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Youkai Sharehouse: The Movie japanese drama review
Completed
Youkai Sharehouse: The Movie
1 people found this review helpful
by Kenseiden
May 1, 2025
Completed
Overall 8.0
Story 8.5
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

L'IA ne passera pas par mio

Dans la grande tradition des films de fin de série, Yokai Sharehouse : The Movie reprend et termine, tout du moins en apparence, le sitcom entamé en 2020 et mettant en avant notre petite gaffeuse Mio, jouée par la toujours excellente Koshiba Fuka. Ne vous y trompez pas ! Sitcom, cela était, sitcom cela reste, dans ce qui n'est finalement qu'un long épisode de 1 h 45.

Pour ma part , j'ai dû attendre trois ans pour visionner cette suite, car malgré les VPN et les plateformes, il est toujours difficile en France de regarder les films tirés de séries — question de droits, évidement, surtout pour les films de la Toeï. Et pourtant, je me souviens m’être réjoui de son annonce à la fin de la saison 2. Ne vais-je, donc, pas être trop déçu ?

Je rappelle quand même que, seulement six mois après son annonce et la fin de la série Oshi no Ko sur Prime, le film vu, je reste toujours sur ma faim, avec la même envie de vengeance envers les producteurs qu’Aqua envers son père.

Bien sûr, je n’attendais ici, ni grands effets spéciaux ni leçon de maquillage. Et on peut dire que je n’ai pas été déçu. Pur produit de la période COVID, Yokai Sharehouse reste un sitcom cheap, et il l’assume pleinement. Les FX et maquillages font toujours autant rire — voire peur — mais pour de mauvaises raisons. Le lieu quasi unique qu’est le salon nous fait toujours autant penser à Friends, et on adore encore avec nostalgie les "inserts" façon petit théâtre de papier d’horreur. Même si ceux-ci sont ici bien trop absents.

Et pour cause : le thème principal est l’IA et les applications de "boyfriend virtuel", encore plutôt rares en Europe, mais qui faisaient déjà beaucoup parler d’elles en 2022. Et c’est là que le film devient intéressant. Au regard de l’IA de 2025, omniprésente, le film entre étrangement en résonance avec notre quotidien, malgré son apparente absurdité pour les non-initiés.

Effectivement, le novice ne comprendra rien et trouvera l’ensemble grotesque, voire idiot. Tout comme, dans les années 60, on pouvait tomber par hasard sur un épisode de Ma sorcière bien-aimée et ne rien y comprendre. Mais le fan, le vrai — celui qui est en train de dévorer ces lignes (on peut rêver)— sait apprécier le retour de tous ces personnages auxquels il s’est tant attaché.

Le novice devra donc accepter sans explication la situation d’une jeune reporter vivant dans un temple rempli de yokai losers et cosplayés, parfois dépressifs ou alcooliques. Car, contrairement à Oshi no Ko, on n’a pas droit ici à une heure de récapitulatif. Et c’est tant mieux.

L’histoire, centrée sur ces applications de "boyfriend virtuel", parvient à nous interroger sur notre rapport affectif à l’IA. Et cela, un an avant la sortie de ChatGPT. Je ne parlerais pas d’œuvre visionnaire, car au pays des robots et des yokai, cela fait bien longtemps — pour ne pas dire des millénaires — que sentiments et ressentiments habitent tout être et toute chose, animée ou inanimée. La religion shintoïste permet donc un parallèle entre ces deux mondes : celui d’aujourd’hui avec l’IA, et celui d’hier avec les yokai.

"Science sans conscience, n'est que ruine de l'âme ?" : cela fait bien longtemps — au moins depuis Astroboy — que les Japonais ont tranché. L’IA a une âme. On peut donc s’attacher à un personnage virtuel, jusqu’à vouloir l’épouser et pleurer sa disparition.

Vous aurez donc, tout en vous moquant des costumes ou du jeu de certains, de véritables questionnements philosophiques essentiels en 2025. Je recommande donc chaudement la vision de ce film, après celle des deux ou trois premiers épisodes de la série, histoire de se mettre dans le bain. Une série qui dépeint si bien le monde — réel ou virtuel — dans lequel vivent les jeunes Japonais et bientôt vous.
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