L'homme de la Mer (trop facile)
Bâtir une série sur la notoriété d'un seul acteur est compliqué et casse-gueule, mais quand il s'agit de Saito Takumi, on prend peu de risques. À part celui de ne pas avoir les créneaux pour les prises de vue, tant il est multi-talents et donc ultra-booké. Acteur, réalisateur, photographe, chanteur, ... et évidement beau gosse. C'est s'en doute pour ce dernier point qu'il prend le premier rôle tant son sexappeal est mis en avant dans la série ou pour en faire la promotion. Ce n'est pourtant pas ce qui fait le sel de ce drama, même si les premières images le montrent recouvert uniquement de ce condiment.Fort d'un scénario en béton ce mysterie-drama vous tiendra en haleine tout l'été. Pouvoirs paranormaux, secte, serial killer, espionnage, duo de flics : vieux brisgard/rookie, jeune journaliste cachant un lourd passé, trio d'ados déjantées biberonnées aux réseaux sociaux, romance et même un peu de gore. N'en jetez plus Hyochakusha réunit en lui seul tous les éléments qui font une bonne série. Mais avec tant de plats aussi succulents qu'ils soient, ne risquons-nous pas l'indigestion ?
Grâce à une pléthore d'acteurs au top, on est pourtant pas prêt d'avoir des renvois. À commencer par Nomaguchi Tohru en gourou flippant à souhait.
Namase Katsuhisa, affichant 60 ans au compteur, est encore en forme pour poursuivre le serial killer et montre un style très flic/voyoux à l'américaine. Si l'inspecteur Harry est clairement son modèle, Jodie Foster du Silence des Agneaux est l'inspiration majeure pour l'ex Nogizaka 46, Shiraishi Mai, qui malheureusement, peine, à mon sens, à convaincre. Ce rôle pourrait être un accélérateur de carrière, mais elle reste bien lisse face aux autres acteurs. Et surtout face à Saito Takumi qui illumine de son aura ce rôle de Messie (le saint, pas le footballeur) admiré de plus en plus par la population, au détriment de ses balourds de policiers.
La réalisation est digne des blockbusters de l'été japonais, voir internationaux. On sent l'inspiration du cinéma et des films comme Seven ou le Silence des Agneaux, justement. Une déclaration d'amour au cinéma de genre américain, jusque dans l'introduction ponctué d'un "Previously in Hyochakusha !". Plan et décors parfaits feront briller votre rétine. Avec ce petit jeu, auquel on se prend facilement, de reconnaître les dessins d'Hemingway. Des plans qui donnent le frisson, comme il se doit dans ce genre de séries. La musique touche au but, l'Ending par Novelbright peut marquer les esprits par son intro mystique et sa ressemblance avec du The Six Lie. On admira également la blancheur impeccable de certains costumes, mais rien de surprenant au pays de "la météo des lessives". Non franchement il faudrait être devin pour prédire une éventuelle déception dans le dénouement.
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L'humour Noh limit !
Si vous pensez détester le catch, mais pas autant que le théâtre Noh. Il faut absolument regarder Ore no ie no Hanashi. Les masques, les costumes, le jeu des acteurs, tout est fait pour vous faire aimer l'un au l'autre.En effet, ce drama respire l'amour et la bonne humeur en prenant comme prétexte ses deux environnements totalement opposés ou totalement semblables selon sa perception des choses. Le pitch assez convenu : L'ainé d'une famille ne vivant que dans et pour la tradition de génération en génération, doit reprendre contre son gré la tête du théâtre familial. Alors qu'en réalité, il souhaite devenir catcheur pro. L'histoire commence, quand la quarantaine passée, il doit revenir dans la maison familiale prendre soin de son père mourant, et cela, au même titre que ses frères et sœurs. On suit donc la vie des protagonistes dans cette maison tenant aussi lieu de salle de théâtre traditionnel.
Cette comédie à l'humour parfois surréaliste, dépeint une galerie de personnages hauts en couleurs. À commencer par notre héros, joué par Tomoya Nagase, le chanteur du groupe Tokio, qui se montre doué à la fois en catcheur malgré son bel âge et en acteur Noh. On se délecte de ses monologues intérieurs avec sa voix d'homme des cavernes et des situations qu'il vit au quotidien à travers sa famille et pour prendre soin de son père. Sa sœur Eguchi Noriko que l'on verra enfin dans des rôles principaux gère les affaires familiales avec un côté strict, mais est marié à un restaurateur fan de Hip Hop et de Ketchup et la rend tellement sympathique. Son frère avocat et amoureux transi. Son frère adoptif complètement habité par le Noh. Son ex-femme, son fils .... mais surtout le couple infirmière/Oyaji, totalement what the fuck. Toda Erika à peine sortie des 6 mois d'Asadora et qui interprète cette étrange infirmière qui fera tourner la tête de toute la famille.
Et son père donc magnifiquement joué par Nishida Toshiyuki acteur de 73 ultra récompensé durant sa carrière et qui crève l'écran par son jeu et pas seulement quand il fait du Noh. À la fois détestable et tellement mignon en grand-père fragile quand il prend son bain. La performance d'un grand acteur.
L'environnement des costumes et de la scène pour le Noh et aussi le catch vous fera vraiment aimer ses deux disciplines. Les performances d'acting de la par des acteurs sont au top. Si bien qu'on a l'impression d'assister à de vrai match/représentation. Là aussi, pour le catch, la galerie de personnages vaut son pesant d'or. Beaucoup d'humour et d'émotion pour des personnages très attachants Quelle que soit la situation.
Les masques ont un rôle fondamental dans l'histoire et ils sont partout :
- Grace au Noh, avec ses explications de la situation précédente, à travers des représentations faisant le parallèle avec des histoires du folklore
- Grace au catch, permettant ainsi toutes les cachoteries
- à cause du Covid ou ses masques sont portés quasiment partout, montrant l'encrage dans la réalité, mais donnant tellement d'accent sur le regard des personnages.
Brut de décoffrage, mais hilarant, on apprécie de vivre avec cette famille, la série nous montrant les liens qui lient les générations vivant encore sous le même toit. Rappelant ce que l'on doit à nos anciens, ... aux anciens, comme l'obligation d'en prendre soin, mais surtout comme héritage.
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Libérez vos chakras
Mon Dieu, mais que le monde de l'entertainement japonais est conscient de ses défauts de production, tics et autres clichés et est capable de s'en moqué. Dès le générique, Massage Tantei Joe, touche au génie, en nous obligeant à nous exclamer : "mais c'est exactement ça" ! En 10 secondes, les réticences pour visionner le énième drama adapté d'un manga de détective, sont levées. Les scénaristes et l'auteur original m'ont immédiatement gagné à leur cause. On sait qu'on va se tordre de rire les 20 min de ses courts, mais nombreux épisodes, découpés comme ses enquêtes effectivement trop nombreuses et ultra codées à la TV.C'est pour la participation de Koshiba Fuka que je me suis intéressé à ce mystery drama de 2017 (déjà). Sa présence rafraichissante, est toujours un gage de bizarrerie et/ou de what the fuck selon vos gouts. Mauvais gout, diront cette fois-ci, certains. Comme ses attitudes et ses tenues très fan-service, mais clairement, on est dans un manga qui respecte les codes du genre et ravira donc les a-mateurs. Son jeu, son rôle ou tout simplement son implication dans l'histoire décevront par contre ceux habitués à ses premiers rôles récents bien plus rafraîchissants.
Des effets visuels, écrits, incrustés au bon moment donne une touche supplémentaire manga et spécialise celui-ci par des annotations pseudoscientifiques sur le shiatsu, les points de pression, etc. Particularité de l'ultra-introverti Joe, joué par Nakamaru Yuichi (membre de Kat-Tun) le changement de personnalité dès qu'il se met au bouleau ou qu'il résout une enquête par, justement, le contact physique qu'il a avec ses patients, clients ou suspects. Ne chercher évidemment aucun réalisme du point de vue médical, comme policier. Par simple pression sur votre poignet, il devine l'heure à laquelle vous avez tenue l'arme à feu, plusieurs jours après. Cette hypersensibilité sensorielle est inversement proportionnelle au contact qu'il peut avoir avec les autres, le vouant presque à l'autisme.
Son combat sera donc plutôt de sortir de sa coquille et la folie de tous les personnages, même les plus secondaires l'aidera. Le duo de flics looser , pour ne citer qu'eu, que font Money et Tiger est à pissé de rire et rend hommage au meilleur du pire cinéma comique américain. C'est d'ailleurs toute la série qui y participe. Épisode par épisode, on assiste à des parodies de Paranormal Activity, Very Bad trip et d'autres encore, avec cet humour décalé qui caractérise tellement les Japonais. Cette moquerie du showbiz US mise à la sauce ramen est jubilatoire et les références faites au cinéma asiatique, comme le kung-fu, le séjour dans un ryoukan ou l'ending à la Bollywood rappellent qu'ils ne sont pas les seules à produire du film de "haute qualité culturelle" dans le monde.
Ending, justement, qui apporte l'œuf dans le bol de Ramen, avec un Nakamaru Yuichi en grande forme au chant et à la danse dans une chorégraphie résument tout le feeling de la série. Une sorte de point de pression permettant la relaxation totale du spectateur après seulement 20 min de séance. Le docteur en a prescrit 12, j'en rêve d'une 100aine.
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Plaire sans argent n'est pas mortel
Super Rich est la romance de l'hiver 2021 qui réchauffera votre cœur desséché par un monde sombrant dans l'égoïsme et l'argent roi. On ne parle plus de protéger les anciens ou les faibles, mais de protéger l'économie et surtout de relance, de production ou d'investissement, tout en se méfiant du méchant étranger venu profiter de nos maigres richesses. Ça y est le monde d'avant est de retour, en plus grand et plus fort et Super Rich semble au 1er abord faire l'apologie de celui-ci en la personne de Eguchi Noriko, super à l'aise working girl en pause sur l'affiche comme dans les premières minutes de la série, retraçant sa passionnante vie de fille à papa investissant sans compter son argent.Cependant, connaissant cette fabuleuse actrice trop longtemps cantonnée au second rôle de grande sœur du héros, collègue de bureau ou autre faire-valoir un peu strict, on ne pouvait qu'attendre un drama sensible et drôle à la fois. Où son franc parlé et son charisme naturel peuvent faire la différence. Et c'est exactement ce que Noriko-san, visage poupon et 40aine assumé, dégage à l'écran. Un trop rare premier rôle, qu'elle endosse avec brio. Grâce à sa voix, son élégance et son air hébété quand elle se retrouve au centre d'un triangle amoureux, convoité par les jeunes hommes qu'elle prend sans trop réfléchir sous sa protection. Mamoru (ah, ces jeux de mots), comme chacun la nomme, sans le San donc, pour plus de proximité, est à la fois la patronne juste et dure en affaire, la bonne copine de ses employés et une célibataire endurcie qui ne semble pas intéressée par les love story. Mais qui récupère les destins brisés par un monde du travail japonais impitoyable avec les faibles et surtout qui reste ultra fidèle en amitié.
Si l'étalement de la richesse vous écœure (car vous n'êtes pas riche). Rassurez-vous, Mamoru perd toute sa fortune après 10 mn du premier épisode. Et c'est partie pour 10 excellents moments de vie en communauté. C'est la survie d'une petite entreprise d'édition repartant de 0 qui se joue. Impossible pour l'héroïne de virer sa dizaine d'employés préférant délaisser les grands bureaux de Ginza contre une veille maison tradi qui fuit de partout, tous entassés dans le salon pour trouver des moyens de survie. La proximité renforce les liens notamment amoureux et effectivement l'attirance se fait vite sentir, pour beaucoup de jeunes hommes de la maison, envers Mamoru.
Néanmoins, rassurez-vous, on est loin d'un harem manga ou celle-ci profiterait de la situation. Elle nous pousse à nous interroger justement sur ce qu'est l'amour... de son prochain. Elle qui n'a plus de parent et donc peu de famille depuis son enfance. Elle a toujours recueilli et considéré comme sa famille ses employés, notamment hommes, notamment jeunes et notamment beaux (tant qu'à faire) et explique très bien à ceux-ci et de ce fait au spectateur, qu'ils ont peut-être le syndrome de la maman protectrice envers elle. Bref, le syndrome œdipien dans toute sa splendeur.
Bien sûr, ses sentiments vont être mis à rudes épreuves comme tous dans la série. Attendez-vous à sortir vos mouchoirs régulièrement et même les jeunes stagiaires vous toucheront. Le Cast est impressionnant, vu le nombre de collaborateurs, en beaux mecs, actrices et acteurs doués (un peu moins bô, du coup). Akaso Eiji et Machida Keita se tirent la corde et un seul des deux aurait déjà suffi à rendre jaloux n'importe quel mâle tombant par hasard devant la TV. Oui, c'est toujours par hasard que l'on regarde ses mélodrames, messieurs, n'est-ce pas.
Un mélodrame plein de joie, car on s'amuse finalement beaucoup. Les situations tout en étant réalistes, sont souvent drôles. Quiproquos et gags parsèment des torrents de larmes versées. Des montagnes russes d'émotions, richement mise en scène (on sent qu'il y a du pognon pour le drama du jeudi soir) et en musique. Celle-ci d'ailleurs joue un rôle important dans la montée de tension, rappelant, mais s'en moquant aussi, les soaps de famille super riche américaine.
Évidement, tout n'est pas parfait. Les gros caractères et le retour continuel dans le temps irriteront plus d'un. Surtout, si on n'est pas adepte du maquillage rajeunissant loupé, mais assumé. Mention spéciale au directeur de publication et sa compagne ( vous comprendrez ;)). La mise en retrait de certains acteurs aussi, sonne comme du gâchis. Je pense évidement à Nakamura Yuri ou l'éternel second rôle Yamoto Yuma obligé de porter toujours des shorts, pour ne pas faire d'ombre aux trop beaux premiers rôles. Cependant, comme toujours, ils auront droit à leurs épisodes spéciaux, alors on se rassure.
Enfin, Bonus sur le salaire, l'utra doué Yuri nous propose un nouveau tube en puissance pour l'ending, futur number one au top Oricon, sans aucun doute. Comme si la série avait besoin de cela pour étinceler. Décidément, on ne prête qu'aux riches.
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Go Home: Keishicho Mimoto Fumeinin Sodanshitsu
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N'oubliez jamais !
La sensibilité à la japonaise me fascinera jusqu'à ma mort. C'est certainement pour elle que je consacre tellement de temps aux dramas relatant la vie et la culture de personnages à 12 000 km de mon lieu de vie et autant de ma culture occidentale. Le rapport à la mort et au respect des êtres disparus sont tels qu'on ne compte plus les œuvres honorant nos défunts. Go Home en est une des plus belles représentantes récentes et, mes chers fidèles, avec vous qui êtes tous réunis ici, nous allons tenter de lui rendre humblement hommage en ces quelques mots.Go Home commence sa vie dans un bureau d'investigation de cold case. Deux héroïnes se partagent la vedette. Jouées par les excellentes Koshiba Fuka et Oshima Yuko. Le reste du cast est un peu en retrait, même si leur présence est indispensable au rythme de la série qui se veut joyeuse et détendue, malgré le propos. Mentions spéciales à nos anciens : Yoshida Kotaro et surtout Hankai Kazuaki qui jouent de leur âge avec merveilles.
La mort vous va si bien
Qu'est-ce qui peut bien pousser deux jeunes femmes à participer à des enquêtes sur des personnes décédées, de surcroit des personnes anonymes. Chacune porte un secret qui est habilement distillé dès les premières minutes, tout en se concentrant sur le macchabée à identifier durant chaque épisode. On assiste donc à des enquêtes bouleversantes de sensibilité. Notamment de la part de Fuka-chan qui ne m'avait pas ému de la sorte depuis si longtemps. Comme je ne suis pas toute sa filmographie non plus, mais l'affiche me donnait espoir d'un petit délire de sa part comme Yokaï sharhouse ou Tokusetsu Gaga. Et contre toute attente, c'est dans le registre émotionnel qu'elle revient briller. Mais Yuko-chan n'est pas en reste et le duo qui s'épaule mutuellement vous réchauffera le cœur jusqu'à parfois le rendre ardent comme la passion qui les anime à chercher l'identité du disparu. En voulant à tout prix à identifier le mort, c'est surtout une paix intérieure pour la famille, les amis et même le fantôme du défunt qu'elles recherchent. La passion pour leur mission transparait dans ces combats de boxes mémorables et bien d'autres situations ou Fuka-chan, en particulier, donne énormément de sa personne.
Et ce(ux) qui reste(nt), on y pense ?
Une fois n'est pas coutume, dans les mystery-drama., les histoires de disparus sont souvent singulières et passionnantes. Alors, on ne va pas bouder son plaisir. D'autant plus que la production est de qualité. Le rythme est bon, l'écriture est réfléchie, les acteurs sont drôles et émouvants y compris en second rôle. La musique est un support indispensable avec comme plus belle illustration cet ending de Yorushika dont on ne se lasse pas. Alors n'oubliez pas de regarder ce drama, qui mérite qu'on se souvienne de lui pour longtemps.
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L'art de dire Noh à sa mère
Voilà un ovni télévisuel qui ne manquera pas de diviser, mais qui est clairement fait pour se laver le cerveau après une dure journée remplie d'heures supplémentaires ou de cours du soir. Autant être prévenue et il va falloir mettre de côté tous ses préjugés sur les hommes qui se travestissent et surtout qui (croient ?) être drôle en imitant les imperfections de nos mamans. Mais en ont-elles vraiment ? Réponse à la fin de la chronique.Courts sketchs de 5 à 10 min regroupés en épisode de 20 min, cette adaptation de "gag manga" respecte le format et n'essaye pas de créer une histoire au long cours "réaliste", façon sitcoms américaines, d'une famille composée du three magic number. Maman surprotectrice, Papa jovial et à l'ouest et fiston de 17 ans rebelle voulant son indépendance. En tout cas, c'est ce que croit la maman. Alors disons le tout de suite, Joshima Shigeru est excellent en mama gonflée de testostérone et le duo qu'il forme avec le débutant, mais prometteur Jonny's Onishi Fuga est plutôt fabuleux.
Vous aurez forcément un peu de mal au début, trouvant notre Okaasan grotesque, puisqu'on reconnait dès le premier coup d'œil et premières intonations que l'on a affaire à un mec, un vrai, ayant de la bouteille de surcroit. À déjà 50 ans, le leader de Tokio, animateur et humoriste récurrent à la TV, en plus d'être un acteur confirmé qui fait partie de la vie du japonais moyen, n'a plus rien à prouver et surtout à perdre. Et son interprétation fait mouche. Le trouvant ridicule dans les premières minutes, il devient très vite touchant, ne sachant pas s'il interprète un hommage à sa propre maman (la pauvre) ou s'il met en avant des générations de mères dévouées à leurs enfants et leurs familles, et cela, effectivement, un peu de manière désuète et maladroite. Dans la tradition des rôles féminins interprétés par des hommes, elle reste lourde pour des occidentaux, mais aussi lourde de sens, le sens de la famille et d'une période de la vie d'une femme qui reste importante dans notre société individualiste. Joshima Shigeru fait réfléchir sur la place des femmes au foyer dans la société et leur rend justice.
Mais ne nous trompons pas, c'est bien un duo comique qui est à l'œuvre ici, quasiment du Manzai, comme le doux rêve dans la série du partenaire de répliques qu'est Onishi Fuga. Ses répliques justement qui font mouche et qui sont la grande force comique de ses scènettes. Avec son accent assumé du Kansai (son groupe de Jonny's s'appelle quand même Lil Kansai) et sa manière de dire 100 fois crève à sa mère en le regrettant juste après nous rappelle à quel point on a été dure avec nos mamans durant l'adolescence et on l'est encore une fois devenue adulte, mais aussi à quelle point elle a été envahissante durant l'adolescence.... et elle l'est encore une fois devenue adulte. Maman, je t'aime.
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Avocats tout risque
Des A-vocats ultra-burinés qui reprennent les affaires délaissées par d'autres pour défendre la veuve, l'orphelin ou toute autre victime d’une entreprise ou d’un gros bonnet. Du déjà-vu, peut-être, mais pas du côté qu’on croit. Notre agence lorgne plutôt du côté de l’A-Team : sans foi ni loi, elle ne s'embarrasse pas de contradictions. Et si elle prend le risque de s’inspirer de notre fameuse agence Ignite, elle évoque aussi le fameux Hannin Keisatsu du cultissime Sentaku Takushi de Bakarhythm.Alors oui, j’exagère un peu : on n’est ni dans le kitsch, ni dans l’irréalisme scénaristique. Ignite reprend les codes de la team de spécialistes au service de la loi… tout en les détournant. On dira plutôt qu’ils sont au service du droit, mais n’hésitent pas à en placer une là où ça fait mal. Pas de violence outrancière non plus. Mamiya Shotaro campe un "Barracuda" plutôt classe : sanguin, direct, honnête, il cache une blessure qui lui donne juste ce qu’il faut de charme. Très juste dans son rôle, il porte la série sans pour autant cannibaliser ses partenaires.
Côté mystère et charme animal, Miyama Ryoki n’est pas en reste. Il fera sans doute fondre ceux qui seraient restés de marbre face à la beauté de papier glacé de Shotaro-kun. Même si les blessures de ces personnages, dévoilées peu à peu, font déjà-vu, et donc moins réalistes, elles touchent encore une fois en plein cœur. Le fil conducteur qui réunit l’équipe assurant la cohérence des situations.
Comme dans l’A-Team, les personnages féminins, notamment Kamishiraishi Moka, sont malheureusement relégués au second plan. Dommage, elle aurait fait une excellente Looping. Elle reste ici un Robin, qui vient tirer son Batman de Shotaro des situations inextricables. Sous-exploitée, c’est une vraie déception dans une série qui, heureusement, n’en compte pas tant que ça.
Nakamura Toru incarne un Hannibal d’enfer, épaulé par deux autres vétérans, Oikawa Mitsuhiro et Ryo. Le trio propose une version alternative de la série, plus Derrick que Starsky et Hutch tout en gardant un côté mystérieux et classe, ce qui manquait évidemment dans Derrick.
Quoi qu’il en soit, la série transpire la classe. Américaine ou allemande, elle dynamite le genre du bengoshi drama. Même si, une fois dans le tribunal, révélations et jargon juridique risquent de vous prendre la tête, comme à l’accoutumée… Une série à recommander à ceux qui s’intéressent au métier, mais pas seulement : à tous ceux prêts à s’enflammer pour défendre la justice dans un monde rongé par les dramas judiciaires trop mous.
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Une réalisation à vous glacer le sang
En manque de Survival Drama depuis la fin de la saison 2 de 'Kimi to Sekai ga Owaru hi ni', je me suis intéressé à ce Cold Game qui dépeint la difficile survie dans un monde moderne bouleversé par le retour brusque de l'âge de glace. Pas les films, évidemment, même s'ils sont tous très bouleversants. Un intérêt tout relatif, car peu de têtes d'affiche (comme souvent avec le drama du samedi nuit) et réfrénée encore par la laideur de cette affiche, justement, et, on le verra assez vite, d'autres fautes de goût.Pourtant, tout démarra de la meilleure des manières. Un contexte encore peu exploité dans les dramas, un huis clos qui s'ouvre dès les premières secondes sur la compétition entre différentes familles qui n'en sont peut-être pas. Pas de spoil ici, c'est dévoilé dès les premières minutes, et cela, sans finesse. Comme cette reproduction de fête du sport familiale qui donne le ton de toute la série. Cheap, fake dans le sens péjoratif et par bien des aspects, dans un sens, intéressant pour l'histoire.
Cheap est effectivement ce qui vient à l'esprit dès le premier épisode. Mise en scène à 100 yens avec comme décor un lycée à peine transformé par quelques tuyaux dans les couloirs. Un casting insipide par le jeu d'acteur et les scènes tournant au grotesque comme la course pour obtenir le lit de l'infirmerie quelques heures ou la culture d'une petite plante par personne et les billes pour faire tomber ses adversaires et je vous parle même pas de la récompense de cette course. Rien n'a vraiment de consistance et les tensions entre différents groupes, familles, célibataires, chef ou exécutant ne tiennent pas la route longtemps.
Un générique digne des séries des années 80, réalisé avec Photoshop (c'est des photo retouchée donc), une musique banale, des effets de glace digne d'un sapin de noël artificiel, mais tout de même de la neige réelle en vue extérieure, même si après plusieurs mois de précipitations continues, les personnages peuvent encore y marcher sans s'enfoncer. Et d'ailleurs, la neige peut elle seulement tombé avec ce -40° affiché en permanence par la série. Pour qu'une neige tombe en continu, ne faut-il pas une évaporation quelque part sur le globe. 8 milliards d'être humains ne disparaissent pas comme ça pourtant on a l'impression que ce sont les derniers survivants. Bref, placer la série dans un futur de 100 ou 200 ans l'aurait fiat gagner en crédibilité, mais au détriment du budget sûrement, qui manque cruellement.
Pour masquer ses manques, de fausses bonnes idées parsèment la série. Comme des plans caméra qui vous donneront certainement la gerbe, tant ils sont maladroits. Notamment a table avec cet œil de bœuf ou ses découpes façon 24H pour voir tous les persos en même temps, alors que cela n'a aucun intérêt (il mange ensemble, quoi !).
En laissant tomber les aberrations et en acceptant le second degré de cette série (Z, donc), on pourra y trouver un certain plaisir coupable à la regarder. À chercher les secrets de chacun, même si vous ne ferez pas trop chauffer votre cerveau tant les flashbacks et autres indices son mal distillés. C'est bien dommage, car avec - 40°C dehors on aurait préféré surchauffer plutôt que rester de glace.
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L'héritage des "Grands Reportages"
Dans la grande tradition des "tantei" (détectives), il y a un type d'enquêteur qui avait jusqu'à présent été peu exploité : le détective des successions. Alors qu'en France, TF1 adore nous assommer le samedi après-midi avec ses reportages-enquêtes sur la recherche des ayants droit, aucun producteur français n'a encore eu l'idée d'exploiter ce filon sous forme de série. Peut-être parce que notre rapport à la mort et à l'argent reste fortement imprégné de morale chrétienne, qui nous impose une certaine retenue sur ces sujets.Dans tous les cas, aucune retenue du côté de "Sozoku Tantei", qui prend le parti de l'humour. Car oui, la mort et l'argent, ça peut être fun.
Le casting est prometteur. Akaso Eiji et Sakurada Hiyori, respectivement proclamés gendre et fille idéaux par moi-même, déploient leur charme et leur maladresse, accompagnés du clown de service Yamoto Yuma. Ce dernier n'a plus rien à prouver tant il est l'héritier de 60 ans de comique à la japonaise, aussi bien dans le registre visuel (l'héritage de la coupe champignon) qu'au niveau des dialogues, si toutefois vous réussissez à les entendre. Malgré toute la bonne volonté des deux héros, c'est Yuma-kun qui s'impose et occupe tout l'espace à l'écran.
Hiyori-chan, même si elle tente d'adopter les codes de la génération Z dans son langage et ses postures, se retrouve enfermée dans des postures stéréotypées. Le scénario lui exige les sempiternelles phrases maternalistes et trop directes envers le détective, perdu dans ses pensées. Des passages obligés sans doute imposés par la volonté d'être trop fidèle au manga d'origine, au détriment d'un soupçon de réalisme. On s'attachera donc plutôt aux scènes comiques, empreintes d'humour noir, enterrements obligent. Les runnings gags fonctionnent plutôt bien, souvent sur un registre visuel, même si le trait est parfois forcé.
Quant à Akaso Eiji, bien qu'il fasse partie du vivier des futurs grands acteurs, y compris sur la scène internationale, il n'aura pas ici son grand rôle. Trop contraint par des scénarios convenus : le détective ultra-intelligent, mais fauché, l'assistante qui le remet sur le droit chemin, et le comique de service. Successions d'entreprises offertes au majordome suspicieux, legs à un chat... Du déjà-vu dans l'univers des successions. Même si le travail est fait, les intrigues s'avèrent généralement trop fades pour captiver pleinement.
Reste cet humour et cette légèreté, agrémentés d'une touche de sensibilité bienvenue, qui permettent d'exorciser la crainte d'affronter la mort. En parler, relativiser, soulager peut-être. Qui sait, nous sommes peut-être face à un héritage pour les générations futures, qui, on nous l'annonce, ne connaîtront plus la mort.
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Ouvrez grand vos oreilles, car voilà un drama que nous, petit Français, pourrions une fois de plus considérer comme destiné à une niche d'Otak, mais qui intéresse le japonais moyen au plus au point, par son thème :Le podcast ... de bouffe.
Non pas une émission télé ou une recette en tuto YouTube, dont nous raffolons aussi, je crois, mais bien l'enregistrement sonore, disponible sur Spotify ou autres, d'une jeune femme racontant les sensations qu'elle ressent en sempifrant de plats à emporter. C'est comme si des personnes avaient de l'intérêt et du temps à perdre, à lire l'avis d'un néophyte français parlant à peine le japonais sur les J-dramas. La personne qui les écrit y passe un temps fou, prend un plaisir fou à les faire, mais n'intéresse sûrement pas grand monde. En tout cas de mentalement équilibré ...
Ainsi commence l'histoire de ce court drama, de 20 min par épisode avec 5 min de vrai podcast à l'intérieur, illustré par les souvenirs dont se remémore, l'encore méconnue, en tant actrice, Itou Marika, en décrivant les goûts de ses plats. De nature très Introvertie, l'ex Nogizaka46 devient comme nous tous, et moi en 1er, vu la longueur de cet article beaucoup trop bavarde quand on la lance sur son sujet de prédilection. Les plats des grandes enseignes de restauration rapide du Japon, pour le coup. Véritable institution dans ce pays, sur place ou à emporter, ses restaurants pullulent et ont souvent chacun des spécialités bien précises. Ramen, kare-risu, ou gyoza, vous aurez l'eau à la bouche et une irrésistible envie d'en commander. Mais à 10 000 km du premier restaurant vous devrez vous contenter de nos sushis fades, livrés en Uber.
De vrais restaurants donc faisant de ce drama une grande campagne de promotion à ciel ouvert ou le retour à la restauration rapide et la fin du "fait maison" sonne la fin de la pandémie. On l'espère en tout cas.
Mais ne fuyez pas pour autant, car au-delà de l'aspect mercantile, c'est une sympathique histoire de friendship dans un bureau lambda de Tokyo. Premier bouleau, après un "shuushoku" arasant d'une bande de jeunes célibataires, mais on reste loin d'une ambiance à la Friends, quand même. Vous verrez les quartiers commerçants de Tokyo et deviendrez vite amis avec ses héros de la vie quotidienne. Vous pourrez même si vôtre niveau de japonais le permet retrouver les podcasts dans la vie réelle et faire encore plus partie de cette joyeuse bande. Car ils sont vraiment disponibles sur Spotify et sortent en même temps que chaque épisode. Une façon originale de briser le 4e mur.
Le dernier intérêt de ce mignon petit Drama, qui n'en recèle pas tant que ça, vu la banalité des situations quotidienne, c'est qu'il vous servira de tuto pour créer vos propres podcast sur Spotify, car comme toujours quand un métier ou une passion sont le thème d'un drama, cela tourne vite au document d'information. Une façon habile de vous ouvrir l'appétit sur ce monde et vous rassurera sur le fait que non, vous n'êtes pas bizarre. D'autres personnes sont comme vous ... et moi. Alors vous pouvez entamer cette danse de la joie sur l'ending, pardon l'opening catchy de Kana Hanezawa sans honte.
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Big in China
Les multivers sont multiples et parfois poreux. C'est ce que tente de nous démontrer cette improbable adaptation d'un manga, mélangeant le showbiz à la Japonaise et les guerres des 3 Royaumes dans la Chine du début du 1er millénaire.Ultra référencé sur le sujet, il pourra rebuter les occidentaux peu férus d'histoire et de stratégie guerrière, vielles qui plus est, d'il y a bientôt 2000 ans. Et même si la grande histoire peut se révéler passionnante, preuves sont les films, jeux vidéo, animes et même jeux de carte à collectionner dont les succès ne démordent pas dans toute l'Asie, le seul thème ne donne pas forcément l'envie nécessaire au petit Français. Costumes décalés et riches de détails, quiproquos temporels, on nage en plein "Les visiteurs", l'humour franchouillard en moins. Et heureusement, car une finesse toute japonaise sera bienvenue pour montrer les bonnes manières des empaleurs guerriers du 3ᵉ siècle de notre ère. Pas dupe, les bons sentiments de notre coupeur de têtes et héros de guerre Zhuge Liang Kongming sont mises en avant pour le drama, afin de trancher avec l'abrupté du monde moderne et en particulier ce showbiz, paroxysme de la vulgarité et des faux-semblants, si bien dénoncés et en même temps si bien exploité dans l'œuvre elle. Tout comme dans "Oshi no Ko", par exemple.
C'est dans ce monde de brutes que la jeune Eiko, interprétée par Kamishiraishi Moka (qui d'autre ?) Cherchera à percer, avec donc pour encombrant mentor, Paripi Koumei. Le petit nom d'impresario de notre grand général. Si on fait fi de ce costume qu'il aborde sans cesse, nous rappelant qu'on est en fasse d'une adaptation de manga sans recherche d'un semblant de cohérence scénaristique ou historique, on peut prendre un sacré plaisir à suivre les aventures musicales de notre petite Adieu. Pour ceux qui suivent sa carrière depuis ses débuts, je parle bien dans le monde réel, le scénario rentre en résonance avec sa propre vie. Les personnages secondaires font irrémédiablement penser à des groupes ou des artistes actuelles en les parodiant, mais jamais en étant méchant. Le manga ne cherche pas à dénoncer cette industrie, il transpire l'amour de la J-music et lui rend hommage de la plus belle manière, même beaucoup la considèrent comme de la soupe commerciale.
Ainsi, Adieu, qu'on appellera, certainement maintenant, Eiko compose pour la série, chante et montre même sont processus de travail que l'on sent réel. Son enthousiasme quand elle prend la guitare n'est pas surjoué et sa voix n'égale que son sourire comme arme de bien-être massif. Vos oreilles seront un peu moins caressées avec les autres chanteurs, notamment lorsque Mukai Osamu, l'excellent interprète de party Boy Kongming poussera la chansonnette. Et cela même si QueenBee fait une apparition au côté d'autre featuring que j'ai d'ailleurs du mal à cerner. Ses deux multivers que sont la Chine des trois royaumes et ce showbiz parallèle débordent complètement sur le monde réel en déversant pour l'un des cartes à jouer et pour l'autre des clips et autres morceaux sur les plateformes de streaming légales, rendant plus vraie que nature les artistes. Au moment de cette chronique, Eiko a déjà deux titres sur Spotify qui font évidemment partie de ma playlist. Quoi de plus naturel pour un fan d'Adieu.
Mais ne quittez pas la série trop vite, si vous n'êtes pas fan de ces deux mondes. Donnez-lui quand même sa chance. Les costumes et les décors sont classieux, fashions ou grotesques. C'est au choix. Mais ils vous donneront, tout de même, une belle coloration à votre rétine. Les couleurs sont particulièrement bien choisies et chaleureuses. Elles rappellent que la période d'Halloween, au Japon, ressemble plus au carnaval brésilien ou à une Love parade allemande (on croisera même des véhicules improbables) qu'à un film de John Carpenter. Vous y croiserez également Dean Fujioka dans des décors somptueux de foret de bambou, parlant un mandarin parfait et tout en costume d'époque. Ce qui, j'en suis sûr, rajoutera des couleurs dans les yeux de beaucoup de personnes et pas seulement à Singapour.
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Petite Merveille, Grand Looser
Saito Takumi semble être dans le métier depuis si longtemps qu'on n’attend plus grand-chose, ni de ses réalisations, ni de ses performances d'acteur. D'autant plus qu’elles sont tellement magnifiées dans ses pubs… Plaisanterie à part, il est capable du pire comme du meilleur, alors c’est bien l’interrogation principale de cette adaptation d'un drama coréen bourré de non-sens scientifique, scénaristique et émotionnel, qui, par son what the fuck, risque bien de devenir un chef-d'œuvre de série Z.Aussi kawaii qu'elle soit, l'ex-surdouée des bébés actrices, Nagao Yuno, ne peut plus justifier à elle seule le visionnage d'un drama. Je crains bien que, dans le showbiz, la date de péremption des jeunes talents soit encore plus courte qu’avant. Je plaisante à peine, car le phénomène Nagao Yuno, amplifié par les réseaux sociaux, semble bien loin quand on analyse son jeu et, tout simplement, son rôle de génie boosté à l'IA de seulement 8 ans. Honnêtement, même dans les épisodes d’Astro Boy des années 50, les robots arrivaient à susciter plus d'empathie et d'humanité. Ici, les revers surjoués, les pleurs qu'elle a du mal à montrer face caméra et les ordres qu'elle donne à son faux père font tache face au jeu des autres acteurs. Dans Small Wonder (Petite Merveille) des années 80, les autres acteurs se forçaient au moins à mal jouer pour lisser le surjeu de la petite Vicky.
Mais s'il y en a un qui fait cet effort, c'est bien Saito Takumi. Adepte depuis longtemps du surjeu dans ses pubs ou autres dramas alimentaires, il force le trait du kidnappeur idiot, peut-être pour prêter main-forte à la petite, comme je viens de l'expliquer. Ayant certainement ingurgité des heures de Maman, j’ai raté l’avion et autres Dumb and Dumber, il livre une prestation qui enchantera finalement les fans de l'acteur, mais également ceux des comédies familiales. Saito-san est souvent trop connu en France pour ses rôles sérieux dans des films l’étant encore plus, alors cette série serait clairement à conseiller pour découvrir la part d'autodérision qu'il a en lui.
Il vous fera probablement autant rire que la petite Yuno-chan vous énervera. Son personnage prend tout l'écran et il donne de sa personne, même physiquement… Passant un bon nombre d'épisodes à se faire tabasser, tuméfier, et cela plusieurs fois 45 minutes. Des pansements comme dans des cartoons, avec un scénario digne de Minus et Cortex… même si on ne sait pas ici qui est l'un ou l'autre. Les flics sont nuls et Eguchi Yosuke, après 40 ans de carrière d'acteur et peut-être autant d'interprétations de flics ou de voyous, se joue des clichés, ridiculise le métier tout en ayant la classe. C'est l'autre caution scientartistique du drama
Suzuki Kosuke, qui n'a vraisemblablement plus peur du ridicule non plus, s’essaie ici à un accent chinois légèrement perturbant. Perturbation voulue ou non, mais on sent que chacun est en roue libre, donnant une patte série Z qui n’était sûrement pas voulue au départ. Loin d'atteindre le niveau d'un Senkyo, notamment dans le jeu et les situations générales, on s’amusera du duo père-fille, même improbable.
Une comédie familiale, légèrement perturbante, notamment par quelques scènes inutilement violentes. Un bon moment à passer en famille polyglotte, avec un bon casting de dingues assumés.
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16:59...
Avec un titre assez peu engageant, car trompeur, et une énième histoire de trois copines célibato-divorcées qui bavardent sur leur quotidien de trentenaires à chacune de leur sortie, on peut dire que Geeks démarre assez mal dans l'originalité. On s'attend évidemment aux sempiternelles et longues discutions sur le bonheur, le travail et évidement les hommes. Alors pour épicer l'affaire, la série se veut du genre policier-mystère, tendance génération Z x Otaku. Cela va-t-il suffire à nous sauver de l'ennui ? Cette simple introduction ne vous donnera pas la réponse et vous obligera à lire la suite. Et vous qui détestez faire des heures sups...Un gars, une geek
Matsuoka Mayu n'est pas une actrice qui cherche à tout prix à occuper le petit écran. Avec environ un drama par an, elle sait se faire désirer et change régulièrement de registre. Si l'an dernier, elle nous a enchantés dans son rôle très poignant de professeur courage pour Saiko no kyoshi, on peut dire qu'elle n'était pas attendu dans celui d'un policier scientifique excentrique. Encore moins pour endosser la difficile tâche de nous faire rire avec son côté Otak. Malheureusement, si elle y parvient aisément, la série ne tient pas toutes ses promesses de ce côté-là. Sortie du duo formé avec Shirasu Jin, on se prend souvent trop au sérieux. Le mélange des genres, avec des histoires de filiations pour nos trois héroïnes, est un ping-pong émotionnel qui casse fréquemment le rythme comique.
Trop "écrit", tue l'écrit
On sait pertinemment quand on va nous demander de rire. L'écriture laissant peu de place à la surprise. Au restaurant, devant la machine à café, devant l'appart de Mayu chan. Le duo avec Shirasu Jin est vraiment le point fort de la série. Casté pour sa bogossitude, il fera à nouveau fondre, mais enchantera par sa relation avec notre héroîne Otaku et bourrée de TOC. Ils livrent tous les deux une prestation qui rattrape à elle seule tous les clichés des mystery-dramas dont vous n'échapperez pas ici. On regrettera donc cette mise en avant par dose homéopathique de ce duo. Même s'il semble prendre un tournant inattendu au milieu de la série. Le défaut habituel des mystery dramas qui par les histoires parallèles étire les relations des personnages principaux est présent, mais heureusement, on avance dès l'épisode 4 dans les histoires personnelles.
La génération Zetto (presque) au travail
Le gros point mis en avant dans la série est la promesse de découvrir la génération Z à l'œuvre dans le monde du travail. Mais n'attendez pas de grandes découvertes si vous ignorez tout de leurs pratiques. Par paresse, peut-être, les scénaristes ne s'attacheront qu'aux "défauts" de la seule Matsuoka Mayu, alors qu'elle est entourée de trentenaires. Et encore, à part sa peur des heures supplémentaires, on est loin d'un brulot dénonçant la soi-disant mollesse de cette génération. Pire, l'ensemble du cast reflète l'ancien monde du travail et son efficacité qui n'est plus à démontrer. À commencer par les très sérieuses Tanaka Minami et Tazikawa Karen pour qui on aurait aimé aussi un grain de folie dans leur job, comme dans leur vie.
Mais ne vous y trompez pas, Geeks est un bon moment de divertissement, les acteurs méritent le détour et on se prend facilement aux jeux des enquêtes qui, elles, ne prennent pas la tête. Vous n'aurez donc pas cette sensation de non-accomplissement qui peut vous obséder jusqu'à trouver la dernière pièce d'un puzzle ou finir un rapport avant 17h00. D'ailleurs, c'est l'heure, .... Je pars le premier
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Crimes d'un autre temps
Les adaptations de manga ou de novels c'est plus qu'un sport national au Japon, c'est une religion. Et quand un manga, qui a commencé sa parution en 1992, est adapté pour la 5e fois en plus de 30 ans en Drama, la dévotion semble se transformer en fanatisme. La société, même japonaise, a tellement changé, sans parler du monde et je l'espère des mentalités. Mais quel est ce manga qui mérite autant de considération qu'un Dragon Ball ou un One Piece ?Connu en France sous le nom des Enquêtes de Kindaichi, Kindaichi shonen no jikenbo est l'œuvre de Seimaru Amagi et Fumiya Sato, qui, dans la grande tradition des Mystery Manga, se partagent le scénario et l'illustration. Un manga qui commence sa parution à la fin de l'ère Showa, manque certainement un peu de modernité. Surtout s'il se veut en résonance avec son époque. Cela peut expliquer en partie le peu d'intérêt qu'ont montré les Français envers cette série, tant au niveau manga, qu'anime lors des différentes adaptations aux débuts des années 2000. Il faut dire que Détective Conan mange depuis des années toutes les parts de marché octroyées au manga d'enquête en France. Relayant le genre à un marché de niche, alors qu'il fait partie de la culture populaire au même titre que les shōnens dans son pays d'origine.
Allons directement aux point qui fâchent. Ce bellâtre de Kindaichi, joué par un membre des Kansai Johnny's Jr (ça ne s'invente pas), et qui donne une image rétrograde de la place de la femme dans les ouvres de fictions et par débordement dans la société actuelle. Relayée en "faire valoir" d'un héros certes balourd pour le besoin de la comédie, mais tout-puissant quand il est au travail. Un travail de réflexion qui ne nécessite aucun dérangement de la part de la gent féminine. Certains propos tenus par Kindaichi kun paraîtront, si on y prend garde, anodins. Comme "Laisse-moi réfléchir !", par exemple. Mais ils sont d'une misogynie et d'un exemple désastreux pour les jeunes femmes, cibles potentielles au vu du choix des acteurs (encore un cliché). En admiration permanente devant le QI de son ami d'enfance, elle lui passe tout et lui fait, entre autres, des cookies après avoir été traitée comme de la merde. Sous prétexte que "Monsieur" réfléchit, plus rien ne compte. C'est normal de ne pas se faire déranger par "des piaillements de bonne femme" Encore moins pas par son idiote de copine d'enfance, dont il est, soi-disant, secrètement amoureux. Une fois en couple, ce sera sous les coups qu'il faudra qu'elle se taise. Bref, je m'emporte peut-être, là. Mais quand, même, le schéma de soumission paternaliste dans toute sa puissance, déjà obsolète en 1995, et qui incite la jeune génération à le reproduire, voilà ce que ça m'inspire. J'en attendais mieux de Kamishiraishi Moka, aka Adieu. Elle qui a souvent choisi des rôles de jeunes filles engagées, comme dans Solomon no Gisho.
Bien sûr, les grands classiques des enquêtes à la japonaise, inspirés, comme il se doit, de la littérature du 19e et 20e siècle occidentale, sont bien présents. Les légendes urbaines dans une école, qui se reproduisent 20 ans après, l'île coupée du monde et ses morts en série… Globalement, les légendes sont bien intégrées à l'action et la production met plutôt en valeur, ce qui reste un point fort, pour moi, de la série. Et cela, accompagné de l'autre bonne surprise de la série, les mystères eux-mêmes. Même si on est dans le Scoobidou-like avec un peu de frayeur et d'humour, on se prend à chercher le coupable et la torture mentale que subit notre héros d'un autre âge est communicative. Après tout, c'est tout ce qu'on demande à un mystery manga. … Mais pas à un mystery drama qui est plutôt destiné à un public adulte et dans lequel les réactions, notamment de l'inspecteur ou d'Adieu, manquent de réalisme ou au moins de naturel. Personne n'est jamais effrayé par les meurtres pourtant sordides et parfois violents. Ceux-ci s'enchaînent et la vie des ados continue comme si de rien n'était. En fait, on a l'impression d'être dans une Murder Party permanente. C'est tout juste si nos héros ne sont pas plus effrayés par les légendes urbaines qui font le fil rouge de l'épisode, à chaque fois. Tout le monde est joyeux et s'amuse à se faire peur, même si heureusement le dénouement tranche littéralement avec cette ambiance de cours de récré permanente. Il montre de manière assez fine et touchante les malheurs qui ont poussé le criminel à ses actes, et sans les excuser, permet de les comprendre. C'est l'un des derniers points intéressants de Kindaichi. On aime apprendre les raisons qui ont poussé au crime et elles relativisent souvent l'horreur de celui-ci. Même si la loi du talion semble un peu hors sujet, pour une société aussi policée que le Japon. Un drama Popcorn, donc, faisant référence à toutes les histoires publiées depuis 30 ans sur tous supports, mais faisant trop référence également à une vision de la société dépassée, et c'est bien dommage. Adieu, par ailleurs, l'espoir d'une performance d'actrice de Moka-chan qui se retrouve à servir la soupe à ce jonny's dont j'ai déjà oublié le nom. Allez plutôt faire un tour du côté de Jun Kyoju Takatsuki Akira no Suisatsu. Tous les Jonny's ne se valent pas.
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Le pouvoir des fleurs
Un jour, je me ferai une rétrospective Koshiba Fuka tant elle s'est spécialisée dans les rôles étranges. Fan de thon (le poisson), de Tokusatsu (les Power Ranger) ou de Yokai (les fantômes) pour ne citer que les plus récents, on ne compte plus ses rôles dans des sériés aux thèmes plus bizarres les uns que les autres. Alors voilà qu'on m'annonce justement que "Mokomi est un peu bizarre" je m'attends donc à être surpris à nouveau, mais...... c'est attendri, puis un peu choqué, que je ressors des premiers épisodes relatant la vie de cette jeune Hikikomori de 23 ans à peine sortie de l'enfance, mais atteinte d'un trouble assez rare ... dans les dramas. J'ai cherché sur Wikipédia, mais je n'ai pas trouvé de maladie pour désigner la possibilité d'entendre parler les objets. "Hallucination verbale", voir "schizophrénie", des mots bien trop dures et qui ne décrivent pas du tout le monde intérieur dans lequel Mokomi semble vivre. Un rêve éveillé en sorte, où tout objet est rempli de bonté et semble se confier à elle.
Très poétique dans l'approche, donc, mais cela reste une maladie qui coupe Mokomi du reste du monde et seule sa famille semble la comprendre, la protéger, voir la surprotéger. Très vite la famille parfaite s'effrite et ce passage vers le côté obscur des relations familiales est salvateur. Koshiba Fuka est donc très touchante et juste dans ce rôle, mais le grand frère protecteur, joué par Kudo Asuka n'est pas en reste et montre tous ses facettes d'acteur au fil des épisodes alors que rien ne le laissait présager. Mais je n'en dirai pas plus. Bien sûr on peut être irrité par les "performances" de Tanabe Seiichi en papa trop mou ou Kato Seishiro en petit ami trop gentil . Mais n'ayant pas encore vu tous les épisodes, j'espère bien qu'ils cachent, eux aussi, une autre personnalité.
La musique sans être exceptionnelle colle à la série et l'apparition à plusieurs reprises du tube d'Ado, Usewa, est un excellent choix, à se demander s'il n'a pas été écrit pour celle-ci.
Finalement, on oublie vite le thème principal de ce pseudo pouvoir d'entendre parler les objets pour s'attacher aux personnages, à leurs désirs, leurs rêves, voir leur vie brisée et on s'imagine à leur place en s'interrogeant sur l'isolement, le handicape et surtout sur la vie d'une famille dont l'un des membres souffre de handicap. Mais pas de pathos, telle Mokomi, la série préfère s'attacher aux côtés positifs de la vie pour nous faire passer un message de tolérance, comme la promesse de fleurs prêtes à éclore.
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