Ma femme m'a dit... un spoil
Alors que Reibai Tantei Jouzuka Hisui nous avait retourné les méninges, sa suite Invert: Jozuka Hisui Toujoshu va vous laisse perplexe. Mais avant de me lire, assurez-vous bien d'avoir vu tous les épisodes de la première partie. Puis assoyez-vous tranquillement dans ce sofa cosy avec votre tasse de thé anglais. Votre détective critique va vous prendre de haut et vous montrer à quel point il est supérieur dans l'analyse des dramas.Je me compare évidement à notre héroïne HPI et prestidigitatrice qu'est la belle Jouzuka Hisui. Pas pour le physique, évidemment, mais pour cette capacité à irriter à la fois le coupable, mais aussi le spectateur. Car si ce Mystery drama s'inspire une nouvelle fois de grands classiques de la littérature, Conan Doyle en tête, c'est à la série Colombo que le personnage de Jouzuka, fait le plus penser. Annoncé clairement par la voix off, dans certains épisodes, comme original d'avoir le coupable dès les premières images, c'est prendre le spectateur un peu pour une bille. Mais comme c'est une des spécialités de notre héroïne, se moquer de son interlocuteur, on pardonnera cette escroquerie. Avec son air ingénu (trop), elle fait demi-tour après chaque "au revoir" pour remettre les pieds dans le plat. Si ses yeux verts-jades sont un régal pour notre regard, sa diction est une perceuse dans nos oreilles qui vrille à la longue le cerveau. Trop emprunt de politesse faux cul et de kawaii dans les "arere" on ne supporte plus ce ton au bout du 3e épisode. Tout comme Colombo le but est de rendre fou le coupable en nous faisant rire, mais le fait que Hisui Chan surjoue de ses charmes gâche le plaisir. Surtout après les luttes pour l'égalité des sexes de ses décennies. On n'est plus dans les années 70.
Notre madame Colombo a beau être accompagnée de la pétillante Koshiba Fuka, cette dernière ne remonte pas la Girl Power tant les clichés des hommes face à la gent féminine joue en la défaveur du duo. On est loin du mystère de la première partie et de la classe que dégageait le duo servante X maitre. Ça en devient même ridicule tant le scénario essaye de faire passer chacune pour ce qu'elle n'était pendant 5 épisodes. Ses nouvelles personnalités font encore plus clicher que "la jeune fille du manoir et sa servante". Alors oui, on est contant d'avoir du friendship entre filles. Mais la relation reste bancale. "C'est moi le cerveau, toi t'es bonne qu'à exécuter de basses besognes". On retrouve un paternalisme et une condescendance qu'on croyait bannit de ce genre de relation.
Étrangement, on se retrouve à avoir le même sentiment après le 3e épisode que dans la première saison. Mais va-t-il se passer quelque chose d'original ou d'intéressant ? Je commence à m'ennuyer avec ce reçussé de Colombo. 5 épisodes sans lien apparent, cela ressemble de nouveau trop à ce découpage de partie 1, par trop classique, et là, on se demande si l'écrivain et les scénaristes vont à nouveau oser…
Et oui, annoncé comme perturbant à nouveau tous vos repères dans le teaser du 4, l'épisode final diffusé à Noël vaut effectivement la vision jusqu'au boutisme. Les ponssifes d'un Noël à la japonaise sont là : le diner en amoureux, le strawberry cakes, etc. Mais à la sauce Jouzuka. Attendez-vous donc à vous faire avoir une nouvelle fois avec cette partie, même si certains défauts vous irriterons.
Le rôle de Koshiba Fuka s'efface petit à petit, les personnages et un en particulier de la première partie sont sous-exploités et arrive dans le dernier épisode comme un cheveu sur la soupe. Le concept même de prestidigitation est quasi absent et j'ai même l'impression qu'il disparait dès le deuxième épisode. Le côté Profiler est trop mis en avant et les tours de magie perdent de l'importance. Alors que la fin de la première partie promettait du Gerard Majax à gogogo. Et tout ce qui tourne autour du passé de Jouzuka, les questions de Fuka-Chan restent sans réponse, proposant une fin qui amène à penser à une suite. Vu le nombre d'épisodes de Colombo on ne peut qu'imaginer d'autres miniséries avec notre héroïne. Rendant hommage à d'autres romans ou séries de détectives. Peut-être la jeunesse de Jouzuka rendra hommage à Detective Conan, ou je ne sais quoi encore. En tout cas, cela ne pourra pas être sans Switch important, car l'auteur nous y a habitué et aucun tour de passe-passe ne sera accepté du fan que je suis malgré tout devenu.
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Je vois des morts et toi ? (spoil à la fin de la critique)
Avec un contexte surnaturel, à la vue du thème des médiums, et la présence de la délirante Koshiba Fuka dans le rôle d'une gouvernante, cette adaptation de Mystery x Tantei novel promet du rire et du What the fuck à gogogo. Et pourtant, on est loin, ici, de ses rôles comiques à la Massage Tantei Joe ou Gourmet Detective Goro Akechi. Ce Reibai Tantei Jouzuka Hisui est plutôt sombre, à des kilomètres des parodies de romans de détectives. Si bien que Fuka Chan est méconnaissable de sérieux et de mystère, donnant tort à tous ceux qui la trouvaient incapable de jouer autre chose que les souriantes maladroites. Ce qu'on perd en humours, on le gagne en frayeur. Ce Mystery Drama cherchant à nous replonger dans les séances de spiritisme flippantes de notre adolescence. Comme (trop) souvent, les enquêtes seront l'occasion de suivre un duo improbable. Elles vous feront séjourner, comme il se doit pour la télévision japonaise, dans un manoir victorien ou côtoyer un écrivain célèbre. Et cependant, lisez bien jusqu'au bout. Car, annoncé dès le générique, ce roman a été multiplement récompensé et les raisons ne sont pas celle que l'on croit.Koshiba Fuka n'aura malheureusement qu'un rôle secondaire, se faisant voler la vedette par Kiyohara Kaya. Mais on ne perd pas au change. En effet, dans ce rôle de medium possédé par des morts et communiquant à travers elle, tout juste âgée d'à peine 20 ans, elle trouble par sa maturité et le mystère qu'elle dégage. Avec sa longue carrière dans les premiers et seconds rôles, depuis ses 13 ans, ses passages laissent toujours une trace. Son aura imprime la pellicule de manière persistante, laissant un halo mystérieux à chacun de ses apparitions à l'écran. Pas seulement par ses lentilles vertes et sa robe blanche, ou son manteau de chaperon rouge, mais pour son jeu tout en retenu et transpirant la sensibilité. Et si on peut le trouver surjoué, c'est oublier qu'elle campe un personnage tout juste sortie de l'adolescence. Ses pouvoirs l'ayant isolé du reste de la société, on peut comprendre de tels traits de caractère.
C'est, en tout cas, le cas de l'hyper compréhensif Seto Koji. Qui, s'il a rarement de la chance en amour dans les dramas, va tout faire pour protéger cette jeune médium dont il s'est amouraché. Premier rôle qu'il partage donc avec Kaya chan, il montre ici tout son talent d'acteur et d'auteur, puisqu'il campe un énième écrivain de romans policiers. Comme souvent, il sera justement sollicité par la police pour résoudre des crimes plus sordides les uns que les autres. Ce qui surprend ici, c'est la récurrence des sollicitations du romancier et du coup du medium sur de trop nombreuses affaires. Mais bon, c'est une série, le temps est compressé, il faut montrer les héros le plus souvent.
Même si les épisodes sont indépendants, on suit la traque d'un énième Serial Killer de jeunes ingénues tout le long de la série. L'originalité ne sera, de ce fait, pas de ce côté. Le sérieux de la série peut dérouter, tant les médiums semblent prendre une place importante dans les événements, montrant une fois de plus l'incompétence de la police japonaise. Et ce n'est pas la galerie de personnages jouant des flics qui arrangeront leur image ici. Parfois benêts, parfois grotesques, il faudra, qu'ils viennent un jour, faire un stage dans les séries de TF1, pour progresser et surtout pour ne pas avoir besoin d'un romancier ou d'une médium pour trouver un coupable. Mais c'est oublier la place qu'à encore aujourd'hui la divination et lien avec les disparus dans la société japonaise. Il faut donc, pour apprécier la série, retirer le voile cartésien et occidental qui nous aveugle et se plonger tête nue dans cet univers ou les diseuses de bonne aventure ont pignon sur rue.
La musique d'ambiance, de ce type de Mystery Drama, est par trop classique, tout comme les décors. Mais cette mise en scène va trouver tout son sens au fil des épisodes. Et c'est là qu'il faut arrêter de me lire ou alors oublier tout ce que je viens d'écrire. Si vous appréciez les premiers épisodes et que vous voulez voir la série en entier, arrêter de me lire dès maintenant et visionnez immédiatement jusqu'au dernier épisode. En effet, la suite de la chronique va divulgâcher l'intrigue à un point de criminalité sans commune mesure.
/!\ Spoil /!\
Ne lis pas si tu aimes la série ou tu n'as pas encore regardé !!!
Il fallait bien que quelques choses justifient le succès du roman et les prix gagnés par celui-ci. Et ce n'est pas le scénario plan plan (tu as dû le remarquer) des 4 premiers épisodes. Avec seulement 5, d'ailleurs, pour la série, la puce à l'oreille, tu l'as eu immédiatement. Ce n'est pas du tout le format habituel des séries récurrentes, encore moins de ce genre. 6 = 12 /2 auraient pu passer, mais 5, les indices étaient trop nombreux. Sans dévoiler les twists infernaux du dernier épisode, que bien sûr, vous aviez senti grâce aux tiques des personnages récurrents, on a affaire ici à du grand art dans l'écriture d'un roman et par ruissellement, d'un scénario. Dès la fin du dernier épisode, la durée de la série prend tout son sens. Et, il faut dire que ce découpage est très culotté pour une chaine de télé (un peu moins pour une plateforme). Vous serez donc immédiatement happé par l'envie d'en connaître plus sur vos personnages qui deviendront tous, immédiatement attachant à la fin de la série. Aucun problème, une recherche sur ce site en tapant leurs noms guérira votre frustration. Alors, il est temps de mener votre propre enquête et de faire parler les morts.
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Plus de batterie
Venu d'une lointaine galaxie qu'on appelle le Japon, mais certainement à pied, Ultraman aura mis du temps à atterrir chez nous. La série originale est sortie en 1966 au pays du tokusatsu, la même année que Star Trek (j'y reviendrai). Et dire, qu'elle est aussi connue là-bas, que les péripéties de l'Enterprise est un euphémisme. Godzilla a ouvert la voie 10 ans plus tôt avec l'attaque des monstres géants personnifiant les catastrophes naturelles, ou non, dont est victime continuellement le pays et Ultraman a personnifié le héros salvateur. Tout le courage et la résilience d'un peuple face à la fatalité. Ultraman, comme les super héros américains, dont il s'inspire fortement, a façonné l'enfance et la façon de penser des baby boomers japonais. Dont un, en particulier, un certain Hideaki Anno qui 30 ans plus tard créera une série qui, pour le coup, deviendra un phénomène mondial et relancera l'intérêt de pour l'animation japonaise par l'occident. C'est évidement Evangelion. Ce n'est donc pas un hasard, si 6 ans après son excellent Shin Godzilla de 2016 et avant son Shin Kamen Rider de 2023, il revient au scénario, cette fois si, uniquement, avec ce Shin Ultraman. Réussira-t-il à marquer encore une fois les esprits et à susciter la même attente des fans mondiaux. Vous le saurez à la fin de cette critique.Évidement, les teasers et autres news qui ont précédé la sortie, en début 2022, de Shin Ultraman n'ont fait qu'attiser la curiosité, la hype, mais aussi les espoirs de tout fan de la culture pop japonaise. Pensez bien, après l'excellent Shin Godzilla d'un Anno au sommet de son art et rendant le plus bel hommage possible au film de kaiju, tout en insufflant des messages politiques et écologique à une humanité pas encore dévastée par une pandémie anestésiante, l'attente était grande. Suivie, l'annonce et les premières images des acteurs formant le bureau chargé d'étudier les attaques Kaijus. Saito Takumi, lui-même réalisateur, mais surtout acteur pléthorique, connu en France pour son rôle dans la Saveur des ramens. Nishijima Hidetoshi, acteur pléthorique essentiellement connu pour son rôle phare dans le mondialement récompensé, Drive my car. Nagasawa Masami, fabuleuse actrice qui m'a principalement marquée dans I Am a Hero. Bref, je ne m'attarderai pas sur les seconds rôles, mais ils sont tous constitués d'acteurs connus et reconnus. On est vraiment face au même blockbuster annoncé que Shin Godzilla. C'est tout juste, si un billet d'avion n'était pas réservé uniquement pour assister à l'avant-première de ce qui doit être le meilleur film de 2022, toutes nationalités confondues. Mais alors, pourquoi, plusieurs mois après ce qui a été le meilleur démarrage 2022 au Japon, une sortie européenne n'est toujours pas annoncée ? Pourquoi, malgré un ending inédit venu de la galaxie M87 de Yonezu Kenshi et la reconduite de Higuchi Shinji (seul) à la réalisation, Shin Ulraman n'est pas encore devenu le nouveau film culte de la Pop culture japonaise…, dans le monde.
La réponse est multiple et pour ceux qui n'ont pas encore vu le film, la déception à la lecture des lignes suivantes risque d'être grande. Mais je rappelle que ce n'est que mon avis, et je suis assez peu fans des films de super héros pour apprécier pleinement ce Shin Ultraman. Mais n'étant pas particulièrement fan du Godzilla américain, non plus, j'étais également réfractaire à regarder Shin Godzilla et pourtant, j'ai kiffé. Il en est tout autre de ce qu'on pourrait appeler une séquelle ou un Shin Godzilla 2 tout du moins dans les 30 premières minutes. Ce sont justement ces 30 minutes les plus intéressants. Poursuivant les évènements de Godzilla, le Japon se retrouve face à nombre d'attaques inédites de kaiju en masse, faisant défiler à grand renfort d'effets spéciaux, rappelant à la fois Shin Gozilla, Evangelion et les séries de l'age d'or. Les monstres sont grotesques, mais classieux, tout comme le réalisme des décors. Les effets spéciaux nous mettent plein la vue et vraiment ça partait super bien. Très vite, on voit la dream team d'acteurs à l'œuvre et là… plus rien. La magie s'estompe petit à petit. Ne lisez donc plus les lignes suivantes, car plus qu'un spoile, c'est un typhon, un tsunami et un tremblement de terre de déception que vous allez subir.
Les acteurs sont fades au possible pour ne pas dire transparents. À commencer par Saito Takumi qui devait être, tout comme Nishijima Hidetoshi, à la fois charismatique et drôle. Le charisme, vous l'oubliez et l'humour, qui aurait dû être du second degré à la Men in Black tombe à plat à chaque réplique. Un second degré qui n'est pas assumé et cela tout le long des deux heures de ce qui n'est finalement qu'une suite d'épisodes mis bout à bout, faisant honte à la série originale. Des bonnes idées et des clins d'oeils à toute l'atmosphère des années 60 et 70 sont pourtant présents, mais encore une fois, on a l'impression que le réalisateur n'assume pas du tout l'humour potache qui aurait pu se dégager d'Ultraman. Trop sérieux, on pourrait faire un tas de blagues, certes graveleuses, lors de l'hommage à l'attaque de la Femme Géante. Et pourtant, non, un ennui profond se dégage de ses scènes. Tout comme le caractère de Nagasawa Masami, dans le film. Au lieu de jouer son rôle de femme forte façon dérision, elle le gâche par ce sérieux d'un ennui mortel. Les Geeks de services sont pathétiques et les militaires en carton. Mais où est la pâte d'Anno, où est son réalisme. On est n'y face à un hommage, n'y face à une parodie. On pouvait se méfier du réalisateur des lives actions Attaque des Titan, mais ils nous avaient prouvé avec SG qu'il savait y faire. La preuve ici que non. Le scénario d'Anno est insipide. "Exit" les messages politiques et écologiques. On est à la limite d'un énième Avenger, mais sans l'humour potache.
Les ennemies extraterrestres défilent. Ultraman les combats et les anéantis à chaque fois, sans logique scénaristique, comme si on suivait trois épisodes à la suite. pourquoi ils sont là, pourquoi ils sont seuls. Pourquoi Ultraman change de couleur, pourquoi 3 min de combat seulement , ...? Les deux heures sont mal utilisés, seul ceux connaissant les codes de la série peuvent vraiment y prendre du plaisir., et encore.
Passons sur le design d'Ultraman qui reste dans les normes de l'époque pour s'interroger sur ses ET complètement à côté de la plaque. Pas du tout digne des écrans d'aujourd'hui, ils gâchent l'image et brulent votre rétine. On réclame, chaque seconde qui passe, les retours des Kaijus du début, mais en vain. Alors OK, les lasers beam et la position culte sont bien là. Les sons et les musiques sont retranscrits comme à l'époque. Mais ce que ça ne fonctionne pas par rapport à SG. Les combats en ville ou dans les raffineries sont présents, mais elles manquent de classe, c'est dingue. Evangelion, revient vite, tu nous manques. Les pirouettes d'Ultraman font rire ou pleuré malgré elles, mais vous n'avez encore rien vu face aux couleurs psychés des dernières minutes ou le design du boss final. Non vraiment, avec l'humanité de Star Trek et l'humour de Men in black, dont les clins d'œils sont pourtant nombreux, on aurait pu assister à un chef-d'œuvre, mais ici qu'elle raté. Pas étonnant que les distributeurs internationaux soient frileux. Les plans de caméra donnent de surcroît la nausée, pire qu'un film de Jean-Marie Poiré et les politiciens ont perdu la compétence qu'ils avaient dans Shin Gozilla. Il parait qu'il y a un Kamen Rider qui sort en 2023, avec Anno à la manœuvre. L'espoir va peut-être renaître…
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L'éco-responsabilité selon Anno
Sortie en 2016, tout a surement été dit sur le Shin Gozilla de Hideaki Anno. Mais étant passé à côté à l'époque ( Qu'est-ce que je pouvais bien regarder à ce moment-là ? ), mon visionnage récent de Shin Ultraman m'invita à me plonger dans ce chef-d'œuvre du film hommage aux films de Kaijus des années 50-60 du cinéma japonais. Une mise en abyme, dont Anno est si friand.Le réalisateur-créateur, de Evangelion n'a jamais caché, ni son amour, ni ses inspirations pour ses films de genre. Et il a cherché ici à être le plus proche de l'ambiance et de l'esthétique de l'époque tout en ancrant Gozilla dans notre temps. Taclant au passage les Américains et leurs adaptations foireuses, dénaturant complètement le sujet et l'âme de l'œuvre originale. Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la biographie du maître Anno, je vous invite à visionner le drama Aoi Honoo. Adaptation délirante de sa vie d'étudiant de cinéma. Délirant, ç'aurait pu être la marque de fabrique de ce énième Godzilla, mais le réalisateur-scénariste a insufflé un réalisme et un humanisme rarement atteints dans le genre. Même si la métaphysique est sa spécialité, il a cherché, ici, à rester le plus terre à terre possible. Un comble pour un film retraçant l'attaque d'un dinosaure géant qui tire des lasers nucléaires.
Un réalisme comme on en voit que dans les films de guerre, retraçant des batailles réelles et décrivant avec précision chaque évènement et même armes employées. Avec un état-major rongé par les doutes, découvrant la situation en même temps que le spectateur et devant prendre des décisions, peut-être responsables de milliers de morts. On suit, non pas le superflic, militaire ou pompier qui est en proie au doute, en plein divorce et choix de garde de sa fille, comme dans un film américain, mais les ministres et autres secrétaires d'État, dans leur travail. Face à une crise inédite, d'un niveau bien plus critique que celle de la Covid. Nous n'aurons donc pas de tranches de vie quotidienne, pour accentuer l'horreur et magnifier le dévouement du héros-cowboy. Mais on bouffera des briefings glaçants, réalistes, où les ministres paraissent profondément humains et démunies face à ce qui les dépasse.
Bien sûr, une telle production à son lot d'acteurs banquables (en 2016), mais "exit" les featuring américains qui auraient eu toutes leurs places dans cette production où l'ombre de l'oncle Sam est omniprésente. Hasegawa Hiroki, l'éternel Tachibana Manpei de Manpuku Ramen (à voir absolument) est bluffant de réalisme dans son rôle de secrétaire de cabinet, aux responsabilités trop grandes pour son costume trois pièces. Mais Ishihara Satomi, que j'adore pourtant, appuis trop sur son côté pouffe américaine, dans son rôle, la rendant antipathique au possible, pour ceux qui apprécient la délicatesse à la japonaise. Mais tout cela est évidement voulu par Anno qui par le grain de l'image, l'absence de maquillage des acteurs (sauf pour Satomi-chan, donc) a cherché non pas à les enlaidir, mais à les humaniser.
On est ici, face à un brulot anti-tout, finalement. Antiaméricain et plus généralement anti-impérialiste, voir antimilitariste. Mais aussi une critique face au monde politique, fait finalement de dirigeant en papier. On en attendait pas moins du créateur de Nadia ou Evangelion. Et comme pour ses chefs-d'œuvre d'animation, la mécanique, comme les monstres, sont magnifiés au possible. À l'instar de son ami Miyazaki, il apporte un soin extrême aux machines tout en dénonçant leurs utilisations meurtrières. On est vraiment proche de l'univers du créateur du Château dans le ciel, même dans ce film de genre. Mais le soin extrême se retrouve également dans les scènes extérieures où Anno a cherché à reproduire les attaques des villes, des raffineries ou dans les montagnes avec des plans imitant réellement les films de Kaiju et de Kokusatsu. Alors qu'à l'époque, des maquettes de ville et de campagnes étaient le décor d'acteurs costumés en Casimir ou Super Sentai et que pour Evangelion (autre hommage, faut-il le rappeler ?), l'animation était déjà bluffante, on est ici, scotché par la technique. Mélange de marionnette ou de costume grotesque, de 3D légère et de prises de vues réelles. Tout s'imbrique pour donner à la fois un côté réaliste, avec ses scènes de panique où des milliers de figurants courent dans un Tokyo magnifié (l'autre star du film) et en arrière-plan sa majesté Godzilla tout lazer dehors. Digne des plus grands films catastrophes à budget pharaonique, Gozilla est à la fois un typhon, un raz de marré et un tremblement de terre à lui tout seul. Parabole sur la résilience du peuple japonais face à ses catastrophes naturelles, l'ombre d'Hiroshima plane aussi sur le film, et la fin rappellera une autre fin que les États-Unis ont encore du mal à justifier, 80 ans après.
Un film donc, d'une grande humanité, à la réalisation et au jeu d'acteur impeccable. Un brulot politique et écologique, qui ne surprendra pas les fans de la première heure, mais qui décevra certainement les fans de blockbusters américains. Pour le côté lent et grotesque de la bête (j'adore), pour l'utilisation outrancière des musiques d'époque (j'adore aussi). Mais c'est peut-être le meilleur hommage que l'on peut faire au dernier dinosaure. Rassurez-vous les Yankees, la critique de Shin Ultraman ne sera pas aussi dithyrambique, mais probablement que vous l'adorerez, autant que vous avez détesté Shin Gojira. Tous les goûts sont dans la nature et il faut savoir en prendre soin. Sinon, elle va te le faire comprendre à grand coup de lazer dans ta gueule !!!
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Une série ou un film, j'hésite ...
En nous nous laissant le choix entre 4 h, deux fois deux heures ou 10 fois 24 min, le réalisateur qui monte, Fukada Koji, nous met face à un sacré dilemme en s'attaquant en 2019 à l'adaptation de ce Manga confidentiel, sortie en 2000. Les Français n'ont, évidement, eu droit officiellement qu'à la version compilée pour le cinéma de Honki no shirushi et qui n'a pas été si mal renommé en Suis-moi, je te fuis / Fuis-moi, je te suis, pour une fois. Ce diptyque, en deux fois 2 h, n'est pas moins intéressant que le format original. Souvenez-vous des compilations de saison d'animé pour faire un film de cinéma. Même Goldorak, dans les années 80, avait déjà eu droit à ses séances mercantiles qui n'ont toujours pas disparu. Mais ici, le but du distributeur français, est évidemment tout autre et pas de gros élagage, par rapport à la version de la NTV, n'a eu lieu. Seules quelques scènes ont été coupées, mais rien de vraiment fondamentale. Dès le départ, Fukuda Koji a pensé son scénario et sa réalisation pour un film. Et, clairement, avec un Manga qui ne fait que 6 volumes et écrit il y a 20 ans, on peut dire qu'il a dû mouiller sa chemise pour donner de la profondeur. J'ai regardé un peu en série et les découpages sont plutôt bien faits. Les cliffhangers donnent envie de voir la suite, mais clairement l'histoire doit se consommer au pire en deux parties, mais au mieux en une traite. De ce fait, les critiques vont souvent dans le sens d'un film qui amène l'ennuie. Mais encore faut-il savoir déguster les mets de choix pour les apprécier. 'Ce dilemme du choix du format n'en est donc pas réellement un. Pas comme celui de notre héros, incarné par Morisaki Win, qui se retrouve à la croisière de sa vie (comprendre, 30 ans pour un Japonais). La stabilité et l'engagement avec sa petite amie qu'il côtoie secrètement depuis des lustres, ou le monde foutraque, mais tellement attirant que lui propose sa mystérieuse nouvelle protégée ? L'hésitation, et la culture de l'excuse transparait dans chaque ligne de dialogue de cette œuvre magistrale et pourtant destinée au départ qu'à être un drama popcorn de plus pour la TV japoniaise. Alors 3 ans après sa première diffusion dans un océan de séries à la TV et sur les plateformes, une pandémie qui ne cesse de s'arrêter et une distribution française chaotique, à l'image de notre héroine, ce "film" vaut-il vraiement le temps que l'on y passera ?
La réponse est pour ma part, oui, puisque Fukada Koji oblige, le sujet est entièrement maitrisé tant au niveau de la réalisation, que du scénario. Comme toujours, le réalisateur d'Harmonium et du futur récompensé Love Life (prédictions ?) joue avec nous, nos doutes et nos certitudes. Il a compris parfaitement les codes qui régissent les triangles amoureux et souffle à chaque instant le chaud, puis le froid. Le plaisir de se faire balader par le scénario et ses révélations de chaque minute n'a pas de limite. On adore être surpris à chaque ligne de dialogue, s'attendant à chaque fois à un mot ou un geste et c'est le contraire qui se produit. La culture de l'hésitation, véritable religion au Japon, est en filigrane, quand elle n'est pas jetée simplement à la face du spectateur, le persuadant que lui, prendrait la bonne décision. Mais l'événement suivant lui montre que les personnages principaux ont souvent bien fait de ne pas trancher, ébranlant nos certitudes. Chacun se voit à la place des personnages. Vous serez toutes amoureuses de ce célibataire trop gentil et trop beau qu'est Morisaki Win, comme nous serons tous attirés par la fragilité et le grain de folie de Tsuchimura Kaho. Les défauts reprochés à l'un par l'autre sont mis en perspective quelques scènes plus loin en les retrouvant chez l'autre. On ne fait que s'interroger durant ses 4 h, se questionner et chercher les meilleurs choix et c'est peut-être cela qui fatigue les détracteurs de ce film.
Les regrets, les mauvais choix et surtout les mystères révélés à grand fracas semblent être des fils conducteurs dans la filmographie de Fukada Koji, Magnifiant encore une fois le concept dans cette œuvre. Mais le casting n'est clairement pas en reste. Le choix de Morisaki Win est évidement un choix judicieux en termes de gendre idéal. Mais c'est de loin Tsuchimura Kaho qui crèvele plus l'écran, et cela, dès les premières minutes. Elle incarne à elle seule les sentiments qui touchent tout adulte lors de ses choix de vie. Engagement, hésitation et rajoutons cette culture de l'excuse toute japonaise, qui transparait à chaque ligne de dialogue. Si vous l'appréciez, je vous conseille grandement Raion no o Yatsu, ou sa performance m'a fait verser un torrent de larmes, et pour cause.
Je tiens quand même à rassurer ceux qui ne verraient dans ce film qu'une comédie romantique. On y croise yakuza, corruption, monde de la nuit et coup bas dans les entreprises. La société japonaise, comme à son habitude avec Fukuda Koji en prend pour son grade. Aucune exagération de ce côté-ci. Il faut, comme il se doit, ne pas faire de vague et on peut vivre au Japon comme si on était dans le monde de "tout est super génial". Mais dès qu'on fait un pas de côté…
La musique est malheureusement le parent pauvre de ce film, même si un effort particulier est fait sur l'ambiance sonore. Bruit d'eau ou de vrombissement accompagnent les dialogues, accentuant souvent cette ambiance lourde, due à la mise en scène parfaite du réalisateur, avec un cadrage des scènes d'intérieurs aux petits oignons. Il faut dire que l'on passe beaucoup de temps dans la pièce/cuisine…, à cuisiner justement. Vous l'avez compris, The Real Thing (le nom anglais du film) est mon film de Fukuda Koji préféré…, jusqu'à Love Life certainement, que j'attends avec impatience. Je ne remercierai jamais assez Art House et la communauté Hanabi pour promouvoir ce genre de film en France. Même si celui-ci n'a pas eu le même destin qu'un Aristochrate ou d'un Tempuras, films romantico-sociétal bien moins captivants, pour pas dire envoutant. Mais je suis persuadé, une fois tout le talant du réalisateur reconnu à l'international, que "Suis-moi, je te fuis / Fuis-moi, je te suis" va devenir un film culte, à étudier en école de cinéma.
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Un film difficile à suivre
En nous nous laissant le choix entre 4 h, deux fois deux heures ou 10 fois 24 min, le réalisateur qui monte, Fukada Koji, nous met face à un sacré dilemme en s'attaquant en 2019 à l'adaptation de ce Manga confidentiel, sortie en 2000. Les Français n'ont, évidement, eu droit officiellement qu'à la version compilée pour le cinéma de Honki no shirushi et qui n'a pas été si mal renommé en Suis-moi, je te fuis / Fuis-moi, je te suis, pour une fois. Ce diptyque, en deux fois 2 h, n'est pas moins intéressant que le format original. Souvenez-vous des compilations de saison d'animé pour faire un film de cinéma. Même Goldorak, dans les années 80, avait déjà eu droit à ses séances mercantiles qui n'ont toujours pas disparu. Mais ici, le but du distributeur français, est évidemment tout autre et pas de gros élagage, par rapport à la version de la NTV, n'a eu lieu. Seules quelques scènes ont été coupées, mais rien de vraiment fondamentale. Dès le départ, Fukuda Koji a pensé son scénario et sa réalisation pour un film. Et, clairement, avec un Manga qui ne fait que 6 volumes et écrit il y a 20 ans, on peut dire qu'il a dû mouiller sa chemise pour donner de la profondeur. J'ai regardé un peu en série et les découpages sont plutôt bien faits. Les cliffhangers donnent envie de voir la suite, mais clairement l'histoire doit se consommer au pire en deux parties, mais au mieux en une traite. De ce fait, les critiques vont souvent dans le sens d'un film qui amène l'ennuie. Mais encore faut-il savoir déguster les mets de choix pour les apprécier. 'Ce dilemme du choix du format n'en est donc pas réellement un. Pas comme celui de notre héros, incarné par Morisaki Win, qui se retrouve à la croisière de sa vie (comprendre, 30 ans pour un Japonais). La stabilité et l'engagement avec sa petite amie qu'il côtoie secrètement depuis des lustres, ou le monde foutraque, mais tellement attirant que lui propose sa mystérieuse nouvelle protégée ? L'hésitation, et la culture de l'excuse transparait dans chaque ligne de dialogue de cette œuvre magistrale et pourtant destinée au départ qu'à être un drama popcorn de plus pour la TV japoniaise. Alors 3 ans après sa première diffusion dans un océan de séries à la TV et sur les plateformes, une pandémie qui ne cesse de s'arrêter et une distribution française chaotique, à l'image de notre héroine, ce "film" vaut-il vraiement le temps que l'on y passera ?
La réponse est pour ma part, oui, puisque Fukada Koji oblige, le sujet est entièrement maitrisé tant au niveau de la réalisation, que du scénario. Comme toujours, le réalisateur d'Harmonium et du futur récompensé Love Life (prédictions ?) joue avec nous, nos doutes et nos certitudes. Il a compris parfaitement les codes qui régissent les triangles amoureux et souffle à chaque instant le chaud, puis le froid. Le plaisir de se faire balader par le scénario et ses révélations de chaque minute n'a pas de limite. On adore être surpris à chaque ligne de dialogue, s'attendant à chaque fois à un mot ou un geste et c'est le contraire qui se produit. La culture de l'hésitation, véritable religion au Japon, est en filigrane, quand elle n'est pas jetée simplement à la face du spectateur, le persuadant que lui, prendrait la bonne décision. Mais l'événement suivant lui montre que les personnages principaux ont souvent bien fait de ne pas trancher, ébranlant nos certitudes. Chacun se voit à la place des personnages. Vous serez toutes amoureuses de ce célibataire trop gentil et trop beau qu'est Morisaki Win, comme nous serons tous attirés par la fragilité et le grain de folie de Tsuchimura Kaho. Les défauts reprochés à l'un par l'autre sont mis en perspective quelques scènes plus loin en les retrouvant chez l'autre. On ne fait que s'interroger durant ses 4 h, se questionner et chercher les meilleurs choix et c'est peut-être cela qui fatigue les détracteurs de ce film.
Les regrets, les mauvais choix et surtout les mystères révélés à grand fracas semblent être des fils conducteurs dans la filmographie de Fukada Koji, Magnifiant encore une fois le concept dans cette œuvre. Mais le casting n'est clairement pas en reste. Le choix de Morisaki Win est évidement un choix judicieux en termes de gendre idéal. Mais c'est de loin Tsuchimura Kaho qui crèvele plus l'écran, et cela, dès les premières minutes. Elle incarne à elle seule les sentiments qui touchent tout adulte lors de ses choix de vie. Engagement, hésitation et rajoutons cette culture de l'excuse toute japonaise, qui transparait à chaque ligne de dialogue. Si vous l'appréciez, je vous conseille grandement Raion no o Yatsu, ou sa performance m'a fait verser un torrent de larmes, et pour cause.
Je tiens quand même à rassurer ceux qui ne verraient dans ce film qu'une comédie romantique. On y croise yakuza, corruption, monde de la nuit et coup bas dans les entreprises. La société japonaise, comme à son habitude avec Fukuda Koji en prend pour son grade. Aucune exagération de ce côté-ci. Il faut, comme il se doit, ne pas faire de vague et on peut vivre au Japon comme si on était dans le monde de "tout est super génial". Mais dès qu'on fait un pas de côté…
La musique est malheureusement le parent pauvre de ce film, même si un effort particulier est fait sur l'ambiance sonore. Bruit d'eau ou de vrombissement accompagnent les dialogues, accentuant souvent cette ambiance lourde, due à la mise en scène parfaite du réalisateur, avec un cadrage des scènes d'intérieurs aux petits oignons. Il faut dire que l'on passe beaucoup de temps dans la pièce/cuisine…, à cuisiner justement. Vous l'avez compris, The Real Thing (le nom anglais du film) est mon film de Fukuda Koji préféré…, jusqu'à Love Life certainement, que j'attends avec impatience. Je ne remercierai jamais assez Art House et la communauté Hanabi pour promouvoir ce genre de film en France. Même si celui-ci n'a pas eu le même destin qu'un Aristochrate ou d'un Tempuras, films romantico-sociétal bien moins captivants, pour pas dire envoutant. Mais je suis persuadé, une fois tout le talant du réalisateur reconnu à l'international, que "Suis-moi, je te fuis / Fuis-moi, je te suis" va devenir un film culte, à étudier en école de cinéma.
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Un effet inattendu
Et voilà enfin ma chronique du dernier Opus de la série Satsujin Bunsekihan sortie en 2019. Si je suis revenue à visionner, 3 ans après, la saga complète du très bon romancier Kazushi Asami initié par Ishi no Mayu, c'est suite à l'annonce d'un spin-off (encore un) mettant en scène le Detective Hideaki Takano pour 2022. On reprend donc les mêmes (Doremi mis à part) et on recommence avec les recettes qui ont fait le succès, sans prendre tout à fait les mêmes ingrédients. Mais ses changements vont-ils vraiment dans le bon sens ?Kisaragi Toko jouée depuis 2014 par Kimura Fumino reste le personnage principal de cette saison. Mais passée la joie de revoir notre ancienne Rookie et la surprise de sa nouvelle coupe de cheveu, lui donna encore 10 ans de moins, son jeu va vite énerver le fan de la saga. Voulu ou pas, son attitude affichée à l'écran est censée représenter une cheffe affirmée de l'équipe spéciale d'analyse criminelle, sûre d'elle et se maîtrisant. Tout le contraire de l'humanité et de la fragilité dont elle faisait preuve durant les deux premières saisons. Quelques absurdités et lourdeurs en plus de ce nouveau caractère qu'ont lui attribué auteur et scénariste vont tout de suite faire tiquer le fan assidu. Toujours, la seule femme faisant partie de cette équipe d'élite, même si les hommes se mettent au garde à vous dès qu'elle prend la parole dans cette salle de réunion qui ne ressemble (enfin) plus à une salle de classe. Peut-être pour accentuer le fait que c'est Kisaragi qui commande maintenant, menant à la baguette ses mâles incompétents et stupides (j'exagère à peine). Plus de face à face avec les chefs dans cette nouvelle configuration, qui semblent en plus tous ramollis en quatre ans. L'âge peut être. C'est Kisaragi le vrai mec de la série à présent, poussant le cliché de la femme forte et ultra-compétente à l'extrême inverse du cliché de la femme soumise et peu sûre d'elle de la première saison. Même Aoki Munetaka son partenaire de toujours, parait en retrait et irrité par elle. Alors oui tout cela fait partie du jeu et la mutation prochaine du détective plane sur la saison et mets les nerfs de Kisaragi à dur épreuve. Mais celle du specteur aussi, pour de mauvaises raisons et tout du moins pour les deux premiers épisodes, car…
La série retrouve vraiment son intérêt à partir de la moitié du 2e, justement, où des explications salvatrices sont données sur tous ses changements de comportements. Le couvercle soulevé, la pression étant relâchée, on peut enfin mieux profiter de ce thriller toujours aussi bien réalisé. Tournée avec les dernières technologies et les caméras mettant en avant des couleurs dans les tons rouges ou bleus, relevant l'intérêt visuel au-delà des sympathiques vu aériennes dronesques. Une des marques visuelles de la série. On suivra donc avec beaucoup plus d'intérêt, la série dès fin du 2e épisode, tournant la page de la déception, de l'incompréhension scénaristique, comme cette mutation inévitable de notre Shunin adoré ou capillaire, pourtant évitable.
Toujours accompagné de la BO originale qui en cinq ans (et même huit maintenant) qui reste, je n'arrête pas de le dire, une des meilleurs des dramas japonais, l'histoire est rondement écrite, bien mieux que la deuxième saison, d'ailleurs. Elle fait la part belle à des révélations sur la vie de Takano Shunin, tout en le matant très en retrait. Elle montre également comment murir et prendre du galon, peut changer la personnalité de certain. Mais chasser le naturel, il revient au galop. On n'échappera, pas dans cette saison aussi, à ce paternalisme que fait preuve les hommes mûrs lorsqu'il parle et donne donc des conseils à Kisaragi, reléguant, malgré tous les lourds efforts scénaristiques, la femme au rang d'éternelle apprenante des hommes. Toujours seules dans la section, il est tant d'ouvrir celle-ci à plus de femmes, surtout en responsabilité, d'ailleurs. La vie privée de Kisaragi est totalement oubliée. Et pour cause, dévouée corps et âme à son travail, un simple diner avec sa mère ouvre la saison et ferme de la même toute vie normale durant les six épisodes de celle-ci. La rendant encore plus froide, mécanique, comme cette mécanique de "l'effet papillon" dont un simple battement d'aile va changer le cours des événements. On est pris par ses événements qui s'enchainent à un rythme effréné, un nouveau Serial Killer nous tenant en halène, et cela, sans reprendre toutes les ficelles des deux premières saisons. L'équipe d'enquête criminelle n'a pas bougé d'un pouce et est bien mise en avant ici. On s'est attaché à chaque personnage, à leur personnalité et cette "ambiance de départ" pour certains d'eux donne un petit pincement au cœur inattendu au vu de la classification dans le roman noir, voir glauque de la série.
La classe est à son maximum pour l'équipe dans cette saison. On adore voir nos deux partenaires en gilet par balle, tenir lampe torche et flingue dans les pièces sombres, accompagnés des thèmes musicaux très fort, encore plus quand on sait que c'est la dernière fois. Le suspense est toujours à son comble dans ses longs moments faisant partie de la marque de fabrique de la série. Aucune lassitude, donc, malgré les grosses ficelles utilisées. Peut-être par des rebondissements scénaristiques sans fin ou peut-être par le temps d'attente entre chaque saison. Trois ans, à chaque fois maintenant, ce qui permet de reprendre de l'air avant de replonger dans le côté sombre de la société japonaise, pourtant si colorée, en surface…, de rouge et de bleu.
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Le sourire du diable
3e opus de la série Satsujin Bunsekihan, initiée par Ishi no Mayu, Aku no Hado n'aurait dû être qu'un spin-off censé nous faire patienter en attendant le véritable retour de nos héros. Et pourtant, c'est à mon sens l'une des saisons les plus réussies de la série. Diffusée quelques semaines avant Chou no Rikigaku, annoncée comme le point final de la trilogie, ce court apéritif n'a de premier abord que des défauts pour le fan et pourtant…
Exit, Kimura Fumino, Aoki Munetaka et la section d'analyse criminelle de Tokyo. L'histoire se concentre uniquement sur la genèse de Doremi, le personnage central de Ishi no Mayu. Entouré d'acteur totalement nouveau pour la saga, les faits se passent un an avant ceux de la première saison. On pourra donc visionner ce court spin-off de 5 épisodes de 25 minutes même sans connaitre le reste de l'histoire ou y montrer de l'intérêt. Mais dans le cas contraire, évitez de commencer par celui-ci, ça serait gâcher.
Sans connaitre une page des excellents romans de Asami Kazufumi dont est tirée toute la saga, vous serez légèrement perdu au début par cette ambiance noir et ce personnage so(m)brement interprété par Furukawa Yuki. Les amateurs de dramas planplans, mais néanmoins de qualités, seront surpris par l'interprétation de celui qui reste l'éternel Naoki-kun de Itazura na Kiss. Si vous le suivez régulièrement dans ses dramas, où il joue trop souvent le beau lycéen, collègue ou patron ténébreux, ce drama sera vous étonner par le registre qu'il emprunte. Tour à tour flippant ou touchant, vous aurez l'irrésistible envie de le fuir ou de le prendre dans vos bras. Les évènements dramatiques de ce thriller non rien à envier au reste de la série et rajoute clairement encore une couche de noirceur à l'ensemble de celle-ci.
J'ai toujours pensé que son personnage était sous exploité, notamment dans la 2e saison. A priori, les scénaristes, le romancier et certainement les fans étaient du même avis. Ce qui aurait dû n'être qu'un apéro en attendant les mets principaux de la 3e saison, a, à mon sens, largement dépassé certaines saisons. En tout cas, par rapport à la saison 2, on est un cran au-dessus. Changement de réalisateur, peut-être d'acteurs, aussi, mais heureusement pas de la bande son. On retrouve avec plaisir celle que je considère comme une des meilleures BO du petit écran. Entendre ses thèmes depuis 2015 ne sont pas qu'une Madelaine de Proust, mais bien un moment fort de la série.
Impossible de voir le temps passer, tant la qualité de la série vous saute au visage, probablement envisagée, au départ, comme un film de 1 h 30. Sûrement, devait-il être diffusé en un one shot et en prime, à quelques jours du lancement de la 3e saison. Les producteurs ne se sont pas trompés et l'ont découpé en cinq épisodes, comme le veut la tradition de la saga, pour faire durée le plaisir et la machine publicitaire, évidement. Du coup, le visionnage passe très vite et pourtant il y a tant à dire. Les sentiments sont exacerbés. Surtout que notre héros trouve en l'actrice Sumire, l'autre point fort de la série, une sorte de miroir de son âme, on ne peut plus tourmentée. Lui renvoyant à travers ses propres fantômes, son passé et sa vie misérable. Toujours très bonne actrice, mais malheureusement pas assez présente dans les dramas, elle t'enterra de sauver Furukawa Yuki, à moins que cela ne soit le contraire. Bien sûr, si on a vu la première saison, on se doute bien de la fin de celle-ci, mais des surprises vous attendent, quand même, et vous tiendront en haleine.
Avec une ribambelle de personnages cassés par la vie, la série dépeint une fois de plus un Japon d'une noirceur sans égale. Une société qui broie ses citoyens et les transforme en âmes damnées. Un Japon loin de celui de Itazura na kiss, loin de ces cafés dans lesquels on vous en sert, décorés du petit dessin en surface et accompagnés du sourire du jeune serveur à la frange trop longue.
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Tic, Tac, Boom !
Difficile de chroniquer cette deuxième saison de Ishi no Mayu, sans spoiler la 1ʳᵉ, mais je vais faire de mon mieux, pour ne pas faire de vague. Tout comme notre héroïne, Kisaragi Toko, qui doit toujours et encore, un an après l'affaire Toremi, faire ses preuves en tant qu'enquêtrice. À la fois Jeune et Femme, elle cumule les "handicaps", selon les normes japonaises. Celles-ci sont encore plus mises en avant et cela dès les premières minutes de ses 5 nouveaux épisodes. Une insistance lourde qui avec d'autres clins d'œil appuyés à la 1ʳᵉ saison joueront en la défaveur d'une production trop scolaire, à la limite du copier-coller.Dès les 1res images, un inconnu, bouche grande ouverte, reçoit de la peinture rouge dans son gosier. Cette référence trop maladroite et insistante donne l'effet contraire voulu. Un rire nerveux, plutôt qu'un dégout. Certes, il est normal de revoir de manière martiale la division d'enquête criminelle se réunir en cellule de crise, dans cette pièce façon, classe de lycée. C'est ce qui a fait en partie la force des premiers épisodes. Faire participer le spectateur à la réflexion collective en donnant le résumé des découvertes. Puis, de manière moins formelle, participer aux réunions casse-croute de la petite équipe d'enquêteur, nous intégrant complètement à la classe... pardon l'équipe. Des réunions ressemblant à des interrogations orales, des supérieurs à des "professeurs". Tout cela n'a finalement, rien d'étonnant, car toute grande entreprise reproduit les schémas scolaires, au Japon, à moins que cela soit le contraire. La Fonction Publique encore plus, rappelant à quel point la société japonaise met en avant le culte du respect de l'autorité. Mais tout ce formalisme surjoué retire le réalisme et la tension qu'on pouvait attendre de cette série. Si on rajoute à cela une guerre des polices trop convenue pour le genre, on comprend que cette saison est loin d'arriver à la hauteur de la première. Perte de l'effet Waouh, surement.
Bien sûr, et heureusement, Toremi et ses actes passés parsèment en filigrane la saison. Son ombre plane sur chaque épisode. Les traumatismes, nombreux, pour notre héroïne, sont très présents. Jusqu'à donner l'impression d'en faire trop. Toko se trouve une nouvelle passion pour le tic tac de la montre de son père que je suppose être à quartz, vu le titre, alors même qu'aucune référence ne faisait allusion à ce bruit si réconfortant avant. Ce nouveau Tic (tac) sonne faux, puisqu'en même temps, celui des bombes ne cessent de l'angoisser, et pour cause. Passé ces détails, car finalement ce ne sont que des détails, on ne peut qu'être en joie de revoir nos personnages préférés. Certes, à la marge, certains ont été changés, mais le trio Kimura Fumino, Aoki Munetaka et Furukawa Yuki est bien présent. Même si les deux derniers sont très en retraits par rapport à notre héroïne. Du fait du programme d'intégration de la gent féminine dans la police, peut-être. Mais patience, messieurs, vous aurez bientôt votre revanche (comprendre Spin-off)
Le problème des flashbacks n'est toujours pas réglé dans cette saison. Cette maladresse dans les émotions, ce jeu d'acteur et ces couleurs sépias continuent à trancher avec la qualité scénaristique, de mise en scène et de jeu d'acteur de la série en général. Évidemment, les bombes restent le fil conducteur des 5 épisodes, mais de là à revoir systématiquement l'explosion de la 1ʳᵉ saison (et ses effets spéciaux limites, limites), on commence à croire qu'on nous pense trop con pour comprendre. Une fois de plus, l'écrivain Asami Kazufumi, dépeint, à travers son thriller, une société japonaise bien noire. Le spectre des attentats du début des années 2000 n'est jamais bien loin et rappel à quel point le japon est une société policée et surveillée, embarquant des caméras jusque dans les voitures individuelles et plébiscitant toujours la peine de mort. Pourtant, dans la série comme dans la vie réelle, tout cela n'empêchent ni le terrorisme ni la naissance de Serial Killer. Nous rappelant à quel point notre apparente protection n'est qu'un cristal prêt à se briser.
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Un thriller (presque) parfait
Alors que je ne pensais plus jamais entendre parler du détective Takano Hideaki (Aoki Munetaka), voilà qu'il revient en ce début 2022 dans un nouveau spin-off à la trilogie Satsujin Bunsekihan, initiée par Ishi no Mayu. Le très inspiré par l'Égypte, Jashin no Tenbin Koan Bunseki Han, dont il est cette fois-ci le personnage principal. Avant de-ci attaquer, il est temps de se replonger dans un des monuments du thriller policier Japonais des années 2010-2020 qui a donné trois séries et deux spin-offs à chaine WOWOW.Le postulat de base est classique (trop ?). Une jeune rookie, Kimura Fumino débute dans la police criminelle après de brillantes études. Son passé a aiguisé son sens de la justice, mais pas facile de s'imposer quand on est une jeune femme dans ce milieu d'hommes. Si les clichés sont nombreux, surtout au début, ils sont, ne nous en cachons pas, encore bien présents dans cette société patriarcale et l'excellent jeu des acteurs hommes ne sonne pas faux face à cette misogynie larvée ou affichée. Même son partenaire Aoki Munetaka, pourtant bienveillant et s'attachant à sa jeune collègue, reste maladroit quand il s'agit de vouloir protéger cette "faible femme".
Heureusement, si on peut dire, les évènements vont rapidement l'obliger à gagner en maturité. Tout en apprenant, pour Aoki Munetaka, l'importance des liens entre partenaires, devenant pour elle un mentor, un père, un ami…, et pour lui la clé pour obtenir une sorte de rédemption. Ses deux acteurs transportent la série de cinq épisodes, mais ils ne sont pas seuls. L'équipe de section criminelle, qui sera récurrente tout au long de la trilogie, a une place de choix dans le scénario et les supérieurs également. Les vieux de la vielle, comme Watanabe Ikkei, sont très bons et ne se contentent pas de faire les gentils papys avec notre héroïne. Chaque personnage va se libérer progressivement de son cocon, faisant écho avec le titre plus que le thème.
Mais c'est bien sûr le 3e personnage principal qui donne tout le sel à ce premier volet. Ce Toremi, qui n'apparaîtra que bien tard, mais qui sera présent dès les premières minutes. L'ombre de Seven, Du silence des agneaux et autres thrillers à l'américaine plane sur cette série. Le serial killer dont on entend uniquement la voix déformée une longue partie de l'histoire, se joue clairement de la police japonaise. Comme si elle avait besoin de ça. Le thème principal, rappelé dans le titre, éveille la curiosité. Les cocons de pierre rappelant sciemment les ensevelis de Pompéi est une référence historique qui reste malheureusement sous-exploitée. Même si la mise en scène, joue l'écœurement ou le gore. Non, ne cherchez pas un référencement historique pointilleux dans cette série, avec professeur d'université en side kicks, mais plutôt une plongée dans la vie chaotique de ses policiers dont seul le bon accomplissement de la mission compte. Une mise en parenthèses de leur vie sociale, extrêmement bien menée par la réalisation.
D'une noirceur dérangeante, d'un suspense haletant, impossible d'en dire plus pour donner envie de regarder cette première saison, si ce n'est que la musique est en adéquation extrême avec le thème. Des thèmes musicaux, justement, qui vous marqueront pour longtemps, mais pas que. Le cadrage, les moments de tension, tout est pro et léché. Le cinéma n'est pas loin, s'il n'y avait ses petites maladresses propres aux dramas japonais.
Il faut bien en parler, vu le gâchis que cela représente du point de vue de l'ambiance qu'il a été si difficile à mettre en place. Je parle des flashbacks bien sûr, qui ne sont pas du tout à la hauteur du reste de la réalisation. Les couleurs sépias ne suffisent pas toujours à créer de l'émotion et ce n'est pas le jeu de Nakamura Toru, qui dans une comédie s'en sort toujours haut la main, mais là, il est complètement à côté de la plaque. Une petite fausse note qui agace, mais qui ne gâche en rien le talent de mise en scène et d'acting du reste de la série. Une série noire, qui oblige une fois de plus le Japon à se regarder dans le miroir. Une thématique intéressante, mais sous exploitée, et surtout des acteurs qui donnent le meilleur d'eux même, se libérant du cocon formaté des séries de détectives à la japonaise, pour vraiment embrasser un style plus occidental et sombre.
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X-files ou Cold Case, ... aucun des deux malheureusement
Voilà un film Netflix que l'on regarde pour le casting et non pour l'histoire. D'ailleurs l'affiche est peu explicite et ne révèle que les belles gueules des protagonistes, Nakagawa Taishi et Kitamura Takumi, en tête. Que leurs visages, donc. Comme si une nouvelle fois la présence du chanteur de DISH// devait suffire à faire un bon film. Une promesse de divertissement que les producteurs auront du mal à tenir. D'autant plus qu'il y a tromperie sur la marchandise, car il ne fait que de courtes apparitions.La déception est grande quand on connaît le pouvoir comique de ses deux acteurs et Nakagawa Taishi qui est pourtant le "Héros" du film, semble complètement bridé par un scénario plat et une mise en scène trop académique. Après avoir coché les cases School Life / Ijime pour planter le décor, le gros de l'intrigue tourne une fois de plus autour d'un fils unique élevé seul par sa mère courage. Rien de nouveau, également, dans le fait qu'il soit rempli de colère contre l'horrible harcèlement que subit l'encore peu connue Ishii Anna (mais plus pour longtemps vu son rôle dans le "chef-d'œuvre" Girls Gun Lady...). On se prend alors à rêver à un adolescent rendu fou par cette injustice et violence gratuite, à des situations plus tordues les unes des autres. Cette obsession du "Héros" à la japonaise aurait pu être très second degré dans ce film, vu le casting. Les maladresses de nos deux protagonistes ont pourtant fait les beaux jours de nombreux dramas.
Mais tout au contraire, l'ambiance est plombée par un sérieux, qui abime du coup l'histoire. Non pas que certaines révélations ne soient pas chargées en émotions, mais elles semblent manquer de crédibilité. Le lac, les rencontres fortuites… Les scènettes, en général, sont du "vu et revu" mais je n'en dévoilerai pas plus, car les surprises sont peu nombreuses. Même si, une fois n'est pas coutume, le film se rattrape sur la fin, grâce aux émotions procurées par des images et un contexte fort. Mais il faudra attendre les toutes dernières minutes pour se dire que ce film vaut une critique et sur 2 h 00, c'est un peu chiche. Surtout que vous avez subi la lecture de celle-ci jusqu'à cette phrase. Mais terminez quand même cette lecture, s'il vous plait, car…
Malgré tout ses aspects, on ne peut plus classique, vous passerez sans nul doute un bon moment. Vous voudrez souvent arrêter le visionnage, mais l'envie d'en savoir plus sera trop fort, puisque certains mystères réclameront être résolus, malgré tout. Les UFO sont une excellente idée, mais, à mon sens, sous exploitée. Nul doute que le manga original doit bien mieux l'amener. On reste donc sur notre fin, jusqu'à la fin. Mais celle-ci aura mérité cette attente puisqu'elle rattrape tout le reste. De ce fait, n'abandonne pas trop vite comme le dit si bien notre héros. Dresse-toi contre les obstacles, persévère et tu verras que tout s'améliorera. Même ce film.
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La revanche des adaptations en live
Voilà un film coup de poing pour rendre hommage à un manga, on ne peut plus populaire, mais pour ma part, surévalué. J'avoue avoir regardé l'annonce de l'adaptation en live action un peu de haut, vu le peu d'intérêt que le premier épisode en anime a suscité chez moi. Cette énième histoire de voyage dans le temps, et en particulier ses retours incessants à l'adolescence commence à me laisser froid. Si on rajoute à cela des graphismes ou une animation sans éclats, (GTO où es-tu ? J'y reviendrai) et un scénario sans subtilité, avec des retours dans le temps, comme ça, juste avec des poignées de mains, j'accroche vraiment peu. Même pas un petit convecteur temporel ou des lettres qui font le voyage plutôt que les humains. Et surtout une banale histoire pour sauver sa bien aimée. Ok, ce n'est pas sa mère morte ou son père emprisonné, mais justement, on n'est pas loin du preux chevalier qui va sauver sa princesse. Un loser sans charisme, qui comme dans tout (bon/mauvais) shōnen, gagnera en skill le long des chapitres. Non, seul l'Opening Cry Baby, des Official Hige Dandism avait attiré mon attention sur cet œuvre et était là raison de visionner le 1er épisode de l'animé et pas les autres donc... et pourtant.Alors pourquoi m'infliger le live action alors qu'il est de coutume pour un occidental de considérer celui-ci raté et ridicule, avant même de l'avoir vu ? Parce que c'est une "Putain de réussite de bon film d'action", tout simplement. Un popcorn movie qui remplie à 100% son rôle d'exutoire de votre violence trop contenu depuis deux ans. Il faut dire que la production a mis le paquet : le budget maquillage a explosé tant l'hémoglobine dégouline de ses combats entre Bosozoku qu'on croyait disparu depuis GTO. Les boites de sparadrap sont ouvertes par caisse et les coupes de cheveux nécessitent un ratio laque/coloration égale par fûts entiers. Honnêtement, c'est vraiment les costumes et le maquillage qui est la grande réussite de ce revival des mangas/animes/dramas/movies de Bosozoku des années 80/90. Mais alors pourquoi avoir placé l'histoire principale en 2010 ? Ok, nos adolescents héros sont has been à mort. Mais finalement pas tant que ça, au vu des clans encore actifs qui finiront par nourrir la pègre japonaise, 10 ans plus tard. C'est bien cet anachronisme qui choque le plus. Plus que l'improbabilité scientifique et scénaristique qui en découle. Les scènes de cascades à part quelques exagérations de défenestration sont plutôt réalistes et les acteurs crédibles, malgré évidement des doublures. Mais ça passe et si vous cherchez réellement un film ou ça tape, vous serez agréablement surpris. Les côtes brisées durant un combat ne les arrêteront pas, ce qui laisse présagez des fight scènes longues et intenses, de la chorégraphie avec des longs manteaux qui volent au ralenti et des cheveux longs et blonds qui flottent dans le vent.
Et de la blondeur, vous en aurez. C'est aussi un des points qui m'a gêné dans le manga. Les ados ayant tous des gueules d'anges alors qu'ils se destinent à être des Yakuzas. Dessins trop enfantins pour l'œuvre originale, à l'annonce des acteurs principaux pour le film, je n'étais pas plus rassuré. Mais clairement curieux de voir le chanteur (et acteur de drama) romantique Kitamura Takumi en chef de gang. C'est vrai que Dish est plutôt connu pour ses musiques pop sucrées, Kitamura pour sa voix androgyne et ses seconds rôles de loser romantique plutôt que de loser des free fight. Je ne doutais pas que Yamada Yuki ferait un excellent Draken tant par le physique, le charisme, le jeu, le regard que par l'accent des bas-fonds et bien sûr, il ne m'a pas déçu, mais Takumi Chan, quand même. Mais finalement, le choix se révèle judicieux et Kitamura m'impressionne une fois de plus par son talent. Bien qu'il traine blessures, pansements et taches de sang durant 90% du film, il est juste à chaque scène. Jamais grotesque dans ses cris, son impuissance ou même ses prises de coup de sang nécessaires à tout shōnen. Un réalisme bien venu que l'on retrouve chez Yamada Yuki et qui tranche avec le personnage de Mikey bien trop bipolaire pour le rendre crédible. Non pas que Yoshizawa Ryo joue mal, mais cette gentillesse, combinée à cette violence, n'est pas crédible du tout. Encore moins face à la gent féminine. Si le retour dans le passé est de 10 ans sur le papier, certaines attitudes face au sexe "faible" (et là, je le fais exprès) sont à chercher du côté de l'age de pierre. Les limites de l'adaptation de personnage de manga en vrai. Comme cet étrange binoclard de service qui remonte ses lunettes au ralenti pour montrer à quel point il est manipulateur. À peine croisé dans le film, j'imagine qu'il prend une autre importance dans l'histoire originale, comme le frère de l'héroïne qui transpire le mec louche ou la sous-exploitation à l'écran des personnages féminins, relégué en faire valoir des mecs. Imada Mio hérite encore d'un second rôle de support du héros et je rêverai qu'elle prenne de l'épaisseur dans une suite pour donner tout son talent et quelques nions à ses machos. Résumé en deux heures, tout n'est surement pas dit dans le film et je me doute bien vu le succès de celui-ci que suite il y aura, car on est vraiment sur notre fin au générique. Ce qui évidement nous obligera à nous plonger dans l'anime/manga, pour en savoir plus. La revanche de mes premiers amours d'il y a 10 ans (ok plutôt 30), sur une trop grande passion actuelle des live action, en quelque sorte.
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Associate Professor Akira Takatsuki's Inference
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Sensei formidable VS élève fort minable
Le folklore japonais est une de mes grandes passions et un drama portant sur la chose ne pouvait que réveiller en moi ce détective qui se cache en chacun de nous. Sans ce thème principal, je n'aurais certainement jamais prêté attention à ce célèbre professeur agrégé de littérature ... de seulement 20 ans. Spécialisé dans les légendes anciennes et donc forcément, par ruissellement, urbaines, c'est la seule lumière qui a guidé mon choix de visionnage. Très marqué "bromance btw", voir "boyz love" je n'étais, ou en tout cas j'essayais de m'en convaincre, clairement pas la cible.Le friendship entre ces deux jeunes protagonistes de vingt ans ne réveille pas en moi grand-chose, vu que j'en ai déjà le double et il mettra certainement quelques esprits étroits, mal à l'aise. Bien plus encore que le pronom iel dans le Petit Robert. Mais c'est oublier à qui s'adresse vraiment ce genre de Novels/Mangas. L'adaptation en drama, renforçant des traits, passant certainement de manière plus anodine en roman. Passons l'incohérence de l'âge des protagonistes, même si une grande différence d'âge aurait été bien plus dérangeante, surtout en terme d'abus de pouvoir, voir, de harcèlement sexuel, pour se focaliser sur deux personnalités très classiques dans les dramas d'enquêtes. Le professeur excentrique et le .... ( flic, étudiant, journaliste, ... cochez la bonne case) coincé et torturé.
Inoo Kei, clairement choisi pour sa gueule d'ange, quasi-poupon peine à me convaincre avec sa moue surjouée. La jalousie, diront certains, mais durant toute la première saison, je le voyais toujours comme un membre des Hey Say Jump et pas comme un grand prof reconnu. La cour d'étudiantes toujours amassée autour de lui, son côté bien trop familier, la aussi, à la limite de la légalité, fait penser continuellement à un phantasme d'étudiant.e de 15 ans plutôt qu'à un vrai universitaire. Alors que Jinguji Yuta qui dans son beau costume habituel de King & Prince se doit habituellement d'être un fantasme de jeune mal ou femelle ou non-binaire (je ne sais plus, je suis surement trop vieux) réussit parfaitement à faire oublier son côté Jonny's. Renfermé, torturé, écrasé sous le poids d'un pouvoir qui l'empêche de s'ouvrir aux autres.
Et c'est là que cette adaptation de Manga devient intéressante. Loin d'avoir ce côté too much d'un pouvoir de l'ADN, d'une intuition, ou d'un QI de 300, le pouvoir de repérer les mensonges est vécu par Jinguji Yuta comme une malédiction. Un fardeau qui l'empêche de créer des liens d'amitiés, et d'amour jusqu'à ne plus pouvoir communiquer avec sa propre famille. Imaginez avoir votre maman au téléphone vous disant tu me manques et vous, repérant dans l'instant même que c'est un mensonge. Horrible !
Très documenté, avec des images et des reconstitutions très réalistes, on apprend plein de chose dans ce Mysteri Drama finalement très bien produit. On a réellement l'impression d'assister à des cours sur le folklore japonais. Un rêve sans doute de redevenir étudiant et d'être pris en mains par un tel mentor. Passer du temps dans son bureau, partager un chocolat guimauve, se faire chouchouter, ... en gardant la porte ouverte et avec une assistante dans le bureau, évidement. Dommage en tout cas dans cette saison que ce rôle féminin semblent volontairement mis en retrait. Voir un peu joué de manière grotesque, sachant que Okada Yui est capable de bien mieux comme dans Edo moiselle. Mais il ne faudrait pas qu'elle prenne le dessus sur les deux stars de la série. Une mise en abyme montre justement son ressentiment face parfois à cette mise à l'écart. Dommage son excentricité de base aurait pu vraiment être un atout supplémentaire.
La musique colle parfaitement à l'ambiance mystique et je ne parle pas des Endings chantés par les protagonistes (même si l'intro vise juste). Mais du BGM rendant hommage aux séries d'enquêtes anglaises à succès ou aux films d'inspiration magique à la Harry Poter. Mais qui se transformant en musique flippante faisant monter une tension horrifique digne des meilleurs John Carpenter. Car c'est la force de cette série, ce va et vient entre Detective Conan et le drama horrifique du samedi soir. Certains diront qu'on n'est pas loin de Scoobidoo, car des explications rationnelles viennent souvent (toujours ?) en dénouement et on n'échappera pas au rassemblement par le Sensei, de tous les protagonistes dans un même lieu. Il nous expliquera tout son raisonnement avant de démasquer enfin le coupable, quelle surprise, me direz-vous. Ce n'est malheureusement pas un Spoil, mais les règles d'un genre, toujours trop codifié par les Japonais.
Heureusement plusieurs fils rouges "mystérieux" vous feront tenir en haleine jusqu'à la fin de la saison. Pourquoi ses yeux bleus ? Quelles sont les vrais sentiments des parents de Jinguji Yuta. Qui sont ses personnages qui gravitent autour du Sensei ? Pourquoi cache-t-il son passé ? Des questionnements nombreux et bien amenés (comprendre pas lourdement et insistant, comme c'est bien trop souvent le cas) qui redonne continuellement de l'intérêt à cette saison 1. Une vraie envie de repousser une deuxième fois la porte du bureau du Sensei, malgré les avertissements et son visage bien trop proche du votre assis sur ce petit canapé victorien.
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Souviens-toi de moi !
Autant être honnête dès le 15e mot de cette Review. Cet article est aussi inutile, voir ennuyant que ce film l'est. Si vous avez le courage de le lire jusqu'au bout malgré les dits et les redits déjà dits dans la Review de la saison 1 et certainement prochainement dans celle de la saison 2, vu l'attachement que j'ai à cette série, vous comprendrez à quel point le fan service peut avoir ses limites.Diffusé l'été 2019 à la FujiTV, C'était largement trop tôt, après la fin de la première saison, pour vraiment me séduire. Car on a affaire ici, à un récapitulatif des 11 premiers épisodes, par des flashbacks qui tournent à l'écœurement vu le nombre. On dépasse largement la moitié du temps en images vues et revues, vu que les flashbacks sont déjà présents dans chaque épisode, de base... Sous couvert, donc, d'un 12e épisode faisant suite directement aux événements du 11e (ça ce passe quelques heures après), on sent bien qu'il y a des visées purement mercantiles devant cette soirée spéciale qui a dû durer, avec la pub, bien deux heures à la TV. Si on est flatté par le potentiel marketing de notre série préférée, traduction de son succès, on ne peut qu'avoir un gout amer et penser à un beau gâchis.
Alors, oui, il est utile avant de commencer une nouvelle saison de réviser l'ancienne et ce Spécial le fait parfaitement avec le rappel du déroulement de chaque ancien épisode où la personnalité de chaque personnage et son parcours est bien présenté. Mais après avoir fait le bon choix et revu la 1ere saison en binch watching, ce film ne servira que de somnifères pour enfin dormir après 4h de visionnage. Car oui, je me suis endormie devant ma série préférée. J'ai honte, alors qu'il y avait pourtant des point positifs.
Le retour d'anciens personnages et l'arrivée de nouveaux qui risquent bien d'être récurrents dans la nouvelle saison. Ce générique de fin, qui nous fait danser avec cette joyeuse bande, au point que j'ai envie de passer mon diplôme de technicien en radio, pour en faire partie. Ces deux petites histoires qui se déroulent en parallèle et font office d'épisode 12, qui manquait tellement. Le fait de pouvoir se remettre en mémoire 11 épisodes en 1h30 juste avant la 2e saison (mais les vrais ne font pas ça). Et enfin la musique, avec certes des images vues, vues et revues, mais un arrangement de Remember Me des Man with a Mission de plus de 10 min façon piano/violon qui me donne envie après d'apprendre le "break dance du radiologue" de prendre des cours de musique classique au conservatoire.
Mais finalement, pour le fan, ce Special est totalement dispensable, et donc totalement indispensable puisque la collectionnite aiguë est le cœur de la notion de Fan. Un mystère reste entier pour moi, pourquoi la saison 2 est-elle diffusée 2 ans après ce spécial. Y aurait-il eu un problème avec les lieux de tournages. Le monde de la santé n'a pourtant pas été débordé ses dernières années. OK, je sors, je pars, je m'exile, je retourne aux États-Unis me parfaire en blagues de mauvais goûts. Mais je reviendrai, c'est une promesse ...
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Bienvenue chez moi !
En terme d'hospitalité, on peut dire que la France a pris son temps pour accueillir dignement le (un des ?) premier long métrage de Fukuda Koji. Réalisateur prolifique, qui dépeint souvent les travers de la société japonaise, a mis du temps à convaincre les distributeurs hexagonaux jusqu'à la sortie d'Harmonium en 2016. Et voilà que 10 ans après la sortie japonaise et sa présentation à différents festivals, Hospitalité (歓待 Kantai) peut enfin passer le pas du genkan français. Portons-lui une tasse de thé et discutons ensemble quelques minutes. Mais pas trop, car comme beaucoup d'œuvres (erreurs ?) de jeunesse, une petite honte envahissante nous poussera à s'en débarrasser rapidement.Un des points positifs, est que 10 ans après, la réalisation n'as pas vraiment vieillie. Fukuda maitrisait déjà les sous-entendus, le cadrage et la direction des acteurs. Son rythme particulier qui fait monter la tension en partant de longues séquences du quotidien était déjà là. Ses bons choix d'acteurs aussi. Avec Kenji Yamauchi en patron complètement à la ramasse et Kumi Hyōdō en sœur exubérante, mais c'est évidement le choix du Bruno Solo nippon (si, si observez bien les deux) qu'est Kanji Furutachi, choix repris pour Harmonium d'ailleurs, qui touche le plus au but. Furutachi est à nouveau excellent dans son rôle de squatteur. Presque 10 ans avant Parasite, Fukuda a su montrer à quel point il est facile de tromper la confiance de personnes vous ouvrant votre porte... ou pas, d'ailleurs. Car jusqu'à la dernière minute, impossible de savoir qu'elle est vraiment le but et la véritable personnalité de Fukuda. Débonnaire et inquiétant dans la même scène parfois.
Seule, la magnifique, et trop discrète sur les écrans, et pour cause, Sugino Kiki capte l'attention du spectateur autant que Fukuda. Mais c'est pour connaitre ses secrets qui, malheureusement, ne seront pas tous révélés. Discrète à l'écran en général vu ses activités de productrice, réalisatrice et écrivain, mais surtout dans ce film, où elle reste en retrait des événements, dans sa pièce à vivre avec vue sur l'atelier. Spectatrice en face de nous, spectateurs, des événements sur lequel elle n'a pas de contrôle... ou elle ne veut pas prendre le contrôle, se retrouvant face à un miroir de sa propre vie. Et c'est là qu'on aurait attendu plus de détails.
Un film qui laisse donc sur sa fin, avec une fin justement qui était pourtant amenée comme il se doit. La montée en puissance était là. Mais un dénouement trop évident, tranche avec la surprise qu'à su injecter Fukuda dans des films comme l'Infirmière. Petite déception, donc... Reste cette peinture de la société nippone, qui ne choquera plus que quelques spectateurs, tant la mondialisation de ses 50 dernières années a su diluer les réflexes protectionnistes des communautés (de quartier, ethnique, nationale, mondiale, ...). La xénophobie est partout et nul part en même temps. Ne parlons même pas de la France, qui se revendique multiculturelle et vote régulièrement à l'extrême droite et cela n'a rien arrangé de subir une pandémie mondiale.
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