Et si je veux un café glacé ?
Je ne pensais pas chroniquer Cafe Funiculi Funicula, tant il me paraissait daté, mais après avoir parlé de Shiawase no Pan ou Suteki na Sentakushi, revenir dans le passé ne me fait plus peur. Le passé, pour cette sortie en 2018, mais aussi celui de mes souvenirs de visionnage du film, puisque cela remonte à la traduction française du roman, le bien nommé Tant que le café est encore chaud. Rassurez-vous, je n'ai pas des journées de 30 heures pour ingurgiter autant de romans que de dramas. Je ne vous ferai donc pas de critique littéraire. C'est tout simplement ma femme qui m'a conseillé cette histoire, et comme les seules choses que je lis sont les sous-titres des dramas... de toute façon.Évidemment, revoir Arimura Kasumi dans sa vingtaine n'était pas pour me déplaire, et cela a fortement contribué à mon envie de visionner le film. Car malgré ça, dès la moitié de celui-ci, on se dit : « Quelle excellente série cela aurait pu faire, dommage que ce soit un one-shot. » Mieux monté, par épisodes donc, avec une montée en puissance du personnage d'Arimura Kasumi au détriment des personnages secondaires, cela aurait tout changé, même si cette construction aussi reste très classique aujourd'hui. Mais là, tout va trop vite. Et ce qui aurait dû être un réconfort quotidien ou tout du moins hebdomadaire nous procure de la frustration.
Les personnages sont tellement attachants, notamment le couple formé par Matsushige Yutaka et Yakushimaru Hiroko. Plutôt que de découvrir leur relation au bout de trente minutes, une attente plus longue et une meilleure connaissance de chacun auraient décuplé les émotions. Ceci dit, la réalisatrice a quand même réussi, en seulement deux heures, à faire passer les sentiments comme il se doit, en insistant sur certains personnages ou certaines scènes. On sent tout de même que des choix ont dû être faits pour tenir dans les temps, et c'est bien dommage.
Le film souffre toutefois d'une production qui rappelle celle d'un téléfilm. Le lieu quasi unique du café rend l'ensemble proche d'une pièce de théâtre, de qualité certes, mais qui risque d'ennuyer ceux qui comprennent assez vite le rôle de chaque personnage, voire pire, ceux qui ont lu le livre. Encore une fois, voir plus de scènes de vie quotidienne lors des différents segments aurait vraiment ajouté un intérêt profond à l'histoire. Il y avait matière à mieux faire, et je suis persuadé qu'une adaptation reviendra, plus belle et plus forte. Les voyages dans le temps sont une source inépuisable de recommencement.
Was this review helpful to you?
Avoir un bon co-pain ...
Pour des raisons qui me sont propres, j'exhume cette œuvre de 2011, non sans une certaine honte, car elle commence vraiment à accuser son âge. Comme tout bon pain est souvent meilleur à l'ancienne, je m'attendais à une œuvre respirant la sensibilité, une fois la vieille croûte scénaristique du retour à la campagne brisée. À la lecture de quelques avis récents glanés ici et là, j'espérais découvrir une douceur cachée. Mais, à force d'accumuler les clichés, on finit par ne plus voir que les défauts. Mon avis risque donc de ne pas plaire à tous ceux qui ont été touchés par la sensibilité de l'œuvre.Bien que plus récent – 2018 tout de même – je ne peux m'empêcher de comparer ce film à Cafe Funiculi Funicula (Tant Que Le Café est Encore Chaud en librairie). Non seulement en raison de la présence d'Harada Tomoyo, mais surtout parce qu'il s'inscrit dans la mouvance des productions japonaises mettant en avant ces commerces qui réchauffent le cœur, un genre à part entière, sur l'archipel. C'est d'autant plus marquant que c'est le dernier film de ce type que j'ai vu. Même si Coffee Ikaga Deshou commence déjà à s'estomper dans ma mémoire, la présentation du café comme remède absolu à la dépression se retrouve aujourd'hui, même dans des productions destinées à l'international comme Sayonara no Tsuzuki. Rien de très original, donc.
La banalité des différentes situations m'interpelle d'ailleurs dans Shiawase no Pan. Si l'introduction rappelle, pour mon plus grand bonheur, une réinterprétation du manga Chobits, par la place qu'occupe le livre d'images et la personne "rien qu'à elle" qui s'y attache, la première histoire centrée sur un personnage secondaire ne peut être plus classique et dépourvue d'âme. Le jeu d'acteur y est très approximatif, notamment dans les scènes d'alcoolisation, ce qui rend difficile l'empathie et l'implication émotionnelle du spectateur. La deuxième partie est inutilement contemplative, les enjeux étant compris dès la moitié du récit, et la troisième annonce une issue sans surprise, étant donné la saison qu'elle aborde.
La bonne idée du film réside justement dans l'alliance entre les saisons et les moments de vie : l'été représente la jeunesse, l'automne, le changement et l'hiver...
Le printemps pointera finalement le bout de son nez dans les dernières minutes, révélant peut-être les secrets du couple héros, mais trop discret. Même si de nombreux drames adoptent le rythme des saisons pour structurer leurs épisodes, ici, les lacs et les neiges d'Hokkaido apportent ce petit supplément d'âme. Les contemplations nocturnes sous la lune sont empreintes de poésie, bien que le film en abuse quelque peu. À force, le calme de certaines scènes devient assourdissant sur une durée de deux heures, d'autant plus que les deux protagonistes semblent se retirer de leur propre histoire.
Pour découvrir les pains bien de chez nous, version nord du Japon, allant jusqu'au kouglof (sans déconner...) ou au pain à la châtaigne – et cela bien avant la mode des émissions culinaires et de l'école de Ici Tout Commence –, ce film peut présenter un certain intérêt. On peut aussi louer les efforts de la réalisatrice pour mettre en avant des personnages marginaux. Souvent mis à l'écart de la société, on se croirait parfois dans un film d'Emir Kusturica. Même si on insiste sur le fait que tout le monde est heureux, à en être béat. Malgré toutes ses bonnes intentions, ce film sera malheureusement vite oublié, tant il reste plat dans sa réalisation, son transfert d'émotions et les cachotteries des protagonistes principaux, qu'on a du mal à comprendre. À moins que le printemps fasse éclore les réponses à vos questions.
Was this review helpful to you?
Retour 10 ans dans le futur
Mon choix peut paraître surprenant, ayant depuis longtemps renoncé à chroniquer les anciens dramas vus dans ma tendre jeunesse. En effet, j'ai souvent essayé de revisiter des classiques, mais tant d’avis ont déjà été publiés par d’autres, et le temps me manque pour revoir intégralement certaines séries. Résultat : je suis frustré de ne pas pouvoir exprimer toute l’admiration que j’ai pour certaines d’entre elles, quand je parle de nouvelles, bien moins bonnes. Il faudrait vraiment pouvoir remonter le temps pour chroniquer certains chefs-d’œuvre à l'époque de leur sortie… ou alors profiter d’un anniversaire, comme celui des 10 ans de la première grande œuvre de Bakarhythm en tant que scénariste : Suteki na Sentakushi.Le plus piquant– et même si cela n’intéressera certainement personne – c’est que je suis devenu dingue de cette série bien avant de re-connaître Bakarhythm en tant que comique, acteur, animateur, et encore moins de connaître son univers otaku, noir ou critique de son pays. N’ayant qu’un rôle très secondaire dans la série, un spectateur européen ne ferait pas forcément attention à l'acteur ici. Et pourtant, j’avais tellement aimé cette série à l’époque que, de mémoire, c’est elle qui m’a véritablement fait délaisser les mangas et les animes pour les dramas japonais. Elle m’a un peu fait passer à l’âge adulte (à 40 ans, il était temps !). Je n’avais pas vraiment réalisé que l’anniversaire de cette série approchait, mais en chroniquant Hot Spot, sa dernière participation en tant que scénariste, je me suis dit qu’un petit comparatif était nécessaire – ou pas.
Et honnêtement, même après 10 ans, Sentakushi n’a rien à envier aux productions actuelles. Il est difficile de croire qu’une décennie sépare cette série des dramas récents. Même si la qualité esthétique des productions a progressé, on a à peine l’impression d’avoir remonté le temps d’un an. Bien sûr, les acteurs ont pris dix ans, mais quel bonheur de les revoir avec leur visage juvénile ! Mamiya Shotaro et Matsushita Kouhei, pour n’en citer que deux, étaient déjà prometteurs. Quant à des grands noms comme Yasuda Ken ou Nakamura Toru, ils étaient au sommet de leur forme, à l'époque, mais plus cantonnés aux seconds rôles aujourd'hui. Et que dire du chauffeur de taxi interprété par Takenouchi Yutaka ? À mes yeux, c’est le rôle de sa vie : il incarne à la perfection un chauffeur désuet, et donc intemporel. La moustache, la jacket et le ton lui vont si bien ! Pas étonnant qu’il ait décroché juste après l’un des rôles principaux dans Shin Godzilla. Hideaki Anno ne s’y est pas trompé, otaku averti qu’il est.
Alors que Sentakushi était l’une des premières grandes œuvres de Bakarhythm, c’est aussi, à mon sens, l’une de ses meilleures. La direction artistique est exceptionnelle et, comme je l’ai dit, les acteurs étaient déjà parmi les meilleurs.
Et pourtant, ce n’était pas gagné. Le concept pouvait sembler cheap par certains aspects : le café au décor minimaliste, l’écran défilant derrière la voiture immobile… Mais c’est justement dans ces éléments désuets que la série puise sa force. Bakarhythm lui-même est un homme ancré dans une esthétique décalée. Son humour lunaire, basé sur des quiproquos, des jeux de mots et le ridicule des personnages, nous emmène à contre-courant de l’humour lourd de Les Tuche, où l’on rit parce que les personnages sont caricaturalement ploucs, quand le citadin est conforté dans sa supériorité intellectuelle. Chez Bakarhythm, même lorsqu’il critique ou se moque, il nous amène à ressentir de l’empathie. Un vrai gentil, qui dès cette première œuvre, a su exposer la bêtise humaine sans méchanceté ni moquerie.
En adoptant le format un épisode, une histoire, un personnage, on pourrait craindre que la série se fasse vite oublier, comme c’est trop souvent le cas dans ce format. Mais ici, l’écriture et l’originalité sont au rendez-vous à chaque épisode, avec en prime une distribution d’exception. Bien sûr, venant du stand-up, on sent l’influence du sketch dans de nombreuses situations. Mais honnêtement, je préfère cette approche aux dernières productions de Bakarhythm. Même si Brush Up Life ou Hot Spot sont excellents, ils s’étendent parfois trop sur des dialogues interminables entre bandes de copains/copines.
On pourrait craindre que le gag du taxi DeLorean finisse par lasser au bout de trois épisodes, mais la force du scénario réside dans sa construction : pas à pas, l’histoire du chauffeur se dévoile et devient essentielle.
Et comme si les intrigues parallèles, l’histoire principale et les sketches du café ne suffisaient pas à éviter l'ennui, la série s’offre un fil conducteur sous la forme d’une mini-série policière récurrente, Flic et Voyou, qui rend un hommage aux séries policières japonaises et internationales des plus délirantes. Une telle générosité est souvent l’apanage des premières œuvres, peut-être par peur de ne pas avoir l’occasion d’en refaire d’autres.
Cette modestie est la marque des grands. Suteki na Sentakushi est une œuvre fondatrice qui mérite son statut culte, sans pour autant éclipser le reste de la carrière de Bakarhythm. Les fans réclament depuis des années une suite à back to the futur, c'est qu'ils n'ont jamais vu cette série. Un retour au 21 octobre 2015 s'impose pour eux.
Was this review helpful to you?
La vengeance aux deux visages
Avec Death Game de Matteru, nous allons une nouvelle fois réviser nos classiques en matière de Fukushū Dramas. Et ce, pas seulement en raison de l'homonymie entre les termes « réviser » et « vengeance » (je sais, je me la raconte, mais je ne pouvais pas m'en empêcher). Tous les poncifs inhérents à ce genre si populaire au Japon vont se dérouler sous vos yeux blasés, au fil de 11 épisodes de 25 minutes chacun. Un exploit, compte tenu de la courte durée de la série.Et alors que vous vous apprêtez peut-être à passer votre chemin ou à savourer un Gedō no Uta bien plus brut et incisif, sachez que ce drama mérite néanmoins qu'on s'y attarde. J'ai rarement vu une telle audace dans ce genre souvent balisé, ou dans les Death Games, un registre qui semble avoir atteint le niveau zéro de la créativité depuis Battle Royale et Squid Game.
La présence de Hamatsu Takayuki, acteur principal de One Cut of the Dead, aurait dû vous mettre la puce à l'oreille. Bien que les premières minutes, voire les premiers épisodes, ne soient pas particulièrement impressionnants – et mettent même mal à l'aise, tant les personnages paraissent dénués de toute compassion ou sens moral –, le scénario prend rapidement une tournure inattendue. Malgré la fadeur des autres acteurs (y compris Hamatsu lui-même, ce qui parait peut-être volontaire) et des personnages très caricaturaux, qu'il s'agisse des intimidateurs ou des victimes, le point de départ – des Death Games clandestins, mais filmés – n'est qu'un prétexte pour réunir, façon Friends, une bande de losers dans un même appartement. Vous ressentirez sans doute, comme moi, un certain malaise face aux sourires et aux rires joyeux de cette agence événementielle qui organise ses premiers jeux clandestins avec succès, bien qu'ils se soldent par la mort des participants. Des pourritures, certes, mais après avoir vu Gedō no Uta et son casting buriné, il est difficile de pardonner ce manque de remords et de tourments à nos jeunes Idoles ou Johnny's qui forment celui de cette série. Certains spectateurs arrêteront probablement leur visionnage après les deux premiers épisodes. Pourtant, c'est précisément parce qu'il en restait neuf que je me suis dit : On ne peut pas en rester là.
Avec peu d'effets spéciaux, une production modeste et des acteurs peu connus, ce drama aurait pu sombrer dans la médiocrité. Cependant, malgré ses défauts, la suite mérite un coup d'œil. Malheureusement, un nanar reste un nanar, et malgré quelques bonnes idées qui rappellent One Cut of the Dead, on est déçu par le manque d'ambition. Jusqu'à la dernière image, aussi clichée que possible. Le côté Friends n'est pas suffisamment développé, les moments d'humour ne sont pas assez poussés. Pouvant être pris comme une parodie de SAW, il y avait matière à se lâcher, mais la production hésite constamment entre le sérieux et la folie, si bien que l'ensemble reste fade.
Dommage, l'idée de départ était prometteuse, mais les choix réalisés ont été les mauvais. Pour une bonne parodie de Death Game, on attendra encore.
Was this review helpful to you?
Mon Précieux
Après des dizaines de dramas marqués pour le meilleur et pour le pire par sa présence, je n'ai toujours pas réussi à me faire un avis tranché sur les talents d'acteur de Tanaka Kei. Tout aussi excellent, quand il prend son air bougon et inquiétant qu'horripilant quand il prend son air niais ..., et vice-versa. Watashi no Takaramono, dont ses variations de caractère est au centre de l'intrigue de départ, va-t-il me donner un avis définitif. Le suspense est aussi intense que celui-de savoir qui est le papounet de ce cadeau inattendu.Pour dire mon premier ressenti, l'intensité des premiers épisodes oblige notre acteur à surjouer la pourriture. Si bien que sa transformation va nous manquer cruellement de naturel. Alors que le reste du cast cherche une certaine vérité, Kitamura Kazuki à part, mais rien de surprenant connaissant ses rôles, on aurait aimé plus de retenue de Tanaka Kei. Au final, si la parentalité est le sujet principal de la série, la masculinité n'est pas moins interrogée. Et en tant qu'homme (je crois) j'ai autant aimé suivre les doutes du mari en particulier et des hommes en général, que ceux de Matsumoto Wakana qui tient son rôle de maman débordante de culpabilité à la perfection.
De manière surprenante, le jeu s'améliore avec les épisodes, comme si chacun rentrait vraiment dans le personnage, transformé par la venue de cet inestimable cadeau. Les mensonges font place à la vérité et le naturel avec. On se prend d'empathie pour chacun, se mettant clairement à la place de tous. Amoureux transi, père bafoué, personnage rongé par la culpabilité ou un code d'honneur d'un autre temps. D'un 1ᵉʳ épisode trop accès DV et maladroit, de la douceur et de la tendresse saupoudrent le reste de la série. Une mise en scène soignée et pleine de retenue accompagnée par une musique loin de la grandiloquence des productions habituelles achèvent un tableau plutôt bien réussi. Même l'ending ne sombre pas dans cette grandiloquence inhérente au genre. Bien sûr, certains trouveront à redire, et j'étais prêt à en être après les 2 premiers épisodes. Mais Tanaka Kei est tellement touchant avec ce bébé, qui faut bien le dire, est la star de la série qu'il nous offre le plus beau des cadeaux, un rôle à la hauteur de son talent.
Was this review helpful to you?
Namae wa Léo
Largement chroniqué, Netflix oblige, je ne me cacherai pas dans ma tanière pour donner, moi aussi, mon avis sur Lion no Kakurega. Fan de Yagira Yuuya depuis son interprétation de folie dans Aoi Honoo et sa piqûre de rappel tout aussi folle dans Gannibal, il y a deux ans. Seul son rôle d'Hokusai m'a déçu ces dernières années, m'attendant à une interprétation plus habitée. En premier rôle dans un mystery drama où la famille, le handicape et la paternité est au cœur de l'intrigue, je m'attends à quelque chose de fort. Peut-être un peu trop.
C'est ton tour Yuuya-kun.
Alors qu'un mystérieux garçon de 6 ans apparaît dans la vie bien réglée de cet employé de mairie, et de son frère autiste, l'enquête sur la vérité se déroulera sur les 5 premiers épisodes, mettant en même temps en place les personnages et l'intrigue. Le reste des épisodes perdent en rythme et ne sont que du remplissage, malheureusement. Basé sur les relations entre les deux frères et ce jeune garçon, cela aurait mérité plus de développement. Quitte à négliger cette enquête qui tourne souvent au bidon. Mukai Osamu, Okayama Amane ou même Sakurai Yuki campent des personnages trop inquiétants pour être réels. La mise en scène est grandiloquente lors de leurs apparitions, ce qui gâche complètement le plaisir de notre enquête. Et cette propension de la réalisation à vouloir faire passer de gentilles connaissances du héros pour des machiavels commence à me lasser depuis le temps. J'ai eu tellement de mal à finir Shinhannin Flag qui en est la quintessence
Les nominés sont ...
Le plaisir, vous le trouverez plutôt du côté des émotions procurées par le trio
Yagira Yuuya, Sato Tasuku (6 ans, mais déjà 2 ans de carrière qui dit mieux) et surtout Bando Ryota. Autant, il était insupportable dans Shinhannin Flag et d'autres mystery dramas. Autant, c'est le point fort de cette série. Si Dustin Hoffman mérite son oscar pour Rainman, ce n'est certainement pas autant que Bando Ryota. À la fois touchant et drôle, il excelle en génie de la peinture qui s'ignore, bourré de ses doutes et trop occuper par la gestion millimétrée du quotidien. Gestion qui par sa neutralité et son calme sonnera un peu faux pour Yagira Yuuya qui me déçoit par le jeu choisi. Voulant trop paraitre "normal" et "sympa" anesthésié par les difficultés d'une vie subi et non choisi. Décès des parents, prise en charge de son frère, renoncement à ses rêves pour devenir... fonctionnaire, célibataire, blablabla... Et tout ça avec le sourire par ce que "shikatanai".... Énerve-toi, un peu, mon gars. Le parti pris d'en faire un antihéros gâche complètement le rythme. J'aurais aimé des courses poursuites, des sauts d'immeubles, etc... non, juste un petit bleu dans l'avant-dernier épisode.
Le Roi Lion
Ceci dit, violence, il y aura. L'ombre de la violence conjugale plane sur bon nombre d'épisodes, ce qui, même si elle semble mal amenée, fait toujours du bien en rappel sociétal. La bonne humeur se dégage tout de même de l'ensemble de l'œuvre qui est à la limite du feel good. Preuve cette ending qui accompagne les happy end d'épisodes, par une des meilleures chansons de Vaundy, lui-même un des meilleurs artistes de la génération Z, surtout pour sa crinière de lion.
Was this review helpful to you?
Rien faire c'est déjà beaucoup
Souvent, quand j'observe ma classe, j'ai l'impression de me trouver dans une véritable volière. Il y a des petits coqs qui veulent toute l'attention, des petits poulets qui caquettent, des paons qui pavanent et un aigle un peu simplet, puisqu'il a choisi ce métier, mais qui veille d'un œil perçant à ce qu'aucun oisillons ne se vole dans les plumes. Dans le monde des adultes et en particulier celui des Open Space et autre Office Center, rien n'a vraiment changé. C'est en tout cas ce que doit penser l'héroïne soi-disant sotte de Munou no Taka.Difficile d'appréhender de manière apaisée le pitch de cette série, en 2024. Après des années de "me too", présenter L'héroïne comme une plante verte rêvant de revêtir les habits d'une office lady, pour l'uniforme, tout juste bonne à faire des photocopies, me fait mal à mon "quoi". Elle le réclame haut et fort, "je suis une idiote, je ne sais rien faire et je n'y peux rien". Pourtant, avec subtilité et talent d'écriture, la série prend vite le parti de l'égalité des sexes et cherche à poser le doigt là où ça fait encore mal. Le paternalisme insupportable de la gent masculine au Japon. Alors bien sûr, on targuera la série de Wok, après l'avoir soupçonnée de faire l'apologie des vieux clichés. Il est cependant important de repasser régulièrement une couche dessus et celle-ci n'épargne personne. De la génération Z au baby boomer. Nanao qui par sa candeur déconcerte tout le monde, n'est que le catalyseur de l'incompétence de tout un système basé sur le faux-respect de la hiérarchie, de l'âge et du client. Mais d'une critique acerbe du système qui a fait le succès et la faillite du pays, on arrive rapidement à une comédie pleine de bons sentiments et surtout de feel good vibes, bien nécessaires pour tout Salary Man et Office Lady en besoin de détente après une journée passé à subir le Pawa-Hara systémique de l'entreprise.
L'humour est omniprésent, sans jamais de méchanceté sur le niveau intellectuel présumé de chacun. Comprendrons qui veut, à quel point le travail forcé du samourai moderne manque d'efficacité à cause du système, et cela, malgré le temps passé au bureau. Des blagues de bureau, justement, parfois lunaire, à la vie simple des urbains d'aujourd'hui, la série respire la normalité et le bien-être. Même si les clichés, homme incompétents et médiocres, contre femme manipulatrice ont la vie dure dans cette série aussi, malgré toute la bienveillance qu'elle dégage. Heureusement, personne n'est vraiment vil. Le système qui broille l'humanité en nous est dénoncé et Munou se mue en ange gardien pour tous ces collègues. promouvant l'entraide plutôt que la compétitivité, la promotion de chacun en trouvant toujours de l'aide ou du réconfort de la part du plus incompétent de ses collègues.
Pour peu que la vie de bureau vous intéresse, vous trouverez votre compte dans cette volerie, même si ce monde semble trop rose bonbon, N'ayez pas peur d'y laissé des plumes, d'autruche, évidement.
Was this review helpful to you?
Gangster Town (The Mega Catridge)
Je l'ai attendu ce Yakuza, porté par mon chouchou des rôles d'action-romantique, Takeuchi Ryoma. Mais nul romantisme ici, Like a Dragon est une énième adaptation burinée du jeu vidéo de Sega paru en 2005 et revenant chaque année comme le père Noël dans la cheminée. J'y ai joué, à l'époque, mais je ne me rappelle plus grand-chose, à part mon martelage de bouton et mes conversations dans les bars à hôtesses. L'essentiel, quoi ! Vous aurez donc droit à une critique purement dramatique qui n'engage, comme d'habitude, que moi, car je tiens à mes doigts.Le pognon est visible à l'écran. Dès les premières secondes, ils vous éclaboussent au visage, injecté par une de ces mafias du streaming qu'est Amazon, alléché par le succès de son concurrent et Parrain dans la matière, Netflix. Avec son homme de main, le One Piece, qu'il compte bien user jusqu'à épuisement de son auteur, comme s'il devait rembourser une dette à ces pirates de Yankees. Mais pour ceux qui savent, les Vrais, Sega est loin d'être un amateur en termes de collaboration avec l'occupant Ricain. La société lui doit tout. Et pourtant, dans ce Yakuza "made in America (en partie)", très peu de référence à l'oncle Sam et à sa manière de conter une histoire transparait. Malgré cela, on pourra regretter la frilosité des producteurs en déroulant l'histoire sur six courts épisodes. Malgré sa diffusion avec VF dès sa sortie, on a l'impression que les producteurs n'y croient pas vraiment, comme si le staff entièrement japonais les gênait. C'est sûr, qu'on ne parcourt pas le globe comme Luffy, du coup l'effet Benetton, n'est pas là. Mais Kabuchiko et Tokyo, en général, attirent toujours des hordes de Geeks autoproclamées devant leurs écrans. Alors pourquoi tant de frilosité dans la promo, comparé à ses satanés pirates
Il faut dire que Yakuza ne fait pas dans la dentèle. Sombre, violant, n'en déplaise à ceux qui regrettent le peu de scènes de combats. Pour moi, elles sont déjà trop nombreuses au détriment de personnages pas assez développés. Les caricatures de Yakuza, d'orphelin, de bad girl ou tout simplement de la misère de ses jeunes, gênent un peu, mais le jeu des acteurs rattrape tout. Même si les décors font parfois carton pâte (ou jeu vidéo) comme cette place à la fontaine ou cette tour, on est quand même dans la bonne prod, quasi cinématographique. Des scènes d'action comme celles du parking ou du braquage de la fourgonnette impressionnent (la classe américaine). Mais c'est clairement le duo Takeuchi Ryoma/Kawai Yuumi la raison principale pour laquelle il faut regarder Yakuza.
Et bon sang, quel gâchis d'argent. L'histoire n'est pas assez développée, on a donc du mal à accrocher à ses vengeances et ses rédemptions de pourriture qui ne le sont pas vraiment. Les flashbacks ne servent à rien, car évidement, on comprend assez vite chaque situation. Orphelin, chirurgie, pas d'argent, tous pourris. Pour un jeu vidéo, ça passe, mais là, il faut les développer ses personnages. Faire des side story, par épisode. Comment les sœurs ont grandi et affronté les difficultés, par exemple. Tout était possible, mais à consacrer trop de temps à la recherche de cette sœur et aux combats de coqs, tout est brouillon et haché. Dommage, la production voulait absolument nous offrir une série coup de poing, pour en finir en six rounds, trop influencé par les succès d'action Netflix dont les suites dépendent du nombre de vues et qu'importe la cohérence scénaristique. On ressent plutôt une griffure qui laissera une cicatrice de quelques jours après la diffusion, jusqu'à l'oublier complètement. Mais qui sait ? peut-être qu'un Drama Yakuza 2, 3, etc... viendra des fans. Il parait que les suites fonctionnent souvent sur ces fans base. Ça a marché pour le jeu vidéo. Ce n'est pas moi, c'est Sega qui le dit et Sega, c'est plus fort que toi.
Was this review helpful to you?
Il n'est jamais têtard pour former une famille
Un film indépendant, plein de plans fixes et de long silence, mais qui ne dure que 1 h 28 ! ça peut surprendre, je vous l'accorde. C'est 3 h 30 minimum, quand on est un réalisateur de génie. D'autant plus, qu'il s'en passe des choses dans ce qui aurait pu être le premier épisode, d'une série retraçant la vie misérable de deux adolescents dans la campagne glacé d'Hokkaido. Mais le rythme infernal qu'impose, dans ce petit laps de temps et par des chocs émotionnels en cascade, le réalisateur-acteur Kishi Kentaro est comme un coup de poing dans notre petit cœur non préparé. Coups que reçoivent également au sens propre et figuré les personnages tout au long d'une histoire, à la trop réaliste par son ancrage dans un Japon misérable et moderne, mais aussi très onirique.Dès les premières minutes, le couple formé par Nagasawa Itsuki et Kubozuka Airu vous touchera en plein cœur. Harcèlement scolaire, crise d'identité, mutisme ou parentalité en défaut. La relation entre ces deux adolescents interroge autant qu'elle dérange. Personnages joués à la perfection, ils ne font pas leur âge réel et d'ailleurs la temporalité est complètement ignoré par la réalisation, jouant complètement avec celle-ci. De rêve à la réalité, les dessins peints ou crayonnés omniprésents durant le film rajoutent à un onirisme déjà très marqué par les paysages. Cette neige étouffante du nord du Japon comme l'étouffement d'une société-village qui pourtant porte les défauts des mégalopoles japonaises. Le mépris des personnes différentes, à l'école, comme dans la rue. Une galerie de personnages, portant bien fort leur appartenance à une minorité, rajoutera de l'émotion déjà bien présente par les histoires parallèles de nos deux héros.
Heureusement que l'onirisme est omniprésent, d'ailleurs, pour adoucir des thèmes forts, mais violents et qui n'iront pas en s'arrangeant dans la deuxième partie. Celles des situations dépeintes dans un Tokyo d'une dureté trop rarement montrée en occident. Fuir la réalité dans le rêve jusqu'à ne plus savoir ce qui l'est vraiment. Grâce à cette réalisation sans faille, on est porté dans un rêve-réalité jusqu'au point d'orgue des scènes finales, qui nous font dire "déjà !", nous qui en voulions encore. Un film fort sur la famille, l'adolescence, la mort ou la vie d'ailleurs. Attachant par ses personnages et qui met tellement bien en lumière le double sens de Kaeru. Groah !
Was this review helpful to you?
Le village (trop) dans les nuages
On ment tous et parfois pour le bien d'autrui. C'est ce que chaque parent ce dit lorsqu'il veut le meilleur pour ses enfants. Par omission, par déformation de la réalité…. Que de mensonges proférés pour les protéger et faire d'eux la réplique en mieux de soi-même. Sky Castle, le remake Japonais du drama coréen de 2018 illustre parfaitement le rôle d'une éducation basée sur le mensonge et la compétition, sans aucune empathie envers ceux que l'on juge inférieur. Préparez-vous donc à suivre l'histoire de meutes de hyènes élevant leur progéniture dans le mépris et l'effacement de l'autre.Wisteria Lane
Pourtant, tout commence bien. Dans une ambiance à la Desperete house wife, où sont présentées les journées de ces femmes au foyer d'un autre temps, entre cup cake et discussions sur l'éducation la plus parfaite à donner aux enfants. Leurs maris, tous chirurgiens, sont des caricatures de pères. Assez nombreux pour parcourir toute la palette, du laxiste au plus strict. Nos 3 héroïnes vite rejointes par une 4ᵉ peuvent aussi couvrir toute la palette de mama caricaturée dans les dramas, avec la spécificité : bourrée de fric tout de même.
Ça irrite
On sera donc très vite gavé par cette ambiance donneuse de leçon, qui sent la guimauve et le brushing. Cette sorte de Barbie land du siècle dernier. Mais si on énumère la liste des actrices, on pouvait rapidement imaginer que rien n'allait se passer comme ces chères dames l'imaginaient.
Matsushita Nao, Kimura Fumino, Takahashi Maryjun ou Higa Manami, pour des mamans poules, on ne pouvait rêver mieux, avec toutes des caractères bien différents. Parfaites dans leurs rôles, elles auront à faire preuve de toutes les mesquineries et les mensonges possibles pour décrocher le meilleur prof particulier pour leur gosse pourris par l'argent.
La valeur n'attend pas…
Mais ne vous trompez pas. Les mensonges sont légion et entrainent une réaction en chaine qui passionne. Et d'un clone de DHW, on passe à un Mystery drama des plus addictifs. Les révélations et les situations atroces fusent à chaque épisode et pour tout parent qui se respecte, on aura aussi beaucoup d'empathie pour ces enfants, qui n'ont rien demandé et subissent ces horreurs. Ils sont d'ailleurs joués par des acteurs qui n'ont rien à envier à leurs ainés.
Écoute, maman est près de toi....
Un scénario haletant, des acteurs qui arrivent selon les situations à être sympathiques ou détestables. Ce drama fait appelle à nos plus bas instincts, de la plus belle manière. Les sentiments humains sont tellement bien dépeints qu'on s'y retrouve forcément, même si on n'échappe pas aux sempiternelles plans fixes larmoyants avec musique grandiloquente. Mais de manière générale, la musique porte encore les situations et les inserts song de Milet ou Iri collent parfaitement aux situations. Je ne sais pas ce que vaut l'original coréen, mais je suis sûr qu'il peut être fier de sa progéniture.
Was this review helpful to you?
Kirei 'na' Uta, ne vous trompez pas !
La présence de Aina the End, ex-leader du défunt groupe idole/punk Bish n'avait rien pour me rassurer, mais le peech sentait bon l'amour de la musique. Loin, justement, de toute velléité commerciale. Et même si Hirose Suzu par son seul nom fera multiplier les vues par deux (plutôt que les entrées, film Netflix oblige), elle ne dénature pas du tout un film qui se veut sensible et esthétique.Et pourtant "sensibilité" n'est pas le mot qui vient à l'esprit en écoutant les tubes du groupe Bish. Voix volontairement cassée et discordante, pour ne pas dire du chanté faux sur de nombreux singles. Je me suis souvent posé la question si je devais apprécier ce concept idol/rock largement dépassé par Babymetal et consœurs depuis des années. Mais la faiblesse, si on peut dire, vocale du groupe s'est transcendé dans la voix de Aina the end qui est pour moi une révélation à tous points de vue dans ce film. Vocale, bien sûr d'abord, avec une maitrise de son timbre cassé, dans tous les tons. Dans le parlé, où elle joue une quasi-autiste, incapable de prononcer plus de trois mots et encore du fond de la gorge. Puis, dans ses interprétations solo qui déchire le tympan autant que le cœur. Cette voix qui fait penser aux grands interprètes folks comme Janis Joplin est à pleurer et c'est bien le but du film.
Hirose Suzume parait bien terne à côté, n'ayant en plus qu'un rôle de soutien. Cette retenue joue en sa défaveur, sans compter les nombreux déguisements ridicule pas du tout justifier par le scénario. On dirait presque qu'elle est mal à l'aise dans un second rôle, elle qui est habituée à être au centre de l'histoire depuis "Notre petite sœur". On appréciera la présence de Kuroki Haru en institutrice courage et plein de guests musicaux comme Otsuka Ai ou Ando Yuuko. Des passages furtifs qu'il faudra scruter, mais vous aurez plus de temps pour admirer la plastique et le jeu plutôt bon de Matsumura Hokuto, des SixTones. Tous ces acteurs magnifient les situations et les rendent encore plus touchantes.
Si vous avez la chance, comme moi, de découvrir l'histoire par le film (car une série qui le découpe, existe) et sans avoir lu un seul résumé, vous apprécierez ses aller-retour dans le passer. Difficile à appréhender au début, surtout avec le coplay, on se prend vite à l'histoire de chacun et ces pièces de puzzle qui se reforment sur une durée tout de même de 3h. Le thème et la mise en scène, sans être originaux, rappellent des autres films qui ont marqué la décennie au Japon, et pour cause. La durée parfois marquée par des plans contemplatifs pourra rebuter.
Alors que clairement, on oppose une fois de plus campagne chaleureuse à ville déshumanisée, tout le monde se rassemble autour de la musique. Et de voir autant de scènes de chant me réchauffe le cœur. Les chansons sont choisies dans le Billboard Japonais de ces 5 dernières années et les entendre par la voix ro---ck de Aina the End terminent de catégoriser Kyrie no Uta dans les bons films.
Was this review helpful to you?
Pandora no Kajitsu: Kagaku Hanzai Sosa File Special
0 people found this review helpful
Introduction à la saison 3
Comme tout bon médicament générique, je copie la formule écrite pour la saison 3. Et cela sans changer une seule molécule :Que de questionnements existentiels ont entouré ce visionnage, et cela, après presque deux ans d'attente, d'une saison 3 pourtant indispensable. Comme j'avais adoré la série, je me suis précipité sur le 1ᵉʳ épisode sans m'y préparer. Même pas un petit récap en ouvrant le dossier classé X-files 2022 dans les archives poussiéreuses d'un 10ᵉ sous-sol d'un bâtiment fédéral. Mais quelle erreur de ma part. J'ai bâclé cette saison qui ne fait que 5 petits épisodes en peinant à me remémorer pourquoi j'avais tant aimé ce drama d'anticipation. Si vous ne voulez pas sortir aussi frustré que Dean Fujioka après un moment passé devant son écran d'ordinateur, suivez mes quelques conseils :
D'abord, revoir l'ensemble des épisodes pourrait évidemment aider. Mais l'évolution de la série vers plus de noirceur, qui semblait être une bonne idée pour la saison 2 n'encourage pas forcément. Cet équilibre rompu entre les sciences éclairantes et obscures qui améliorent ou font courir l'humanité à sa perte est encore moins évident ici. Les lieus sont sombres et les personnages sont encore plus noirs. Kishii Yukino, n'a plus rien de la professeure farfelue qui rend le sourire même à Fujioka. Je la trouve même très en retrait dans cette saison, la rendant fade, voir pire, inutile à l'histoire, à mon gout. Je ne reconnais en réalité plus la série qui m'avait temps enchanté.
Mais pourquoi tant de haine ?
Ou alors mes souvenirs me jouent des tours, car je n'ai pas eu le courage (aux vues de la somme astronomique de dramas en retard) de suivre mon premier conseil. Pire, j'ai complétement zappé l'épisode spécial qui devait réintroduire la saison. Ne faite pas cette erreur ! Puisque même détaché de la trame principale, il remet les souvenirs en place. On y retrouve déjà les personnages de la série, qui à mon sens sont devenus trop nombreux. Cela explique certainement le rôle mineur de Yukino Chan. Mais dans ce contexte, chaque membre de l'équipe n'est plus qu'un rôle secondaire. La venue de Suruga Taro qui prendra de l'importance dans la suite de la série ne remplace malheureusement pas comme il faudrait Masanobu Andō et sa folie inquiétante, qui va vous manquer par la suite. En réalité, trop de flics seront mis en avant à un point quevous ne pouvez imaginer si vous n'avez pas encore lu le résumé.
Médicament générique
Le scénario tombe justement un peu à plat avec ces seulement 5 épisodes. Si l'introduction ne pouvait parler que d'IA, 2024 oblige, le contrôle de la conscience ou la conscience tout court sera le thème récurant du reste de la série. Oubliant ainsi ceux du transhumanisme et de la vie éternelle qui n'avanceront pas énormément. Bien sûr, un Némésis scientifique, qu'on n'attendait pas en la personne de Tanaka Minami, sera là pour mettre le doute à Yukino Akase, mais cela fait tellement déjà-vu au sein même de la série que l'alchimie n'est plus là.
Les produits ont du mal à réagir ensemble et l'expérience n'est malheureusement pas concluante cette fois-ci. On aurait préféré des mystères séparés, et une histoire principale qui avance un petit peu, plutôt qu'une enquête de 5 épisodes, ou évidement que le gouvernement y est mêlé. On a l'impression que cette saison est un spin-off, mais on ne sait pour quel personnage. Et ses décors fades et sombres, le bureau de notre équipe, les égouts et usine désaffectées qui font la majorité des plans achèvent de nous décevoir. Heureusement nos acteurs favoris et cette musique écrite par, le maitre, Kanno Yugo sauvent cette saison, mais c'est malheureux d'imaginer voir la suivante sans même être obligé d'avoir vu celle-ci.
Was this review helpful to you?
Papa où t'es ?
En tant que thèmes récurrents, l'approche de la trentaine et l'amnésie rendent caduques toute tentative d'originalité dans un scénario de comédie romantique. Et, quand dès le titre ou l'affiche, on comprend que nous n'avons pas affaire à une ou deux personnes, mais bien 3 sœurs qui vont se remettre en question avant leur passage à la dizaine supérieure, des centaines de dramas nous reviennent en tête. Et ce n'est pas l'apparition de ce mystérieux amnésique, incarné par Matsushita Kouhei, qui nous rassure quant à l'originalité de l'histoire. Mais alors que je m'attendais à m'ennuyer profondément, face à un mauvais remake de l'excellent Tokyo Tarareba Musume, l'histoire dépeint contre toute attente et avec humour une famille que ne renierait pas Kore-eda.Salle de bain privée
Car si de banales histoires d'amours se succèdent, s'achèvent ou commencent au son des hits du moment un peu trop présents et mielleux, c'est suivre la vie de cette famille qui donne un intérêt à l'histoire. Propriétaire d'un bain public, véritable institution au Japon, le Père a dû élever seul 3 filles aillant chacune 10 ans d'écart. Si la première a bien sûr profité de présence de sa mère jusqu'à sa majorité, son absence pèse sur les relations familiales, surtout que le père remarquablement joué par l'humoriste Goro est tenu pour responsable de sa disparition par ses filles. À l'aube d'un choix de vie crucial, pour chacune d'elle, le père disparait et laisse les 3 sœurs s'occuper, presque seules, du bain familial. Presque, car elles sont vite entourées de nombreux garçons tous aussi amoureux des unes que des autres. Ce qui aurait pu n'être qu'une sitcom des années 80 (les longs moments musicaux me font tellement penser au générique de la "fête à la maison"), se déroulant très souvent autour de la table du salon, interroge sur la famille et les liens qui nous unissent.
Un air de famille
Faisant des clins d'œils à Notre petite sœur, Tel père, tel fils ou même Une affaire de famille par cette tribu déjantée, je vois ce drama comme un hommage aux œuvres de Kore-eda. En plus léger évidement, même si les interrogations sont profondes, voire philosophiques sur le sens de la vie, l'engagement, la fidélité ou l'amour filiale. Un autre point commun avec les œuvres du maitre, c'est la réunion dans une même création d'incroyable tallents d'acteur. Kawaguchi Haruna me fait toujours autant vibrer, lorsqu'elle laisse couler une larme, et Kinami Haruka utilise son regard et son sourire au service de ses sentiments et de son humour tellement pétillant. Je n'en dirai pas autant des garçons qui transpirent tant la gentillesse, qu'ils en deviennent niais. OK, c'est de la romance, et les clips dans les parcs d'attractions sont là pour me le rappeler (et pour rallonger l'histoire), mais difficile après d'accrocher au mystère que détient Matsushita Kouhei. On aimera ses efforts pour chanter, moins ceux pour sourire. Ceci-ci dit, en termes de sourire coincé, c'est quand même Inowaki Kai qui détient la palme.
Tie-Up
Malgré une mise en scène too much, faite de bling-bling promotionnel pour les lieux commerciaux de Tokyo et l'ensemble des albums de Sekai no owari, le bain public respire encore la nostalgie. Mais elle reste diffusée à d'ose homéopathique, car la réussite, le travail, l'argent semblent être aussi important que l'amour d'avant la dizaine pour nos trois sœurs. La vitesse à laquelle elle renonce à l'amour pour l'une de ces trois raisons est flippante. Mais cela vaut peut-être mieux qu'un schéma paternaliste où madame dit oui les yeux pleins d'étoile. Une romance d'aujourd'hui.
Was this review helpful to you?
Madame Colombo
C'est à chaque fin d'épisode de Yips que je m'apprêtais à écrire sa critique, mais j'étais à chaque fois paralysé. Le stress de la page blanche, voir la peur de ne pas trouver la blague qui fait mouche au moment d'écrire mon introduction, m'a amené à abandonner chaque tentative. C'est seulement après avoir attendu plusieurs jours après la fin de la série que je me suis senti capable de donner un avis définitif sur ce 999 999 Mystery Drama à la japonaise. Alors le voic... euh…, non, je crois que je ne vais finalement pas y arriver...C'est dans les vieux pots, mais quand même...
Les règles du mystery drama sont immuables. Un civil passionné de mystères fait équipe avec un flic ou assimilé pour résoudre des enquêtes dont le sus nommé et l'ensemble de la police japonaise (mais aussi française, anglaise, américaine...) n'ont pas les compétences pour les résoudre. Yips ne déroge pas à cette règle. Mais la présence de la pétillante Shinohara Ryoko et du faux idiot Bakarhythm en enquêteurs donne envie malgré la montagne de clichés et de "déjà-vu" à laquelle vous devez vous attendre. Le "plot" en est le premier puisqu'une écrivaine de romans de gare passe son temps sur les plateaux de TV, pou combler son manque d'inspiration et de succès, alors qu'un flic traumatisé par ses enquêtes se retrouve dans l'incapacité de résoudre des nouvelles. On est bien dans le cliché absolu du mystery drama qui sévi à la TV japonaise depuis des dizaines d'années. A eu deux, ils deviennent évidemment invincibles, se nourrissant chacun l'un de l'autre. Elle, pour son inspiration, et lui, pour débloquer son trauma. Il faudra donc chercher ailleurs l'originalité. D'autant plus que dès le premier épisode on a droit au meurtre dans le bain public. Et les innombrables situations à la "je te déteste, mais je t'apprécie quand même" et surtout à l'éculé principe "Colombo X Conan (Doyle)" de montrer le coupable et la préparation du crime dès les premières minutes sont tellement rabâchées qu'elles s'autoparodient.
Entre tradition et modernité…
Malgré les clichés qui s'accumulent, on retrouvera avec plaisir cet ancrage dans notre époque, typique des séries produite par les chaines de TV,... dans les locaux de celles-ci. Les émissions de débats d'un réalisme flippant par leur nullité, les rêves de la jeunesse (d'un réalisme flippant par leur nullité), entre idoles ou influenceurs et qui tournent aux cauchemars, pour le spectateur aussi. Cette fraicheur dans un genre paléolithique ne reste que cosmétique, malheureusement. Mais pourra faire apprendre certaines choses au public de Derrick et Rex, même s'ils n'ont certainement jamais entendu parler de ces deux dinosaures des après-midi télévisuelles.
L'humour du risque
Malgré mes critiques de vieux Dramasaure blasé, il est vrai que le duo d'acteurs fonctionne à merveille. On en attendait pas moins de Shinohara San et Bakarythm. Elle, transmet comme toujours dans les comédies, sa joie de vivre et son dynamisme. Et vu sa longue carrière, elle peut se permettre toutes les fantaisies, la rendant éminemment sympathique par son immaturité. Bien plus d'ailleurs que dans Hyena ou surtout le film Happy Weading le film de dingue scénarisé par Bakarythm, mais ne rendant pas assez hommage à la folie de cette actrice. Retrouver L'humoriste à ses côtés dans Yips promet donc de sacrées séquences. Mais dans ce rôle beaucoup trop flegmatique et pas assez grinçant comme lui-même sait si bien les écrire, on ne peut être, malheureusement, que déçu. Les côtés second degré, noir ou lunaire qui font son charme lorsqu'il écrit lui-même ses rôles, sont un peu gâchés, ici, par la mise en avant d'une reability dû à son choc psychologique. Accompagné encore de l'excellent Sometani Shota ou de Yamoto Yuma, on ne peut pas dire que l'ennui vous sera procuré par ces acteurs. Mais il risque, si vous avez une trop grande attente d'originalité, de quand même vous emporter. Nul doute que cette comédie gentillette aurait pu avoir plus d'âme avec Bakarhythm, lui-même au scénario. Car c'est dans ses délires décriture Otaks qu'il excelle. Son humour noir ou ultra-décalé, manque ici, en tout cas pour le fan que je suis. Il livre une prestation en adéquation avec le rôle, mais est complètement écrasé par sa partenaire, qui une fois de plus ébloui par sa présence.
L'inspiration au fond du trou
Si vous venez pour ce qu'est ce drama, nul doute que vous aurez ce que vous cherchez. Un mystery drama classique où toutes les ficelles sont déjà connues, attendues et tirées. Pour plus d'originalité, rabattez-vous sur Mystery to iu na kare, par exemple, à moins que vous soyez, comme moi, ultra fan de Shinohara Ryoko (l'actrice, pas la chanteuse, il ne faut pas exagérer, quand même) et Bakarhythm, l'acteur (pour l'auteur, on fera sans, cette fois-ci, mais tout de même, il nous maque). Les producteurs ont sûrement été trop frileux pour rajouter de la fantaisie. La peur de rater le trou à seulement un mètre de la balle, certainement.
Was this review helpful to you?
Easy Rider, Born to be Dead
Voici un téléfilm plein de sensibilité qui interroge sur la fin de vie, sans essayer de donner des leçons. Malgré quelques maladresses, il donne à réfléchir sur un thème qui risque de nous toucher tous, un jour. Embarquez pour un road trip légèrement surjoué, mais qui inspire par son propos et sa fragilité bienvenus, dans ce monde, où tout le monde semble détenir la vérité absolue.De veilles connaissances.
Ce qui surprend, au premier abord, c'est la liste des acteurs. Watanabe Ken connu plutôt pour Tokyo Vice, campe un patient en phase terminale, prêt à accepter la mort, alors que son médecin Tsumabuki Satoshi (A Men, La famille Asada) n'est pas encore prêt à lui donner. Choisissant leurs rôles avec parcimonie, ces dernières années, ses deux acteurs ont des façons d'aborder ceux-ci plutôt étrange. Si les sentiments sont forcément exacerbés vu le contexte, ils sont parfois difficiles à interpréter. Le docteur se montrant très immature dans le jeu. Notamment dans les phases, où chacun fond en larmes. Ce comportant qu'on attribuerait presque à une mère avec son très jeune enfant, peu sonner faux et ne sert pas forcément le propos. Cela, certes, fait baisser un peu la pression d'une dégradation et d'une fin inévitable. Mais ça donne un côté tout much qui, pour moi, nous fait sortir de l'histoire. Les seconds rôles accompagnent le déroulement de celle-ci, avec cette joie de revoir Harada Tomoyo (Anata no ban desu) ou Mitsushima Hikari (First Love) trop peu présentent sur les écrans.
Peu de temps à vivre
Le format TV de 1 h 30 à l'avantage de montrer l'urgence et la préciosité du peu de temps qu'il reste à passer ensemble. Ici, l'histoire est vécue du côté du médecin qui souhaite accompagner jusqu'à la fin son patient. Personnes trop souvent oubliées ou montrées comme froides dans les médias. Il doit, presque seul, prendre la décision d'ôter la vie. Et comme pour l'excellent Plan 75, le film ne prend pas parti, en poussant tantôt dans une direction, tantôt dans l'autre. Même si l'enlèvement du patient et son road trip sonne souvent faux, avec des rencontres téléphonées, qu'importe. La famille, les amis, les amours et les médecins, chacun participe à la réflexion sur cette fin de vie, ce rapport à la douleur et le besoin de s'accrocher à vivre, même un si petit moment de bonheur. Le film est précieux, donne à réfléchir et participe à un débat qui a si besoin de sensibilité, plutôt que de décision politique.
Was this review helpful to you?

