Ceci est une fiction, toute ressemblance...
Le monde de la politique est impitoyable, quel que soit le pays. On dit souvent que la démocratie est un système imparfait, mais qu'il 'est le moins mauvais. On a pourtant du mal à le croire, quand on se réfère aux événements récents qui entachent les politiciens japonais et qui rentrent étrangement en résonance avec le synopsis de Shinbun Kisha. Le titre ou un survol rapide peuvent faire penser à une longue séance d'autosatisfaction de la part des médias, toujours prêts à défendre la démocratie. Mais c'est bien le monde politique qui est le sujet principal et la cible de ce brûlot qui devrait inspirer plus d'un citoyen endormi par des décennies de corruption et de culture du "moins tu fais de vagues, mieux c'est".Alors que l'assassina d'un ancien premier ministre remet sur le devant de la scène les connivences sectaires des dirigeants, quelques mois avant, comme un avertissement au peuple japonais, sortait Shinbun Kisha, la série. Brulot extrêmement bien produit pour la plateforme Netflix, prenant en toile de fond une affaire d'État, certes trop banale, mais symptomatique du cancer démocratique. Remake , par le réalisateur Fujii Michihigo, de son propre film, sortie en 2019 et que je n'ai pas encore vu, Shinbun Kisha ne se concentre pas forcément sur les journalistes. Alors que la femme du 1er ministre, que l'on ne verra d'ailleurs jamais, est empêtrée dans un scandale de corruption, les protagonistes de ce court drama de 6 épisodes sont les petites mains du pouvoir, ceux qui travaillent dans l'ombre. Bureaucrates, secrétaires de cabinet, etc. à commencer par le secrétaire personnel de Madame, interprété par Ayano Go, tout juste sortie d'Avalanche, où il avait poussé la cool attitude à son max et dont le sujet était déjà la corruption des politiques. Il joue ici un bureaucrate coincé, rongé par les remords qui montre une tout autre facette de son jeu d'acteur.
La plupart des acteurs ont été poussés, d'ailleurs, ici, à surjouer leur côté pathos et larmoyants. Pas un n'a pu éviter de subir les gouttes dans les yeux pour faire déverser des torrents de larmes. Si elles sont évidement justifiées et donnent vraiment ce côté humain à tous ses acteurs qui font partie de la master classe japonaise, cela peut donner parfois le sentiment d'en faire trop. Malgré évidement le tragique de certaines situations, mais qui perdent en intensité du fait qu'un personnage rongé par les remords était déjà trempé de larme en se remémorant ses actes de falsification.
Car c'est la fabrication de faux documents est au cœur de l'intrigue. Il est demandé assez rapidement à des bureaucrates de falsifier des notes pour masquer la corruption d'état. L'intérêt de ce drama, par rapport aux histoires similaires, c'est le souci de réalisme. Pas de manichéisme ici. Personne n'est tout blanc, ni tout noir, et même cet esprit de garder les institutions intactes peuvent trouver une justification. Dommage que la mise en scène force sur le caractère sombre et froid des bureaux de renseignement, des secrétaires d'État ou des antennes régionales. Musique magistrale ou minimaliste, cadrage plongeant, on insiste un peu trop sur le fait que les institutions broient l'individu, même si c'est le cas ici. La mise en scène est de toute façon au moins pour les 2 premiers épisodes assez maladroite. On retrouve les travers des productions Netflix. Tapageuses, séquençage trop haché, avec enchainement de gros plan, de plan plongeant (merci les drones), de caméra qui tourne dans tous les sens et beaucoup trop rapidement. Sans parler de la musique omniprésente, pour pas dire envahissante, et cette profusion de personnages très peu explicite dans les premières minutes, mais qui montre à quel point Netflix a déversé du pognon, au vu des grands acteurs ici présents.
Ce ne sera donc pas pour le scénario trop classique de journaliste en quête de vérité, ni pour la mise en scène trop tape à l'œil que l'on accrochera les premières minutes, mais bien pour tous ces acteurs. Ayano Go bien sûr, Yokohama Ryusei, qui ne met pas pour une fois en avant sa bogossitude et ça fait du bien. Et des noms qui ne parleront peut-être qu'à des gents de ma génération, comme Yoshioka Hidetaka, l'inoubliable docteur Koto, Terajima Shinobu, Sano Shiro, la pourriture parfaite, ou bien même une apparition de Tsuchimura Kaho. La liste est hyper longue, j'ai sûrement homi des acteurs encore plus talentueux. C'en est presque indécent et surtout on n'est pas en face d'un Asadorama de 150 épisodes. La sous exploitation de tous ses talents me rend presque malade.
Mais même Yonekura Ryoko qui joue avec brio l'excentrique Daimon Michiko dans Doctor X depuis des années, manque de scènes dans la série. Tous ces changements frénétiques de lieux, de personnages, toutes les deux secondes des deux premiers épisodes, qui heureusement disparaissent pour faire interagir enfin la plupart des personnages suite à un événement qui calme enfin la frénésie du montage. La série prend vraiment de l'intérêt à ce moment alors qu'il ne reste plus que 4 épisodes. Elle donne à réfléchir non pas que sur le sens de la justice et la stabilité des institutions, mais également sur des choix pour la suite de sa vie, à des tournants de celle-ci. Et pour tous les personnages, finalement. Le côté sensationnel du journalisme n'est pas si mis en avant. Pas de recherche de scoop, mais un rappel salvateur du rôle de l'information dans la société. Si le côté trop cool d'une rédaction est parfois forcé, par rapport aux bureaux austère, le réalisme revient frappé à notre porte avec un ancrage dans notre quotidien. Les événements se passant sur le long terme de 2019 à 2020. Terme nécessaire pour mener une enquête d'investigation. La préparation des JO, puis l'ombre du Covid planant sur le quotidien de nos protagonistes.
En résumé, pour les acteurs, on est fortement attiré, ensuite pour le tableau dépeint du monde du journalisme, même s'il est effleuré, ainsi que pour la perversion du système politique, on restera donc devant l'écran. Et cela malgré toutes les tentatives de Netflix de nous faire fuir par cette production bling bling ou trop larmoyante. À moins que je voulais écrire le contraire. Il est tellement facile de falsifier des documents. Le réalisateur la bien fait, lui.
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29 sai no koukousei (référence)
Aller au bout de ses rêves n'est simple pour personne, encore moins quand on a 16 ans et qu'on cherche à se détacher d'une famille, on ne peut plus gênante. L'excellent acteur de 29 ans (j'y reviendrai), Mamiya Shotaro en fait, une fois de plus, les frais, dans Nanba MG5, la version castagne de Beshari Gurashi (2019). Autre adaptation de manga, où l'aboutissent de ses rêves de lycéen était déjà, pour Shotaro-kun une fin en soi, mais… dans l'univers des Manzai.Ici, le contexte est beaucoup plus familier aux amateurs occidentaux de mangas, et en particulier ceux de mon âge (donc vieux). Cette histoire de Toshio Ozawa rend hommage aux Yankees et autres gangs du lycée d'à côté. Vous savez, le lycée public dont sont issus tous les rebuts de la société. Celui qui n'a pas d'uniforme pour ses élèves et n'y de coiffeur, tant les coupes de cheveux sont improbables. Toujours aussi romantisé, la vie des Yankees fait encore fantasmer bon nombre de japonais urbain en 2022, tant leur vie à eux est aseptisée, lisse, bref monotone (naissance, école, diplôme, travail, mariage, enfant, retraite, Ehpad…,). Mais que nous apporte cette énième histoire de Yankee/School life en 2022 ? Tout, nous pousse à passer notre chemin et pourtant…
Si j'ai choisi Nanba MG5 pour fêter ma 100e chronique, ce n'est pas un hasard (oui, je me la pète). Ce drama regroupe tout ce qu'on aime dans les séries et animes japonais. La School Life est omniprésente, dans ce petit lycée de banlieue tokyoïte, Chiba, je crois. Le nouveau, un peu coincé, les amourettes gênées et inavouables. Les triangles amoureux, l'Ijime (on l'aime un peu moins c'est vrai) la Friendship omniprésente, les voyages scolaires et les sourires et rires de ses adolescents de 16 à 18 ans (si, si...). Si on rajoute la petite rébellion envers le système et la famille, tout y est. Mais celle-ci prend une proportion scénaristique majeur dans la série, puisque notre héros, héritier d'une famille ayant semé la terreur dans tout le Kanto, doit conquérir celui-ci à coup de poing, comme il se doit.
Seulement, Mamiya Shotaro n'aspire qu'à être un lycéen normal, sans user de sa force et de son charisme qui sont pourtant phénoménaux, mais inspiré par l'art et le gout des études. Il cachera donc sa vraie personnalité à ses parents, frère et sœur, en suivant sur les 11 épisodes de la série une scolarité dans un chic lycée en face de celui fréquenté par les Yankees.
N'est-ce pas trop lourd de revenir une fois de plus sur des yankees ou truands, élèves ou prof dans un lycée "normal" en 2022 ? GTO avaient atteint le sommet au début des années 2000 et cependant, on n'est pas loin de la même perfection 20 ans après.
Si les faits de société n'ont pas changé, voir se sont aggravés depuis notre Great Teacher, la manière de les résoudre non plus, dans Nanba MG5. À gros coup de poing et d'humour décalé, la série reprend les codes qui ont fait le succès et on ne peut être qu'aux anges, tellement c'est bien fait. Il faut dire que la production est au top. Les acteurs, malgré leurs ages avancés pour des lycéens, jouent à la perfection leurs rôles. Mamiya Shotaro du haut de ses 29 ans, maquillé assez pour en paraitre 16, est touchant et fout vraiment les jetons, selon les moments. Le toppuku et le masque lui vont à merveille et ses magnifiques yeux transmettent la terreur à tous ses adversaires. Finalement, avoir choisi un acteur aussi confirmé et âgé, donc, renforce la schizophrénie du personnage. Il passera 90 % de son temps défiguré, mais le maquillage et pansement ne fait pas cheap du tout, pour une fois. Totalement réaliste de ce point de vue, tout comme les chorégraphies de castagne qui sont excellemment réalisés.
On passe déjà un bon moment, si on cherchait un drama coup de poing, mais le meilleur reste à venir avec la partie décalée de la série. Tout est au second degré dans celle-ci. L'humour est omniprésent, aussi bien dans les combats, "what the fuck" comme il faut, avec du 100 contre 1, du mépris face à l'adversaire ou des territoires gagnés malgré soi. Mais c'est au lycée ou face à cette famille qu'on est amené à plus rire. Elle se veut originale et malgré cela, reprend tous les codes de la société japonaise. La galerie de personnages est jouée à la perfection. Du grand frère protecteur et exigeant, au président du club d'art un peu trop surjoué, mais tellement manga style. Kamio Fuju qui joue l'ami le plus proche de Nanba-kun est, certes, trop beau comme à son habitude, mais interprète son rôle de rebelle en quête de relations familiales et amicales à la perfection. Tout comme Morikawa Aoi (27 ans) qui réussit à nous faire croire qu'elle a vraiment 16 tout le long de la série, grâce certainement à un régime drastique pour faire disparaitre toutes ses formes. Sa maigreur, digne de l'actor studio, fait peur, mais sa joie de vivre et son aplomb donne du courage à toutes les jeunes filles qui ne manqueront pas de s'identifier à elle. Et pour cause, être entourée d'aussi beaux garçons dans ce drama d'exception donne réellement la pêche.
N'oublions pas, quand même, des moments très touchants. Des instants de doute et de larme de la part de nos personnages, qui feront à la fois réfléchir et monter des émotions inattendues dans ce genre de série, surtout dans les derniers épisodes. La musique accompagne ce chaud et froid régulièrement soufflé et en joue même. Encore une fois, les acteurs, Mamiya Shotaro en tête, ont su transmettre une pléthore d'émotions par leur talent qui mérite à lui seul le visionnage de la série. En plus, le Shiba Inu x Yankee, doté d'une voix off avec l'accent du Kansei est aussi kawai que Shotaro-kun est cool dans ses combats. Alors s'il ne devait avoir qu'une série à voir cet été, c'est Nanba MG5.
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Stay Homes, ...ou pas !
Les Otaks ont conquis le monde dans les années 2000 et ne semble plus vouloir le lâcher. Que ce soit pour les vils patrons des infâmes GAFAM, pour les producteurs hollywoodiens ou de jeux vidéo, dès qu'il y a du pognon à se faire, un méchant geek est derrière. Mais pourquoi tant de haine de la part de la classe moyenne du monde entier alors que le mignon et inoffensif Kitamura Takumi (24) (DISH//) les représente si bien dans l'ultra référencé nerd des années 90, Meitantei Stay Homes.Ce téléfilm n'a qu'un défaut pour les amateurs de la culture pop, Il est trop court. À peine 2 petites parties de 45 minutes, diffusé à une semaine d'intervalle. Je rêve déjà, après avoir dévoré, ses fugaces moments d'introspection sur moi-même d'une vraie série d'au moins 10 épisodes. Car c'est bien à travers l'effet miroir d'une webcam Zoom que l'on se retrouve totalement dans le personnage de Kitamura Takumi. Pas pour sa belle gueule malheureusement, ou son talent de composition et de chanteur, mais vraiment pour son incarnation de l'Hikikomori cool et surdoué des réseaux sociaux sans être, pour une fois, un as, de la programmation. Hyper pointu sur le futile : mangas, Idols et j'en passe, comment ne peut-on pas se sentir proche de son personnage lorsque nous même passons notre temps à lire des chroniquse sur des Dramas, écrite de surcroit par d'autres Nerds.
Même si le Pitch fait penser à un n-ième Tantei Drama, c'est-à-dire "Détective ayant une habilité particulière", le filme est dans la veine des meilleures comédies du genre. En fouillant dans mes humbles chroniques, vous en trouverez plein, mais celle-ci est complètement décomplexée sur l'humour potache, mais nous faisant réfléchir sur les dangers d'une hyper-connectivité, des réseaux sociaux omniprésents, étalant nos vies toutes les secondes. Une vraie vie, une fausse vie, la manipulation est partout et il faudra le génie de notre détective asocial pour démêler le vrai du faux.
Une réflexion sur justement l'enfermement que se font subir ce qui semble être devenu en 2022 un phénomène mondial est mené également dans ce film. Sans juger, un regard affectueux est posé sur le phénomène de l'Hikikomori à travers les yeux de la maman de Takumi-kun. Le retour dans la vie réelle du héros est aussi un enjeu du film, sans être insistant, car la joie de vivre du personnage principale est communicatrice.
La mise en scène est particulièrement soignée et originale, et cela, malgré qu'une bonne partie de l'histoire se passe dans la chambre du petit détective, par écrans interposés. Il y a tant de moments où l'écran de l'ordi est filmé, qu'on a du mal à suivre tant il se passe d'interactions. C'est un peu le souci pour le petit français que je suis, car il faut suivre souvent en même temps, les conversations du tchat, regarder les pages web et écouter les dialogues. Plusieurs visionnages seront donc nécessaires pour apprécier finement tout l'humour et les références de la série, mais ce concept d'enquête en voyant l'écran à du potentiel. On est complètement immergé dans l'action.
Kitamura Takumi gagne encore, avec la maturité de son jeu d'acteur, en habilité dans l'humour et devient vraiment un de mes acteurs préférés. On est gêné avec lui, on cherche grâce à cette fameuse mise ne scène les réponses aux énigmes et on a faim avec lui. Un antihéros touchant, humain, certes aux capacités de réflexions surhumaines, mais pas surjouées.
Les autres acteurs sont sympas, mais facilement remplaçables, malheureusement pour eux.
Pour terminer, un big up à la prod, pas seulement pour ce dessin animé surprise, à hurler de rire, que l'on prend comme la cerise sur le gateau. Mais sur le fait d'avoir pensé aux enfants des années 80-90. Quelle joie de voir tellement de références Otaks à ses années là. Un lien est tracé entre la génération du film Belle et des réseaux sociaux dont je suis peu friand, vu mon grand âge et les générations de Street Fighter 2, Detective Conan et Summer Wars. Ce lien indéfectible qui montre que les Geeks, grâce aux passions qui les animes, peuvent tout réussir, sans barrière d'âge et de culture. Des personnes qui se sentent rejetés, dans le monde entier, sont en fait unies dans la paix. Et de nos jours, on en a vraiment besoin, de paix
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Encore un médecin dans la nature
Les remakes font partie des plaies de l'industrie du divertissement, mais permettent, tout de même parfois, de découvrir de veilles séries. Ce drama semble lorgner du côté du Fugitif, gros succès américain de… 1963. Le problème, c'est que l'on n'est pas, seulement, à la 2e réinterprétation de l'histoire, mais au moins à la 100e. Et je ne parle même pas de Chef-d'œuvre comme Monster de Naoki Urasawa. Alors que va apporter cette sempiternelle histoire de médecin soupçonné d'avoir tué sa femme et poursuivit par un flic revanchard.Déjà, ne cherchez pas une personnalité ambigüe, voir complexe, dans le personnage interprété par le beau Narita Ryo. Vous n'arriverez jamais à douter de lui, tant il ira au fil des épisodes à la rescousse de la veuve et de l'orphelin, même si à chaque fois "ses rencontres" seront à deux doigts de le dénoncer. Cette bonté excessive, va vite irriter puisque notre beau chirurgien ira jusqu'à opérer des animaux et s'occuper de la cause des sans papiers, chose inimaginable au pays de l'ordre et la morale. Mais c'est son skill de génie de la chirurgie qui énervera le plus le spectateur à la recherche de cohérence scénaristique. Avec un cutter et une bouteille de whisky, il va vous raccommoder un membre, le temps de la side A de son walkman non-autoreverse. Oui, ce génie d'un grand hôpital universitaire se balade avec un baladeur et un casque estampillés 1981. Et Les idoles de ses mêmes années accompagneront les opérations-boucheries. Cela apportera une certaine fraicheur, surtout pour ceux comme moi passionnés par la musique de l'ère Showa. Mais cela tranchera, tout de même et c'est le cas de le dire, avec le gore de ses scènes et permettra, par la même, d'atténuer la douleur visuelle pour le spectateur.
Ce drama est un peu à l'image de ces opérations sanguinaire. Un bordel d'idées, toutes se juxtaposant, sans vraiment de cohérence. L'idée d'avoir un beau-frère psychopathe, s'associant à un flic véreux, à ses trousses n'est pas mauvaise en soi, mais qu'elle manque de réalisme dans tout ça. Tout comme cette jeune femme matelot, tout juste sortie d'une amputation, qui traverse les montagnes de Nagano en plein hivers. Et je vous laisse imaginer le fait d'être la seule femme sur un bateau rempli d'homme qui n'ont pas vu les côtes depuis des jours… Et cette police qui une fois de plus brille par son inactivité. OK, au Japon, c'est à l'accusé de prouver son innocence, mais le peu d'entrain qu'elle met à mener une enquête en est gênante. Le syndrome, adaptation de Manga, n'est pas loin avec un Yasuda Ken en faisant beaucoup trop dans le rôle de méchant professeur. De toute façon, la couleur est annoncée dès le générique par ses descriptions à côté de la photo chaque personnage. Histoire de bien appuyer sur ses clichés.
Mais une fois ses préjugés passés, on se surprend à se pris au jeu et à apprécier à la fois l'histoire ainsi que ce jeu "what the fuck" des personnages. Évidement, chaque épisode est construit comme le Fugitif. On arrive chez des personnes qui ont un problème, souvent de santé, et notre héros le résout, malgré la vindicte publique et les quelques secondes qui le sépare de l'arrestation. On sait comment l'épisode va finir dès les premières secondes. Pourtant, on se fait avoir et on rentre dans ce suspense de : "va-t-il se faire arrêter ? Le patient va-t-il survivre ? etc..." Ça marche si bien, qu'on enchaine les épisodes, espérant en apprendre plus de l'histoire, mais aussi des personnages. Le Scénario, d'ailleurs, s'éloigne de plus en plus des 150 épisodes du Fugitif à partir de la moitié de la série, renouvelant vraiment l'intrigue pour la rendre de plus en plus passionnante. Narita Ryo et Mori Nana sont très bons en premiers rôles. Mais c'est Matsuoka Masahiro en militaire proche d'un yakuza qui est le vrai point fort de la série. La caution humoristique qui vous fera mal à la mâchoire tant il vous fera rire. D'ailleurs, l'ensemble de la série ne manque pas d'humour. C'est aussi ce qui la démarque de ses prédécesseurs.
Le fait de suivre une cavale nous permet d'admirer certains paysages extérieurs comme les montagnes de la préfecture de Nagano, tournés avec les dernières caméras ou drones. Un plus pour une série trop proche d'autres, tout du moins au début. Tout comme ses opérations au tournevis et à la scie rouillée qui pourraient presque paraitre réalistes tant les descriptions sont bien faites, notamment aux niveaux des dessins. Mis à part justement, ce temps qui semble s'arrêter dès que notre héros commence à dessiner ou opérer.
Une série qui ne renouvelle pas le genre, mais procure certaines sensations et gagne en intérêt au fil des épisodes, jusque vous tenir en halène tant les rebondissements sont inattendus. Le teaser de fin accompagné de cette ending musclé donnent l'envie de voir la suite à chaque fois. À voir donc si vous n'avez pas encore assez vu de médecins accusés à tors dans votre vie. Mais j'attends encore (l'espoir fait vivre) une bonne adaptation de Monster en live. Mais au moins, j'aurais vu, entendu et peut être même lu ses cassettes audio, qui ont tellement compté dans mon enfance et pas seulement pour la musique. Les anciens comprendront... les autres regarderont la série.
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Un café, 50 copies et un gnon dans ta gueule
Les bandes-annonces annoncent souvent des promesses qu'elles ne tiennent que très rarement. Fréquemment, parce qu'elles en dévoilent toujours un peu trop. Montrant les moments les plus forts du point de vue technique, comique ou scénaristique. Et de ce fait, on peut dire que celle de Jigoku no Hanazono ne trompe pas sur la marchandise. Bakarythm au scénario, Mai Nagano et Hirose Alice en office Lady superstars, en tête de gondole. Des combats de Sukeban (Yankee au féminin) ultra chorégraphié, le tout en 30 secondes d'annonce et orchestré par le tube calibré pour les stades, Another Great Day de LiSA. Maintenant, de deux choses l'une. Soit, vous vous arrêtez là, car vous avez vu tout le film dans ses 30 secondes. Soit, vous cochez toutes les cases :- fan de l'humour décalé de Bakarythm
- fan de Nagano Mai
- fan de Hirose Alice
- fan de LiSA
... tout comme moi, et vous vous trouverez bien 1 h 40 pour visionner l'intégralité de ce que sera finalement un long combat de catch féminin, chorégraphié, mais peu scénarisé.
Bakarythm est clairement seule à la manœuvre du début à la fin des dialogues et du scénario. Les images décalées par rapport au long monologue d'introspection de Mei ou d'Alice. Les références au Manga de Yankee/Sukeban, grande source d'inspiration du maitre de du non sens et qui a cherché à pousser le What the Fuck à l'extrême, ici. De la castagne à gogo, du sang, un peu, mais beaucoup de pansement et de bosse. Cela reste très bon enfant finalement, reprenant les codes graphiques et sonores des combats de rue. Manteaux ornés de kanjis et dragons, cheveux laqués en pétard et grimaces accompagnant l'accent de la rue. Bakarythm a voulu créer un décalage et un parallèle, en réunissant le monde impitoyable des offices lady et des gangs de rue. Imaginant le combat que se livrent les différents services comme dans la lutte de pouvoir pour la machine à café, allants jusqu'aux entreprises de service entre elles. Un hommage appuyé à l'extrême, faisant retomber un peu le soufflet de l'humour d'écalé qui peine à convaincre sur la longueur malheureusement. Des poncifs du genre "Cette guerre n'est pas ma guerre" ou encore "je me bats uniquement pour défendre l'opprimé, quand il n'y a plus d'autre choix possible", font certes partie des ficelles du genre, mais manque réellement de surprises.
Les acteurs sont évidement à la hauteur et au-delà de nos deux héroïnes, qui semblent se faire la guerre des starlettes par ce film interposé, c'est la pléthore de second rôle qui enchantera le fan de drama. Mention spécial évidement à Endo Kenichi qui ne retrouve pas que Hirose comme ancien radiologue dans ce film, mais qui est surtout quasi méconnaissable. À son image, on sent bien que l'ensemble du staff, s'est vraiment amusé sur le tournage. Sans se prendre la tête, aucun autre message que le fun passe dans leur grimace et leur jeu. Bakarythm a déjà écrit des œuvres diffusant bien plus de messages. Ici, c'est uniquement : amuse-toi, vie comme tu es, oubli toutes tes bonnes manières. Un vrai défouloir que partage les acteurs surbookés du monde du drama japonais. Un défouloir pour l'office lady ou le salary-men japonais. Pas de prise de tête, des références à gogo au genre. Ne voyer même pas un plaidoyer féministe, car on est plutôt dans l'otak assumé (uniforme, retraite dans la montagne, ....) Malgré tout le fan pourra être déçu au finale de ce qui n'est qu'un long sketch de1h40. Bakarythm a eu une idée et l'a délayé sur ce temps long. Alors oui, il fait de ses fameuses apparitions à la Hitchcock, mais il sous-exploite son propre rôle, qui aurait pu apporter une autre couleur que le rouge du sang à son œuvre.
Cette œuvre, qui reste un téléfilm, regorge pourtant de bonnes idées visuelles, bien réalisées par un réalisateur peu connu (de télé donc) mais qui se débrouille avec un budget passé entièrement dans le casting. Les effets dans les combats sont sympas, voir cartoonesque et même loin d'être cheap. J'ai presque un peu de peine quand on voit les bras frêles de certaines combattantes donnés un one punch d'enfer à des adversaires over- testostéronées. Si vous êtes donc adepte du 5e degré, de l'humour potache et des pansements sur le nez, n'hésitez pas, les autres allez voir ailleurs, il parait qu'il y a un feuilleton policier sur TF1 ce soir.
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"Diriger ou être dirigé ?", telle est la question
Difficile d'aborder la critique de Drive My Car, tant la diffusion de ce film fut précédée d'attentes fortes de ma part. Meilleur scénario à Cannes en 2021, dernier film d'Hamaguchi et surtout Nishijima Hidetoshi en vedette. Sur le papier, il a tout pour (me) plaire. Mais la hype grandissante ces derniers mois, ses 3h00 de durée affichée au compteur et une adaptation d'une toute petite nouvelle de Murakami me laissa perplexe. On le verra, avec une durée digne d'une pièce de Tchekhov, ce film est capable du meilleur comme du pire, comme tout Hamaguchi et Murakami d'ailleurs. La route risque d'être longue, sinueuse, ennuyeuse parfois, mais riche de découvertes sur les autres et sur soi-même. Alors attachez votre ceinture, car cette Review va vous conduire au bord de l'introspection.Il est vrai que j'aurai mis du temps à voir ce film, sortie en plein été en France, certainement à la va vite, puisque tout juste auréolé de sa palme du meilleur scénario. Il fallait donc vite exploiter le filon pour le distributeur. Mais avec une seule diffusion en plein milieu de la journée dans un seul cinéma du département, j'ai loupé la première salve. Parce qu'une deuxième n'est évidement pas exclue aux vues des nominations, en ce début 2022. Golden Globe, Oscar, ... Ah... quand les Américains s'en mêlent, cela va probablement ouvrir de nouveaux horizons à ce road movie d'un nouveau genre. Et en particulier à Ryūsuke Hamaguchi qui je l'espère augmentera son audience au-delà du cercle restreint des amoureux du cinéma cannois (comprendre : retraités de la fonction publique - bobos - urbains)
On a effectivement affaire ici au dernier film d'un des fleurons de la nouvelle vague cinématographique japonaise. Habitué des festivals classieux/prétentieux, Hamaguchi peut fasciner autant que décevoir. Ses films sont à la fois vus comme de chefs-d'œuvre de sensibilité, mais aussi extrêmement présomptueux. Asoko I, II n'avait enchanté alors que Senses m'ennuyait profondément, par exemples. En 3h Drive my car ne pouvait pas échapper à ses deux facettes du réalisateur, sans que vraiment l'une prennent le dessus sur l'autre d'ailleurs. Tout sera donc question de goût et de sensibilité.
Il faudra, comme souvent, passer les premières minutes, ici très racoleuses, pour toucher au cœur du film. Hamaguchi nous réserve (à nouveau) une trop longue introduction de 30 min qui laisse planer le mystère. Mais qui en fait trop côté scènes éroticos-intellos, à mon sens. Dommage cela pourra rebuter la vision du film dans son ensemble, qui commence réellement après des évènements et des révélations d'une certaine intensité. En considérant que l'histoire débute vraiment à Hiroshima, l'œuvre prend toute sa dimension et clairement, on sent qu'on s'éloigne de la nouvelle originale pour le plus grand bien du film et du spectateur. La partie métaphysique des 30 premières minutes laisse place enfin à des introspections sur les personnages et se déroule alors, devant nos yeux, une galerie de portraits originaux, rafraichissants et extrêmement humains. Très loin des premières minutes, montrant un couple trop parfait. L'un metteur en scène/acteur installé et respecté, l'autre scénariste de génie et tous les deux filant le "parfait" amour depuis des années. On sait bien que dans le Showbiz rien n'est parfait, mais là, le glamour en devenait écœurant jusqu'à ce fameux changement de contexte.
On trouvera dans ce film un foisonnement de thèmes qui vous toucheront :
Comment continuer à vivre avec l'absence de l'autre ? La reconstruction qui aurait pu d'ailleurs être symbolisée par Hiroshima, même si le réalisateur s'en défend. Le deuil, la culpabilité, la solitude, la transmission, la folie parfois proche du génie, etc ... Mais un contexte également, qui à lui seul justifie de si nombreuses nominations ou distinctions pour le milieu du cinéma.
On sait bien que jouer une personne ayant un fort handicape ou un biopic assure une distinction dans ce genre de festival, mais le milieu adore aussi se regarder le nombril. Et quand les thèmes principaux sont les acteurs, les metteurs en scène ou le théâtre classieux pour pas dire classique, l'Oscar n'est pas très loin. S'autorécompenser sur des films "intellos", c'est d'une certaine manière se racheter des Avengers et autres Star Wars qui rapportent tant de fric au cinéma, mais si peu de neurones aux spectateurs. Une schizophrénie dont sont affligés tous les bons acteurs et Nishijima Hidetoshi n'y échappe pas. Autant son jeu est extrêmement mauvais dans le récent drama Shin Hannin Flag, autant il mérite amplement ici la récompense du meilleur acteur. Qu'il aura d'ailleurs peut-être eu à l'heure où vous lisez cette critique encore plus longue que le film
L'amour du théâtre et des acteurs dégouline de ce film et moi qui n'y connais pas grand-chose, je me suis mis à m'intéresser (un peu) à Becket ou à Tchekhov. Ses longues pièces de théâtre plus ou moins contemporaines, parfois ennuyeuses, souvent prétentieuses, mais qui posent un regard sur la condition humaine ne rentrent pas seulement en résonance avec le film. Elles se confondent, sont absorbés jusque dans les longs dialogues dans cette voiture, qui malgré ce que l'on pouvait croire n'est pas le centre d'intérêt majeur du film. C'est vraiment cette mise en scène et ses jeux d'acteurs qui fascinent. Le scénario, un peu certes, mais on a le temps de le détricoter en 3h. Quelques Twists intéressants vous surprendront peut-être, mais ne vous attendez pas tout de même à un effet Ouahou !
Hamaguchi s'est amusé à reprendre les situations en réel des pièces et vous vous amuserez probablement à trouver tous ses clins d'œils classieux.
Le casting cosmopolite joue certainement aussi en la faveur de récompenses internationales, mais je ne pense pas qu'il y avait des arrières pensés United Colors of Benetton. D'ailleurs Hamaguchi avait bien l'intention de tourner en Corée, s'il n'y avait pas eu la pandémie, histoire de bien effacer le passé du metteur en scène avec un cadre plus "exotique". Du coup, je ne sais pas comment les habitants de Hiroshima doivent comprendre le choix de leur ville...
Je n'ai pas beaucoup parlé des acteurs, puisqu'ils ont tous formidables et font partie du haut du panier d'acteurs de cinéma comme de dramas en Asie. Ils aideront par leur bienveillance, mais aussi par leur propre histoire, Nishijima Hidetoshi à lâcher prise, à se laisser conduire, lui si habitué à diriger les autres... et sa voiture.
Dans l'éventualité où vous aimez un tant soit peu le théâtre, le bon jeu d'acteur, les belles lignes de dialogues, longues, mais profondes de sens... et la Saab 300 Turbo, tout de même, vous vous laisserez conduire jusqu'à la fin, on ne peut plus touchante de ce film concept, qui vous rappellera que l'important dans un voyage ce n'est pas la destination, mais la route.
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Vers la lumière, enfin
Le cinéma de Naomi Kawase ne m'a jamais emballé, peut être à cause de cette propension des acteurs de la distribution du cinéma en France à la mettre en avant. En ignorant, voir en méprisant des dizaines d'autres réalisateurs n'ayant pas moins de talent, mais ne faisant pas l'affiche chaque année des festivals bobos, Canne en tête et consacrant à chaque fois les mêmes réalisateurs. Du coup, je me mettais à me comporter moi-même comme ses producteurs, responsables de salles ou distributeurs méprisants. À mettre de côté toutes ses œuvres, depuis Hikari qui m'avait déçu et encore plus depuis l'annonce du très banquable Voyage à Yoshino, quintessence des relations du cinéma d'auteurs Franco-Japonais qui se regarde le nombril. Mais quel con…, je parle de moi, bien sûr, car il n'y a évidement que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.C'est donc vraiment par hasard que j'en viens à chroniquer un film de Naomi Kawase (à l'occidental donc). Effectivement, mon appétit pour le cinéma Japonais va jusqu'à regarder des films sans même lire le pitch et m'intéresser au réalisateur. Seuls quelques indices m'avaient poussé à regarder à l'aveugle True Mothers. Mais qu'on ne s'y trompe pas, même si je ne suis plus la réalisatrice depuis des années, son style qui m'avait irrité à l'époque, déborde dès les premières minutes. Malgré cela, l'habituelle caméra au point, semble éviter les tremblements dans certains contextes et un effort est consenti pour ne pas saturer les images de gros plans. On notera évidemment l'omniprésence de la nature, des feuillages en particulier avec cette lumière qui les traverse, ses couchés de soleils qui se reflètent sur la mer, ses bruits de vagues ou de vents, et cette saturation de la lumière. On peut aimer, sait toujours très poétique et pour une fois, je trouve que ça sert bien l'histoire sans ennuyer malgré les 2 h 30 du film. Accompagné d'une musique du plus bel effet d'un des maitres japonais de la composition associée au son de la nature actuel, Kosemura Akira, vos sens seront exacerbés, jusqu'à vous transporter peut-être dans un état méditatif ?
Ses pauses dans l'histoire amènent à la réflexion comme pour les différents protagonistes et on arrive du coup à bien se plonger dans leur vie et leurs soucis. La force de ce film réside dans les différents situations dépeintes autour du même thème. Il est toujours casse-gueule de vouloir, dans une œuvre, montrer différents aspects de la féminité et de la maternité en particulier, surtout à travers différents personnages. On échappe rarement à la caricature, mais il faut dire que la réalisatrice, grâce à son style très contemplatif et poétique, a su viser juste et a su, même pour un bonhomme, comme moi toucher mon cœur avec cette ode à la parentalité. Extrêmement bien monté et découpé dans le déroulement de l'histoire, grâce à une temporalité et des lieux qui s'opposent, s'entrechoquent par des allez-retours incessants. Ceux-ci ne sont jamais inutiles, mais amènent une confusion dans l'esprit du spectateur et un questionnement permanent. Faisant constamment le parallèle avec la confusion dans l'esprit des personnages, qui ne fait que se révéler plus au fil de l'avancer de l'histoire. Le dénouement lèvera le doute sur certain anachronisme et tout deviendra claire, voir éblouissant, comme cette lumière si chère à la réalisatrice. Pas de maquillage inutile pour paraître 10 ans de moins, pas de sous-titre affichant "3 ans avant". Tout est fluide et permet de s'immerger dans l'histoire. Pas de voix off non plus, on vit avec les personnages et on se met forcément à la place de l'un d'eux ou de tous car tout le monde évolue et peut se reconnaitre à un moment de sa vie.
Les acteurs sont, évidement, excellents. On en attendait pas moins, mais surtout touchant. Chacun montre une facette de la parentalité, jusqu'au parent de Hikari (tiens donc), la jeune maman qui doit aussi être compris et entendu. Pas de manichéisme, chaque personnage, chaque situation doit être comprise. La nationalité ou la culture, ici n'as rien à voir, le thème est universel et la poésie qui se dégage de la réalisation renforce les choses.
Je termine sur ce choix audacieux, mais tellement évident, de mettre en avant le titre Asa no hikari des C&K que l'on entend tellement dans le film. Jusqu'à une version piano dans la forêt, qui pourrait vous amener à l'écœurement, mais que toute personne sensible écoutera jusqu'à la fin du générique, tant elle est sublimée à ce moment. J'en suis convaincu, vous ne sortirez pas déçu de cette œuvre.
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Les Cinémas Sacrifiés
Essayons de tenir bon et continuons d'aller voir des films en salle malgré la 5e vague et la 3e dose. Rien n'est fait pour nous faire décoller des plateformes et donc des canapés en ce moment. Il y a bien Hanabi qui contre vents et marées continue à promouvoir le cinéma japonais de manière classieuse et déterminée. Même, si c'est ce côté un peu trop intello que l'on peut reprocher à la démarche. En effet, si les Tuches et autres Taxis, s'exportent et montrent un cinéma populaire français au reste du monde, on aimerait aussi découvrir un peu plus en salle hexagonale du cinéma populaire japonais. Peut-être pas vendeur, se disent les producteurs mondiaux, avec un brin de ...isme (cynisme, racisme, ...), mais tellement à l'opposé des paillettes des festivals de Cannes, Venise ou Berlin. D'autant qu'une récompense à l'un d'eux et autres subventions de pays européens ne garantissent même pas une sortie rapide et en grand nombre chez nous. C'est une fois de plus le cas avec ce Spy no Tsuma, de l'excellent Kurosawa Kiyoshi (l'autre, donc) sortie initialement en 2020, obtenant un prix à la Mostra de Venise et atterrissant dans nos salles d'arts et essai, 1 ans et demi (et une pandémie) après.Et pourtant l'éternnel abonné au festival européen n'est pas seul à l'œuvre dans son tout premier film historique. Le réalisateur de Shokuzai et de bien d'autres chefs-d'œuvre à la psychologie torturée, quand elle n'est pas tout simplement baignée d'horreurs, s'est entouré de Hamaguchi Ryusuke au scénario. Le réalisateur de Senses ou d'Asako qui à lui aussi la hype en ce moment dans les festivals mondiaux. Cette association ne peut susciter au pire qu'un intérêt pour l'objet, mais au mieux des attentes de Fans qu'il ne faudra absolument pas trahir !
Car rien de pire que d'être trahi par les gents qu'on aime. C'est un peu le fil conducteur de cette fresque historique ce passant de la guerre de Mandchourie à la deuxième guerre mondiale. Si les décors, accessoires et costumes sont clairement réalistes, on pourra être un peu déçu de l'unité de temps et de lieu (Kobé -1942). En survolant le scénario, on pouvait s'attendre justement à quelques voyages en terre d'occupation de l'armée japonaise et une chronologie beaucoup plus longue.
Ceci dit, l'œuvre remplit son rôle premier de devoir de mémoire. Flamme qu'il faut entretenir et conscience qu'il faut éveiller notamment au Japon, mais pas que, et pas seulement pour les jeunes générations (Zemour, si tu me lis). L'intrigue surpasse parfois le pouvoir des images, même si les reconstitutions de films pelliculaires d'époque peuvent glacer par leur simplicité et leur non-dit. Une intrigue baignée d'espionnage (ou pas), car le scénario nous retourne sans cesse dans nos convictions avec cette mise en scène qui prolonge cette mise en abyme. Un film sur des personnages eux même passionnés par le cinéma, car ils en ont les moyens et qui nous plonge à la place de spectateurs de l'époque.
Je parle bien de la population japonaise qui feint de ne pas savoir ce qui se passe là-bas, ne veut pas savoir, ne veut pas faire de vague, interprétez ça comme vous voulez. La même chose, s'est évidemment passé en Europe et les États-Unis n'ont pas eu de comportement plus glorieux avant l'attaque de Pearl Harbor. Mais le questionnement des héros, mais également des rôles secondaires qui ne veulent pas prendre parties ou justement faire allégeance au Parti en place, à la nation donc, raisonne dans un vacarme assourdissant, avec les relents écœurants de Nationalisme en Europe (et ailleurs). Les revirements de consciences incessants nous montrent que rien n'est tout blanc ou tout noir et surtout que rien n'est acquis.
Cette impression d'être baladé, est renforcée par des acteurs au jeu parfais.
Aoi Yu évidemment, crevant l'écran dans son rôle principal. Mais les rôles masculins sont égalemetn à la hauteur avec un Takahashi Issei toujours capable de prendre 2 visages dans la même œuvre, inquiétant et attirant. Traits de caractère que l'autre rôle fort Higashide Masahiro avait rondement joué dans Asako. On revient ainsi à ce débordement de clin d'œil avec la présence d'un acteur fétiche de Hamaguchi Ryusuke dont l'écriture transparait à chaque ligne de dialogue.
Ses dialogues qui renforcent encore le malaise des situations, ses retournements de situations qui troublent les esprits. NOS esprits jusqu'à nous donner mal au cœur. Et c'est bien le but rechercher. Retranscrire le trouble d'une époque à travers un couple qui certes, appartient à la bourgeoise très occidentalisée d'un Japon à peine sortie du féodalisme, mais qui pourrait appartenir à la classe moyenne d'aujourd'hui. Cette majorité silencieuse Quel que soit le pays, qui ne cherche pas à faire de vague, regarde sans broncher des heures d'images terribles du monde entier en espérant juste que cela n'arrive pas chez eux.
Un film donc indispensable, magnifique, un peu court malheureusement. Une fresque qui aurait pu s'étaler sur un drama de plusieurs épisodes, car beaucoup de personnages secondaires auraient pu être développés et le dénouement en aurait été que plus fort. Avec tant de qualités, l'œuvre par sa courte durée n'échappe pas à quelques maladresses de mise en scène. À cette unique caisse dans la cale qui peut faire sourire, ce jeu d'échec trop évident ou cette Gestapo locale qui ne pense même pas à fouiller les personnes surveillées lors d'une visite. On aura un peu de romantisme, mais ce n'est vraiment pas le propos principal, contrairement à ce que Hanabi cherche à faire croire dans ses promotions et avec un titre aussi subtil que "les amants sacrifiés". L'amour du prochain, certes, mais pas celui que l'on croit.
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Un Kyoto sans Maiko, ...
Mignon petit drama prenant comme prétexte les retrouvailles d'un père avec sa fille Miyako, jeune youtubeuse de 20 ans. Mais en réalité, le véritable héros de l'histoire est la ville millénaire de Kyoto. Ses maisons en bois, ses temples et sa rivière Kamogawa, que Miyako, à travers des scènettes montrant des séances de selfies dignes des années 2010, fait découvrir à son anglais de boyfriend et en anglais, s'il vous plait. Prétexte donc à donner des bons tuyaux de rues et impasses à visiter au spectateur international qui tomberait par hasard, mais alors vraiment par hasard, sur cette courte série de 6 épisodes de 20 min.En effet, si le but est de séduire le touriste étranger (cette omniprésence de l'anglais), on peut être sceptique sur la démarche. L'ambiance surannée est bien là, mais le parti pris d'être le plus "Kyoto" possible avec des habitants à l'accent du Kansaï à couper au couteau et une vie quotidienne bloquée dans les années 50, peut dérouter le gaijin et semble plutôt fait pour faire remonter les souvenirs à la génération de l'ère Showa, majoritaire au Japon. La toilette, dans les bains publics, des maisons prêtent à prendre feu à la moindre étincelle, tellement proches et boisées qu'elles sont, des vieux kimonos qui dorment dans les tiroirs et valent une fortune et surtout un médecin, en la personne du père de Miyako qui se déplace de maison en maison à vélo pour voir ses patients tous très âgés, mais toujours en en pleine forme. Contraste exagéré avec la modernité de Miyako, élevée par sa mère dans la trop moderne Tokyo.
N'attendez pas de performances d'acting dans ce (docu-)drama empreint de simplicité. Sasaki Kuranosuke (53), le père de Miyako, véritable enfant du cru, est à sa place et fait peine à voir en papa qui se découvre, avec une Miyako bien trop grande pour faire sa crise d'adolescence. Comme des millions de jeunes dans le monde (et peut être encore plus au Japon), elle se rêve influenceuse et pour une fois le thème peu être intéressant puisqu'elle fait découvrir des artisans du coin. Bien sûr, avec aucun réalisme puisqu'elle envoie ses micro-reportages en anglais à un boyfriend qui doit débarquer à Kyoto d'un épisode à l'autre. Son jeu d'actrice est encore maladroit, mais à 21 ans, Fujino Ryoko est encore peu habituée à des premiers rôles et on préfèrera la fraîcheur des vrais reportages, bien plus réalistes, de fin d'épisode, où elle interview sans fard les gents du coin. Honnêtement j'attendais, sans trop me concentrer sur l'épisode, ces reportages où on apprend encore des choses, même si on croyait tout savoir sur Kyoto. C'est dire l'ennui que l'on peut trouver à suivre l'histoire assez banale et peu rythmée des retrouvailles de Miyako et son père.
Du bon et du mauvais dans ce drama donc. Comme les deux facettes du Japon, fasciné par l'occident (les Anglais, youtubes, ...) et leurs traditions (Kyoto , l'artisanat, ...). Je vous laisse évidemment choisir votre facette, mais moi, je ferai le même choix que Miyako ....
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La pluie va-t-elle enfin cesser ?
Sortie un an avant le drama de TBS de 2005 (déjà chroniqué dans mon profil et à lire avant celle-ci, donc) et produit par ... TBS pour le cinéma, il était temps que j'entame modestement la comparaison. Le but étant que vous puissiez faire votre choix :Drama vs Movie (pour le livre, je ne sais pas lire, donc ...)???
Si on avait trouvé Takei Akashi trop mignon dans le drama vous ne serez pas dépaysés. C'est déjà lui qui tenait le rôle, un an avant, dans le film. Plus jeune donc, il a aussi un rôle bien moindre sur les 2 h du long métrage. Les scénaristes préférant baser le film sur le couple qui se retrouve. Peu de dialogue donc, vu son jeune âge et c'est finalement peut être mieux, vu le rôle de garçon un peu trop parfait, à la diction fluide et réfléchie qu'il a dans le drama.
On se rend assez vite compte que le film donne un ton bien plus réaliste à l'histoire. Même si tout n'est pas parfait, ce qui me fera pencher tout de même pour le drama.
Les acteurs d'abord ont, désolé de le dire, un physique beaucoup plus commun dans le film, moins gravure de magazine, disons. Notamment pour le père. On s'identifiera donc plus au personnage dans le film, même si les raccourcis et la durée en général empêchent d'avoir une véritable empathie pour ce jeune veuf et son fils. La longueur de 10 épisodes de 50 min fait pencher la balance vers le drama.
L'actrice par contre, loin du jeu presque autiste de son personnage dans le drama, semble bien plus consciente d'être un être humain. Les sentiments et le jeu se rapproche vraiment de la réalité. Les acteurs se touchent, s'embrassent, ils sont bien moins prudes qu'à la télé et on aurait aimé plus d'honnêteté dans le drama.
Le drama donne un caractère plus merveilleux aux événements, plus féérique je dirais même. La photographie et la musique fait penser à un conte de fée. Alors que le film, nous laisse dans la réalité. Pas de bibliobus, donc, mais un bureau austère, avec personne qui se parle. Le film ne permet pas vraiment de monter en tension comme le découpage en 10 épisodes. Certains lieus sont recyclés (c'est pas la même cuisine, non ????) mais magnifiés dans le drama.
Clairement pour le réalisme on préfèrera le film avec des acteurs de cinéma sérieux ayant une gueule passe partout, mais pour les sentiments, la mise en tension jusqu'au climax on préfèrera le drama. La musique est bonne dans les deux. On s'amusera à comparer les génériques de fin, d'ailleurs. Le dernier épisode du drama recouvre environ la moitié du film. Faite donc votre choix en connaissance de cause, mais il faut absolument vous décider, la saison des pluies arrive bientôt à son terme.
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Dans la peau de Takeuchi Ryoma
Si jouer son propre rôle n'a rien d'original, peu d'acteurs acceptent de franchir le cap, et surtout, en tant que personnage principal, tant l'exercice est casse-gueule. Un acteur comme Takeuchi Ryoma, très populaire et bénéficiant d'un coefficient de sympathie immense, même à l'étranger, peut risquer sa carrière s'il en fait trop ou n'en fait pas assez pour paraitre crédible. Car on est bien en face d'un drama et pas d'un documentaire. Si Ryoma-kun joue son propre rôle et par conséquent est censé vivre son quotidien, le reste du casting sont évidement des acteurs. À commencer par la fantasque Koike Eiko, en guest dans le premier épisode ou ses supposés, parents, frère, sœur ou amis.Pour ceux qui connaisse bien le jeu de Ryoma-Kun, ses tics sont ici bien présents et, effectivement, on peut parfois être agacé par le fait qu'il en joue dans ça supposé vraie vie. Mamama, ... chotto mate .... une marque de fabrique dans ses dramas, qui nous rappelle qu'on est, justement, dans un drama. Mais rien de grave, car finalement on comprend vite que les scénaristes ont cherché le second degré et certainement pas le réalisme. Takeuchi Ryoma n'est qu'un prétexte, pour dépeindre les travers de la notoriété au Japon ou ailleurs d'ailleurs.
Ryoma joue constamment sur sa supposée notoriété, avec beaucoup d'humour et de second degré. Alors qu'on devrait l'envier on a beaucoup de peine pour lui et cela le rend tellement humain. Contrat donc réussit pour lui et pour la série qui part complètement en cacahuète, alors qu'elle était censée dépeindre ce que fait un acteur durant les trop rares moments de pause.
En la commençant, je me suis dit qu'elle ferait un bon bol d'air après un épisode de "Kimi to Sekai ga Owaru Hi ni" et ses torrents d'hémoglobine. Un petit truc frais et instructif où il y a peu à réfléchir. Mais les scénaristes en ont décidé autrement et je comprends mieux pourquoi Ryoma-kun a accepté son propre rôle. Cette série devient, au fur et à mesure des épisodes complètement surréaliste. Au point qu'on approche le paranormal.
En fait, chaque épisode devient une parodie de genre : De la comédie familiale, au Friends Sofa, en passant par la SF. Certains épisodes n'ont plus aucun sens commun et c'est délectable. Et dès le premier, on sentait les choses tournées mal, mais à ce point...
Complètement sous-estimé et certainement très vite oublié, il faut absolument voir ce trop court chef-d’œuvre de non-sens. Et si vous adorez ou vous détestez Takeuchi Ryoma, car trop beau gosse ou trop stylé, sachez qu'il lacère son icône avec brio. Mais c'est un peu sa spécialité en ce moment, ... le body slashing.
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Un bain c'est tout !
Les dramas japonais ont le pouvoir de vous envouter avec 2 fois rien. Prenons Furo girl, qui dès son titre annonce la couleur : l'histoire d'une jeune célibataire qui ... prend son bain ! Et qui prend son bain dans les 6 épisodes et cela pendant une bonne partie des 25 min de l'épisode !!! Je vous vois venir avec votre sourire en coin, mais rien de pervers là-dedans. Tout est filmé avec pudeur. Rien d'étonnant venant du pays de la grâce et du respect. On suit donc les aventures aquatiques de Sakurai Hinako dans son tout petit appartement, mais super bien équipé en cabine/salle de bain à la japonaise. Et pour cause l'héroïne de cette adaptation de manga est une Nerd du bain, nous rappelant tout au long de la série à quel point ce peuple apprécie ce moment de la journée (et moi aussi ;)).Ne cherchez pas d'histoire dans cette série. Cette comédie compile des tranches de vie à l'intérieur de ce 2 pièces, salle de bain. Même si l'héroïne se retrouve souvent seule, ses monologues sont poilants et la voie grave de l'actrice colle parfaitement à ses situations qui devrait être extrêmement frivoles, mais qui les rendent empreints de gravité. C'est ce décalage qui créé des situations qui vous feront au moins sourire.
Sans être un chef-d’œuvre de l'humour, vous passerez un bon moment de détente dans cette eau à température idéale. Vous apprendrez surement des trucs et astuces pour égayer vos propres bains et "pour plus d'informations vous pourrez même consulter le site internet du programme" (mais je ne sais pas pourquoi j'écris cela). Un moment de bien être entre deux épisodes d'Alice in Borderland.
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Le diable s'habille en robe noir
La littérature policière est un genre majeur au Japon et si j'étais un peu plus courageux, j'en lirais avec plaisir. Mais avec le temps que nous prend les dramas, n'est-ce pas .... Heureusement, les feuilletons japonais qui sont, pour vous comme pour moi également, un genre majeur (oui, même Followers) sont là pour nous faire découvrir les plus grands auteurs de romans noirs. Et c'est Nakayama Shichiri l'écrivain de Sayonara Debussy, plusieurs fois adapté qui a couché sur le papier les bases d'Akuma no Bengonin. Plusieurs point forts dans cette série, mais clairement l'écriture de l'histoire en est l'atout majeur. Noire sera la couleur générale de celle-ci, donc amateurs de ... Followers, inutile de me suivre. Mais je vous conseille quand même de visionner le premier épisode. Il donne le ton, sans révéler grand-chose de la trame générale, mais après la dernière scène vous vendrez votre âme au diable pour connaître la suite. Et attendez-vous à une monté en puissance au fur et à mesure des révélations.Pour ceux qui n'ont jamais joué ou vu un Phoenix Wright - Ace Attorney (jeu et anime dans le milieu judiciaire japonais) vous risquez d'être surpris par le cadre de l'histoire. Ou peut être médusé par la théâtralisation des scènes d'audiences. Mais vous ne mettrez aucune OBJECTION à plonger dans ses duels entre avocat et procureur dont les japonais raffolent tant. Rassurez-vous, elles ne sont pas ennuyeuses ou interminables et surtout loin des feuilletons judiciaires américains à la papy. La musique grandiloquente vous prend aux tripes ou vous énervera, mais c'est la loi du genre (les codes, toujours les codes).
Les deux duellistes ont de la gueule. Éloquence et physique affutés au couteau. Bien sur le procureur est le Némésis du héros avocat et on aura peu d'empathie pour lui, obsédé qu'il est par l'application technocratique de la justice. Mais le héros, magistralement (c'est le cas de le dire) joué par Kaname Jun n'aura également que très peu d'empathie de votre part. Tout juste, peut être, une attirance physique pour ceux et celles qui aiment le genre regard noir, voir bestial. Son personnage transpire le mystère, la culpabilité et le danger. Mais qu'à t-il donc à cacher ? Un comble pour un avocat à la recherche de la vérité.
Kaname Jun joue ici un de ses rôles majeurs. Lui qui enchaine les dramas, il se montre, dans celui-ci, flippant, dérangeant et attirant à la fois. Comme le diable qu'il semble incarner, tant sa manière de défendre l'indéfendable est poussée à l'extrême et notre fascination autant que notre dégout avec. Il porte toute la série sur ses bras et il faut bien dire que Becky semble bien fade à ses côtés. Dommage, les acteurs binationaux sont encore rares dans le milieu de l'entertainement et finissent souvent animateurs TV, et surtout sont cantonnés à des rôles ... d'étrangers. Heureusement, il n'y a aucune allusion inutile à l'histoire, sur ses origines. Simple secrétaire, son rôle ne semble être qu'un faire valoir sympathique renforçant la méchanceté outrancière de son patron. Ce n'est évidement qu'un manque d'émotion qu'elle lui reproche, car on comprend assez vite qu'elle est habitée par le syndrome de "La belle et la bête".
N'attendez pas une amourette ou un changement radical à la Disney dans ce drama. Le propos reste une réflexion sur : qu'est-ce que La Justice ou une bonne peine ? La société ou les familles des victimes, peuvent-ils admettre qu'un coupable est purgé sa peine ou expié ses fautes ? L'auteur ne semble pas prendre parti mais nous fait poser intelligemment ses questions. C'est d'autant plus intense dans un pays où la peine de mort est encore en vigueur.
Ma critique pourra peut-être rebuter les amateurs de mystère car mettant en avant un propos trop sérieux, mais les twists et autres révélations valent le coup d'essayer quelque chose de plus sombre que "Réunion d'enquête dans le living-room" (si, si ça existe). Et que le diable m'emporte si vous ne versez pas une petite larme à la fin de l'un ou l'autre épisode et pas seulement à cause de l'Ending.
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Une famille à tout prix
Utsubokazura no Yume (aaah, ce titre !!!) fait partie de ses dramas un peu oublié qui resurgissent quelques années plus tard grâce à la passion des fans(subs), permettant ainsi une mise en avant sur les sites spécialisés. Série de 2017 en 8 épisodes, elle possède quelques qualités qui m'ont fait tenir jusqu'au bout, sans malheureusement transcender le genre. Et surtout il laisse un sentiment de malaise qui une fois de plus n'est peut-être dû qu'à une incompréhension culturel, mais qui gênera sans doute ceux qui ne sont pas au fait du fonctionnement de la société et de la cellule familiale japonaise, petite société, s'il en est. Mais y a-t-il seulement ce genre de personne ici ?Shida Mirai, habitué jusqu'à présent aux seconds rôles, featuring et autre apparitions publicitaires explose à l'écran et montre bien qu'elle m'hérite bien plus que des rôles nunuches comme l'empoisonneuse à la pomme de Gourmet Détective. C'est pourtant bien ce qu'on lui demande dans les premièrs épisodes. De faire la parfaite ingénue de 18 ans, quasi paysanne, débarquant de sa province sans un sou, foutue à la porte par son horrible (mais jeune et jolie) belle-mère, rendant visite à la cousine de sa mère défunte qui l'a prendra sous son aile. Avec ce point de départ annoncent avec des gros sabots de 2 m de long un conte de fée gras et ennuyeux, surtout que notre jeune cendrillon veut devenir cuisinière (quoi de plus conte féé, non ?), j'ai failli tourner la page avant la fin du premier chapitre. Mais la présence de Ohtsuka Nene dans le rôle de la bonne marraine de Mifuyu (Shida Mirai) m'a convaincu de continué le binch wachin. La voyant que trop peu ou alors en second rôle à la TV, son rôle dans Dr Koto m'aura marqué pour de nombreuse année, étant un des premiers drama que j'ai vu. à 54 ans elle joue une mère de famille désenchanté, un peu trop parfaite malheureusement mais avec ses défauts aussi.
Effectivement elle est peut-être la seule à être récupérable dans la famille Kashimada. Entre le père volage, la fille qui cache on ne sait quoi, ou on ne sait dans sa chambre, un grand garçon étudiant mais ayant énormément de dette et surtout une grand-mere ayant la main mise sur eux tous, car propriétaire de la maison, les traits humains dépeint dan la série sont des plus horribles. Sortie de la famille, elle-même, chaque personnage semble obsédé, le plus souvent, par ... l'ARGENT.
Car c'est bien le thème principal de la série et peut être pour moi ce qui amène le plus de malaise (avec la scène à l'hôtel, mais j'ai un cœur d'artichaut ). Que ce soit pour la famille recomposée de Mifuyu, les membres de la famille Kashima, ou même leurs amis ou leurs simples connaissances, ce n'est que l'argent qui les motive. De notre point de vue d'européen, on se dit souvent que pour être heureux l'argent n'est pas une fin en soi, mais dans la culture asiatique, le bonheur y est souvent associé. Et Mifuyu se rend assez vite compte qu'elle en aura vite besoin si elle veut réaliser ses rêves. C'est donc rapidement la fin de l'innocence pour elle, la transformant en tout ce qu'elle déteste. Elle qui du haut de ses 1,50 m paraissait si fragile, devient une femme manipulatrice piégeant toute la famille de son regard mortifère ( j'adore ). Telle un Nepenthes (prononcé comme vous voulez) cette plante carnivore, attirant les mouches dans son poison par un parfum de toute beauté et se nourrissant de ses proies les laissant mourir à petit feu, hahaha !
Mais ne soyez pas dégouté de son personnage, car on se rend bien compte, que plus que l'argent c'est d'un foyer qu'elle espère et d'une maison en particulier (on revient au bien matériel). Mais c'est peut-être d'ailleurs cette fameuse maison que chacun veut à tout prix, la plante carnivore. Elle se transforme petit à petit en Utsubokazura, absorbant l'âme de chaque habitant. La conclusion, qui vient assez vite d'ailleurs, nous dira qui sortira vainqueur de ce huit-clos où la maison prend le premier rôle.
Enfin la musique n'est pas en reste, collant parfaitement à l'ambiance et finissant avec un titre de Spyair qui dépote. Donc visionnez les deux premiers épisodes, faite vous une idée et n'ayez pas peur de ce que pense les voisins. De toute façon, ils veillent à la tenue des bonnes mœurs dans le quartier.
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Complètement gagaga
Voila un drama de 2019 passé inaperçu par son thème principal, l'amour des tokusatsus. Ses séries de super héro en casque intégral , collants colorés et qui sont c tellement caractéristiques des années 80. Popularisée en France par X-or ou Bioman, les tokusatsus ont laissé un souvenir (bon ou mauvais) impérissable a toute un génération de français, également. Et cela bien avant que le genre ultra codifié par les japonais soit dénaturé par les Power Ranger. A la base destinées aux enfants (même pas aux ados) on apprend le long des seulement 7 épisodes qu'il existe de véritable Otaku du genre. L'ambiance qui se dégage de la série fleure bon la nostalgie 80. Ses figurines Bandai et ses génériques qui résonnent dans nos cœurs. Car c'est un véritable cri d'amour pour le genre et à la culture pop japonaise en général. Le karaoke, les boys band, les petits magasins de jouet au détour d'une rue, les représentations lives ou film 'spécial' tourné pour les fans. Tout y est. Un hymne également à garder un cœur d'enfant. On se retrouve tellement dans cette héroïne, la belle Koshiba Fuka spécialisée maintenant dans les rôles de filles perdues en proie à des choix de vie et quelle interprète toujours de manière si touchante et drôle. Tiraillée entre son travail, sa mère qui ne supporte pas ses choix ou la société en général, ultra codifiée, du Japon. Un rôle principal féminin qui intensifie encore le sujet et résonne comme un hymne à la liberté et l'indépendance des femmes. On sent que l'auteur du manga d'origine a souffert de sa différence et on est heureux de se dire quand France, même si on nous regarde d'un air suspect, on sera plus tolérant avec les adultes passionnés de manga, animé ou Drama. Un hymne a la joie, à la tolérance, drôle évidement et trop court malheureusement. Et en plus y a des hommes en collants moulants.Was this review helpful to you?

