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  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
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  • Join Date: August 15, 2020
Completed
Bento Harassment
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Jan 18, 2026
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

La boîte aux sentiments

Shinohara Ryoko fait partie du paysage médiatique depuis tant d’années qu’elle donne l’impression de faire un peu partie de la famille. C’est donc tout naturellement qu’elle prend le rôle de cette mère courage, un peu cinglée mais tellement aimante envers ses deux filles.

Une single mother des années 2000, mise à l’écran en 2019, et révélant le potentiel comique de cette touche-à-tout du PAJ, paysage audiovisuel japonais. Pendant presque deux heures, elle accompagne le difficile passage de l’âge bête à l’âge un peu moins bête de sa seconde fille.
Rien de bien nouveau dans ce film qui reprend les codes du teenage movie : mère oppressive, fille rebelle… Chacun trouve cela normal, mais quand on vit sur une île à 300 km de Tokyo, en plein milieu du Pacifique, cela prend une ampleur cinématographique.

Alors que Yoshine Kyoko avait déjà une longue carrière derrière elle, du haut de ses 21 ans, elle incarne, grâce à sa morphologie, le rôle d’une lycéenne de 16 ans, et ça passe dans la quasi-totalité des scènes.

Le film pourrait détendre un moment, mais il s’éternise sur des banalités, le conflit générationnel (mais avec beaucoup d’amour), la quête de soi, les envies futures, le poids de la société. Ce teenage movie, vu du point de vue de la maman et un peu de la fille, n’apporte finalement pas grand-chose à part un déversement de bons sentiments. Il résonne comme une parabole de l’envol de l’oisillon du nid, thème tellement abordé dans les médias depuis que la dernière aventure moderne semble être de fonder une famille.

Les bentos auraient pu être la véritable star du film, mais ils restent drôles sans être vraiment fun. On sourit un peu avec Sadako, mais quel adolescent n’a jamais traité sa maman chérie de démon ?

Les paysages sont beaux, les sentiments le sont aussi, alors ne vous privez pas, mais ne le regardez pas si vos enfants viennent ou vont quitter le nid, des larmes risquent de couler jusqu’à l’océan. Pour les autres, ce sera plutôt : « Ma mère est aussi comme ça ! », mais au fond, on rêve tous d’en avoir une ainsi.

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Completed
Fake Mommy
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Jan 4, 2026
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 8.5

Mamans Poules

Une histoire de cachotteries réunit deux des actrices les plus douées de leur génération : Haru en super nanny coincée et Kawaei Rina en maman fantasque aux préoccupations légères. Si le ton peut paraître léger, rappelant une certaine Anya Forger découvrant l’élégance de l’académie Eden, la série n’en est pas moins profonde et touchante. Elle contribue, comme d’autres ces dernières années, à interroger la notion de famille au XXIᵉ siècle, face à des mœurs japonaises figées à l'ère Edo.

Le parallèle avec Spy×Family s’arrête toutefois assez vite. C’est même presque l’inverse : la sympathique Ikemura Aoi est un génie né, prête à tout pour intégrer l’école réservée aux enfants surdoués du pays. Pas de chance, comme dans la célèbre série d’espionnage à la fake family, il faut être issu d'une famille "équilibrée" de la haute bourgeoisie pour intégrer l'académie. Sa mère, auto-entrepreneuse dans la vente de jus de fruits, n’a ni le pedigree ni le temps à consacrer à la scolarité de sa fille, qui rêve de devenir astronaute, ou tout du moins astronome. Face à un tel rêve et à un tel potentiel, elle commet l’impensable pour faire plaisir à sa fille : une mère de substitution. Haru Poppins elle même surdiplômée, mais au chômage, prend alors sa place pour parvenir à l’inscrire dans cette école d'élites

On pourrait alors espérer une multitude de quiproquos, de moments gênants et hilarants pour préserver le secret, mais Fake Mummy n’est pas un gag manga comme SXF. Pleine de bons sentiments, elle pourrait laisser présager de longs moments pathos. Pourtant, des mystères et des moments angoissant viennent parsemer la série et ils sont plutôt bien menés. La réalisation comme l’écriture évitent l’ennui et tiennent en haleine, notamment grâce au soutien de très bons acteurs. Les trois acteurs masculins principaux forme d'ailleurs un trio d'élégance, chacun dans leur genre.

Se croisent alors une guerre entre deux start up, dont la rivale de Kawaei est dirigée par un salaud toujours aussi magistral dans ce rôle qu'est Kasamatsu Sho, des cachotteries faites à d’anciens camarades de classe, et des mensonges omniprésents envers ses amis les plus chers. Les histoires d’amour qui naissent entre les protagonistes sont de ce fait rudement menées. À cela s’ajoutent des seconds rôles certes vus mille fois, comme les parents délégués au pouvoir surdimensionné dans l’école et au profil aussi inquiétant que drôle.

Mais l’essentiel est ailleurs. On retrouve dans cette série ce qui fait le charme d’une présence d'enfant. On ne peut qu’être touché par la maturité d’Aoi-chan face aux déboires des adultes et à l’énergie qu’ils déploient pour son bonheur. Le trio qu’elle forme avec Haru et Kawaei Rina touche à coup sûr. Des moments de vie traversent ces dix épisodes, critique une fois de plus d’une société sclérosée, mais sans temps mort, et l’émotion est régulièrement au rendez-vous. La série est moderne : elle dépeint des familles de 2025, et vous vous reconnaîtrez forcément dans l’un ou l’autre des personnages.

La beauté de cette série n’a d’égale que le nombre de "grains" visibles à l’écran, et pas seulement celui d'Haru. Et comme si être le grain de beauté le plus célèbres du Japon ne suffisait pas, Haru termine la diffusion de celle-ci en même temps qu'elle célèbre son mariage avec Takasugi Mahiro, marquant l’année 2025 de son empreinte. Une autre figure marquante de l’année participe à la messe : la talentueuse Chamina, qui signe un ending de très haut niveau.

Après tous ces mystères et ces émotions, il est temps pour moi d’aller prendre une claque de romantisme avec Watashi no Oyome-kun. Sûr qu’il aura désormais une autre saveur.

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Completed
Cube
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Jan 2, 2026
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

La boucle est bouclée, encore et encore...

C’est en me faisant une rétrospective Masaki Suda que j’ai eu comme une impression de « déjà-vu » avec ce film de 2021. Mon présentiment ressemblait à un passage d’une pièce à une autre, tout en rentrant toujours dans la même, et cela sans jamais trouver la sortie. Et c’est en voulant chercher le lien sur « le dieu Internet » entre As the Gods Will et Cube (ceux qui ont vu les deux comprendront) que je me suis rendu compte que j’avais déjà vu ce film il y a bientôt… 30 ans.
Et oui. Dans une autre vie, avant d’être passionné par le drama japonais, je faisais un cursus mathématique et découvrais par la même occasion, en 1997, Cube sur les écrans. Presque dix ans avant Numbers, la série américaine, le Canadien Vincenzo Natali réalisa cet hommage aux mathématiques et inventa du coup le concept d’escape room « en live » (avant, c’était du point & click, mais ça, c'est de la préhistoire). Bien sûr, depuis Running Man (1982) de Stephen King, rien de nouveau dans le survival game. Chacun dévoilait déjà sa personnalité dans un jeu de la mort, et en 2021 comme en 1997, ce n’est pas l’ultraviolence des scènes gore qui devrait attirer le spectateur. D’autant plus que même un évidage de tronc ne provoque pas des litres de sang à l’écran dans cette version de 2021, la rendant presque aseptisée.

L’avantage d’avoir complètement oublié l’original, et n’étant pas un cinéphile, je me contenterai, comme 99,9 % des spectateurs de 2025, de regarder Cube avec l’œil des années 2020, et seulement celui-ci. Donc pas de déversement de haine de ma part pour un massacre de l’œuvre originale, la note moyenne sur ce site en est surement déjà la conséquence.

Pas de déversement non plus de haine pour un massacre des mathématiques. La (ou les) cellule(s) est/sont décorée(s) par l’éponge de Menger, et le design est donc tout à fait dans le thème, voire classieux. En se concentrant bien, on comprendra les allusions aux nombres premiers, aux coordonnées cartésiennes, au Rubik’s Cube et bien sûr aux nombres fractals, hyper à la mode dans les années 90. Entre vulgarisation et concepts quand même perchés, vous ne serez toutefois pas trop perdus. Surtout pour additionner 3 chiffres avec Masaki Suda. Car si Cube (2021) n’apporte rien au niveau du scénario, il permet tout de même de voir réunis cinq acteurs de haut rang dans la même pièce durant deux heures, même si c’est toujours la même. Alors qu’on serait prêts à payer une fortune pour les voir sur une même scène dans une pièce kafkaïenne ou d’Albert Camus, on a ici la chance de les voir jouer sans autre artifice qu’eux-mêmes, la comédie humaine. Certes, on comprend rapidement que ce film et leurs rôles sont purement alimentaires, ou peut-être un hommage, mais il faut bien nourrir les enfants et les plateformes de streaming. Leur cachet a dû être inversement proportionnel au budget décors, réutilisé à l’infini, mais ça valait le coup de les réunir.

Bien sûr, les révélations de leur passé sont complètement bidon, voire spoilées dès les dix premières minutes, tant la mise en scène à la japonaise sait trop bien le faire. Le rôle de Watanabe Anne est assez vite compris, tant elle est absente des événements. Les sous-entendus du jeune garçon face au grand-père, ou à son onii-chan de circonstance en la personne de Masaki Suda, et les flash-back sans aucune subtilité de ce dernier nous font assez vite comprendre les enjeux sociétaux de l’œuvre. Bien sûr, ils n’ont rien à voir avec les maths, mais en tant que professeur, et malgré tout le manque de finesse dont fait preuve l’œuvre, ils sont tout aussi importants, si ce n’est fondamentaux, dans le métier. Cette fractalisation de la vie d'un homme adulte, qui se répercute sur le futur adulte qu'est l'enfant, à l’infini, fait écho à l’infinité des concepts abordés. Si vous passez à côté en ne voyant qu’une énième « jeu de la mort » dans ce film, forcément l’œuvre vous paraîtra aussi creuse que le cube de Menger, qui, par son infinité de trous, ne pèse rien.
Ce paradoxe fait écho à un film bourré d’acteurs talentueux, mais tellement plein de trous qu’il en devient vide de talent. La boucle est bouclée.

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Completed
As the Gods Will
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Jan 1, 2026
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

1, 2, 3 Kagome

Alors que je m’étais juré de ne plus chroniquer un battle royale après Samurai Standing, de peur de tous les trouver fades, me voilà pourtant à critiquer l’un des fondateurs du genre « jeux d’enfants/massacres sanglants ».
Si certains pensent encore à Squid Game, c’est peut-être parce qu’il aura fallu attendre presque dix ans pour pouvoir enfin profiter de As the Gods Will de Takashi Miike sur un écran européen. Bien sûr, les plus chanceux avaient pu le découvrir dès 2014 dans plusieurs festivals, notamment spécialisés dans le cinéma d’horreur. Mais le curseur de ce qui est « supportable » pour un public occidental s’étant largement déplacé avec Squid Game il y a déjà cinq ans, on peut enfin rendre hommage à ce précurseur d’un genre déjà galvaudé par les mangas en 2014, en le visionnant aujourd’hui sur Prime Video.

En réalité, les fans de manga connaissaient déjà bien la série achevée en 2017, connue en France sous le bien nommé "Jeux d'enfants". Et après Mirai Nikki, Doubt et bien sûr Battle Royale, ce n’est pas en 2014 que le fan allait être scotché par un énième jeu de massacre entre lycéens. Heureusement, dans le film en tout cas, Takashi Miike va droit à l’essentiel. Dès les premières images, les têtes explosent, le sang gicle, avec des effets spéciaux encore non pollués par l’IA. C’est cru, c’est violent, c'est dérangeant...

La seule justification de ce jeu de massacre, c’est que le héros, incarné par sa muse, Sôta Fukushi, s’ennuie dans sa vie de lycéen. Pas d’enfance misérable, pas de harcèlement scolaire qui pourrait évoquer une vengeance méritée envers ses camarades. Non : il s’ennuie. Et ce premier Daruma Game l’amuse presque tant il le sort de sa torpeur. Ce jeu de type « 1, 2, 3 soleil » frappe directement l’esprit du fan d'une certaine série coréenne, et évidemment les similitudes ne cesseront de parasiter, ou d’alimenter, le plaisir sadique que l’on peut trouver à suivre les mésaventures de ces lycéens, sans aucune justification morale.

Mais si, comme moi, vous avez été frustré il y a 5 ans par le succès de Squid Game au détriment des anciens et nombreux survival games japonais, As the Gods Will disponible partout est une revanche jouissive. Les jeux traditionnels sont bien là, sanguinaires et non dénués d’humour noir. Les effets visuels sont bluffants, notamment avec les poupées Kokeshi ou le Manekineko, et l’on se plaît à entendre des références populaires comme le kagome kagome ou le shiritori.

Mais tout n’est pas parfait. Si les costumes et les décors oscillent entre un collège tout droit sorti des années 80 et Le Monde de Narnia, donnant un côté kitsch clairement assumé, voire revendiqué comme un hommage, c’est surtout la vacuité du scénario qui pose problème. D’accord, le film se veut un brûlot dénonçant la violence gratuite de la société, notamment chez les jeunes, la santé mentale, tout ça… mais clairement, les scènes en dehors de l’arène scolaire sont d’un non-sens et d’une inutilité pathétique.

Le problème vient surtout du fait que, dix ans après, la suite, c’est-à-dire l’adaptation des autres tomes, n’est toujours pas en chantier. Ce premier opus reste donc orphelin des explications nécessaires à cette introduction et à la venue d'autres personnages.
Nul doute que si le film était sorti initialement à l’international via Netflix, dans la lignée de Squid Game, le succès aurait été au rendez-vous et une suite aurait sans doute répondu à toutes les questions laissées en suspens. Les personnages secondaires introduits resteront donc un mystère, même s’ils sont ultra clichés, renforçant encore l’hommage au cinéma de genre : l’hikikomori qui se découvre super-héros, l’attaque extraterrestre, ou encore le vieil homme sans-abri, déchu mais sans doute surpuissant.
Bien sûr, il faudra lire le manga pour aller plus loin… mais après la folie meurtrière de Takashi Miike, il risque de me paraitre bien pâle.
Tout comme un certain Squid Game.

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Completed
Frontline
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Dec 28, 2025
Completed 0
Overall 8.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Alors là , elle ne s'amuse plus du tout !

Replonger dans la période du coronavirus, ça vous dit ?
J’ai eu la même réaction que vous en lisant le pitch de Yokohama: Frontline. Mais une fois passée la remontée des mauvais souvenirs de l’époque (déjà cinq ans), je me suis demandé : qu’est-ce que je sais vraiment de l'histoire du Diamond Princess ?
Cette croisière destinée à une clientèle étrangère ultra riche, qui a viré au cauchemar, est un épisode que le Japon tente d’oublier, tant la gestion de la situation a été jugée inhumaine. Sans chercher à faire croire que la croisière s’est transformée en partie de plaisir, le film remet les choses en perspective et s’impose comme une pièce d’histoire qui ne cherche pas à la réécrire. Mais se taper deux heures anxiogènes vaut-il le prix de l’information ?

Deux avertissements posent clairement le cadre : le film se présente comme une docufiction dès le début du générique, et pour celui de fin, les producteurs s’excusent des libertés prises, notamment concernant le port du masque, afin de mettre en avant les acteurs et le drame humain. Les précautions sont évidentes, presque excessives, sans doute pour prévenir de nouvelles critiques et mets en lumière à quel point le sujet et délicat à aborder.
Car ce qui interroge le plus, et fait écho à d’autres catastrophes de l’histoire du pays, c’est bien l’opinion publique. On a du mal à s’en souvenir, surtout quand on entend parlé de l’hospitalité japonaise envers les étrangers, mais une véritable cabal s’est emparée de l’opinion lors de la mise à quai du bateau. Fallait-il débarquer les malades ? Les médecins pouvaient-ils rentrer chez eux ? Mais comme le dit un directeur d’hôpital acceptant de recevoir des patients : « Nous avons beaucoup à apprendre de vous ». Et nous avons donc beaucoup à apprendre de ce film.
Mais ce moment touchant reste une version Bisounours de l’histoire. En réalité, les refus des hôpitaux étaient légion, alors qu’aucun cas positif n’avait encore été détecté sur l’archipel. Et, portés par des médias en quête de sensationnalisme, ce sont les soignants eux-mêmes, ainsi que leurs familles, qui ont subi le rejet de la société tout entière. Le syndrome d’Hiroshima n’est jamais bien loin. Et au-delà des belles paroles de solidarité, qui se souvient encore des déplacés de Fukushima ?
Cela dit, tous ces faits sont relatés avec beaucoup de délicatesse et d'humilité. On suit le quotidien de la cellule de gestion des catastrophes, épaulée par un membre du ministère de la Santé résilient. Tout le monde apprend sur le tas, commet des erreurs, et la présence de Sakurai Yuki en reporter se découvrant peu à peu une conscience professionnelle, ainsi que Mori Nana, qui ne finit plus de me surprendre depuis Hirayasumi , donne un véritable intérêt au récit, au-delà du simple film catastrophe à visée informative.

On découvre certainement bien des choses sur la gestion du moment, notamment ce fameux transfert nocturne, à cinq heures de route du bateau. Mais l’essentiel du film réside dans la bienveillance qui s’en dégage. En cela, il se présente comme un hommage à tous ces soignants et à tous ceux qui étaient en première ligne en février 2020, alors que le monde oscillait entre indifférence et rejet.
Mais le monde a-t-il vraiment changé ?

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Completed
Last Samurai Standing
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Dec 20, 2025
6 of 6 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.0
Rewatch Value 9.0

Demo-Slayer, mais pas que...

Une méfiance viscérale envers les productions Netflix m’a fait hésiter plusieurs semaines avant de visionner ce que beaucoup annonçaient comme un Squid Game féodal. Rien que cette étiquette suffisait à me repousser. Un énième battle royale, vingt-cinq ans après la sortie du premier film et prenant place de surcroît à une époque où trancher des têtes semblait aussi banal qu’un live TikTok, promettait surtout une avalanche de sang boostée aux effets IA, combinée à un scénario inexistant. La derniere saison d'Alice in Borderland à peine (mal) digéré, et d’autres séries certes esthétiquement irréprochables mais désespérément vides d’histoire, avaient encore refroidi mes ardeurs à l’idée de resigner un abonnement chez Big N. First Love ou le plus récent Glass Heart sont beaux, très beaux même, mais tellement creux. Or les émotions ont besoin de plus que du simple vernis visuel ou auditif pour être suciter.

C’est donc en prenant mon courage à deux mains que je me suis réinscrit sur la plateforme, prêt à rejoindre ces centaines de participants au grand jeu de l’ennui. Mais quelle erreur… ou plutôt, quelle surprise. Jamais je n’aurais imaginé être à ce point happé par la série. Moi qui pensais rester un simple spectateur, libre de quitter mon sofa à tout moment, je me suis retrouvé prisonnier du récit, incapable de décrocher avant la fin, ou la mort par ennui, ce qui, heureusement, n’est jamais arrivé.

Le premier épisode est d’un pathos assumé : à l’aube de l’ère Meiji, le Japon se modernise à marche forcée, laissant sur le bas-côté une population plus pauvre que jamais. Famine, choléra, chômage massif après l’éradication du métier de samouraï… N’en jetez plus, la misère est condensée en quelques minutes afin de justifier l'arrivée express au temple servant d’arène pour les premiers combats. Dans cette introduction, véritable tuto du desepoire humain, j’oubliais les dix premières minutes de boucherie et d’explosions, pré-introduction bien trop proche de celle de Golden Kamuy, pour apprécier toute la bestialité de la guerre.

Bref, tout le monde se tape dessus pour une poignée de yens. Les chorégraphies s’enchaînent comme dans un western spaghetti, ou plutôt dans les films de samouraïs qui les ont tant inspirés. Fist, Swords & Guns se mêlent dans un hommage appuyé au cinéma de kung-fu, à Kurosawa et à toute une cinématographie que l’on peut aussi bien adorer que détester. Mais c’est efficace, indéniablement. Imamura Keisuke, en charge de la photographie, n’en est pas à son premier coup d’éclat, et cela se voit immédiatement à l’écran. Visuellement comme auditivement, on assiste à ce qui se fait de mieux. Mais aussi artistiques soient-elles, des têtes tranchées et des gerbes de sang ne suffisent pas à faire une grande série.

Heureusement, celle-ci est adaptée d’un best-seller retraçant la transition entre le Japon féodal et le monde moderne. Une transition qui résonne fortement avec notre époque : disparition des agriculteurs, nouvelles guerres hybrides, IA omniprésente pour remplacer les emplois, appauvrissement généralisé de la population. Mais arretons d’accumuler les parallèles anxiogènes et concentrons-nous plutôt sur les acteurs, autre immense force de la série. Ils sont nombreux, tous remarquables, et méritent sans doute des salaires confortables aux frais des abonnés de la plateforme. Côté personnages « modernes », inutile de dresser une liste exhaustive, même si Iura Arata, Hamada Gaku et Tanaka Tetsushi impressionnent par leur justesse dans leurs costumes cintrés de fonctionaire, npuveau samouraï des temps modernes. Attardons-nous justement sur les vrais Ronins.

Évidemment, Okada Junichi, également producteur, s’octroie un rôle de choix, mais ses seconds couteaux sont loin d’être en reste. Abe Hiroshi et Ito Hideaki incarnent sans doute les plus belles pourritures jamais vues dans un anime... Oui, la faute est volontaire, tant le parallèle est frappant. Terrifiants, puissants, d’une brutalité fascinante, ces deux-là mériteraient presque un Oscar pour leurs apparitions pourtant sporadiques dans cette série. On sent le plaisir qu’ils prennent à incarner de tels rôles, et ce plaisir est contagieux.

Mais la véritable révélation de ce taiga moderne reste Kiyohara Kaya. Son nom peut surprendre si l’on connaît sa filmographie : beaucoup de romantisme, un peu de suspense, et surtout du sex-appeal. À seulement 24 ans, elle prend tout le monde à contre-pied avec un rôle de samouraï lanceuse de couteaux, s’investissant corps et âme dans les scènes d’action. Les mouvements sont naturels, sublimés par les kimonos, et chaque apparition est hypnotique. Sa présence, sa gestuelle, son jeu, jusqu’à ses répliques, font d’elle le véritable cœur du récit. Je me suis surpris à la contempler, comme ces gueux devant le théâtre au début du quatrième épisode.

Autre belle surprise : Sometani Shota, dans le rôle du bon samaritain mystérieux venu du Grand Nord. John Snow n'a qu'a bien ce tenir. Après de telles acrobaties, la prochaine saison de Golden Kamuy risque de paraître bien fade.

Mais tout n’est pas parfait au pays des cascades de sang. Le découpage reste très classique : les combats servent de prétexte à des flashbacks omniprésents révélant les liens entre les participants. Une mécanique bien connue depuis les shōnen des années 80 : Dragon Ball et Saint Seiya en tête. Malgré l’adaptation d’un roman qui se veut adulte, on se retrouve plongé dans un Demon Slayer permanent : némésis surpuissant, amitiés de circonstance constitutant un groupe hétérogène de caractères et compétences, éveil de celles-ci, quête d’un senpai et transmission avec le personnage de la jeune Fujisaki Yumia.

Difficile de savoir s’il s’agit de clins d’œil assumés au shōnen, ou si l’influence de l’esthétique anime est devenue si prégnante aujourd'hui que la production n’arrive plus à s’en détacher. Quoi qu’il en soit, on ne s’en plaindra pas. Les décors, les mouvements de caméra, parfois à la première personne, souvent en drone, surpassent ce que proposent même les meilleurs animes. Un vrai bonheur pour les amoureux des ères Edo et Meiji.

Malheureusement, malgré l’adaptation du roman de Shōgo Imamura, le manque d’ambition scénaristique finit par se faire sentir. Dès les premières minutes, on comprend l’objectif de ce jeu de massacre, si bien que la révélation du quatrième épisode tombe à plat. La seule question restante étant de savoir lequel des trois tire réellement les ficelles.

La décision de limiter la série à six épisodes de cinquante minutes, dont dix de générique, comme toujours chez Netflix et afin de tester la popularité avant une éventuelle suite donne, une fois encore, de l’urticaire. Elle nous pousse même à nous désabonner en attendant la suite. Suite qui, soyons honnêtes, sera probablement celle qui me fera ressortir la carte bancaire.

En attendant, Golden Kamuy fera très bien l’affaire.

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Completed
Escape
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Dec 14, 2025
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 7.5

Impossible d'y échapper

Présentée comme la sensation J-Drama de l’automne, Escape avait tout pour faire un hit. Deux acteurs dans le vent, aussi jeunes que beaux, incarnés par Sakurada Hiyori et Sano Hayato. Une romance indémodable de la belle enlevée par la bête, qui finit par en tomber amoureuse. Des pouvoirs paranormaux, un mystère, et une production sans faille : moderne, léchée, accompagnée d’une bande-son aussi catchy que romantique.
Mais trop de générosité ne conduit-elle pas à l’indigestion ?

Si le premier épisode laisse présager le meilleur, avec une princesse plus proche de Fiona que de Sissi, on se rend vite compte que les épisodes défilent comme un énième resucé du Fugitif. Le kidnappeur a beau avoir commis un crime, l’enlèvement d’une riche héritière, il possède un cœur aussi profond que le vide de ses poches. Accompagné de sa victime, qui s’émancipe dès les premières minutes et finit plutôt par le diriger, il découvre qu’elle n’aspirait qu’à une chose : fuir son père et le monde bling-bling qu’elle déteste. Ces deux-là étaient faits pour s’entendre. Cassés par une vie faite de pertes tragiques, ils se montrent particulièrement sensibles aux personnes qu’ils croisent au fil de leur cavale.
On retrouve donc la mécanique habituelle : rester discret pour ne pas se faire attraper, tout en voulant aider, épisode après épisode, les personnes dans le besoin.

Mais le parallèle avec Le Fugitif s’arrête là, même si les Mustang que l’on croise un peu trop souvent dans une campagne évoquant l’Amérique des années 60 ne sont clairement pas là par hasard. La modernité des dialogues et des situations, influenceurs, presse intrusive, hacking, et surtout le pouvoir des couleurs, nous ramènent bien en 2025. L’écriture, combinée au jeu débordant d’humour de Sano Hayato, ne laisse aucun doute sur la jeunesse de l’équipe de scénaristes. Hayato est la véritable force de la série. Ses gaffes et sa gouaille yankee sont maîtrisées à la perfection, pour notre plus grand plaisir.

Sakurada Hiyori apporte quant à elle la dose d’émotion nécessaire pour contrebalancer un humour souvent potache. Les larmes coulent en cascade, sans jamais sonner faux. Nos deux Roméo et Juliette sont entourés d’une belle troupe de seconds rôles : Kitamura Kazuki, en père troublé, autant touchant qu'inquiétant. Son secret constitue l’un des grands enjeux de la série, mais son jeu peut fasciner autant qu'agacer. Même constat pour Shida Mirai, surprenante hackeuse dont la présence reste aussi mystérieuse que ses capacités informatiques. Ces intrigues parallèles relancent un trop grand classicisme de la romance à la "fuis-moi, je te suis".

Mais les moments passés devant Escape sont loin d’être perdus. Les acteurs sont beaux, l’intrigue prenante, et l’on peut presque faire son shopping en parallèle tant le style vestimentaire des héros respire l'ultrafashion. C’est d’ailleurs là que réside, pour ma part, le plus grand mystère de la série. Comment, en passant des nuits dehors, sans argent ni valise, parviennent-ils toujours à être aussi bien habillés et coiffés ? Pour une princesse, certes, mais notre mécanicien affiche lui aussi une chevelure brillante comme le soleil un épisode sur deux. Demanderait-il une coloration et une carte-cadeau Shein à ses hôtes en récompense de les avoir aidés ?

Qu’importe. Le thème central du mystère étant la couleur de l’âme, celles des personnages ne pouvaient être que chatoyantes. Le sens de la mise en scène, grande force des productions japonaises, associé à la bande-son, sans même parler de cet ending signé Leo Leiri en duo (évidemment), confirme une fois de plus son statut de princesse incontestée des tie-ups des romances modernes.

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Completed
Cloud
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Nov 25, 2025
Completed 0
Overall 7.0
Story 6.0
Acting/Cast 9.5
Music 8.5
Rewatch Value 6.5

Un film en plein brouillard

Je m'en suis réjoui de visionner ce film de Kurosawa Kiyoshi, maître du suspense à la japonaise. Il cochait toutes les cases : la promesse de réunir ce qui se fait de mieux parmi les acteurs de cette génération dans un thriller « hyperconnecté ». C’est d’ailleurs peut-être le mot que j’ai le plus vu pour définir ce film, et pourtant j’ai eu énormément de mal à rester connecté durant deux heures, d’une rare vacuité dans une vie.

Ouah… quelle méchanceté envers le maître ! Celui qui m’avait déjà endormi deux fois avec Hebi no Michi devient pour moi un véritable marchand de sable. Sûrement mon âge, mais lui, clairement, à 70 ans, il devrait passer la main, au moins à l’écriture. Qu'il demande à la même génération de scénaristes que les acteurs de lui pondre un scénario. Car ce sont bel et bien les trentenaires qui sauvent le film.
Masaki Suda est extraordinaire en malfrat malgré lui, et Okudaira Daiken pourrait bien être le prochain Yamazaki Kento tant il excelle dans les personnages détachés et kakkoii. Kubota Masataka ne sait plus faire que des pourritures, mais qu’est-ce qu’il les incarne bien. Quant à Furukawa Kotone, elle fascine toujours autant par sa présence.

Mais une dream team d'acteurs, ne fait pas un bon film. Avec la meilleure volonté du monde, celui-ci avance péniblement pour dérouler en deux heures ce qui aurait été supportable en une heure vingt. Une poursuite dans un hangar où, lors des fusillades, on essaye vaguement de reproduire un Call of et ses murs destructibles. Mais le pire, c’est que cette référence, enfin je l’espère, référence, au monde connecté (celui des jeux vidéo) est la seule du film.

Alors que les distributeurs et la promotion, n’arrêtaient pas de vanter un Japon hyperconnecté, je pensais vraiment assister à un thriller à la Serial Experience Lain. Mais la seule expérience proposée ici, c'est celle des market place. Pas de confusion entre le monde réel et le wired. Masaki n’est rien d’autre qu’un revendeur sur Internet, une sorte de Temu à lui tout seul. Fixer un écran en espérant que les cases de vente passent au vert, ça n’a rien de flippant, encore moins en 2025. C’est même banal depuis eBay, et tout le monde vend sur Vinted. Qui trouve ça "bizarre" ou "flippant" ?

Je ne sais pas ce que le réalisateur dénonce ici : la fast fashion, la contrefaçon, l'anonima qui n'en est pas (qui en doutait ?) ou les soucis oculaires que notre génération se construit patiemment à force de passer des heures devant un écran de 7 pouces. Ok, Masaki recule de trois mètres pour observer son 19 pouces sous Windows 10. Celui-ci, au moins, on le voit bien : c’est l’une des stars du film. Pas de chance, il n’est plus commercialisé, comme sa tour Dell, d'un autre âge.

La musique est angoissante, c'est la moindre des choses, les jump scares sont téléphonés (portes vitrées, bris de verre…). Mais ce qui m’a le plus angoissé, c’est que la fin corresponde exactement à ce que j’attendais. Je me disais : « Non, le dernier coup de feu ne sera pas tiré par cette personne. » C’était convenu… et c’est arrivé.

Alors oui, on s’envole dans les nuages à la fin, mais quelle tromperie sur la marchandise ! Le cloud devait être un lieu de perdition : ce n’est ici qu’un disque dur. Et la bonne blague du disque à revenir chercher pour garder toutes les données… Comme si on ne faisait pas de sauvegardes quand on fait du commerce ! , de plus illégal. Cette tour énorme, ce disque 3.5 pouces, ces pages dignes de Netscape… tout respire les années 90-2000 et les mauvais films d'horreur, l'horreur en moins. Un manoir hors de prix, isolé au bord d’un lac, avec uniquement des baies vitrées, qui n’attire soi-disant l’attention de personne. Des paquets qui arrivent par dizaines et aucun flic pour vérifier si les cartons « Made in France » sont bien du Vuitton. Le retour à la maison pour sauver la marchandise, pleine de tueurs, comme dans un mauvais (pléonasme) scary movie. STOP !

Encore une fois, seuls les acteurs sonnent juste. Même si cette plongée dans la folie meurtrière, dans un pays où trouver une arme à feu est aussi compliqué que de trouver un médecin traitant en France, sonne faux. Elles pleuvent par dizaines dans la trop longue deuxième partie. J’ai arrêté d’aimer les films de John Wayne il y a longtemps, alors pourquoi me l'imposer.

Si ce film cherche à synthétiser le suspense et l’action, il n’arrive à me convaincre dans aucun des deux domaines. Quel gâchis avec de si grands acteurs.
Matsushige Yutaka a une réplique, passe un flingue, et disparaît. Gâchis jusqu’au bout, je vous dis.
Pour voir un bon film de Cow-Boy Japonais, faisant une bonne symbiose, rien ne vaut un Golden Kamuy : humour, action, histoire, émotion, actine et bouffe. Place à la jeunesse, donc.

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Completed
Cells at Work!
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Jun 15, 2025
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 7.5
Rewatch Value 8.5

Miss Mario Area

Attendu de pied ferme par les fans de l’actrice Nagano Mei, surtout par ceux qui n’ont pas la chance de la voir aussi souvent au cinéma qu’au Japon, mais aussi par les fans du manga, cette adaptation en live action des Brigades Immunitaires m’a fait monter mon taux d'adrénaline depuis son annonce. Et voilà qu’elle débarque sur Netflix, pour le monde entier, avec en prime une version française. Nul doute que ce film va être commenté, parodié, analysé par autant de spécialistes que de haters dans les prochains jours. Malheureusement, la fièvre va vite retomber, car les maux persistants des adaptations live action de mangas sont encore loin d’être soignés avec cette production.

Confiant, après des adaptations plutôt réussies comme Kingdom ou Golden Kamui, on se dit que les mangas d’action, car Les Brigades Immunitaires en est un, n’ont plus rien à craindre de producteurs espérant plus de cash que de likes. Mais on oublie trop souvent que certaines productions ne sont imaginées et produites essentiellement que pour le marché japonais. Elles atterrissent sur les plateformes de streaming, parfois grâce au succès de l’Anime, mais souvent un peu par hasard, pour combler un catalogue qui peine à se renouveler. Ah, cela me rappelle l’époque des cassettes achetées au kilo par le Club Dorothée. Ce film, d’ailleurs, partage quelques similitudes avec un certain Ken mal programmé à l’époque. Soyons honnête, le succès des live actions japonais reste tout de même relatif, même en 2025, il faut bien le rappeler. Quel est le pourcentage d'adultes regardant à la fois Netflix et Crunchyroll ? De plus, les fans des plateformes sont généralement très durs avec les adaptations lives. Certains détestent même Tokyo Revengers, alors que, selon moi, le live action dépasse largement l’anime.
N’étant pas fan de Les Brigades Immunitaires, que je trouvais même un peu dérangeant (pour ne pas dire déviant) à cause de sa violence décomplexée (Atatatatata… !), vous n’aurez donc pas de live action bashing de ma part. Mais je vais quand même avoir un peu de mal… car j’étais confiant à l’idée de le présenter à des élèves de collège pour son côté pédagogique. Beaucoup moins maintenant, et voilà pourquoi :

L’acting nous replonge vingt ans en arrière, avec cette grandiloquence qu’on ne voit plus que dans les animes old school. Inutile de vous dire de fuir la VF, qui surjoue encore davantage la méchanceté, la naïveté ou la folie. Et de folie, il y en aura forcément, puisque, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, les personnages sont des staphylocoques ou des globules blancs. Ils jouent donc leur rôle de nuisibles ou d’assassins dans le ballet bien orchestré du corps humain. Trop orchestré, me direz-vous. Car si la violence est atténuée par rapport au manga, elle est remplacée par des chorégraphies qui troubleront le spectateur non averti.

Les répliques sont sentai, le jeu est sentai, les costumes et effets spéciaux également, si bien que le quatrième mur est brisé à coups de clins d’œil à l’adulte, se moquant de costumes ou de situations ridicules. Le propos se noie alors dans une mise en scène façon village de parc d’attraction, qu’est ce corps humain. Et c’est normal : le film est clairement destiné aux enfants. Il pourrait d’ailleurs plaire aux petits Américains nourris aux Power Rangers. J’explique ainsi sa présence sur Netflix, nous n’avons pas d’autre explication comme disaient certains à leurs débuts.

Pour ma part, j’ai apprécié Nagano Mei en petit globule rouge tout mignon, et son Ritsu de Hanbun, Aoi qu’est Satoh Takeru. Que de souvenirs pour cet asadora ! C’est lui qui m’a donné envie de suivre la carrière de Mei-chan. On sent qu’elle prend plaisir à incarner ce personnage enfantin, tout comme de nombreux autres acteurs. L’école du théâtre Nô et du théâtre populaire transparaît dans le surjeu habituel du genre. Certaines scènes d’anthologie, dont on parlera longtemps dans les cours de récréation, font appel à l’humour scatologique si cher aux Japonais.

Pour le côté réaliste, car il y en a un peu, Abe Sadawo reprend son rôle habituel de papa veuf, qu’il habite toujours aussi bien. Looser à souhait, il incarne ici le côté « black » des Brigades Immunitaires, qu’on apprécie de voir résumé dans ce film de 2h. Mais sa première partie ressemble trop à une succession de sketchs. La seconde, en revanche, vous prendra peut-être aux tripes, après que vous vous soyez pris d’affection pour le couple formé par Ashida Mana et Kato Seishiro. Pour parfaire l'immunité, quelques guests sympathiques viendront briser la routine d’enchaînement de Sketchs et scènes intérieures/extérieures.

Mais soyons francs : quelle que soit la didactique, et même avec les dernières avancées médicales et FX mises en avant dans ce film, pour nous, Européens, rien ne remplacera "Il était une fois... la vie" dans notre cœur (et le reste de notre corps !). Chaque seconde nous fera dire : « C’était mieux fait ici. Plus mignon, plus chaleureux. » Car on a beau mettre les actrices les plus kawaii, des enfants trop choupinets dans le rôle des plaquettes, le trait d’un crayon reste irremplaçable pour faire passer un message pédagogique.

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Completed
366 Days
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Jun 9, 2025
Completed 0
Overall 8.0
Story 8.0
Acting/Cast 8.5
Music 8.5
Rewatch Value 7.5

Une année bissextile par an

J’avais vu passer 366 Days en début d’année, mais, encore traumatisé par le drama éponyme de 2024, j’ai longtemps hésité à le visionner en entier. Et cela malgré toute l’admiration que je porte à Kamishiraishi Moka, surtout pour sa douceur musicale. Les premières minutes, la montrant en jeune maman bien trop maquillée pour son âge, ne m’avaient pas convaincu. Encore une histoire d’évocation de souvenirs "d'avant que la mort ne nous sépare"… Les maladies fulgurantes sont trop souvent des facilités scénaristiques dans les productions japonaises. Tout le monde n’est pas Miyazaki Hayao, capable de transcender ce postulat de départ. Et je ne parlerai même pas de la réutilisation, pour la centième fois, d’une vieille chanson populaire censée éveiller l'intérêt du spectateur trentenaire…

Mais ne partez pas encore ! Car même si le hasard (je l’espère) a conduit à la réutilisation du même tube en moins d’un an dans deux médias différents pour construire un scénario, on n’est pas sur la même longueur d’onde. Même si les actrices Hirose Alice et Adieu partagent quelques points communs — un sourire reconnaissable, des maladresses, une certaine espièglerie — 366 Nichi, le film, m’a davantage convaincu. Je n’ai pas pu retenir mes larmes, malgré mon âge avancé…

Ou peut-être à cause de lui. Car au-delà de la romance impossible et des triangles amoureux maladroits, une réflexion bienvenue sur la filiation parcourt les deux heures du film. Un peu appuyée à mon goût, mais bien réalisée.

La chronologie inversée fonctionne, même si on a du mal à voir vieillir les acteurs — surtout les hommes, qui semblent avoir 30 ans même à 18. C’est raté de ce côté-là, d’autant plus qu’Adieu ne parvient pas à incarner un personnage de cet âge. Le jeu n’est ni spécialement bon ni mauvais, mais il reste en décalage avec les propos ou l’âge des personnages. Moka-chan, elle, est mignonne comme il faut (comme le dit d’ailleurs une des répliques), façon "bonne copine", ce qui facilite l’identification, j'imagine.
Ce qui n’est pas le cas de ses deux prétendants qui, malgré leurs cheveux sales, paraissent tout droit sortis d’un groupe de Johnny’s sur le retour. En même temps, le film se passe en grande partie à Okinawa, paradis de la surf-attitude, ce qui permet de profiter d’une Moka-chan au teint hâlé, même si cela frôle parfois le fond de teint au carotène, malheureusement.

Mais ne boudons pas notre plaisir de voir des couleurs chatoyantes. On assiste ici à une véritable publicité pour une lune de miel à Okinawa : du bleu, du vert, du jaune, des rochers découpés qui flattent la rétine… Cela justifie à eux seuls les deux heures de visionnage. Le film surpasse le drama non seulement par son scénario (bien différent), mais aussi par sa production cinématographique.
La chanson-titre, quant à elle, est très discrète et n’apparaît qu’à la toute fin. Une belle différence avec le drama. Même si les références aux paroles et au titre deviennent trop appuyées à ce moment-là, perdant un peu de réalisme dans l'histoire. Le hasard n’a pas de mémoire, mais ici, on flirte avec la SF. Comme dans quasiment toutes les romances, vous ne serez pas à un hasard un peu trop appuyé près : « On a failli se rencontrer, car on était au même endroit au même moment », etc. C’est toujours au moment où il ne faut pas que le téléphone sonne, et ici, c’est un peu "too much".

Cela dit, ne vous inquiétez pas : l’émotion est bien là, notamment grâce à la présence de jeunes acteurs, véritable atout de ce mélo plutôt convenu. Inagaki Kurumi, à peine 14 ans, fera encore parler d’elle — il faut dire qu’elle enchaîne les films et les dramas depuis déjà dix ans.
Mon seul vrai regret : les références appuyées à la musique populaire tout au long du film. Surtout avec l’une de mes chanteuses fétiches dans le rôle-principal… et pas une seule chanson de sa part jusqu’à la fin ! La chanson-titre (et son clone, vous comprendrez au générique) arrive comme une bouée de sauvetage pour un spectateur noyé dans un Océan Pacifique de larmes.

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Completed
Bullet Train Explosion
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May 8, 2025
Completed 0
Overall 10
Story 1.0
Acting/Cast 10
Music 7.0
Rewatch Value 9.0

Encore une histoire de vengeance... de scénaristes face à l'IA

Attention chef-d’œuvre !

Et vous n’en attendiez pas moins du roi du remake : le réalisateur Higuchi Shinji. Après Shin Godzilla, Shin Ultraman, et l’élevage de monstres, achetés sur eBay, capables de vaincre le COVID-19 (si, si), le réalisateur-poète s’attaque à massacrer une nouvelle licence culte japonaise. Arrivera-t-il à faire pire que les live-action de L’Attaque des Titans…

Cette fois, il transforme un classique du cinéma catastrophe japonais en un véritable nanar à budget exorbitant. D’accord, Shin Godzilla allait plus loin que le simple navet en dénonçant une société sclérosée par la politique — mais Hideaki Anno était aussi à la manœuvre. Dix ans plus tard, dans ce Bullet Train version 2025, il est difficile de refaire le coup du « tous pourris ». Et pourtant… le monde sera à nouveau sauvé par un homme, et le collectif des petites gens prêts à se sacrifier. Eh bien si, il l’a donc fait.

Et ce ne sont pas les seuls clichés des productions japonaises qui vont défiler devant vos yeux à la vitesse d’un Shinkansen Aomori-Tokyo. Dans ce remake du Bullet Train de 1975, la production ose tout, sans aucune honte. Et c’est bien cela qui fait de ce qui aurait dû être un nanar à effets spéciaux un nouveau chef-d’œuvre du « what the fuck ». Comme le disent certaines critiques dithyrambiques, malgré ses 2h15, on ne s’ennuie pas une seconde. Pas du tout pour son action débridée, ses FX maîtrisés, sa pseudo-dénonciation ou son suspense bancal comme j'ai pu lire parfois. Non. Comme dans le chef-d’œuvre dramatique qu’est la série Dai Byōin Senkyō, ce sont les dialogues improbables, les révélations absurdes et le manque total de réalisme à chaque seconde qui font tout le sel de l’expérience.

Lancé à pleine vitesse, sans autre direction artistique que de copier les codes des films catastrophes des années 70 et de faire l’apologie de la Japan Railway à coups de plans boostés à l’IA, le réalisateur (qui semble n’être ici qu’un directeur des effets spéciaux) laisse carte blanche aux acteurs et aux dialoguistes. En roue libre totale, chaque ligne de texte fait mourir de rire :

« Je suis parlementaire, je dois aider les gens. »« Je suis contrôleur, je dois aider les gens. »« Je suis influenceur, je dois aider les gens. »« J’ai écrasé mon hélicoptère sur une école maternelle, je dois aider les gens. »

Tout est à ce niveau. Et le jeu va avec : on a l’impression qu’aucun acteur n’y croit. On est en pleine saison 1 d’Oshi no Ko. Je ne peux même pas citer un personnage tant ils sont tous caricaturaux à l’extrême : politicienne, influenceur, lycéen… tous ont des dialogues et un jeu plus improbables les uns que les autres. Et pourtant, il n’y a pas que des parfaits inconnus.

On retrouve l’inusable Saitō Takumi, capable du meilleur comme du pire. Et vous vous en doutez : dirigé à nouveau par Higuchi Shinji, il atteint ici des sommets de ridicule en responsable de la vie des 400 passagers, qu’il sauvera évidemment grâce à des trouvailles aussi improbables qu’irréalisables dans la vraie vie. Admiratifs devant son « talent », l’ensemble des acteurs semblent suivre son exemple pour mal jouer, avec une palme décernée à Hosoda Kanata, carrément méconnaissable. Je ne l’avais jamais vu aussi faux dans un rôle.

Mais qu’est-ce qu’ils sont drôles, à débiter leurs absurdités ! Et grâce à Netflix, c’est disponible dans toutes les langues. Je vous laisse découvrir les sous-titre qui s'emmêlent les pinceaux, presque aussi drôle que les dialogues originaux. On dépasse le niveau « what the fuck », au point qu’il ne manque qu’une invasion extraterrestre pour expliquer la folie de certains personnages.

Bien sûr, on aurait pu se dire que tant qu’à faire, la réalisation aurait pu aller franchement vers le délire parodique façon Y a-t-il un pilote dans l’avion ?. On perçoit les clins d’œil avec le gyrophare rouges et les vieux téléphones à fil dans cette salle de contrôle d'un autre âge. Mais quand on décroche et qu’on dit « Ted Crochet », on veut une baffe dans la figure d’un acteur, pas des :

« Oui, je vais conduire ce train jusqu’à sa destination, même si je dois mourir pour cela ! »Euh… non, mais allô ? Qui conduit, alors ?

Et encore une fois, certaines critiques ont vraiment pris ce film au premier degré, comme une critique des politiques ou des réseaux sociaux. Pour moi ce ne sont que des références au monde d'aujourd'hui dans un film hollywoodien des années 80

Finalement ?

J’ai passé un excellent moment. Même si les dialogues semblent avoir été écrits par une IA, ils m’ont fait éclater de rire à chaque scène. Moi qui étais prêt à recommander ce film à mon fils conducteur et véritable Otak de trains, en France, après avoir visionné ses premières minutes à la gloire de la JR… j’ai honte maintenant de lui infliger deux heures de ce niveau. Il pourrait même avoir des pensées qui mettraient en danger la vie de ses passagers. Comme une envie pressante qui l’oblige à ralentir sous les 100…

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Completed
Gannibal Season 2
0 people found this review helpful
May 7, 2025
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 9.5
Rewatch Value 9.5

Plat de résistance et dessert

Attendue depuis bientôt trois ans par une horde de fans affamés, Disney+ remet enfin le couvert avec la saison 2 de Gannibal, la sensation de 2022.

Une si longue attente laissait craindre un plat réchauffé, voire de la viande avariée — surtout au vu des prestations de Yagira Yuya aussi molles qu’un mochi, ces derniers temps (Lion no Kagura, ...). Maintenant que je suis arrivé au bout de cette saison, quelle note attribuer à ce plat de gourmet qu’est Gannibal saison 2 ?

Rassurez-vous tout de suite : vous entrez toujours dans LE grand restaurant. Les acteurs restent au top, et une myriade de nouveaux personnages fait son apparition, comme une farandole de desserts venant ponctuer un menu signature déjà bien connu. En réalité, beaucoup avaient déjà été introduits dans la saison 1: l’équipe spéciale, Sumire ou encore les deux frères de Keisuke — mais jouant alors des rôles assez secondaires. Ils prennent de l’ampleur dans cette saison, mais le format de 8 épisodes ne permet pas de développer pleinement leur back ground, ce qui reste dommageable.

Même si on frôle parfois l’épisode thématique d'un personnage, les excellents scénaristes et l’auteur du manga évitent cet écueil classique en alternant régulièrement les points de vue. On restera surpris tout de même par l’étalement du flashback des années 50 sur trois épisodes. Surtout face à l’urgence qui transpire de ces presque huit heures.

On est d’ailleurs quasiment en temps réel, car cette saison s’étale comme du beurre en quantité limitée sur le jour suivant le dernier épisode de la première. Était-elle prévue dès le départ ? Évidemment non, et ça cela voit juste un petit peu, notamment dans les longueurs et silences inutiles du dernier épisode. Mais Gannibal, bien avant Shogun ou One Piece, fait partie des surprises nippones de la plateforme Disney. Révélant au monde tout le potentiel d’une production japonaise avec des moyens occidentaux.

On pouvait craindre une deuxième saison mollassonne, car tout semblait réuni pour cela : unité de lieu (cet escalier devant l’entrée des Goto omniprésent), de temps (une nuit, une journée), de personnages (on reprend les mêmes, ou du moins ceux encore en vie), et on recommence. Une tragédie en huit actes, avec la famille Goto au centre de l’intrigue, reléguant étrangement la famille Agawa à l’arrière-plan. En même temps, avec deux ans de plus, la jeune Shimizu Kokone ne pouvait plus paraitre son âge. Les scènes ne pouvaient qu'être limitées en nombre. Avec cette saison 2, on assiste presque un spin-off qui ne dit pas son nom, où même les trois frères Goto sont écartés de la trame principale. Car vous le comprendrez assez vite, le personnage principal, est une tout autre personne, plutôt absente de la première saison.

La série perd-elle alors de son intérêt ? Loin de là. Le mystère de la première saison étant rapidement levé, on pouvait se demander comment maintenir l’attention sur huit nouveaux épisodes, surtout après la cascade de violence et de sang des deux qui l'inaugurent. Une boucherie sans nom, sans comparatif avec un épisode d'il y a trois ans, afin de marquer les esprits et d’interroger sur les six autres peut-être. Il faudra donc s’accrocher à ces fusillades à l’américaine, avant de revenir à une horreur plus japonaise par la suite.

Mais ici, plus rien ne sera vraiment suggéré. Certains partis pris, comme l’introduction des tribus et leurs looks façon Hunger Games/Twilight, pourront faire sourire. Mais c’est vraiment le seul moment où le ton faiblit. Kasamatsu Shō et Yagira Yūya transpirent toujours les hormones et la violence, les classiques, y a que ça de vrai en cuisine.

Gannibal n’a rien perdu de sa superbe et mérite ses trois étoiles au guide des dramas. Un plat de résistance bienvenu, qui devrait rassasier une faim entretenue bien trop longtemps. En attendant — on l’espère — le plateau de desserts des spin-offs, spécialité maison de Disney.

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Completed
Who Saw the Peacock Dance in the Jungle?
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Apr 5, 2025
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 8.5
Acting/Cast 8.0
Music 8.5
Rewatch Value 7.5

T'as fini de faire le paon !

Les Mystery Dramas mettant en scène des avocats ou des procureurs en quête de rédemption sont aujourd’hui aussi nombreux que les influenceurs make-up. Difficile donc de s’émerveiller — ou tout simplement de ne pas être déçu — lorsqu’un nouveau chef-d'œuvre autoproclamé débarque sur nos écrans.
Les producteurs eux-mêmes semblent à court d’idées originales, rivalisant d’excentricités dans la photographie pour combler le vide scénaristique et la mise en scène : visions de paon dans des forêts luxuriantes, en total décalage avec l’intrigue principale, ou encore famille entière pendue dans leur salon. Rien, franchement, ne laissait présager un grand drama... sauf peut-être la présence de la star incontestée de sa génération : Hirose Suzu.

Mais comme j’ai tendance à toujours trop en attendre d’elle, ne risquais-je pas d’être déçu par cette fameuse danse du paon, très attendue et qui va tarder à venir ?

On l'a déjà trop vu, cette danse...
Quand on n’est pas habitué au genre, on peut vite crier au chef-d’œuvre en découvrant un Anata no Ban Desu : retournements de situation à la pelle, musiques envoûtantes, acteurs confirmés, révélations haletantes en toute fin d’épisode… et déception au début du suivant, car pétard mouillé. Mais les vieux briscards comme moi n’en peuvent plus de tous ces tics de production qui saturent désormais le genre.

Comme pour Shin Han-nin Flag, j’ai rapidement perdu le fil, et l’envie de continuer. Honnêtement, je pensais m'arrêter au 5e ou 6e épisode.
Beaucoup de choses n’allaient pas : une intrigue molle du genou, un mystère vite éventé autour de Komugi-chan, des morts “suspectes” montrant les pieds du vrai coupable inconnu avec voix trafiquées, pendant que la caméra insiste lourdement sur le visage des personnages en qui on était censé avoir confiance et qui ne seront au final pas les coupables. On connaît la recette. Et le plat semble à nouveau bien fade.

On espère alors un peu d’originalité du côté du couple Hirose Suzu / Matsuyama Kenichi, ou même un carré amoureux avec Morisaki Win et Isomura Hayato… mais point de romance ici. Rien pour raviver l’intérêt.
On a beau insister sur des scènes oniriques, des effets de flammes, ou encore sur le maquillage et les pulls flamboyants de Suzu-chan, rien ne semble rattraper la platitude du scénario.
Et ces flashbacks… 20 ans plus tôt, avec des personnages qui paraissent avoir 10 ans de plus que dans le présent ! À ce niveau, ce n’est plus du maquillage qu'il faut, seule l'IA peut aider au rajeunissement.

Et soudain… Il déploie sa roue
Alors que tout espoir paraissait perdu, les épisodes 7 et 8 changent la donne.
Les scénaristes se réveillent enfin : les révélations s’enchaînent avec un rythme nerveux, et on est balloté d’un rebondissement à l’autre sans pouvoir souffler. Ce qu’on attendait depuis le début est enfin là, sans qu’on nous balade, comme précédemment, trois heures d'affilés autour du même secret.

Alors certes, les ficelles sont grosses. Et oui, l’incompétence policière est une nouvelle fois mise en lumière (vivement une nouvelle saison de Chō no Rikigaku pour redorer le blason !). Mais les surprises sont bien là et cela fait tellement du bien après 5 ou 6 épisodes de tuto mode et make up de la part Suzu Chan. Et surtout, on se dit qu'on a enfin un véritable sujet de fond : les relations parent-enfant, traitée avec émotion et nuance, révélant peu à peu ce que le drama voulait réellement raconter. Le drama se transforme alors suite de scènetes relatant le poids de la filiation entre père, mère, fille, garçon..
Dommage que ce soit arrivé si tard, et de façon parfois maladroite — notamment à cause de certains acteurs, comme le père de Komugi ou le vendeur de Ramen, aux jeux et aux looks très... approximatifs.

L'attente valait-elle la danse ?
Finalement, il y a bien de quoi rattraper la série.
La prestation de Fujimoto Takahiro, qui rappelle d’ailleurs son rôle dans Chō no Rikigaku, est un vrai point fort. La musique entêtante, mais parfois agaçante, et surtout cet ending, signé Ado, digne des meilleurs endings de Nakajima Miyuki (la relève est assurée), donnent à la série un certain cachet.

Seule ombre persistante : Hirose Suzu, trop souvent fantomatique, qui ne s’effondre ou ne s’emporte vraiment qu’à la toute fin pour montrer son potentiel d'acting. Dommage, quand on connaît son talent.
Il aura donc fallu attendre un bon moment pour apercevoir la danse du paon, mais ça valait l'attente.

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Completed
My Broken Mariko
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Mar 31, 2025
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.5
Acting/Cast 10
Music 7.5
Rewatch Value 8.0

Cassée, Oh Oh Cassée...

Il n’y a plus grand-chose à dire sur ce film, qui a marqué les esprits à sa sortie en 2022, à la fois par son thème et son acting. Je vais donc m’efforcer de ne pas être aussi dithyrambique que mes confrères critiques, mais avec une Nagano Mei au sommet de son art, cela semble tout simplement impossible.

S’il ne devait en rester qu’une…
Je le dis depuis des années : Nagano Mei est l’une des meilleures actrices au monde (je sais, j'avais promis), et chacune de ses apparitions est pour moi un bonheur. Si elle peut me faire sourire dans Hanbun, Aoi ou Oyabaka Seishun Hakusho, et me faire pleurer à en assécher le Nil dans Kimi ga Kokoro Kureta Kara, elle peut aussi se révéler très moyenne, comme dans Hakozume ou Unicorn ni Notte. J’étais donc plutôt circonspect en me préparant à visionner un de ses films datant de cette même époque (2022). Mais quelle goujaterie d’avoir douté ! Car on assiste ici, une fois de plus, à une véritable leçon d’acting pour toute sa génération (à commencer par Nao, qui paraît bien fade à côté).

C’est du grand Nagano : la détresse et la colère qu’elle exprime dans de nombreuses scènes vous feront autant frissonner que pleurer. Elle atteint ici le niveau, voire un au-delà, de ce qu’elle a pu donner dans Kimi ga Kokoro Kureta Kara. C’est clairement l’atout majeur du film, celui qui justifie à lui seul le visionnage.

Une vision de déjà-vu
Le thème principal, déjà maintes fois traité, n’en reste pas moins toujours d’actualité. La violence au sein de la cellule familiale n’est pas l’apanage du Japon, mais dans un pays où l’on cultive une certaine légèreté de l’être, ces faits en deviennent d’autant plus atroces. Les révélations, sous forme de flashbacks assez classiques dans la mise en scène, ne peuvent que glacer le spectateur.

On ne sera bien sûr pas surpris par l’emprise du père sur sa fille – les mécanismes sont connus. En revanche, le manque de réaction des services sociaux, de l’école, de Nao elle-même, et même de Mei, donne une impression d’incohérence. Mei raconte l’enfance, l’adolescence et même le début de la vie adulte de son amie comme si elle avait vécu en vase clos. Mais au vu des marques et de l’horreur qu’elle subit, comment personne n’a-t-il pu réagir ?

Alors oui, Mei se préoccupe d’elle, la sort de l’emprise de son père… mais n’y a-t-il plus de police au Japon pour prendre le relais ? Qu’une victime garde le secret, d’accord, c’est un phénomène courant, et il n'est possible de parler de son traumatisme que des années après. Mais que son amie, qui à déjà 12 ans, hurlait à la mort devant la porte du père, n’ait jamais envisagé d’aller plus loin… ça sonne faux.

Qu’on cache ce scénariste sous un casque !
Ces incohérences scénaristiques, tout comme le What The Fuck du passage à la mer, gâchent une sensibilité qui commençait pourtant à bien s’installer. Kubota Masataka n’est que l’ombre de lui-même dans cette partie. Certes, on ne s’attendait pas à une comédie romantique, mais son rôle manque cruellement de consistance, à tel point qu’il ressemble à un prince charmant Disney parachuté dans un drame réaliste pour sauver la princesse héroïne.

Si certaines trouvailles scénaristiques peuvent surprendre, elles manquent tellement de cohérence qu’elles en deviennent risibles à des moments incongrus. Certaines lignes de dialogue, comme « J’ai fait la même chose, il y a six mois », laissent attendre une suite… qui ne viendra jamais. Et c’est d’ailleurs le plus grand défaut du film. Avec seulement 1h30 au compteur, il s’attarde trop sur ce séjour à la mer, qui semble miraculeusement résoudre tous les problèmes en une journée. Et pourtant, chaque scène introduit de nouveaux personnages qui auraient mérité un vrai développement.

On se retrouve donc frustré en arrivant à la fin du film… tout comme Mei, qui n’a qu’une envie : hurler sur Nao pour qu’elle se prenne enfin en main et arrête de profiter d’elle.

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Mar 30, 2025
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Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 7.5

Des gros camions qui font broom broom.

Une plongée nostalgique de plus avec ce film de 2020 relatant une histoire plus ou moins vraie de 2002, elle-même inspirée d’un anime de 1972. La génération Z risque d’être mise de côté, malgré la présence de Takasugi Mahiro, Kishii Yukino ou Machida Keita. Mais après tout, même Exile est aujourd’hui un groupe de "millénialistes" nostalgiques. Alors, la situation est-elle désespérée ? N’y a-t-il plus aucun producteur pour sauver le monde de la Natsukashii Fantasy ? Eh bien non, Professeur Yumi, l'entreprise de BTP MAEDA est là pour vous et va relever le défi.

Mazinger Vs....
Quasiment détestée (ou tout du moins ignorée) en France à cause de la surexposition de Koji Kabuto (Alcor), c’est bien l’œuvre originale Mazinger Z – cinq ans avant le spin-off Goldorak – qui est au cœur de ce film. N’y voyez pas une adaptation en live action (qui existe certainement), mais un hommage fulgurant aux animes de notre enfance. Si les contes européens, la mythologie grecque ou la littérature des XIXe et XXe siècles ont bercé l’imaginaire des enfants occidentaux devenus grands, il faut bien admettre que celui des "boomers" japonais a été nourri par des robots, des ki-Kaïju et le tout atomique. Et qui, hormis Astroboy, représente mieux les années post-Expo Universelle 70 que Mazinger Z ? Go Nagai est un génie qui a façonné la culture pop japonaise des années 70. Que l’on apprécie ou non les robots géants, tout Japonais connaît la série des Mazingers.

... MAEDA
Mais tout ce que je viens de raconter n’a en réalité aucune importance, car ce film est en vérité un Working Movie relatant le processus de conception d’un simple devis en bâtiment. Un concept totalement japonais, donc, qui, grâce à son écriture de shōnen, rend le visionnage étonnamment palpitant. Les courses effrénées et les retournements de situation lors de l’élaboration des plans, de la recherche des matériaux ou des discussions avec les experts vous feront vibrer autant que les protagonistes. L’humour est décalé, mais jamais excessif, car le réalisme reprend toujours le dessus. Le scénario joue habilement avec l’image ennuyeuse du BTP, brisant peu à peu les préjugés du spectateur. Avec son étiquette de Kaisha Movie, Maeda Kensetsu Fantaji Eigyoubu s’impose comme l’un des meilleurs représentants du genre.

La boue tout le monde s'en fout.
Le film énervera sans doute ceux qui sont lassés par cette culture d’entreprise, où la firme est défendue comme un pays sous les ordres d’un empereur-client que l’on ne voit jamais. Pour ma part, j’ai surtout été déçu par le manque de mise en avant des personnages. Sans réel rôle principal, chacun devient le héros de son épisode, mais la dynamique répétitive finit par lasser sur la longueur. Au vues des performances assez fades de Takasugi Mahiro et Kishii Yukino – que j’adore pourtant – on préférera celle de Kamiji Yusuke, qui, lui, ne se prend pas au sérieux. Tout comme Hanabusa Tsutomu, scénariste et réalisateur connu pour ses adaptations fidèles au manga, Kakegurui, Tokyo Revenger, mais totalement what the fuck pour un live action.

Prof Yumi vous remercie pour le devis.
Et non, le véritable héros de cette histoire n’est ni un acteur, ni même Mazinger Z, et encore moins Go Nagai (qui nous gratifie tout de même d’un gracieux caméo). L’héroïne – et elle ne s’en cache pas – c’est l’entreprise MAEDA. Fierté nationale, capable de construire des barrages, des autoroutes… et le hangar de Mazinger Z. Comment alors, lui reprocher cette mise en avant, réaliste, jusque dans les chantiers et entreprises filmés ? Elle ferait rêver n’importe quel petit garçon (et petite fille) et donnerait presque envie de suer à 50 mètres sous terre dans des galeries humides. Si vous avez encore des questions sur le devis, je me permets de remettre l'adresse du site de MAEDA (le vrai) déjà mentionné dans un commentaire et vous invite à lire les livres des projets du Maeda Kensetsu Fantaji Eigyoubu. Car oui, il en existe bien d'autres tout aussi loufoque. https://www.maeda.co.jp/fantasy/

Un hymne au BTP à projeter au collège, lors des ennuyantes heures avec le professeur principal. Histoire de raviver le nekketsu pour autre chose que le métier de ninjas, pirate ou footballeur.

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