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Cut, Dad!: Are We the "Best" Family? japanese drama review
Dropped 3/8
Cut, Dad!: Are We the "Best" Family?
0 people found this review helpful
by Kenseiden
4 days ago
3 of 8 episodes seen
Dropped
Overall 7.0
Story 6.0
Acting/Cast 6.5
Music 7.0
Rewatch Value 7.0

Une sitcom qui ne voit pas le malaise qu’elle met en scène

Une sitcom mollassonne qui recycle, pour la énième fois, le concept du père célibataire surprotecteur, le tout sous couvert de réseaux sociaux. Mou Papa ! veut faire rire et divertir les ados, déjà lessivés par leurs huit heures de lycée et leurs quatre heures de cours du soir. Mais parvient-il à toucher sa cible, voire à élargir son audience au vieux débris analogique que je suis ? À 16 ans, les seuls potins que je dévorais se trouvaient dans des magazines en papier, le buzz sur 6 pouces ne m'intéressant toujours pas.

Ayant le double, voire le triple, de l’âge du public visé, je me place plutôt du côté du père. Un benêt incorrigible, incapable de voir qu’après quinze ans d’exploitation de l’image de sa fille, il a lui-même contribué à sa détresse et à sa soumission.

Mal à l’aise face à un "peech" déjà recyclé maintes fois, et pas plus tard que dans un épisode de l’excellent Plastic Beauty, qui consiste à rappeler aux parents qu’il faut laisser leurs enfants déployer leurs ailes. Le tout dans un Japon où l’on apprend pourtant l’autonomie dès la maternelle ! J’espérais alors retrouver un humour à la Futekisetsu ni mo Hodo ga Aru! ou à la Oya Baka Seishun Hakusho, deux séries qui m’avaient tellement enchanté par leur écriture et leurs pères aussi stupides qu’aimants. Mais leur charme reposait aussi sur le jeu de Nagano Mei et de Kawai Yuumi, qui apportaient une vraie personnalité à leurs personnages.

C’est donc vers l’actrice Hara Nanoka, après une succession de rôles secondaires, notamment dans Oshi no Ko et les premiers rôles encore trop souvent romance adolescente, que se tournent désormais les regards. Elle est aujourd’hui présentée comme l’un des nouveaux visages du modèle esthétique et comportemental à transmettre à notre jeunesse, notamment à la Gen Alpha, comme on a encore pu le constater avec son apparition dans Nurse X (t'es nunuche, mais tu vas y arrivé). Pourtant, je trouve qu’elle peine à convaincre dans ce rôle formaté, laissant finalement la réalité dépasser la fiction.

Car ce n’est pas seulement son père fictif qui cherche à façonner son image : c’est aussi la production qui la rend lisse, voire benête. Elle reste enfermée dans son rôle de fille modèle et candide, tiraillée entre sa fidélité à son père, à ses frères et, par extension, à sa famille, et des sentiments qui ne semblaient guère avoir été pris en compte pendant les quinze années précédentes.

Pourtant, les flashbacks qui émaillent la plupart des épisodes insistent bien sur le malaise qu’elle ressent à 5 ou à 10 ans, et sur la manière dont celui-ci se transmet à son entourage. Un malaise amplifié par tout le petit monde de l’agence de jeunes talents et par les autres YouTubeurs qui parsèment les épisodes. Quant au prince charmant, il est fauché, mais en pâmoison devant sa belle influenceuse, créant une relation toxique avec un fan qu’elle voulait à tout prix éviter.

En réalité, Mou Papa! ressemble davantage à une énième itération des Cinderella au pays des influenceurs, avec des inversions de rôles, mais surtout de grosses maladresses dans sa dénonciation du système et de la manipulation des sentiments.

Le malaise est palpable à chaque épisode, et je crains fort que la série produise l’effet inverse de celui attendu. Au lieu d’ouvrir les yeux de certaines familles qui monétisent un peu trop leur vie, et plus particulièrement celle de leurs enfants, elle finit parfois par justifier leur soumission, aussi bien au père fictif qu’au producteur de la série. Ce dernier impose à Hara Nanoka un jeu que je trouve ringard, au risque de renforcer précisément les stéréotypes que la fiction prétend dénoncer.

Pour mesurer à quel point ce sujet mérite mieux, je conseille à tout le monde de revoir Mukai no Bazuru Kazoku, qui abordait déjà cette question en 2019 avec une approche autrement plus intéressante.

Quant à moi, je retourne voir Oshi no Ko ! Au moins les parents n'ont pas forcés leurs enfants
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