I am what Ai s'aime enfin
Un film qui apporte de la gay-té dans la morosité ambiante n’est jamais à sous-estimer. Les minorités, qui pendant des siècles ont vu enfin leur combat donner des avancées dans de nombreux pays, commencent aussi à sentir les reculades dues à la montée de la droite dure et du masculinisme portés aux nues par les réseaux sociaux.
Mais cette histoire, inspirée de la vie de Haruna Ai, vous parle d’un temps où la radio, les journaux et surtout la télé faisaient l’opinion. Celle de l’ère Shōwa et Heisei, où rien ne présageait d’un retour en arrière aussi violent, pour les minorités , qu’à l’époque du maccarthysme.
Le Japon n’a jamais été une terre de tolérance pour la communauté transgenre, et c’est avec légèreté pourtant que la vie de Ai est racontée ici. Sous la forme d’une comédie musicale, bizarrement avare de scènes de danse et de musique sur une trop longue durée de 2 h 10. Bien sûr, ces moments de joie sont stylisés et sucrés à souhait. Mochizuki Haruki, mineur encore à l’époque du tournage, endosse la vie et les âges de Haruna Ai avec brio. Il interprète en lip-sync les standards de Princess Princess ou de Seiko Matsuda avec grâce et énergie, tout en maîtrisant la danse.
Osaka ressemble alors à un épisode de City Hunter où les couleurs de votre tube cathodique RVB sont poussées à 100 % chacune. Mais ces moments sont, à mon sens, trop peu nombreux pour le genre, gâchés par un réalisme certes nécessaire, mais conduit dans une ambiance de fin du monde un peu trop exagérée.
Je parle bien sûr de la relation de Ai avec le Dr Wada, surjoué, une fois n’est pas coutume, par Saitō Takumi. Avec tout son talent (et ses tics) , il produit ici un chirurgien plasticien torturé qui opère dans des conditions proches d’un trafiquant d’organes au Laos, reléguant le Japon des années 90 à un pays sous-développé, pas seulement du côté des avancés sociales. Je ne sais évidemment pas ce qu’a subi notre héroïne dans sa vraie vie, et c’est peut-être ainsi qu’elle a ressenti les choses. Mais tant qu’à faire, j’aurais préféré des scènes de chant et de danse dans le bloc plutôt qu’un yin-yang permanent entre les aspirations rose bonbon de Ai et ces opérations glauques, qui peuvent être ressenties comme une publicité MAGA contre l’avortement, afin de dissuader les personnes voulant transitionner de sauter le pas.
Mais ce n’est que ma propre opinion. N’étant pas directement touché par le sujet, je trouve le film maladroit et peu profond. Mais comme il a été validé par la protagoniste principale, qui fait un beau caméo, mais également par Nakamura Ataru, autre figure transgenre au Japon, je suppose qu’il ne trahit pas la cause.
Ce film, malgré ses longueurs et ses lieux communs comme la confrontation avec sa famille, fait le job. Il divertit, il peut informer, il procure de l’émotion, mais aussi de l’énervement face aux raccourcis médicaux et temporels (on m’opère, je suis en pleine forme). Dommage qu’il soit destiné avant tout aux Japonais, car la révélation dès le départ de la fin ne fait aucun doute sur la trajectoire de Ai. Plus de suspense aurait été bienvenu pour l’international, il aurait rentré le film dans une autre dimension. Ici, il ne fait que rallonger la longue liste des biopic loupés du cinéma.
Car si le Japon commence à peine son mea culpa face aux minorités, le monde occidental a bien besoin d’une piqûre de rappel (de botox ?) de toutes les avancées sociétales qu’il veut maintenant transformer en reculades. Si en plus elle est injectée par notre "docteur mamour" préféré, Saitō Takumi…
Mais cette histoire, inspirée de la vie de Haruna Ai, vous parle d’un temps où la radio, les journaux et surtout la télé faisaient l’opinion. Celle de l’ère Shōwa et Heisei, où rien ne présageait d’un retour en arrière aussi violent, pour les minorités , qu’à l’époque du maccarthysme.
Le Japon n’a jamais été une terre de tolérance pour la communauté transgenre, et c’est avec légèreté pourtant que la vie de Ai est racontée ici. Sous la forme d’une comédie musicale, bizarrement avare de scènes de danse et de musique sur une trop longue durée de 2 h 10. Bien sûr, ces moments de joie sont stylisés et sucrés à souhait. Mochizuki Haruki, mineur encore à l’époque du tournage, endosse la vie et les âges de Haruna Ai avec brio. Il interprète en lip-sync les standards de Princess Princess ou de Seiko Matsuda avec grâce et énergie, tout en maîtrisant la danse.
Osaka ressemble alors à un épisode de City Hunter où les couleurs de votre tube cathodique RVB sont poussées à 100 % chacune. Mais ces moments sont, à mon sens, trop peu nombreux pour le genre, gâchés par un réalisme certes nécessaire, mais conduit dans une ambiance de fin du monde un peu trop exagérée.
Je parle bien sûr de la relation de Ai avec le Dr Wada, surjoué, une fois n’est pas coutume, par Saitō Takumi. Avec tout son talent (et ses tics) , il produit ici un chirurgien plasticien torturé qui opère dans des conditions proches d’un trafiquant d’organes au Laos, reléguant le Japon des années 90 à un pays sous-développé, pas seulement du côté des avancés sociales. Je ne sais évidemment pas ce qu’a subi notre héroïne dans sa vraie vie, et c’est peut-être ainsi qu’elle a ressenti les choses. Mais tant qu’à faire, j’aurais préféré des scènes de chant et de danse dans le bloc plutôt qu’un yin-yang permanent entre les aspirations rose bonbon de Ai et ces opérations glauques, qui peuvent être ressenties comme une publicité MAGA contre l’avortement, afin de dissuader les personnes voulant transitionner de sauter le pas.
Mais ce n’est que ma propre opinion. N’étant pas directement touché par le sujet, je trouve le film maladroit et peu profond. Mais comme il a été validé par la protagoniste principale, qui fait un beau caméo, mais également par Nakamura Ataru, autre figure transgenre au Japon, je suppose qu’il ne trahit pas la cause.
Ce film, malgré ses longueurs et ses lieux communs comme la confrontation avec sa famille, fait le job. Il divertit, il peut informer, il procure de l’émotion, mais aussi de l’énervement face aux raccourcis médicaux et temporels (on m’opère, je suis en pleine forme). Dommage qu’il soit destiné avant tout aux Japonais, car la révélation dès le départ de la fin ne fait aucun doute sur la trajectoire de Ai. Plus de suspense aurait été bienvenu pour l’international, il aurait rentré le film dans une autre dimension. Ici, il ne fait que rallonger la longue liste des biopic loupés du cinéma.
Car si le Japon commence à peine son mea culpa face aux minorités, le monde occidental a bien besoin d’une piqûre de rappel (de botox ?) de toutes les avancées sociétales qu’il veut maintenant transformer en reculades. Si en plus elle est injectée par notre "docteur mamour" préféré, Saitō Takumi…
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