Perfect Red !
S’il a été chroniqué des dizaines de fois depuis 2023, je me suis fait un point d’honneur, en tant que débutant dans les C-dramas, de remettre en avant ce chef-d’œuvre des thrillers psychologiques. Violence extrême et corps mutilés cachent une série de haut rang, bien plus épaisse que les litres d’hémoglobine qui rempliront l’écran. Copycat Killer, malgré son titre peu engageant, montre à quel point la nature humaine est complexe et que, si rien n’est tout blanc ou tout noir, la zone entre les deux n’est pas grise non plus, mais bien rouge sang.
Effectivement, dans ce que j’ai vu de meilleur de toute ma vie en polar psychologique (si, si…), ce n’est vraiment que le titre, digne d'un roman de gare des années 90, qui engage peu à la vision de l’œuvre. Asséner à chaque générique que l’histoire est tirée d’un roman de la Japonaise Miyabe Miyuki, déjà adapté deux fois dans les années 2000, suffit presque à nous rendre suspicieux quant à la qualité de l’œuvre, tant le marketing de Netflix veut souvent cacher la médiocrité d’une réalisation (d'un remake) que l’on n’a pas encore découverte.
Mais que nenni ! Rappelons que la première œuvre littéraire de la sensei n’est rien d’autre que Perfect Blue en 1989, qui donnera plus tard l’adaptation culte du regretté Satoshi Kon. Impossible de citer depuis toutes ses œuvres et leurs adaptations à la télévision ou au cinéma. Du thriller au livre jeunesse, on pourrait penser qu’après plus de quarante ans passés à écrire, ses dernières participations puisqu'elle a été intégré au script, ne donneraient plus forcément lieu à des adaptations passionnantes. Mais c’est tout le contraire. Elle propose dans cette oeuvre une vision du monde actuel, médiatique, judiciaire et sociétal d’une finesse et d’une justesse assez effrayantes, mettant complètement au second plan l’aspect gore du genre.
C’est d’autant plus frappant que les faits se passent dans la réalité des années 90, celle où l'opium du peuple roi n’est pas encore Internet et ses réseaux sociaux, mais la télévision et ses émissions trash, sensationnalistes et poubelles. Et je mets évidemment le journal télévisé dans la corbeille. Bien sûr, les dérives du journalisme spectacle ont été maintes fois décrites, mais rarement à ce niveau d’excellence.
L’excellence n’est pas seulement dans la perfection du scénario et de l’écriture, mais aussi dans le casting et l’interprétation. Chris Wu en procureur tourmenté mais tellement cool, Alice Ke en psychologue pleine de doutes tout comme les doutes qui habitent l'excellente Cammy Chiang. Du 4 étoiles dans le casting et dans la réalisation.
J’ai beau retourner la série dans tous les sens, je n’y vois aucune fausse note. Certains diront que les suspects ne sont pas assez surveillés, d’autres que les potentielles victimes ne sont pas assez protégées, par rapport à la réalités des faits. Mais le format de série nécessite des raccourcis temporels, judiciaires et géographiques. Pensez à toutes ces enquêtes réelles qui durent des années pour confondre le véritable coupable. Les potentielles victimes peuvent elles êtres protéger 24h sur 24h pendant des mois et mois. Bien sûr, en quelques heures (plus de dix heures quand même, sans l’arnaque habituelle d’un générique Netflix pour prolonger artificiellement 38 minutes par épisode), les raccourcis sont inévitables. Le procureur qui arrive toujours cinq minutes après l’agression alors qu’il a déjà un suspect qui pourrait être sous surveillance , c’est pour créer une tension dramatique, quitte à salir un peu le réalisme.
Sale sera également le mot qui vous viendra le plus souvent à l’esprit tant certaines scènes gores sont difficilement supportables. C’est peut-être le seul point vraiment rouge de la série. Trop rouge pour être conseillé à tout le monde, ce qui fera vraiment passé la majorités des clients de Netflix à côté de la série.
Si la chronologie des épisodes et des événements spoile le scénario et décevra forcément les adeptes du binge-watching, la force première de la série n’est pas de vous retourner sans arrêt la tête, mais bien la psychologie des personnages. Tout comme dans Perfect Blue il y a 35 ans, l’autrice décrit la nature humaine comme personne. L’image que l’on renvoie, notamment à travers les médias, les dérives de ceux-ci, la justice, la nature humaine, les thèmes chers de l’autrice depuis sa première œuvre littéraire sont ici dépeints sans pareil, faisant de Copycat Killer le mètre étalon de bien des genres psychologiques, devançant le Silence des agneaux ou de Seven au panthéon des thrillers des années 90. ça tombe bien on y replonge avec délectation ici et une fois de plus on dira que : "C'était pas mieux avant".
Effectivement, dans ce que j’ai vu de meilleur de toute ma vie en polar psychologique (si, si…), ce n’est vraiment que le titre, digne d'un roman de gare des années 90, qui engage peu à la vision de l’œuvre. Asséner à chaque générique que l’histoire est tirée d’un roman de la Japonaise Miyabe Miyuki, déjà adapté deux fois dans les années 2000, suffit presque à nous rendre suspicieux quant à la qualité de l’œuvre, tant le marketing de Netflix veut souvent cacher la médiocrité d’une réalisation (d'un remake) que l’on n’a pas encore découverte.
Mais que nenni ! Rappelons que la première œuvre littéraire de la sensei n’est rien d’autre que Perfect Blue en 1989, qui donnera plus tard l’adaptation culte du regretté Satoshi Kon. Impossible de citer depuis toutes ses œuvres et leurs adaptations à la télévision ou au cinéma. Du thriller au livre jeunesse, on pourrait penser qu’après plus de quarante ans passés à écrire, ses dernières participations puisqu'elle a été intégré au script, ne donneraient plus forcément lieu à des adaptations passionnantes. Mais c’est tout le contraire. Elle propose dans cette oeuvre une vision du monde actuel, médiatique, judiciaire et sociétal d’une finesse et d’une justesse assez effrayantes, mettant complètement au second plan l’aspect gore du genre.
C’est d’autant plus frappant que les faits se passent dans la réalité des années 90, celle où l'opium du peuple roi n’est pas encore Internet et ses réseaux sociaux, mais la télévision et ses émissions trash, sensationnalistes et poubelles. Et je mets évidemment le journal télévisé dans la corbeille. Bien sûr, les dérives du journalisme spectacle ont été maintes fois décrites, mais rarement à ce niveau d’excellence.
L’excellence n’est pas seulement dans la perfection du scénario et de l’écriture, mais aussi dans le casting et l’interprétation. Chris Wu en procureur tourmenté mais tellement cool, Alice Ke en psychologue pleine de doutes tout comme les doutes qui habitent l'excellente Cammy Chiang. Du 4 étoiles dans le casting et dans la réalisation.
J’ai beau retourner la série dans tous les sens, je n’y vois aucune fausse note. Certains diront que les suspects ne sont pas assez surveillés, d’autres que les potentielles victimes ne sont pas assez protégées, par rapport à la réalités des faits. Mais le format de série nécessite des raccourcis temporels, judiciaires et géographiques. Pensez à toutes ces enquêtes réelles qui durent des années pour confondre le véritable coupable. Les potentielles victimes peuvent elles êtres protéger 24h sur 24h pendant des mois et mois. Bien sûr, en quelques heures (plus de dix heures quand même, sans l’arnaque habituelle d’un générique Netflix pour prolonger artificiellement 38 minutes par épisode), les raccourcis sont inévitables. Le procureur qui arrive toujours cinq minutes après l’agression alors qu’il a déjà un suspect qui pourrait être sous surveillance , c’est pour créer une tension dramatique, quitte à salir un peu le réalisme.
Sale sera également le mot qui vous viendra le plus souvent à l’esprit tant certaines scènes gores sont difficilement supportables. C’est peut-être le seul point vraiment rouge de la série. Trop rouge pour être conseillé à tout le monde, ce qui fera vraiment passé la majorités des clients de Netflix à côté de la série.
Si la chronologie des épisodes et des événements spoile le scénario et décevra forcément les adeptes du binge-watching, la force première de la série n’est pas de vous retourner sans arrêt la tête, mais bien la psychologie des personnages. Tout comme dans Perfect Blue il y a 35 ans, l’autrice décrit la nature humaine comme personne. L’image que l’on renvoie, notamment à travers les médias, les dérives de ceux-ci, la justice, la nature humaine, les thèmes chers de l’autrice depuis sa première œuvre littéraire sont ici dépeints sans pareil, faisant de Copycat Killer le mètre étalon de bien des genres psychologiques, devançant le Silence des agneaux ou de Seven au panthéon des thrillers des années 90. ça tombe bien on y replonge avec délectation ici et une fois de plus on dira que : "C'était pas mieux avant".
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