News Ne lui parlez pas de La Baleine ! à part pour le sel
Extraordinary Attorney Minamida Minami : la sagesse face à un monde de requins
Énième remake d’un drama coréen que je n’ai, comme d’habitude, pas vu, Extraordinary Attorney Minamida Minami s’offre une diffusion simultanée sur Netflix France, entrouvrant ainsi la porte à la découverte d’une œuvre à la fois touchante et drôle, mais aussi, certainement, à un bon nombre de reviews de la part de mes très chers compatriotes.
Je vais donc devoir prendre des pincettes dans mes propos, d’autant plus que la comparaison avec l’original risque d’être au cœur des avis écrits que l’on pourra lire avant même la publication de ma propre chronique. Cela rappellera à quel point, pour certains influenceurs haters, il est important d’être le premier à parler d’une œuvre pour récolter quelques likes, et cela, sans même prendre le temps de l’apprécier pour ce qu’elle est.
Mais, tout comme Minami-chan dans ce drama, n’ayons que faire des quolibets qui suivront certainement mes propos. Je ne ferai aucune référence à l’œuvre originale. Soyons candides, vierges de tout a priori, et plongeons-nous dans l’univers parfois salvateur, parfois condescendant, des œuvres qui placent une personne en situation de handicap au cœur de leur récit.
Rappelons tout de même qui est Mana Ashida, l'actrice principale de cette oeuvre. Enfant star du drama générationnel Mother, elle n’avait que cinq ans lorsqu’elle a marqué les esprits. Depuis 2010, elle enchaîne les rôles au cinéma, jusqu’à s’exporter à l’international avec une apparition dans Pacific Rim. Loin de se cantonner aux dramas et aux films pour adolescents, elle a diversifié ses activités jusqu’à embrasser une carrière de chanteuse et de doubleuse, démontrant ainsi toute l’étendue de ses talents. Cette polyvalence lui permet aujourd’hui d’incarner une multitude de personnages, et notamment celui d’une jeune autiste surdouée dans ce drama qui s’annonce exceptionnel.
Ce qui le rend exceptionnel, c’est évidemment sa prestation. Et je n’ai pas peur des mots : pour avoir côtoyé, dans mon métier, un certain nombre d’enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme, je peux affirmer que l’interprétation de Mana Ashida est l’une des meilleures que j’aie pu voir au cours de mes longues années de visionnage cinématographiques.
Si Dustin Hoffman a ouvert la voie avec Rain Man, je n’ai pas peur de dire que Mana Ashida le dépasse. Du moins, son jeu dans ce premier épisode d’anthologie est remarquable. D’autant plus que, de manière assez surprenante, le cabinet d’avocats, tout comme les membres de la cour, se montre extrêmement bienveillant à son égard.
C’est peut-être là que réside la faiblesse de la série. Il faudra voir ce qu’il en est sur la durée, mais Minami-chan ne semble pas vivre dans le même monde que nous. Pas au sens figuré, mais bien au sens propre.
Le romantisme apparaît dès les premières minutes, même si elle ne semble pas s’en rendre compte. La bienveillance est également omniprésente, et cela de la part de presque tous ses collègues. Il existe bien une rivalité sous-jacente avec une ancienne camarade de stage, mais, dans ce Japon un peu fuwa fuwa, tout doux, presque cotonneux, je doute qu’elle puisse s’installer durablement pendant de nombreux épisodes. Même l’avocat de la partie adverse semble bienveillant lors du premier procès, sans parler du juge, qui prend véritablement des airs de grand-père s’adressant à sa petite-fille préférée lorsqu’il échange avec elle.
Le monde de la justice, au Japon comme aux États-Unis, est pourtant loin d’être un univers de Bisounours. C’est un monde de requins, où les intérêts financiers, les rapports de force et l’individualisme peuvent dicter les règles. Or, cette réalité semble absente de ce premier épisode.
Mais notre Minami n’est pas un vulgaire poisson d’eau douce. Elle serait plutôt l’un des plus nobles animaux de l’océan : la baleine.
Cet animal emblématique du Japon résonne étrangement à chacune de ses apparitions. Non pas pour son caractère onirique, magnifié par des effets spéciaux qui, en 2026, n’ont plus rien d’exceptionnel. Non, c’est plutôt la symbolique qui m’interpelle : celle d’un animal que l’on admire, que l’on cherche à préserver, et qui incarne une certaine forme de sagesse écologique. Un être pacifique et imposant, pourtant menacé par les activités humaines, notamment par la chasse à la baleine que le Japon continue de pratiquer malgré l’opposition internationale à cette activité.
C’est tout le paradoxe de cette série. Cocoonée par les personnes qui l’entourent, Minami-chan incarne la sagesse et le bon droit, c’est le cas de le dire, face à un monde régi par l’argent et l’individualisme.
Peu de sociétés illustrent aussi bien que le Japon ce paradoxe d’un collectif fort, dans lequel la conformité aux normes sociales peut laisser peu de place à l’individu. La différence est souvent difficile à accepter lorsqu’elle bouscule les codes établis. Et s’intégrer dans le monde du travail et dans la vie quotidienne lorsqu’on est autiste peut constituer un véritable parcours du combattant, dans une société où tout semble codifié, jusqu’à la manière de faire ses courses.
Mais c’est précisément là que la série trouve sa force. Derrière l’humour qui s’en dégage et malgré un certain réalisme, elle nous propose un univers où la différence n’est pas systématiquement sanctionnée, où l’on prend le temps d’écouter et où la bienveillance semble encore possible.
Alors, certes, les bons sentiments sont parfois un peu trop présents dans ce cabinet d’avocats. Il faudra voir si cette douceur résiste aux épreuves des prochains épisodes ou si elle finit par rendre le récit trop confortable. Mais, si l’on accepte cette part d’idéalisme, on peut affirmer sans complexe qu’Extraordinary Attorney Minamida Minami est, à mes yeux, l’une des œuvres les plus intéressantes sur l’autisme que l’on puisse découvrir en 2026.
La romance sera certainement au cœur des intrigues à venir. Et c’est aussi un point important à aborder : celui du droit des personnes en situation de handicap à aimer, à être aimées et à aspirer à la même vie que tout le monde.
Car derrière l’avocate hors norme, il y a avant tout une personne qui cherche sa place dans un monde qui n’a pas été pensé pour elle. Et si, pour une fois, ce monde acceptait de faire un pas vers elle plutôt que de lui demander constamment de s’adapter ?
C’est peut-être là que réside la plus belle promesse de ce drama.
Énième remake d’un drama coréen que je n’ai, comme d’habitude, pas vu, Extraordinary Attorney Minamida Minami s’offre une diffusion simultanée sur Netflix France, entrouvrant ainsi la porte à la découverte d’une œuvre à la fois touchante et drôle, mais aussi, certainement, à un bon nombre de reviews de la part de mes très chers compatriotes.
Je vais donc devoir prendre des pincettes dans mes propos, d’autant plus que la comparaison avec l’original risque d’être au cœur des avis écrits que l’on pourra lire avant même la publication de ma propre chronique. Cela rappellera à quel point, pour certains influenceurs haters, il est important d’être le premier à parler d’une œuvre pour récolter quelques likes, et cela, sans même prendre le temps de l’apprécier pour ce qu’elle est.
Mais, tout comme Minami-chan dans ce drama, n’ayons que faire des quolibets qui suivront certainement mes propos. Je ne ferai aucune référence à l’œuvre originale. Soyons candides, vierges de tout a priori, et plongeons-nous dans l’univers parfois salvateur, parfois condescendant, des œuvres qui placent une personne en situation de handicap au cœur de leur récit.
Rappelons tout de même qui est Mana Ashida, l'actrice principale de cette oeuvre. Enfant star du drama générationnel Mother, elle n’avait que cinq ans lorsqu’elle a marqué les esprits. Depuis 2010, elle enchaîne les rôles au cinéma, jusqu’à s’exporter à l’international avec une apparition dans Pacific Rim. Loin de se cantonner aux dramas et aux films pour adolescents, elle a diversifié ses activités jusqu’à embrasser une carrière de chanteuse et de doubleuse, démontrant ainsi toute l’étendue de ses talents. Cette polyvalence lui permet aujourd’hui d’incarner une multitude de personnages, et notamment celui d’une jeune autiste surdouée dans ce drama qui s’annonce exceptionnel.
Ce qui le rend exceptionnel, c’est évidemment sa prestation. Et je n’ai pas peur des mots : pour avoir côtoyé, dans mon métier, un certain nombre d’enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme, je peux affirmer que l’interprétation de Mana Ashida est l’une des meilleures que j’aie pu voir au cours de mes longues années de visionnage cinématographiques.
Si Dustin Hoffman a ouvert la voie avec Rain Man, je n’ai pas peur de dire que Mana Ashida le dépasse. Du moins, son jeu dans ce premier épisode d’anthologie est remarquable. D’autant plus que, de manière assez surprenante, le cabinet d’avocats, tout comme les membres de la cour, se montre extrêmement bienveillant à son égard.
C’est peut-être là que réside la faiblesse de la série. Il faudra voir ce qu’il en est sur la durée, mais Minami-chan ne semble pas vivre dans le même monde que nous. Pas au sens figuré, mais bien au sens propre.
Le romantisme apparaît dès les premières minutes, même si elle ne semble pas s’en rendre compte. La bienveillance est également omniprésente, et cela de la part de presque tous ses collègues. Il existe bien une rivalité sous-jacente avec une ancienne camarade de stage, mais, dans ce Japon un peu fuwa fuwa, tout doux, presque cotonneux, je doute qu’elle puisse s’installer durablement pendant de nombreux épisodes. Même l’avocat de la partie adverse semble bienveillant lors du premier procès, sans parler du juge, qui prend véritablement des airs de grand-père s’adressant à sa petite-fille préférée lorsqu’il échange avec elle.
Le monde de la justice, au Japon comme aux États-Unis, est pourtant loin d’être un univers de Bisounours. C’est un monde de requins, où les intérêts financiers, les rapports de force et l’individualisme peuvent dicter les règles. Or, cette réalité semble absente de ce premier épisode.
Mais notre Minami n’est pas un vulgaire poisson d’eau douce. Elle serait plutôt l’un des plus nobles animaux de l’océan : la baleine.
Cet animal emblématique du Japon résonne étrangement à chacune de ses apparitions. Non pas pour son caractère onirique, magnifié par des effets spéciaux qui, en 2026, n’ont plus rien d’exceptionnel. Non, c’est plutôt la symbolique qui m’interpelle : celle d’un animal que l’on admire, que l’on cherche à préserver, et qui incarne une certaine forme de sagesse écologique. Un être pacifique et imposant, pourtant menacé par les activités humaines, notamment par la chasse à la baleine que le Japon continue de pratiquer malgré l’opposition internationale à cette activité.
C’est tout le paradoxe de cette série. Cocoonée par les personnes qui l’entourent, Minami-chan incarne la sagesse et le bon droit, c’est le cas de le dire, face à un monde régi par l’argent et l’individualisme.
Peu de sociétés illustrent aussi bien que le Japon ce paradoxe d’un collectif fort, dans lequel la conformité aux normes sociales peut laisser peu de place à l’individu. La différence est souvent difficile à accepter lorsqu’elle bouscule les codes établis. Et s’intégrer dans le monde du travail et dans la vie quotidienne lorsqu’on est autiste peut constituer un véritable parcours du combattant, dans une société où tout semble codifié, jusqu’à la manière de faire ses courses.
Mais c’est précisément là que la série trouve sa force. Derrière l’humour qui s’en dégage et malgré un certain réalisme, elle nous propose un univers où la différence n’est pas systématiquement sanctionnée, où l’on prend le temps d’écouter et où la bienveillance semble encore possible.
Alors, certes, les bons sentiments sont parfois un peu trop présents dans ce cabinet d’avocats. Il faudra voir si cette douceur résiste aux épreuves des prochains épisodes ou si elle finit par rendre le récit trop confortable. Mais, si l’on accepte cette part d’idéalisme, on peut affirmer sans complexe qu’Extraordinary Attorney Minamida Minami est, à mes yeux, l’une des œuvres les plus intéressantes sur l’autisme que l’on puisse découvrir en 2026.
La romance sera certainement au cœur des intrigues à venir. Et c’est aussi un point important à aborder : celui du droit des personnes en situation de handicap à aimer, à être aimées et à aspirer à la même vie que tout le monde.
Car derrière l’avocate hors norme, il y a avant tout une personne qui cherche sa place dans un monde qui n’a pas été pensé pour elle. Et si, pour une fois, ce monde acceptait de faire un pas vers elle plutôt que de lui demander constamment de s’adapter ?
C’est peut-être là que réside la plus belle promesse de ce drama.
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