Escrocs, mais un peu trop
Mon adoration pour Ando Sakura me pousse parfois à des folies. Visionner un film Netflix de 2h30 dans un genre que j'exècre, le film de mafieux. Bourré de codes d'honneurs que personne ne respecte, d'action sans dialogue et de violence gratuite, ce film cherche à faire américain et en a tous les défauts. Sakura Ando en premier rôle arrivera-t-elle à remonter le quotient affectif de l'ensemble ou a-t-on à faire à une véritable escroquerie ?En mère courage dans Kaibutsu, elle vous avait ému aux larmes, ici elle va vous imposer le respect et le silence dès les premières lignes de dialogue. On n’y comprend rien sans sous-titre et pour cause, l'accent du Kansai mélangé à l'argot des Yakuzas est omniprésent et donne un jeu qui n'a rien de subtile, mais très efficace. Elle accapare une fois de plus la caméra effaçant complètement les rôles secondaires plus clichés les un que les autres en hommes de main stupides. On a tout juste un Namase Katsuhisa insaisissable dans son rôle de protecteur un peu trop tranquille et une Canon Nawata complètement psychopathe avec seulement deux lignes de dialogues de tout le film. Bad Lands semble être construit entièrement sur les épaules des acteurs, mais sans ambitions pour la réalisation à part en mettre plein la vue par de la violence gratuite. N'est pas Kore-eda qui veut.
Les premières minutes sont un calvaire, pour moi. Suivre la filature de Sakura dans les rues d'Osaka donne juste envie d'arrêter le film, ayant déjà vu ce jeu du chat et de la souris 100 fois dans les blockbusters américains. Et Cette mise en scène, d'un classique absolu, s'étire sur 2h30 avec un rythme lent qui ne sert qu'à délayer la sauce par manque d'inspiration scénaristique. Fallait-il donc adapter en seulement 1h30 ce roman pour en faire un chef-d’œuvre... En fait, c'est tout le contraire ! Les flash-backs sont mauvais au possible, souvent sous forme de rêves métaphoriques qui perturbent encore plus une compréhension du background mal ficelée. Le passé de chacun aurait certainement mérité un meilleur développement, comme on sait si bien le faire dans les shonens mangas. L'histoire en aurait été que plus intense et on aurait pu s'attacher aux personnages, comprendre leur lien familial, ou pas. Les propos de la soumission, du consentement sont intéressants et très en faveur de la cause féministe, notamment dans le milieu du crime organisé empreint d'un machisme dépassé. Le film arrive dans un certain sens à faire passer des messages et nous faire vibrer pour l'héroïne et on accroche même jusqu’au bout à la deuxième partie lors de l'évènement majeur du film. Mais 1h30 est déjà passé et la vie quotidienne d'un fixeur ne peut pas retenir tout le monde. L'omniprésence des scènes de violence, les longueurs et la mise en scènes fouillis gâchent tout et beaucoup arrêteront le film avant que l'essentiel soit abordé. On a en plus, du mal à se repérer spatialement et temporellement dans ce film. Est-on au Bad lands ou ailleurs. Le titre a-t-il seulement un sens face à la sous-utilisation de ce lieu dans le scénario.
L'escroquerie aux personnes âgées semble être un sport national au Japon. De nombreux dramas en ont déjà traité, mais l'escroquerie principale envers les vieux c'est ce film, car les producteurs ont espéré qu'on ne ferait pas attention au déjà-vu des scènes et du scénario. Mais j'ai encore toute ma tête, moi. Malgré mon grand âge, on ne me l'a fait pas.
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30 ans dans tes dents
Sans connaître le manga et sans apprécier particulièrement les combats titanesques des shonens des années 90, peut-on encore prendre du plaisir à visionner l'équivalent de 60 épisodes de Yuyu Hakusho en seulement 5 parties de 45min. Étant dans ce cas, je me permets de donner mon avis sans faire référence au manga, mais d'un point de vue uniquement "dramastique". Pour l'analyse chirurgicale, d'autres le feront très bien, puis ce qu'une semaine après la sortie, on en est déjà à plus de 20 critiques. Mais voici la première d'un français ne connaissant pas le manga, et ça, c'est de la vraie fantasy.M'étant, moi-même arrêté au premier épisode de One Piece en manga, anime et en live, me plonger dans Yuyu Hakusho était plus qu'improbable, mais le casting ne pouvant que séduire les fans de J-Dramas, la curiosité était trop forte. Avec un Yusuke magistralement interprété par Kitamura Takumi, habitué des rôles de Yankee, mais aussi apprécié par toutes les générations pour ses chansons pop sucrées, Netflix s'assure un succès programmé. Tout du moins en Asie, après les sueurs froides de la pré-sortie One Piece. Son regard son attitude et son don de soi dans les scènes d'action en font la star de la série, même si on a parfois l'impression de revivre des scènes de Tokyo Revengers. Dommage, l'effet Waouh aurait été plus fort sans ça. Les autres Stars ne sont pas en reste, rendant cette adaptation multigénérationnelle au possible. Le casting regroupe Uesugi Shuhei, Shison Jun, Hongo Kanata, Machida Keita, Ayano Go, Takito Kenichi, Shiraishi Sei, .... n'en jetez plus,SVP. La série ne peut plaire qu'à tous dramas lovers. Bien sûr le surjeu est inévitable en costume flashy. Les méchants sont vraiment méchants et souvent grotesques. À part Takito Kenichi, qui pour une fois est vraiment flippant, avec sa taille de 1 mètre. Ayano Go, qui est pourtant l'acteur le plus doué de sa génération livre, peut être du fait des effets de muscles ratés, une prestation disons, ... étrange. Les héros, parés de leurs couleurs chatoyantes (le Sentai, n’est pas loin) sont qu'en même kakkoï au possible. Et il faut bien dire que les combats sont magnifiquement orchestrés.
Heureusement, car ces 5 épisodes n'ont presque que ça à nous montrer faisant l'impasse sur énormément de flash-back et donc de background des personnages. Ses flash-back, si caractéristiques au shonen et qui permet de souffler, de s'attacher au personnage, de donner de l'émotion et du sens à tous ces combats, manquent cruellement. Les séries Netflix sont toujours trop frileuses et lissées. Elle ne sert, ici, qu'à raviver la flamme de ceux qui l’ont vu en animé, il y a 30 ans maintenant. Les autres ne comprendront rien à la formation des deux héros, façon réclusion en montagne, expédiée en 10 min et se terminant par le meurtre de leur maître, qu'ils venaient à peine de rencontrer. Cette version fast-food qui gâche tout, perdant complètement le sens des rites initiatiques dans le shonen et le sens de l'amitié qui se construit au long cours après s'être tant combattu. Les ennemis d'y hier deviennent collègues dans le même épisode. Les transformant de Nemesis en meilleurs potes d'un simple changement de décors. Il y avait de quoi faire autant de saisons que de nouveau personnage majeur. Le machisme du siècle dernier, lui, reste bien présent, reléguant la femme à la copine qui supporte le beau héros. Dommage, on gardera cette adaptation pour la proposer à ceux qui voient encore les dramas japonais, comme des versions TV des shojos mangas, même si ce sont les mêmes acteurs qui y jouent. Il permet au moins de leur faire découvrir un peu de Yankee et Yokai. Le meilleur du Japon, quoi.
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Quand je vois tes yeux...
Après un long Silence de ma part, voici une petite review qui inaugure des avis beaucoup plus courts, faute de temps. Mais comme ils me servent surtout pour mes propres souvenirs…Adapté en drama en 2021, en pleine période Covid, cette reprise d'un mignon Shojo manga, nous fait découvrir, avec beaucoup de clichés romantiques et d'humour, la vie de malvoyants au Japon. Cette histoire d'amour entre une étudiante ne distinguant que des silhouettes et un Yankee de drama (comprendre au grand cœur et beau gosse, malgré une cicatrice) aurait dû sentir un peu trop la guimauve. Mais, même si elle est très sucrée par beaucoup côtés, mais c'est plus au Parfait au popcorn qu'elle fait penser par le peps des jeux d'acteurs. Tous excellents dans ce drama, en particulier le trio Sugisaki Hana, Hosoda Kanata et Tanabe Momoko qui interprètent avec beaucoup d'humour, mais aussi d'émotion ses personnages malvoyants ou atteints de cécités. Leurs façons d'être, leurs vies, leurs amours et leurs aspirations sonnent justes. Et comme toujours avec les J-dramas, un soin particulier est apporté aux explications, sans chercher à donner de leçon. Les occidentaux et les Français en particulier ont encore à apprendre quant à l'intégration du handicap dans la société, même si en filigrane, on sent bien que la société japonaise à aussi encore du chemin à parcourir. Sugino Yosuke endosse le rôle du Yankee craint par le bon citoyen, mais il fait surtout écho au rejet du handicap, et plus globalement des gens différents, par la société. Rejet ou mise sous le tapis, il est dur de se faire une place quand on ne rentre pas dans le moule au Japon. Mais la bonne humeur qui se dégage, grâce évidement à Sugisaki Hana qui n'en finit plus d'être solaire dans ses rôles taillés sur mesure. Des performances d'acteurs dignes des oscars, une bonne humeur sans faille, qui donne un contrepoids à l'étouffant Silence, des messages ultra-positifs et un ending de JUJU devenu culte. Foncez le voir, l'écouter, le sentir. Ce n'est que de l'amour.
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Un peu (trop) de sérieux, s'il vous plait
Alors que Kimi to Sekai ga Owaru no Hi est devenu une référence de série de zombies x romance, les producteurs s'attachent à entretenir la flamme avec différentes Side Story et une 4e saison en 2023, que l'on ne pensait pas possible. Rien de nouveau, dans le monde des séries en streaming et encore moins de celle au long cours comme Walking Dead ou Game of Throne, vous allez me dire. Mais la bonne idée, ici, est de prendre le parti de l'humour pour un des dramas japonais le plus anxiogène de ces dernières années. C'est donc entre le visionnage de la saison 2 et 3 que je m'attelle à savourer une bouffée d'air frais dans ce monde à l'odeur fétide. Le pari de faire rire avec les zombies sera-t-il aussi bien réussit qu'un Shaun of the Dead ou un Kamera wo Tomare na ! ?Tout commençait de manière idyllique. Un personnage principal plus looser, tu ne fais pas, en la présence de Emoto Tokio, tellement habitué au rôle, mais qui le fait tellement bien. Les situations sont délirantes. Les références aux jeux vidéos intéressantes, mais très vite l'apparition de nos héros nous ramène à un déroulement classique de l'histoire dans le monde de KSOH. Méfiance, trahison, violence et sens du sacrifice. Heureusement, une pointe de romance qui manque tellement à la saison 3, ajoute du sel à un film qui aurait pu être bien plus fun, voir délirant. Diffusée après la saison 3, l'action se situe bien entre la 2 et la 3 et c'est avant cette dernière à qu'il faut le voir. Pas de spoil pour la 3, mais une meilleure cohérence avec la fin de la 2. La situation, classique pour le genre, d'une communauté de jeunes dans un Resort Hôtel est survolé, mais n'a rien de révolutionnaire.
Même si nos héros habituels ont la kakkoi classe internationale, comme d'habitude, me direz-vous, on a du mal à s'habituer à la transformation d'un looser en super héros en seulement 1 h 20 de film. On appréciera tout de même, une nouvelle fois, la prestation de Yokomizo Naho, à la fois solaire et terrifiante. La présence de Izumi Rika ou Komiya Rio fera également plaisir aux deux genres. Mais tout ça est insuffisant et le matériel d'origine est gâché par un manque d'ambition dans le délire. Difficile après cela de faire une autre side story prenant le parti de l'humour. Mais qui sait, l'univers est dense et Emoto Tokio aurait beaucoup de chose à raconter sur ses origines de Zombies Hunter.
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Un eternel recommencement
/!\ à lire que si vous avez fini en vie la saison 1 et 2.Quelle joie de revoir ses vieux camarades de classe à chaque réunion d'anciens élèves. C'est l'effet que m'a procuré la vision des premières minutes de la 3e saison de Kimi to Sekai ga Owari Hi. Et cela 2 ans après la fin de la saison 2. Mais comme toute réunion décénale, tout a changé, sans que les choses changent vraiment. Alors même si ça fait plaisir de revoir Hibiki, Kurumi et les autres, avons-nous encore quelque choses à nous dire ?
Lieu clos, dans une Abbaye <=> Holiday Center, gourou <=> chef de communauté, clans en costumes blancs contre noirs, recherche de Kurumi, etc... Même si la saison se passe 9 mois, et pour cause, après la deuxième, il semblerait que les scénaristes ont été remplacés par Chat gpt. Aucune originalité, ne ressort de ces pourtant que 6 épisodes. On a l'impression de revivre un copier-coller des évènements de l'an passé. OK, faire du Zombie sur la durée, amène forcément à des redites, mais nos chères bêtes de compagnie ne sont quasiment pas présentes à l'écran cette saison, alors arrêter de leur rejeter la faute. Un des gros problème, c'est que Kurumi s'est transformée en veuve noire qui ne s'assume pas. Alors que Hibiki est toujours aussi fleure bleue, voir mièvre. La paternité ne la vraiment pas fait murir.
Pour une bouffée d'air frais, il faudra plutôt voir du côté des seconds rôles. Même si pour moi, la jeune Yokomizo Naho est devenu un vrai premier rôle depuis la saison 2 et fait déjà preuve de beaucoup de charisme à seulement 13 ans, ici. Elle se révèle une très bonne actrice, notamment dans les scènes ou la violence ne devrait pas être permise, de surcroit, à cet âge. Tout comme étonnamment, Sakurai Hinako, qui fait son apparition dans cette saison et montre des aptitudes au combat insoupçonnées tent on est habitué à ses rôles de nunuches un peu grossières dans les school drama du goûter de 16h00. Elle castagne comme personne.
La bagarre et les flingues, justement, c'est la grosse mise en avant de ses 6h de drama sous tension. L'action est omniprésente ce qui pourra plaire sans doute aux occidentaux formatés par les spin off de walking dead. Mais où est passée la romance, deuxième pilier et véritable intérêt des deux premières saisons. Incarné tout de même par le couple glamour Kasamatsu Sho x Iitoyo Marie ou le béguin de Yokomizo Naho pour son Hibiki, elle ne serait être insuffisante, car complètment gâchée par cette sempiternelle quête du sensationnel, qui prend le pas sur tout,dans cette saison. Et que dire des insert song complètement passés à la trape. La bande son reste tout de même excellente et elle a même atteint un niveau de qualité exceptionnel avec pas moins de 3 compositeurs internationaux. Mais ils manquent ces moments de flashback qui ont fait le charme de la première saison, ces compleintes de tube J-pop qui donnait des moments de calme dans la tension. Les réalisateurs aurait pourtant du apprendre à l'école de cinéma, les principes de la vague et du climax heureuse retrouvés dans les 20 dernières minutes. Pour le reste, on a l'impression ici d'être dans un couloir avec la lumière au bout et en se contentant d'avancer.
De bonnes idées toutefois, ont émergé. Et il y avait de quoi faire 10 épisodes avec les histoires parallèles. On pouvait y mettre autant de tension, mais surtout plus d'émotion. Il est clair que le succès imprévu de la première saison, plus la période corona virus n'ont pas facilité la réflexion et la prise de temps pour produire celle-ci. Et c'est bien dommage. Le pognon a pourtant coulé à flot et ça se voit à l'écran. Les acteurs principaux ont du demander un cachet mirobolant. C'est peut-être pour cela qu'il y en a tant qui meurent (je ne dirai pas lesquels évidement, mais c'est la loi du genre). Mais l'argent dépensée s'apprécie essentiellement dans l'esthétique de cette saison.
Déjà en germe dans les deux premières, on a droit à une exposition de tableaux de maîtres dans les couleurs ocre, rouilles ou grises industrielles de décors et de prises de vues extérieurs. Cette magnificence de l'image prend son climax avec ses vues du Mont Fuji, dont on ne se lasse pas. La seule interrogation, c'est toute cette neige, d'où vient-elle, à l'heure du réchauffement climatique ?
En conclusion, vous n'aurez que peu de surprises dans cette partie de l'histoire. Des déceptions, un peu d'émotion, quelques trahisons, un petit sourir gêné pour le ridicule du voile de Kurumi, ... mais surtout une belle admiration pour le visuel, la musique et un denouement qui rattrape tout . Plaçant la série dans l'esthétique des meilleurs jeux vidéo Silent Hill et Résident Evil, influences majeures ici. Dommage, qu'on y perd l'influence de Kimi wa petto. Si, si, réfléchissez bien...
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La forme des mots
Ce qui est frappant dans la diffusion des dramas, c'est le respect de la saisonnalité. Et cela, jusqu'à diffuser le dernier épisode d'une série à succès se terminant à Noël…, le soir de Noël. Silent ne déroge pas à la règle et si vous n'en pouvez plus de ses dramas romantiques au long cours où le dénouement est inscrit dès le premier épisode dans le regard de nos héros, vous pourriez passer votre chemin. Mais vous feriez l'impasse sur un petit bijou de sensibilité et surtout sur une tentative de faire comprendre le monde du silence à notre monde très, voir trop bruyant.Autant le dire tout de suite, vous ne serez pas scotchés par des révélations à chaque épisode, et cela, malgré les flashbacks incessants. Mais loin d'en abuser, la mise en scène montre, de manière subtile, le parallélisme entre les scènes du présent, de protagonistes adultes et vaccinés, et les moments ultra school life de leurs années lycées. On nous rappelle continuellement à quel point nos amoureux ou leurs amis étaient proches afin de renforcer l'émotion dans les scènes actuelles. Et ça marche. Que ce soit le jeu des acteurs, avec Kawaguchi Haruna au regard pénétrant ou Meguro Ren au regard fuyant, ou la mise en scène qui fait l'éloge de la lenteur et du non-dit (c'est le cas de le dire), rien ne vous laissera insensible.
Les tentatives de mettre en avant le handicap dans les dramas sont louables et ont été longtemps maladroites. Mais depuis Perfect World et ses nombreuses adaptations, j'ai l'impression de comprendre un peu mieux comment vie une personne dans un monde fait pour les "valides". Impression seulement. Car au fur à mesure des épisodes, je me surprends encore à dire, "ah ben, je n'y avais pas pensé, c'est horrible". Ne plus entendre, alors que l'on est un fan inconditionnel de musique, comme moi (de Spitz en plus), ne plus entendre alors qu'on vit les moments les plus importants de sa vie, en groupe, dans le sport (ça, ce n'est pas comme moi, mais je peux comprendre) coupent non seulement la communication, mais aussi et surtout les liens forgés. Ne plus entendre la voix de sa bien-aimée, ne plus s'en souvenir. C'est la double peine. La perte de son ancienne vie
Loin de dire que c'est pire de perdre l'ouïe quand on a déjà entendu, on comprend quand même que c'est bien plus qu'un sens que l'on perd. Mais la galerie de personnages qui intervient relativise aussi ce drame. Je pense à L'actrice Kaho, que je regrette toujours de ne pas voir plus souvent, et qui ici démontre encore tous ses talents en arrivant à nous émouvoir et à nous faire rire sans un mot prononcé. Elle nous rappelle que même affublé du même handicap, il n'est pas simple de se comprendre. Et c'est la justification des 11 épisodes qui apparait ici. La vie et les sentiments d'une personne née sourde, d'une personne devenue sourde à 20 ans, d'une personne entendante et même d'une personne entendante et parlant parfaitement la langue des signes sont si différents qu'il est quasi impossible de se comprendre et de s'aimer. Chaque épisode essaye donc de se concentrer sur le passé et le présent d'un personnage. Sur ses renoncements, qui peuvent parfois énerver, tournant trop souvent autour du : " je me sacrifie pour ton bonheur", mais qui me touchèrent souvent… Ou énervé avec ce machisme qui revient toujours insidieusement, ("elle est pour toi X non, non, elle est pour toi"). Les clichés ont la vie dur, même pour Cyrano. Dans ce sens, le personnage interprèté par Kaho est salvateur de réalisme par les sentiments de jalousie qu'elle dégage.
L'utilisation de la langue des signes dans 25 % des dialogues pourra rebuter, mais je n'y crois pas vraiment. Non contente d'être parfaitement interprété par nos acteurs, elle apporte réellement quelque chose en plus. De la sincérité, bien sûr. Un certain calme même si les mots peuvent être violents. Je n'y comprends pas grand-chose et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir voulu m'y mettre, après les nombreux visionnages de Silent Voice. Mais ces dialogues m'envoutent et me transportent. J'aimerais pouvoir les comprendre sans lire les Subtitles. Les mots prennent une telle place dans cette série et du coup ce n'est pas que le fait de ne pas comprendre la langue des signes qui frustre, mais aussi de ne pas comprendre parfaitement le japonais.
Heureusement, la musique vous transporte et atténue un peu cette frustration récurrente de tout dramavore. La BO, bien choisie, même si on a du mal à se souvenir des thèmes, revient immédiatement en tête à la première note. Évidement, j'aurais tellement aimé un inédit de Spitz en Ending, mais ç'aurait fait too much. Les ultra-récompensés Official Hige Dandism ferme évidement avec brio chaque épisode. Accompagnant ses torrents de larme qui inonde l'écran. Mais, sans honte, j'avoue être dans le même état à ce moment. Donc les mots deviennent inutiles.
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Ma femme m'a dit... un spoil
Alors que Reibai Tantei Jouzuka Hisui nous avait retourné les méninges, sa suite Invert: Jozuka Hisui Toujoshu va vous laisse perplexe. Mais avant de me lire, assurez-vous bien d'avoir vu tous les épisodes de la première partie. Puis assoyez-vous tranquillement dans ce sofa cosy avec votre tasse de thé anglais. Votre détective critique va vous prendre de haut et vous montrer à quel point il est supérieur dans l'analyse des dramas.Je me compare évidement à notre héroïne HPI et prestidigitatrice qu'est la belle Jouzuka Hisui. Pas pour le physique, évidemment, mais pour cette capacité à irriter à la fois le coupable, mais aussi le spectateur. Car si ce Mystery drama s'inspire une nouvelle fois de grands classiques de la littérature, Conan Doyle en tête, c'est à la série Colombo que le personnage de Jouzuka, fait le plus penser. Annoncé clairement par la voix off, dans certains épisodes, comme original d'avoir le coupable dès les premières images, c'est prendre le spectateur un peu pour une bille. Mais comme c'est une des spécialités de notre héroïne, se moquer de son interlocuteur, on pardonnera cette escroquerie. Avec son air ingénu (trop), elle fait demi-tour après chaque "au revoir" pour remettre les pieds dans le plat. Si ses yeux verts-jades sont un régal pour notre regard, sa diction est une perceuse dans nos oreilles qui vrille à la longue le cerveau. Trop emprunt de politesse faux cul et de kawaii dans les "arere" on ne supporte plus ce ton au bout du 3e épisode. Tout comme Colombo le but est de rendre fou le coupable en nous faisant rire, mais le fait que Hisui Chan surjoue de ses charmes gâche le plaisir. Surtout après les luttes pour l'égalité des sexes de ses décennies. On n'est plus dans les années 70.
Notre madame Colombo a beau être accompagnée de la pétillante Koshiba Fuka, cette dernière ne remonte pas la Girl Power tant les clichés des hommes face à la gent féminine joue en la défaveur du duo. On est loin du mystère de la première partie et de la classe que dégageait le duo servante X maitre. Ça en devient même ridicule tant le scénario essaye de faire passer chacune pour ce qu'elle n'était pendant 5 épisodes. Ses nouvelles personnalités font encore plus clicher que "la jeune fille du manoir et sa servante". Alors oui, on est contant d'avoir du friendship entre filles. Mais la relation reste bancale. "C'est moi le cerveau, toi t'es bonne qu'à exécuter de basses besognes". On retrouve un paternalisme et une condescendance qu'on croyait bannit de ce genre de relation.
Étrangement, on se retrouve à avoir le même sentiment après le 3e épisode que dans la première saison. Mais va-t-il se passer quelque chose d'original ou d'intéressant ? Je commence à m'ennuyer avec ce reçussé de Colombo. 5 épisodes sans lien apparent, cela ressemble de nouveau trop à ce découpage de partie 1, par trop classique, et là, on se demande si l'écrivain et les scénaristes vont à nouveau oser…
Et oui, annoncé comme perturbant à nouveau tous vos repères dans le teaser du 4, l'épisode final diffusé à Noël vaut effectivement la vision jusqu'au boutisme. Les ponssifes d'un Noël à la japonaise sont là : le diner en amoureux, le strawberry cakes, etc. Mais à la sauce Jouzuka. Attendez-vous donc à vous faire avoir une nouvelle fois avec cette partie, même si certains défauts vous irriterons.
Le rôle de Koshiba Fuka s'efface petit à petit, les personnages et un en particulier de la première partie sont sous-exploités et arrive dans le dernier épisode comme un cheveu sur la soupe. Le concept même de prestidigitation est quasi absent et j'ai même l'impression qu'il disparait dès le deuxième épisode. Le côté Profiler est trop mis en avant et les tours de magie perdent de l'importance. Alors que la fin de la première partie promettait du Gerard Majax à gogogo. Et tout ce qui tourne autour du passé de Jouzuka, les questions de Fuka-Chan restent sans réponse, proposant une fin qui amène à penser à une suite. Vu le nombre d'épisodes de Colombo on ne peut qu'imaginer d'autres miniséries avec notre héroïne. Rendant hommage à d'autres romans ou séries de détectives. Peut-être la jeunesse de Jouzuka rendra hommage à Detective Conan, ou je ne sais quoi encore. En tout cas, cela ne pourra pas être sans Switch important, car l'auteur nous y a habitué et aucun tour de passe-passe ne sera accepté du fan que je suis malgré tout devenu.
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Je vois des morts et toi ? (spoil à la fin de la critique)
Avec un contexte surnaturel, à la vue du thème des médiums, et la présence de la délirante Koshiba Fuka dans le rôle d'une gouvernante, cette adaptation de Mystery x Tantei novel promet du rire et du What the fuck à gogogo. Et pourtant, on est loin, ici, de ses rôles comiques à la Massage Tantei Joe ou Gourmet Detective Goro Akechi. Ce Reibai Tantei Jouzuka Hisui est plutôt sombre, à des kilomètres des parodies de romans de détectives. Si bien que Fuka Chan est méconnaissable de sérieux et de mystère, donnant tort à tous ceux qui la trouvaient incapable de jouer autre chose que les souriantes maladroites. Ce qu'on perd en humours, on le gagne en frayeur. Ce Mystery Drama cherchant à nous replonger dans les séances de spiritisme flippantes de notre adolescence. Comme (trop) souvent, les enquêtes seront l'occasion de suivre un duo improbable. Elles vous feront séjourner, comme il se doit pour la télévision japonaise, dans un manoir victorien ou côtoyer un écrivain célèbre. Et cependant, lisez bien jusqu'au bout. Car, annoncé dès le générique, ce roman a été multiplement récompensé et les raisons ne sont pas celle que l'on croit.Koshiba Fuka n'aura malheureusement qu'un rôle secondaire, se faisant voler la vedette par Kiyohara Kaya. Mais on ne perd pas au change. En effet, dans ce rôle de medium possédé par des morts et communiquant à travers elle, tout juste âgée d'à peine 20 ans, elle trouble par sa maturité et le mystère qu'elle dégage. Avec sa longue carrière dans les premiers et seconds rôles, depuis ses 13 ans, ses passages laissent toujours une trace. Son aura imprime la pellicule de manière persistante, laissant un halo mystérieux à chacun de ses apparitions à l'écran. Pas seulement par ses lentilles vertes et sa robe blanche, ou son manteau de chaperon rouge, mais pour son jeu tout en retenu et transpirant la sensibilité. Et si on peut le trouver surjoué, c'est oublier qu'elle campe un personnage tout juste sortie de l'adolescence. Ses pouvoirs l'ayant isolé du reste de la société, on peut comprendre de tels traits de caractère.
C'est, en tout cas, le cas de l'hyper compréhensif Seto Koji. Qui, s'il a rarement de la chance en amour dans les dramas, va tout faire pour protéger cette jeune médium dont il s'est amouraché. Premier rôle qu'il partage donc avec Kaya chan, il montre ici tout son talent d'acteur et d'auteur, puisqu'il campe un énième écrivain de romans policiers. Comme souvent, il sera justement sollicité par la police pour résoudre des crimes plus sordides les uns que les autres. Ce qui surprend ici, c'est la récurrence des sollicitations du romancier et du coup du medium sur de trop nombreuses affaires. Mais bon, c'est une série, le temps est compressé, il faut montrer les héros le plus souvent.
Même si les épisodes sont indépendants, on suit la traque d'un énième Serial Killer de jeunes ingénues tout le long de la série. L'originalité ne sera, de ce fait, pas de ce côté. Le sérieux de la série peut dérouter, tant les médiums semblent prendre une place importante dans les événements, montrant une fois de plus l'incompétence de la police japonaise. Et ce n'est pas la galerie de personnages jouant des flics qui arrangeront leur image ici. Parfois benêts, parfois grotesques, il faudra, qu'ils viennent un jour, faire un stage dans les séries de TF1, pour progresser et surtout pour ne pas avoir besoin d'un romancier ou d'une médium pour trouver un coupable. Mais c'est oublier la place qu'à encore aujourd'hui la divination et lien avec les disparus dans la société japonaise. Il faut donc, pour apprécier la série, retirer le voile cartésien et occidental qui nous aveugle et se plonger tête nue dans cet univers ou les diseuses de bonne aventure ont pignon sur rue.
La musique d'ambiance, de ce type de Mystery Drama, est par trop classique, tout comme les décors. Mais cette mise en scène va trouver tout son sens au fil des épisodes. Et c'est là qu'il faut arrêter de me lire ou alors oublier tout ce que je viens d'écrire. Si vous appréciez les premiers épisodes et que vous voulez voir la série en entier, arrêter de me lire dès maintenant et visionnez immédiatement jusqu'au dernier épisode. En effet, la suite de la chronique va divulgâcher l'intrigue à un point de criminalité sans commune mesure.
/!\ Spoil /!\
Ne lis pas si tu aimes la série ou tu n'as pas encore regardé !!!
Il fallait bien que quelques choses justifient le succès du roman et les prix gagnés par celui-ci. Et ce n'est pas le scénario plan plan (tu as dû le remarquer) des 4 premiers épisodes. Avec seulement 5, d'ailleurs, pour la série, la puce à l'oreille, tu l'as eu immédiatement. Ce n'est pas du tout le format habituel des séries récurrentes, encore moins de ce genre. 6 = 12 /2 auraient pu passer, mais 5, les indices étaient trop nombreux. Sans dévoiler les twists infernaux du dernier épisode, que bien sûr, vous aviez senti grâce aux tiques des personnages récurrents, on a affaire ici à du grand art dans l'écriture d'un roman et par ruissellement, d'un scénario. Dès la fin du dernier épisode, la durée de la série prend tout son sens. Et, il faut dire que ce découpage est très culotté pour une chaine de télé (un peu moins pour une plateforme). Vous serez donc immédiatement happé par l'envie d'en connaître plus sur vos personnages qui deviendront tous, immédiatement attachant à la fin de la série. Aucun problème, une recherche sur ce site en tapant leurs noms guérira votre frustration. Alors, il est temps de mener votre propre enquête et de faire parler les morts.
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Plus de batterie
Venu d'une lointaine galaxie qu'on appelle le Japon, mais certainement à pied, Ultraman aura mis du temps à atterrir chez nous. La série originale est sortie en 1966 au pays du tokusatsu, la même année que Star Trek (j'y reviendrai). Et dire, qu'elle est aussi connue là-bas, que les péripéties de l'Enterprise est un euphémisme. Godzilla a ouvert la voie 10 ans plus tôt avec l'attaque des monstres géants personnifiant les catastrophes naturelles, ou non, dont est victime continuellement le pays et Ultraman a personnifié le héros salvateur. Tout le courage et la résilience d'un peuple face à la fatalité. Ultraman, comme les super héros américains, dont il s'inspire fortement, a façonné l'enfance et la façon de penser des baby boomers japonais. Dont un, en particulier, un certain Hideaki Anno qui 30 ans plus tard créera une série qui, pour le coup, deviendra un phénomène mondial et relancera l'intérêt de pour l'animation japonaise par l'occident. C'est évidement Evangelion. Ce n'est donc pas un hasard, si 6 ans après son excellent Shin Godzilla de 2016 et avant son Shin Kamen Rider de 2023, il revient au scénario, cette fois si, uniquement, avec ce Shin Ultraman. Réussira-t-il à marquer encore une fois les esprits et à susciter la même attente des fans mondiaux. Vous le saurez à la fin de cette critique.Évidement, les teasers et autres news qui ont précédé la sortie, en début 2022, de Shin Ultraman n'ont fait qu'attiser la curiosité, la hype, mais aussi les espoirs de tout fan de la culture pop japonaise. Pensez bien, après l'excellent Shin Godzilla d'un Anno au sommet de son art et rendant le plus bel hommage possible au film de kaiju, tout en insufflant des messages politiques et écologique à une humanité pas encore dévastée par une pandémie anestésiante, l'attente était grande. Suivie, l'annonce et les premières images des acteurs formant le bureau chargé d'étudier les attaques Kaijus. Saito Takumi, lui-même réalisateur, mais surtout acteur pléthorique, connu en France pour son rôle dans la Saveur des ramens. Nishijima Hidetoshi, acteur pléthorique essentiellement connu pour son rôle phare dans le mondialement récompensé, Drive my car. Nagasawa Masami, fabuleuse actrice qui m'a principalement marquée dans I Am a Hero. Bref, je ne m'attarderai pas sur les seconds rôles, mais ils sont tous constitués d'acteurs connus et reconnus. On est vraiment face au même blockbuster annoncé que Shin Godzilla. C'est tout juste, si un billet d'avion n'était pas réservé uniquement pour assister à l'avant-première de ce qui doit être le meilleur film de 2022, toutes nationalités confondues. Mais alors, pourquoi, plusieurs mois après ce qui a été le meilleur démarrage 2022 au Japon, une sortie européenne n'est toujours pas annoncée ? Pourquoi, malgré un ending inédit venu de la galaxie M87 de Yonezu Kenshi et la reconduite de Higuchi Shinji (seul) à la réalisation, Shin Ulraman n'est pas encore devenu le nouveau film culte de la Pop culture japonaise…, dans le monde.
La réponse est multiple et pour ceux qui n'ont pas encore vu le film, la déception à la lecture des lignes suivantes risque d'être grande. Mais je rappelle que ce n'est que mon avis, et je suis assez peu fans des films de super héros pour apprécier pleinement ce Shin Ultraman. Mais n'étant pas particulièrement fan du Godzilla américain, non plus, j'étais également réfractaire à regarder Shin Godzilla et pourtant, j'ai kiffé. Il en est tout autre de ce qu'on pourrait appeler une séquelle ou un Shin Godzilla 2 tout du moins dans les 30 premières minutes. Ce sont justement ces 30 minutes les plus intéressants. Poursuivant les évènements de Godzilla, le Japon se retrouve face à nombre d'attaques inédites de kaiju en masse, faisant défiler à grand renfort d'effets spéciaux, rappelant à la fois Shin Gozilla, Evangelion et les séries de l'age d'or. Les monstres sont grotesques, mais classieux, tout comme le réalisme des décors. Les effets spéciaux nous mettent plein la vue et vraiment ça partait super bien. Très vite, on voit la dream team d'acteurs à l'œuvre et là… plus rien. La magie s'estompe petit à petit. Ne lisez donc plus les lignes suivantes, car plus qu'un spoile, c'est un typhon, un tsunami et un tremblement de terre de déception que vous allez subir.
Les acteurs sont fades au possible pour ne pas dire transparents. À commencer par Saito Takumi qui devait être, tout comme Nishijima Hidetoshi, à la fois charismatique et drôle. Le charisme, vous l'oubliez et l'humour, qui aurait dû être du second degré à la Men in Black tombe à plat à chaque réplique. Un second degré qui n'est pas assumé et cela tout le long des deux heures de ce qui n'est finalement qu'une suite d'épisodes mis bout à bout, faisant honte à la série originale. Des bonnes idées et des clins d'oeils à toute l'atmosphère des années 60 et 70 sont pourtant présents, mais encore une fois, on a l'impression que le réalisateur n'assume pas du tout l'humour potache qui aurait pu se dégager d'Ultraman. Trop sérieux, on pourrait faire un tas de blagues, certes graveleuses, lors de l'hommage à l'attaque de la Femme Géante. Et pourtant, non, un ennui profond se dégage de ses scènes. Tout comme le caractère de Nagasawa Masami, dans le film. Au lieu de jouer son rôle de femme forte façon dérision, elle le gâche par ce sérieux d'un ennui mortel. Les Geeks de services sont pathétiques et les militaires en carton. Mais où est la pâte d'Anno, où est son réalisme. On est n'y face à un hommage, n'y face à une parodie. On pouvait se méfier du réalisateur des lives actions Attaque des Titan, mais ils nous avaient prouvé avec SG qu'il savait y faire. La preuve ici que non. Le scénario d'Anno est insipide. "Exit" les messages politiques et écologiques. On est à la limite d'un énième Avenger, mais sans l'humour potache.
Les ennemies extraterrestres défilent. Ultraman les combats et les anéantis à chaque fois, sans logique scénaristique, comme si on suivait trois épisodes à la suite. pourquoi ils sont là, pourquoi ils sont seuls. Pourquoi Ultraman change de couleur, pourquoi 3 min de combat seulement , ...? Les deux heures sont mal utilisés, seul ceux connaissant les codes de la série peuvent vraiment y prendre du plaisir., et encore.
Passons sur le design d'Ultraman qui reste dans les normes de l'époque pour s'interroger sur ses ET complètement à côté de la plaque. Pas du tout digne des écrans d'aujourd'hui, ils gâchent l'image et brulent votre rétine. On réclame, chaque seconde qui passe, les retours des Kaijus du début, mais en vain. Alors OK, les lasers beam et la position culte sont bien là. Les sons et les musiques sont retranscrits comme à l'époque. Mais ce que ça ne fonctionne pas par rapport à SG. Les combats en ville ou dans les raffineries sont présents, mais elles manquent de classe, c'est dingue. Evangelion, revient vite, tu nous manques. Les pirouettes d'Ultraman font rire ou pleuré malgré elles, mais vous n'avez encore rien vu face aux couleurs psychés des dernières minutes ou le design du boss final. Non vraiment, avec l'humanité de Star Trek et l'humour de Men in black, dont les clins d'œils sont pourtant nombreux, on aurait pu assister à un chef-d'œuvre, mais ici qu'elle raté. Pas étonnant que les distributeurs internationaux soient frileux. Les plans de caméra donnent de surcroît la nausée, pire qu'un film de Jean-Marie Poiré et les politiciens ont perdu la compétence qu'ils avaient dans Shin Gozilla. Il parait qu'il y a un Kamen Rider qui sort en 2023, avec Anno à la manœuvre. L'espoir va peut-être renaître…
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L'éco-responsabilité selon Anno
Sortie en 2016, tout a surement été dit sur le Shin Gozilla de Hideaki Anno. Mais étant passé à côté à l'époque ( Qu'est-ce que je pouvais bien regarder à ce moment-là ? ), mon visionnage récent de Shin Ultraman m'invita à me plonger dans ce chef-d'œuvre du film hommage aux films de Kaijus des années 50-60 du cinéma japonais. Une mise en abyme, dont Anno est si friand.Le réalisateur-créateur, de Evangelion n'a jamais caché, ni son amour, ni ses inspirations pour ses films de genre. Et il a cherché ici à être le plus proche de l'ambiance et de l'esthétique de l'époque tout en ancrant Gozilla dans notre temps. Taclant au passage les Américains et leurs adaptations foireuses, dénaturant complètement le sujet et l'âme de l'œuvre originale. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la biographie du maître Anno, je vous invite à visionner le drama Aoi Honoo. Adaptation délirante de sa vie d'étudiant de cinéma. Délirant, ç'aurait pu être la marque de fabrique de ce énième Godzilla, mais le réalisateur-scénariste a insufflé un réalisme et un humanisme rarement atteints dans le genre. Même si la métaphysique est sa spécialité, il a cherché, ici, à rester le plus terre à terre possible. Un comble pour un film retraçant l'attaque d'un dinosaure géant qui tire des lasers nucléaires.
Un réalisme comme on en voit que dans les films de guerre, retraçant des batailles réelles et décrivant avec précision chaque évènement et même armes employées. Avec un état-major rongé par les doutes, découvrant la situation en même temps que le spectateur et devant prendre des décisions, peut-être responsables de milliers de morts. On suit, non pas le superflic, militaire ou pompier qui est en proie au doute, en plein divorce et choix de garde de sa fille, comme dans un film américain, mais les ministres et autres secrétaires d'État, dans leur travail. Face à une crise inédite, d'un niveau bien plus critique que celle de la Covid. Nous n'aurons donc pas de tranches de vie quotidienne, pour accentuer l'horreur et magnifier le dévouement du héros-cowboy. Mais on bouffera des briefings glaçants, réalistes, où les ministres paraissent profondément humains et démunies face à ce qui les dépasse.
Bien sûr, une telle production à son lot d'acteurs banquables (en 2016), mais "exit" les featuring américains qui auraient eu toutes leurs places dans cette production où l'ombre de l'oncle Sam est omniprésente. Hasegawa Hiroki, l'éternel Tachibana Manpei de Manpuku Ramen (à voir absolument) est bluffant de réalisme dans son rôle de secrétaire de cabinet, aux responsabilités trop grandes pour son costume trois pièces. Mais Ishihara Satomi, que j'adore pourtant, appuis trop sur son côté pouffe américaine, dans son rôle, la rendant antipathique au possible, pour ceux qui apprécient la délicatesse à la japonaise. Mais tout cela est évidement voulu par Anno qui par le grain de l'image, l'absence de maquillage des acteurs (sauf pour Satomi-chan, donc) a cherché non pas à les enlaidir, mais à les humaniser.
On est ici, face à un brulot anti-tout, finalement. Antiaméricain et plus généralement anti-impérialiste, voir antimilitariste. Mais aussi une critique face au monde politique, fait finalement de dirigeant en papier. On en attendait pas moins du créateur de Nadia ou Evangelion. Et comme pour ses chefs-d'œuvre d'animation, la mécanique, comme les monstres, sont magnifiés au possible. À l'instar de son ami Miyazaki, il apporte un soin extrême aux machines tout en dénonçant leurs utilisations meurtrières. On est vraiment proche de l'univers du créateur du Château dans le ciel, même dans ce film de genre. Mais le soin extrême se retrouve également dans les scènes extérieures où Anno a cherché à reproduire les attaques des villes, des raffineries ou dans les montagnes avec des plans imitant réellement les films de Kaiju et de Kokusatsu. Alors qu'à l'époque, des maquettes de ville et de campagnes étaient le décor d'acteurs costumés en Casimir ou Super Sentai et que pour Evangelion (autre hommage, faut-il le rappeler ?), l'animation était déjà bluffante, on est ici, scotché par la technique. Mélange de marionnette ou de costume grotesque, de 3D légère et de prises de vues réelles. Tout s'imbrique pour donner à la fois un côté réaliste, avec ses scènes de panique où des milliers de figurants courent dans un Tokyo magnifié (l'autre star du film) et en arrière-plan sa majesté Godzilla tout lazer dehors. Digne des plus grands films catastrophes à budget pharaonique, Gozilla est à la fois un typhon, un raz de marré et un tremblement de terre à lui tout seul. Parabole sur la résilience du peuple japonais face à ses catastrophes naturelles, l'ombre d'Hiroshima plane aussi sur le film, et la fin rappellera une autre fin que les États-Unis ont encore du mal à justifier, 80 ans après.
Un film donc, d'une grande humanité, à la réalisation et au jeu d'acteur impeccable. Un brulot politique et écologique, qui ne surprendra pas les fans de la première heure, mais qui décevra certainement les fans de blockbusters américains. Pour le côté lent et grotesque de la bête (j'adore), pour l'utilisation outrancière des musiques d'époque (j'adore aussi). Mais c'est peut-être le meilleur hommage que l'on peut faire au dernier dinosaure. Rassurez-vous les Yankees, la critique de Shin Ultraman ne sera pas aussi dithyrambique, mais probablement que vous l'adorerez, autant que vous avez détesté Shin Gojira. Tous les goûts sont dans la nature et il faut savoir en prendre soin. Sinon, elle va te le faire comprendre à grand coup de lazer dans ta gueule !!!
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Une série ou un film, j'hésite ...
En nous nous laissant le choix entre 4 h, deux fois deux heures ou 10 fois 24 min, le réalisateur qui monte, Fukada Koji, nous met face à un sacré dilemme en s'attaquant en 2019 à l'adaptation de ce Manga confidentiel, sortie en 2000. Les Français n'ont, évidement, eu droit officiellement qu'à la version compilée pour le cinéma de Honki no shirushi et qui n'a pas été si mal renommé en Suis-moi, je te fuis / Fuis-moi, je te suis, pour une fois. Ce diptyque, en deux fois 2 h, n'est pas moins intéressant que le format original. Souvenez-vous des compilations de saison d'animé pour faire un film de cinéma. Même Goldorak, dans les années 80, avait déjà eu droit à ses séances mercantiles qui n'ont toujours pas disparu. Mais ici, le but du distributeur français, est évidemment tout autre et pas de gros élagage, par rapport à la version de la NTV, n'a eu lieu. Seules quelques scènes ont été coupées, mais rien de vraiment fondamentale. Dès le départ, Fukuda Koji a pensé son scénario et sa réalisation pour un film. Et, clairement, avec un Manga qui ne fait que 6 volumes et écrit il y a 20 ans, on peut dire qu'il a dû mouiller sa chemise pour donner de la profondeur. J'ai regardé un peu en série et les découpages sont plutôt bien faits. Les cliffhangers donnent envie de voir la suite, mais clairement l'histoire doit se consommer au pire en deux parties, mais au mieux en une traite. De ce fait, les critiques vont souvent dans le sens d'un film qui amène l'ennuie. Mais encore faut-il savoir déguster les mets de choix pour les apprécier. 'Ce dilemme du choix du format n'en est donc pas réellement un. Pas comme celui de notre héros, incarné par Morisaki Win, qui se retrouve à la croisière de sa vie (comprendre, 30 ans pour un Japonais). La stabilité et l'engagement avec sa petite amie qu'il côtoie secrètement depuis des lustres, ou le monde foutraque, mais tellement attirant que lui propose sa mystérieuse nouvelle protégée ? L'hésitation, et la culture de l'excuse transparait dans chaque ligne de dialogue de cette œuvre magistrale et pourtant destinée au départ qu'à être un drama popcorn de plus pour la TV japoniaise. Alors 3 ans après sa première diffusion dans un océan de séries à la TV et sur les plateformes, une pandémie qui ne cesse de s'arrêter et une distribution française chaotique, à l'image de notre héroine, ce "film" vaut-il vraiement le temps que l'on y passera ?
La réponse est pour ma part, oui, puisque Fukada Koji oblige, le sujet est entièrement maitrisé tant au niveau de la réalisation, que du scénario. Comme toujours, le réalisateur d'Harmonium et du futur récompensé Love Life (prédictions ?) joue avec nous, nos doutes et nos certitudes. Il a compris parfaitement les codes qui régissent les triangles amoureux et souffle à chaque instant le chaud, puis le froid. Le plaisir de se faire balader par le scénario et ses révélations de chaque minute n'a pas de limite. On adore être surpris à chaque ligne de dialogue, s'attendant à chaque fois à un mot ou un geste et c'est le contraire qui se produit. La culture de l'hésitation, véritable religion au Japon, est en filigrane, quand elle n'est pas jetée simplement à la face du spectateur, le persuadant que lui, prendrait la bonne décision. Mais l'événement suivant lui montre que les personnages principaux ont souvent bien fait de ne pas trancher, ébranlant nos certitudes. Chacun se voit à la place des personnages. Vous serez toutes amoureuses de ce célibataire trop gentil et trop beau qu'est Morisaki Win, comme nous serons tous attirés par la fragilité et le grain de folie de Tsuchimura Kaho. Les défauts reprochés à l'un par l'autre sont mis en perspective quelques scènes plus loin en les retrouvant chez l'autre. On ne fait que s'interroger durant ses 4 h, se questionner et chercher les meilleurs choix et c'est peut-être cela qui fatigue les détracteurs de ce film.
Les regrets, les mauvais choix et surtout les mystères révélés à grand fracas semblent être des fils conducteurs dans la filmographie de Fukada Koji, Magnifiant encore une fois le concept dans cette œuvre. Mais le casting n'est clairement pas en reste. Le choix de Morisaki Win est évidement un choix judicieux en termes de gendre idéal. Mais c'est de loin Tsuchimura Kaho qui crèvele plus l'écran, et cela, dès les premières minutes. Elle incarne à elle seule les sentiments qui touchent tout adulte lors de ses choix de vie. Engagement, hésitation et rajoutons cette culture de l'excuse toute japonaise, qui transparait à chaque ligne de dialogue. Si vous l'appréciez, je vous conseille grandement Raion no o Yatsu, ou sa performance m'a fait verser un torrent de larmes, et pour cause.
Je tiens quand même à rassurer ceux qui ne verraient dans ce film qu'une comédie romantique. On y croise yakuza, corruption, monde de la nuit et coup bas dans les entreprises. La société japonaise, comme à son habitude avec Fukuda Koji en prend pour son grade. Aucune exagération de ce côté-ci. Il faut, comme il se doit, ne pas faire de vague et on peut vivre au Japon comme si on était dans le monde de "tout est super génial". Mais dès qu'on fait un pas de côté…
La musique est malheureusement le parent pauvre de ce film, même si un effort particulier est fait sur l'ambiance sonore. Bruit d'eau ou de vrombissement accompagnent les dialogues, accentuant souvent cette ambiance lourde, due à la mise en scène parfaite du réalisateur, avec un cadrage des scènes d'intérieurs aux petits oignons. Il faut dire que l'on passe beaucoup de temps dans la pièce/cuisine…, à cuisiner justement. Vous l'avez compris, The Real Thing (le nom anglais du film) est mon film de Fukuda Koji préféré…, jusqu'à Love Life certainement, que j'attends avec impatience. Je ne remercierai jamais assez Art House et la communauté Hanabi pour promouvoir ce genre de film en France. Même si celui-ci n'a pas eu le même destin qu'un Aristochrate ou d'un Tempuras, films romantico-sociétal bien moins captivants, pour pas dire envoutant. Mais je suis persuadé, une fois tout le talant du réalisateur reconnu à l'international, que "Suis-moi, je te fuis / Fuis-moi, je te suis" va devenir un film culte, à étudier en école de cinéma.
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Un film difficile à suivre
En nous nous laissant le choix entre 4 h, deux fois deux heures ou 10 fois 24 min, le réalisateur qui monte, Fukada Koji, nous met face à un sacré dilemme en s'attaquant en 2019 à l'adaptation de ce Manga confidentiel, sortie en 2000. Les Français n'ont, évidement, eu droit officiellement qu'à la version compilée pour le cinéma de Honki no shirushi et qui n'a pas été si mal renommé en Suis-moi, je te fuis / Fuis-moi, je te suis, pour une fois. Ce diptyque, en deux fois 2 h, n'est pas moins intéressant que le format original. Souvenez-vous des compilations de saison d'animé pour faire un film de cinéma. Même Goldorak, dans les années 80, avait déjà eu droit à ses séances mercantiles qui n'ont toujours pas disparu. Mais ici, le but du distributeur français, est évidemment tout autre et pas de gros élagage, par rapport à la version de la NTV, n'a eu lieu. Seules quelques scènes ont été coupées, mais rien de vraiment fondamentale. Dès le départ, Fukuda Koji a pensé son scénario et sa réalisation pour un film. Et, clairement, avec un Manga qui ne fait que 6 volumes et écrit il y a 20 ans, on peut dire qu'il a dû mouiller sa chemise pour donner de la profondeur. J'ai regardé un peu en série et les découpages sont plutôt bien faits. Les cliffhangers donnent envie de voir la suite, mais clairement l'histoire doit se consommer au pire en deux parties, mais au mieux en une traite. De ce fait, les critiques vont souvent dans le sens d'un film qui amène l'ennuie. Mais encore faut-il savoir déguster les mets de choix pour les apprécier. 'Ce dilemme du choix du format n'en est donc pas réellement un. Pas comme celui de notre héros, incarné par Morisaki Win, qui se retrouve à la croisière de sa vie (comprendre, 30 ans pour un Japonais). La stabilité et l'engagement avec sa petite amie qu'il côtoie secrètement depuis des lustres, ou le monde foutraque, mais tellement attirant que lui propose sa mystérieuse nouvelle protégée ? L'hésitation, et la culture de l'excuse transparait dans chaque ligne de dialogue de cette œuvre magistrale et pourtant destinée au départ qu'à être un drama popcorn de plus pour la TV japoniaise. Alors 3 ans après sa première diffusion dans un océan de séries à la TV et sur les plateformes, une pandémie qui ne cesse de s'arrêter et une distribution française chaotique, à l'image de notre héroine, ce "film" vaut-il vraiement le temps que l'on y passera ?
La réponse est pour ma part, oui, puisque Fukada Koji oblige, le sujet est entièrement maitrisé tant au niveau de la réalisation, que du scénario. Comme toujours, le réalisateur d'Harmonium et du futur récompensé Love Life (prédictions ?) joue avec nous, nos doutes et nos certitudes. Il a compris parfaitement les codes qui régissent les triangles amoureux et souffle à chaque instant le chaud, puis le froid. Le plaisir de se faire balader par le scénario et ses révélations de chaque minute n'a pas de limite. On adore être surpris à chaque ligne de dialogue, s'attendant à chaque fois à un mot ou un geste et c'est le contraire qui se produit. La culture de l'hésitation, véritable religion au Japon, est en filigrane, quand elle n'est pas jetée simplement à la face du spectateur, le persuadant que lui, prendrait la bonne décision. Mais l'événement suivant lui montre que les personnages principaux ont souvent bien fait de ne pas trancher, ébranlant nos certitudes. Chacun se voit à la place des personnages. Vous serez toutes amoureuses de ce célibataire trop gentil et trop beau qu'est Morisaki Win, comme nous serons tous attirés par la fragilité et le grain de folie de Tsuchimura Kaho. Les défauts reprochés à l'un par l'autre sont mis en perspective quelques scènes plus loin en les retrouvant chez l'autre. On ne fait que s'interroger durant ses 4 h, se questionner et chercher les meilleurs choix et c'est peut-être cela qui fatigue les détracteurs de ce film.
Les regrets, les mauvais choix et surtout les mystères révélés à grand fracas semblent être des fils conducteurs dans la filmographie de Fukada Koji, Magnifiant encore une fois le concept dans cette œuvre. Mais le casting n'est clairement pas en reste. Le choix de Morisaki Win est évidement un choix judicieux en termes de gendre idéal. Mais c'est de loin Tsuchimura Kaho qui crèvele plus l'écran, et cela, dès les premières minutes. Elle incarne à elle seule les sentiments qui touchent tout adulte lors de ses choix de vie. Engagement, hésitation et rajoutons cette culture de l'excuse toute japonaise, qui transparait à chaque ligne de dialogue. Si vous l'appréciez, je vous conseille grandement Raion no o Yatsu, ou sa performance m'a fait verser un torrent de larmes, et pour cause.
Je tiens quand même à rassurer ceux qui ne verraient dans ce film qu'une comédie romantique. On y croise yakuza, corruption, monde de la nuit et coup bas dans les entreprises. La société japonaise, comme à son habitude avec Fukuda Koji en prend pour son grade. Aucune exagération de ce côté-ci. Il faut, comme il se doit, ne pas faire de vague et on peut vivre au Japon comme si on était dans le monde de "tout est super génial". Mais dès qu'on fait un pas de côté…
La musique est malheureusement le parent pauvre de ce film, même si un effort particulier est fait sur l'ambiance sonore. Bruit d'eau ou de vrombissement accompagnent les dialogues, accentuant souvent cette ambiance lourde, due à la mise en scène parfaite du réalisateur, avec un cadrage des scènes d'intérieurs aux petits oignons. Il faut dire que l'on passe beaucoup de temps dans la pièce/cuisine…, à cuisiner justement. Vous l'avez compris, The Real Thing (le nom anglais du film) est mon film de Fukuda Koji préféré…, jusqu'à Love Life certainement, que j'attends avec impatience. Je ne remercierai jamais assez Art House et la communauté Hanabi pour promouvoir ce genre de film en France. Même si celui-ci n'a pas eu le même destin qu'un Aristochrate ou d'un Tempuras, films romantico-sociétal bien moins captivants, pour pas dire envoutant. Mais je suis persuadé, une fois tout le talant du réalisateur reconnu à l'international, que "Suis-moi, je te fuis / Fuis-moi, je te suis" va devenir un film culte, à étudier en école de cinéma.
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Un effet inattendu
Et voilà enfin ma chronique du dernier Opus de la série Satsujin Bunsekihan sortie en 2019. Si je suis revenue à visionner, 3 ans après, la saga complète du très bon romancier Kazushi Asami initié par Ishi no Mayu, c'est suite à l'annonce d'un spin-off (encore un) mettant en scène le Detective Hideaki Takano pour 2022. On reprend donc les mêmes (Doremi mis à part) et on recommence avec les recettes qui ont fait le succès, sans prendre tout à fait les mêmes ingrédients. Mais ses changements vont-ils vraiment dans le bon sens ?Kisaragi Toko jouée depuis 2014 par Kimura Fumino reste le personnage principal de cette saison. Mais passée la joie de revoir notre ancienne Rookie et la surprise de sa nouvelle coupe de cheveu, lui donna encore 10 ans de moins, son jeu va vite énerver le fan de la saga. Voulu ou pas, son attitude affichée à l'écran est censée représenter une cheffe affirmée de l'équipe spéciale d'analyse criminelle, sûre d'elle et se maîtrisant. Tout le contraire de l'humanité et de la fragilité dont elle faisait preuve durant les deux premières saisons. Quelques absurdités et lourdeurs en plus de ce nouveau caractère qu'ont lui attribué auteur et scénariste vont tout de suite faire tiquer le fan assidu. Toujours, la seule femme faisant partie de cette équipe d'élite, même si les hommes se mettent au garde à vous dès qu'elle prend la parole dans cette salle de réunion qui ne ressemble (enfin) plus à une salle de classe. Peut-être pour accentuer le fait que c'est Kisaragi qui commande maintenant, menant à la baguette ses mâles incompétents et stupides (j'exagère à peine). Plus de face à face avec les chefs dans cette nouvelle configuration, qui semblent en plus tous ramollis en quatre ans. L'âge peut être. C'est Kisaragi le vrai mec de la série à présent, poussant le cliché de la femme forte et ultra-compétente à l'extrême inverse du cliché de la femme soumise et peu sûre d'elle de la première saison. Même Aoki Munetaka son partenaire de toujours, parait en retrait et irrité par elle. Alors oui tout cela fait partie du jeu et la mutation prochaine du détective plane sur la saison et mets les nerfs de Kisaragi à dur épreuve. Mais celle du specteur aussi, pour de mauvaises raisons et tout du moins pour les deux premiers épisodes, car…
La série retrouve vraiment son intérêt à partir de la moitié du 2e, justement, où des explications salvatrices sont données sur tous ses changements de comportements. Le couvercle soulevé, la pression étant relâchée, on peut enfin mieux profiter de ce thriller toujours aussi bien réalisé. Tournée avec les dernières technologies et les caméras mettant en avant des couleurs dans les tons rouges ou bleus, relevant l'intérêt visuel au-delà des sympathiques vu aériennes dronesques. Une des marques visuelles de la série. On suivra donc avec beaucoup plus d'intérêt, la série dès fin du 2e épisode, tournant la page de la déception, de l'incompréhension scénaristique, comme cette mutation inévitable de notre Shunin adoré ou capillaire, pourtant évitable.
Toujours accompagné de la BO originale qui en cinq ans (et même huit maintenant) qui reste, je n'arrête pas de le dire, une des meilleurs des dramas japonais, l'histoire est rondement écrite, bien mieux que la deuxième saison, d'ailleurs. Elle fait la part belle à des révélations sur la vie de Takano Shunin, tout en le matant très en retrait. Elle montre également comment murir et prendre du galon, peut changer la personnalité de certain. Mais chasser le naturel, il revient au galop. On n'échappera, pas dans cette saison aussi, à ce paternalisme que fait preuve les hommes mûrs lorsqu'il parle et donne donc des conseils à Kisaragi, reléguant, malgré tous les lourds efforts scénaristiques, la femme au rang d'éternelle apprenante des hommes. Toujours seules dans la section, il est tant d'ouvrir celle-ci à plus de femmes, surtout en responsabilité, d'ailleurs. La vie privée de Kisaragi est totalement oubliée. Et pour cause, dévouée corps et âme à son travail, un simple diner avec sa mère ouvre la saison et ferme de la même toute vie normale durant les six épisodes de celle-ci. La rendant encore plus froide, mécanique, comme cette mécanique de "l'effet papillon" dont un simple battement d'aile va changer le cours des événements. On est pris par ses événements qui s'enchainent à un rythme effréné, un nouveau Serial Killer nous tenant en halène, et cela, sans reprendre toutes les ficelles des deux premières saisons. L'équipe d'enquête criminelle n'a pas bougé d'un pouce et est bien mise en avant ici. On s'est attaché à chaque personnage, à leur personnalité et cette "ambiance de départ" pour certains d'eux donne un petit pincement au cœur inattendu au vu de la classification dans le roman noir, voir glauque de la série.
La classe est à son maximum pour l'équipe dans cette saison. On adore voir nos deux partenaires en gilet par balle, tenir lampe torche et flingue dans les pièces sombres, accompagnés des thèmes musicaux très fort, encore plus quand on sait que c'est la dernière fois. Le suspense est toujours à son comble dans ses longs moments faisant partie de la marque de fabrique de la série. Aucune lassitude, donc, malgré les grosses ficelles utilisées. Peut-être par des rebondissements scénaristiques sans fin ou peut-être par le temps d'attente entre chaque saison. Trois ans, à chaque fois maintenant, ce qui permet de reprendre de l'air avant de replonger dans le côté sombre de la société japonaise, pourtant si colorée, en surface…, de rouge et de bleu.
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Le sourire du diable
3e opus de la série Satsujin Bunsekihan, initiée par Ishi no Mayu, Aku no Hado n'aurait dû être qu'un spin-off censé nous faire patienter en attendant le véritable retour de nos héros. Et pourtant, c'est à mon sens l'une des saisons les plus réussies de la série. Diffusée quelques semaines avant Chou no Rikigaku, annoncée comme le point final de la trilogie, ce court apéritif n'a de premier abord que des défauts pour le fan et pourtant…
Exit, Kimura Fumino, Aoki Munetaka et la section d'analyse criminelle de Tokyo. L'histoire se concentre uniquement sur la genèse de Doremi, le personnage central de Ishi no Mayu. Entouré d'acteur totalement nouveau pour la saga, les faits se passent un an avant ceux de la première saison. On pourra donc visionner ce court spin-off de 5 épisodes de 25 minutes même sans connaitre le reste de l'histoire ou y montrer de l'intérêt. Mais dans le cas contraire, évitez de commencer par celui-ci, ça serait gâcher.
Sans connaitre une page des excellents romans de Asami Kazufumi dont est tirée toute la saga, vous serez légèrement perdu au début par cette ambiance noir et ce personnage so(m)brement interprété par Furukawa Yuki. Les amateurs de dramas planplans, mais néanmoins de qualités, seront surpris par l'interprétation de celui qui reste l'éternel Naoki-kun de Itazura na Kiss. Si vous le suivez régulièrement dans ses dramas, où il joue trop souvent le beau lycéen, collègue ou patron ténébreux, ce drama sera vous étonner par le registre qu'il emprunte. Tour à tour flippant ou touchant, vous aurez l'irrésistible envie de le fuir ou de le prendre dans vos bras. Les évènements dramatiques de ce thriller non rien à envier au reste de la série et rajoute clairement encore une couche de noirceur à l'ensemble de celle-ci.
J'ai toujours pensé que son personnage était sous exploité, notamment dans la 2e saison. A priori, les scénaristes, le romancier et certainement les fans étaient du même avis. Ce qui aurait dû n'être qu'un apéro en attendant les mets principaux de la 3e saison, a, à mon sens, largement dépassé certaines saisons. En tout cas, par rapport à la saison 2, on est un cran au-dessus. Changement de réalisateur, peut-être d'acteurs, aussi, mais heureusement pas de la bande son. On retrouve avec plaisir celle que je considère comme une des meilleures BO du petit écran. Entendre ses thèmes depuis 2015 ne sont pas qu'une Madelaine de Proust, mais bien un moment fort de la série.
Impossible de voir le temps passer, tant la qualité de la série vous saute au visage, probablement envisagée, au départ, comme un film de 1 h 30. Sûrement, devait-il être diffusé en un one shot et en prime, à quelques jours du lancement de la 3e saison. Les producteurs ne se sont pas trompés et l'ont découpé en cinq épisodes, comme le veut la tradition de la saga, pour faire durée le plaisir et la machine publicitaire, évidement. Du coup, le visionnage passe très vite et pourtant il y a tant à dire. Les sentiments sont exacerbés. Surtout que notre héros trouve en l'actrice Sumire, l'autre point fort de la série, une sorte de miroir de son âme, on ne peut plus tourmentée. Lui renvoyant à travers ses propres fantômes, son passé et sa vie misérable. Toujours très bonne actrice, mais malheureusement pas assez présente dans les dramas, elle t'enterra de sauver Furukawa Yuki, à moins que cela ne soit le contraire. Bien sûr, si on a vu la première saison, on se doute bien de la fin de celle-ci, mais des surprises vous attendent, quand même, et vous tiendront en haleine.
Avec une ribambelle de personnages cassés par la vie, la série dépeint une fois de plus un Japon d'une noirceur sans égale. Une société qui broie ses citoyens et les transforme en âmes damnées. Un Japon loin de celui de Itazura na kiss, loin de ces cafés dans lesquels on vous en sert, décorés du petit dessin en surface et accompagnés du sourire du jeune serveur à la frange trop longue.
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Tic, Tac, Boom !
Difficile de chroniquer cette deuxième saison de Ishi no Mayu, sans spoiler la 1ʳᵉ, mais je vais faire de mon mieux, pour ne pas faire de vague. Tout comme notre héroïne, Kisaragi Toko, qui doit toujours et encore, un an après l'affaire Toremi, faire ses preuves en tant qu'enquêtrice. À la fois Jeune et Femme, elle cumule les "handicaps", selon les normes japonaises. Celles-ci sont encore plus mises en avant et cela dès les premières minutes de ses 5 nouveaux épisodes. Une insistance lourde qui avec d'autres clins d'œil appuyés à la 1ʳᵉ saison joueront en la défaveur d'une production trop scolaire, à la limite du copier-coller.Dès les 1res images, un inconnu, bouche grande ouverte, reçoit de la peinture rouge dans son gosier. Cette référence trop maladroite et insistante donne l'effet contraire voulu. Un rire nerveux, plutôt qu'un dégout. Certes, il est normal de revoir de manière martiale la division d'enquête criminelle se réunir en cellule de crise, dans cette pièce façon, classe de lycée. C'est ce qui a fait en partie la force des premiers épisodes. Faire participer le spectateur à la réflexion collective en donnant le résumé des découvertes. Puis, de manière moins formelle, participer aux réunions casse-croute de la petite équipe d'enquêteur, nous intégrant complètement à la classe... pardon l'équipe. Des réunions ressemblant à des interrogations orales, des supérieurs à des "professeurs". Tout cela n'a finalement, rien d'étonnant, car toute grande entreprise reproduit les schémas scolaires, au Japon, à moins que cela soit le contraire. La Fonction Publique encore plus, rappelant à quel point la société japonaise met en avant le culte du respect de l'autorité. Mais tout ce formalisme surjoué retire le réalisme et la tension qu'on pouvait attendre de cette série. Si on rajoute à cela une guerre des polices trop convenue pour le genre, on comprend que cette saison est loin d'arriver à la hauteur de la première. Perte de l'effet Waouh, surement.
Bien sûr, et heureusement, Toremi et ses actes passés parsèment en filigrane la saison. Son ombre plane sur chaque épisode. Les traumatismes, nombreux, pour notre héroïne, sont très présents. Jusqu'à donner l'impression d'en faire trop. Toko se trouve une nouvelle passion pour le tic tac de la montre de son père que je suppose être à quartz, vu le titre, alors même qu'aucune référence ne faisait allusion à ce bruit si réconfortant avant. Ce nouveau Tic (tac) sonne faux, puisqu'en même temps, celui des bombes ne cessent de l'angoisser, et pour cause. Passé ces détails, car finalement ce ne sont que des détails, on ne peut qu'être en joie de revoir nos personnages préférés. Certes, à la marge, certains ont été changés, mais le trio Kimura Fumino, Aoki Munetaka et Furukawa Yuki est bien présent. Même si les deux derniers sont très en retraits par rapport à notre héroïne. Du fait du programme d'intégration de la gent féminine dans la police, peut-être. Mais patience, messieurs, vous aurez bientôt votre revanche (comprendre Spin-off)
Le problème des flashbacks n'est toujours pas réglé dans cette saison. Cette maladresse dans les émotions, ce jeu d'acteur et ces couleurs sépias continuent à trancher avec la qualité scénaristique, de mise en scène et de jeu d'acteur de la série en général. Évidemment, les bombes restent le fil conducteur des 5 épisodes, mais de là à revoir systématiquement l'explosion de la 1ʳᵉ saison (et ses effets spéciaux limites, limites), on commence à croire qu'on nous pense trop con pour comprendre. Une fois de plus, l'écrivain Asami Kazufumi, dépeint, à travers son thriller, une société japonaise bien noire. Le spectre des attentats du début des années 2000 n'est jamais bien loin et rappel à quel point le japon est une société policée et surveillée, embarquant des caméras jusque dans les voitures individuelles et plébiscitant toujours la peine de mort. Pourtant, dans la série comme dans la vie réelle, tout cela n'empêchent ni le terrorisme ni la naissance de Serial Killer. Nous rappelant à quel point notre apparente protection n'est qu'un cristal prêt à se briser.
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