Kishi drama
2025 a été le retour du shogi dans les dramas. Le sport cérébral numéro 1 au Japon s'est fendu de deux dramas le mettant à l'honneur dans des contextes en manque, malheureusement, d'originalité. D'abord Hotei no Dragon remettait sur le devant de la scène Mone Kamishiraishi sans vraiment me convaincre, puisqu'il n'était rien d'autre qu'un énième lawyer drama. Puis Miss King et sa promesse d'épisodes courts (38 minutes), peu nombreux (8), mais efficaces pour renouveler le genre du revenge drama, grâce à des stratégies issues du shogi. Tient-il plus la route ? Il serait de bon ton d'analyser la feuille des déplacements d'après-match pour le savoir.
Je suis donc arrivé sans trop de difficultés jusqu'à la finale (des épisodes) et voté pour la promulgation en kishi de ce revenge drama. Mais je dois avouer être encore perplexe. Si voir Non dans un premier rôle enchante par sa fraîcheur, sa simplicité et son franc-parler, l'histoire reste plutôt creuse. Vue mille fois dans d'autres contextes, on est loin de la psychologie et des émotions de March Comes in Like a Lion, le maître étalon du genre, celui du "petit génie du ... ".
Bien sûr, Miss King est une excellente entrée en matière pour découvrir le monde du shogi. J'ai bien dit le monde, et pas les règles, car le néophyte sera tout simplement incapable de suivre un tant soit peu une partie. Heureusement, les scènes courtes consistent surtout en des plans sur les visages des concurrents et un rapide survol du plateau afin d'apprécier les différentes manières de déplacer les pièces. Du glissement hésitant au claquement de celles-ci sur le plateau, toute la subtilité de l'attaque psychologique envers l'adversaire réside dans le simple bruit de la pièce posée sur le bois.
Si la trame principale n'est pas très passionnante, classant la série dans le genre shonen avec des sensei à gogo, fusionnant maître Miyagi avec maître Yoda et transformant la « miss padawan kid » fougueuse en génie du calme et de la réflexion, la production essaye quand même d'envoyer des messages au spectateur. Mais là aussi, sans réelle finesse. Miss King interroge la parentalité, en reprenant de la manière la plus maladroite possible la vieille rengaine du « Papa outé ». Elle dépeint également la condition féminine dans le monde du shogi, parabole de la société japonaise actuelle (ou presque). Ce manuel du féminisme pour les nuls hérite lui aussi de clichés grotesques (mais en cours encore dans ce milieu), femmes méprisées par des hommes se croyant encore à l'ère Edo. Mais qui n'arrivent à convaincre qu'eux-mêmes.
Reste la prestation de Non, qui aurait mérité une réalisation plus ambitieuse, des sidekicks et des histoires parallèles d'opposants détestables devenant des alliés essentiels sur plusieurs épisodes, par exemple. Les personnages secondaires sont aussi transparents que l'a été son père durant son enfance. AbemaTV a clairement décidé de ne pas ennuyer le public avec des longues side story, et le choix est plutôt discutable, sachant la réussite de March Comes in Like a Lion dans ce domaine.
Peu de profondeur de toute part, cette série ne laissera donc que peu de traces dans le monde des shonens sportifs, rendant contre-productif son message. Comme si la première kishi femme n'était pas un événement en soi. Comme si les femmes n'étaient pas capables de tout abandonner pour leur passion comme un homme, esclaves de leurs émotions qu'elles sont. Pour ce monde moderne qui souhaite tant revenir au système patriarcal de l'ère Edo, la part de féminité est un poison à combattre, ramenant la gent masculiniste à sa propre faiblesse. Ce drama révèle toute la bassesse de l'homme avec un petit h et c'est déjà ça !
Je suis donc arrivé sans trop de difficultés jusqu'à la finale (des épisodes) et voté pour la promulgation en kishi de ce revenge drama. Mais je dois avouer être encore perplexe. Si voir Non dans un premier rôle enchante par sa fraîcheur, sa simplicité et son franc-parler, l'histoire reste plutôt creuse. Vue mille fois dans d'autres contextes, on est loin de la psychologie et des émotions de March Comes in Like a Lion, le maître étalon du genre, celui du "petit génie du ... ".
Bien sûr, Miss King est une excellente entrée en matière pour découvrir le monde du shogi. J'ai bien dit le monde, et pas les règles, car le néophyte sera tout simplement incapable de suivre un tant soit peu une partie. Heureusement, les scènes courtes consistent surtout en des plans sur les visages des concurrents et un rapide survol du plateau afin d'apprécier les différentes manières de déplacer les pièces. Du glissement hésitant au claquement de celles-ci sur le plateau, toute la subtilité de l'attaque psychologique envers l'adversaire réside dans le simple bruit de la pièce posée sur le bois.
Si la trame principale n'est pas très passionnante, classant la série dans le genre shonen avec des sensei à gogo, fusionnant maître Miyagi avec maître Yoda et transformant la « miss padawan kid » fougueuse en génie du calme et de la réflexion, la production essaye quand même d'envoyer des messages au spectateur. Mais là aussi, sans réelle finesse. Miss King interroge la parentalité, en reprenant de la manière la plus maladroite possible la vieille rengaine du « Papa outé ». Elle dépeint également la condition féminine dans le monde du shogi, parabole de la société japonaise actuelle (ou presque). Ce manuel du féminisme pour les nuls hérite lui aussi de clichés grotesques (mais en cours encore dans ce milieu), femmes méprisées par des hommes se croyant encore à l'ère Edo. Mais qui n'arrivent à convaincre qu'eux-mêmes.
Reste la prestation de Non, qui aurait mérité une réalisation plus ambitieuse, des sidekicks et des histoires parallèles d'opposants détestables devenant des alliés essentiels sur plusieurs épisodes, par exemple. Les personnages secondaires sont aussi transparents que l'a été son père durant son enfance. AbemaTV a clairement décidé de ne pas ennuyer le public avec des longues side story, et le choix est plutôt discutable, sachant la réussite de March Comes in Like a Lion dans ce domaine.
Peu de profondeur de toute part, cette série ne laissera donc que peu de traces dans le monde des shonens sportifs, rendant contre-productif son message. Comme si la première kishi femme n'était pas un événement en soi. Comme si les femmes n'étaient pas capables de tout abandonner pour leur passion comme un homme, esclaves de leurs émotions qu'elles sont. Pour ce monde moderne qui souhaite tant revenir au système patriarcal de l'ère Edo, la part de féminité est un poison à combattre, ramenant la gent masculiniste à sa propre faiblesse. Ce drama révèle toute la bassesse de l'homme avec un petit h et c'est déjà ça !
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