Une histoire bien menée malgré un format court mais pas la meilleure performance d’Englot
Club Friday reste une franchise intrigante : ses histoires s’inscrivent dans un lore narratif où les romances finissent souvent de manière dramatique, tout particulièrement pour les couples queer. C’est pourquoi j’étais méfiante au début, la peur d’une fin tragique plane toujours, mais j’ai décidé de me lancer surtout parce que c’est Englot à l’écran, et j’avais envie de voir comment leur dynamique serait traitée cette fois‑ci.Avec 4 épisodes seulement, la production fait plutôt bien le travail. On sent qu’il y a un peu plus de budget que dans certaines autres itérations de la franchise : la réalisation est propre, les plans sont mieux composés, et l’ensemble visuel est plus agréablement immersif. L’intrigue est efficacement menée pour un format court, sans trop traîner ou perdre le spectateur.
Concernant l’acting, j’ai l’impression que le jeu des actrices n’a pas énormément progressé depuis Show Me Love, certaines scènes manquent encore un peu de profondeur ou de naturel. Cela dit, le personnage d’Irene, incarnée par Charlotte, est une vraie réussite : ce côté bad girl rebelle lui va bien et elle apporte une présence forte à l’écran, ce qui compense souvent les moments plus faibles.
L’histoire explore des thèmes relationnels intenses et met en lumière des dynamiques complexes, parfois douloureuses, sans trop s’appesantir grâce à la brièveté des épisodes. Cette concision est à double tranchant : d’un côté, ça évite les longueurs inutiles ; de l’autre, certains développements auraient pu gagner en profondeur s’ils avaient disposé de plus de temps.
La tension dramatique caractéristique de Club Friday est bien présente, mais cette saison parvient à éviter que tout tourne exclusivement au tragique, offrant des instants touchants et percutants. Contente que cela finissent bien pour une fois !
Petrichor mêle habilement romance et enquête, offrant un GL mature et captivant
Quand j’ai appris que Petrichor était produit par la même équipe que Manner of Death, mes attentes ont immédiatement grimpé. Et, globalement, le lakorn ne déçoit, il s’impose comme l’un des projets GL les plus solides de l’année. Pour moi, la série réussit à s’affirmer comme un GL incontournable.Le scénario est bien ficelé, les personnages sont bien développés, les tensions sont dosées, et les rebondissements maintiennent l’intérêt tout au long des épisodes. L’histoire réussit à mélanger romance, drame, introspection et enquête policière de manière équilibrée, ce qui donne à la série une atmosphère mature et dynamique. Cependant, je dois admettre que la fin m’a semblé un peu tirée par les cheveux, comme si certaines résolutions arrivaient trop rapidement pour être pleinement crédibles.
Au niveau de la production, on remarque un net soin dans la mise en scène, la photographie et la direction artistique. L’équipe a fait du bon travail, tout en proposant une ambiance qui sert parfaitement l’intimité et la sensibilité du récit.
Maintenant passons au pairing de Englot. Honnêtement, elles m’ont bluffées. Leur jeu a gagné en subtilité et en maturité, sans doute la meilleure performance qu’elles aient livrées jusqu’ici. On sent que la série explore davantage les gammes émotionnelles de ses personnages, et ça porte une grande partie de la série. C’est de loin leur meilleur projet à ce jour.
Pluto allie message social fort, production soignée mais sa romance ne transcende pas
Pluto bénéficie d’une production solide grâce à Snap25 Team, qui a déjà prouvé son savoir-faire sur des projets comme P.S. I Hate You, The Jungle ou plus récemment Ploy’s Yearbook. Leur travail se ressent dans la réalisation, soignée et cohérente, qui sert bien l’histoire.Le plot de base du roman original est complètement crazy et problématique, avec des situations et des comportements bourrés de red flags qui rendent l’histoire très délicate à retranscrire. L’adaptation parvient heureusement à dompter ces éléments et à éviter le pire, en rendant l’intrigue plus digeste et acceptable pour un public large. Cela dit, je reste un peu déçu que certaines scènes marquantes du livre n’aient pas été incluses, car elles auraient pu enrichir certains arcs.
Un point vraiment à saluer est l’impact social que le drama a eu en Thaïlande. En abordant des questions liées au handicap et en dénonçant des obstacles dans la société (comme des panneaux gênant le marquage au sol pour les personnes aveugles), la série a déclenché des changements concrets dans l’espace urbain, ce qui est remarquable et prouve que la fiction peut avoir un effet réel. De plus, il y a de vraies réflexions tout le long de la série et un message social intéressant. Un signal fort sur l’inclusion et l’accessibilité.
Les OST de la série sont très agréables et s’intègrent parfaitement à l’atmosphère générale. Que ce soit pour les moments doux, tendres ou plus intenses, les compositions musicales ajoutent une dimension supplémentaire à l’expérience, rendant certaines scènes encore plus marquantes et touchantes.
Le casting est solide, avec des bons jeux qui rendent le drama crédible et agréable à suivre. La performance de Film est vraiment réussie, j’espère qu’elle sera reconnue et qu’elle remportera des prix, ça serait vraiment superbe. Namtan confirme son savoir-faire habituel et maîtrise ses deux personnages avec naturel. Cependant, malgré leurs talents respectifs, je n’ai pas trouvé que l’alchimie entre Film et Namtan soit transcendante : leur duo fonctionne, mais il manque ce petit quelque chose qui aurait pu rendre la romance inoubliable.
Mais pour ma part, j'ai un peu l'impression d'être passé à côté. Pluto reste sympathique et agréable à suivre, mais à titre personnel, je n’ai pas ressenti qu’il s’agissait du GL de l’année. Malgré son message fort et son sujet pertinent, il y a des projets récents qui me paraissent plus aboutis et mieux réussis sur le plan de la romance et de la narration. L’engouement autour de la série est compréhensible, mais pour moi, l’impact émotionnel reste correct sans atteindre le niveau d’exception.
Romance réaliste, love scenes surprenantes mais scénario bancal
La série mise sur des émotions subtiles et des interactions sincères, créant une atmosphère douce et immersive. Le rythme est posé, laissant le temps aux personnages de s’ouvrir progressivement à leurs sentiments, ce qui rend chaque avancée relationnelle significative et touchante. Cependant, le scénario contient certaines mécaniques bancales. Quelques décisions narratives paraissent forcées ou peu cohérentes (voir agaçante), ce qui nuit un peu à l’immersion.Un des points forts du GL est la façon dont elle aborde la représentation queer de manière respectueuse et nuancée. Les personnages sont humains, imparfaits, et leur évolution est traitée avec bienveillance, ce qui donne une vraie profondeur à la série. Les enjeux ne sont pas dramatiques à outrance, mais restent suffisamment profonds pour donner du poids aux décisions des personnages.
Côté réalisation, la série dégage une esthétique visuelle agréable et cohérente. Rien de spectaculaire, mais une véritable volonté de servir l’histoire par une mise en scène simple et efficace, qui accompagne bien les émotions plutôt que de chercher à impressionner.
Même si les actrices ne sont pas des grandes actrices en termes de jeu, leur duo fonctionne plus que bien. La dynamique entre elles est très réaliste et crédible, rendant leur relation attachante. Faut voir comment j’ai été surprise par la mise en scène de leur love scene dans la première partie de l’épisode 5.1 : le soin apporté aux plans et à l’intensité de la chorégraphie donne une vraie profondeur au moment, bien au‑delà de ce à quoi je m’attendais. Cette alchimie à l’écran compense largement le manque d’expérience des actrices et rend la romance particulièrement immersive.
Selon moi, la musique est mal utilisée. Elle est trop forte et rarement en accord avec les scènes. Plutôt que de soutenir l’émotion ou d’intensifier les dialogues et les actions, elle crée une distraction et semble presque détachée de ce qui se passe à l’écran. Le choix des thèmes sonores et leur mixage manquent de subtilité, ce qui empêche la bande-son de renforcer réellement l’atmosphère ou l’impact émotionnel des moments clés.
Romance ambitieuse mais bancale, attachante grâce à Mook & Pinky malgré la prod limitée
I Am Devil propose une immersion dans une romance GL où l'ambition dépasse malheureusement les moyens. La série souffre d'une production clairement limitée : décors minimalistes, techniques de caméra basiques et manque de finesse dans le montage donnent une impression de bricolage. On sent que l'équipe a fait au mieux avec ce qu'elle avait, mais le résultat reste inégal et parfois bancal.Côté scénario, l’histoire tente de captiver, mais le rythme inégal et certaines scènes mal exécutées empêchent une immersion totale. Les personnages sont intéressants, mais leur développement est parfois sacrifié au profit de situations précipitées ou peu crédibles. Cela dit, quelques moments parviennent à transmettre des émotions sincères, et certaines interactions ont un vrai potentiel notamment grâce à l'alchimie de Mook et Pinky.
Malgré ces limites, on s’attache aux personnages, portés par les actrices, et on apprécie le côté comique et décalé de la série. Je ne compte plus le nombre de gifles échangées ! Il y a un petit quelque chose qui maintient la curiosité et nous pousse à rester jusqu’au bout. Je regarderai la saison 2 sans hésiter, en espérant que le personnage de Mook cumule un peu moins de red flags.
Unlock of Love se distingue par sa sensibilité, son originalité et sa justesse
Unlock of Love est une série GL qui allie douceur, authenticité et originalité, offrant une expérience à la fois réconfortante et réfléchie.La série bénéficie d’une réalisation 100% féminine, c’est une série originale écrite et réalisée par des femmes pour des femmes et cela donne une touche unique et pleine de sens à cette série. Un choix qui se ressent et soignée et d’une atmosphère cohérente. L’univers visuel, les décors et les costumes contribuent à créer une ambiance chaleureuse et immersive. Chaque scène est pensée pour renforcer le ton doux et romantique de la série, et l’ensemble se déploie avec une fluidité qui rend le visionnage très agréable.
Le scénario, bien structuré, explore avec justesse les relations humaines et familiales. La dynamique entre Love et sa mère est particulièrement réussie : elles sont à la fois mère et fille, mais aussi amies et confidentes, ce qui apporte une profondeur émotionnelle rare. Les dialogues sont naturels et la série brise les tabous abordant notamment des sujets comme la sexualité, les difficultés relationnelles et présente un cadre amical avec un soutien mutuel sincère. Les personnages ne sont pas parfaits, et leurs imperfections renforcent le réalisme et la nuance de l’histoire.
La série se distingue par sa représentation de la communauté LGBTQ+. La bisexualité est abordée de manière authentique, ce qui est encore trop rare dans le genre GL. Le style et le look de Love et Dean rompent avec les codes traditionnels du fem4fem, apportant une fraîcheur bienvenue. De plus, la série évite les clichés habituels et propose des interactions crédibles et émouvantes, reflétant des expériences variées et réalistes.
C’est une série réconfortante, qui sait émouvoir tout en abordant des sujets importants avec sincérité, offrant un rare mélange de plaisir, de réalisme et de douceur dans le paysage GL.
GL qui combine les green flags et des scènes poignantes qui restent longtemps après le visionnage
Reverse 4 You est un GL vraiment spécial, porté par une romance d’une douceur rare et des personnages remplis de green flags. Chaque interaction a ce petit quelque chose de tendre qui fait que le cœur se serre (dans le bon sens).La série excelle dans les scènes de confession, sérieusement, elles sont trop chou, tellement bien écrites et jouées qu’on ne peut qu’adhérer totalement à ce moment. C’est le genre de scène qui te fait sourire et fondre à la fois, tellement l’émotion est pure et sincère.
L’un des aspects les plus marquants pour moi reste la façon dont le drama aborde le sacrifice et l’amour. Quand les personnages choisissent de mettre de côté leurs sentiments pour protéger la vie de Vivi, c’est la première fois que j’ai vraiment pleuré devant un GL thaï. Ce n’est pas juste mignon, c’est profondément humain, touchant et bouleversant.
Ce qui rend Reverse 4 You si attachant, c’est la façon dont il montre une relation saine, avec du respect, de l’écoute et une vraie présence émotionnelle des deux côtés. On sent que les personnages se soutiennent l’un l’autre, même dans les moments où tout semble difficile.
Mention spéciale pour l'opening de Naynae Bradley, "Letter from the Moon to the Sun", qui est particulièrement bien choisi. Dès que je réécoute cette chanson, je suis transporté dans l'univers de la série, avec une douce sensation de nostalgie.
La fin m’a semblé un peu trop facile et convenue à mon goût. J’aurais aimé que l’agence prenne davantage de risques narratifs, pour explorer des enjeux plus complexes ou surprendre le spectateur. Malgré cela, je suis contente que le couple se retrouve, car la série construit une telle tension et un tel attachement entre les personnages que cette réunion finale apporte un vrai soulagement émotionnel et conclut la série de manière satisfaisante.
Un GL coréen fun, léger et simplement drôle
Lily Fever a été le premier GL coréen que j’ai regardé, et il reste un plaisir simple à revisiter. Contrairement à beaucoup de dramas sérieux ou dramatiques, ce projet mise sur l’humour, la légèreté et une énergie fun qui fait sourire du début à la fin.La série ne cherche pas à révolutionner le genre, mais elle réussit très bien ce qu’elle veut faire : offrir une romance légère, pleine de quiproquos, de situations comiques et d’interactions qui ne se prennent pas trop au sérieux. C’est un GL qui se regarde avec facilité et qui détend, parfait quand on veut quelque chose de drôle sans se prendre la tête.
Le duo principal dégage une dynamique naturelle et pleine de charme, et même si l’écriture n’est pas ultra‑profonde, elle colle parfaitement à la vibe humoristique et sweet du drama. L’intérêt n’est pas tant dans la complexité de l’intrigue que dans les moments cocasses et les situations improbables qui rythment les épisodes.
Un GL doux, queer‑coded et pleine de tendresse
She Makes My Heart Flutter est une série qui tombe juste, avec une atmosphère douce et plaisante. Elle offre une représentation sincère et respectueuse de la communauté lesbienne, à travers des amitiés et des dynamiques queer-coded qui se sentent naturelles et crédibles. Le drama capture avec finesse les émotions et interactions des personnages, rendant chaque moment agréable et touchant, tout en montrant des relations lesbiennes réalistes et bien ancrées dans leur quotidien.Ce qui fait le charme du drama, c’est l'ambiance légère et intimiste : pas de gros rebondissements, pas de conflits dramatiques poussés, mais une attention constante aux petits détails émotionnels et aux nuances des relations humaines. L’amitié se construit avec naturel, puis se transforme progressivement, et cette évolution est traitée avec une délicatesse rare.
Encore une fois, la série offre aussi une représentation lesbienne respectueuse et sensible, évitant les clichés ou les stéréotypes trop faciles. Les interactions entre les personnages sont crédibles et font écho à des expériences que beaucoup peuvent reconnaître, même sans qu’elles soient explicitement « étiquetées ». Cela donne une dynamique queer qui se ressent plus qu’elle ne s’explique, et qui fonctionne parfaitement dans le ton du drama.
Visuellement, la mise en scène est simple mais agréable, renforçant cette impression de proximité et d’intimité. C’est le genre de romance qui ne cherche pas à impressionner par des effets spectaculaires, mais plutôt à installer une atmosphère chaleureuse et sincère.
An Office Thing est un GL qui mise sur une ambiance quotidienne et professionnelle, mêlant romance et vie de bureau avec une sincérité rafraîchissante. L’histoire suit deux collègues dont les interactions évoluent lentement vers quelque chose de plus profond, avec une progression qui n’est ni brusque ni artificielle, mais au contraire très naturelle.
La réalisation est propre et moderne : les plans sont bien pensés, l’esthétique visuelle est agréable, et le cadre professionnel donne une dynamique différente de beaucoup de GL scolaires ou slice‑of‑life. On ressent un vrai travail sur l’atmosphère, ce qui contribue à ancrer la romance dans un environnement réaliste et cohérent.
Le scénario ne cherche pas à révolutionner le genre, mais il est efficace et bien structuré, laissant suffisamment de place aux émotions pour s’exprimer sans être trop dramatique. La progression des sentiments est subtile et réaliste, ce qui renforce l’authenticité du lien entre les protagonistes.
On sent que les problématiques queer ont été soigneusement réfléchies et représentées par des personnes concernées. Les réalités exposées collent bien au contexte coréen et reflètent un vécu sincère. Dommage que la série ne comporte pas plus d’épisodes.
Mini‑GL poignant sur les blessures du cœur et la peur du regard des autres
Out of Breath explore avec pudeur et émotion les conséquences profondes d’une rupture liée à la peur du regard social. Ha‑Eun se retrouve blessée lorsque sa petite amie met fin à leur relation par crainte du jugement extérieur. En désarroi, elle tente de se reconstruire et fait une nouvelle rencontre via une application, ouvrant la porte à une romance fragile mais sincère.La série est courte, mais elle ne fait pas de compromis sur l’intensité émotionnelle. Chaque scène compte, et le format mini permet une narration concentrée où les sentiments sont au centre. Les personnages sont crédibles, confrontés à leurs peurs, leurs doutes et cette pression sociale omniprésente qui pèse parfois encore plus lourd pour les couples queer dans certains contextes.
La réalisation est soignée, les idées bien pensées et l’histoire bien amenée… dommage que ce soit si court, on en redemande !
Un mini GL fantastique court, mignon et plein de douceur
Romantic Witch’s Starlight Sonata est un mini GL charmant et léger, mêlant romance et petite touche de fantastique. Malgré son format ultra-court (2 épisodes d’environ 5 minutes), il parvient à créer une atmosphère douce et attachante, portée par le lien naissant entre les deux protagonistes.La production est modeste mais soignée pour ce type de web-drama, et l’univers fantastique apporte une petite originalité bienvenue. Le scénario reste minimaliste, mais fonctionne pour ce format très court, laissant entrevoir un potentiel beaucoup plus grand qui aurait mérité plus de temps pour se développer.
Gros regret : c’est beaucoup trop court ! On sentait qu’il y avait matière à explorer davantage l’univers et la romance, et j’aurais volontiers regardé bien plus d’épisodes.
Parfait quand on veut quelque chose de simple et réconfortant
75 Degrees Celsius est typiquement le genre de short-drama qu’on regarde pour se sentir bien. C’est doux, mignon et très facile à suivre, avec une ambiance réconfortante qui en fait un vrai show de confort.L’histoire reste simple, sans chercher à être spectaculaire, mais fonctionne grâce à son atmosphère chaleureuse et ses personnages attachants. On est sur une narration calme, qui mise davantage sur les émotions du quotidien que sur les gros rebondissements, ce qui rend le visionnage apaisant.
Ce n’est pas forcément le drama le plus marquant ou le plus original, mais il remplit parfaitement son rôle : offrir un moment cosy, sans stress, avec une romance légère qui fait sourire.
Une suite plus mature, plus douloureuse, mais aussi plus profonde dans sa réflexion
Chaser Game W2 monte clairement d’un cran par rapport à la saison 1 en proposant une histoire plus dense émotionnellement et surtout plus engagée dans les thèmes sociaux. La série s’intéresse davantage aux réalités que peuvent affronter les femmes queer dans la société japonaise, notamment face aux normes familiales et aux attentes sociales encore très présentes.La relation entre Itsuki et Fuyu évolue vers quelque chose de plus complexe, notamment avec la question de la famille homoparentale et des difficultés concrètes à exister en tant que couple dans un environnement parfois peu favorable. Le drama prend le temps d’explorer ces problématiques avec sérieux, montrant les pressions extérieures, le poids du regard des autres et les compromis que certaines personnes doivent faire pour pouvoir vivre leur relation.
Cette saison est plus dure émotionnellement, car elle met en avant des situations très réalistes : rejet familial, difficulté à s’affirmer, peur de perdre ce qui a été construit. Cette dimension rend l’histoire plus touchante, car elle reflète des problématiques bien réelles auxquelles beaucoup de couples queer peuvent s’identifier. La série ne cherche pas à idéaliser la situation, mais à montrer une réalité parfois douloureuse, tout en laissant une place à l’espoir.
Malgré cette tonalité plus sérieuse, la série n’est pas défaitiste. Elle propose une évolution crédible des personnages, qui apprennent à affronter les obstacles ensemble et à construire leur propre équilibre. Cette progression apporte une vraie profondeur émotionnelle et donne du poids aux choix qu’elles doivent faire.
GL intense, riche en émotions, qui propose une relation imparfaite mais captivante
Chaser Game W propose un GL au ton plus mature, avec une romance marquée par un passé compliqué entre deux femmes qui se retrouvent dans un contexte professionnel tendu. L’histoire suit Itsuki, employée dans une société de développement de jeux vidéo, dont la nouvelle supérieure n’est autre que son ex-petite amie Fuyu, créant une dynamique love-hate chargée d’émotions.Le drama joue beaucoup sur la tension psychologique et le passif entre les deux personnages, avec une relation marquée par des non-dits, des regrets et des blessures encore présentes. J'ai trouvé cela riche en émotions. Ce n’est pas un GL particulièrement léger : l’histoire aborde des thématiques plus adultes comme le monde du travail, la pression sociale et les compromis personnels, ce qui apporte une certaine profondeur aux personnages.
L’alchimie entre les deux actrices fonctionne bien et permet de rendre crédible la relation complexe entre amour et rancœur. On ressent une tension constante entre elles, ce qui maintient l’intérêt tout au long des épisodes. Le format ( 8 épisodes) rend le rythme assez efficace, même si certaines intrigues secondaires auraient mérité plus de développement.
La réalisation reste sobre mais efficace, avec une ambiance professionnelle qui change des cadres scolaires ou universitaires souvent utilisés dans les GL. Le contexte du studio de jeux vidéo apporte une touche originale au genre et permet d’explorer une romance queer dans un environnement adulte.
