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  • Last Online: 16 hours ago
  • Gender: Male
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  • Join Date: August 15, 2020
Iroha's Love Runs across Eras japanese drama review
Ongoing 3/10
Iroha's Love Runs across Eras
0 people found this review helpful
by Kenseiden
2 days ago
3 of 10 episodes seen
Ongoing
Overall 8.5
Story 8.0
Acting/Cast 9.5
Music 8.5
Rewatch Value 8.0

Un time slip drama qui évite la somnolence

Un membre des Snow Man maladroit et malchanceux, en amoureux transi, en la personne de Mukai Koji, et Kamishiraishi Mone, spécialiste des comédies romantiques depuis trop longtemps : ce duo ne me donnait pas franchement envie de découvrir cette énième love story entre professeurs débutants en plein questionnement sur leur avenir.

Mais, tout comme une classe qui accueille un intervenant extérieur, l'introduction des mathématiques et des méthodes d'enseignement de l'ère Edo a piqué ma curiosité, jusqu'à me subjuguer. L'effet peut être celui de la nouveauté, en opposition à un professeur que l'on côtoie tous les jours. Mais surtout du fait de la maestria des différentes interprétations de l'aînée Kamishiraishi. Je vais donc tenter de captiver votre attention pour un sujet qui ne passionne que moi : les maths.

Je plaisante, mes chères élèves. En vrai, le sujet aurait pu être une tout autre discipline, et en particulier l'histoire du Japon féodal, tant elle tient une place importante dans la série. Les reconstitutions sont bluffantes et loin des clichés de politesse et de propreté des palais royaux. Les scènes se passent souvent dans la rue, en kimono banal et peu reluisant, avec l'accent du Kantō à couper au couteau.

Seki Takakazu, que l'on découvre ici, est un personnage qui a vraiment existé. Passionné par les mathématiques, il est l'un des maîtres du wasan au XVIIe siècle, alors que le Japon est fermé aux étrangers et que les mathématiques occidentales se développent à une vitesse exponentielle avec Newton et Leibniz en Europe. Takakazu-sensei continue, lui, à transmettre une certaine harmonie dans les mathématiques à la japonaise à travers les sangaku, géométries énigmatiques que l'on trouve dans les temples, bien sûr, ou des problèmes de résolution par les équations et le nombre de pattes dans une basse-cour, que l'on connaît bien chez nous. Il crée ses propres écritures et méthodes et est un professeur hors pair pour les enfants de la bourgeoisie.

Mais, signe des temps, les femmes restent reléguées au rôle de simples compagnes des hommes, comme le cheval ou d'autres amis à quatre pattes, et surtout n'ont que peu, voire pas, droit à un enseignement académique, contrairement à certains garçons issus des classes favorisées, quand bien même leur famille aurait les moyens d'éduquer leur fille. C'est alors que débarque le personnage d'Iroha, interprété de main de maître par la sœur d'Adieux. Si j'ai toujours préféré Moka à son aînée pour les compositions et le jeu, il faut dire qu'ici, Mone-chan crève littéralement l'écran, reprenant ainsi sa place de leader dans la fratrie.

Mais c'est justement la place abusive du « masculin » dans les mots et les sciences qu'elle cherche à dénoncer dès son arrivée dans le monde dit « moderne ». Car si un time slip n'a rien d'original, surtout pour un personnage historique dans un drama japonais, le fait que Mone joue si bien l'ère Edo et la femme en recherche d'indépendance apporte une réelle fraîcheur au genre.

La vérité de l'époque est palpable par sa diction, son accent et sa gouaille, qui ont été travaillés avec passion. Ses gestes sont parfois maladroits, mais bien reproduits et traduisent son décalage avec notre époque. Bien sûr, certains retrouveront un petit côté Jacquouille la Fripouille lors de ses découvertes et de ses accidents en relation avec le monde moderne. On pourrait même y voir un hommage et, si j'avais la chance de l'interviewer, je lui poserais la question : « Les Visiteurs ont-ils eu une influence sur votre jeu ? » Quoi qu'il en soit, on rigole à pleines dents (cariées) de ces maladresses, tout comme elle qui découvre le bonheur de voir que, 300 ans après, la femme a enfin gagné son indépendance et les mêmes droits à étudier que les hommes. C'est en tout cas ce qu'elle croit dans les premiers épisodes.

Bien sûr, la romance est présente dès le début et gâche un peu le jeu, dépeignant Koji Mukai comme un benêt sans fin, harcelé par les élèves, les parents, sa direction, sa petite sœur (hikikomori, évidemment) et la malchance. C'est trop pour un seul homme. Surtout quand on sait qu'Iroha vit au pays du masculinisme. Le choc, pour elle, risque d'aller au-delà de le voir en tablier faire la cuisine pour sa petite sœur.

Ce sont pourtant ces petites scènes de la vie quotidienne qui rendent le drama passionnant. Les moments en classe et le décalage entre la passion d'Iroha, qui découvre en même temps que ses élèves le monde moderne, et Ikuru, qui ne cherche qu'à le fuir, donnent du baume au cœur à tout enseignant et montrent la voie.

いろはの恋は時代(とき)をかける fait partie, tout comme GTO et bien d'autres nekketsu sensei dramas, des séries indispensables en 2026. Ce sont celles qui doivent donner l'envie de transmettre ou, tout simplement, d'apprendre. Bien sûr, elle est à l'eau de rose, candide, et tout se finira bien… Quoique ! Suis-je le seul à me soucier vraiment du sort de Nashiki-sensei, la première incarnation du personnage d'Iroha ? Les épisodes passent et personne, sa famille en tête, ne semble s'inquiéter du manque de nouvelles. Même Ikuru-kun, qui l'a quand même poussée du haut du toit !
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