l’une à l’autre parce qu’elles sont les seules à comprendre une partie de ce que l’autre ressent. Leur intensité vient de la profondeur de leur lien, de la musique et de tout ce qu’ils représentent l’un pour l’autre. Là où certaines histoires peuvent avoir une relation extrêmement proche sans jamais parvenir à transmettre la moindre ambiguïté émotionnelle, ici leur lien est tellement puissant qu’il pourrait facilement être interprété comme romantique, mais ce n’est pas ce que j’y ai personnellement vu. Leur amour passe par les quatre mains posées sur le même piano, par les heures passées à jouer jusqu’à oublier le temps, par leur capacité à comprendre ce que l’autre n’arrive pas à dire. Et c’est probablement pour cela que leur séparation fait aussi mal : ils ne perdent pas seulement un ami, ils perdent une partie de leur identité artistique et de la personne avec laquelle ils avaient enfin découvert comment être eux-mêmes.

Jeong-yo est d’ailleurs un personnage dont la trajectoire est particulièrement douloureuse parce qu’il est constamment placé dans des situations où son talent devient une monnaie d’échange. Il aime sincèrement la musique, mais son existence est dominée par les problèmes des adultes. Son père, alcoolique, endetté et incapable de l’aimer correctement, lui transmet sans arrêt ses propres problèmes. Jeong-yo doit payer ses dettes, le protéger, réparer ses erreurs et supporter son mépris alors qu’il n’est même pas responsable de la situation. Lorsqu’il se retrouve menacé par les créanciers, il cherche une solution et finit encore une fois par devoir mettre son talent au service d’un adulte qui possède davantage de pouvoir que lui. Même la personne qui l’aide financièrement transforme son talent en contrepartie. À chaque étape, Jeong-yo découvre donc que les adultes ont tendance à considérer ce qu’il possède comme quelque chose qu’ils peuvent utiliser. Il n’est jamais simplement un adolescent qui aime jouer du piano. Il est un talent à exploiter, un potentiel à récupérer, une ressource à monnayer.

Et c’est précisément pour cela que sa relation avec Pi-o est aussi importante. Avec lui, la musique cesse d’être une transaction. Ils jouent parce qu’ils en ont envie. Ils peuvent rester enfermés dans une salle après les heures de cours parce qu’ils ont perdu toute notion du temps, se chamailler, recommencer un morceau, apprendre l’un de l’autre et simplement profiter du fait d’être ensemble. Mais après son kidnapping tout s’effondre, ses rêves, sa, mémoire et même sa vie sont détruits ce qui explique sa rancune lorsqu’il revient des années plus tard. Il n’est pas simplement devenu cruel sans raison. Il a été enlevé, blessé et laissé pour mort, puis il a vécu pendant des années avec la conviction que Pi-o avait participé à sa destruction. Lorsqu’il revient, il ne revient donc pas seulement chercher une personne à punir, il revient avec dix années de douleur accumulée et une histoire qu’il croit parfaitement comprendre.
Sa vengeance est d’autant plus intéressante qu’elle n’est pas immédiatement spectaculaire. Elle est méthodique, discrète et psychologique. Il ne cherche pas simplement à faire souffrir Pi-o physiquement, il identifie exactement les endroits où celui-ci est déjà brisé et appuie dessus jusqu’à ce qu’il n’arrive plus à tenir debout. Il lui fait reprendre le piano, l’amène dans un environnement hostile, critique son jeu, remet constamment en cause sa valeur de musicien et finit par transformer ce qui aurait dû être un retour vers la musique en véritable agonie. C’est là que Némésis prend toute son importance. Cette œuvre n’est pas seulement une composition : elle est le récit musical de la vie de Jeong-yo, de leur histoire, de la peur, du kidnapping, de l’espoir, de la fuite et de cet instant où tout bascule lorsqu’il est touché par balle. Il y a enfermé toute sa souffrance. Il transforme donc son œuvre de vie en arme, en utilisant précisément le talent de Pi-o pour lui faire ressentir ce qu’il veut lui faire comprendre. La vengeance devient ainsi une forme de langage artistique, ce qui est particulièrement cruel dans une histoire où la musique était justement censée être leur refuge.

Mais ce qui rend Jeong-yo tragique, c’est qu’il finit par découvrir que toute cette haine repose sur une erreur fondamentale. Pi-o est innocent. Il le croit coupable de toute sa souffrance alors que ce dernier cherchait désespérément à découvrir qui avait organisé son kidnapping. Pendant toutes ces années, il n’a jamais cessé de le chercher, même lorsqu’on lui a annoncé sa mort. Et lorsque la vérité finit par éclater grâce au détective qu’il avait engagé, Jeong-yo découvre avec une violence terrible que l’homme qu’il a puni était précisément celui qui avait consacré 5 ans de sa vie à essayer de le retrouver. La vengeance change alors complètement de nature : jusque-là, Jeong-yo pensait être celui qui avait été injustement privé de sa vie, mais il comprend qu’il vient lui-même de détruire une partie de celle de Pi-o sur la base d’une erreur.

Mais Pi-o est probablement celui qui m’a le plus brisé le cœur parce que son drame est différent. Il n’est pas innocent parce qu’il aurait toujours fait les bons choix, mais parce qu’il a été conditionné à croire que les fautes des adultes autour de lui étaient également les siennes. Toute sa vie, il cherche l’approbation de son grand-père, non pas parce qu’il veut simplement gagner une compétition, mais parce que cette reconnaissance représente pour lui la preuve qu’il n’est pas inutile, qu’il n’est pas le petit-fils indigne que son grand-père semble considérer. Lorsqu’il découvre que Jeong-yo pourrait obtenir cette reconnaissance, ce n’est donc pas réellement la jalousie d’un musicien envers un autre. Ce qui lui fait peur, c’est de voir quelqu’un obtenir en quelques instants ce qu’il poursuit depuis toujours. Il ne déteste pas Jeong-yo parce qu’il joue mieux. Il a peur que la réussite de Jeong-yo confirme ce que sa famille lui répète depuis des années : qu’il n’est pas assez bon.

Sa mère contribue énormément à cette destruction. Elle transforme chaque performance en démonstration de valeur personnelle, lui apprend à considérer la compétition comme une question de survie et détruit même certains de ses rares moments de bonheur. Le récital où Pi-o joue avec Jeong-yo aurait pu être un moment fondateur : il prend un garçon paralysé par le trac, lui demande de lui faire confiance, le guide jusqu’au piano les yeux bandés et impose le silence à la salle afin de lui créer un espace où il peut enfin jouer. Pour une fois, Pi-o ne joue pas pour satisfaire son grand-père ou gagner un concours. Il joue avec quelqu’un qu’il apprécie. Et son grand-père, pourtant habituellement impossible à satisfaire, reconnaît enfin quelque chose chez lui. Mais presque immédiatement, sa mère détruit ce moment en lui répétant que les applaudissements n’étaient pas pour lui, qu’il n’était que le faire-valoir de Jeong-yo. Il suffit de quelques phrases pour transformer un souvenir heureux en nouvelle preuve d’insuffisance. C’est exactement ce que fait cette famille depuis toujours : dès que Pi-o trouve quelque chose qui pourrait lui appartenir, quelqu’un vient lui expliquer pourquoi il n’a pas le droit d’en être fier.

C’est pour cela que sa décision de retourner vers Jeong-yo et d’abandonner les compétitions prend autant de sens. Il comprend progressivement qu’il ne veut plus jouer pour gagner, ni pour son grand-père, ni pour sa mère, ni pour prouver qu’il mérite sa place. Il veut simplement retrouver cette sensation qu’il avait lorsqu’il jouait avec Jeong-yo. Le problème est que même lorsqu’il devient adulte, il reste prisonnier de cette culpabilité. Lorsqu’il découvre ce que sa mère a fait, il pourrait chercher à se sauver lui-même, mais il choisit encore une fois de porter ce qui ne lui appartient pas. Sa mère le manipule jusqu’à menacer de se suicider s’il révèle la vérité, et Pi-o se retrouve une nouvelle fois placé dans le rôle du bouclier humain de sa famille. Il accepte même d’endosser publiquement la responsabilité de l’enlèvement de Jeong-yo alors qu’il n’en est pas responsable. Ce choix est profondément tragique parce qu’il montre à quel point son besoin de protéger les autres est devenu une seconde nature. Il préfère sacrifier sa carrière, sa liberté et son nom plutôt que de laisser Jeong-yo continuer à gaspiller sa vie dans une vengeance qui repose au final sur un mensonge.

Et c’est justement là que la relation entre eux atteint son sommet. Pi-o ne cherche pas seulement à sauver sa mère lorsqu’il accepte d’être arrêté. Il veut aussi libérer Jeong-yo de sa vengeance. Lorsqu’il lui demande de ne pas perdre davantage de temps à se venger et d’apaiser son cœur, il agit comme il l’a toujours fait avec lui : il essaie encore une fois de lui rendre quelque chose. Au début de leur histoire, il lui donnait un espace pour affronter son trac. À la fin, il essaie de lui rendre la possibilité de vivre sans haine. C’est d’autant plus cruel que Pi-o accepte de devenir le coupable idéal alors qu’il est probablement celui qui a le moins mérité de porter tout cela.

Et malgré toute cette noirceur, le drama ne termine pas son histoire sur une simple réparation magique. La réconciliation passe encore une fois par la musique, ce qui est probablement la seule conclusion qui pouvait réellement fonctionner. Après avoir utilisé Némésis comme une arme de vengeance, Jeong-yo découvre que Pi-o peut lui faire entendre autre chose dans cette même œuvre. Là où il voulait autrefois enfermer leur histoire dans la souffrance, Pi-o lui montre qu’elle peut aussi devenir une œuvre, une mémoire et peut-être enfin quelque chose qui n’a plus besoin de les détruire. La musique cesse alors d’être le lieu où ils se blessent pour redevenir celui où ils peuvent se comprendre.

Et même après tout cela, Jeong-yo n’est pas simplement récompensé par un retour à la normale. Son sacrifice final autour du piano est probablement l’un des éléments qui m’a le plus bouleversée. Il choisit de subir un traitement qui lui permet temporairement de retrouver l’usage de sa main, tout en sachant qu’il la perdra ensuite définitivement, et il cache cette réalité à Pi-o. Il veut simplement lui permettre de retrouver la joie de jouer sans lui faire porter le poids de ce sacrifice. Après avoir passé toute leur vie à voir la musique utilisée contre eux, ils finissent par l’utiliser de nouveau pour donner quelque chose à l’autre. C’est une conclusion profondément cohérente avec leur relation : ils ne se sauvent pas avec des grandes déclarations, ils se sauvent en se rendant mutuellement la musique.

Il faut également souligner la réalisation, qui est vraiment magnifique. Les cadrages, la photographie et la manière dont les scènes sont composées donnent au drama une véritable identité visuelle, avec une atmosphère parfois très douce et contemplative, parfois beaucoup plus sombre et oppressante. La musique est évidemment au cœur de cette réussite, et la bande-son est tout simplement incroyable, notamment parce qu’elle ne sert pas uniquement d’accompagnement mais participe directement à l’émotion et à la narration. Et surtout, il faut parler de l’alchimie entre les acteurs. Ils jouent extrêmement bien, aussi bien dans les scènes musicales que dans les moments les plus intimes ou les plus douloureux. Leur manière de se regarder, de réagir aux silences de l’autre et de transmettre les émotions rend leur relation particulièrement crédible. Même lorsque leurs personnages ne disent rien, on comprend ce qui se passe entre eux, et cette capacité à faire passer autant de choses uniquement par le jeu et la présence à l’écran est clairement l’une des grandes forces du drama.

Au final, Four Hands, Two Sonatas a été une véritable claque émotionnelle du début à la fin. C’est une histoire riche, douloureuse et particulièrement injuste, qui retrace la souffrance de deux jeunes hommes qui ne cherchaient finalement qu’à vivre simplement à travers la musique, mais qui ont été broyés par les ambitions, les traumatismes et les erreurs des adultes qui les entouraient. Le drama m’aura fait passer par absolument toutes les émotions possibles, de la tendresse à la colère, de l’injustice à la tristesse, de l’espoir au désespoir, avant de finalement offrir à ces deux personnages la possibilité de sortir de cette spirale. Et heureusement, parce qu’après tout ce qu’ils ont subi, leur offrir autre chose qu’un happy end aurait probablement constitué un crime contre la santé mentale des spectateurs. C’est clairement une série qui mérite sa place parmi les meilleurs dramas de l’année.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Duty First, Kiss Later
0 people found this review helpful
15 days ago
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.5
Acting/Cast 7.0
Music 7.0
Rewatch Value 6.0
This review may contain spoilers

Une romance qui aurait pu aller plus loin

Duty First, Kiss Later est un drama japonais qui me faisait plutôt envie sur le papier. Entre son côté japonais, son ton léger et surtout cette dynamique qui semblait s’inscrire dans une forme d’enemy to lovers, il avait plusieurs éléments susceptibles de me plaire. Deux collègues qui passent leur temps à se chamailler avant de réaliser que derrière cette rivalité se cachent des sentiments, c’est une recette assez classique, mais que j’apprécie généralement lorsqu’elle est bien exploitée. Je me suis donc lancée avec l’idée de passer un moment léger et amusant, et sur ce point, le drama remplit plutôt bien son contrat. En revanche, j’attendais tout de même davantage de cette histoire et, malgré un visionnage agréable, je suis finalement restée un peu sur ma faim.

Le principal atout du drama est sans aucun doute Takoi, qui est rapidement devenu la petite mascotte de l’histoire. C’est typiquement le genre de personnage dont la personnalité suffit à faire fonctionner une bonne partie des scènes. Très sociable, extrêmement expressif, maladroit, un peu lent à comprendre ce qui se passe sous son propre nez et surtout incapable de traiter quelqu’un différemment des autres, il possède une naïveté particulièrement attachante. Ses réactions sont souvent complètement disproportionnées, ses mimiques sont parfois tellement exagérées qu’on pourrait presque croire qu’il a été livré avec un mode « animation faciale maximale », mais c’est justement ce qui le rend aussi amusant. Il y a quelque chose de très enfantin chez lui malgré son âge, et le fait qu’il s’agisse d’un homme d’une quarantaine d’années rend paradoxalement le personnage encore plus adorable. Il aurait probablement été beaucoup plus facile de le trouver agaçant si cette maladresse avait été associée à quelque chose de réellement immature ou égoïste, mais Takoi reste fondamentalement quelqu’un de gentil et d’ouvert aux autres. Il fonctionne donc particulièrement bien dans les scènes comiques, et c’est finalement lui qui donne au drama une grande partie de son charme.

Face à lui, Shiono est presque son exact opposé. Beaucoup plus taciturne, réservé et sérieux, il est amoureux de Takoi depuis longtemps et se retrouve confronté à un problème assez particulier : puisque Takoi traite absolument tout le monde de la même manière, il n’a aucun moyen de se sentir spécial à ses yeux. Sa solution est donc d’une logique absolument irréprochable : plutôt que d’être gentil avec l’homme qu’il aime, il décide de le prendre de haut, de se moquer de lui et de lui envoyer constamment des petites piques pour attirer son attention. On atteint ici un niveau de stratégie sentimentale qui relève presque de la cour de récréation, mais c’est justement ce qui rend leur dynamique amusante. Shiono pourrait difficilement être plus transparent pour le spectateur tout en étant plus incompréhensible pour Takoi. Et lorsque celui-ci finit par vouloir mettre les choses à plat et que Shiono l’embrasse par surprise, Takoi passe instantanément de « je vais comprendre ce qui se passe » à « mon cerveau vient de quitter le bâtiment ». Son niveau de panique est assez magnifique à observer, surtout parce qu’il correspond parfaitement à ce personnage qui met déjà trois jours à comprendre qu’une situation est romantique alors que tout le monde autour de lui a compris depuis longtemps.

Cette dynamique fonctionne donc très bien sur le plan comique, mais c’est aussi là que se trouve l’une de mes principales réserves concernant la romance. J’ai apprécié leur rapprochement et j’ai trouvé leur relation mignonne, légère et plutôt agréable à suivre, mais j’ai eu du mal à ressentir quelque chose de réellement profond derrière leurs sentiments. Takoi finit par accepter l’amour que lui porte Shiono et se laisse progressivement aller à cette relation, mais tout s’enchaîne assez rapidement. Le drama ne prend pas vraiment le temps de développer ce qui pourrait donner davantage de poids à leur romance, notamment la manière dont leur relation transforme leur perception l’un de l’autre ou ce qu’elle représente réellement pour eux. On passe assez vite de la chamaillerie au rapprochement, puis aux petits problèmes liés au fait que leur entourage commence à remarquer quelque chose. Cela donne une romance dynamique, mais aussi assez légère, au point que j’ai parfois eu l’impression d’assister davantage à une succession de péripéties destinées à faire avancer l’histoire qu’à une véritable construction sentimentale.

Le problème n’est donc pas que la romance soit mauvaise, mais plutôt qu’elle manque de matière. Les différents rebondissements sont relativement classiques pour une romance de ce type et, comme l’histoire avance rapidement, ils ont parfois davantage l’apparence de petits obstacles narratifs que de véritables enjeux. Le fait que Takoi ne soit pas immédiatement prêt à parler de sa relation à ses collègues est pourtant assez compréhensible, notamment lorsqu’il se retrouve entouré de personnes dont les réactions vis-à-vis d’une relation homosexuelle ne sont pas forcément très ouvertes. Après quelques jours de flirt, lui demander de faire son coming out comme s’il devait simplement annoncer qu’il avait changé de marque de café est évidemment un peu prématuré. Shiono, de son côté, voudrait plutôt que les choses soient immédiatement claires et assumées, ce qui crée un petit décalage intéressant entre les deux hommes. Mais même cette problématique aurait pu être davantage exploitée, parce qu’elle permettait justement d’aborder leur relation de manière un peu plus adulte. Au lieu de cela, elle reste relativement superficielle et se résout sans laisser une véritable empreinte sur leur histoire.

C’est finalement ce qui m’a le plus manqué dans Duty First, Kiss Later : du poids. Le drama est sympathique, mais j’ai rarement eu l’impression que leur romance avait une véritable importance au-delà du plaisir immédiat de les regarder se tourner autour. Il y a bien des sentiments, des jalousies, des incompréhensions et quelques complications, mais l’ensemble reste tellement léger que j’ai parfois eu du mal à m’investir émotionnellement. Et c’est assez paradoxal parce que les personnages, eux, sont attachants. J’ai aimé Takoi, j’ai apprécié Shiono et leur dynamique m’a fait rire, mais leur histoire ne m’a pas suffisamment marquée. J’aurais aimé que le drama ralentisse un peu pour laisser davantage de place à leur relation, plutôt que de chercher à multiplier les petits rebondissements. Avec quelques épisodes supplémentaires ou simplement davantage de temps consacré à leur évolution, cette romance aurait probablement gagné en profondeur.

Je pense d’ailleurs que cette histoire fonctionnerait probablement mieux dans un format manga que dans son adaptation dramatique. Ce type de romance très expressive, basée sur les mimiques, les chamailleries, les malentendus et les réactions disproportionnées, se prête particulièrement bien au dessin et au rythme d’une comédie romantique. En drama, il faut réussir à donner suffisamment de substance à ces éléments pour qu’ils ne reposent pas uniquement sur le charme des acteurs et l’humour des situations. Ici, j’ai parfois eu la sensation que l’adaptation restait à la surface de ce qui aurait pu être développé davantage. Cela n’empêche pas le résultat d’être agréable, mais cela explique probablement pourquoi je ressors du visionnage avec davantage le souvenir de Takoi en train de faire des têtes improbables que celui d’une romance qui m’aurait réellement marquée.
La fin participe malheureusement un peu à cette impression. Elle arrive assez brutalement et donne presque la sensation que l’histoire pourrait continuer sans que l’on sache vraiment si elle le fera. Ce n’est pas une conclusion catastrophique, loin de là, mais elle manque légèrement de sentiment d’aboutissement. Compte tenu du fait que la romance elle-même n’a pas été énormément approfondie, j’aurais apprécié que les derniers épisodes prennent davantage le temps de montrer où en sont réellement les personnages et ce que leur relation représente désormais pour eux. Une suite pourrait donc avoir du sens, ne serait-ce que pour donner à cette histoire le développement qu’elle n’a pas totalement eu le temps d’avoir.

Au final, Duty First, Kiss Later reste un drama que j’ai apprécié malgré ma déception. J’ai passé un moment agréable devant cette petite romance, principalement grâce à ses personnages et à son humour. Takoi est clairement la grande réussite de l’histoire : il est attachant, drôle, expressif au possible et suffisamment particulier pour donner une véritable personnalité au drama. Leur dynamique fonctionne, leur relation est mignonne et l’ensemble se regarde très facilement. Mais justement, ça se regarde plus que ça ne se vit. J’aurais aimé davantage de profondeur, davantage de développement et surtout une romance qui ait un peu plus de poids. Je ne regrette donc pas mon visionnage, loin de là, mais je reste avec cette impression assez simple : c’était drôle, c’était mignon, ça a fait son travail, mais ça ne casse effectivement pas trois pattes à un canard. Et compte tenu de ce que j’en attendais au départ, c’est probablement là que se trouve toute ma petite déception.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Don't Be Too Emotional
0 people found this review helpful
16 days ago
12 of 12 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 10
Rewatch Value 9.5
This review may contain spoilers

Une douceur dangereuse


Don’t Be Too Emotional est un drama qui m’attirait énormément pour son ambiance très particulière, à la fois sensuelle, douce et légèrement inquiétante. Il y avait quelque chose dans cette atmosphère qui me donnait l’impression qu’on allait avoir droit à une romance assez unique en son genre, avec cette sensation permanente qu’un joli moment pouvait très facilement cacher quelque chose de beaucoup plus dangereux. Et finalement, je ne m’attendais pas à autant apprécier mon visionnage. Je partais avec une certaine curiosité, notamment pour cette ambiance presque hypnotique, et je me suis retrouvée progressivement beaucoup plus investie dans l’histoire, ses personnages et surtout dans la relation entre P’Jane et Janalee.

Et il faut évidemment commencer par P’Jane, parce que le personnage possède une présence assez difficile à ignorer. Dangereusement séduisant, extrêmement posé, avec cette façon de bouger lentement et de contrôler chacun de ses gestes, il dégage quelque chose de presque magnétique. Même lorsqu’il ne fait rien de particulier, il donne l’impression d’être parfaitement conscient de l’effet qu’il produit. Et pourtant, derrière cette façade de gentleman imperturbable, on découvre progressivement quelqu’un qui peut perdre pied lorsque les choses lui échappent. C’est justement ce contraste qui le rend aussi intéressant. Il veut contrôler son environnement, ses contrats, ses relations et surtout ce qui concerne Janalee, mais il se retrouve confronté à quelque chose qu’il ne peut pas gérer comme une transaction : l’amour sincère de quelqu’un qui n’attend rien en retour.

C’est d’ailleurs là que le personnage devient beaucoup plus intéressant que son simple statut de « red flag ». Parce que oui, objectivement, P’Jane est un red flag. Il est possessif, obsessionnel, il surveille Janalee, le manipule à certains moments, lui impose sa présence et sa manière de vivre, l’entraîne dans des situations dangereuses et franchit même des limites qui ne devraient jamais l’être. Son comportement est clairement toxique et, dans la réalité, je ne voudrais évidemment pas avoir un homme comme lui dans mon entourage. Mais le drama ne le réduit pas à cette toxicité. Il y a derrière cette obsession une psychologie qui devient progressivement compréhensible, notamment lorsque l’histoire révèle davantage son enfance et son rapport à son père, même si ça aurait eu le mérite d’être davantage approfondi. P’Jane a grandi dans une logique où l’amour semblait toujours avoir un prix, où chaque chose donnée devait être rendue, où l’affection n’était jamais totalement gratuite. Il a donc appris à penser le monde en termes de contrats, de contreparties et de contrôle. Janalee vient donc complètement bouleverser cette logique parce que, pour la première fois, il se retrouve face à quelqu’un qui ne lui appartient pas, qui ne lui doit rien et qui l’aime sans investissement préalable. Il n’y a pas de contrat émotionnel derrière cet amour. Et je trouve que c’est finalement l’un des éléments les plus touchants de son personnage.

Mais ce que j’ai particulièrement apprécié chez lui, c’est son évolution. Il commence par vouloir garder Janalee auprès de lui à tout prix, comme s’il était incapable de concevoir qu’aimer quelqu’un puisse aussi signifier lui laisser une liberté. Mais progressivement, il apprend à écouter. Il apprend à respecter davantage ses choix, à lui faire confiance, à ne plus systématiquement décider à sa place. Et le fait qu’il soit capable, à un moment donné, de réellement le laisser partir alors qu’il pourrait chercher à le retenir est important. Ce n’est pas parce que tout ce qu’il a fait auparavant devient acceptable, mais parce que cela montre qu’il est capable de comprendre que l’amour ne donne pas automatiquement des droits sur l’autre. J’ai aimé cette progression, parce qu’elle donne un véritable sens à leur relation. Big Jane ne devient pas soudainement un saint, mais il apprend peu à peu à aimer autrement.

Face à lui, Janalee aurait pu être un personnage assez classique : doux et naïf, mais j’ai beaucoup aimé le voir changer. Au début, il semble presque incapable de résister à l’aura de P’Jane, tout en étant justement celui qui refuse de se laisser complètement envoûter. C’est ce paradoxe qui attire P’Jane. Plus Janalee lui échappe, plus il devient précieux à ses yeux. Et progressivement, Janalee prend du caractère, apprend à lui tenir tête, à lui dire non, à remettre en question ses décisions et à défendre son propre espace. J’ai particulièrement apprécié ce cheminement parce qu’il empêche la relation de devenir simplement une dynamique où P’Jane domine et Janalee subit. Leur rapport de force change avec le temps, au point que Janalee devienne le destructeur ou le protecteur de la vie de son amant. Mais même si leur relation semble assez chaotique, il y a véritablement une évolution dans leur façon de se comprendre.

La dynamique est d’ailleurs, à mes yeux, le véritable cœur du drama. J’ai énormément aimé cette impression de douceur légèrement tordue qui se dégage de leurs interactions. Il y a quelque chose de très mignon dans leur manière de se rapprocher, mais cette mignonnerie est toujours accompagnée d’une petite tension inquiétante. On sait que P’Jane est dangereux. On sait qu’il peut être envahissant. On sait que leur relation n’est pas exactement saine. Pourtant, on sent également très rapidement que ses sentiments pour Janalee sont sincères. Et cette contradiction fonctionne étonnamment bien. Ce n’est pas une romance que j’ai aimée parce qu’elle serait parfaite, mais parce qu’elle donne l’impression de deux personnes qui doivent apprendre à s’aimer d’une manière qui ne les détruise pas.

Néanmoins, j’ai parfois eu beaucoup de mal avec Janalee. Pas parce que son indépendance me dérange, bien au contraire. J’ai beaucoup apprécié qu’il refuse de dépendre financièrement de P’Jane et qu’il veuille aider sa famille par ses propres moyens. C’est même quelque chose que je respecte énormément chez lui. Là où j’ai parfois trouvé son comportement agaçant, c’est dans sa manière de gérer les émotions P’Jane. Après leur séparation de cinq ans, alors qu’ils viennent enfin de se retrouver et de se promettre de rester ensemble, il prends des décisions importantes sans suffisamment rassurer l’homme qu’il aime. Il ne s’agit pas de lui reprocher de vouloir vivre avec sa famille ou de vouloir préserver son indépendance, mais plutôt de constater qu’il oublie parfois que P’Jane a lui aussi des blessures et qu’il a déjà vécu plusieurs séparations extrêmement douloureuses. Un simple « je reviendrai » aurait évité beaucoup de souffrance. Cette dimension m’a un peu agacée parce qu’elle donne à Janalee une forme d’égoïsme affectif qu’il n’a absolument pas avec sa famille.

En ce qui concerne la réalisation, j’ai tout d’abord vraiment admiré la manière dont le drama entretient le mystère autour de P’Jane. Pendant une bonne partie de l’histoire, on ne sait jamais complètement jusqu’où il peut aller ni ce qui se cache derrière cette attitude si maîtrisée. La mise en scène participe énormément à cette impression, notamment grâce à une musique souvent sombre et inquiétante qui accompagne ses apparitions et certaines révélations. (Mention spéciale à la bande-son du drama) Il y a presque quelque chose de surnaturel dans la façon dont le personnage est introduit et filmé, avant même que l’on comprenne réellement comment fonctionne son univers. Cette ambiance contribue énormément à l’immersion, parce qu’elle entretient constamment cette sensation que quelque chose cloche.

J’ai également beaucoup apprécié les changements de registre du drama. On commence presque avec l’impression qu’on va suivre une romance étudiante un peu atypique, puis l’histoire s’ouvre progressivement sur quelque chose de beaucoup plus mystérieux et dangereux. Le fonctionnement des contrats, l’univers de P’Jane, les enjeux qui l’entourent et les différents retournements donnent au drama une véritable variété. Je trouve toujours agréable lorsqu’une série ne reste pas enfermée dans un seul registre pendant toute sa durée. Ici, on passe de la romance douce à la tension, du thriller à l’action, puis à une intrigue beaucoup plus dramatique, où parfois presque familiale notamment avec l’intégration d’un enfant à l’équation qui apporte une vraie sensation de légèreté. Cela aurait pu donner un ensemble complètement incohérent, mais j’ai trouvé que les différentes tonalités finissaient plutôt bien par se compléter.
Et puis il faut évidemment parler de l’alchimie entre les deux acteurs. Elle est probablement l’une des grandes forces du drama. Leur dynamique fonctionne autant dans les scènes tendres que dans les moments de tension, et il y a une vraie présence lorsqu’ils sont ensemble à l’écran. Ils donnent l’impression d’avoir quelque chose qui dépasse simplement le scénario : une manière de se regarder, de se répondre et d’occuper l’espace ensemble qui rend leurs scènes particulièrement addictives. Il y a une tension physique évidente, mais elle n’écrase jamais complètement la dimension émotionnelle de leur relation. Sans oublier Tee. Parce que soyons honnêtes, il est difficile de faire une chronique de ce drama sans reconnaître que cet homme possède une présence physique assez scandaleuse au point d’avoir quelques difficultés à détourner les yeux. Disons simplement que le casting avait décidé de tester ma capacité à rester concentrée sur le scénario et à attribuer une note en fonction du nombre de carrés de chocolat.

Au final, malgré les critiques plutôt mitigées que j’avais pu voir autour de Don’t Be Too Emotional, j’ai vraiment passé un très bon moment devant cette série. J’ai aimé son ambiance, son mélange de douceur et de danger, son univers qui évolue progressivement vers quelque chose de beaucoup plus dramatique, ses personnages et surtout la relation entre P’Jane et Janalee. Ce n’est pas une romance parfaite, et certainement pas une relation que je qualifierais de saine sans réserve, mais c’est justement ce mélange de fragilité, de possessivité, de sincérité et magnétisme qui m’a captivée. Même si le scénario fait quelques raccourcis, notamment dans le développement de leur romance et dans le passé de P’Jane qui aurait mérité davantage d’attention, je retiendrai surtout de ce drama une histoire qui m’a beaucoup plus touchée que je ne l’aurais imaginé. Et sa singularité risque difficilement de s’effacer de ma mémoire.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Secret Relationships
0 people found this review helpful
22 days ago
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 10
Story 10
Acting/Cast 10
Music 8.0
Rewatch Value 7.0
This review may contain spoilers

Quand l'obscurité fait place à la lumière

J’ai longtemps hésité avant de commencer Secret Relationship. Je savais que la série était particulièrement toxique et, connaissant mon propre fonctionnement, je savais qu’il me faudrait être dans le bon mood pour m’y plonger. Ce n’est pas le genre de drama que l’on lance innocemment un soir en se disant « tiens, voyons ce que ça donne ». Il fallait que je me prépare mentalement à souffrir avec Jung Da-on. Et finalement, lorsque l’envie est arrivée, je me suis lancée avant qu’elle ne reparte. Grand bien m’en a pris, parce que je ne m’attendais absolument pas à tomber sur une telle pépite.

Ce qui m’a immédiatement plu, c’est que Secret Relationship ne cherche jamais à romantiser ce que Da-on traverse. La série installe une ambiance profondément malsaine, parfois franchement oppressante, qui nous met volontairement mal à l’aise. Les sentiments existent, mais ils ne servent jamais d’excuse aux comportements qui dépassent les limites. C’est justement ce qui permet aux personnages d’être intéressants sans que leurs actes deviennent soudainement acceptables sous prétexte qu’ils aiment sincèrement. Et c’est une nuance que j’ai énormément appréciée. On peut comprendre pourquoi un personnage agit ainsi sans pour autant lui donner raison, et la série joue constamment sur cette frontière.

J’ai également beaucoup aimé le soin apporté au développement des personnages. Aucun ne donne réellement l’impression d’être là uniquement pour remplir une fonction dans l’intrigue. Chacun possède son propre vécu, ses blessures, ses mécanismes et surtout sa manière particulière d’aimer. Cela rend les relations beaucoup plus intéressantes, parce qu’on comprend progressivement ce qui se joue derrière les comportements. Jae-min et Su-hyeon sont particulièrement fascinants de ce point de vue. Ils sont tous les deux profondément problématiques, mais pas de la même manière. L’un est davantage dans la manipulation et le contrôle psychologique, l’autre dans la violence et l’intimidation. Et pourtant, derrière ces comportements, la série prend le temps de montrer leurs peurs, leurs dépendances et leur rapport complètement déformé à l’amour. Ce ne sont pas des personnages que j’ai appréciés humainement, mais ce sont indéniablement des personnages que j’ai trouvés passionnants à observer.

Et puis il y a Da-on, qui est probablement ce qui m’a le plus marquée dans cette histoire. J’ai énormément apprécié qu’il ne soit jamais réduit à une victime fragile qui subirait les événements en attendant qu’un autre personnage vienne le sauver. Il peut avoir peur, être perdu, souffrir ou se tromper, mais il conserve toujours son libre arbitre. Même lorsqu’il est pris au piège de relations extrêmement malsaines, il continue d’essayer de comprendre, de faire ses propres choix et, surtout, de reprendre le contrôle de sa vie. C’est ce qui rend son parcours aussi touchant. Sa force ne vient pas du fait qu’il serait invulnérable, mais du fait qu’il continue d’avancer malgré tout ce qu’il porte sur les épaules.

C’est aussi pour cette raison que la relation avec Seong-hyeon m’a autant fait du bien. Dans un drama où l’amour est pendant une grande partie de l’histoire associé à la peur, à la possession, au chantage ou à la souffrance, avoir enfin une relation qui repose sur quelque chose de beaucoup plus sain crée un contraste absolument délicieux. Seong-hyeon n’est pas là pour prendre les décisions à la place de Da-on ou pour le sauver malgré lui. Il l’aime, il le soutient, mais il lui laisse surtout la possibilité d’être une personne entière en dehors de leur relation. Après tout ce qu’on vient de traverser, cette romance devient presque une récompense. Une romance qui se mérite, qui fait du bien au cœur et qui permet enfin de respirer.

J’ai également beaucoup aimé la manière dont la série construit ses révélations. Même lorsque j’avais plus ou moins compris la direction générale de l’histoire, je me suis retrouvée surprise à plusieurs reprises. Secret Relationship adore nous donner une information qui vient modifier notre perception de ce qu’on pensait avoir compris auparavant. Les plot twists ne sont donc pas simplement là pour faire joli : ils servent réellement à approfondir les personnages et à recontextualiser leurs comportements. C’est ce qui m’a tenue devant l’écran. J’étais constamment en train d’émettre des hypothèses, de remettre certaines choses en question et de me demander jusqu’où les personnages étaient capables d’aller.

Et surtout, j’ai dévoré la série. Malgré son côté parfois très lourd psychologiquement, je n’ai jamais eu cette impression de tourner en rond. Il y avait constamment quelque chose qui alimentait la tension ou qui faisait évoluer les relations. Le drama réussit ainsi à être sombre sans devenir simplement glauque, et romantique sans transformer la toxicité en fantasme absolu. C’est un équilibre assez difficile à maintenir, et je trouve qu’il fonctionne particulièrement bien ici.

Secret Relationship est donc, pour moi, un drama qui excelle surtout dans sa narration, son développement des personnages et la construction de leurs relations. J’ai aimé pouvoir détester certains personnages tout en étant fascinée par leurs mécanismes, comprendre leurs blessures sans excuser leurs actes et surtout voir Da-on conserver cette capacité à choisir pour lui-même malgré tout ce qu’il traverse.

Et après autant de souffrance, terminer sur quelque chose d’aussi positif était exactement ce dont j’avais besoin. Cette romance douce au milieu de tout cet enfer apporte cette petite lumière qui nous rappelle qu’il existe autre chose que les relations fondées sur la peur et la possession. On passe une bonne partie du drama à se demander comment Da-on pourra sortir de tout ça, alors pouvoir enfin le voir trouver une relation dans laquelle il peut simplement être aimé fait un bien fou.

Bref, Secret Relationship m’aura tenue en haleine du début à la fin. Une histoire toxique, oui, mais surtout une histoire qui sait regarder la toxicité en face sans chercher à la rendre jolie. Des personnages parfois absolument détestables, mais suffisamment travaillés pour devenir passionnants. Beaucoup de tension, des hypothèses à n’en plus finir, des retournements qui fonctionnent et, au milieu de tout ce chaos, une romance qui finit par nous donner exactement ce qu’on attendait : la lumière au bout du tunnel.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Teach You a Lesson
0 people found this review helpful
Aug 1, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 10
Story 10
Acting/Cast 10
Music 9.5
Rewatch Value 10
This review may contain spoilers

Une histoire qui dénonce par la satisfaction

Teach You a Lesson est un drama que j’avais très envie de regarder depuis un moment. Comme il mêle plusieurs thématiques dont je raffole, à savoir les injustices, le harcèlement scolaire, la corruption, la violence et surtout la vengeance, j’étais presque obligée de le regarder. Et quand je me suis enfin lancée, je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi incroyable.

Dès le premier épisode, on attaque avec un cas de harcèlement scolaire particulièrement violent qui débouche sur un suicide, une école corrompue jusqu’à la moelle et une sorte de milicien certifié qui débarque pour remettre de l’ordre en distribuant quelques valseuses aux mauvais éléments. On ne fait pas mieux en matière d’entrée en scène. En grande amatrice de récits où les victimes obtiennent enfin justice et où les bourreaux reçoivent la monnaie de leur pièce, cette série était littéralement faite pour moi.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que Teach You a Lesson aborde le harcèlement et les violences scolaires sans chercher à les enjoliver. Le drama semble se dérouler dans une Corée où l’autorité des enseignants s’est complètement effondrée et où certaines failles institutionnelles ont laissé élèves, professeurs et parfois même parents totalement démunis. C’est dans ce contexte qu’intervient le BDDE, un comité disposant d’une autorité exceptionnelle pour rétablir l’ordre dans les établissements les plus problématiques. Et à sa tête, nous avons Na Hwa-jin, qui ne prend absolument aucun gant. Il faut dire que notre cher inspecteur était autrefois capitaine des forces spéciales, alors le petit caïd de lycée qui se prend pour un gangster, c’est presque une promenade de santé. Hwa-jin a trop de flow. Il est capable de mater une trentaine d’élèves, de lâcher des dobermans sur de jeunes criminels, de séquestrer un parent pour lui imposer le même rythme de vie qu’à son enfant et même de se pointer chez un homme politique et de le menacer sans sourciller. Sa pédagogie repose beaucoup sur la loi du Talion : si les mots ne suffisent plus, il vous fera expérimenter personnellement les conséquences de vos actes. Et je ne vais pas mentir, il n’y a rien de plus jouissif que de voir un adulte disposant enfin de l’autorité nécessaire rendre œil pour œil, dent pour dent à des bourreaux persuadés d’être intouchables.

Pourtant, réduire Na Hwa-jin à un justicier qui distribue des baffes serait une immense erreur. Derrière son visage fermé et ses méthodes moralement plus que discutables se cache un homme profondément empathique, particulièrement sensible à la souffrance des victimes et de leurs proches. Il ne répond d’ailleurs pas systématiquement à la violence par la violence : il observe, tente de comprendre et adapte toujours sa « leçon » à la personne qu’il a en face. C’est un personnage qui m’a énormément touchée par sa droiture, sa morale et cette volonté presque viscérale de protéger ceux que les institutions ont abandonnés. Et lorsque son passé nous est enfin dévoilé, tout prend une autre dimension. Sa femme, enseignante, a été assassinée par l’un de ses élèves, Cho Gyu-cheol. Une perte qui l’a détruit et lui a laissé une soif de vengeance qu’il contient difficilement. J’avais justement peur, au début, que le drama ne développe jamais le passé de son protagoniste et se contente d’en faire un homme badass mystérieux. Autant dire que mes craintes ont été pulvérisées. Hwa-jin porte sa femme dans chacune de ses interventions. Ses paroles, sa conception de l’éducation et sa volonté de protéger les victimes sont devenues une partie de lui. Mais il porte également sa mort comme une plaie qui n’a jamais cicatrisé.

Par ailleurs, ledrama évite intelligemment de détailler une seule problématique et dresse plutôt un vaste portrait des dérives liées au milieu éducatif. Harcèlement, gangs recrutant des lycéens, cyberharcèlement, fausses accusations détruisant la vie des enseignants, parents abusifs, impunité de certains mineurs, jeux d’argent ou encore pression scolaire poussée jusqu’à la maltraitance : la série ratisse extrêmement large sans perdre son fil conducteur. J’ai notamment été particulièrement marquée par cette mère qui impose à son fils de travailler de quatre heures du matin à minuit, lui fait manger pendant ses révisions pour ne pas perdre de temps et lui administre des stimulants malgré les dommages irréversibles causés à son cerveau. Le plus tragique reste que ce pauvre garçon, totalement conditionné, ne fait qu’obéir parce qu’il veut rendre sa mère fière. C’est là que le drama fonctionne particulièrement bien : derrière le côté grisant de la vengeance et les méthodes parfois complètement lunaires du BDDE se cache une véritable myriade de scènes émotionnelles qui prennent aux tripes.

Mais le véritable fil rouge reste évidemment l’affaire des pilules et Cho Gyu-cheol. Peu à peu, Hwa-jin découvre que des substances saisies dans différents établissements ressemblent étrangement à celles que sa femme avait consignées dans son carnet avant sa mort. Celui qu’on nous avait présenté comme un adolescent amoureux ayant tué son enseignante n’a en réalité jamais agi sous le coup d’une pulsion. Il avait prémédité son assassinat parce qu’elle risquait de révéler son trafic, calculé la peine qu’il encourrait en tant que mineur et utilisé son enfance difficile ainsi qu’une fausse obsession amoureuse pour obtenir des circonstances atténuantes. Deux années de prison n’étaient, pour lui, qu’un coût acceptable avant de reprendre ses activités. Un véritable Moriarty en culotte courte qui, une fois libéré, parvient en quelques jours à relancer son trafic à l’échelle nationale et à monter un plan particulièrement retors pour provoquer la dissolution du BDDE. Face à lui, Hwa-jin se révèle finalement bien plus Sherlock Holmes que simple machine à distribuer des valseuses. Il va jusqu’à frapper volontairement le meurtrier de sa femme et sacrifier la réputation du BDDE pour lui donner l’illusion d’avoir gagné, le laisser reprendre son trafic en toute confiance et ainsi récolter les preuves nécessaires pour le faire tomber.

Cette confrontation permet surtout de conclure magnifiquement l’arc personnel de Hwa-jin. Lors de leur dernier combat, grièvement blessé, il finit par prendre l’ascendant sur Cho Gyu-cheol. Celui-ci le provoque une dernière fois et l’incite à le tuer. Et Hwa-jin est prêt à le faire. Pourtant, au dernier moment, le souvenir de sa femme arrête son geste. J’ai trouvé cette scène particulièrement belle, car ce n’est pas simplement sa compassion ou sa morale qui le retiennent : c’est elle. La femme dont il a porté la mort pendant toutes ces années devient finalement celle qui l’empêche de se perdre définitivement. Tuer Gyu-cheol aurait été lui obéir une dernière fois et lui permettre de transformer le mari de sa victime en meurtrier. En renonçant, Hwa-jin semble enfin faire la paix avec lui-même sans pour autant oublier sa femme. Et j’ai également beaucoup aimé la relation qu’il entretient avec son beau-père, le ministre à l’origine du BDDE. Ces deux hommes ne pouvaient pas se supporter avant son mariage, mais le deuil les a profondément rapprochés. Le père a perdu sa fille, Hwa-jin sa femme, et ils sont progressivement devenus la famille qu’il leur restait. Le ministre avait autrefois empêché son gendre de tuer Gyu-cheol ; des années plus tard, lorsqu’il voit Hwa-jin revenir à moitié mort après leur affrontement, c’est à son tour de perdre tout contrôle et de vouloir faire la peau au meurtrier. Une relation discrète, mais qui m’a énormément touchée.

Enfin, impossible de ne pas avoir un petit mot pour Im Han-rim et Bong Geun-dae, les deux subordonnés de Hwa-jin. D’un côté, une ancienne des forces spéciales légèrement psychopathe, autrefois victime de harcèlement et recueillie par Hwa-jin, à qui il faut rappeler qu’ici, on ne tue personne et que, si l’envie lui prend, elle doit écrire trois fois « patience » dans sa main. De l’autre, un petit geek timide et effacé, maître de l’infiltration, capable de se rendre extrêmement utile auprès des lycéens comme de l’équipe… mais aussi de devenir accro aux jeux d’argent et de s’endetter de vingt millions de wons en une nuit parce qu’il pensait pouvoir battre les probabilités. Leur petite romance improbable, née après un kidnapping et une faute professionnelle impliquant une fringale, apporte une touche d’humour bienvenue. En particulier lors de l’épilogue, lorsqu’ils essayent eux-mêmes de donner une leçon au nouveau lycée où ils vont faire la loi. Ils essayent de jouer au dur, mais c’est leur patron qui leur sauver la mise face à des lycéens.

En bref, Teach You a Lesson est un drama qui m’a captivée du début à la fin. J’ai regardé les dix épisodes quasiment d’une traite tant la série réussit à mêler émotion, action, humour et critique sociale sans perdre son efficacité. Les différentes affaires permettent d’aborder de nombreuses problématiques liées au milieu scolaire et aux failles institutionnelles, tandis que le fil rouge autour du trafic de drogue apporte une véritable continuité à l’ensemble. J’ai particulièrement aimé Na Hwa-jin, aussi impressionnant dans l’action que touchant par sa droiture, son empathie et la douleur qu’il porte. Une série badass, jouissive et profondément humaine qui réussit à être beaucoup plus riche que son simple concept de justicier distribuant des baffes. Bref, une Masterclass comme on en fait rarement.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
When Oranges Fall
0 people found this review helpful
Aug 1, 2026
12 of 12 episodes seen
Completed 0
Overall 8.0
Story 8.0
Acting/Cast 8.0
Music 7.0
Rewatch Value 7.0
This review may contain spoilers

Une romance qui a oublié son époque…

When the Orange Falls, est un drama qu’il me tardait vraiment de commencer. D’une part parce qu’il s’agissait d’une romance similaire aux ennemies to lovers, un trope que j’apprécie toujours beaucoup lorsqu’il est bien exploité. D’autre part parce que l’histoire se déroulait dans une période historique. Certes, il ne s’agit pas d’une époque très ancienne, mais ce simple contexte suffit généralement à apporter un charme particulier et une atmosphère différente des romances contemporaines. Malheureusement, si je pensais que la série allait véritablement s’appuyer sur cette période de l’histoire, je me suis finalement retrouvée devant un scénario beaucoup plus classique que ce que j’espérais.

L’histoire nous raconte la rencontre de deux garçons portant exactement le même nom. Devenus voisins, ils développent immédiatement une relation qui ressemble d’abord à une rivalité. Enfin… une rivalité toute relative, parce qu’à peine échangent-ils un regard que l’on comprend déjà où le scénario souhaite nous emmener. Ils passent davantage leur temps à se lancer des regards débordant de d’amour qu’à réellement se détester. On est finalement beaucoup plus proche d’un “qui aime bien châtie bien” que d’un véritable affrontement entre deux personnalités incompatibles. Cependant si l’un prend rapidement conscience de ses sentiments tandis que l’autre mettra un peu plus de temps à comprendre ce qu’il ressent réellement.

J’ai beaucoup apprécié la manière dont leur relation se construit au départ. J’aime énormément les romances qui naissent simplement de quelques regards, de longs silences et de petits gestes du quotidien. Il n’y a pas forcément besoin de grandes déclarations lorsque deux personnages dégagent déjà autant de tendresse simplement en partageant le même espace. C’est d’autant plus touchant que leurs situations familiales sont totalement opposées. D’un côté, Ko Song est un garçon particulièrement solitaire dont les parents semblent presque absents de sa vie. De l’autre, Ko Nueng grandit dans une famille chaleureuse, présente et aimante. Naturellement, il commence à inviter Ko Song chez lui afin qu’il puisse lui aussi profiter de cette ambiance familiale qui lui manque tant. Cette opposition fonctionne très bien et apporte beaucoup de douceur à leurs premiers rapprochements. J’ai également beaucoup aimé leur petite bande d’amis qui apporte régulièrement une touche de légèreté et de bonne humeur au récit.

En revanche, une fois la romance réellement lancée, j’ai trouvé que certains comportements perdaient en cohérence. C’est particulièrement le cas de Ko Nueng. Pendant plusieurs épisodes, tout laisse penser qu’il attend exactement ce qui finit par arriver. Pourtant, lorsque Ko Song l’embrasse enfin, il réagit comme si celui-ci venait de commettre quelque chose d’impensable. Il le fuit, lui en veut et finit même par prétendre qu’il ne le considère que comme un simple ami… alors que tout, absolument tout dans son comportement jusque-là racontait l’inverse. Et lorsque Ko Song décide finalement de prendre ses distances, c’est cette fois Ko Nueng qui se met en colère. Toute cette mise en scène m’a semblé inutilement artificielle, d’autant plus que l’épisode suivant les voit déjà s’embrasser de nouveau. Ce faux conflit m’a davantage donné l’impression de créer du drama pour créer du drama que de développer naturellement leurs sentiments.

La suite semble poursuivre ce chemin. Après la période de lune de miel arrivent les inquiétudes concernant l’université. Ko Song travaille sans relâche afin de réussir son entrée en faculté de médecine tandis que Ko Nueng, lui, ne supporte plus l’école et ne sait toujours pas quelle direction donner à son avenir. L’un privilégie son avenir, l’autre souhaite simplement profiter du temps qu’il leur reste ensemble. Ce désaccord est plutôt crédible et permet enfin d’aborder un conflit reposant sur leurs personnalités respectives plutôt que sur un simple malentendu. Si j’ai apprécié que le drama prenne le temps de montrer les conséquences de leurs résultats, leurs réactions, leurs discussions et leurs doutes, j’ai encore une fois eu beaucoup plus de mal avec l’ampleur dramatique que le scénario cherche à donner à cette séparation alors qu’ils vont finalement étudier dans la même ville… et même vivre ensemble. Là aussi j’ai eu le sentiment que la série amplifiait artificiellement une situation qui ne le nécessitait pas vraiment.

Mais mon plus grand regret concerne le contexte historique lui-même. Visuellement, il est très réussi. Les décors, les costumes et la palette de couleurs créent une ambiance particulièrement douce et poétique (même si il aurait fallu doser la apparition de la bande-son originale par moment). Mais dans les faits, cette époque n’a pratiquement aucune influence sur le déroulement de l’histoire. Les romances pourraient se dérouler aujourd’hui que cela ne changerait presque rien. Pourtant, venant du même studio que Ticket to Heaven, je m’attendais justement à ce que cette période de transition soit utilisée pour montrer les difficultés qu’une relation homosexuelle pouvait rencontrer à cette époque. Ici, les familles semblent accepter sans difficulté que leurs fils aient des petits amis, comme si ce contexte historique n’avait absolument aucune incidence sur leur quotidien. Finalement, j’ai eu l’impression de regarder une romance contemporaine simplement habillée avec des costumes d’époque. C’est dommage, car le potentiel dramatique existait réellement et aurait permis d’apporter beaucoup plus de profondeur à l’ensemble.

Au final, When the Orange Falls reste un visionnage très agréable. Les différentes romances sont adorables, les personnages sont incroyablement mignons, et j’ai sincèrement pris plaisir à suivre leur évolution. Pourtant, j’en ressors avec un sentiment assez mitigé. Mon compteur émotionnel n’a jamais réellement été stimulé comme je l’espérais. Le contexte historique promettait une histoire plus complexe, plus douloureuse et plus ancrée dans la réalité de son époque, mais le drama choisit finalement de rester dans une romance assez classique où les principaux conflits demeurent relativement superficiels. J’ai passé un très bon moment devant cette série, mais je ne peux m’empêcher de trouver dommage qu’elle n’ait jamais osé exploiter pleinement tout le potentiel que son univers semblait pourtant lui offrir. C’est une jolie romance, pleine de douceur et de personnages attachants, mais il lui manque cette profondeur émotionnelle qui aurait pu la rendre véritablement marquante.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Always Meet Again
0 people found this review helpful
Jun 16, 2026
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.0
Rewatch Value 8.0
This review may contain spoilers

When destiny gives you a second chance

Always Meet Again is a drama I stumbled upon completely by chance. On paper, the premise seemed fairly simple, but intriguing enough to make me want to give it a try. Honestly, I never expected to discover such a gem.

The first thing I truly loved was the way the series draws us into its story. From the very first minutes, it becomes clear that a devastating event has completely changed Hyeseong’s life. Yet the drama refuses to hand us all the answers right away. Instead, it carefully scatters clues and allows us to uncover the truth little by little as the protagonist relives his past. This is precisely what makes the viewing experience so engaging. We find ourselves trapped in the same uncertainty as him, trying to understand what really happened and why he carries such overwhelming guilt.

What surprised me the most is that after such a melodramatic introduction, the story immediately shifts into something much lighter. Watching Hyeseong suddenly find himself twenty years in the past, stuck in his teenage body while retaining the mindset of an adult, creates some genuinely hilarious situations. It takes him a while to fully grasp what is happening, and his instincts as a man nearing forty constantly resurface. One scene that made me laugh in particular was when he came home, opened the refrigerator, and instinctively grabbed a can of beer before remembering that he was a teenager again. His sister’s immediate reaction completely finished me. Moments like these bring a lot of freshness to the story and help balance the heavier themes at its core.

At the same time, the drama never lets us forget that a tragedy is approaching. Throughout the series, brief black-and-white flashes interrupt the narrative to remind us that something terrible is destined to happen. I found this storytelling device particularly clever because it works on multiple levels. At first, it simply seems to represent the original timeline, the version of events that should not be altered. But as the episodes progress, another interpretation gradually emerges. Without ever stating it outright, the drama strongly suggests that Hyeseong may suffer from a form of color blindness or even achromatopsia. We never receive official confirmation, but there are numerous hints pointing in that direction. Once you realize how this inability to distinguish certain colors may have placed Lee Woojin in danger multiple times, whether on the road or on the basketball court, everything suddenly takes on a much more tragic meaning.

That is also what makes Hyeseong such a compelling character. During his first life, convinced that his presence only put Woojin at risk, he chose to distance himself in order to protect him. Yet when he returns to the present, he discovers that his sacrifice changed absolutely nothing. Woojin died anyway. This revelation is particularly heartbreaking because it destroys the only certainty he has clung to for twenty years. From that moment on, his guilt becomes even heavier. He is no longer simply trying to relive his first love. He is trying to save someone he believes he lost because of his own actions. What I found beautiful is just how far he is willing to go to achieve that goal. He is prepared to give up his relationship with Woojin, his career, his dreams, and even his own existence if it means keeping him alive. His journey into the past becomes far more than a second chance at romance. It becomes a desperate attempt to repair what he considers the greatest failure of his life.

I also appreciated the way the drama visualizes the consequences of his actions on the present. With every episode, his workshop gradually changes. New photographs appear, objects move, and some items disappear entirely. These subtle details allow us to see the timeline shifting in real time and constantly reinforce the connection between past and present. It is a simple but incredibly effective device that makes every decision feel meaningful.

My only real criticism concerns the handling of time travel during the final episodes. I have to admit that I struggled to fully understand the logic behind the ending timeline. If Hyeseong returns to the past by replacing his younger self, only to disappear from that era when he returns to the present, it raises a lot of questions. His adult life, his career, his relationships, and even his family all depend on the existence of his younger self. Yet the drama occasionally seems to forget its own rules. This creates an inconsistency that is difficult to ignore, especially in a story built so heavily around the consequences of choices and alterations to the timeline.

Personally, I think a solution similar to Erased would have felt more coherent. For example, Hyeseong could have taken Woojin’s place during the accident, fallen into a coma, and then awakened twenty years later. That would have preserved the continuity of his existence while still allowing the story to reach the same happy ending. Because yes, despite my questions regarding the time travel mechanics, I am very glad the drama chose to give us a happy ending. The writers had me doubting right up until the very last minute, and I am not entirely convinced my heart would have survived any other outcome.

Overall, Always Meet Again is a series that touched me deeply. I loved its sense of mystery, the way it gradually reveals the true stakes of the story, and its romance, which manages to be sweet, sincere, and heartbreaking all at once. It is a drama about love, guilt, sacrifice, and second chances, told with a great deal of sensitivity. Despite a few inconsistencies related to its time-travel elements and a runtime that ultimately felt a little too short, it still managed to bring me to tears more than once and earn a lasting place in my heart. A wonderful surprise and without a doubt one of the most beautiful discoveries I have made recently.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Never Forget Your Enemy
0 people found this review helpful
Jun 4, 2026
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 10
Story 10
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 8.5
This review may contain spoilers

An incredible story

Never Forget Your Enemy was a drama I had been looking forward to ever since it started airing. I have always been a huge fan of stories centered around amnesia, and from the few clips I had come across over the weeks, the overall atmosphere immediately appealed to me. So I was eagerly waiting for it to finish airing so I could binge-watch it in one go.

And I have to admit that my instincts did not fail me once again, because this series has a remarkable psychological depth. One of the things I appreciated most was the decision to tell the story primarily through Gi Haneul’s perspective at first. Since he has lost his memory, we are thrown into the same confusion as him. We only have access to his childhood memories and those from before his first accident. Everything else, his adult life, his relationship with Yeo Saebyeok, and the seven years that followed, remains hidden from us. We gradually uncover the truth alongside him as his memories begin resurfacing. It constantly encourages us to form theories and piece together what really happened, how he ended up in this situation, and above all, what caused his second accident. The series does an excellent job of maintaining this mystery until its final reveal.

I also appreciated how believable the writers made his mental state. Gi Haneul does not behave like a man approaching thirty. Instead, he behaves like the young man he was when his memory stopped. He often reacts with naivety, immaturity, or excessive emotion, which feels completely logical. In his mind, he has only just recovered from his first accident. Suddenly, he discovers that he has lost nearly ten years of his life, that he can no longer pursue his dream of becoming a professional tennis player, and that he is now sharing a room with a man who claims to have been his partner for the last seven years. These are enormous changes to process in only a few days. Meanwhile, Yeo Saebyeok is facing the exact opposite situation. For him, all of these events belong to the past. He has already lived through the arguments, reconciliations, and hardships of their relationship. Yet he is suddenly dragged back to the beginning and forced to face once again the anger, distrust, and sometimes even hatred of the man he loves.

That is precisely what touched me so deeply about this story. The series does not only explore the suffering of the person who has lost their memories. It also explores the suffering of the one left behind. Watching your partner forget your story, your memories, and the years you spent together is just as heartbreaking. Yeo Saebyeok was actually one of my favorite characters. Throughout his life, he consistently put their relationship before himself. He even gave up a once-in-a-lifetime career opportunity in order to stay by Gi Haneul’s side. Since childhood, he has always supported him quietly through countless small gestures. He respects his space, gives him time to find his bearings again, and continues taking care of him despite the pain it causes. Even when giving him that space is emotionally destroying him to the point that he begins neglecting himself, he still does it because loving Gi Haneul is the most important thing in his life.

Gi Haneul, on the other hand, takes much longer to understand everything happening around him. But by observing Yeo Saebyeok, he slowly begins to notice things that had escaped him in the past. He reflects on their childhood and realizes that some behaviors he once interpreted as cruelty had very different motivations. When Yeo Saebyeok stole his girlfriends, it was never out of malice. It was because he was jealous and already in love with him. Little by little, Gi Haneul comes to understand that this love had always existed and that it had always been mutual. He even regrets not realizing it sooner. And when he sees everything Yeo Saebyeok continues to do for him despite the amnesia, he gradually falls in love with him all over again.

I also loved that the story did not revolve around amnesia alone. Behind the memory loss lies a much darker plot involving obsessive stalking. We gradually discover that a woman suffering from erotomania has been obsessively pursuing Yeo Saebyeok for over seven years. She harassed him, attempted to harm Gi Haneul, and ultimately destroyed part of their lives. Her obsession becomes so extreme that she continues manipulating events even from prison, going as far as using her own brother to carry out her wishes. It is this storyline that eventually leads to Gi Haneul’s second accident and subsequent amnesia. I found it particularly interesting that the series chose to reveal part of this story through the stalker’s perspective. It is an unusual narrative choice, but it allows us to better understand the full extent of the damage she caused and offers another perspective on the evolution of their relationship.

That being said, I do have one small reservation regarding the emotional side of the story. To be clear, this is not a drama that lacks emotion. Quite the opposite. It deals with incredibly painful situations. However, I sometimes felt that it moved a little too quickly through certain key moments. I would have liked to see more reactions, more tears, and more time devoted to the various emotional shocks the characters experience. The series does a fantastic job portraying the different stages of amnesia: denial, confusion, shock, gradual acceptance, and even the idea that the body remembers before the mind does. But I also would have liked it to spend more time exploring Yeo Saebyeok’s pain and what he goes through emotionally. That is probably my only real frustration. In a way, I feel this drama is almost a victim of its own quality. The development is excellent, but it would have benefited greatly from a few additional episodes to explore its themes even further.

Overall, Never Forget Your Enemy was a genuine hidden gem for me. Between its story, its psychological depth, its lovable characters, and the wide range of emotions it conveys, whether sadness, anger, or even the occasional funny and heartwarming childhood memory, I enjoyed every minute of it. I loved experiencing this story through the eyes of a man who has forgotten everything and must relearn how to understand the people around him. Even though their relationship is already established when the series begins, I still felt as though I was witnessing their first love all over again. And thanks to the actors’ wonderful performances, a single glance is enough to communicate the love they feel for each other. In the end, I only have one thing left to say: it was a beautiful story. A little too short for my taste, but beautiful nonetheless.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Love Like a Bike
0 people found this review helpful
May 23, 2026
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 8.0
Story 9.0
Acting/Cast 7.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0
This review may contain spoilers

A beautiful story, but far too short

Love Like a Bike was definitely not a drama that caught my attention at first. Honestly, the synopsis sounded so random that I had simply added it to my watchlist as part of my very serious life goal of “watch every BL in existence”, with absolutely no intention of actually starting it one day. And yet, I ended up giving it a chance almost by accident because I had seen someone mention it under the “drama” tag and I recognized one of the actors. Surprisingly enough, it turned out to be a genuinely pleasant surprise.

One thing I really appreciated about this story was the contrast between its appearance and what it actually delivers underneath. On paper, everything sounds ridiculous in the best possible way. We have three romances starting under completely absurd circumstances: a psychiatrist on a bicycle crashing into a student before the two somehow end up mysteriously transported to a beach, a pilot getting hit in the head by a can thrown by a man running away from debt collectors which somehow evolves into a fight and then a very… direct bonding moment on the ground of a skatepark, and finally an escort beginning a relationship with his client. At that point, everything makes you expect a chaotic, fun, brain-off kind of drama.

Except it really isn’t.

Behind that almost comedic surface hides a surprisingly heavy collection of themes. The psychiatrist has just been dumped on the very day he proposed. The student carries deep childhood trauma after experiencing sexual abuse, leaving lasting scars in his relationship with physical intimacy. The pilot lives with overwhelming guilt after causing the death of a child in a flight accident. His partner is constantly drowning under financial pressure while taking on endless jobs to support his grandmother. And on the side of the escort-client relationship, we discover that the client has cancer and refuses treatment because he has already given up on his future.

So yes, this is very far from the simple, lighthearted drama I thought I was signing up for.

What surprised me, though, is that despite all of this, the series somehow manages to maintain a generally warm and uplifting atmosphere. It tackles difficult subjects with sensitivity without becoming emotionally suffocating. There are touching moments and even genuinely emotional scenes, but the story never feels overwhelmingly heavy. I think the writers found a surprisingly delicate balance between depth and lightness, which made the overall viewing experience really enjoyable.

The characters themselves were also one of the strongest aspects of the drama. I especially loved Nabnueng, the psychiatrist. I’ve always had a soft spot for doctor characters because they often tend to be very human and caring, and he fits perfectly into that category. He quickly understands Sailom’s trauma and is extremely careful not to push him too far. He respects his boundaries and moves at Sailom’s pace, which creates a relationship that feels genuinely healthy. I also appreciated how Sailom’s decision to seek therapy was handled, especially when Nabnueng refuses to become his therapist himself in order to remain ethical and avoid interfering with his healing process. He feels like the kind of character who consistently makes the right choices, which is honestly pretty rare.

Sailom himself is also incredibly touching. His vulnerability feels believable, his trauma is not magically erased within two episodes, and his growth feels natural. Their relationship is soft, sincere, and genuinely heartwarming.

Tawan and DinDin bring a completely different energy to the story. Their relationship is much more explosive and chaotic. Tawan is a full tsundere who seems physically incapable of expressing his feelings without being irritating, while DinDin spends his life struggling to survive. Their dynamic is filled with tension, arguments, and occasionally fists before shifting into something more passionate. It is dramatic and excessive, but somehow still fits their personalities. I only had one small issue with Tawan disappearing at an important moment and then returning as if absolutely nothing happened, but apparently in their world a punch and a kiss are enough to solve everything.

Then we have Sky and Nava, the quieter couple of the three, but equally touching. Sky could have easily fallen into cliché territory as an escort character, but he ends up being incredibly caring and respectful. He genuinely invests himself in his relationship with Nava, even making major changes in his life for him. Nava’s illness adds an emotional layer to their story, especially through his resignation and gradual change in perspective. Thankfully, for the sake of my fragile little heart, the story doesn’t fully dive into tragedy and leaves things with a more comforting feeling.

For me, the biggest issue with the drama is simply its length. Eight episodes are nowhere near enough to properly explore this many themes and characters. Even though the pacing never feels rushed all the time, it still feels like everything only gets touched on briefly. Every story deserved more time, more depth, and more development. The potential here is honestly huge because some of these topics are rarely explored this directly, which makes it frustrating not being able to fully dive into them. The foundations are all there and the important moments exist, but the story lacks that final layer of polish that could have turned it into something truly special.

Overall, Love Like a Bike ended up being far more interesting than I expected. Under its light and occasionally absurd exterior, it delivers touching and human stories filled with likable characters and meaningful themes. It wasn’t a full-blown favorite for me, mainly because of the frustration caused by the short format, but it was still a very enjoyable and genuinely good watch. Definitely a pleasant surprise that I absolutely don’t regret picking up.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Love You Teacher
0 people found this review helpful
May 23, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 8.5
Rewatch Value 8.5
This review may contain spoilers

A seemingly joyful world that hides traumas

Love You Teacher was not a drama that immediately caught my attention. Honestly, the trailer mostly gave me the impression of something a little too much, almost cartoonish at times. But the pairing, the setting, and especially the colorful aesthetic convinced me to give it a chance… and honestly, it turned out to be a really pleasant surprise.

Right from the beginning, GMM does something refreshing by stepping away from the usual Thai BL setting. Instead of following university students, we are introduced to two teachers who have already been in a relationship for several years. I absolutely loved that choice. Rather than throwing us into an already established relationship and expecting us to instantly care, the drama takes the time to show us flashbacks of how they met and how their relationship evolved. It keeps that feeling of romantic progression that I really enjoy while still allowing the present storyline to remain the main focus.

And that present, which initially looks like a simple happy life between Solar and Pobmeck, two teachers who love both each other and their work, quickly turns into something much more complicated when Solar gets into a car accident. After the accident, he begins mentally regressing until he develops the mindset of a seven-year-old child. Needless to say, this creates an incredibly difficult situation for a couple. Pobmeck, who was never particularly comfortable with children despite loving his job as a teacher, suddenly finds himself having to deal with Solar’s condition, his behavior, both their students, and the pressure of keeping everything hidden.

One of the things I appreciated most about this series is that it never limits itself to Solar’s trauma alone. The drama explores a lot of sensitive themes such as the difficulties of being a teacher despite loving the profession, burnout, depression, toxic family relationships, abandonment, and childhood wounds. Unlike some series that throw countless themes together until the story suffocates under its own weight, here everything actually contributes to enriching the narrative. The result is a story filled with emotional nuance that remains engaging and easy to follow. You quickly realize that Solar must have experienced something deeply traumatic to erase his entire childhood from his memory, which naturally makes you want to uncover what really happened to him.

Fortunately, Love You Teacher also knows how to keep itself balanced. It never becomes overwhelmingly heavy psychologically. Instead, it constantly shifts between drama, romance, and comedy in a very natural way. Sometimes we dive deeper into the characters’ trauma and personal struggles, sometimes we revisit memories from their relationship, and sometimes we simply watch seven-year-old Sun completely exhaust Pobmeck with his antics. Because of that, the viewing experience stays emotional and touching without ever becoming exhausting.

That being said, I can’t deny that some story choices bothered me because of the lack of realism. Thai dramas often have a tendency to soften situations to make them easier emotionally, and as someone who loves psychological realism, even when it completely destroys me emotionally, I sometimes find that a little frustrating.

For example, while Solar’s psychological condition is handled surprisingly well overall, especially through smart details like him referring to Sun as a separate person by saying “his mother” rather than “my mother,” and thanks to Perth and Santa’s incredible performances, I personally would have preferred a complete regression rather than an alternating state every other day. I think it would have made Pobmeck’s emotional exhaustion feel even more believable and made the flashbacks of their relationship hit much harder. We would have felt his loneliness more strongly, along with the pain of watching the person he loves slowly become someone he can barely recognize anymore.

There are also certain situations that feel a little too convenient. The school administration and parents accept everything surprisingly easily considering one teacher does not even have a license while the other is dealing with a severe psychological condition. Realistically, they probably would not simply be “put to the test.” The same goes for some family conflicts that are resolved perhaps a little too quickly. Pobmeck’s mother, who essentially destroyed her son’s dreams and traumatized him regarding music, returns with a simple apology, and Solar’s father, who abandoned him after his coma, is also forgiven rather quickly. These choices certainly protect our fragile hearts, but personally I felt they softened the drama a little too much.

Still, despite these flaws, they ended up feeling secondary compared to my overall experience. What stayed with me the most was this incredibly supportive and healthy couple with a balanced relationship that honestly feels rare in BLs. Their romance feels deeply human and touching. The drama also creates a warm, colorful world with a strong identity of its own. There are plenty of adorable scenes, genuinely funny moments, a lot of emotional depth surrounding childhood trauma, and of course several moments that can very easily make you tear up.

Overall, Love You Teacher ended up being a really beautiful surprise that I would absolutely recommend because of its emotional richness, its balance, and the sincerity that comes through its characters. I was especially touched by how deeply human Solar and Pobmeck’s relationship felt. It was also a great opportunity to see Perth and Santa carrying a story entirely centered around them, allowing them to really develop their chemistry and dynamic together.

I can officially say now that this is a pairing I’m genuinely excited to keep following.

Read More

Was this review helpful to you?