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As the Gods Will japanese movie review
Completed
As the Gods Will
0 people found this review helpful
by Kenseiden
11 days ago
Completed
Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

1, 2, 3 Kagome

Alors que je m’étais juré de ne plus chroniquer un battle royale après Samurai Standing, de peur de tous les trouver fades, me voilà pourtant à critiquer l’un des fondateurs du genre « jeux d’enfants/massacres sanglants ».
Si certains pensent encore à Squid Game, c’est peut-être parce qu’il aura fallu attendre presque dix ans pour pouvoir enfin profiter de As the Gods Will de Takashi Miike sur un écran européen. Bien sûr, les plus chanceux avaient pu le découvrir dès 2014 dans plusieurs festivals, notamment spécialisés dans le cinéma d’horreur. Mais le curseur de ce qui est « supportable » pour un public occidental s’étant largement déplacé avec Squid Game il y a déjà cinq ans, on peut enfin rendre hommage à ce précurseur d’un genre déjà galvaudé par les mangas en 2014, en le visionnant aujourd’hui sur Prime Video.

En réalité, les fans de manga connaissaient déjà bien la série achevée en 2017, connue en France sous le bien nommé "Jeux d'enfants". Et après Mirai Nikki, Doubt et bien sûr Battle Royale, ce n’est pas en 2014 que le fan allait être scotché par un énième jeu de massacre entre lycéens. Heureusement, dans le film en tout cas, Takashi Miike va droit à l’essentiel. Dès les premières images, les têtes explosent, le sang gicle, avec des effets spéciaux encore non pollués par l’IA. C’est cru, c’est violent, c'est dérangeant...

La seule justification de ce jeu de massacre, c’est que le héros, incarné par sa muse, Sôta Fukushi, s’ennuie dans sa vie de lycéen. Pas d’enfance misérable, pas de harcèlement scolaire qui pourrait évoquer une vengeance méritée envers ses camarades. Non : il s’ennuie. Et ce premier Daruma Game l’amuse presque tant il le sort de sa torpeur. Ce jeu de type « 1, 2, 3 soleil » frappe directement l’esprit du fan d'une certaine série coréenne, et évidemment les similitudes ne cesseront de parasiter, ou d’alimenter, le plaisir sadique que l’on peut trouver à suivre les mésaventures de ces lycéens, sans aucune justification morale.

Mais si, comme moi, vous avez été frustré il y a 5 ans par le succès de Squid Game au détriment des anciens et nombreux survival games japonais, As the Gods Will disponible partout est une revanche jouissive. Les jeux traditionnels sont bien là, sanguinaires et non dénués d’humour noir. Les effets visuels sont bluffants, notamment avec les poupées Kokeshi ou le Manekineko, et l’on se plaît à entendre des références populaires comme le kagome kagome ou le shiritori.

Mais tout n’est pas parfait. Si les costumes et les décors oscillent entre un collège tout droit sorti des années 80 et Le Monde de Narnia, donnant un côté kitsch clairement assumé, voire revendiqué comme un hommage, c’est surtout la vacuité du scénario qui pose problème. D’accord, le film se veut un brûlot dénonçant la violence gratuite de la société, notamment chez les jeunes, la santé mentale, tout ça… mais clairement, les scènes en dehors de l’arène scolaire sont d’un non-sens et d’une inutilité pathétique.

Le problème vient surtout du fait que, dix ans après, la suite, c’est-à-dire l’adaptation des autres tomes, n’est toujours pas en chantier. Ce premier opus reste donc orphelin des explications nécessaires à cette introduction et à la venue d'autres personnages.
Nul doute que si le film était sorti initialement à l’international via Netflix, dans la lignée de Squid Game, le succès aurait été au rendez-vous et une suite aurait sans doute répondu à toutes les questions laissées en suspens. Les personnages secondaires introduits resteront donc un mystère, même s’ils sont ultra clichés, renforçant encore l’hommage au cinéma de genre : l’hikikomori qui se découvre super-héros, l’attaque extraterrestre, ou encore le vieil homme sans-abri, déchu mais sans doute surpuissant.
Bien sûr, il faudra lire le manga pour aller plus loin… mais après la folie meurtrière de Takashi Miike, il risque de me paraitre bien pâle.
Tout comme un certain Squid Game.
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