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Une romance qui aurait pu aller plus loin
Duty First, Kiss Later est un drama japonais qui me faisait plutôt envie sur le papier. Entre son côté japonais, son ton léger et surtout cette dynamique qui semblait s’inscrire dans une forme d’enemy to lovers, il avait plusieurs éléments susceptibles de me plaire. Deux collègues qui passent leur temps à se chamailler avant de réaliser que derrière cette rivalité se cachent des sentiments, c’est une recette assez classique, mais que j’apprécie généralement lorsqu’elle est bien exploitée. Je me suis donc lancée avec l’idée de passer un moment léger et amusant, et sur ce point, le drama remplit plutôt bien son contrat. En revanche, j’attendais tout de même davantage de cette histoire et, malgré un visionnage agréable, je suis finalement restée un peu sur ma faim.
Le principal atout du drama est sans aucun doute Takoi, qui est rapidement devenu la petite mascotte de l’histoire. C’est typiquement le genre de personnage dont la personnalité suffit à faire fonctionner une bonne partie des scènes. Très sociable, extrêmement expressif, maladroit, un peu lent à comprendre ce qui se passe sous son propre nez et surtout incapable de traiter quelqu’un différemment des autres, il possède une naïveté particulièrement attachante. Ses réactions sont souvent complètement disproportionnées, ses mimiques sont parfois tellement exagérées qu’on pourrait presque croire qu’il a été livré avec un mode « animation faciale maximale », mais c’est justement ce qui le rend aussi amusant. Il y a quelque chose de très enfantin chez lui malgré son âge, et le fait qu’il s’agisse d’un homme d’une quarantaine d’années rend paradoxalement le personnage encore plus adorable. Il aurait probablement été beaucoup plus facile de le trouver agaçant si cette maladresse avait été associée à quelque chose de réellement immature ou égoïste, mais Takoi reste fondamentalement quelqu’un de gentil et d’ouvert aux autres. Il fonctionne donc particulièrement bien dans les scènes comiques, et c’est finalement lui qui donne au drama une grande partie de son charme.
Face à lui, Shiono est presque son exact opposé. Beaucoup plus taciturne, réservé et sérieux, il est amoureux de Takoi depuis longtemps et se retrouve confronté à un problème assez particulier : puisque Takoi traite absolument tout le monde de la même manière, il n’a aucun moyen de se sentir spécial à ses yeux. Sa solution est donc d’une logique absolument irréprochable : plutôt que d’être gentil avec l’homme qu’il aime, il décide de le prendre de haut, de se moquer de lui et de lui envoyer constamment des petites piques pour attirer son attention. On atteint ici un niveau de stratégie sentimentale qui relève presque de la cour de récréation, mais c’est justement ce qui rend leur dynamique amusante. Shiono pourrait difficilement être plus transparent pour le spectateur tout en étant plus incompréhensible pour Takoi. Et lorsque celui-ci finit par vouloir mettre les choses à plat et que Shiono l’embrasse par surprise, Takoi passe instantanément de « je vais comprendre ce qui se passe » à « mon cerveau vient de quitter le bâtiment ». Son niveau de panique est assez magnifique à observer, surtout parce qu’il correspond parfaitement à ce personnage qui met déjà trois jours à comprendre qu’une situation est romantique alors que tout le monde autour de lui a compris depuis longtemps.
Cette dynamique fonctionne donc très bien sur le plan comique, mais c’est aussi là que se trouve l’une de mes principales réserves concernant la romance. J’ai apprécié leur rapprochement et j’ai trouvé leur relation mignonne, légère et plutôt agréable à suivre, mais j’ai eu du mal à ressentir quelque chose de réellement profond derrière leurs sentiments. Takoi finit par accepter l’amour que lui porte Shiono et se laisse progressivement aller à cette relation, mais tout s’enchaîne assez rapidement. Le drama ne prend pas vraiment le temps de développer ce qui pourrait donner davantage de poids à leur romance, notamment la manière dont leur relation transforme leur perception l’un de l’autre ou ce qu’elle représente réellement pour eux. On passe assez vite de la chamaillerie au rapprochement, puis aux petits problèmes liés au fait que leur entourage commence à remarquer quelque chose. Cela donne une romance dynamique, mais aussi assez légère, au point que j’ai parfois eu l’impression d’assister davantage à une succession de péripéties destinées à faire avancer l’histoire qu’à une véritable construction sentimentale.
Le problème n’est donc pas que la romance soit mauvaise, mais plutôt qu’elle manque de matière. Les différents rebondissements sont relativement classiques pour une romance de ce type et, comme l’histoire avance rapidement, ils ont parfois davantage l’apparence de petits obstacles narratifs que de véritables enjeux. Le fait que Takoi ne soit pas immédiatement prêt à parler de sa relation à ses collègues est pourtant assez compréhensible, notamment lorsqu’il se retrouve entouré de personnes dont les réactions vis-à-vis d’une relation homosexuelle ne sont pas forcément très ouvertes. Après quelques jours de flirt, lui demander de faire son coming out comme s’il devait simplement annoncer qu’il avait changé de marque de café est évidemment un peu prématuré. Shiono, de son côté, voudrait plutôt que les choses soient immédiatement claires et assumées, ce qui crée un petit décalage intéressant entre les deux hommes. Mais même cette problématique aurait pu être davantage exploitée, parce qu’elle permettait justement d’aborder leur relation de manière un peu plus adulte. Au lieu de cela, elle reste relativement superficielle et se résout sans laisser une véritable empreinte sur leur histoire.
C’est finalement ce qui m’a le plus manqué dans Duty First, Kiss Later : du poids. Le drama est sympathique, mais j’ai rarement eu l’impression que leur romance avait une véritable importance au-delà du plaisir immédiat de les regarder se tourner autour. Il y a bien des sentiments, des jalousies, des incompréhensions et quelques complications, mais l’ensemble reste tellement léger que j’ai parfois eu du mal à m’investir émotionnellement. Et c’est assez paradoxal parce que les personnages, eux, sont attachants. J’ai aimé Takoi, j’ai apprécié Shiono et leur dynamique m’a fait rire, mais leur histoire ne m’a pas suffisamment marquée. J’aurais aimé que le drama ralentisse un peu pour laisser davantage de place à leur relation, plutôt que de chercher à multiplier les petits rebondissements. Avec quelques épisodes supplémentaires ou simplement davantage de temps consacré à leur évolution, cette romance aurait probablement gagné en profondeur.
Je pense d’ailleurs que cette histoire fonctionnerait probablement mieux dans un format manga que dans son adaptation dramatique. Ce type de romance très expressive, basée sur les mimiques, les chamailleries, les malentendus et les réactions disproportionnées, se prête particulièrement bien au dessin et au rythme d’une comédie romantique. En drama, il faut réussir à donner suffisamment de substance à ces éléments pour qu’ils ne reposent pas uniquement sur le charme des acteurs et l’humour des situations. Ici, j’ai parfois eu la sensation que l’adaptation restait à la surface de ce qui aurait pu être développé davantage. Cela n’empêche pas le résultat d’être agréable, mais cela explique probablement pourquoi je ressors du visionnage avec davantage le souvenir de Takoi en train de faire des têtes improbables que celui d’une romance qui m’aurait réellement marquée.
La fin participe malheureusement un peu à cette impression. Elle arrive assez brutalement et donne presque la sensation que l’histoire pourrait continuer sans que l’on sache vraiment si elle le fera. Ce n’est pas une conclusion catastrophique, loin de là, mais elle manque légèrement de sentiment d’aboutissement. Compte tenu du fait que la romance elle-même n’a pas été énormément approfondie, j’aurais apprécié que les derniers épisodes prennent davantage le temps de montrer où en sont réellement les personnages et ce que leur relation représente désormais pour eux. Une suite pourrait donc avoir du sens, ne serait-ce que pour donner à cette histoire le développement qu’elle n’a pas totalement eu le temps d’avoir.
Au final, Duty First, Kiss Later reste un drama que j’ai apprécié malgré ma déception. J’ai passé un moment agréable devant cette petite romance, principalement grâce à ses personnages et à son humour. Takoi est clairement la grande réussite de l’histoire : il est attachant, drôle, expressif au possible et suffisamment particulier pour donner une véritable personnalité au drama. Leur dynamique fonctionne, leur relation est mignonne et l’ensemble se regarde très facilement. Mais justement, ça se regarde plus que ça ne se vit. J’aurais aimé davantage de profondeur, davantage de développement et surtout une romance qui ait un peu plus de poids. Je ne regrette donc pas mon visionnage, loin de là, mais je reste avec cette impression assez simple : c’était drôle, c’était mignon, ça a fait son travail, mais ça ne casse effectivement pas trois pattes à un canard. Et compte tenu de ce que j’en attendais au départ, c’est probablement là que se trouve toute ma petite déception.
Le principal atout du drama est sans aucun doute Takoi, qui est rapidement devenu la petite mascotte de l’histoire. C’est typiquement le genre de personnage dont la personnalité suffit à faire fonctionner une bonne partie des scènes. Très sociable, extrêmement expressif, maladroit, un peu lent à comprendre ce qui se passe sous son propre nez et surtout incapable de traiter quelqu’un différemment des autres, il possède une naïveté particulièrement attachante. Ses réactions sont souvent complètement disproportionnées, ses mimiques sont parfois tellement exagérées qu’on pourrait presque croire qu’il a été livré avec un mode « animation faciale maximale », mais c’est justement ce qui le rend aussi amusant. Il y a quelque chose de très enfantin chez lui malgré son âge, et le fait qu’il s’agisse d’un homme d’une quarantaine d’années rend paradoxalement le personnage encore plus adorable. Il aurait probablement été beaucoup plus facile de le trouver agaçant si cette maladresse avait été associée à quelque chose de réellement immature ou égoïste, mais Takoi reste fondamentalement quelqu’un de gentil et d’ouvert aux autres. Il fonctionne donc particulièrement bien dans les scènes comiques, et c’est finalement lui qui donne au drama une grande partie de son charme.
Face à lui, Shiono est presque son exact opposé. Beaucoup plus taciturne, réservé et sérieux, il est amoureux de Takoi depuis longtemps et se retrouve confronté à un problème assez particulier : puisque Takoi traite absolument tout le monde de la même manière, il n’a aucun moyen de se sentir spécial à ses yeux. Sa solution est donc d’une logique absolument irréprochable : plutôt que d’être gentil avec l’homme qu’il aime, il décide de le prendre de haut, de se moquer de lui et de lui envoyer constamment des petites piques pour attirer son attention. On atteint ici un niveau de stratégie sentimentale qui relève presque de la cour de récréation, mais c’est justement ce qui rend leur dynamique amusante. Shiono pourrait difficilement être plus transparent pour le spectateur tout en étant plus incompréhensible pour Takoi. Et lorsque celui-ci finit par vouloir mettre les choses à plat et que Shiono l’embrasse par surprise, Takoi passe instantanément de « je vais comprendre ce qui se passe » à « mon cerveau vient de quitter le bâtiment ». Son niveau de panique est assez magnifique à observer, surtout parce qu’il correspond parfaitement à ce personnage qui met déjà trois jours à comprendre qu’une situation est romantique alors que tout le monde autour de lui a compris depuis longtemps.
Cette dynamique fonctionne donc très bien sur le plan comique, mais c’est aussi là que se trouve l’une de mes principales réserves concernant la romance. J’ai apprécié leur rapprochement et j’ai trouvé leur relation mignonne, légère et plutôt agréable à suivre, mais j’ai eu du mal à ressentir quelque chose de réellement profond derrière leurs sentiments. Takoi finit par accepter l’amour que lui porte Shiono et se laisse progressivement aller à cette relation, mais tout s’enchaîne assez rapidement. Le drama ne prend pas vraiment le temps de développer ce qui pourrait donner davantage de poids à leur romance, notamment la manière dont leur relation transforme leur perception l’un de l’autre ou ce qu’elle représente réellement pour eux. On passe assez vite de la chamaillerie au rapprochement, puis aux petits problèmes liés au fait que leur entourage commence à remarquer quelque chose. Cela donne une romance dynamique, mais aussi assez légère, au point que j’ai parfois eu l’impression d’assister davantage à une succession de péripéties destinées à faire avancer l’histoire qu’à une véritable construction sentimentale.
Le problème n’est donc pas que la romance soit mauvaise, mais plutôt qu’elle manque de matière. Les différents rebondissements sont relativement classiques pour une romance de ce type et, comme l’histoire avance rapidement, ils ont parfois davantage l’apparence de petits obstacles narratifs que de véritables enjeux. Le fait que Takoi ne soit pas immédiatement prêt à parler de sa relation à ses collègues est pourtant assez compréhensible, notamment lorsqu’il se retrouve entouré de personnes dont les réactions vis-à-vis d’une relation homosexuelle ne sont pas forcément très ouvertes. Après quelques jours de flirt, lui demander de faire son coming out comme s’il devait simplement annoncer qu’il avait changé de marque de café est évidemment un peu prématuré. Shiono, de son côté, voudrait plutôt que les choses soient immédiatement claires et assumées, ce qui crée un petit décalage intéressant entre les deux hommes. Mais même cette problématique aurait pu être davantage exploitée, parce qu’elle permettait justement d’aborder leur relation de manière un peu plus adulte. Au lieu de cela, elle reste relativement superficielle et se résout sans laisser une véritable empreinte sur leur histoire.
C’est finalement ce qui m’a le plus manqué dans Duty First, Kiss Later : du poids. Le drama est sympathique, mais j’ai rarement eu l’impression que leur romance avait une véritable importance au-delà du plaisir immédiat de les regarder se tourner autour. Il y a bien des sentiments, des jalousies, des incompréhensions et quelques complications, mais l’ensemble reste tellement léger que j’ai parfois eu du mal à m’investir émotionnellement. Et c’est assez paradoxal parce que les personnages, eux, sont attachants. J’ai aimé Takoi, j’ai apprécié Shiono et leur dynamique m’a fait rire, mais leur histoire ne m’a pas suffisamment marquée. J’aurais aimé que le drama ralentisse un peu pour laisser davantage de place à leur relation, plutôt que de chercher à multiplier les petits rebondissements. Avec quelques épisodes supplémentaires ou simplement davantage de temps consacré à leur évolution, cette romance aurait probablement gagné en profondeur.
Je pense d’ailleurs que cette histoire fonctionnerait probablement mieux dans un format manga que dans son adaptation dramatique. Ce type de romance très expressive, basée sur les mimiques, les chamailleries, les malentendus et les réactions disproportionnées, se prête particulièrement bien au dessin et au rythme d’une comédie romantique. En drama, il faut réussir à donner suffisamment de substance à ces éléments pour qu’ils ne reposent pas uniquement sur le charme des acteurs et l’humour des situations. Ici, j’ai parfois eu la sensation que l’adaptation restait à la surface de ce qui aurait pu être développé davantage. Cela n’empêche pas le résultat d’être agréable, mais cela explique probablement pourquoi je ressors du visionnage avec davantage le souvenir de Takoi en train de faire des têtes improbables que celui d’une romance qui m’aurait réellement marquée.
La fin participe malheureusement un peu à cette impression. Elle arrive assez brutalement et donne presque la sensation que l’histoire pourrait continuer sans que l’on sache vraiment si elle le fera. Ce n’est pas une conclusion catastrophique, loin de là, mais elle manque légèrement de sentiment d’aboutissement. Compte tenu du fait que la romance elle-même n’a pas été énormément approfondie, j’aurais apprécié que les derniers épisodes prennent davantage le temps de montrer où en sont réellement les personnages et ce que leur relation représente désormais pour eux. Une suite pourrait donc avoir du sens, ne serait-ce que pour donner à cette histoire le développement qu’elle n’a pas totalement eu le temps d’avoir.
Au final, Duty First, Kiss Later reste un drama que j’ai apprécié malgré ma déception. J’ai passé un moment agréable devant cette petite romance, principalement grâce à ses personnages et à son humour. Takoi est clairement la grande réussite de l’histoire : il est attachant, drôle, expressif au possible et suffisamment particulier pour donner une véritable personnalité au drama. Leur dynamique fonctionne, leur relation est mignonne et l’ensemble se regarde très facilement. Mais justement, ça se regarde plus que ça ne se vit. J’aurais aimé davantage de profondeur, davantage de développement et surtout une romance qui ait un peu plus de poids. Je ne regrette donc pas mon visionnage, loin de là, mais je reste avec cette impression assez simple : c’était drôle, c’était mignon, ça a fait son travail, mais ça ne casse effectivement pas trois pattes à un canard. Et compte tenu de ce que j’en attendais au départ, c’est probablement là que se trouve toute ma petite déception.
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