K-Drama Schwarzwaldklinik dans le monde de Deus Ex
En me levant ce matin, je me suis dit : qu’est-ce que c’est pratique de vivre dans un monde régi par les algorithmes et l’IA ! Pour avoir passé pendant des années mon dernier dimanche d’octobre à régler une bonne dizaine de montres et autres appareils et ne plus devoir le faire, j’avais déjà oublié la réflexion engagée par le premier épisode d’Analog Nurse: Digital tte Nandanda yo!?. Celui-ci assène sans aucune finesse, dès les premières minutes, qu’un monde dominé par les algorithmes est un véritable enfer.
Nous le sentons tous depuis des années. Les récentes manifestations en Europe, et bientôt dans le reste du monde, face à une jeunesse amusée, dirigée, voire remplacée par l’IA, le confirment : nous sommes à un point de basculement. Pas étonnant, donc, que la scénariste de Doctor X et The Travel Nurse, Nakazono Miho, redonne vie à cette infirmière qui refuse la dictature de la technologie au profit de relations humaines fortes avec ses patients, un personnage qui avait marqué les esprits dans la saison 7 de sa saga fleuve et incarné par la formidable Matsushita Nao.
Le multivers initié en 2012, qui fait écho à la récente adaptation coréenne Mafia in White, s’étend encore avec ce spin-off qui, tout comme les autres séries de cet univers, peut se regarder sans avoir vu l’ensemble de la saga. Bien sûr, les fans attendront une apparition de Yonekura Ryoko, mais, à coup sûr, le héros de The Travel Nurse, Okada Masaki, lui aussi introduit dans la saison 7, aura un rôle important à jouer dans cette série. Des révélations arrivent dès la fin du premier épisode et l’on n’en est pas étonné quand on connaît l’ADN de la série.
Bien sûr, il faut accepter de se laisser balader dans un univers impitoyable, vu des milliards de fois dans les séries médicales, et pas seulement asiatiques. Conflits de pouvoir, médecins hautains et incompétents, infirmières méprisées… J’en passe et des clichés toujours aussi mal amenés à l’écran, malgré les années, le tout à grand renfort de musique grandiloquente lorsque notre infirmière fait son apparition en trench-coat noir dans le hall d’un hôpital immaculé par la pureté du tout-numérique. « J’arrive pour vous sauver », semble-t-elle dire dès les premières minutes, alors que l’hôpital est voué à la panique durant une panne de Wi-Fi, juste avant son arrivée.
Alors oui, il faudra une fois de plus accepter l’incompétence de chirurgiens renommés face à cette infirmière au sang-froid glaçant. Tout comme son attitude face à la hiérarchie, mais aussi envers ses collègues infirmières, en totale contradiction avec l’humanité dont elle fait preuve auprès de ses patients. Le sourire et la gentillesse n’apparaissent qu’au moment de faire sa tournée, pour laisser place, la seconde d’après, à un visage et une attitude presque robotiques.
C’est un mimétisme troublant avec la froideur et l’inhumanité de l’IA et des robots chirurgicaux qu’elle dénonce à chacune de ses sorties verbales. Est-ce un choix de mise en scène assumé ou de la maladresse ? J’ai du mal à me positionner, car le personnage de Matsushita Nao est rempli de mystères que l’on dévoilera tout au long des dix épisodes. Elle a elle-même souvent revêtu la blouse dans de nombreux dramas, et j’avais particulièrement apprécié son rôle tout en retenue dans Alive. Mais ici, on est à l’exact opposé. À la limite de la commedia dell’arte, elle passe de Colombine à Scaramouche sans sourciller et sa gêne à l’acceptation des propos.
En fait, la série, comme Doctor X, reprend tous les codes à l’italienne : les médecins incompétents et autoritaires, surjoués ici par Tominaga Ai, qui a dû apprécier que son prénom soit dénigré tout au long de la série, en plus d’endosser le rôle de la méchante. C’est une série japonaise, nul doute qu’elle rejoindra le côté obscur de l’analogique à un moment ou à un autre.
Malgré cela, avec toutes les maladresses d’un soap médical à la japonaise, la série interroge réellement notre société. Pleine de bons sentiments vus mille fois, et pas seulement dans Doctor X, elle montre à quel point nous avons laissé notre destinée entre les mains des algorithmes et des intelligences artificielles génératives. Nous ne sommes plus que des statistiques et nous devons nous en écarter le moins possible. Faussant notre jugement jusqu’à ne plus réfléchir du tout. Des scènes qui se voudraient comiques montrent un chirurgien incapable de prendre des décisions face à une alarme. Mais loin de me faire rire, elles me terrifient.
Terrifiant, comme notre avenir, que dis-je, notre présent, qui nous est envoyé en pleine figure. Les dénis de service, les piratages de données et les failles de sécurité en cascade qui accompagnent les informations sur les manifestations mondiales en ce moment nous rappellent que nous vivons déjà dans le monde de System Shock et de Deus Ex, imaginé il y a trente ans dans les jeux vidéo.
Nurse X est un mélange improbable entre Les Feux de l’amour et Deus Ex. De longs plans sur les visages des infirmières au grand cœur, incarnées par une cohorte d’actrices d’exception que je vous laisse découvrir, alternent avec des explications technologiques vaseuses, voire flippantes, sur notre dépendance.
Ce qu’il ressortira de ces dix épisodes, je ne peux pas encore l’affirmer, mais ils sont nécessaires à la réflexion, car le propos reste accessible à tous. La question est simplement de savoir si le monde sera encore là dans les derniers jours avant Noël pour voir le dernier, ou s’il aura implosé.
Nous le sentons tous depuis des années. Les récentes manifestations en Europe, et bientôt dans le reste du monde, face à une jeunesse amusée, dirigée, voire remplacée par l’IA, le confirment : nous sommes à un point de basculement. Pas étonnant, donc, que la scénariste de Doctor X et The Travel Nurse, Nakazono Miho, redonne vie à cette infirmière qui refuse la dictature de la technologie au profit de relations humaines fortes avec ses patients, un personnage qui avait marqué les esprits dans la saison 7 de sa saga fleuve et incarné par la formidable Matsushita Nao.
Le multivers initié en 2012, qui fait écho à la récente adaptation coréenne Mafia in White, s’étend encore avec ce spin-off qui, tout comme les autres séries de cet univers, peut se regarder sans avoir vu l’ensemble de la saga. Bien sûr, les fans attendront une apparition de Yonekura Ryoko, mais, à coup sûr, le héros de The Travel Nurse, Okada Masaki, lui aussi introduit dans la saison 7, aura un rôle important à jouer dans cette série. Des révélations arrivent dès la fin du premier épisode et l’on n’en est pas étonné quand on connaît l’ADN de la série.
Bien sûr, il faut accepter de se laisser balader dans un univers impitoyable, vu des milliards de fois dans les séries médicales, et pas seulement asiatiques. Conflits de pouvoir, médecins hautains et incompétents, infirmières méprisées… J’en passe et des clichés toujours aussi mal amenés à l’écran, malgré les années, le tout à grand renfort de musique grandiloquente lorsque notre infirmière fait son apparition en trench-coat noir dans le hall d’un hôpital immaculé par la pureté du tout-numérique. « J’arrive pour vous sauver », semble-t-elle dire dès les premières minutes, alors que l’hôpital est voué à la panique durant une panne de Wi-Fi, juste avant son arrivée.
Alors oui, il faudra une fois de plus accepter l’incompétence de chirurgiens renommés face à cette infirmière au sang-froid glaçant. Tout comme son attitude face à la hiérarchie, mais aussi envers ses collègues infirmières, en totale contradiction avec l’humanité dont elle fait preuve auprès de ses patients. Le sourire et la gentillesse n’apparaissent qu’au moment de faire sa tournée, pour laisser place, la seconde d’après, à un visage et une attitude presque robotiques.
C’est un mimétisme troublant avec la froideur et l’inhumanité de l’IA et des robots chirurgicaux qu’elle dénonce à chacune de ses sorties verbales. Est-ce un choix de mise en scène assumé ou de la maladresse ? J’ai du mal à me positionner, car le personnage de Matsushita Nao est rempli de mystères que l’on dévoilera tout au long des dix épisodes. Elle a elle-même souvent revêtu la blouse dans de nombreux dramas, et j’avais particulièrement apprécié son rôle tout en retenue dans Alive. Mais ici, on est à l’exact opposé. À la limite de la commedia dell’arte, elle passe de Colombine à Scaramouche sans sourciller et sa gêne à l’acceptation des propos.
En fait, la série, comme Doctor X, reprend tous les codes à l’italienne : les médecins incompétents et autoritaires, surjoués ici par Tominaga Ai, qui a dû apprécier que son prénom soit dénigré tout au long de la série, en plus d’endosser le rôle de la méchante. C’est une série japonaise, nul doute qu’elle rejoindra le côté obscur de l’analogique à un moment ou à un autre.
Malgré cela, avec toutes les maladresses d’un soap médical à la japonaise, la série interroge réellement notre société. Pleine de bons sentiments vus mille fois, et pas seulement dans Doctor X, elle montre à quel point nous avons laissé notre destinée entre les mains des algorithmes et des intelligences artificielles génératives. Nous ne sommes plus que des statistiques et nous devons nous en écarter le moins possible. Faussant notre jugement jusqu’à ne plus réfléchir du tout. Des scènes qui se voudraient comiques montrent un chirurgien incapable de prendre des décisions face à une alarme. Mais loin de me faire rire, elles me terrifient.
Terrifiant, comme notre avenir, que dis-je, notre présent, qui nous est envoyé en pleine figure. Les dénis de service, les piratages de données et les failles de sécurité en cascade qui accompagnent les informations sur les manifestations mondiales en ce moment nous rappellent que nous vivons déjà dans le monde de System Shock et de Deus Ex, imaginé il y a trente ans dans les jeux vidéo.
Nurse X est un mélange improbable entre Les Feux de l’amour et Deus Ex. De longs plans sur les visages des infirmières au grand cœur, incarnées par une cohorte d’actrices d’exception que je vous laisse découvrir, alternent avec des explications technologiques vaseuses, voire flippantes, sur notre dépendance.
Ce qu’il ressortira de ces dix épisodes, je ne peux pas encore l’affirmer, mais ils sont nécessaires à la réflexion, car le propos reste accessible à tous. La question est simplement de savoir si le monde sera encore là dans les derniers jours avant Noël pour voir le dernier, ou s’il aura implosé.
Was this review helpful to you?

