Un petit coin de parapluie
Dire que l'on retrouve Nagano Mei et Yamada Yuki en premiers rôles devrait suffire à donner envie de regarder ce nouveau sponsor des mouchoirs Kleenex. Mais les productions auxquelles chacun participe (un peu moins pour Mei chan) sont parfois inégales. Au même titre que l'excellent acteur-réalisateur Saito Takumi que l'on retrouve aussi ici et qui nous fait parfois comprendre dans son jeu que le travail est purement alimentaire. Et on ne compte même pas les publicités ridicules dans lesquelles ces trois là participe chacun. Mais trêve de faux suspense. Avec le réalisateur de Liar Game et Mystery to iu na kare à la barre, vous vivrez assez de moments de stress et d'émotion dans ce chef d'œuvre romantico-fantastique. Oui, "chef d'œuvre"! Et pourtant j'ai inondé de mes larmes bien des des mouchoirs depuis que je regarde des damas. Mais là, c'est un camion entier qu'il va vous falloir.Comme souvent, ce serait dommage de dévoiler l'intrigue, d'autant plus que le thème est excellemment amené, en toutes dernières minutes dans le long premier épisode. Pendant la première heure, on nage de manière assez classique en plein childhood romance, à grand coup de regret et d'échec dans sa jeune vie d'adulte. Ce qui pourrait du coup faire fuir les amateurs de mystère... Mais le basculement dans le fantastique n'en est que plus intense.
Le merveilleux (mots mal choisi, vu la suite) fait son entrée par la petite porte, mais le thème n'a pas encore été beaucoup exploité et promet des rebondissements fort dès la fin du premier épisode. Les thèmes de société annexes rajoutent clairement du sens, et ancrent dans la réalité un conte qui est à la fois un cauchemar et une romance infinie. La difficulté de communiquer, la violence intrafamiliale, le handicape ou les aspirations de la jeunesse dans une société ultra codifiée, dominée par les plus de 40 ans. Le Pawa Hara, à outrance, le renoncement à ses rêves et a ses aspirations, la perte de l'autonomie parlent à toutes les générations et donnent un pouvoir nostalgique fort à ce drama. Le choix de baser l'histoire à Nagasaki, ville cosmopolite, remplie de vielles demeures à l'occidental et meurtrie, s'il en est au Japon, renforce l'affolement des sentiments qui se mélangent entre le confort du passé et les peurs du changement.
La musique empreinte d'émotion est parfaitement à la hauteur de celle procurée par l'histoire, la mise en scène et bien sur les acteurs. Spécialiste des grands moments d'émotions adolescentes, comme pour le film Kimi no suizou wo tabetai, l'excellent compositeur Matsutani Suguru rajoute encore de la beauté à ce drama. Mais c'est bien du côté du couple Nagano Mei et Yamada Yuki que l'émotion est la plus palpable. Alors que la première n'a plus rien a prouvé dans les émotions, Yamada Yuki par ses grimaces gênées, sa capacité à retranscrire la timidité et bien sur son regard sans nul pareil produit les mêmes frissons que la situation que vie Mei-chan. On est dans de l'orfèvrerie pour une comédie romantique. à-t-elle point que chaque épisode va vous procurer une humidification olfactive comme vous en avez jamais eu. Le thème est horrible, voir too much, mais rejoint tellement une réalité pour certaines familles, que l'on y croit et le pouvoir émotionnel n'en est que plus grand. On est accompagné, de plus, par un Saito Takumi à la dégaine aussi effrayante que bien joué. Du coup Shirasu Jin qui ne manque pourtant pas de charisme ne semble servir à rien dans ce drama. Et pourtant il est excellent. Si vous ne devez voir qu'un seul drama japonais cette année c'est Kimi ga kokoro wo kureta kara. Mais comme si tous ces excellents points positifs ne suffisaient pas, il reste un dernier cadeau offert au font du paquet de mouchoir.
Alors qu'elle a beaucoup tourné pour le cinéma en 2023, Nagano Mei n'est pas le seul retour apprécié au TV drama romantique. La trop attendue (en live), Utada Hikaru propose un inédit pour la sortie de son premier best off et sa tournée que l'on espère mondiale à l'heure où j'écris ces lignes. Une écriture qui sublime encore les propos de la série et une promesse qu'espérons-le ne mettra pas 10 ans à se réaliser.
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Un jour, je marierai un ange
Kore-Eda fait un peu partie de la famille. C'est l'oncle qui nous rend visite chaque année, pour le festival de Cannes, le temps de recevoir son prix, faire visiter un bout de "La France" à ces acteurs émerveiller et puis s'en va. Comme tout oncle en visite éclaire, il nous rabâche toujours la même vielle histoire. La famille, éclatée, décomposée, recomposée, monoparentale… Celle qui est au banc d'une société japonaise fantasmée par les occidentaux. Mais il faut l'avouer, personne ne sait aussi bien le faire que lui. Ce cercle familial, micro société remplie de la même violence que la grande. Miroir du monde ou la tolérance n'est que de façade. Le microcosme familial comme les communautés se referment sur elles-mêmes, regarde leur nombril et rentre toujours en résonance avec cette société insulaire et repliée sur le passé et sur eux-mêmes.Vous ne serez pas surpris par l'histoire de Kaibutsu, mais par sa construction qui mérite amplement le prix du scénario, Cannes n'ayant pas de prix de la mise en scène. La construction est faite au couteau et vous tiendra en haleine les 2h du film. En adoptant le point de vue des trois personnages principaux à la suite, mais surtout en respectant la chronologie des évènements qui permet de reconstruire toute l'histoire. On mène l'enquête de manière chirurgicale, et tout se dévoile dans les dernières minutes. Kore-eda dénonce une fois de plus les travers de son pays, la difficile place des minorités et de la différence au sein d'une société ultra-conformiste. Mais clairement, l'occident de 2023 ne peut blâmer un Japon déjà très occidentalisé. Le monde régresse partout. Les minorités, les femmes, la différence sont attaqués de manières insidieuses et le mot tolérance a disparu des discours politiques. Le réalisateur a encore du travail. Kaibutsu-Monster-L'innocense ne sera pas son dernier film, qui mettra en lumière les mères célibataires, les travailleurs de l'humain ou la misère de son pays, mais la mise en scène et l'interprétation sont ici magnifiées. La Palme d'or ou celle du meilleur acteur ou actrice aurait pu être décerné à ce film. Et si la musique en avait une, le regretté Sakamoto Ryuichi en aurait bénéficié. Celle-ci accompagne discrètement, mais magistralement, les émotions distillées par Endo Sakura, Nagayama Eita et les deux jeunes prodiges que sont Kurokawa Souya et Hiiragi Hinata. En mère de famille combative, Endo Sakura sublime son jeu, alors qu'une empathie particulière accompagne ce professeur désenchanté interprèté par l'excellent Nagayama. Mais personne n'est parfait. La mise en scène permet de montrer les ravage de la rumeur, la facilité d'acceptation de celle-ci par des personnages pourtant présentés comme parfaits. La part sombre de chacun est dévoilé, nous remettant tous en question.
Et pourtant, les décors sont bucoliques ou urbains, mais empreints de nostalgie, voir faisant référence au paradis perdu, ce qui permet de parler encore plus à notre petit cœur innocent d'enfant. Les effets notamment de météo sont impressionnants de réalisme pour un film d'auteur. Mais clairement, c'est grâce au jeu de ses acteurs qu'on plonge dans un réalisme dérangeant, mais fascinant. Il montre toute la pourriture d'un système gangrené par le "pas de vague", "on n'y peut rien" et la culture de l'excuse… dommage que les personnages de la trop discrète Takahata Mitsuki ou du "fumier" Nakamura Shido ne sont pas aussi exploités que l'excellente directrice Tanaka Yuuko. Elle incarne tellement cette culture de l'institution avant l'humain que le Japon met en avant et que Endo Sakura tente de combattre. C'est certainement ce que les occidentaux retiendront le plus de ce film et c'est dommage, car la violence du silence, de l'intolérance, du mépris ou de l'indifférence n'est pas culturelle. Elle est mondiale. C'est le combat des castes, et ce film, empreint de philosophie sur l'innocence de l'enfance, la vie, la mort, vous arrachera probablement le cœur avec sa fin ouverte. Moi, il me fait croire dans la réincarnation. Et si celle-ci existe, dans tous les cas, c'est en Kore-Eda que je veux revenir sur terre, car ma vie rêvée, c'est celle de diriger tous ces fabuleux acteurs, pour faire des films aussi universels et humains.
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3 Nen D Gumi
Le postulat de départ est classique et ne s'embête même pas d'une pirouette scénariste. Au moment de perdre la vie, notre héroïne revient dans le temps pour tenter de changer les choses. Si on rajoute à cela la sempiternelle dernière année du lycée, vécue du point de vue de l'enseignante, on s'apprête rapidement à passer son chemin. Il faut dire que GTO et autres professeurs dévoués à ses élèves sont légion dans les dramas japonais, si bien que... s'ils pouvaient nous en envoyer quelques-uns en France pour cette rentrée ça nous dépannerait. Alors qu'avons nous à apprendre de nouveau de la part Matsuka Mey qui ironiquement a maintenant l'âge de son personnage "vieux" dans 35 Sai no Kokosei.Jusque dans le titre, aucune surprise ne vous sera cachée. notre héroïne est une professeure exceptionnelle et elle sera assassinée dans un an, par un de ses élèves. Alors il va faloir blinder le casting ou la réalisation pour nous séduire. La réalisation est somme toute assez classique, sobre, mais efficace. Du coté du cast, on est plutôt surpris par la justesse de tous les acteurs. Dans ce genre de drama la production essaie toujours de caser les deniers Johnny's à la mode. Sans trop d'expérience d'acting, le reste du cast fait souvent un effort pour ce mettre au même niveau (bas) dans le jeu. Ici quelque soit l'âge, chacun est dans l'émotion et ce montre mature dans sa prestation.
Cette maturité jouera parfois en la défaveur de l'immersion Un trop grand sérieux ou une trop grande assurance de ces lycéens feront perdre un peu la magie de notre retour dans nos années lycées. On a du mal a s'identifier, tant les situations sont tendues, à chaque jour qui passe et souvent pour tous les élèves de cette classe. Mais l'émotion est là, à chaque épisode. Matsuka Mey prend son rôle de professeure principale très au sérieux. Bien sûr on peut trouver cette ferveur et se renoncement sûrjoués, mais son regard, sa posture, son ton et ses discours font mouche a chaque fois. On souffre avec elle, on souffre avec ses élèves.
En suivant ses objectifs de sauver tous les élèves de sa classe en se sauvant elle même, la série peut légèrement paraître tourner en rond. Chaque épisode se ressemblant dans sa construction. Mais chaque jeune acteur, héros de son propre épisode donne a chaque fois une prestation qui fait oublié celle de l'épisode precedant. On se redit "mon dieu, qu'ils sont bons" et on se régale. Mention spéciale pour Utaha, la chanteur de Wednesday Capanella. Elle transcende son propre personnage qui on le suppose raconte sa propre expérience adolescente. Dans cet épisode, elle donne une prestation scénique à tirer des larmes , qui justifie entièrement sa présence. Et nous qui pensions avoir été plus qu'ému lors des épisodes précédents.
Pour terminer, un mot sur les seconds rôles, comme le toujours charmant Matsushita Kouhei, qui accompagnent notre professeur, mais restent bien transparents face à nos jeunes lycéens à fleur de peau. Un drama à prendre donc, au départ, au second degré pour accepter le manque de finesse du scénario, mais qui vous fera vite vibrer, tant il joue sur les émotions et les peurs adolescentes. Sans le dépasser, il nous rappelle par tellement d'aspects le chef d'œuvre 3 Nen A Gumi et pas seulement pour l'ending de Suda Masaki. Souhaitons, a cette nouvelle promotion, les mêmes carrières d'acteurs que les lycéens de la classe du professeur Hiiragi.
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Je suis de retour du futur
En retard dans mes reviews, je m'attelle enfin à l'ovni SF de ce printemps. Vous l'attendiez sur le quai de la gare, ce Pending train de 8:23, avec son casting de rêve.Yamada Yuki, Akaso Eiji et Kamishiraishi Moka (Adieux), dans un triangle amoureux au cœur d'un triangle des Bermudes ferroviaire. Recruté respectivement pour leur côté bad boy, gendre idéal ou amoureuse gaffeuse, vous serez servi de ce côté-là, un peu trop, jusqu'à vouloir rapidement retourner chez vous, tant vous n'en pourrez plus.Sur le papier évidemment, tout porte à croire un à must de la SF. Les voyages dans le temps en train nous manque tellement depuis Back to the future 3. Mais, il ne faut pas être Einstein pour comprendre que nous sommes loin de ce chef-d'œuvre du cinéma. Si Docteur Stone est clairement un hommage réussit au docteur Brown, il manque ici une figure délirante qui donne envie de vivre dans cette époque atteinte par un train un peu trop en retard. Elle aurait pu être incarnée par Moka Chan qui sait jouer à la perfection les filles haut-perchées. Elle serait d'ailleurs excellente dans la version nippone de HPI. Mais elle est, ici, cantonnée à un rôle de faire valoir des deux beaux gosses de service. "Ouah, ils ont trouvé de l'eau. Ouah, il a mis une bâche sur le toit pour récupérer… de l'eau. Ouah, il a vu dans la foret des bouteilles… d'eau. " Présente, pour les rassurer, les encourager, son rôle ressemble à celui de la parfaite caricature des mamans japonaise. « Gambatte ne!, et tu soulèveras des montagnes ». Un vrai complexe d'œdipe non résolu pour les producteurs.
Les épisodes se suivent et se ressemblent, en dévoilant la personnalité et l'histoire de chaque perso, rongés par les remords ou traversés par une trouille plus profonde que la foret dans laquelle ils se retrouvent. Il faut dire qu'elle ne fait que 500 m. Mais, on fera fi des incohérences, pour se consacrer sur le cœur du drama, les flashbacks. Du classique, donc, dans les remises en questions de nos héros, surtout que les choses inavouables qu'ils mettent trois épisodes à cracher, sont tellement mal amenées qu'aucune surprise vous transpercera le cul.
Alors que les décors sont sympas de verdure, avec cette forêt primaire et cette steppe aride, la mise en scène est catastrophique. Les mouvements de caméra donnent ce petit côté aventure qui va bien, mais les plans fixes façon soap sont trop nombreux et souvent inutiles. Ils cassent le rythme qui devrait être épique (cf. Dr Stone). C'est plat, et peu sujet aux tensions, alors que l'on devrait être dans un huis clos pastoral permanent. Heureusement, après le 4ᵉ épisode, la série reprend de l'intérêt et décolle vraiment à ce moment-là. Plus de personnalités renouvelle l'intérêt, car les premières ont du mal à évoluer. Un comble pour une transposition dans un tel quotidien.
La musique, par contre, ne vous transportera pas à l'autre bout de la planète. D'une maladresse absolue, en voulant mélanger de l'épique et de la musica de Soap. Les catchs eyes font peur et cassent un rythme qui pourrait être tendu. Avec de la grandiloquence qui donne une impression d'aventure en carton. Et, pourtant, après 10 épisodes, on s'y est habitué, à tel point que l'on verse sa larme avec Moka Chan au moment de se dire Adieux. Et, il faut dire, une fois de plus que les Japonais sont les maîtres de l'ending. Official Hige Dandism nous ravi, comme d'habitude, avec un hit qui commence en plus par "Daijoubu" dans ses paroles. Pour cette situation de crise permanente, quel professionnalisme ! Ce hit et les excellents acteurs que l'on compte par dizaine, permettant ainsi de faire jouer aussi bien de jeunes pousses que de plus célèbres, sauvent la série du naufrage. Je vous laisse avoir la surprise de les découvrir, car c'est vraiment un des seuls points positifs de la série. Mais, c'est déjà beaucoup plus que le Cold Game survivaliste de 2021. Du coup, je relativise et me dis que le scénario et la mise en scène tiennent du génie, ici.
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Follow me, mais pas de trop près
Les dramas faisant références aux réseaux sociaux sont légion. Ceux les dénonçant, ne sont pas moins nombreux. Comme si le monde de l'édition cherchait à prendre continuellement une revanche sur ce média échappant à toutes règles et régulation. Un média de jeunes ayant ses propres codes, qui sont expliqués, ici, à la génération des parents d'ados et dénoncé, c'est vrai, sur un petit air moralisateur.C'est dans une ambiance très anxiogène que ce mystery drama, qui ne paye pas de mine avec ses 3 épisodes de 25 min, fait la liste de tout ce qui ne va pas dans le monde des influenceurs. En plein débat sur la rémunération et l'honnêteté de ceux-ci, ce brulot rajoute de l'huile sur le feu, en normalisant (ou pas) les pratiques qu'il est censé dénoncer. À mon grand âge et mon vécu, je ne peux être que scandalisé par les pratiques de mensonge, de corruption et de pression des influenceurs. Mais je ne suis pas convaincu que ce drama va vraiment ouvrir l'esprit de ceux qui sont tombés dans la spirale des followers et de la rémunération facile. Par contre, j'en doutais encore jusque-là, mais maintenant, j'en suis réellement convaincu : Influenceur est un véritable métier. Et clairement, ce n'est pas le plus simple.
Sekimizu Nagisa, troublante par sa ressemblance physique, mais aussi au niveau du jeu, avec Hirose Suzu, ne me contredira pas. L'histoire commence, sans fioritures, à son réveil à l'hôpital. Entourée de ses amis et sa famille et soufrant d'une amnésie profonde, ne sachant même plus qui elle est. D'un classicisme absolu au niveau du scénario de base, elle cherche à savoir qui sont ces gents qui l'entourent et surtout quel genre de personne, elle était. Dès les premières secondes, elle plonge dans les réseaux sociaux et par le montage et le rythme nous associe à ses recherches. On se prend donc rapidement au jeu. Mais vous vous en doutez, ce n'est pas là, qu'elle va trouver sa véritable personnalité. Au royaume des sourires forcés et des publications rémunérées, tout est fake et exagéré.
La production est dans les standards du moment. Avec des découpages rythmés à l'image et des tentatives d'enlaidir l'héroïne dans la vraie vie, alors qu'elle apparait resplendissante comme tous ses camarades de jeu sur Insta et consort. L'image léchée des premières minutes, dans cette clinique aseptisée, suit la déchéance des protagonistes en devenant de plus en plus réaliste et poisseuse. Le maquillage disparait sur les personnages au fur et à mesure des révélations. La musique fait saigner les oreilles, par ce violon omniprésent, rajoutant encore et encore du malaise.
Étant très court, on ne peut pas en dévoiler beaucoup plus. Ce drama aurait mérité soient une adaptation au long cours, tenant en halène sur plusieurs mois et permettant ainsi, de parler de tous les problèmes liés aux influenceurs ailleurs que dans les faits divers. Mais je pense surtout qu'il aurait mérité un film cinéma, bien ficelé, avec des acteurs renommés. Mais le bling bling et le marketing auraient encore pris le pas sur le fond. Car finalement, avec des stars encore en devenir, un format coup de poing, une ambiance malsaine à souhait, ce drama est à l'image de ce que consomment nos ados toute la journée. Il peut donc atteindre sa cible, à condition qu'on les y emmène et j'espère leur avoir tenu la main avec cette critique digne de TikTok.
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La faim justifie les moignons .... (désolé)
C'est donc reparti pour un énième horror-drama relatant l'histoire d'une famille s'installant dans un village paumé de montagne rempli de zombis psychopathes adeptes de rites ancestraux. Et cela, seulement quelques semaines après Uzukawamura Jiken. Ce dernier, m'a laissé, un peu, dans l'état de viande froide (voir ma review). Et pourtant, cette "série originale", qui ne semble être que du réchauffé constitué de tous les restes du frigo, est annoncée comme un méga production Disney+. J'ai de ce fait hésité longtemps avant de gouter à ce menu. Et même une fois fini le hors-d'œuvre du premier épisode, j'avais encore cet arrière-gout de viande avariée dans la bouche, qui ne me poussait pas à passer à la suite du festin. Heureusement, une fois de plus, j'ai rassemblé mon courage de 'Policier du Drama' et je ne me suis pas arrêté aux apparences. Poussant l'investigation jusqu'à la fin de la série et dès l'entrée constituée par le deuxième épisode, j'ai apprécié ce menu, jusqu'à ne plus pouvoir m'arrêter de bouffer.Il faut dire que le titre, grotesque, les acteurs, encore en quête de notoriété (où ayant abandonné tout espoir de celle-ci) et les teasers, racontant toute l'histoire, copier-coller de Uzukawamura Jiken, sont, on ne peut plus repoussant. Mais les présences du déjanté Yagira Yuuya et de l'éternel antihéros Kasamatsu Sho ont éveillé mon appétit pour cette série. Sans parler de ce petit détail, qui n'en est pas un, du scénariste à la manœuvre ici. Oe Takamasa, n'est rien d'autre que le scénariste de Drive my Car, qui même si Murakami est à l'origine de l'œuvre, lui a permis de faire ses preuves dans les histoires de personnages troubles.
La production léchée, la mise en scène alambiquée, mais surtout le rythme infernal des évènements qui accompagne cette violence folle se dégageant de ce drama, entre tellement en résonance avec le passé torturé de cette petite famille modèle s'installant à la campagne. Les révélations se font avec beaucoup plus de finesse que les scènes d'actions à l'américaine. Les faux semblants sont légion, faisant perdre les repères jusqu'à accepter une violence omniprésente. D'abord insoutenable et d'un cru à la limite de l'écœurement. Les effets spéciaux et la mise en scène amplifiant encore ce ressenti, elle s'accepte au fur et à mesure que les pièces du puzzle s'assemblent et on se surprend à ne plus ressentir de dégout. Et c'est là qu'il faut vraiment avoir peur. Tout comme dans le 'Orange Mécanique' de Stanley Kubrick, le spectateur devient complice de cette violence par la fascination qu'elle exerce, captant ainsi notre attention. Le héros lui-même semble prisonnier de la folie, plongé entre rêve et cauchemar. Ne sachant plus si les évènements passés ou présents sont bien réels, et bientôt c'est le bien et le mal qu'il n'arrive plus à distinguer.
En réalité, ce drama combine des ingrédients qui ont fait le succès de nombreuses grosses productions américaines tout en gardant l'identité japonaise. Glauque et violent, on se sent quand même plus dérangé qu'en admiration. Même si les FX, tout comme l'invincibilité du héros, sont parfois too much, ils ne gâchent pas l'histoire. Les mouvements de caméras surprennent de temps en temps ou donnent la nausée, notamment dans les premiers épisodes. Mais je m'ose à croire que c'est voulu. Ce tournis nous fait partager les sensations des protagonistes. L'impression de sombrer dans la folie, au fil des épisodes, s'accompagne de malaises sensoriels.
Si les personnages dans Uzukawamura Jiken vous semblaient trop serins pour l'horreur des événements, dans Gannibal, les réactions vont paraître trop exagérées. La retenue va vous manquer dès la scène d'introduction.
Déjà que la famille au centre de l'histoire se surprotège à grand coup de fusil, l'ensemble de l'omerta qui monte jusqu'à très haut pour de simple, disons-le paysans, sonne légèrement faux. Tout comme cette étrange créature mi-Gandalf mi-Sulli trop grande et affamée de chaire humaine pour passer inaperçu, mais que personne ne voit. On se demande ce qu'elle mange en dehors du sacrifice annuel. Des pâtes de fruit peut-être ?
Alors, on pourra regretter des situations trop convenues et des retournements que l'on voit arriver à 100 lieus. Une musique tribale, efficace, mais qui semble être la même que dans tout ce genre d'histoires. Mais le plaisir que procure la performance de Yagira Yuuya n'est pas très loin de celui ressenti dans l'inoubliable Aoi Honoo. Cette série ne pourrait avoir de grotesque que le titre. Mais il reste aussi les rituels chorégraphiés et les clichés sur la déficience physique ou mental dus à la consanguinité, nous rappelant que c'est quand même Disney qui produit et qui fait trop souvent passer le spectaculaire avant la retenue. Elle interroge sur la violence, la vengeance, la fidélité à un clan et à des traditions aussi horribles soient elles. Comme si tout pouvait se justifier, par les liens du sang et de la terre. Vous ne sortirez pas indemne de ces 7 épisodes qui par ce nombre et des durées complètement anarchiques de l'un à l'autre ajouteront encore de la folie à une série qui n'en demandait pas tant. Rien n'est fait pour vous sentir dans une zone de confort en regardant cette série. Et même si le dernier épisode vous achèvera dans votre souffrance visuelle et de stress, il risque aussi de vous laisser un peu sur votre faim. Un comble.
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The Asaddams family
La famille, concept de plus en plus flou dans nos sociétés modernes, mais qui semble avoir tellement repris d'importance après 2 ans de restrictions de vie sociale. Fonder une famille, dernière aventure moderne, et pour ceux justement, qui préfèrent partir à l'aventure, garder des liens et prendre soin des siens est un véritable dilemme surtout quand on a été choyé par celle-ci, que c'est elle qui nous a forgé, soutenu, nourri jusqu'à la fin de nos études. C'est celui de Ninomiya Kazunari, connu pour être un des 5 membres du boys band Arashii, mais qui, à 38 ans est avant tout un acteur apprécié et reconnu au Japon. Sa gueule d'ange lui permet d'être l'antihéros de cette biographie, commençant à l'adolescence jusqu'aux funérailles de son père. Ce sont précisément les premières secondes du film qui introduise cette introspection, faite avec son grand frère. Cela nous permet de s'imprégner de l'ambiance de cette famille Asada, décrite comme atypique, mais qui finalement ressemble à la majorité des familles de la planète.Cette œuvre est avant tout un hymne à ce noyau sociétal qu'est la famille, à l'amour porté par les siens sur les autres. Parents sur enfants, copine d'enfance sur copain, grand frère sur petit frère, et cela, même s'il dit le contraire. La place du petit dernier dans une famille semble toujours être particulière et avoir trois modèles à la maison semble être compliqué, pour se forger une personnalité. Entre la mère ayant réalisé son rêve d'être infirmière en chef, le père homme au foyer et le grand frère donneur de leçons, Ninomiya Kazunari se cherche, donc, dans une grande partie du film. Mais clairement l'hommage aux parents est aussi omniprésent et le réalisateur Nakano Ryota, qu'il faudra suivre à l'avenir, touche à chaque fois notre cœur.
En choisissant comme thème la photographie et en nous projetant dans la réalité de ses 20 dernières années, cette œuvre accentue encore la nostalgie et les souvenirs, même pour des occidentaux. Elle rappelle à quelle point l'image est important e dans la culture japonaise. Les kanjis, les mangas, la contemplation de la nature ou la photographie donc, font partie de l'âme de cette nation qui aime à se remémorer les émotions par l'image. Nakano Ryota aime l'image, pour un réalisateur cela va de soi. Mais il arrive à nous transmettre cet amour de la photographie dans ce film touchant drôle et qui prend une autre dimension à la mi-parcours. Après nous avoir fait rire durant une bonne partie du film (pas aux éclats non plus, car le héros reste irritant par sa nonchalance), il nous transporte dans un tout autre univers d'émotions et les acteurs introduit à ce moment-là, comme les situations en sont pour beaucoup. Une agréable surprise de voir, Masaki suda, toujours dans la retenue ou Watanabe Makiko dans l'énergie communicative. Ses nouveaux compagnons de jeux vont le transformer et transformer le film. Comme si Ninomiya Kazunari devenait enfin adulte et trouvait un sens à sa vie.
Les acteurs sont tous très bons et quelle joie de revoir Tsumabuki Satoshi, le vétérinaire parfait de Kiken na Venus en grand frère un peu jaloux. L'académie de cinéma japonaise ne s'est pas trompée puisqu'elle a récompensé une nouvelle fois Kuroki Haru, qui pourtant a un rôle très secondaire. Étrange, j'aurais plutôt vu un des deux frères ou même les parents avoir ce genre de récompenses. Mais l'actrice de "Dans un jardin que l'on dirait éternel" joue tellement bien les amoureuses transies, mais patientes, qu'on adhère.
Les valeurs transmises par une famille aimante n'ont pas de prix et c'est dans cette micro société qu'on fait germer les graines qui donneront les champs qui nourriront le monde d'amour. C'est ce que ce film retranscrit à merveille par ses deux parties parfaitement liées. Si tu prends soin de ta famille, tu soignes le monde.
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Nature mortifère
Takahata Mitsuki a le pouvoir d'éveiller ma curiosité par sa simple présence dans un drama. Rôles choisis avec soin, elle sait mettre à chaque fois une touche de folie et une grande part d'émotion dans ceux-ci, nous mettant autant le sourire aux lèvres que la larme à l'œil. Trop longtemps cantonnée aux jeunes candides aussi bien étudiante surprotégée, inexpérimentée dans la police, la médecine de campagne ou l'architecture, sa maladresse et sa fragilité l'ont rendu éminemment sympathique pour ceux qui ont un cœur et énervante pour tous les autres. Mais à maintenant 30 ans, des rôles de femmes déterminées, dans une vie active et un peu moins rose bonbon, manquaient à sa palette de couleurs. Et même, si l'ombre des couleurs de l'arc-en-ciel glisse sur ce drama portant sur l'art pictural et sa passion pour celle-ci, c'est bien des tons sombres voir noirs qui vont déborder de la toile que représente ce thriller plein de promesses.
Promesses, déjà, par la présence de vieux briscards comme les excellents Makita Sports, Moriguchi Yoko et surtout Matsushige Yutaka qui va montrer son côté le plus sombre malgré un sourire de façade. Un roman noir va se peindre devant vous avec une mise en scène digne des meilleurs primes de WOWOW pour ne pas dire film de cinéma. Même si la construction donne au début un air un peu fouillis, voir impressionniste vu d'un peu trop près, avec un patchwork de scènes entre Kyoto et Tokyo, passé et présent, les pièces s'assemblent au fur et à mesure du premier épisode, prenne du sens comme lorsque l'on s'éloigne de la peinture pour en apprécier l'ensemble pour finalement tisser des relations, on ne peut plus claires entre les personnages. Des relations toxiques, dans une famille dont les acteurs principaux se sont mariés, peut être pas pour les bonnes raisons. Ce plaçant dans le milieu très huppé des galeries ou des musées d'arts de Ginza, le thème est peu exploité, mais peut être vite écœurant vu les millions brassés et l'argent roi qui débordent de chaque scène à Tokyo.
Heureusement les œuvres sont bucoliques, les paysages de Kyoto, en particulier, ses riches maisons traditionnelles où l'intérieur est sublimé par une direction artistique qui touche au chef-d'œuvre pictural, raisonnent avec cette nature et cette simplicité. Mais le contraste en est que plus fort avec les personnalités noires des protagonistes et ce cadrage assumé d'un Tokyo froid et déshumanisé.
Tout le contraire de Sumire, actrice trop peu présente à la TV, rayonnante et mystérieuse par son côté enfantin qu'elle dégage et qui est l'autre bonne surprise de cette série en 5 épisodes. J'attendais, le retour de celle-ci, dans un rôle fort comme dans Aku no Hadou, je ne suis pas déçu. Troublante par son jeu et surtout son physique. Son regard est une plongée dans l'innocence et la pureté que dépeint ses tableaux. Ce halo de lumière dans ces pièces sombres aux couleurs sépias, font magnifiquement écho à ses œuvres dépeignant une nature originelle accrochées à des murs froids grisâtre.
Une esthétique renforcée à chaque épisode dans l'habitat, dans les jardins et dans les activités traditionnelles comme la calligraphie qui se retrouve magnifiquement mise en avant dès l'épisode 2. Ne parlons pas des costumes ou du langage honorifique présent dans chaque ligne de dialogue. Les mots accompagnent comme une douce musique les images, souvent en plans fixes rappelant la contemplation attentive d'œuvres picturales.
C'est en général, une attention particulière a été apporté aux sons. Si la musique est classique dans sa simplicité et dans son côté glaçant, les sons environnementaux ont vraiment une grande importance et apportent une deuxième couche à une ambiance déjà particulièrement étouffante.
Étouffant, onirique et surréaliste à la fois, c'est vraiment la force de ce drama d'exception au-delà de tout jugement esthétique ou scénaristique. Un coup de maitre qui doit influencer une génération de disciples dans le milieu très fermé des amateurs de séries TV.
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Les méfaits de la 'Discipline Positive'
Le film Damien a profondément marqué l'imaginaire collectif. Régulièrement, des enfants maléfiques réapparaissent dans les productions nippones. C'est si prégnant dans la culture urbaine que la baisse de la natalité pourrait être expliquée par toutes ses histoires effrayantes de charmants bambins habités par le mal. En général, les histoires sont bien plus fines qu'une simple guerre du bien contre le mal, mais parfois et c'est le cas de l'adaptation en Drama du manga Life 2: Giver/Taker, le manichéisme se suffit à lui-même.Dans la lignée du format 5 épisodes, 50 min, un drame urbain et ambiance noir, Giver or Taker est un thriller qui n'a rien d'original pour WOWOW Prime, si ce n'est ce changement radical de voie professionnel de notre héroïne. Instit dans les premières minutes, elle devient enquêtrice dans la police judiciaire pour le reste de la série. Elle sera marquée profondément par l'assassinat de sa fille de 6 ans, par l'un de ses camarades à la gueule d'ange. En détention durant 10 ans, l'histoire commence à sa libération. Si Nakatani Miki a su garder la peau-lice depuis Ring, c'est Kikuchi Fuma qui est censé resplendir de jeunesse. Le leader de SexyZone n'aura de toute façon aucun problème pour faire succomber la fan, mais peinera à convaincre par un surjeu mi-ange mi-démon. Certes, il n'y peut pas grand-chose. Ce n'est pas lui qui choisi les angles de caméra. Mais ce rictus de plaisir caché par ses cheveux devient tout aussi vite énervant que flippant. En même temps, je sors à peine de Daibyouin Senkyou où son côté démoniaque nous forçait à rire, malgré lui. Là, malheureusement, le plaisir malsain qu'il est censé transmettre, fait faux, tant il est mis en valeur à l'image. On préfèrera Furukawa Yuki (Suishou no Kodou) en Serial Killer torturé et plaisant pour ses dames. Il s'en sort quand même pas si mal avec ses airs enfantins, contant de revoir son sensei de Nakatani Miki.
Portant le deuil sur son visage comme sur ses habits, durant toute la série, elle ne fait pas dans le pathos. Même si elle a la larme facile vu les circonstances, elle se reprend avant même d'avoir pris le temps de saisir un Kleenex. Vêtu de blanc pour l'un avec sa gueule d'ange et de noir pour l'autre, l'antagonisme bien-mal est exacerbé. Mais il se heurte au wokisme ambiant. La société bien pensante et même, nous croyons à la rédemption et la réinsertion de ce jeune qui ne savait pas ce qu'il faisait. Nakatani Miki, elle, est persuadée des conséquences dramatiques de la libération de Kikuchi Fuma et pas seulement pour le monde de la musique. L'entêtement de ses supérieurs à ne pas l'écouter va vous énerver, tout en permettant de rallonger ce qui n'est qu'une simple histoire de vengeance(s). Mais pour qui ? Le manque de révélations va vous décevoir jusque dans le dernier épisode. Car, vous comme moi, êtes bien trop habitués à ce genre d'histoire et les Switch à répétition. Si bien que vous scrutez le moindre tique facial des seconds rôles, afin de trouver le retournement de situation qui va tout faire basculer.
Si l'attente peut être longue, reste tout de même une belle découverte des voies professionnelles. Je ne parle pas du métier de Jonny's, mais d'inspecteur, d'instituteur ou même de boulanger. Un espoir pour tous ceux qui cherchent leur voie et ont peur de se tromper. À tout âge et toutes circonstances, on peut repartir de 0 dans le métier qui nous plait. Au Japon tout du moins. Je propose le teaser de la série comme pub pour 'France Travail'. Certain, le chômage sera définitivement vaincu en France. Et les pouvoirs publics pourront enfin s'attaquer aux problèmes de justice des mineurs, de soins et de réinsertion. L'actualité nous rappelle tous les jours à quel point la société est démunie face à ses problèmes.
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La dame blanche
Dans les genres très codifiés des Dramas (Manga/Anime) on a parfois des crossovers inattendus, à des kilomètres d'un réalisme que nécessite une série médicale. Dr White est l'un d'eux. Adapté de romans relatant le mystère d'une (très) jeune médecin amnésique, découverte dans une forêt par un matin calme et lumineux. Alors qu'elle a oublié jusqu'à l'existence d'un distributeur automatique ou d'un smartphone, elle fait pourtant des diagnostics à la vitesse de l'éclair. Rien que par observation de la personne, en magnant le jargon médical mieux que le Vidal, si bien qu'on l'invite à exercer dès les premières minutes. Sans diplôme, vérification d'expérience ou même domicile fixe.Un drama, par conséquent, qui aurait pu être ridicule, mais qui, grâce à des acteurs parfaits dans leur rôle, insufflent un réalisme inattendu. Et pourtant, leurs personnages sont comme souvent très caricaturaux. On croisera le beau médecin méprisant, le jeune interne sympa et surinvesti, le psy loser avec les femmes en général et la sienne en particulier. Sans oublier la jeune médecin cheffe qui doit faire ses preuves, vu quelle est la fille du directeur malade, bataillant contre le méchant chef de service de chirurgie, prêt à tout pour prendre la relève de son père. On a l'habitude de ce genre d'histoire qui veut que pour améliorer les soins de ce "petit" hôpital, on forme une équipe de personnes ne s'entendant pas. Rien d'original de ce côté, donc, et cependant, la présence des deux personnages principaux réussit à renouveler le genre.
Le journaliste médical, d'abord. Métier peu vu dans les dramas, même si on se demande quel est son rôle dans l'équipe d'analyse des cas médicaux. Le jeu de Emoto Tasuku est très intéressant, procurant de l'émotion au spectateur et s'interrogeant avec lui sur le personnage fort de la série, l'actrice Hamabe Minami. Valeur sûre pour un drama, depuis déjà de nombreuses années, alors qu'elle n'a que 21 ans ici. Minami Chan est une comédienne hors pair quand il s'agit de nous faire réfléchir, mais surtout de nous faire rire. Son joli minois cache en réalité un vrai réservoir à grimaces. Son regard, son sourire…, tout respire la perfection dans le jeu. Passant ainsi de professionnel de la médecine au regard intense, voir réprobateur envers ses collègues, à un enfant de huit ans, découvrant le monde qui l'entour.
On pense évidement à Good Doctor ou Doc, la série italienne pour la candeur ou l'amnésie. Mais ici, on est à un autre niveau. Celui de faire fi de tout réalisme scénaristique, médical ou même judiciaire, puisque la police rentre que très tardivement dans cette histoire de personne(s) disparue(s), dont les proches ne semblent pas plus s'inquiéter que ça. Et puis tant pis ! Ça fonctionne bien comme cela, même si la lourdeur de certaines scènes vues et revues dans le genre peut gâcher un peu le plaisir. Ce crossover Mystère/Médical est rafraîchissant et se regarde d'une traite.
Okazaki Sae ne joue pas de rôle médical, pour une fois, mais est très sympathique et rafraichissante en bonne copine. Alors que Takimoto Miori nous fait de la peine à peiner, justement, à faire ses preuves en tant que médecin chef et non plus fille à papa. Une sorte de rédemption après son rôle, très énervant, dans Shitteru Wife, qui la rend ici éminemment sympathique et humaine. C'est l'ambiance générale d'ailleurs, qui est vraiment enjouée et sympathique pour un mystery drama. Bien sûr, cela est dû à la présence de Minami Chan, mais également à tous ses seconds rôles habitués des situations grotesques qui les rendent précisément crédibles. Minami Chan insuffle de la joie de vivre à toute l'équipe et à nous même, confirmant son statu d'actrice majeur des comédies japonaises.
On termine sur la note musicale qui va bien, avec un Opening/Ending d'Ado. Histoire d'attirer l'oreille les éventuels jeunes restés scotchés aux vidéos TikTok alors que la série commence. De les ramener dès les premières mesures devant ce grand écran qui propose une Comédie qui vous fera réfléchir ou un Mystery Drama qui vous fera rire, c'est au choix. Finalement, au bout de quelques minutes, vous ne saurez plus ce que vous regardez, ... où vous vous trouvez et qui vous êtes. Comme perdu au milieu de cette forêt à regarder dans le vide.
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Drôles de D(r)ames
Avec une affiche aguicheuse et un pitch pour le moins racoleur, on hésite avant de pousser la porte de ce drama. Dans la tête de beaucoup de mâles japonais, le rôle de la femme étant encore trop souvent celui de rester à la maison et de s'occuper bien sagement des enfants pour accueillir avec un grand sourire son mari, le soir venu. Quand on nous dit que 3 d'entre elles vivent avec le même homme sans le savoir, sont amoureuse follement de lui, même après avoir découvert la vérité et chercheront par tous les moyens à récupérer la récompense destinée à celle qu'il aimait le plus, je dis danger, écœurement sexiste, passe ton chemin. Eh bien non ! Avec subtilité (ou pas) les scénaristes arrivent à nous faire rapidement changer de point de vue sur les nombreux stéréotypes féminins de la série. Et des stéréotypes, ça il y en aura : working girl, sportive, femme flic, maman poule, etc ... Mais loin d'être des succubes assoiffée d'argent, elles montrent leurs failles et on ne peut s'empêcher d'avoir de l'empathie pour elles. Cela est dû à une très bonne écriture et un jeu d'acteur parfait. Même si les méchants sont vraiment très, trop, méchants. Koike Eiko est merveilleuse et tient la palme des expression de visage empathique. Elle rattrape amplement son rôle catastrophique dans "Gourmet Detective". Mention spéciale aux enfants et carton rouge à Natsuki Mari qui tient le foyer pour mères célibataires comme une gouvernante d'un manoir du 19e siècle. On n'y croit pas une seconde, surtout qu'elle prend rapidement la posture trop usée des maitres de cérémonie des séries d'enquêtes à la japonaise (mais si..., celles ou détective Conan détaille ou pose les questions à la fin, par exemple)Car c'est bien une série policière, empreint de mystères et de secrets à laquelle on a affaire. Beaucoup plus morale, même pour nous occidentaux qu'il n'y parait au premier abord. On dénoue les ficelles avec les héroïnes, avec parfois un peu d'humour, pas mal de stress mais toujours beaucoup d'émotion. Des longueurs malheureusement, avec les derniers épisodes et une fin qui ne satisfera pas tout le monde, mais un sujet traité de manière assez original et avec la finesse qu'on pouvait attendre des Japonais, surtout que les mères célibataires est un vrai sujet de société là-bas et je crois que cette série participe grandement à mettre en lumière de manière positive ce problème. D'ailleurs j'encourage les hommes à regarder attentivement la série, un hymne à la femme, la parentalité, la vie ...Was this review helpful to you?
showa chome chome wok party
L'incroyable quantité de productions faisant la part belle aux voyages dans le temps me rend extrêmement méfiant face aux plagiats du seul chef d'œuvre du genre: la série des "Retour vers le futur". Mais le parti pris de Futekisetsu ni mo Hodo ga Aru ! donne vraiment envie de repousser les limites du genre. Entre Mama Mia, le film, pour tout un tas de raisons, et une plongée nostalgique dans le meilleur de l'ère Showa: les peu recommandables années 80.Ewook-isme
Le réalisateur de l'excellent Ore no ie no Hanashi c'est une nouvelle fois donné à cœur joie, pour dépeindre la famille japonaise et la société d'aujourd'hui en nous faisant rire, pleurer et interroger sur ses dérives . "D'aujourd'hui", car c'est à travers le prisme des années 80 que le wokisme associé, la retenu dans les sentiments et l'honnêteté nous sautent au visage comme un diable qui sort de sa boite.
Le pire contre-attaque.
Dans Ore no ie no Hanashi, Nagase Tomoya incarnait avec beaucoup d'humour et de tendresse un fils qui aurait pu renoncer à ses rêves au vu du poids d'une succession et de traditions familiales. Ici, Abe Sadao nous donnera tout autant d'émotions positives en incarnant ce père veuf et fou de sa fille (à l'instard de l'excellent Oyabaka Seishun Hakusho), éprise de liberté dans ces années de folie qu'on été la fin de l’ère Showa. Alors que le paternalisme semble poussé à l'extrême, on se délecte de voir les comparaisons avec le monde "dit" moderne et cette sensation que Abe Sadao est un homme de Cro-Magnon dans le Tokyo de 2024. Mais loin de vouloir répéter les leçons assenées quotidiennement dans les médias depuis "me too" à grand coup de "c'est mieux maintenant, mais le combat continue", on progresse dans les épisodes, en changeant régulièrement d'opinion sur ces deux périodes, celle d'aujourd'hui et celle de de papa. Même si je reste attaché à la période qui m'a vue grandir, celle de la Famicon et de Dragon Ball, le paternalisme et la place de la femme dans la société n'ai pas a regretter. À part pour quelques autoproclamés masculinistes, trop chouchoutés par leur maman et admirateurs d'un père vautré sur le canapé, laissant madame faire toute seule la vaisselle, l'éducation et les courses. Les travers de notre société, comme l'isolement, le refoulement des sentiments, l'incapacité de donner opinion et nos envies sans la peur d'être juger et le lissage permanents des différences nous devient tellement étouffants à travers le prisme de ce 50naire aux idées bien arrêtées.
Humour et Karaoke
Les situations de quiproquos sont nombreuses. Sans compter le choc quasi culturel entre les japonais de 1986 et 2024. Les profs fument (et pas qu'un peu) devant les élèves dans les salles de classe. Les brimades sont permanentes. En particulier de la part des aînées (professeurs, senpaïs, ... ) et remettent un peu en perspective le flot incessant de situation de harcèlements "made in 2024" C'est au départ ce qui m'a le plus choqué et j'en ai un peu honte. Les pseudo-potiches en permanence en maillots de bains dans les émissions TV, mon effectivement, moins posé problème. Mais heureusement certains personnages nous rappellent à l'ordre. Le corps de la femme comme un produit à mis du temps a disparaître. Mais a-t-il seulement disparu ou pris une autre forme plus pernicieuse ? Vous l'avez compris c'est avec humour et une certaine forme d'art que les messages passent dans cet également excellent brûlot du showbiz actuel. Et tout comme Oshi no Ko, c'est en chanson que l'art et la critique s'expriment le mieux. Au delà du Karaoke, chaque épisode est parsemé d'un Omake rappelant toutes sortes de comédies Musicales, Mama Mia ou La La Land en tête. La production prend des risques, en introduisant de longs moments chantés. Mais aussi sur l'utilisation sans filtre du vocable des années 80. Même si le wokisme revient toujours par la petite porte, avec de très présents avertissements textuels, s'excusant d'utiliser ce vocabulaire. À moins que ce soit encore pour ce moquer du wokisme. Vous apprendrez donc tout un tas d'expressions, comme Chome Chome, qu'il faudra utiliser avec prudence en 2024. Mais loin de la lourdeur attendue aux vus de ces derniers mots, vous comprendrez que les apparences sont trompeuses, comme dans ce scénario alambiqué qui fait à lui tout seul le sel de cette excellente comédie.
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Équations indigestes
Le pitch de cette énième adaptation épique d'un manga culinaire, vous met l'eau à la bouche tout en vous laissant sur votre faim. Un peu comme cette cuisine française qu'affectionne tant Takahasi Fumiya. Excellent acteur, festin pour les yeux par sa bogossitute, mais qui sait aussi vous régaler les papilles 'in reel life' sur les réseaux sociaux. Au menu de ces 10 épisodes culinaires, des maths, un restaurant gastronomique à faire tourner, des maths, des 'oishii' exagérés pour des pâtes au ketchup, des maths, d'excellents acteurs qui jouent mal et enfin des maths. Attention donc à l'indigestion.En vrai, ce ne sont pas les maths qui risquent de vous donner des lourdeurs. Celles-ci ne sont qu'un prétexte cosmétique avec des chiffres qui s'envolent et de belles équations qui apparaissent en 3D CGI. Mais je cherche encore après plusieurs épisodes le rapport maths/cuisine dans cette série. Car on est plus dans la chimie de la cuisine moléculaire adaptée aux Pastas à la Napolitan qu'aux équations différentielles. Surveiller les températures des… Couverts, ou de l'eau qui bout, est loin du théorème de Fermat. On a beau nous montrer des chiffres virevoltants autour de notre héros, même dans le Numbers des années 2000, y avait plus de maths par épisode. Le petit génie remplit, en flashback, des sudokus et colorie des quadrillages au collège, ce qui reste léger pour oser citer Fermat dans le titre. Si les japonais vouent un culte à notre Pierrot national, dans beaucoup de mangas Nozonozo, la cuisine française en est pas moins sublimée dans ce média. Notre grand chef en devenir sera donc initié à la magie de celle-ci, après avoir laissé tomber celle des carrés magiques. Entouré de son mentor, le trop beau Shison Jun, qui surjoue son rôle de protecteur/mentor et d'une Koshiba Fuka
qui surjoue, elle, son rôle de rival vénère. Quelques déceptions, donc, pour ces acteurs qui généralement sont empreints de dérision sur eux-mêmes. D'ailleurs toute la série se prend trop au sérieux comme ces restaurants guindés où la Haute Société se retrouve en extase devant trois petits poids et 10 serveurs autour d'eux. Tout ce que je déteste dans la cuisine est dans ce Drama. Dommage, j'adore les maths et pour cause, je les enseigne..., mais la cuisine gâche tout.
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Pause café
J'aime le café ! Alors un drama adapté d'un manga sur ce thème principal ne pouvait que me faire titiller les narines. En rôle principal Nakamura Tomoya, au sourire ravageur et toujours aussi fin gourmet. On peut dire que les producteurs ont mis le paquet pour séduire la Working Girl trentenaire et célibataire. Et pour cause, tirée d'un Josei Manga, genre encore peu connu en France, cette histoire est destinée en particulier à la gent féminine urbaine de cette tranche d'âge, fortement célibataire et indépendante. Le premier épisode ne trompe pas. Nakamura Tomoya s'installe avec son minuscule Foodtruck sur le parvis des grands bureaux de Tokyo ou Yokohama accueillant à l'heure de la pause les offices lady au caractère les plus divers.Assez Cheap dans la production, on retrouve l'ambiance surannée de Gourmet détective et des clichés que les Japonais adorent tant envers la bouffe occidentale et tellement Rome -Antique. Ici, c'est le café, préparé avec lenteur et classe qui fera fantasmer les papilles du spectateur.
Chaque épisode est scindé en 2 histoires de 20 min accueillant de nouveaux protagonistes à chaque fois. Le fait d'être un ambulant favorisant ce scénario. En regardant le 1er épisode on peut donc imaginer vite se lasser de ce genre de non-événement. L'héroine, power-harassée par son patron, la trouvant désuète dans son travail de secrétaire, mais trouvant réconfort auprès de Nakamura, plus désuet que lui tu meurs. Mais plusieurs indices montrent que l'histoire peut prendre de la consistance rapidement. Même s'ils sont très mal distillé (un peu lourd, dirons-nous).
Beaucoup moins rose qu'il n'y paraît le monde de Nakamura devient bien sombre au fil des épisodes. Une véritable dark story nous faisant sortir totalement de la zone de confort ouateuse mise en place émerge au bout du 3e. Voilà pourquoi il ne faut pas se priver de gouter à ses délicieuses préparations sous prétexte d'un genre littéraire réservé aux secrétaires en mal d'évasion.
Un autre atout de la série, c'est son casting, qui ne met pas seulement en avant le plus beau sourire de la Tokyo TV, mais rassemble autour d'une bonne tasse de café la crème des acteurs de la télévision japonaise. J'en dévoile pas plus, mais quel bonheur de retrouver Adachi Rika ou Kanjiya Shihori rien que dans le premier épisode. Kaho par contre qui tient le rôle féminin phare manque un peu de prestance, mais elle peut encore prendre de la consistance au fil des épisodes. Une fois de plus la performance de Takito Kenichi vous enchantera ou vous agacera, à condition d'arriver à la reconnaître.
Voyager dans les rues de Tokyo grâce au van de notre Jacques Vabre est aussi un bonheur pour le petit français de province à qui marcher dans ses rues manque tellement. Une musique ultra répétitive de style reggae semble à tout moment vouloir rappelé d'où vient le café et pourra donc irriter. Mais elle ne vous sortira plus de ma tête au bout de deux épisodes, alors pourquoi bouder son plaisir.
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L'étrange disparition de mon coiffeur
Un drama avec Masaki Suda en tête d'affiche est toujours un événement. Et quelle tête… pour cette affiche ! Car c'est avec ce gros plan outrancier sur les flyers promotionnels que les producteurs cherchent à attirer la (le) Fan. Non pas dans la mise en avant de son charme excessif, mais dans celle de son énième expérimentation capillaire. Et elle touche, ici, au crime au fer à friser. Véritable insulte à tous les quarantenaires dont je fais depuis longtemps parti et qui n'ont pas eu besoin d'un coiffeur depuis des siècles. Cet air hautain sera la marque de fabrique de Kunou Totono, le rôle d'étudiant en psychologie détaché de tout problème matériel et physique, mais obligé de résoudre malgré lui ceux de ses congénères. Une leçon d'acting qui rendra encore plus jaloux ceux qui trouve Suda Kun vraiment trop gâté par la nature. Beaux-drôle-sympa- talentueux acteur et chanteur à tube. On aimerait tellement qu'il ait une face cachée, qu'il soit arrêté par la police pour soupçon de meurtre, par exemple.Eh bien, votre vœu est exaucé. Car c'est exactement ce qui lui arrive dans le 1er épisode de Mystery to Iunakare. Cette adaptation d'un manga de détective n'a à priori rien d'originale. La police japonaise débordée par son incompétence habituelle, fait appel à un jeune étudiant très renfrogné, mais surtout extrêmement "donneur de leçons". Son air pompeux et sa franchise seront son Skill, puisqu'il en faut un dans tout bon drama/Manga d'enquête. Et c'est là que la série devient intéressante. Le mépris, malgré lui, que peut insuffler notre héros à son interlocuteur amène des situations d'une drôlerie sans nom. Des répliques à mourir de rire se percutent avec des réflexions profondes en psychologie et sur la nature humaine. Les leçons en longs monologues donnent l'impression que notre héros s'écoute parler, mais il touche à chaque fois en plein cœur l'accusé, la victime ou le policier aux abois.
Masaki Suda à la classe avec ses frisettes et son écharpe à la Harry Potter. D'une voix calme, et d'un regard perçant il déblatère les pires horreurs sur la personne en face de lui. Mais il redevient un enfant de 5 ans, quand il brule de jalousie envers la coupe de cheveux d'un autre personnage aux cheveux raide. Ou qu'il est dérangé à chaque fois qu'il s'apprête à faire un Curry…, son seul passe-temps. Aucun autre acteur n'aurait pu aussi bien tenir le rôle. Si bien, qu'il devient difficile pour les seconds rôles de se mettre en avant. Pourtant, le choix du casting tient la route. Quelques vieux briscards plus connus, comme Endo Kenichi (Radiation House), Morishita Yoshiyuki ou Kohinata Fumiyo font des apparitions ou jouent un rôle majeur, mais la plupart des autres acteurs ne sont pas (encore) vraiment bankable. Et vous vous surprendrez à dire tient, il joue aussi dedans celui-là. On est néanmoins en face d'une grosse production. Mais Suda-Kun à dû partir avec la caisse.
Il a dû laisser peu de yen, car certains choix budgétaire sont étranges. Ces airs de musiques classiques appartenant au domaine publique, trop connues et utilisées à outrance qui fonctionnent toutefois, par exemple. Renforçant le côté pompeux de notre héros. Certes, il y aura d'autres thèmes et un ending de toute beauté par King Gnu, mais pas d'opening, même pas un générique. Il est vrai que le montage continue dans le bon marché. Ces noms de protagonistes sur fond noir (la personnalité est dans les Kanjis, je sais) à chaque fois que Totono commence son analyse psy, par exemple. Ses images de reportages ou de journaux, genre tuto 3DMaker, dont les Japonais raffoles. Mais tout renforce une ambiance académique et on apprend un tas de chose sur la psychologie humaine. Les seconds rôles viennent demander conseil et ils tombent en analyse malgré eux. Ils sont touchants ou drôles, mais cela se termine un peu trop souvent en torrents de larmes.
Le 4e mur est régulièrement brisé, avec un mépris des Dramas pour notre héros préféré. Ce moquant des situations convenues. Et pourtant, les situations se répètent. Comme dans ses mêmes dramas. Pouvant, par la même, devenir lourdes, vu en plus les ficelles, pardon les cordes pour les amener. Des lieux communs, comme le manoir, l'interrogatoire, la bombe à désamorcer et en même temps, beaucoup de maux de la société moderne sont abordés. Suicide, harcèlement, infertilité… On passe du coq à l'âne, mais bien écrit comme un livre de philosophie
Le découpage reste déroutant pour une série. Affaire résolue à la moitié de l'épisode et la suivante commence immédiatement, alors qu'il ne reste que 10 min. Du coup difficile de s'arrêter à la fin d'un épisode. On la suivra donc en binge watching. Marque d'une grande série, piloté par un acteur qui à coup sûr est destiné à une grande carrière internationale. À condition qu'il coupe cette tignasse…
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