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  • Gender: Male
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  • Join Date: August 15, 2020
Scandal Eve japanese drama review
Completed
Scandal Eve
1 people found this review helpful
by Kenseiden
Jan 15, 2026
6 of 6 episodes seen
Completed
Overall 8.0
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Dix pour cent, tous pourris

Après avoir réalisé Radiation House ou Good Doctor il y a quelques années, il semblerait que Kanai Hiro se spécialise désormais dans les kisha drama. Ces séries où un journaliste revanchard, en quête de vérité dans un monde gangrené par l’argent et le pouvoir, est le seul à pouvoir, et vouloir, la faire surgir.
Mais l’obsession qu’ont les médias à se regarder le nombril commence franchement à me fatiguer. Et celle de vouloir nous faire croire qu’ils sont en pleine remise en question risque surtout de nous faire fuir. Oshi no Ko, Love on Trial ou l’excellent Oshi no Satsujin, pour ne citer que les plus récents, ont déjà dénoncé avec plus ou moins de finesse les dérives des mass médias et du showbiz japonais, en ayant, je pense, tout dit. Sans compter que ce constat avait déjà été mis en exergue dans Perfect Blue en 1997, lui-même adaptation d’un roman sur le monde des idoles sorti en 1991. Alors, 35 ans après un des premiers mea culpa de la profession, Scandal Eve a-t-il vraiment quelque chose de plus à nous montrer, ou sommes-nous totalement anesthésiés par cette déferlante de fausses remises en question ?

Le showbiz va mal, le spectateur consommateur ne s’intéresse qu’aux scandales. Alors, avec son cynisme habituel, la bête réalise un nième brûlot faisant semblant de dénoncer ce qu’elle contribue à alimenter. La bête se nourrit d’elle-même, sorte d’inceste sans fin. Et après avoir vu les six épisodes, je reste dubitatif, surtout si l’on s’attarde sur les quinze longues dernières minutes d’autosatisfaction qui concluent la série.

Pourtant, elle possède des qualités. Déjà, le format en six épisodes permet de ne pas s’étaler, et la série se concentre sur un nombre limité de personnages, joués avec maîtrise. Dommage que les « méchants » soient un peu trop caricaturaux dans leurs regards inquiétants, leurs grimaces ou leurs postures. Des yakuzas aux hommes de main, des patrons jusqu’à la grande antagoniste, identifiable dès les premières minutes. Mais rien n’est définitif. Les personnalités se dévoilent progressivement, et plusieurs rebondissements relanceront l’intérêt de la série. Sans temps mort, on suit l’enquête du point de vue des deux personnages principaux.

D’abord Kawaguchi Haruna, en journaliste à deux facettes, semblant chercher le scandale mais dont le but est tout autre. Et Shibasaki Kou, parfaite en agente d’acteurs, donnant tout son temps, et sa santé, à ses "talents", qui ne le méritent pas forcément. Un mélange entre Dix pour cent et Caster, également réalisés par Kanai Hiro.

On sent bien, dans la plupart de ses dramas, son obsession pour la quête de vérité journalistique mais aussi pour les dérives des mass médias. Ici, la série se penche sur le point de vue de l’agence et, en particulier, de l’agente, ce qui renouvelle légèrement le genre et apporte une fraîcheur bienvenue. Dommage, justement, que la multiplication des intervenants finisse par ne plus laisser suffisamment de place au développement de son personnage. À l’inverse, c’est Kawaguchi Haruna qui prend progressivement de l’importance, ramenant la série vers les classiques kisha manga.

Une série qui résume en six épisodes l’ensemble des productions du genre de ces trente dernières années, réalisée de main de maître. Elle permettra aux non-initiés de rattraper leur retard dans un univers passionnant, mais terriblement prévisible, tout en passant un bon moment.
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