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  • Last Online: 3 days ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
  • Roles:
  • Join Date: August 15, 2020
Completed
Forget You Not
0 people found this review helpful
20 days ago
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 7.5
Rewatch Value 9.0

N'oubliez jamais, j'ai entendu mon père dire...

Voilà une série prenant le thème de l’abandon comme fil directeur de ses huit épisodes, et pourtant elle arrive à se réinventer à chacun d’eux. Il faut dire qu’avec Ying Shiuan Hsieh, l’histoire de son personnage devient tout simplement passionnante, et révèle une nouvelle fois une justesse, un réalisme et une transmission d’émotions que peu d’actrices, sont capables d’offrir. Même si mes connaissances sur les actrices taïwanaises sont encore embryonnaires, j’ai vite compris qu’elle faisait partie du haut du panier des brioches vapeur.

OK, j’entends le silence gêné dans la salle laissé par cette blague de mauvais goût, et pourtant Dieu sait que j’aime la nourriture chinoise. Mais j’aime également le stand-up, et c’est justement l’activité principale de notre héroïne du quotidien dans la série.

Cet autre fil rouge, loin d’être invisible, permet à la série de passer du rire aux larmes sans temps mort. Comme les prestations sur scène d’une comique confirmée, chaque épisode est une véritable montagne russe d’émotions. Je ne peux évidemment que saluer les choix des académies pour les nombreuses récompenses attribuées à Ying Shiuan Hsieh, mais dans ce rôle de quadragénaire, elle crève littéralement l’écran. Elle nous fait rire avec son show et nous entraîne dans sa dépression lors de longues séquences larmoyantes dans sa vie.

Il faut dire que l’histoire est profondément universelle. La gestion du grand âge est certainement le défi majeur de toutes les sociétés actuelles, de l’Asie à l’Amérique, en passant par l’Afrique et l’Europe. Si élever des enfants était l’aventure moderne du XXe siècle, bien vieillir pour nos aïeux, et les accompagner pour nous, lorsque l’on a 40–50 ans et que l’on est accaparé par son travail, sa progéniture, son conjoint ou son absence de conjoint, résonne comme l’aventure moderne de ce siècle. À travers le miroir de la démence, c’est l’oubli, la solitude et le vide de nos vies qui se reflètent. Cette série est alors ressentie comme un manuel de survie pour la quadra moderne. La solitude est bien présente pour toutes ces femmes encore plus que pour les hommes, en général, et le père en particulier. Malgré la bande de copines et même pour la mère de famille, tant le mari est une caricature de mari absent.

Pourtant, on est rarement dans le pathos. Le père, conscient de son état et de son âge, perdant ses amis les uns après les autres, continue de donner de l’énergie positive en faisant son show, jusqu’à l’épuisement. Pierrot lunaire, il remplit de poésie certaines scènes, tranchant avec le réalisme de la vie de sa fille. On découvre avec tendresse la relation qui lie père et fille, dans le présent comme dans les nombreux flashbacks, joués par des acteurs plus jeunes mais pas moins talentueux, où celui-ci s’efforçait de faire bonne figure lorsqu’il élevait sa fille seule tout en montrant de l'égoisme. Forgeant ainsi le caractère de sa fille, idéalisant une mère plus contactée depuis 30 ans

On vibre avec Ying Shiuan Hsieh dans ses réussites professionnelles, amoureuses et sa quête de retrouver sa mère et on espère que tout se finira bien pour ces personnages si attachants et parfois si drôles. Mais le réalisme de la série nous rattrape, certainement comme nos problèmes dans la vraie vie. Forget you not est une vraie réussite d'une toute débutante réalisatrice Rene Liu connue pour ses 30 ans de carrière d'actrice. Ce manuel de vie universel et poétique est ma série préférée de 2025, et vous ne l'oublierez jamais.

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Completed
Born for the Spotlight
0 people found this review helpful
Apr 5, 2026
12 of 12 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 9.5
Rewatch Value 9.0

Les 90% manquants

Dans ma quête des meilleurs dramas taïwanais, je lorgne évidemment du côté des productions Netflix, le pognon dégoulinant souvent à l'écran, si ce n'est que pour le casting, la musique ou le scénario/production. Born for the Spotlight regroupe ces trois sommets de la triforce d'un drama d'exception, alors même avec trois ans de retard sur sa sortie et seulement 6 mois d'apprentissage du mandarin, j'ai pris un plaisir de dingue à suivre l'ascension et la chute de ce qui se fait de mieux en termes d'actrices taïwanaises.

En effet, la frontière entre la fiction et la réalité n'a jamais été aussi mince que dans cette série. Bien sûr, dans le monde et jusqu'en France, comme avec Dix pour cent, il y a bien des séries qui dépeignent la vie des acteurs et du showbiz. Mais pour me passionner à ce point, c'est bien que celle-ci coche toutes les cases d'une série parfaite.

Je connais encore très peu les acteurs taïwanais, 20 ans de dramas japonais ne se remplaçant pas si vite, mais si je devais désigner des prix, l'ensemble serait raflé par le cast :
- Prix de la révélation féminine pour Lin Ting Yi
- Prix du meilleur second rôle ex aequo pour Annie Chen, Isa Hsieh ou Gui Mei Yang
- Prix de la meilleure actrice pour Ying Shiuan Hsieh et bien sûr prix spécial pour l'ensemble de sa carrière, du fait qu'elle n'en a jamais reçu, pour Cheryl Yang.

Si on ne devait d'ailleurs retenir qu'un personnage, c'est elle qui l'incarne le mieux. Dans le rôle de Chou Fan, elle semble si réelle et nous rappelle tellement d'actrices, même françaises, qu'il en est flippant de vérité. Mais encore une fois, tous les rôles le sont.

Chaque personnage représente une période de la vie d'une actrice, comme on pouvait s'y attendre. Mais loin d'être pathétiques, elles montrent chacune force et faiblesse en se montrant tellement humaines. Même quand elles sont exécrables, elles sont aimables. Cet hymne à l'amour envers le cinéma et la TV est une déclaration sans faille mais non sans humour. Si l'amour et l'amitié, notamment entre femmes, sont au cœur du scénario, l'humour est omniprésent et quelle que soit la période de notre vie, notre genre ou notre statut marital, nous trouverons dans ce drama de quoi nous fendre le coquillard. Il respire la bonne humeur autant que les bons sentiments et les coups bas. On vibre pour la jeune première, on espère un happy end entre la bande de copines ou une réconciliation entre la mère et la fille… et tout ça avec une production réaliste, sans chichi, mais surtout sans fausse note. La musique et les insert songs pop rajoutent de la l'énergie, déjà bien présente grâce au cadrage, au rythme moderne et au savoir-faire de Netflix et des réalisateurs taïwanais.

Un must de la production locale, qui montre toutes les facettes du travail cinématographique, sans temps mort un humour ravageur et surtout avec une sincérité sans faille. À regarder avec ses amis perdus de vue depuis si longtemps.

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Completed
SPEC: Life
0 people found this review helpful
Apr 5, 2026
1 of 1 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 9.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 8.5

Le repos éternel... pour le moment.

Si la première saison de Spec se terminait sur un « what the fuck » de dingue, laissant le fan dans une détresse inconsolable durant plus d’un an, le film Spec: Life, sorti en 2012, comptait bien le ramener à la vie, zombifié qu’il était par le climax du dernier épisode.
Ce film regroupe en 1h30 le meilleur de la série, avec un côté plus sombre, pour ne pas dire plus mature.
La maturité, en effet, se révèle surtout dans le personnage de Erika Toda, qui, si elle avait bien caché son SPEC durant 10 épisodes, montre ici une utilisation outrancière de son pouvoir. « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » n’a jamais été aussi vrai que dans cet épisode. Tout est décuplé par rapport à la série, du fait que les événements ont maintenant un retentissement mondial, et surtout par la présence de quasiment tous les acteurs de la première saison. Sans en dire plus sur le scénario, une nouvelle fois complètement barré, c’est un vrai bonheur de revoir Ken Yasuda, Ryunosuke Kamiki ou encore Tetsushi Tanaka, évidemment dans des flashbacks…

La longue liste d’acteurs éclipse de fait Erika Toda et Ryo Kase, d’autant plus que Kazuki Kitamura, dans un rôle de yankee/yakuza/flic, occupe parfois tout l’écran… mais pas toujours dans le bon sens. Il forme alors avec Kase Ryō un sacré duo de flics : le chien fou et le mec posé, comme dans tout bon buddy movie et rappelant le duo du début, séparé pour les besoins du scénario.

S’entrechoquent alors des conflits d’intérêt entre les ex-partenaires, rendant cet épisode particulièrement prenant. Si l’humour s’est déporté sur Kitamura Kazuki, l’ambiance est bien plus sombre.

Cet épisode, devant servir de conclusion à la saga, pose des questions éthiques et morales sans fin. Sebumi-san, étant droit et intègre comme jamais, cherche de bout en bout à sauver Saya-chan de la malédiction du pouvoir.
L’heure et demie passe sans temps mort. On aurait tout juste souhaité que ce soit plus long. Mais cette conclusion n’en était, en 2012, évidemment pas une, tant nos personnages avaient encore à donner.
Ceci dit, un amateur d’occulte et de SF doit avoir vu la première saison et cet épisode pour pouvoir mourir tranquille… à condition que Tōma veuille bien nous laisser reposer en paix.

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Completed
SPEC: Birth
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Mar 23, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 9.5
Rewatch Value 9.5

La Spec-tialité du Drama Japonais

Si un drama a marqué la décennie précédente, c'est bien Spec. Sortie à une époque où le Japon exportait encore peu ces Dramas, Big N permet aujourd'hui à toute une génération de découvrir la folie qui frappe souvent les scénaristes japonais, matière de super-héros, ou de Buddy Movie.

Et pourtant, à l'écran comme sur le papier, rien ne prédestinait cette série à devenir culte. Deux acteurs à la renommée encore balbutiante en les personnes de Kase Ryo et la jeune Erika Toda avaient encore tout à prouver à l’époque. Des sidekicks bedonnants, voire ridicules, et surtout une ambiance et une mise en scène à la Derrick. Je prends volontiers un exemple occidental m’adressant non pas aux fans de la série ou même de séries policières japonaises du début des années 2000, mais bien aux néophytes, ayant quand même les séries soporifiques de papy et mamie en référence. Démarrant et prenant en bonne partie place dans ce bureau austère de la section Mushou, la mise en scène, les « bon sang, mais c’est bien sûr », les « Hercule Poirot » ou les explications de notre enquêtrice à l’oreille du coupable dans les cinq dernières minutes rappellent tellement tout ce qui s’est fait ces cinquante dernières années, d’Agatha Christie à Detective Conan en passant par Columbo. Si bien qu’on était prêts, pour beaucoup de jeunes de 2010, à passer notre chemin.

Mais il a été évoqué dans cette trop longue introduction qui semble figé le temps, peut-être, les uniques points négatifs. Car tout le reste n’est que bonheur, faisant de cette œuvre une masterpiece du drama japonais, toutes catégorie confondues.
Le thème encore peu exploré à l’époque des pouvoirs surnaturels et de la section d’enquête rappelle évidemment X-Files, mais avec un humour décalé et une écriture loufoque, que permettent toutes les dingueries du thème. Un mélange de buddy movie et de X-Files dans une ambiance à la Derrick, mêlant humour, suspense et émotion avec un minimum de moyens.

Le côté cheap de la série (tout du moins dans les premiers épisodes) est largement compensé par la prestation de nos deux acteurs. Sebumi froid, strict mais tellement touchant au fur et à mesure de sa progression dans ce monde irrationnel. Tout le talent d'une futur star de cinéma qu'est devenu Kase Ryo après cette série était déjà là. Se baladant avec son petit sac en papier, il fait autant de peine qu’il impose le respect, mais toujours avec classe. Il incarne à la perfection le Japon de l’ordre, des traditions et de la hiérarchie. Mais les temps changent, preuve en est le rappel permanent à la construction de la Skytree, symbole de l’ouverture du pays à la modernité et au reste du monde.

Symbole incarné également par la pièce maîtresse de l’œuvre, celle qui porte sur ses épaules toute la perfection de celle-ci, c’est bien sûr Toda Erika. Alors qu’elle servait surtout de faire-valoir à des partenaires masculins comme dans Liar Game encore deux ans plus tôt, elle crève littéralement l’écran dans son rôle de Toma. Cassant par la même tous les codes attribués au genre féminin dans les dramas, y compris d’enquête. Fini l’ingénue sexy en admiration devant l’enquêteur. Fini également l’intellectuelle, rat de bibliothèque… mais sexy. Non, Toma est crasseuse, lourde, vulgaire, autoritaire, maladroite, et passe les dix épisodes avec un bras dans le plâtre, sa valise dans lautre main. Toma n’a rien d’une Cendrillon, les cheveux sont sales, elle sent l’ail et ingurgite des gyoza à longueur de journée, et tout ça la rend pourtant tellement fascinante. Elle incarne la série, mettant à genoux tous ses partenaires, qui semblent alors jouer leur rôle comme des enfants.

Il y a bien d’autres personnages emblématiques, comme le chef trop vieux pour sortir avec la toute jeune Arimura Kasumi (16 ans à l’époque), mais vous vous en doutez, ils sont tous d’un pathétisme absolu, dénonçant il y a 16 ans déjà le patriarcat maladif d’un Japon toujours dans une mouvance paternaliste. Mais tout n’est pas parfait dans la série, comme la tendance de Sebumi, dans les premiers épisodes, à facilement donner un coup à sa partenaire, rappelant qu’en 2010, le machisme, c’était aussi ça.

Erika met clairement un coup de pied dans la formule et est propulsée, grâce à ce rôle entre autres, dans la cour des grandes actrices, mais aussi des influenceuses de l’époque. Et tout ça avec un humour ravageur, des situations plus loufoques les unes que les autres. Les Specs permettent tous les délires, mais même sans cela, avec un duo aussi en iconique, une musique et même une ambiance sonore aussi prenantes, Spec reste LA série de l’ère Heisei, cette période qu’on essaye d’oublier par un grand lavage de cerveau. Mais impossible d'effacer un souvenir si odorant.

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Completed
Miss King
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Mar 11, 2026
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Kishi drama

2025 a été le retour du shogi dans les dramas. Le sport cérébral numéro 1 au Japon s'est fendu de deux dramas le mettant à l'honneur dans des contextes en manque, malheureusement, d'originalité. D'abord Hotei no Dragon remettait sur le devant de la scène Mone Kamishiraishi sans vraiment me convaincre, puisqu'il n'était rien d'autre qu'un énième lawyer drama. Puis Miss King et sa promesse d'épisodes courts (38 minutes), peu nombreux (8), mais efficaces pour renouveler le genre du revenge drama, grâce à des stratégies issues du shogi. Tient-il plus la route ? Il serait de bon ton d'analyser la feuille des déplacements d'après-match pour le savoir.

Je suis donc arrivé sans trop de difficultés jusqu'à la finale (des épisodes) et voté pour la promulgation en kishi de ce revenge drama. Mais je dois avouer être encore perplexe. Si voir Non dans un premier rôle enchante par sa fraîcheur, sa simplicité et son franc-parler, l'histoire reste plutôt creuse. Vue mille fois dans d'autres contextes, on est loin de la psychologie et des émotions de March Comes in Like a Lion, le maître étalon du genre, celui du "petit génie du ... ".

Bien sûr, Miss King est une excellente entrée en matière pour découvrir le monde du shogi. J'ai bien dit le monde, et pas les règles, car le néophyte sera tout simplement incapable de suivre un tant soit peu une partie. Heureusement, les scènes courtes consistent surtout en des plans sur les visages des concurrents et un rapide survol du plateau afin d'apprécier les différentes manières de déplacer les pièces. Du glissement hésitant au claquement de celles-ci sur le plateau, toute la subtilité de l'attaque psychologique envers l'adversaire réside dans le simple bruit de la pièce posée sur le bois.

Si la trame principale n'est pas très passionnante, classant la série dans le genre shonen avec des sensei à gogo, fusionnant maître Miyagi avec maître Yoda et transformant la « miss padawan kid » fougueuse en génie du calme et de la réflexion, la production essaye quand même d'envoyer des messages au spectateur. Mais là aussi, sans réelle finesse. Miss King interroge la parentalité, en reprenant de la manière la plus maladroite possible la vieille rengaine du « Papa outé ». Elle dépeint également la condition féminine dans le monde du shogi, parabole de la société japonaise actuelle (ou presque). Ce manuel du féminisme pour les nuls hérite lui aussi de clichés grotesques (mais en cours encore dans ce milieu), femmes méprisées par des hommes se croyant encore à l'ère Edo. Mais qui n'arrivent à convaincre qu'eux-mêmes.

Reste la prestation de Non, qui aurait mérité une réalisation plus ambitieuse, des sidekicks et des histoires parallèles d'opposants détestables devenant des alliés essentiels sur plusieurs épisodes, par exemple. Les personnages secondaires sont aussi transparents que l'a été son père durant son enfance. AbemaTV a clairement décidé de ne pas ennuyer le public avec des longues side story, et le choix est plutôt discutable, sachant la réussite de March Comes in Like a Lion dans ce domaine.

Peu de profondeur de toute part, cette série ne laissera donc que peu de traces dans le monde des shonens sportifs, rendant contre-productif son message. Comme si la première kishi femme n'était pas un événement en soi. Comme si les femmes n'étaient pas capables de tout abandonner pour leur passion comme un homme, esclaves de leurs émotions qu'elles sont. Pour ce monde moderne qui souhaite tant revenir au système patriarcal de l'ère Edo, la part de féminité est un poison à combattre, ramenant la gent masculiniste à sa propre faiblesse. Ce drama révèle toute la bassesse de l'homme avec un petit h et c'est déjà ça !

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Completed
Setsuen Chase
0 people found this review helpful
Feb 6, 2026
2 of 2 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 7.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Le colonel Moutarde, avec le snowboard, dans la bibliothèque

Voilà le drama idéal pour faire honneur aux sportifs japonais participants aux JO de Cortina. Un détective un peu pataud, accompagné de sa jeune recrue dynamique, cherchent le suspect d’un meurtre au beau milieu d’une station de ski. C’est le pitch d’un "Spécial" de Noël, spécialité japonaise comblant le trou des programmes entre la fin des séries d’automne et le début de celles d’hiver. Si, en plus, ces spécialités saisonnières et télévisuelles peuvent rassembler les familles devant le poste, durant le shōgatsu, moi, diffuseur, je dis "j'achète !" pour les recettes publicitaires.

La recette du pactole ? Une série consensuelle et familiale. Une réunion d'acteurs identifiables et appréciés des familles comme Muro Tsuyoshi et Nakama Yukie et un petit beau gosse maladroit en la personne du gendre idéal Hosoda Kanata. Un cadre paradisiaque, c’est fait aussi : les montagnes sont magnifiques en toute saison et une entrée d’argent supplémentaire avec la promotion éhontée de la station complétera les frais engendrés par les cachets des acteurs. Un scénario simple, voire simpliste, achève la recette, même si Higashino Keigo, grand auteur de roman de gare, est cité dans le titre.

Artistiquement et scénaristiquement, cette série en deux épisodes n’a pas d’autre intérêt que de nous faire passer un moment tranquille au coin du feu un dimanche d’hiver durant ces Jeux olympiques où les Japonais vont certainement briller en snowboard, vu le niveau dans la série. Nous, on assénera des « yokatta » chaque fois que les protagonistes se les pèleront dehors. Les paysages de montagne sont magnifiques, sublimés par la HD, et vont clairement faire augmenter la clientèle de cette station dès les prochaines vacances d’hiver.

Le but de cette série est donc atteint. Mais la déception de ne pas avoir vu plus de folie dans ce Spécial, aussi. Hosoda Kanata et Nakama Yukie sont quand même connus pour ça. Le personnage du détective a une retenue et une soumission à ses supérieurs décevantes. Seules quelques grimaces le sauvent.

Bref, faites votre opinion vous-mêmes : les Tantei Drama se passant dans des décors extérieurs sont assez rares pour piquer votre curiosité. Mais attention, le froid, ça pique vraiment.

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Completed
Bento Harassment
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Jan 18, 2026
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

La boîte aux sentiments

Shinohara Ryoko fait partie du paysage médiatique depuis tant d’années qu’elle donne l’impression de faire un peu partie de la famille. C’est donc tout naturellement qu’elle prend le rôle de cette mère courage, un peu cinglée mais tellement aimante envers ses deux filles.

Une single mother des années 2000, mise à l’écran en 2019, et révélant le potentiel comique de cette touche-à-tout du PAJ, paysage audiovisuel japonais. Pendant presque deux heures, elle accompagne le difficile passage de l’âge bête à l’âge un peu moins bête de sa seconde fille.
Rien de bien nouveau dans ce film qui reprend les codes du teenage movie : mère oppressive, fille rebelle… Chacun trouve cela normal, mais quand on vit sur une île à 300 km de Tokyo, en plein milieu du Pacifique, cela prend une ampleur cinématographique.

Alors que Yoshine Kyoko avait déjà une longue carrière derrière elle, du haut de ses 21 ans, elle incarne, grâce à sa morphologie, le rôle d’une lycéenne de 16 ans, et ça passe dans la quasi-totalité des scènes.

Le film pourrait détendre un moment, mais il s’éternise sur des banalités, le conflit générationnel (mais avec beaucoup d’amour), la quête de soi, les envies futures, le poids de la société. Ce teenage movie, vu du point de vue de la maman et un peu de la fille, n’apporte finalement pas grand-chose à part un déversement de bons sentiments. Il résonne comme une parabole de l’envol de l’oisillon du nid, thème tellement abordé dans les médias depuis que la dernière aventure moderne semble être de fonder une famille.

Les bentos auraient pu être la véritable star du film, mais ils restent drôles sans être vraiment fun. On sourit un peu avec Sadako, mais quel adolescent n’a jamais traité sa maman chérie de démon ?

Les paysages sont beaux, les sentiments le sont aussi, alors ne vous privez pas, mais ne le regardez pas si vos enfants viennent ou vont quitter le nid, des larmes risquent de couler jusqu’à l’océan. Pour les autres, ce sera plutôt : « Ma mère est aussi comme ça ! », mais au fond, on rêve tous d’en avoir une ainsi.

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Completed
Fake Mommy
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Jan 4, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 8.5

Mamans Poules

Une histoire de cachotteries réunit deux des actrices les plus douées de leur génération : Haru en super nanny coincée et Kawaei Rina en maman fantasque aux préoccupations légères. Si le ton peut paraître léger, rappelant une certaine Anya Forger découvrant l’élégance de l’académie Eden, la série n’en est pas moins profonde et touchante. Elle contribue, comme d’autres ces dernières années, à interroger la notion de famille au XXIᵉ siècle, face à des mœurs japonaises figées à l'ère Edo.

Le parallèle avec Spy×Family s’arrête toutefois assez vite. C’est même presque l’inverse : la sympathique Ikemura Aoi est un génie né, prête à tout pour intégrer l’école réservée aux enfants surdoués du pays. Pas de chance, comme dans la célèbre série d’espionnage à la fake family, il faut être issu d'une famille "équilibrée" de la haute bourgeoisie pour intégrer l'académie. Sa mère, auto-entrepreneuse dans la vente de jus de fruits, n’a ni le pedigree ni le temps à consacrer à la scolarité de sa fille, qui rêve de devenir astronaute, ou tout du moins astronome. Face à un tel rêve et à un tel potentiel, elle commet l’impensable pour faire plaisir à sa fille : une mère de substitution. Haru Poppins elle même surdiplômée, mais au chômage, prend alors sa place pour parvenir à l’inscrire dans cette école d'élites

On pourrait alors espérer une multitude de quiproquos, de moments gênants et hilarants pour préserver le secret, mais Fake Mummy n’est pas un gag manga comme SXF. Pleine de bons sentiments, elle pourrait laisser présager de longs moments pathos. Pourtant, des mystères et des moments angoissant viennent parsemer la série et ils sont plutôt bien menés. La réalisation comme l’écriture évitent l’ennui et tiennent en haleine, notamment grâce au soutien de très bons acteurs. Les trois acteurs masculins principaux forme d'ailleurs un trio d'élégance, chacun dans leur genre.

Se croisent alors une guerre entre deux start up, dont la rivale de Kawaei est dirigée par un salaud toujours aussi magistral dans ce rôle qu'est Kasamatsu Sho, des cachotteries faites à d’anciens camarades de classe, et des mensonges omniprésents envers ses amis les plus chers. Les histoires d’amour qui naissent entre les protagonistes sont de ce fait rudement menées. À cela s’ajoutent des seconds rôles certes vus mille fois, comme les parents délégués au pouvoir surdimensionné dans l’école et au profil aussi inquiétant que drôle.

Mais l’essentiel est ailleurs. On retrouve dans cette série ce qui fait le charme d’une présence d'enfant. On ne peut qu’être touché par la maturité d’Aoi-chan face aux déboires des adultes et à l’énergie qu’ils déploient pour son bonheur. Le trio qu’elle forme avec Haru et Kawaei Rina touche à coup sûr. Des moments de vie traversent ces dix épisodes, critique une fois de plus d’une société sclérosée, mais sans temps mort, et l’émotion est régulièrement au rendez-vous. La série est moderne : elle dépeint des familles de 2025, et vous vous reconnaîtrez forcément dans l’un ou l’autre des personnages.

La beauté de cette série n’a d’égale que le nombre de "grains" visibles à l’écran, et pas seulement celui d'Haru. Et comme si être le grain de beauté le plus célèbres du Japon ne suffisait pas, Haru termine la diffusion de celle-ci en même temps qu'elle célèbre son mariage avec Takasugi Mahiro, marquant l’année 2025 de son empreinte. Une autre figure marquante de l’année participe à la messe : la talentueuse Chamina, qui signe un ending de très haut niveau.

Après tous ces mystères et ces émotions, il est temps pour moi d’aller prendre une claque de romantisme avec Watashi no Oyome-kun. Sûr qu’il aura désormais une autre saveur.

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Completed
Cube
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Jan 2, 2026
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

La boucle est bouclée, encore et encore...

C’est en me faisant une rétrospective Masaki Suda que j’ai eu comme une impression de « déjà-vu » avec ce film de 2021. Mon présentiment ressemblait à un passage d’une pièce à une autre, tout en rentrant toujours dans la même, et cela sans jamais trouver la sortie. Et c’est en voulant chercher le lien sur « le dieu Internet » entre As the Gods Will et Cube (ceux qui ont vu les deux comprendront) que je me suis rendu compte que j’avais déjà vu ce film il y a bientôt… 30 ans.
Et oui. Dans une autre vie, avant d’être passionné par le drama japonais, je faisais un cursus mathématique et découvrais par la même occasion, en 1997, Cube sur les écrans. Presque dix ans avant Numbers, la série américaine, le Canadien Vincenzo Natali réalisa cet hommage aux mathématiques et inventa du coup le concept d’escape room « en live » (avant, c’était du point & click, mais ça, c'est de la préhistoire). Bien sûr, depuis Running Man (1982) de Stephen King, rien de nouveau dans le survival game. Chacun dévoilait déjà sa personnalité dans un jeu de la mort, et en 2021 comme en 1997, ce n’est pas l’ultraviolence des scènes gore qui devrait attirer le spectateur. D’autant plus que même un évidage de tronc ne provoque pas des litres de sang à l’écran dans cette version de 2021, la rendant presque aseptisée.

L’avantage d’avoir complètement oublié l’original, et n’étant pas un cinéphile, je me contenterai, comme 99,9 % des spectateurs de 2025, de regarder Cube avec l’œil des années 2020, et seulement celui-ci. Donc pas de déversement de haine de ma part pour un massacre de l’œuvre originale, la note moyenne sur ce site en est surement déjà la conséquence.

Pas de déversement non plus de haine pour un massacre des mathématiques. La (ou les) cellule(s) est/sont décorée(s) par l’éponge de Menger, et le design est donc tout à fait dans le thème, voire classieux. En se concentrant bien, on comprendra les allusions aux nombres premiers, aux coordonnées cartésiennes, au Rubik’s Cube et bien sûr aux nombres fractals, hyper à la mode dans les années 90. Entre vulgarisation et concepts quand même perchés, vous ne serez toutefois pas trop perdus. Surtout pour additionner 3 chiffres avec Masaki Suda. Car si Cube (2021) n’apporte rien au niveau du scénario, il permet tout de même de voir réunis cinq acteurs de haut rang dans la même pièce durant deux heures, même si c’est toujours la même. Alors qu’on serait prêts à payer une fortune pour les voir sur une même scène dans une pièce kafkaïenne ou d’Albert Camus, on a ici la chance de les voir jouer sans autre artifice qu’eux-mêmes, la comédie humaine. Certes, on comprend rapidement que ce film et leurs rôles sont purement alimentaires, ou peut-être un hommage, mais il faut bien nourrir les enfants et les plateformes de streaming. Leur cachet a dû être inversement proportionnel au budget décors, réutilisé à l’infini, mais ça valait le coup de les réunir.

Bien sûr, les révélations de leur passé sont complètement bidon, voire spoilées dès les dix premières minutes, tant la mise en scène à la japonaise sait trop bien le faire. Le rôle de Watanabe Anne est assez vite compris, tant elle est absente des événements. Les sous-entendus du jeune garçon face au grand-père, ou à son onii-chan de circonstance en la personne de Masaki Suda, et les flash-back sans aucune subtilité de ce dernier nous font assez vite comprendre les enjeux sociétaux de l’œuvre. Bien sûr, ils n’ont rien à voir avec les maths, mais en tant que professeur, et malgré tout le manque de finesse dont fait preuve l’œuvre, ils sont tout aussi importants, si ce n’est fondamentaux, dans le métier. Cette fractalisation de la vie d'un homme adulte, qui se répercute sur le futur adulte qu'est l'enfant, à l’infini, fait écho à l’infinité des concepts abordés. Si vous passez à côté en ne voyant qu’une énième « jeu de la mort » dans ce film, forcément l’œuvre vous paraîtra aussi creuse que le cube de Menger, qui, par son infinité de trous, ne pèse rien.
Ce paradoxe fait écho à un film bourré d’acteurs talentueux, mais tellement plein de trous qu’il en devient vide de talent. La boucle est bouclée.

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As the Gods Will
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Jan 1, 2026
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

1, 2, 3 Kagome

Alors que je m’étais juré de ne plus chroniquer un battle royale après Samurai Standing, de peur de tous les trouver fades, me voilà pourtant à critiquer l’un des fondateurs du genre « jeux d’enfants/massacres sanglants ».
Si certains pensent encore à Squid Game, c’est peut-être parce qu’il aura fallu attendre presque dix ans pour pouvoir enfin profiter de As the Gods Will de Takashi Miike sur un écran européen. Bien sûr, les plus chanceux avaient pu le découvrir dès 2014 dans plusieurs festivals, notamment spécialisés dans le cinéma d’horreur. Mais le curseur de ce qui est « supportable » pour un public occidental s’étant largement déplacé avec Squid Game il y a déjà cinq ans, on peut enfin rendre hommage à ce précurseur d’un genre déjà galvaudé par les mangas en 2014, en le visionnant aujourd’hui sur Prime Video.

En réalité, les fans de manga connaissaient déjà bien la série achevée en 2017, connue en France sous le bien nommé "Jeux d'enfants". Et après Mirai Nikki, Doubt et bien sûr Battle Royale, ce n’est pas en 2014 que le fan allait être scotché par un énième jeu de massacre entre lycéens. Heureusement, dans le film en tout cas, Takashi Miike va droit à l’essentiel. Dès les premières images, les têtes explosent, le sang gicle, avec des effets spéciaux encore non pollués par l’IA. C’est cru, c’est violent, c'est dérangeant...

La seule justification de ce jeu de massacre, c’est que le héros, incarné par sa muse, Sôta Fukushi, s’ennuie dans sa vie de lycéen. Pas d’enfance misérable, pas de harcèlement scolaire qui pourrait évoquer une vengeance méritée envers ses camarades. Non : il s’ennuie. Et ce premier Daruma Game l’amuse presque tant il le sort de sa torpeur. Ce jeu de type « 1, 2, 3 soleil » frappe directement l’esprit du fan d'une certaine série coréenne, et évidemment les similitudes ne cesseront de parasiter, ou d’alimenter, le plaisir sadique que l’on peut trouver à suivre les mésaventures de ces lycéens, sans aucune justification morale.

Mais si, comme moi, vous avez été frustré il y a 5 ans par le succès de Squid Game au détriment des anciens et nombreux survival games japonais, As the Gods Will disponible partout est une revanche jouissive. Les jeux traditionnels sont bien là, sanguinaires et non dénués d’humour noir. Les effets visuels sont bluffants, notamment avec les poupées Kokeshi ou le Manekineko, et l’on se plaît à entendre des références populaires comme le kagome kagome ou le shiritori.

Mais tout n’est pas parfait. Si les costumes et les décors oscillent entre un collège tout droit sorti des années 80 et Le Monde de Narnia, donnant un côté kitsch clairement assumé, voire revendiqué comme un hommage, c’est surtout la vacuité du scénario qui pose problème. D’accord, le film se veut un brûlot dénonçant la violence gratuite de la société, notamment chez les jeunes, la santé mentale, tout ça… mais clairement, les scènes en dehors de l’arène scolaire sont d’un non-sens et d’une inutilité pathétique.

Le problème vient surtout du fait que, dix ans après, la suite, c’est-à-dire l’adaptation des autres tomes, n’est toujours pas en chantier. Ce premier opus reste donc orphelin des explications nécessaires à cette introduction et à la venue d'autres personnages.
Nul doute que si le film était sorti initialement à l’international via Netflix, dans la lignée de Squid Game, le succès aurait été au rendez-vous et une suite aurait sans doute répondu à toutes les questions laissées en suspens. Les personnages secondaires introduits resteront donc un mystère, même s’ils sont ultra clichés, renforçant encore l’hommage au cinéma de genre : l’hikikomori qui se découvre super-héros, l’attaque extraterrestre, ou encore le vieil homme sans-abri, déchu mais sans doute surpuissant.
Bien sûr, il faudra lire le manga pour aller plus loin… mais après la folie meurtrière de Takashi Miike, il risque de me paraitre bien pâle.
Tout comme un certain Squid Game.

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Completed
Frontline
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Dec 28, 2025
Completed 0
Overall 8.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Alors là , elle ne s'amuse plus du tout !

Replonger dans la période du coronavirus, ça vous dit ?
J’ai eu la même réaction que vous en lisant le pitch de Yokohama: Frontline. Mais une fois passée la remontée des mauvais souvenirs de l’époque (déjà cinq ans), je me suis demandé : qu’est-ce que je sais vraiment de l'histoire du Diamond Princess ?
Cette croisière destinée à une clientèle étrangère ultra riche, qui a viré au cauchemar, est un épisode que le Japon tente d’oublier, tant la gestion de la situation a été jugée inhumaine. Sans chercher à faire croire que la croisière s’est transformée en partie de plaisir, le film remet les choses en perspective et s’impose comme une pièce d’histoire qui ne cherche pas à la réécrire. Mais se taper deux heures anxiogènes vaut-il le prix de l’information ?

Deux avertissements posent clairement le cadre : le film se présente comme une docufiction dès le début du générique, et pour celui de fin, les producteurs s’excusent des libertés prises, notamment concernant le port du masque, afin de mettre en avant les acteurs et le drame humain. Les précautions sont évidentes, presque excessives, sans doute pour prévenir de nouvelles critiques et mets en lumière à quel point le sujet et délicat à aborder.
Car ce qui interroge le plus, et fait écho à d’autres catastrophes de l’histoire du pays, c’est bien l’opinion publique. On a du mal à s’en souvenir, surtout quand on entend parlé de l’hospitalité japonaise envers les étrangers, mais une véritable cabal s’est emparée de l’opinion lors de la mise à quai du bateau. Fallait-il débarquer les malades ? Les médecins pouvaient-ils rentrer chez eux ? Mais comme le dit un directeur d’hôpital acceptant de recevoir des patients : « Nous avons beaucoup à apprendre de vous ». Et nous avons donc beaucoup à apprendre de ce film.
Mais ce moment touchant reste une version Bisounours de l’histoire. En réalité, les refus des hôpitaux étaient légion, alors qu’aucun cas positif n’avait encore été détecté sur l’archipel. Et, portés par des médias en quête de sensationnalisme, ce sont les soignants eux-mêmes, ainsi que leurs familles, qui ont subi le rejet de la société tout entière. Le syndrome d’Hiroshima n’est jamais bien loin. Et au-delà des belles paroles de solidarité, qui se souvient encore des déplacés de Fukushima ?
Cela dit, tous ces faits sont relatés avec beaucoup de délicatesse et d'humilité. On suit le quotidien de la cellule de gestion des catastrophes, épaulée par un membre du ministère de la Santé résilient. Tout le monde apprend sur le tas, commet des erreurs, et la présence de Sakurai Yuki en reporter se découvrant peu à peu une conscience professionnelle, ainsi que Mori Nana, qui ne finit plus de me surprendre depuis Hirayasumi , donne un véritable intérêt au récit, au-delà du simple film catastrophe à visée informative.

On découvre certainement bien des choses sur la gestion du moment, notamment ce fameux transfert nocturne, à cinq heures de route du bateau. Mais l’essentiel du film réside dans la bienveillance qui s’en dégage. En cela, il se présente comme un hommage à tous ces soignants et à tous ceux qui étaient en première ligne en février 2020, alors que le monde oscillait entre indifférence et rejet.
Mais le monde a-t-il vraiment changé ?

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Completed
Last Samurai Standing
0 people found this review helpful
Dec 20, 2025
6 of 6 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.0
Rewatch Value 9.0

Demo-Slayer, mais pas que...

Une méfiance viscérale envers les productions Netflix m’a fait hésiter plusieurs semaines avant de visionner ce que beaucoup annonçaient comme un Squid Game féodal. Rien que cette étiquette suffisait à me repousser. Un énième battle royale, vingt-cinq ans après la sortie du premier film et prenant place de surcroît à une époque où trancher des têtes semblait aussi banal qu’un live TikTok, promettait surtout une avalanche de sang boostée aux effets IA, combinée à un scénario inexistant. La derniere saison d'Alice in Borderland à peine (mal) digéré, et d’autres séries certes esthétiquement irréprochables mais désespérément vides d’histoire, avaient encore refroidi mes ardeurs à l’idée de resigner un abonnement chez Big N. First Love ou le plus récent Glass Heart sont beaux, très beaux même, mais tellement creux. Or les émotions ont besoin de plus que du simple vernis visuel ou auditif pour être suciter.

C’est donc en prenant mon courage à deux mains que je me suis réinscrit sur la plateforme, prêt à rejoindre ces centaines de participants au grand jeu de l’ennui. Mais quelle erreur… ou plutôt, quelle surprise. Jamais je n’aurais imaginé être à ce point happé par la série. Moi qui pensais rester un simple spectateur, libre de quitter mon sofa à tout moment, je me suis retrouvé prisonnier du récit, incapable de décrocher avant la fin, ou la mort par ennui, ce qui, heureusement, n’est jamais arrivé.

Le premier épisode est d’un pathos assumé : à l’aube de l’ère Meiji, le Japon se modernise à marche forcée, laissant sur le bas-côté une population plus pauvre que jamais. Famine, choléra, chômage massif après l’éradication du métier de samouraï… N’en jetez plus, la misère est condensée en quelques minutes afin de justifier l'arrivée express au temple servant d’arène pour les premiers combats. Dans cette introduction, véritable tuto du desepoire humain, j’oubliais les dix premières minutes de boucherie et d’explosions, pré-introduction bien trop proche de celle de Golden Kamuy, pour apprécier toute la bestialité de la guerre.

Bref, tout le monde se tape dessus pour une poignée de yens. Les chorégraphies s’enchaînent comme dans un western spaghetti, ou plutôt dans les films de samouraïs qui les ont tant inspirés. Fist, Swords & Guns se mêlent dans un hommage appuyé au cinéma de kung-fu, à Kurosawa et à toute une cinématographie que l’on peut aussi bien adorer que détester. Mais c’est efficace, indéniablement. Imamura Keisuke, en charge de la photographie, n’en est pas à son premier coup d’éclat, et cela se voit immédiatement à l’écran. Visuellement comme auditivement, on assiste à ce qui se fait de mieux. Mais aussi artistiques soient-elles, des têtes tranchées et des gerbes de sang ne suffisent pas à faire une grande série.

Heureusement, celle-ci est adaptée d’un best-seller retraçant la transition entre le Japon féodal et le monde moderne. Une transition qui résonne fortement avec notre époque : disparition des agriculteurs, nouvelles guerres hybrides, IA omniprésente pour remplacer les emplois, appauvrissement généralisé de la population. Mais arretons d’accumuler les parallèles anxiogènes et concentrons-nous plutôt sur les acteurs, autre immense force de la série. Ils sont nombreux, tous remarquables, et méritent sans doute des salaires confortables aux frais des abonnés de la plateforme. Côté personnages « modernes », inutile de dresser une liste exhaustive, même si Iura Arata, Hamada Gaku et Tanaka Tetsushi impressionnent par leur justesse dans leurs costumes cintrés de fonctionaire, npuveau samouraï des temps modernes. Attardons-nous justement sur les vrais Ronins.

Évidemment, Okada Junichi, également producteur, s’octroie un rôle de choix, mais ses seconds couteaux sont loin d’être en reste. Abe Hiroshi et Ito Hideaki incarnent sans doute les plus belles pourritures jamais vues dans un anime... Oui, la faute est volontaire, tant le parallèle est frappant. Terrifiants, puissants, d’une brutalité fascinante, ces deux-là mériteraient presque un Oscar pour leurs apparitions pourtant sporadiques dans cette série. On sent le plaisir qu’ils prennent à incarner de tels rôles, et ce plaisir est contagieux.

Mais la véritable révélation de ce taiga moderne reste Kiyohara Kaya. Son nom peut surprendre si l’on connaît sa filmographie : beaucoup de romantisme, un peu de suspense, et surtout du sex-appeal. À seulement 24 ans, elle prend tout le monde à contre-pied avec un rôle de samouraï lanceuse de couteaux, s’investissant corps et âme dans les scènes d’action. Les mouvements sont naturels, sublimés par les kimonos, et chaque apparition est hypnotique. Sa présence, sa gestuelle, son jeu, jusqu’à ses répliques, font d’elle le véritable cœur du récit. Je me suis surpris à la contempler, comme ces gueux devant le théâtre au début du quatrième épisode.

Autre belle surprise : Sometani Shota, dans le rôle du bon samaritain mystérieux venu du Grand Nord. John Snow n'a qu'a bien ce tenir. Après de telles acrobaties, la prochaine saison de Golden Kamuy risque de paraître bien fade.

Mais tout n’est pas parfait au pays des cascades de sang. Le découpage reste très classique : les combats servent de prétexte à des flashbacks omniprésents révélant les liens entre les participants. Une mécanique bien connue depuis les shōnen des années 80 : Dragon Ball et Saint Seiya en tête. Malgré l’adaptation d’un roman qui se veut adulte, on se retrouve plongé dans un Demon Slayer permanent : némésis surpuissant, amitiés de circonstance constitutant un groupe hétérogène de caractères et compétences, éveil de celles-ci, quête d’un senpai et transmission avec le personnage de la jeune Fujisaki Yumia.

Difficile de savoir s’il s’agit de clins d’œil assumés au shōnen, ou si l’influence de l’esthétique anime est devenue si prégnante aujourd'hui que la production n’arrive plus à s’en détacher. Quoi qu’il en soit, on ne s’en plaindra pas. Les décors, les mouvements de caméra, parfois à la première personne, souvent en drone, surpassent ce que proposent même les meilleurs animes. Un vrai bonheur pour les amoureux des ères Edo et Meiji.

Malheureusement, malgré l’adaptation du roman de Shōgo Imamura, le manque d’ambition scénaristique finit par se faire sentir. Dès les premières minutes, on comprend l’objectif de ce jeu de massacre, si bien que la révélation du quatrième épisode tombe à plat. La seule question restante étant de savoir lequel des trois tire réellement les ficelles.

La décision de limiter la série à six épisodes de cinquante minutes, dont dix de générique, comme toujours chez Netflix et afin de tester la popularité avant une éventuelle suite donne, une fois encore, de l’urticaire. Elle nous pousse même à nous désabonner en attendant la suite. Suite qui, soyons honnêtes, sera probablement celle qui me fera ressortir la carte bancaire.

En attendant, Golden Kamuy fera très bien l’affaire.

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Completed
Escape
0 people found this review helpful
Dec 14, 2025
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 7.5

Impossible d'y échapper

Présentée comme la sensation J-Drama de l’automne, Escape avait tout pour faire un hit. Deux acteurs dans le vent, aussi jeunes que beaux, incarnés par Sakurada Hiyori et Sano Hayato. Une romance indémodable de la belle enlevée par la bête, qui finit par en tomber amoureuse. Des pouvoirs paranormaux, un mystère, et une production sans faille : moderne, léchée, accompagnée d’une bande-son aussi catchy que romantique.
Mais trop de générosité ne conduit-elle pas à l’indigestion ?

Si le premier épisode laisse présager le meilleur, avec une princesse plus proche de Fiona que de Sissi, on se rend vite compte que les épisodes défilent comme un énième resucé du Fugitif. Le kidnappeur a beau avoir commis un crime, l’enlèvement d’une riche héritière, il possède un cœur aussi profond que le vide de ses poches. Accompagné de sa victime, qui s’émancipe dès les premières minutes et finit plutôt par le diriger, il découvre qu’elle n’aspirait qu’à une chose : fuir son père et le monde bling-bling qu’elle déteste. Ces deux-là étaient faits pour s’entendre. Cassés par une vie faite de pertes tragiques, ils se montrent particulièrement sensibles aux personnes qu’ils croisent au fil de leur cavale.
On retrouve donc la mécanique habituelle : rester discret pour ne pas se faire attraper, tout en voulant aider, épisode après épisode, les personnes dans le besoin.

Mais le parallèle avec Le Fugitif s’arrête là, même si les Mustang que l’on croise un peu trop souvent dans une campagne évoquant l’Amérique des années 60 ne sont clairement pas là par hasard. La modernité des dialogues et des situations, influenceurs, presse intrusive, hacking, et surtout le pouvoir des couleurs, nous ramènent bien en 2025. L’écriture, combinée au jeu débordant d’humour de Sano Hayato, ne laisse aucun doute sur la jeunesse de l’équipe de scénaristes. Hayato est la véritable force de la série. Ses gaffes et sa gouaille yankee sont maîtrisées à la perfection, pour notre plus grand plaisir.

Sakurada Hiyori apporte quant à elle la dose d’émotion nécessaire pour contrebalancer un humour souvent potache. Les larmes coulent en cascade, sans jamais sonner faux. Nos deux Roméo et Juliette sont entourés d’une belle troupe de seconds rôles : Kitamura Kazuki, en père troublé, autant touchant qu'inquiétant. Son secret constitue l’un des grands enjeux de la série, mais son jeu peut fasciner autant qu'agacer. Même constat pour Shida Mirai, surprenante hackeuse dont la présence reste aussi mystérieuse que ses capacités informatiques. Ces intrigues parallèles relancent un trop grand classicisme de la romance à la "fuis-moi, je te suis".

Mais les moments passés devant Escape sont loin d’être perdus. Les acteurs sont beaux, l’intrigue prenante, et l’on peut presque faire son shopping en parallèle tant le style vestimentaire des héros respire l'ultrafashion. C’est d’ailleurs là que réside, pour ma part, le plus grand mystère de la série. Comment, en passant des nuits dehors, sans argent ni valise, parviennent-ils toujours à être aussi bien habillés et coiffés ? Pour une princesse, certes, mais notre mécanicien affiche lui aussi une chevelure brillante comme le soleil un épisode sur deux. Demanderait-il une coloration et une carte-cadeau Shein à ses hôtes en récompense de les avoir aidés ?

Qu’importe. Le thème central du mystère étant la couleur de l’âme, celles des personnages ne pouvaient être que chatoyantes. Le sens de la mise en scène, grande force des productions japonaises, associé à la bande-son, sans même parler de cet ending signé Leo Leiri en duo (évidemment), confirme une fois de plus son statut de princesse incontestée des tie-ups des romances modernes.

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Cloud
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Nov 25, 2025
Completed 0
Overall 7.0
Story 6.0
Acting/Cast 9.5
Music 8.5
Rewatch Value 6.5

Un film en plein brouillard

Je m'en suis réjoui de visionner ce film de Kurosawa Kiyoshi, maître du suspense à la japonaise. Il cochait toutes les cases : la promesse de réunir ce qui se fait de mieux parmi les acteurs de cette génération dans un thriller « hyperconnecté ». C’est d’ailleurs peut-être le mot que j’ai le plus vu pour définir ce film, et pourtant j’ai eu énormément de mal à rester connecté durant deux heures, d’une rare vacuité dans une vie.

Ouah… quelle méchanceté envers le maître ! Celui qui m’avait déjà endormi deux fois avec Hebi no Michi devient pour moi un véritable marchand de sable. Sûrement mon âge, mais lui, clairement, à 70 ans, il devrait passer la main, au moins à l’écriture. Qu'il demande à la même génération de scénaristes que les acteurs de lui pondre un scénario. Car ce sont bel et bien les trentenaires qui sauvent le film.
Masaki Suda est extraordinaire en malfrat malgré lui, et Okudaira Daiken pourrait bien être le prochain Yamazaki Kento tant il excelle dans les personnages détachés et kakkoii. Kubota Masataka ne sait plus faire que des pourritures, mais qu’est-ce qu’il les incarne bien. Quant à Furukawa Kotone, elle fascine toujours autant par sa présence.

Mais une dream team d'acteurs, ne fait pas un bon film. Avec la meilleure volonté du monde, celui-ci avance péniblement pour dérouler en deux heures ce qui aurait été supportable en une heure vingt. Une poursuite dans un hangar où, lors des fusillades, on essaye vaguement de reproduire un Call of et ses murs destructibles. Mais le pire, c’est que cette référence, enfin je l’espère, référence, au monde connecté (celui des jeux vidéo) est la seule du film.

Alors que les distributeurs et la promotion, n’arrêtaient pas de vanter un Japon hyperconnecté, je pensais vraiment assister à un thriller à la Serial Experience Lain. Mais la seule expérience proposée ici, c'est celle des market place. Pas de confusion entre le monde réel et le wired. Masaki n’est rien d’autre qu’un revendeur sur Internet, une sorte de Temu à lui tout seul. Fixer un écran en espérant que les cases de vente passent au vert, ça n’a rien de flippant, encore moins en 2025. C’est même banal depuis eBay, et tout le monde vend sur Vinted. Qui trouve ça "bizarre" ou "flippant" ?

Je ne sais pas ce que le réalisateur dénonce ici : la fast fashion, la contrefaçon, l'anonima qui n'en est pas (qui en doutait ?) ou les soucis oculaires que notre génération se construit patiemment à force de passer des heures devant un écran de 7 pouces. Ok, Masaki recule de trois mètres pour observer son 19 pouces sous Windows 10. Celui-ci, au moins, on le voit bien : c’est l’une des stars du film. Pas de chance, il n’est plus commercialisé, comme sa tour Dell, d'un autre âge.

La musique est angoissante, c'est la moindre des choses, les jump scares sont téléphonés (portes vitrées, bris de verre…). Mais ce qui m’a le plus angoissé, c’est que la fin corresponde exactement à ce que j’attendais. Je me disais : « Non, le dernier coup de feu ne sera pas tiré par cette personne. » C’était convenu… et c’est arrivé.

Alors oui, on s’envole dans les nuages à la fin, mais quelle tromperie sur la marchandise ! Le cloud devait être un lieu de perdition : ce n’est ici qu’un disque dur. Et la bonne blague du disque à revenir chercher pour garder toutes les données… Comme si on ne faisait pas de sauvegardes quand on fait du commerce ! , de plus illégal. Cette tour énorme, ce disque 3.5 pouces, ces pages dignes de Netscape… tout respire les années 90-2000 et les mauvais films d'horreur, l'horreur en moins. Un manoir hors de prix, isolé au bord d’un lac, avec uniquement des baies vitrées, qui n’attire soi-disant l’attention de personne. Des paquets qui arrivent par dizaines et aucun flic pour vérifier si les cartons « Made in France » sont bien du Vuitton. Le retour à la maison pour sauver la marchandise, pleine de tueurs, comme dans un mauvais (pléonasme) scary movie. STOP !

Encore une fois, seuls les acteurs sonnent juste. Même si cette plongée dans la folie meurtrière, dans un pays où trouver une arme à feu est aussi compliqué que de trouver un médecin traitant en France, sonne faux. Elles pleuvent par dizaines dans la trop longue deuxième partie. J’ai arrêté d’aimer les films de John Wayne il y a longtemps, alors pourquoi me l'imposer.

Si ce film cherche à synthétiser le suspense et l’action, il n’arrive à me convaincre dans aucun des deux domaines. Quel gâchis avec de si grands acteurs.
Matsushige Yutaka a une réplique, passe un flingue, et disparaît. Gâchis jusqu’au bout, je vous dis.
Pour voir un bon film de Cow-Boy Japonais, faisant une bonne symbiose, rien ne vaut un Golden Kamuy : humour, action, histoire, émotion, actine et bouffe. Place à la jeunesse, donc.

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Completed
Cells at Work!
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Jun 15, 2025
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 7.5
Rewatch Value 8.5

Miss Mario Area

Attendu de pied ferme par les fans de l’actrice Nagano Mei, surtout par ceux qui n’ont pas la chance de la voir aussi souvent au cinéma qu’au Japon, mais aussi par les fans du manga, cette adaptation en live action des Brigades Immunitaires m’a fait monter mon taux d'adrénaline depuis son annonce. Et voilà qu’elle débarque sur Netflix, pour le monde entier, avec en prime une version française. Nul doute que ce film va être commenté, parodié, analysé par autant de spécialistes que de haters dans les prochains jours. Malheureusement, la fièvre va vite retomber, car les maux persistants des adaptations live action de mangas sont encore loin d’être soignés avec cette production.

Confiant, après des adaptations plutôt réussies comme Kingdom ou Golden Kamui, on se dit que les mangas d’action, car Les Brigades Immunitaires en est un, n’ont plus rien à craindre de producteurs espérant plus de cash que de likes. Mais on oublie trop souvent que certaines productions ne sont imaginées et produites essentiellement que pour le marché japonais. Elles atterrissent sur les plateformes de streaming, parfois grâce au succès de l’Anime, mais souvent un peu par hasard, pour combler un catalogue qui peine à se renouveler. Ah, cela me rappelle l’époque des cassettes achetées au kilo par le Club Dorothée. Ce film, d’ailleurs, partage quelques similitudes avec un certain Ken mal programmé à l’époque. Soyons honnête, le succès des live actions japonais reste tout de même relatif, même en 2025, il faut bien le rappeler. Quel est le pourcentage d'adultes regardant à la fois Netflix et Crunchyroll ? De plus, les fans des plateformes sont généralement très durs avec les adaptations lives. Certains détestent même Tokyo Revengers, alors que, selon moi, le live action dépasse largement l’anime.
N’étant pas fan de Les Brigades Immunitaires, que je trouvais même un peu dérangeant (pour ne pas dire déviant) à cause de sa violence décomplexée (Atatatatata… !), vous n’aurez donc pas de live action bashing de ma part. Mais je vais quand même avoir un peu de mal… car j’étais confiant à l’idée de le présenter à des élèves de collège pour son côté pédagogique. Beaucoup moins maintenant, et voilà pourquoi :

L’acting nous replonge vingt ans en arrière, avec cette grandiloquence qu’on ne voit plus que dans les animes old school. Inutile de vous dire de fuir la VF, qui surjoue encore davantage la méchanceté, la naïveté ou la folie. Et de folie, il y en aura forcément, puisque, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, les personnages sont des staphylocoques ou des globules blancs. Ils jouent donc leur rôle de nuisibles ou d’assassins dans le ballet bien orchestré du corps humain. Trop orchestré, me direz-vous. Car si la violence est atténuée par rapport au manga, elle est remplacée par des chorégraphies qui troubleront le spectateur non averti.

Les répliques sont sentai, le jeu est sentai, les costumes et effets spéciaux également, si bien que le quatrième mur est brisé à coups de clins d’œil à l’adulte, se moquant de costumes ou de situations ridicules. Le propos se noie alors dans une mise en scène façon village de parc d’attraction, qu’est ce corps humain. Et c’est normal : le film est clairement destiné aux enfants. Il pourrait d’ailleurs plaire aux petits Américains nourris aux Power Rangers. J’explique ainsi sa présence sur Netflix, nous n’avons pas d’autre explication comme disaient certains à leurs débuts.

Pour ma part, j’ai apprécié Nagano Mei en petit globule rouge tout mignon, et son Ritsu de Hanbun, Aoi qu’est Satoh Takeru. Que de souvenirs pour cet asadora ! C’est lui qui m’a donné envie de suivre la carrière de Mei-chan. On sent qu’elle prend plaisir à incarner ce personnage enfantin, tout comme de nombreux autres acteurs. L’école du théâtre Nô et du théâtre populaire transparaît dans le surjeu habituel du genre. Certaines scènes d’anthologie, dont on parlera longtemps dans les cours de récréation, font appel à l’humour scatologique si cher aux Japonais.

Pour le côté réaliste, car il y en a un peu, Abe Sadawo reprend son rôle habituel de papa veuf, qu’il habite toujours aussi bien. Looser à souhait, il incarne ici le côté « black » des Brigades Immunitaires, qu’on apprécie de voir résumé dans ce film de 2h. Mais sa première partie ressemble trop à une succession de sketchs. La seconde, en revanche, vous prendra peut-être aux tripes, après que vous vous soyez pris d’affection pour le couple formé par Ashida Mana et Kato Seishiro. Pour parfaire l'immunité, quelques guests sympathiques viendront briser la routine d’enchaînement de Sketchs et scènes intérieures/extérieures.

Mais soyons francs : quelle que soit la didactique, et même avec les dernières avancées médicales et FX mises en avant dans ce film, pour nous, Européens, rien ne remplacera "Il était une fois... la vie" dans notre cœur (et le reste de notre corps !). Chaque seconde nous fera dire : « C’était mieux fait ici. Plus mignon, plus chaleureux. » Car on a beau mettre les actrices les plus kawaii, des enfants trop choupinets dans le rôle des plaquettes, le trait d’un crayon reste irremplaçable pour faire passer un message pédagogique.

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