Un film en plein brouillard
Je m'en suis réjoui de visionner ce film de Kurosawa Kiyoshi, maître du suspense à la japonaise. Il cochait toutes les cases : la promesse de réunir ce qui se fait de mieux parmi les acteurs de cette génération dans un thriller « hyperconnecté ». C’est d’ailleurs peut-être le mot que j’ai le plus vu pour définir ce film, et pourtant j’ai eu énormément de mal à rester connecté durant deux heures, d’une rare vacuité dans une vie.Ouah… quelle méchanceté envers le maître ! Celui qui m’avait déjà endormi deux fois avec Hebi no Michi devient pour moi un véritable marchand de sable. Sûrement mon âge, mais lui, clairement, à 70 ans, il devrait passer la main, au moins à l’écriture. Qu'il demande à la même génération de scénaristes que les acteurs de lui pondre un scénario. Car ce sont bel et bien les trentenaires qui sauvent le film.
Masaki Suda est extraordinaire en malfrat malgré lui, et Okudaira Daiken pourrait bien être le prochain Yamazaki Kento tant il excelle dans les personnages détachés et kakkoii. Kubota Masataka ne sait plus faire que des pourritures, mais qu’est-ce qu’il les incarne bien. Quant à Furukawa Kotone, elle fascine toujours autant par sa présence.
Mais une dream team d'acteurs, ne fait pas un bon film. Avec la meilleure volonté du monde, celui-ci avance péniblement pour dérouler en deux heures ce qui aurait été supportable en une heure vingt. Une poursuite dans un hangar où, lors des fusillades, on essaye vaguement de reproduire un Call of et ses murs destructibles. Mais le pire, c’est que cette référence, enfin je l’espère, référence, au monde connecté (celui des jeux vidéo) est la seule du film.
Alors que les distributeurs et la promotion, n’arrêtaient pas de vanter un Japon hyperconnecté, je pensais vraiment assister à un thriller à la Serial Experience Lain. Mais la seule expérience proposée ici, c'est celle des market place. Pas de confusion entre le monde réel et le wired. Masaki n’est rien d’autre qu’un revendeur sur Internet, une sorte de Temu à lui tout seul. Fixer un écran en espérant que les cases de vente passent au vert, ça n’a rien de flippant, encore moins en 2025. C’est même banal depuis eBay, et tout le monde vend sur Vinted. Qui trouve ça "bizarre" ou "flippant" ?
Je ne sais pas ce que le réalisateur dénonce ici : la fast fashion, la contrefaçon, l'anonima qui n'en est pas (qui en doutait ?) ou les soucis oculaires que notre génération se construit patiemment à force de passer des heures devant un écran de 7 pouces. Ok, Masaki recule de trois mètres pour observer son 19 pouces sous Windows 10. Celui-ci, au moins, on le voit bien : c’est l’une des stars du film. Pas de chance, il n’est plus commercialisé, comme sa tour Dell, d'un autre âge.
La musique est angoissante, c'est la moindre des choses, les jump scares sont téléphonés (portes vitrées, bris de verre…). Mais ce qui m’a le plus angoissé, c’est que la fin corresponde exactement à ce que j’attendais. Je me disais : « Non, le dernier coup de feu ne sera pas tiré par cette personne. » C’était convenu… et c’est arrivé.
Alors oui, on s’envole dans les nuages à la fin, mais quelle tromperie sur la marchandise ! Le cloud devait être un lieu de perdition : ce n’est ici qu’un disque dur. Et la bonne blague du disque à revenir chercher pour garder toutes les données… Comme si on ne faisait pas de sauvegardes quand on fait du commerce ! , de plus illégal. Cette tour énorme, ce disque 3.5 pouces, ces pages dignes de Netscape… tout respire les années 90-2000 et les mauvais films d'horreur, l'horreur en moins. Un manoir hors de prix, isolé au bord d’un lac, avec uniquement des baies vitrées, qui n’attire soi-disant l’attention de personne. Des paquets qui arrivent par dizaines et aucun flic pour vérifier si les cartons « Made in France » sont bien du Vuitton. Le retour à la maison pour sauver la marchandise, pleine de tueurs, comme dans un mauvais (pléonasme) scary movie. STOP !
Encore une fois, seuls les acteurs sonnent juste. Même si cette plongée dans la folie meurtrière, dans un pays où trouver une arme à feu est aussi compliqué que de trouver un médecin traitant en France, sonne faux. Elles pleuvent par dizaines dans la trop longue deuxième partie. J’ai arrêté d’aimer les films de John Wayne il y a longtemps, alors pourquoi me l'imposer.
Si ce film cherche à synthétiser le suspense et l’action, il n’arrive à me convaincre dans aucun des deux domaines. Quel gâchis avec de si grands acteurs.
Matsushige Yutaka a une réplique, passe un flingue, et disparaît. Gâchis jusqu’au bout, je vous dis.
Pour voir un bon film de Cow-Boy Japonais, faisant une bonne symbiose, rien ne vaut un Golden Kamuy : humour, action, histoire, émotion, actine et bouffe. Place à la jeunesse, donc.
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Miss Mario Area
Attendu de pied ferme par les fans de l’actrice Nagano Mei, surtout par ceux qui n’ont pas la chance de la voir aussi souvent au cinéma qu’au Japon, mais aussi par les fans du manga, cette adaptation en live action des Brigades Immunitaires m’a fait monter mon taux d'adrénaline depuis son annonce. Et voilà qu’elle débarque sur Netflix, pour le monde entier, avec en prime une version française. Nul doute que ce film va être commenté, parodié, analysé par autant de spécialistes que de haters dans les prochains jours. Malheureusement, la fièvre va vite retomber, car les maux persistants des adaptations live action de mangas sont encore loin d’être soignés avec cette production.Confiant, après des adaptations plutôt réussies comme Kingdom ou Golden Kamui, on se dit que les mangas d’action, car Les Brigades Immunitaires en est un, n’ont plus rien à craindre de producteurs espérant plus de cash que de likes. Mais on oublie trop souvent que certaines productions ne sont imaginées et produites essentiellement que pour le marché japonais. Elles atterrissent sur les plateformes de streaming, parfois grâce au succès de l’Anime, mais souvent un peu par hasard, pour combler un catalogue qui peine à se renouveler. Ah, cela me rappelle l’époque des cassettes achetées au kilo par le Club Dorothée. Ce film, d’ailleurs, partage quelques similitudes avec un certain Ken mal programmé à l’époque. Soyons honnête, le succès des live actions japonais reste tout de même relatif, même en 2025, il faut bien le rappeler. Quel est le pourcentage d'adultes regardant à la fois Netflix et Crunchyroll ? De plus, les fans des plateformes sont généralement très durs avec les adaptations lives. Certains détestent même Tokyo Revengers, alors que, selon moi, le live action dépasse largement l’anime.
N’étant pas fan de Les Brigades Immunitaires, que je trouvais même un peu dérangeant (pour ne pas dire déviant) à cause de sa violence décomplexée (Atatatatata… !), vous n’aurez donc pas de live action bashing de ma part. Mais je vais quand même avoir un peu de mal… car j’étais confiant à l’idée de le présenter à des élèves de collège pour son côté pédagogique. Beaucoup moins maintenant, et voilà pourquoi :
L’acting nous replonge vingt ans en arrière, avec cette grandiloquence qu’on ne voit plus que dans les animes old school. Inutile de vous dire de fuir la VF, qui surjoue encore davantage la méchanceté, la naïveté ou la folie. Et de folie, il y en aura forcément, puisque, pour ceux qui ne le sauraient pas encore, les personnages sont des staphylocoques ou des globules blancs. Ils jouent donc leur rôle de nuisibles ou d’assassins dans le ballet bien orchestré du corps humain. Trop orchestré, me direz-vous. Car si la violence est atténuée par rapport au manga, elle est remplacée par des chorégraphies qui troubleront le spectateur non averti.
Les répliques sont sentai, le jeu est sentai, les costumes et effets spéciaux également, si bien que le quatrième mur est brisé à coups de clins d’œil à l’adulte, se moquant de costumes ou de situations ridicules. Le propos se noie alors dans une mise en scène façon village de parc d’attraction, qu’est ce corps humain. Et c’est normal : le film est clairement destiné aux enfants. Il pourrait d’ailleurs plaire aux petits Américains nourris aux Power Rangers. J’explique ainsi sa présence sur Netflix, nous n’avons pas d’autre explication comme disaient certains à leurs débuts.
Pour ma part, j’ai apprécié Nagano Mei en petit globule rouge tout mignon, et son Ritsu de Hanbun, Aoi qu’est Satoh Takeru. Que de souvenirs pour cet asadora ! C’est lui qui m’a donné envie de suivre la carrière de Mei-chan. On sent qu’elle prend plaisir à incarner ce personnage enfantin, tout comme de nombreux autres acteurs. L’école du théâtre Nô et du théâtre populaire transparaît dans le surjeu habituel du genre. Certaines scènes d’anthologie, dont on parlera longtemps dans les cours de récréation, font appel à l’humour scatologique si cher aux Japonais.
Pour le côté réaliste, car il y en a un peu, Abe Sadawo reprend son rôle habituel de papa veuf, qu’il habite toujours aussi bien. Looser à souhait, il incarne ici le côté « black » des Brigades Immunitaires, qu’on apprécie de voir résumé dans ce film de 2h. Mais sa première partie ressemble trop à une succession de sketchs. La seconde, en revanche, vous prendra peut-être aux tripes, après que vous vous soyez pris d’affection pour le couple formé par Ashida Mana et Kato Seishiro. Pour parfaire l'immunité, quelques guests sympathiques viendront briser la routine d’enchaînement de Sketchs et scènes intérieures/extérieures.
Mais soyons francs : quelle que soit la didactique, et même avec les dernières avancées médicales et FX mises en avant dans ce film, pour nous, Européens, rien ne remplacera "Il était une fois... la vie" dans notre cœur (et le reste de notre corps !). Chaque seconde nous fera dire : « C’était mieux fait ici. Plus mignon, plus chaleureux. » Car on a beau mettre les actrices les plus kawaii, des enfants trop choupinets dans le rôle des plaquettes, le trait d’un crayon reste irremplaçable pour faire passer un message pédagogique.
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Une année bissextile par an
J’avais vu passer 366 Days en début d’année, mais, encore traumatisé par le drama éponyme de 2024, j’ai longtemps hésité à le visionner en entier. Et cela malgré toute l’admiration que je porte à Kamishiraishi Moka, surtout pour sa douceur musicale. Les premières minutes, la montrant en jeune maman bien trop maquillée pour son âge, ne m’avaient pas convaincu. Encore une histoire d’évocation de souvenirs "d'avant que la mort ne nous sépare"… Les maladies fulgurantes sont trop souvent des facilités scénaristiques dans les productions japonaises. Tout le monde n’est pas Miyazaki Hayao, capable de transcender ce postulat de départ. Et je ne parlerai même pas de la réutilisation, pour la centième fois, d’une vieille chanson populaire censée éveiller l'intérêt du spectateur trentenaire…Mais ne partez pas encore ! Car même si le hasard (je l’espère) a conduit à la réutilisation du même tube en moins d’un an dans deux médias différents pour construire un scénario, on n’est pas sur la même longueur d’onde. Même si les actrices Hirose Alice et Adieu partagent quelques points communs — un sourire reconnaissable, des maladresses, une certaine espièglerie — 366 Nichi, le film, m’a davantage convaincu. Je n’ai pas pu retenir mes larmes, malgré mon âge avancé…
Ou peut-être à cause de lui. Car au-delà de la romance impossible et des triangles amoureux maladroits, une réflexion bienvenue sur la filiation parcourt les deux heures du film. Un peu appuyée à mon goût, mais bien réalisée.
La chronologie inversée fonctionne, même si on a du mal à voir vieillir les acteurs — surtout les hommes, qui semblent avoir 30 ans même à 18. C’est raté de ce côté-là, d’autant plus qu’Adieu ne parvient pas à incarner un personnage de cet âge. Le jeu n’est ni spécialement bon ni mauvais, mais il reste en décalage avec les propos ou l’âge des personnages. Moka-chan, elle, est mignonne comme il faut (comme le dit d’ailleurs une des répliques), façon "bonne copine", ce qui facilite l’identification, j'imagine.
Ce qui n’est pas le cas de ses deux prétendants qui, malgré leurs cheveux sales, paraissent tout droit sortis d’un groupe de Johnny’s sur le retour. En même temps, le film se passe en grande partie à Okinawa, paradis de la surf-attitude, ce qui permet de profiter d’une Moka-chan au teint hâlé, même si cela frôle parfois le fond de teint au carotène, malheureusement.
Mais ne boudons pas notre plaisir de voir des couleurs chatoyantes. On assiste ici à une véritable publicité pour une lune de miel à Okinawa : du bleu, du vert, du jaune, des rochers découpés qui flattent la rétine… Cela justifie à eux seuls les deux heures de visionnage. Le film surpasse le drama non seulement par son scénario (bien différent), mais aussi par sa production cinématographique.
La chanson-titre, quant à elle, est très discrète et n’apparaît qu’à la toute fin. Une belle différence avec le drama. Même si les références aux paroles et au titre deviennent trop appuyées à ce moment-là, perdant un peu de réalisme dans l'histoire. Le hasard n’a pas de mémoire, mais ici, on flirte avec la SF. Comme dans quasiment toutes les romances, vous ne serez pas à un hasard un peu trop appuyé près : « On a failli se rencontrer, car on était au même endroit au même moment », etc. C’est toujours au moment où il ne faut pas que le téléphone sonne, et ici, c’est un peu "too much".
Cela dit, ne vous inquiétez pas : l’émotion est bien là, notamment grâce à la présence de jeunes acteurs, véritable atout de ce mélo plutôt convenu. Inagaki Kurumi, à peine 14 ans, fera encore parler d’elle — il faut dire qu’elle enchaîne les films et les dramas depuis déjà dix ans.
Mon seul vrai regret : les références appuyées à la musique populaire tout au long du film. Surtout avec l’une de mes chanteuses fétiches dans le rôle-principal… et pas une seule chanson de sa part jusqu’à la fin ! La chanson-titre (et son clone, vous comprendrez au générique) arrive comme une bouée de sauvetage pour un spectateur noyé dans un Océan Pacifique de larmes.
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Encore une histoire de vengeance... de scénaristes face à l'IA
Attention chef-d’œuvre !Et vous n’en attendiez pas moins du roi du remake : le réalisateur Higuchi Shinji. Après Shin Godzilla, Shin Ultraman, et l’élevage de monstres, achetés sur eBay, capables de vaincre le COVID-19 (si, si), le réalisateur-poète s’attaque à massacrer une nouvelle licence culte japonaise. Arrivera-t-il à faire pire que les live-action de L’Attaque des Titans…
Cette fois, il transforme un classique du cinéma catastrophe japonais en un véritable nanar à budget exorbitant. D’accord, Shin Godzilla allait plus loin que le simple navet en dénonçant une société sclérosée par la politique — mais Hideaki Anno était aussi à la manœuvre. Dix ans plus tard, dans ce Bullet Train version 2025, il est difficile de refaire le coup du « tous pourris ». Et pourtant… le monde sera à nouveau sauvé par un homme, et le collectif des petites gens prêts à se sacrifier. Eh bien si, il l’a donc fait.
Et ce ne sont pas les seuls clichés des productions japonaises qui vont défiler devant vos yeux à la vitesse d’un Shinkansen Aomori-Tokyo. Dans ce remake du Bullet Train de 1975, la production ose tout, sans aucune honte. Et c’est bien cela qui fait de ce qui aurait dû être un nanar à effets spéciaux un nouveau chef-d’œuvre du « what the fuck ». Comme le disent certaines critiques dithyrambiques, malgré ses 2h15, on ne s’ennuie pas une seconde. Pas du tout pour son action débridée, ses FX maîtrisés, sa pseudo-dénonciation ou son suspense bancal comme j'ai pu lire parfois. Non. Comme dans le chef-d’œuvre dramatique qu’est la série Dai Byōin Senkyō, ce sont les dialogues improbables, les révélations absurdes et le manque total de réalisme à chaque seconde qui font tout le sel de l’expérience.
Lancé à pleine vitesse, sans autre direction artistique que de copier les codes des films catastrophes des années 70 et de faire l’apologie de la Japan Railway à coups de plans boostés à l’IA, le réalisateur (qui semble n’être ici qu’un directeur des effets spéciaux) laisse carte blanche aux acteurs et aux dialoguistes. En roue libre totale, chaque ligne de texte fait mourir de rire :
« Je suis parlementaire, je dois aider les gens. »« Je suis contrôleur, je dois aider les gens. »« Je suis influenceur, je dois aider les gens. »« J’ai écrasé mon hélicoptère sur une école maternelle, je dois aider les gens. »
Tout est à ce niveau. Et le jeu va avec : on a l’impression qu’aucun acteur n’y croit. On est en pleine saison 1 d’Oshi no Ko. Je ne peux même pas citer un personnage tant ils sont tous caricaturaux à l’extrême : politicienne, influenceur, lycéen… tous ont des dialogues et un jeu plus improbables les uns que les autres. Et pourtant, il n’y a pas que des parfaits inconnus.
On retrouve l’inusable Saitō Takumi, capable du meilleur comme du pire. Et vous vous en doutez : dirigé à nouveau par Higuchi Shinji, il atteint ici des sommets de ridicule en responsable de la vie des 400 passagers, qu’il sauvera évidemment grâce à des trouvailles aussi improbables qu’irréalisables dans la vraie vie. Admiratifs devant son « talent », l’ensemble des acteurs semblent suivre son exemple pour mal jouer, avec une palme décernée à Hosoda Kanata, carrément méconnaissable. Je ne l’avais jamais vu aussi faux dans un rôle.
Mais qu’est-ce qu’ils sont drôles, à débiter leurs absurdités ! Et grâce à Netflix, c’est disponible dans toutes les langues. Je vous laisse découvrir les sous-titre qui s'emmêlent les pinceaux, presque aussi drôle que les dialogues originaux. On dépasse le niveau « what the fuck », au point qu’il ne manque qu’une invasion extraterrestre pour expliquer la folie de certains personnages.
Bien sûr, on aurait pu se dire que tant qu’à faire, la réalisation aurait pu aller franchement vers le délire parodique façon Y a-t-il un pilote dans l’avion ?. On perçoit les clins d’œil avec le gyrophare rouges et les vieux téléphones à fil dans cette salle de contrôle d'un autre âge. Mais quand on décroche et qu’on dit « Ted Crochet », on veut une baffe dans la figure d’un acteur, pas des :
« Oui, je vais conduire ce train jusqu’à sa destination, même si je dois mourir pour cela ! »Euh… non, mais allô ? Qui conduit, alors ?
Et encore une fois, certaines critiques ont vraiment pris ce film au premier degré, comme une critique des politiques ou des réseaux sociaux. Pour moi ce ne sont que des références au monde d'aujourd'hui dans un film hollywoodien des années 80
Finalement ?
J’ai passé un excellent moment. Même si les dialogues semblent avoir été écrits par une IA, ils m’ont fait éclater de rire à chaque scène. Moi qui étais prêt à recommander ce film à mon fils conducteur et véritable Otak de trains, en France, après avoir visionné ses premières minutes à la gloire de la JR… j’ai honte maintenant de lui infliger deux heures de ce niveau. Il pourrait même avoir des pensées qui mettraient en danger la vie de ses passagers. Comme une envie pressante qui l’oblige à ralentir sous les 100…
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Plat de résistance et dessert
Attendue depuis bientôt trois ans par une horde de fans affamés, Disney+ remet enfin le couvert avec la saison 2 de Gannibal, la sensation de 2022.Une si longue attente laissait craindre un plat réchauffé, voire de la viande avariée — surtout au vu des prestations de Yagira Yuya aussi molles qu’un mochi, ces derniers temps (Lion no Kagura, ...). Maintenant que je suis arrivé au bout de cette saison, quelle note attribuer à ce plat de gourmet qu’est Gannibal saison 2 ?
Rassurez-vous tout de suite : vous entrez toujours dans LE grand restaurant. Les acteurs restent au top, et une myriade de nouveaux personnages fait son apparition, comme une farandole de desserts venant ponctuer un menu signature déjà bien connu. En réalité, beaucoup avaient déjà été introduits dans la saison 1: l’équipe spéciale, Sumire ou encore les deux frères de Keisuke — mais jouant alors des rôles assez secondaires. Ils prennent de l’ampleur dans cette saison, mais le format de 8 épisodes ne permet pas de développer pleinement leur back ground, ce qui reste dommageable.
Même si on frôle parfois l’épisode thématique d'un personnage, les excellents scénaristes et l’auteur du manga évitent cet écueil classique en alternant régulièrement les points de vue. On restera surpris tout de même par l’étalement du flashback des années 50 sur trois épisodes. Surtout face à l’urgence qui transpire de ces presque huit heures.
On est d’ailleurs quasiment en temps réel, car cette saison s’étale comme du beurre en quantité limitée sur le jour suivant le dernier épisode de la première. Était-elle prévue dès le départ ? Évidemment non, et ça cela voit juste un petit peu, notamment dans les longueurs et silences inutiles du dernier épisode. Mais Gannibal, bien avant Shogun ou One Piece, fait partie des surprises nippones de la plateforme Disney. Révélant au monde tout le potentiel d’une production japonaise avec des moyens occidentaux.
On pouvait craindre une deuxième saison mollassonne, car tout semblait réuni pour cela : unité de lieu (cet escalier devant l’entrée des Goto omniprésent), de temps (une nuit, une journée), de personnages (on reprend les mêmes, ou du moins ceux encore en vie), et on recommence. Une tragédie en huit actes, avec la famille Goto au centre de l’intrigue, reléguant étrangement la famille Agawa à l’arrière-plan. En même temps, avec deux ans de plus, la jeune Shimizu Kokone ne pouvait plus paraitre son âge. Les scènes ne pouvaient qu'être limitées en nombre. Avec cette saison 2, on assiste presque un spin-off qui ne dit pas son nom, où même les trois frères Goto sont écartés de la trame principale. Car vous le comprendrez assez vite, le personnage principal, est une tout autre personne, plutôt absente de la première saison.
La série perd-elle alors de son intérêt ? Loin de là. Le mystère de la première saison étant rapidement levé, on pouvait se demander comment maintenir l’attention sur huit nouveaux épisodes, surtout après la cascade de violence et de sang des deux qui l'inaugurent. Une boucherie sans nom, sans comparatif avec un épisode d'il y a trois ans, afin de marquer les esprits et d’interroger sur les six autres peut-être. Il faudra donc s’accrocher à ces fusillades à l’américaine, avant de revenir à une horreur plus japonaise par la suite.
Mais ici, plus rien ne sera vraiment suggéré. Certains partis pris, comme l’introduction des tribus et leurs looks façon Hunger Games/Twilight, pourront faire sourire. Mais c’est vraiment le seul moment où le ton faiblit. Kasamatsu Shō et Yagira Yūya transpirent toujours les hormones et la violence, les classiques, y a que ça de vrai en cuisine.
Gannibal n’a rien perdu de sa superbe et mérite ses trois étoiles au guide des dramas. Un plat de résistance bienvenu, qui devrait rassasier une faim entretenue bien trop longtemps. En attendant — on l’espère — le plateau de desserts des spin-offs, spécialité maison de Disney.
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Who Saw the Peacock Dance in the Jungle?
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T'as fini de faire le paon !
Les Mystery Dramas mettant en scène des avocats ou des procureurs en quête de rédemption sont aujourd’hui aussi nombreux que les influenceurs make-up. Difficile donc de s’émerveiller — ou tout simplement de ne pas être déçu — lorsqu’un nouveau chef-d'œuvre autoproclamé débarque sur nos écrans.Les producteurs eux-mêmes semblent à court d’idées originales, rivalisant d’excentricités dans la photographie pour combler le vide scénaristique et la mise en scène : visions de paon dans des forêts luxuriantes, en total décalage avec l’intrigue principale, ou encore famille entière pendue dans leur salon. Rien, franchement, ne laissait présager un grand drama... sauf peut-être la présence de la star incontestée de sa génération : Hirose Suzu.
Mais comme j’ai tendance à toujours trop en attendre d’elle, ne risquais-je pas d’être déçu par cette fameuse danse du paon, très attendue et qui va tarder à venir ?
On l'a déjà trop vu, cette danse...
Quand on n’est pas habitué au genre, on peut vite crier au chef-d’œuvre en découvrant un Anata no Ban Desu : retournements de situation à la pelle, musiques envoûtantes, acteurs confirmés, révélations haletantes en toute fin d’épisode… et déception au début du suivant, car pétard mouillé. Mais les vieux briscards comme moi n’en peuvent plus de tous ces tics de production qui saturent désormais le genre.
Comme pour Shin Han-nin Flag, j’ai rapidement perdu le fil, et l’envie de continuer. Honnêtement, je pensais m'arrêter au 5e ou 6e épisode.
Beaucoup de choses n’allaient pas : une intrigue molle du genou, un mystère vite éventé autour de Komugi-chan, des morts “suspectes” montrant les pieds du vrai coupable inconnu avec voix trafiquées, pendant que la caméra insiste lourdement sur le visage des personnages en qui on était censé avoir confiance et qui ne seront au final pas les coupables. On connaît la recette. Et le plat semble à nouveau bien fade.
On espère alors un peu d’originalité du côté du couple Hirose Suzu / Matsuyama Kenichi, ou même un carré amoureux avec Morisaki Win et Isomura Hayato… mais point de romance ici. Rien pour raviver l’intérêt.
On a beau insister sur des scènes oniriques, des effets de flammes, ou encore sur le maquillage et les pulls flamboyants de Suzu-chan, rien ne semble rattraper la platitude du scénario.
Et ces flashbacks… 20 ans plus tôt, avec des personnages qui paraissent avoir 10 ans de plus que dans le présent ! À ce niveau, ce n’est plus du maquillage qu'il faut, seule l'IA peut aider au rajeunissement.
Et soudain… Il déploie sa roue
Alors que tout espoir paraissait perdu, les épisodes 7 et 8 changent la donne.
Les scénaristes se réveillent enfin : les révélations s’enchaînent avec un rythme nerveux, et on est balloté d’un rebondissement à l’autre sans pouvoir souffler. Ce qu’on attendait depuis le début est enfin là, sans qu’on nous balade, comme précédemment, trois heures d'affilés autour du même secret.
Alors certes, les ficelles sont grosses. Et oui, l’incompétence policière est une nouvelle fois mise en lumière (vivement une nouvelle saison de Chō no Rikigaku pour redorer le blason !). Mais les surprises sont bien là et cela fait tellement du bien après 5 ou 6 épisodes de tuto mode et make up de la part Suzu Chan. Et surtout, on se dit qu'on a enfin un véritable sujet de fond : les relations parent-enfant, traitée avec émotion et nuance, révélant peu à peu ce que le drama voulait réellement raconter. Le drama se transforme alors suite de scènetes relatant le poids de la filiation entre père, mère, fille, garçon..
Dommage que ce soit arrivé si tard, et de façon parfois maladroite — notamment à cause de certains acteurs, comme le père de Komugi ou le vendeur de Ramen, aux jeux et aux looks très... approximatifs.
L'attente valait-elle la danse ?
Finalement, il y a bien de quoi rattraper la série.
La prestation de Fujimoto Takahiro, qui rappelle d’ailleurs son rôle dans Chō no Rikigaku, est un vrai point fort. La musique entêtante, mais parfois agaçante, et surtout cet ending, signé Ado, digne des meilleurs endings de Nakajima Miyuki (la relève est assurée), donnent à la série un certain cachet.
Seule ombre persistante : Hirose Suzu, trop souvent fantomatique, qui ne s’effondre ou ne s’emporte vraiment qu’à la toute fin pour montrer son potentiel d'acting. Dommage, quand on connaît son talent.
Il aura donc fallu attendre un bon moment pour apercevoir la danse du paon, mais ça valait l'attente.
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Cassée, Oh Oh Cassée...
Il n’y a plus grand-chose à dire sur ce film, qui a marqué les esprits à sa sortie en 2022, à la fois par son thème et son acting. Je vais donc m’efforcer de ne pas être aussi dithyrambique que mes confrères critiques, mais avec une Nagano Mei au sommet de son art, cela semble tout simplement impossible.S’il ne devait en rester qu’une…
Je le dis depuis des années : Nagano Mei est l’une des meilleures actrices au monde (je sais, j'avais promis), et chacune de ses apparitions est pour moi un bonheur. Si elle peut me faire sourire dans Hanbun, Aoi ou Oyabaka Seishun Hakusho, et me faire pleurer à en assécher le Nil dans Kimi ga Kokoro Kureta Kara, elle peut aussi se révéler très moyenne, comme dans Hakozume ou Unicorn ni Notte. J’étais donc plutôt circonspect en me préparant à visionner un de ses films datant de cette même époque (2022). Mais quelle goujaterie d’avoir douté ! Car on assiste ici, une fois de plus, à une véritable leçon d’acting pour toute sa génération (à commencer par Nao, qui paraît bien fade à côté).
C’est du grand Nagano : la détresse et la colère qu’elle exprime dans de nombreuses scènes vous feront autant frissonner que pleurer. Elle atteint ici le niveau, voire un au-delà, de ce qu’elle a pu donner dans Kimi ga Kokoro Kureta Kara. C’est clairement l’atout majeur du film, celui qui justifie à lui seul le visionnage.
Une vision de déjà-vu
Le thème principal, déjà maintes fois traité, n’en reste pas moins toujours d’actualité. La violence au sein de la cellule familiale n’est pas l’apanage du Japon, mais dans un pays où l’on cultive une certaine légèreté de l’être, ces faits en deviennent d’autant plus atroces. Les révélations, sous forme de flashbacks assez classiques dans la mise en scène, ne peuvent que glacer le spectateur.
On ne sera bien sûr pas surpris par l’emprise du père sur sa fille – les mécanismes sont connus. En revanche, le manque de réaction des services sociaux, de l’école, de Nao elle-même, et même de Mei, donne une impression d’incohérence. Mei raconte l’enfance, l’adolescence et même le début de la vie adulte de son amie comme si elle avait vécu en vase clos. Mais au vu des marques et de l’horreur qu’elle subit, comment personne n’a-t-il pu réagir ?
Alors oui, Mei se préoccupe d’elle, la sort de l’emprise de son père… mais n’y a-t-il plus de police au Japon pour prendre le relais ? Qu’une victime garde le secret, d’accord, c’est un phénomène courant, et il n'est possible de parler de son traumatisme que des années après. Mais que son amie, qui à déjà 12 ans, hurlait à la mort devant la porte du père, n’ait jamais envisagé d’aller plus loin… ça sonne faux.
Qu’on cache ce scénariste sous un casque !
Ces incohérences scénaristiques, tout comme le What The Fuck du passage à la mer, gâchent une sensibilité qui commençait pourtant à bien s’installer. Kubota Masataka n’est que l’ombre de lui-même dans cette partie. Certes, on ne s’attendait pas à une comédie romantique, mais son rôle manque cruellement de consistance, à tel point qu’il ressemble à un prince charmant Disney parachuté dans un drame réaliste pour sauver la princesse héroïne.
Si certaines trouvailles scénaristiques peuvent surprendre, elles manquent tellement de cohérence qu’elles en deviennent risibles à des moments incongrus. Certaines lignes de dialogue, comme « J’ai fait la même chose, il y a six mois », laissent attendre une suite… qui ne viendra jamais. Et c’est d’ailleurs le plus grand défaut du film. Avec seulement 1h30 au compteur, il s’attarde trop sur ce séjour à la mer, qui semble miraculeusement résoudre tous les problèmes en une journée. Et pourtant, chaque scène introduit de nouveaux personnages qui auraient mérité un vrai développement.
On se retrouve donc frustré en arrivant à la fin du film… tout comme Mei, qui n’a qu’une envie : hurler sur Nao pour qu’elle se prenne enfin en main et arrête de profiter d’elle.
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Project Dreams: How to Build Mazinger Z's Hangar
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Des gros camions qui font broom broom.
Une plongée nostalgique de plus avec ce film de 2020 relatant une histoire plus ou moins vraie de 2002, elle-même inspirée d’un anime de 1972. La génération Z risque d’être mise de côté, malgré la présence de Takasugi Mahiro, Kishii Yukino ou Machida Keita. Mais après tout, même Exile est aujourd’hui un groupe de "millénialistes" nostalgiques. Alors, la situation est-elle désespérée ? N’y a-t-il plus aucun producteur pour sauver le monde de la Natsukashii Fantasy ? Eh bien non, Professeur Yumi, l'entreprise de BTP MAEDA est là pour vous et va relever le défi.Mazinger Vs....
Quasiment détestée (ou tout du moins ignorée) en France à cause de la surexposition de Koji Kabuto (Alcor), c’est bien l’œuvre originale Mazinger Z – cinq ans avant le spin-off Goldorak – qui est au cœur de ce film. N’y voyez pas une adaptation en live action (qui existe certainement), mais un hommage fulgurant aux animes de notre enfance. Si les contes européens, la mythologie grecque ou la littérature des XIXe et XXe siècles ont bercé l’imaginaire des enfants occidentaux devenus grands, il faut bien admettre que celui des "boomers" japonais a été nourri par des robots, des ki-Kaïju et le tout atomique. Et qui, hormis Astroboy, représente mieux les années post-Expo Universelle 70 que Mazinger Z ? Go Nagai est un génie qui a façonné la culture pop japonaise des années 70. Que l’on apprécie ou non les robots géants, tout Japonais connaît la série des Mazingers.
... MAEDA
Mais tout ce que je viens de raconter n’a en réalité aucune importance, car ce film est en vérité un Working Movie relatant le processus de conception d’un simple devis en bâtiment. Un concept totalement japonais, donc, qui, grâce à son écriture de shōnen, rend le visionnage étonnamment palpitant. Les courses effrénées et les retournements de situation lors de l’élaboration des plans, de la recherche des matériaux ou des discussions avec les experts vous feront vibrer autant que les protagonistes. L’humour est décalé, mais jamais excessif, car le réalisme reprend toujours le dessus. Le scénario joue habilement avec l’image ennuyeuse du BTP, brisant peu à peu les préjugés du spectateur. Avec son étiquette de Kaisha Movie, Maeda Kensetsu Fantaji Eigyoubu s’impose comme l’un des meilleurs représentants du genre.
La boue tout le monde s'en fout.
Le film énervera sans doute ceux qui sont lassés par cette culture d’entreprise, où la firme est défendue comme un pays sous les ordres d’un empereur-client que l’on ne voit jamais. Pour ma part, j’ai surtout été déçu par le manque de mise en avant des personnages. Sans réel rôle principal, chacun devient le héros de son épisode, mais la dynamique répétitive finit par lasser sur la longueur. Au vues des performances assez fades de Takasugi Mahiro et Kishii Yukino – que j’adore pourtant – on préférera celle de Kamiji Yusuke, qui, lui, ne se prend pas au sérieux. Tout comme Hanabusa Tsutomu, scénariste et réalisateur connu pour ses adaptations fidèles au manga, Kakegurui, Tokyo Revenger, mais totalement what the fuck pour un live action.
Prof Yumi vous remercie pour le devis.
Et non, le véritable héros de cette histoire n’est ni un acteur, ni même Mazinger Z, et encore moins Go Nagai (qui nous gratifie tout de même d’un gracieux caméo). L’héroïne – et elle ne s’en cache pas – c’est l’entreprise MAEDA. Fierté nationale, capable de construire des barrages, des autoroutes… et le hangar de Mazinger Z. Comment alors, lui reprocher cette mise en avant, réaliste, jusque dans les chantiers et entreprises filmés ? Elle ferait rêver n’importe quel petit garçon (et petite fille) et donnerait presque envie de suer à 50 mètres sous terre dans des galeries humides. Si vous avez encore des questions sur le devis, je me permets de remettre l'adresse du site de MAEDA (le vrai) déjà mentionné dans un commentaire et vous invite à lire les livres des projets du Maeda Kensetsu Fantaji Eigyoubu. Car oui, il en existe bien d'autres tout aussi loufoque. https://www.maeda.co.jp/fantasy/
Un hymne au BTP à projeter au collège, lors des ennuyantes heures avec le professeur principal. Histoire de raviver le nekketsu pour autre chose que le métier de ninjas, pirate ou footballeur.
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Et si je veux un café glacé ?
Je ne pensais pas chroniquer Cafe Funiculi Funicula, tant il me paraissait daté, mais après avoir parlé de Shiawase no Pan ou Suteki na Sentakushi, revenir dans le passé ne me fait plus peur. Le passé, pour cette sortie en 2018, mais aussi celui de mes souvenirs de visionnage du film, puisque cela remonte à la traduction française du roman, le bien nommé Tant que le café est encore chaud. Rassurez-vous, je n'ai pas des journées de 30 heures pour ingurgiter autant de romans que de dramas. Je ne vous ferai donc pas de critique littéraire. C'est tout simplement ma femme qui m'a conseillé cette histoire, et comme les seules choses que je lis sont les sous-titres des dramas... de toute façon.Évidemment, revoir Arimura Kasumi dans sa vingtaine n'était pas pour me déplaire, et cela a fortement contribué à mon envie de visionner le film. Car malgré ça, dès la moitié de celui-ci, on se dit : « Quelle excellente série cela aurait pu faire, dommage que ce soit un one-shot. » Mieux monté, par épisodes donc, avec une montée en puissance du personnage d'Arimura Kasumi au détriment des personnages secondaires, cela aurait tout changé, même si cette construction aussi reste très classique aujourd'hui. Mais là, tout va trop vite. Et ce qui aurait dû être un réconfort quotidien ou tout du moins hebdomadaire nous procure de la frustration.
Les personnages sont tellement attachants, notamment le couple formé par Matsushige Yutaka et Yakushimaru Hiroko. Plutôt que de découvrir leur relation au bout de trente minutes, une attente plus longue et une meilleure connaissance de chacun auraient décuplé les émotions. Ceci dit, la réalisatrice a quand même réussi, en seulement deux heures, à faire passer les sentiments comme il se doit, en insistant sur certains personnages ou certaines scènes. On sent tout de même que des choix ont dû être faits pour tenir dans les temps, et c'est bien dommage.
Le film souffre toutefois d'une production qui rappelle celle d'un téléfilm. Le lieu quasi unique du café rend l'ensemble proche d'une pièce de théâtre, de qualité certes, mais qui risque d'ennuyer ceux qui comprennent assez vite le rôle de chaque personnage, voire pire, ceux qui ont lu le livre. Encore une fois, voir plus de scènes de vie quotidienne lors des différents segments aurait vraiment ajouté un intérêt profond à l'histoire. Il y avait matière à mieux faire, et je suis persuadé qu'une adaptation reviendra, plus belle et plus forte. Les voyages dans le temps sont une source inépuisable de recommencement.
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Avoir un bon co-pain ...
Pour des raisons qui me sont propres, j'exhume cette œuvre de 2011, non sans une certaine honte, car elle commence vraiment à accuser son âge. Comme tout bon pain est souvent meilleur à l'ancienne, je m'attendais à une œuvre respirant la sensibilité, une fois la vieille croûte scénaristique du retour à la campagne brisée. À la lecture de quelques avis récents glanés ici et là, j'espérais découvrir une douceur cachée. Mais, à force d'accumuler les clichés, on finit par ne plus voir que les défauts. Mon avis risque donc de ne pas plaire à tous ceux qui ont été touchés par la sensibilité de l'œuvre.Bien que plus récent – 2018 tout de même – je ne peux m'empêcher de comparer ce film à Cafe Funiculi Funicula (Tant Que Le Café est Encore Chaud en librairie). Non seulement en raison de la présence d'Harada Tomoyo, mais surtout parce qu'il s'inscrit dans la mouvance des productions japonaises mettant en avant ces commerces qui réchauffent le cœur, un genre à part entière, sur l'archipel. C'est d'autant plus marquant que c'est le dernier film de ce type que j'ai vu. Même si Coffee Ikaga Deshou commence déjà à s'estomper dans ma mémoire, la présentation du café comme remède absolu à la dépression se retrouve aujourd'hui, même dans des productions destinées à l'international comme Sayonara no Tsuzuki. Rien de très original, donc.
La banalité des différentes situations m'interpelle d'ailleurs dans Shiawase no Pan. Si l'introduction rappelle, pour mon plus grand bonheur, une réinterprétation du manga Chobits, par la place qu'occupe le livre d'images et la personne "rien qu'à elle" qui s'y attache, la première histoire centrée sur un personnage secondaire ne peut être plus classique et dépourvue d'âme. Le jeu d'acteur y est très approximatif, notamment dans les scènes d'alcoolisation, ce qui rend difficile l'empathie et l'implication émotionnelle du spectateur. La deuxième partie est inutilement contemplative, les enjeux étant compris dès la moitié du récit, et la troisième annonce une issue sans surprise, étant donné la saison qu'elle aborde.
La bonne idée du film réside justement dans l'alliance entre les saisons et les moments de vie : l'été représente la jeunesse, l'automne, le changement et l'hiver...
Le printemps pointera finalement le bout de son nez dans les dernières minutes, révélant peut-être les secrets du couple héros, mais trop discret. Même si de nombreux drames adoptent le rythme des saisons pour structurer leurs épisodes, ici, les lacs et les neiges d'Hokkaido apportent ce petit supplément d'âme. Les contemplations nocturnes sous la lune sont empreintes de poésie, bien que le film en abuse quelque peu. À force, le calme de certaines scènes devient assourdissant sur une durée de deux heures, d'autant plus que les deux protagonistes semblent se retirer de leur propre histoire.
Pour découvrir les pains bien de chez nous, version nord du Japon, allant jusqu'au kouglof (sans déconner...) ou au pain à la châtaigne – et cela bien avant la mode des émissions culinaires et de l'école de Ici Tout Commence –, ce film peut présenter un certain intérêt. On peut aussi louer les efforts de la réalisatrice pour mettre en avant des personnages marginaux. Souvent mis à l'écart de la société, on se croirait parfois dans un film d'Emir Kusturica. Même si on insiste sur le fait que tout le monde est heureux, à en être béat. Malgré toutes ses bonnes intentions, ce film sera malheureusement vite oublié, tant il reste plat dans sa réalisation, son transfert d'émotions et les cachotteries des protagonistes principaux, qu'on a du mal à comprendre. À moins que le printemps fasse éclore les réponses à vos questions.
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Retour 10 ans dans le futur
Mon choix peut paraître surprenant, ayant depuis longtemps renoncé à chroniquer les anciens dramas vus dans ma tendre jeunesse. En effet, j'ai souvent essayé de revisiter des classiques, mais tant d’avis ont déjà été publiés par d’autres, et le temps me manque pour revoir intégralement certaines séries. Résultat : je suis frustré de ne pas pouvoir exprimer toute l’admiration que j’ai pour certaines d’entre elles, quand je parle de nouvelles, bien moins bonnes. Il faudrait vraiment pouvoir remonter le temps pour chroniquer certains chefs-d’œuvre à l'époque de leur sortie… ou alors profiter d’un anniversaire, comme celui des 10 ans de la première grande œuvre de Bakarhythm en tant que scénariste : Suteki na Sentakushi.Le plus piquant– et même si cela n’intéressera certainement personne – c’est que je suis devenu dingue de cette série bien avant de re-connaître Bakarhythm en tant que comique, acteur, animateur, et encore moins de connaître son univers otaku, noir ou critique de son pays. N’ayant qu’un rôle très secondaire dans la série, un spectateur européen ne ferait pas forcément attention à l'acteur ici. Et pourtant, j’avais tellement aimé cette série à l’époque que, de mémoire, c’est elle qui m’a véritablement fait délaisser les mangas et les animes pour les dramas japonais. Elle m’a un peu fait passer à l’âge adulte (à 40 ans, il était temps !). Je n’avais pas vraiment réalisé que l’anniversaire de cette série approchait, mais en chroniquant Hot Spot, sa dernière participation en tant que scénariste, je me suis dit qu’un petit comparatif était nécessaire – ou pas.
Et honnêtement, même après 10 ans, Sentakushi n’a rien à envier aux productions actuelles. Il est difficile de croire qu’une décennie sépare cette série des dramas récents. Même si la qualité esthétique des productions a progressé, on a à peine l’impression d’avoir remonté le temps d’un an. Bien sûr, les acteurs ont pris dix ans, mais quel bonheur de les revoir avec leur visage juvénile ! Mamiya Shotaro et Matsushita Kouhei, pour n’en citer que deux, étaient déjà prometteurs. Quant à des grands noms comme Yasuda Ken ou Nakamura Toru, ils étaient au sommet de leur forme, à l'époque, mais plus cantonnés aux seconds rôles aujourd'hui. Et que dire du chauffeur de taxi interprété par Takenouchi Yutaka ? À mes yeux, c’est le rôle de sa vie : il incarne à la perfection un chauffeur désuet, et donc intemporel. La moustache, la jacket et le ton lui vont si bien ! Pas étonnant qu’il ait décroché juste après l’un des rôles principaux dans Shin Godzilla. Hideaki Anno ne s’y est pas trompé, otaku averti qu’il est.
Alors que Sentakushi était l’une des premières grandes œuvres de Bakarhythm, c’est aussi, à mon sens, l’une de ses meilleures. La direction artistique est exceptionnelle et, comme je l’ai dit, les acteurs étaient déjà parmi les meilleurs.
Et pourtant, ce n’était pas gagné. Le concept pouvait sembler cheap par certains aspects : le café au décor minimaliste, l’écran défilant derrière la voiture immobile… Mais c’est justement dans ces éléments désuets que la série puise sa force. Bakarhythm lui-même est un homme ancré dans une esthétique décalée. Son humour lunaire, basé sur des quiproquos, des jeux de mots et le ridicule des personnages, nous emmène à contre-courant de l’humour lourd de Les Tuche, où l’on rit parce que les personnages sont caricaturalement ploucs, quand le citadin est conforté dans sa supériorité intellectuelle. Chez Bakarhythm, même lorsqu’il critique ou se moque, il nous amène à ressentir de l’empathie. Un vrai gentil, qui dès cette première œuvre, a su exposer la bêtise humaine sans méchanceté ni moquerie.
En adoptant le format un épisode, une histoire, un personnage, on pourrait craindre que la série se fasse vite oublier, comme c’est trop souvent le cas dans ce format. Mais ici, l’écriture et l’originalité sont au rendez-vous à chaque épisode, avec en prime une distribution d’exception. Bien sûr, venant du stand-up, on sent l’influence du sketch dans de nombreuses situations. Mais honnêtement, je préfère cette approche aux dernières productions de Bakarhythm. Même si Brush Up Life ou Hot Spot sont excellents, ils s’étendent parfois trop sur des dialogues interminables entre bandes de copains/copines.
On pourrait craindre que le gag du taxi DeLorean finisse par lasser au bout de trois épisodes, mais la force du scénario réside dans sa construction : pas à pas, l’histoire du chauffeur se dévoile et devient essentielle.
Et comme si les intrigues parallèles, l’histoire principale et les sketches du café ne suffisaient pas à éviter l'ennui, la série s’offre un fil conducteur sous la forme d’une mini-série policière récurrente, Flic et Voyou, qui rend un hommage aux séries policières japonaises et internationales des plus délirantes. Une telle générosité est souvent l’apanage des premières œuvres, peut-être par peur de ne pas avoir l’occasion d’en refaire d’autres.
Cette modestie est la marque des grands. Suteki na Sentakushi est une œuvre fondatrice qui mérite son statut culte, sans pour autant éclipser le reste de la carrière de Bakarhythm. Les fans réclament depuis des années une suite à back to the futur, c'est qu'ils n'ont jamais vu cette série. Un retour au 21 octobre 2015 s'impose pour eux.
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La vengeance aux deux visages
Avec Death Game de Matteru, nous allons une nouvelle fois réviser nos classiques en matière de Fukushū Dramas. Et ce, pas seulement en raison de l'homonymie entre les termes « réviser » et « vengeance » (je sais, je me la raconte, mais je ne pouvais pas m'en empêcher). Tous les poncifs inhérents à ce genre si populaire au Japon vont se dérouler sous vos yeux blasés, au fil de 11 épisodes de 25 minutes chacun. Un exploit, compte tenu de la courte durée de la série.Et alors que vous vous apprêtez peut-être à passer votre chemin ou à savourer un Gedō no Uta bien plus brut et incisif, sachez que ce drama mérite néanmoins qu'on s'y attarde. J'ai rarement vu une telle audace dans ce genre souvent balisé, ou dans les Death Games, un registre qui semble avoir atteint le niveau zéro de la créativité depuis Battle Royale et Squid Game.
La présence de Hamatsu Takayuki, acteur principal de One Cut of the Dead, aurait dû vous mettre la puce à l'oreille. Bien que les premières minutes, voire les premiers épisodes, ne soient pas particulièrement impressionnants – et mettent même mal à l'aise, tant les personnages paraissent dénués de toute compassion ou sens moral –, le scénario prend rapidement une tournure inattendue. Malgré la fadeur des autres acteurs (y compris Hamatsu lui-même, ce qui parait peut-être volontaire) et des personnages très caricaturaux, qu'il s'agisse des intimidateurs ou des victimes, le point de départ – des Death Games clandestins, mais filmés – n'est qu'un prétexte pour réunir, façon Friends, une bande de losers dans un même appartement. Vous ressentirez sans doute, comme moi, un certain malaise face aux sourires et aux rires joyeux de cette agence événementielle qui organise ses premiers jeux clandestins avec succès, bien qu'ils se soldent par la mort des participants. Des pourritures, certes, mais après avoir vu Gedō no Uta et son casting buriné, il est difficile de pardonner ce manque de remords et de tourments à nos jeunes Idoles ou Johnny's qui forment celui de cette série. Certains spectateurs arrêteront probablement leur visionnage après les deux premiers épisodes. Pourtant, c'est précisément parce qu'il en restait neuf que je me suis dit : On ne peut pas en rester là.
Avec peu d'effets spéciaux, une production modeste et des acteurs peu connus, ce drama aurait pu sombrer dans la médiocrité. Cependant, malgré ses défauts, la suite mérite un coup d'œil. Malheureusement, un nanar reste un nanar, et malgré quelques bonnes idées qui rappellent One Cut of the Dead, on est déçu par le manque d'ambition. Jusqu'à la dernière image, aussi clichée que possible. Le côté Friends n'est pas suffisamment développé, les moments d'humour ne sont pas assez poussés. Pouvant être pris comme une parodie de SAW, il y avait matière à se lâcher, mais la production hésite constamment entre le sérieux et la folie, si bien que l'ensemble reste fade.
Dommage, l'idée de départ était prometteuse, mais les choix réalisés ont été les mauvais. Pour une bonne parodie de Death Game, on attendra encore.
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Mon Précieux
Après des dizaines de dramas marqués pour le meilleur et pour le pire par sa présence, je n'ai toujours pas réussi à me faire un avis tranché sur les talents d'acteur de Tanaka Kei. Tout aussi excellent, quand il prend son air bougon et inquiétant qu'horripilant quand il prend son air niais ..., et vice-versa. Watashi no Takaramono, dont ses variations de caractère est au centre de l'intrigue de départ, va-t-il me donner un avis définitif. Le suspense est aussi intense que celui-de savoir qui est le papounet de ce cadeau inattendu.Pour dire mon premier ressenti, l'intensité des premiers épisodes oblige notre acteur à surjouer la pourriture. Si bien que sa transformation va nous manquer cruellement de naturel. Alors que le reste du cast cherche une certaine vérité, Kitamura Kazuki à part, mais rien de surprenant connaissant ses rôles, on aurait aimé plus de retenue de Tanaka Kei. Au final, si la parentalité est le sujet principal de la série, la masculinité n'est pas moins interrogée. Et en tant qu'homme (je crois) j'ai autant aimé suivre les doutes du mari en particulier et des hommes en général, que ceux de Matsumoto Wakana qui tient son rôle de maman débordante de culpabilité à la perfection.
De manière surprenante, le jeu s'améliore avec les épisodes, comme si chacun rentrait vraiment dans le personnage, transformé par la venue de cet inestimable cadeau. Les mensonges font place à la vérité et le naturel avec. On se prend d'empathie pour chacun, se mettant clairement à la place de tous. Amoureux transi, père bafoué, personnage rongé par la culpabilité ou un code d'honneur d'un autre temps. D'un 1ᵉʳ épisode trop accès DV et maladroit, de la douceur et de la tendresse saupoudrent le reste de la série. Une mise en scène soignée et pleine de retenue accompagnée par une musique loin de la grandiloquence des productions habituelles achèvent un tableau plutôt bien réussi. Même l'ending ne sombre pas dans cette grandiloquence inhérente au genre. Bien sûr, certains trouveront à redire, et j'étais prêt à en être après les 2 premiers épisodes. Mais Tanaka Kei est tellement touchant avec ce bébé, qui faut bien le dire, est la star de la série qu'il nous offre le plus beau des cadeaux, un rôle à la hauteur de son talent.
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Namae wa Léo
Largement chroniqué, Netflix oblige, je ne me cacherai pas dans ma tanière pour donner, moi aussi, mon avis sur Lion no Kakurega. Fan de Yagira Yuuya depuis son interprétation de folie dans Aoi Honoo et sa piqûre de rappel tout aussi folle dans Gannibal, il y a deux ans. Seul son rôle d'Hokusai m'a déçu ces dernières années, m'attendant à une interprétation plus habitée. En premier rôle dans un mystery drama où la famille, le handicape et la paternité est au cœur de l'intrigue, je m'attends à quelque chose de fort. Peut-être un peu trop.
C'est ton tour Yuuya-kun.
Alors qu'un mystérieux garçon de 6 ans apparaît dans la vie bien réglée de cet employé de mairie, et de son frère autiste, l'enquête sur la vérité se déroulera sur les 5 premiers épisodes, mettant en même temps en place les personnages et l'intrigue. Le reste des épisodes perdent en rythme et ne sont que du remplissage, malheureusement. Basé sur les relations entre les deux frères et ce jeune garçon, cela aurait mérité plus de développement. Quitte à négliger cette enquête qui tourne souvent au bidon. Mukai Osamu, Okayama Amane ou même Sakurai Yuki campent des personnages trop inquiétants pour être réels. La mise en scène est grandiloquente lors de leurs apparitions, ce qui gâche complètement le plaisir de notre enquête. Et cette propension de la réalisation à vouloir faire passer de gentilles connaissances du héros pour des machiavels commence à me lasser depuis le temps. J'ai eu tellement de mal à finir Shinhannin Flag qui en est la quintessence
Les nominés sont ...
Le plaisir, vous le trouverez plutôt du côté des émotions procurées par le trio
Yagira Yuuya, Sato Tasuku (6 ans, mais déjà 2 ans de carrière qui dit mieux) et surtout Bando Ryota. Autant, il était insupportable dans Shinhannin Flag et d'autres mystery dramas. Autant, c'est le point fort de cette série. Si Dustin Hoffman mérite son oscar pour Rainman, ce n'est certainement pas autant que Bando Ryota. À la fois touchant et drôle, il excelle en génie de la peinture qui s'ignore, bourré de ses doutes et trop occuper par la gestion millimétrée du quotidien. Gestion qui par sa neutralité et son calme sonnera un peu faux pour Yagira Yuuya qui me déçoit par le jeu choisi. Voulant trop paraitre "normal" et "sympa" anesthésié par les difficultés d'une vie subi et non choisi. Décès des parents, prise en charge de son frère, renoncement à ses rêves pour devenir... fonctionnaire, célibataire, blablabla... Et tout ça avec le sourire par ce que "shikatanai".... Énerve-toi, un peu, mon gars. Le parti pris d'en faire un antihéros gâche complètement le rythme. J'aurais aimé des courses poursuites, des sauts d'immeubles, etc... non, juste un petit bleu dans l'avant-dernier épisode.
Le Roi Lion
Ceci dit, violence, il y aura. L'ombre de la violence conjugale plane sur bon nombre d'épisodes, ce qui, même si elle semble mal amenée, fait toujours du bien en rappel sociétal. La bonne humeur se dégage tout de même de l'ensemble de l'œuvre qui est à la limite du feel good. Preuve cette ending qui accompagne les happy end d'épisodes, par une des meilleures chansons de Vaundy, lui-même un des meilleurs artistes de la génération Z, surtout pour sa crinière de lion.
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Rien faire c'est déjà beaucoup
Souvent, quand j'observe ma classe, j'ai l'impression de me trouver dans une véritable volière. Il y a des petits coqs qui veulent toute l'attention, des petits poulets qui caquettent, des paons qui pavanent et un aigle un peu simplet, puisqu'il a choisi ce métier, mais qui veille d'un œil perçant à ce qu'aucun oisillons ne se vole dans les plumes. Dans le monde des adultes et en particulier celui des Open Space et autre Office Center, rien n'a vraiment changé. C'est en tout cas ce que doit penser l'héroïne soi-disant sotte de Munou no Taka.Difficile d'appréhender de manière apaisée le pitch de cette série, en 2024. Après des années de "me too", présenter L'héroïne comme une plante verte rêvant de revêtir les habits d'une office lady, pour l'uniforme, tout juste bonne à faire des photocopies, me fait mal à mon "quoi". Elle le réclame haut et fort, "je suis une idiote, je ne sais rien faire et je n'y peux rien". Pourtant, avec subtilité et talent d'écriture, la série prend vite le parti de l'égalité des sexes et cherche à poser le doigt là où ça fait encore mal. Le paternalisme insupportable de la gent masculine au Japon. Alors bien sûr, on targuera la série de Wok, après l'avoir soupçonnée de faire l'apologie des vieux clichés. Il est cependant important de repasser régulièrement une couche dessus et celle-ci n'épargne personne. De la génération Z au baby boomer. Nanao qui par sa candeur déconcerte tout le monde, n'est que le catalyseur de l'incompétence de tout un système basé sur le faux-respect de la hiérarchie, de l'âge et du client. Mais d'une critique acerbe du système qui a fait le succès et la faillite du pays, on arrive rapidement à une comédie pleine de bons sentiments et surtout de feel good vibes, bien nécessaires pour tout Salary Man et Office Lady en besoin de détente après une journée passé à subir le Pawa-Hara systémique de l'entreprise.
L'humour est omniprésent, sans jamais de méchanceté sur le niveau intellectuel présumé de chacun. Comprendrons qui veut, à quel point le travail forcé du samourai moderne manque d'efficacité à cause du système, et cela, malgré le temps passé au bureau. Des blagues de bureau, justement, parfois lunaire, à la vie simple des urbains d'aujourd'hui, la série respire la normalité et le bien-être. Même si les clichés, homme incompétents et médiocres, contre femme manipulatrice ont la vie dure dans cette série aussi, malgré toute la bienveillance qu'elle dégage. Heureusement, personne n'est vraiment vil. Le système qui broille l'humanité en nous est dénoncé et Munou se mue en ange gardien pour tous ces collègues. promouvant l'entraide plutôt que la compétitivité, la promotion de chacun en trouvant toujours de l'aide ou du réconfort de la part du plus incompétent de ses collègues.
Pour peu que la vie de bureau vous intéresse, vous trouverez votre compte dans cette volerie, même si ce monde semble trop rose bonbon, N'ayez pas peur d'y laissé des plumes, d'autruche, évidement.
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