Petite Merveille, Grand Looser
Saito Takumi semble être dans le métier depuis si longtemps qu'on n’attend plus grand-chose, ni de ses réalisations, ni de ses performances d'acteur. D'autant plus qu’elles sont tellement magnifiées dans ses pubs… Plaisanterie à part, il est capable du pire comme du meilleur, alors c’est bien l’interrogation principale de cette adaptation d'un drama coréen bourré de non-sens scientifique, scénaristique et émotionnel, qui, par son what the fuck, risque bien de devenir un chef-d'œuvre de série Z.Aussi kawaii qu'elle soit, l'ex-surdouée des bébés actrices, Nagao Yuno, ne peut plus justifier à elle seule le visionnage d'un drama. Je crains bien que, dans le showbiz, la date de péremption des jeunes talents soit encore plus courte qu’avant. Je plaisante à peine, car le phénomène Nagao Yuno, amplifié par les réseaux sociaux, semble bien loin quand on analyse son jeu et, tout simplement, son rôle de génie boosté à l'IA de seulement 8 ans. Honnêtement, même dans les épisodes d’Astro Boy des années 50, les robots arrivaient à susciter plus d'empathie et d'humanité. Ici, les revers surjoués, les pleurs qu'elle a du mal à montrer face caméra et les ordres qu'elle donne à son faux père font tache face au jeu des autres acteurs. Dans Small Wonder (Petite Merveille) des années 80, les autres acteurs se forçaient au moins à mal jouer pour lisser le surjeu de la petite Vicky.
Mais s'il y en a un qui fait cet effort, c'est bien Saito Takumi. Adepte depuis longtemps du surjeu dans ses pubs ou autres dramas alimentaires, il force le trait du kidnappeur idiot, peut-être pour prêter main-forte à la petite, comme je viens de l'expliquer. Ayant certainement ingurgité des heures de Maman, j’ai raté l’avion et autres Dumb and Dumber, il livre une prestation qui enchantera finalement les fans de l'acteur, mais également ceux des comédies familiales. Saito-san est souvent trop connu en France pour ses rôles sérieux dans des films l’étant encore plus, alors cette série serait clairement à conseiller pour découvrir la part d'autodérision qu'il a en lui.
Il vous fera probablement autant rire que la petite Yuno-chan vous énervera. Son personnage prend tout l'écran et il donne de sa personne, même physiquement… Passant un bon nombre d'épisodes à se faire tabasser, tuméfier, et cela plusieurs fois 45 minutes. Des pansements comme dans des cartoons, avec un scénario digne de Minus et Cortex… même si on ne sait pas ici qui est l'un ou l'autre. Les flics sont nuls et Eguchi Yosuke, après 40 ans de carrière d'acteur et peut-être autant d'interprétations de flics ou de voyous, se joue des clichés, ridiculise le métier tout en ayant la classe. C'est l'autre caution scientartistique du drama
Suzuki Kosuke, qui n'a vraisemblablement plus peur du ridicule non plus, s’essaie ici à un accent chinois légèrement perturbant. Perturbation voulue ou non, mais on sent que chacun est en roue libre, donnant une patte série Z qui n’était sûrement pas voulue au départ. Loin d'atteindre le niveau d'un Senkyo, notamment dans le jeu et les situations générales, on s’amusera du duo père-fille, même improbable.
Une comédie familiale, légèrement perturbante, notamment par quelques scènes inutilement violentes. Un bon moment à passer en famille polyglotte, avec un bon casting de dingues assumés.
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16:59...
Avec un titre assez peu engageant, car trompeur, et une énième histoire de trois copines célibato-divorcées qui bavardent sur leur quotidien de trentenaires à chacune de leur sortie, on peut dire que Geeks démarre assez mal dans l'originalité. On s'attend évidemment aux sempiternelles et longues discutions sur le bonheur, le travail et évidement les hommes. Alors pour épicer l'affaire, la série se veut du genre policier-mystère, tendance génération Z x Otaku. Cela va-t-il suffire à nous sauver de l'ennui ? Cette simple introduction ne vous donnera pas la réponse et vous obligera à lire la suite. Et vous qui détestez faire des heures sups...Un gars, une geek
Matsuoka Mayu n'est pas une actrice qui cherche à tout prix à occuper le petit écran. Avec environ un drama par an, elle sait se faire désirer et change régulièrement de registre. Si l'an dernier, elle nous a enchantés dans son rôle très poignant de professeur courage pour Saiko no kyoshi, on peut dire qu'elle n'était pas attendu dans celui d'un policier scientifique excentrique. Encore moins pour endosser la difficile tâche de nous faire rire avec son côté Otak. Malheureusement, si elle y parvient aisément, la série ne tient pas toutes ses promesses de ce côté-là. Sortie du duo formé avec Shirasu Jin, on se prend souvent trop au sérieux. Le mélange des genres, avec des histoires de filiations pour nos trois héroïnes, est un ping-pong émotionnel qui casse fréquemment le rythme comique.
Trop "écrit", tue l'écrit
On sait pertinemment quand on va nous demander de rire. L'écriture laissant peu de place à la surprise. Au restaurant, devant la machine à café, devant l'appart de Mayu chan. Le duo avec Shirasu Jin est vraiment le point fort de la série. Casté pour sa bogossitude, il fera à nouveau fondre, mais enchantera par sa relation avec notre héroîne Otaku et bourrée de TOC. Ils livrent tous les deux une prestation qui rattrape à elle seule tous les clichés des mystery-dramas dont vous n'échapperez pas ici. On regrettera donc cette mise en avant par dose homéopathique de ce duo. Même s'il semble prendre un tournant inattendu au milieu de la série. Le défaut habituel des mystery dramas qui par les histoires parallèles étire les relations des personnages principaux est présent, mais heureusement, on avance dès l'épisode 4 dans les histoires personnelles.
La génération Zetto (presque) au travail
Le gros point mis en avant dans la série est la promesse de découvrir la génération Z à l'œuvre dans le monde du travail. Mais n'attendez pas de grandes découvertes si vous ignorez tout de leurs pratiques. Par paresse, peut-être, les scénaristes ne s'attacheront qu'aux "défauts" de la seule Matsuoka Mayu, alors qu'elle est entourée de trentenaires. Et encore, à part sa peur des heures supplémentaires, on est loin d'un brulot dénonçant la soi-disant mollesse de cette génération. Pire, l'ensemble du cast reflète l'ancien monde du travail et son efficacité qui n'est plus à démontrer. À commencer par les très sérieuses Tanaka Minami et Tazikawa Karen pour qui on aurait aimé aussi un grain de folie dans leur job, comme dans leur vie.
Mais ne vous y trompez pas, Geeks est un bon moment de divertissement, les acteurs méritent le détour et on se prend facilement aux jeux des enquêtes qui, elles, ne prennent pas la tête. Vous n'aurez donc pas cette sensation de non-accomplissement qui peut vous obséder jusqu'à trouver la dernière pièce d'un puzzle ou finir un rapport avant 17h00. D'ailleurs, c'est l'heure, .... Je pars le premier
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Crimes d'un autre temps
Les adaptations de manga ou de novels c'est plus qu'un sport national au Japon, c'est une religion. Et quand un manga, qui a commencé sa parution en 1992, est adapté pour la 5e fois en plus de 30 ans en Drama, la dévotion semble se transformer en fanatisme. La société, même japonaise, a tellement changé, sans parler du monde et je l'espère des mentalités. Mais quel est ce manga qui mérite autant de considération qu'un Dragon Ball ou un One Piece ?Connu en France sous le nom des Enquêtes de Kindaichi, Kindaichi shonen no jikenbo est l'œuvre de Seimaru Amagi et Fumiya Sato, qui, dans la grande tradition des Mystery Manga, se partagent le scénario et l'illustration. Un manga qui commence sa parution à la fin de l'ère Showa, manque certainement un peu de modernité. Surtout s'il se veut en résonance avec son époque. Cela peut expliquer en partie le peu d'intérêt qu'ont montré les Français envers cette série, tant au niveau manga, qu'anime lors des différentes adaptations aux débuts des années 2000. Il faut dire que Détective Conan mange depuis des années toutes les parts de marché octroyées au manga d'enquête en France. Relayant le genre à un marché de niche, alors qu'il fait partie de la culture populaire au même titre que les shōnens dans son pays d'origine.
Allons directement aux point qui fâchent. Ce bellâtre de Kindaichi, joué par un membre des Kansai Johnny's Jr (ça ne s'invente pas), et qui donne une image rétrograde de la place de la femme dans les ouvres de fictions et par débordement dans la société actuelle. Relayée en "faire valoir" d'un héros certes balourd pour le besoin de la comédie, mais tout-puissant quand il est au travail. Un travail de réflexion qui ne nécessite aucun dérangement de la part de la gent féminine. Certains propos tenus par Kindaichi kun paraîtront, si on y prend garde, anodins. Comme "Laisse-moi réfléchir !", par exemple. Mais ils sont d'une misogynie et d'un exemple désastreux pour les jeunes femmes, cibles potentielles au vu du choix des acteurs (encore un cliché). En admiration permanente devant le QI de son ami d'enfance, elle lui passe tout et lui fait, entre autres, des cookies après avoir été traitée comme de la merde. Sous prétexte que "Monsieur" réfléchit, plus rien ne compte. C'est normal de ne pas se faire déranger par "des piaillements de bonne femme" Encore moins pas par son idiote de copine d'enfance, dont il est, soi-disant, secrètement amoureux. Une fois en couple, ce sera sous les coups qu'il faudra qu'elle se taise. Bref, je m'emporte peut-être, là. Mais quand, même, le schéma de soumission paternaliste dans toute sa puissance, déjà obsolète en 1995, et qui incite la jeune génération à le reproduire, voilà ce que ça m'inspire. J'en attendais mieux de Kamishiraishi Moka, aka Adieu. Elle qui a souvent choisi des rôles de jeunes filles engagées, comme dans Solomon no Gisho.
Bien sûr, les grands classiques des enquêtes à la japonaise, inspirés, comme il se doit, de la littérature du 19e et 20e siècle occidentale, sont bien présents. Les légendes urbaines dans une école, qui se reproduisent 20 ans après, l'île coupée du monde et ses morts en série… Globalement, les légendes sont bien intégrées à l'action et la production met plutôt en valeur, ce qui reste un point fort, pour moi, de la série. Et cela, accompagné de l'autre bonne surprise de la série, les mystères eux-mêmes. Même si on est dans le Scoobidou-like avec un peu de frayeur et d'humour, on se prend à chercher le coupable et la torture mentale que subit notre héros d'un autre âge est communicative. Après tout, c'est tout ce qu'on demande à un mystery manga. … Mais pas à un mystery drama qui est plutôt destiné à un public adulte et dans lequel les réactions, notamment de l'inspecteur ou d'Adieu, manquent de réalisme ou au moins de naturel. Personne n'est jamais effrayé par les meurtres pourtant sordides et parfois violents. Ceux-ci s'enchaînent et la vie des ados continue comme si de rien n'était. En fait, on a l'impression d'être dans une Murder Party permanente. C'est tout juste si nos héros ne sont pas plus effrayés par les légendes urbaines qui font le fil rouge de l'épisode, à chaque fois. Tout le monde est joyeux et s'amuse à se faire peur, même si heureusement le dénouement tranche littéralement avec cette ambiance de cours de récré permanente. Il montre de manière assez fine et touchante les malheurs qui ont poussé le criminel à ses actes, et sans les excuser, permet de les comprendre. C'est l'un des derniers points intéressants de Kindaichi. On aime apprendre les raisons qui ont poussé au crime et elles relativisent souvent l'horreur de celui-ci. Même si la loi du talion semble un peu hors sujet, pour une société aussi policée que le Japon. Un drama Popcorn, donc, faisant référence à toutes les histoires publiées depuis 30 ans sur tous supports, mais faisant trop référence également à une vision de la société dépassée, et c'est bien dommage. Adieu, par ailleurs, l'espoir d'une performance d'actrice de Moka-chan qui se retrouve à servir la soupe à ce jonny's dont j'ai déjà oublié le nom. Allez plutôt faire un tour du côté de Jun Kyoju Takatsuki Akira no Suisatsu. Tous les Jonny's ne se valent pas.
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Le pouvoir des fleurs
Un jour, je me ferai une rétrospective Koshiba Fuka tant elle s'est spécialisée dans les rôles étranges. Fan de thon (le poisson), de Tokusatsu (les Power Ranger) ou de Yokai (les fantômes) pour ne citer que les plus récents, on ne compte plus ses rôles dans des sériés aux thèmes plus bizarres les uns que les autres. Alors voilà qu'on m'annonce justement que "Mokomi est un peu bizarre" je m'attends donc à être surpris à nouveau, mais...... c'est attendri, puis un peu choqué, que je ressors des premiers épisodes relatant la vie de cette jeune Hikikomori de 23 ans à peine sortie de l'enfance, mais atteinte d'un trouble assez rare ... dans les dramas. J'ai cherché sur Wikipédia, mais je n'ai pas trouvé de maladie pour désigner la possibilité d'entendre parler les objets. "Hallucination verbale", voir "schizophrénie", des mots bien trop dures et qui ne décrivent pas du tout le monde intérieur dans lequel Mokomi semble vivre. Un rêve éveillé en sorte, où tout objet est rempli de bonté et semble se confier à elle.
Très poétique dans l'approche, donc, mais cela reste une maladie qui coupe Mokomi du reste du monde et seule sa famille semble la comprendre, la protéger, voir la surprotéger. Très vite la famille parfaite s'effrite et ce passage vers le côté obscur des relations familiales est salvateur. Koshiba Fuka est donc très touchante et juste dans ce rôle, mais le grand frère protecteur, joué par Kudo Asuka n'est pas en reste et montre tous ses facettes d'acteur au fil des épisodes alors que rien ne le laissait présager. Mais je n'en dirai pas plus. Bien sûr on peut être irrité par les "performances" de Tanabe Seiichi en papa trop mou ou Kato Seishiro en petit ami trop gentil . Mais n'ayant pas encore vu tous les épisodes, j'espère bien qu'ils cachent, eux aussi, une autre personnalité.
La musique sans être exceptionnelle colle à la série et l'apparition à plusieurs reprises du tube d'Ado, Usewa, est un excellent choix, à se demander s'il n'a pas été écrit pour celle-ci.
Finalement, on oublie vite le thème principal de ce pseudo pouvoir d'entendre parler les objets pour s'attacher aux personnages, à leurs désirs, leurs rêves, voir leur vie brisée et on s'imagine à leur place en s'interrogeant sur l'isolement, le handicape et surtout sur la vie d'une famille dont l'un des membres souffre de handicap. Mais pas de pathos, telle Mokomi, la série préfère s'attacher aux côtés positifs de la vie pour nous faire passer un message de tolérance, comme la promesse de fleurs prêtes à éclore.
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When I Was a Child Everything Was Fine
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Les étages de la vie
Qu’y a-t-il encore à raconter dans une sitcom de canapé en 2025 ? Friends et ses innombrables clones ont inondé nos écrans pendant des années. Mais peu de sitcoms travaillent la douceur et la tendresse comme ce drama fuwa fuwa, à la fois familial et étonnamment moderne sous son aspect de prime abord totalement désuet.Le titre dit déjà tout, en parfaite adéquation avec une bande-son d’une douceur infinie, entre reprises au piano et compositions originales de Yuming (alias Yumi Arai). Et pourtant, le thème central est celui du divorce, loin d’être abordé de manière joyeuse. Mais de douceur à douleur, il n’y a qu’une lettre, et l’histoire nous emporte dans une montagne russe d’émotions, dans le cadre trop cossu d’une résidence de classe moyenne de Tokyo. On y suit la vie d’un couple de quinquagénaires dont les enfants s’apprêtent à prendre leur envol. Un tournant de vie qui sonne comme un changement d’époque pour le mari.
D’autres couples, vivant aux étages, entrent soudainement dans la vie de nos héros. Ce microcosme devient à la fois un album de souvenirs et une boule de cristal pour nos futurs divorcés. Le couple de retraités (pléonasme au Japon), vacant comme il se doit à des activités bénévoles, incarne le modèle idéal de l’ère Shōwa. Le couple de jeunes lesbiennes, un peu paumées et complètement fauchées, rappelle les débuts amoureux de nos futurs divorcés. Ces personnages miroirs et ces nouvelles amitiés les feront réfléchir aux décisions à prendre, mais surtout nous feront rire, car Chiisai koro wa est avant tout une comédie, portée par de merveilleux acteurs.
Si nos amoureuses en font parfois un peu trop (mais comme le chantait Anaïs, ce genre de couple existait bel et bien dans les années 2000), c’est Kitamura Yukiya qui se révèle au sommet de son art. Décalé par rapport au monde dans lequel il vit, il est, avec son patron, l’un des derniers dinosaures de l’ère Shōwa. Sa femme ne rêve que d’émancipation et lui impose un compte à rebours de vingt ans depuis la naissance de leur fille. Le voir dégoulinant de sueur, égrenant les jours qui le rapprochent du divorce, est un vrai délice. Bien sûr, on a de la peine pour lui… mais qu’est-ce que c’est drôle ! Accroché à son furikake, condiment symbole d’un Japon d’un autre siècle, il incarne à merveille une époque révolue. Et qu'est-ce qu'il est touchant. Les autres acteurs ne sont pas en reste : les scènes avec sa femme dans la voiture ou celles avec son patron lors de séances de chant mémorables valent à elles seules la vision de la série.
Ce petit bijou, ponctué par la discographie de Yuming, est sans conteste la bonne surprise de l’automne en matière de comédie familiale. À voir seul, en couple, à tout moment de la vie. Et dépêchez-vous, le compte à rebours a commencé.
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Médecins de nuit (facile)
Habituée des comédies romantiques, pour son jolie petit nez et son grain de beauté légendaire, peut-être, Haru soulève à bout de bras son rôle de médecin urgentiste et tente de réanimer le genre plus qu'usé qu'est le drama médical et pas seulement au Japon. Va-t-elle y parvenir avant la relève de cette satanée équipe de jour ?Depuis Urgence (1994) mais surement déjà avant, avec Médecin de nuit en France (1978) par exemple, les héros, médecins et torturés, faisant passer leur travail avant tout, au détriment d'une vie social et familiale sont légion à la télévision. Mais les dramas japonais ont ce pouvoir d'attraction, qui, par une idée plus ou moins originale ou une spécialisation, tentent à chaque fois de renouveler le genre. Oncologue, radiologue, médecin de ville, de campagne, d'ile, de montagne et même de bateau de croisière. On attend à chaque fois le petit plus qui va donner un regain d'intérêt à un genre sous perfusion. Autant dire que la mise en avant à outrance du statut "médecin de nuit, héros invisible" ne me dit rien qui vaille. Car en plus d'être déjà vu, les nuits japonaises sont certainement bien moins criblés de balles qu'aux USA et les accidents de la route (pourquoi tant de collisions avec les konbinis, d'ailleurs ?) ou AVC vont vite nous faire tourner en rond.
On peut compter sur les Japonais pour nous mettre en avant cette équipe de choc avec musique grandiloquente vu plongeante sur la salle des urgences, etc. Mais les poussifs scénaristiques sont là et dérangent. Nouvelle recrue en la personne de Kishi Yuta, très maladroit et tétanisé par la pression, ne se sentant pas fait pour ce métier et prêt à démissionner, mais bien sûr change complètement d'avis à la fin du 1er épisode. Heureusement dès l'épisode suivant la série prend de l'ampleur et très vite on s'attache à chaque personnage avec une empathie non feinte. Les voir évoluer dans le même immeuble, la journée alors qu'ils se supportent (dans les deux sens) déjà la nuit donne de la consistance aux relations et de l'humanité à ses personnages de fictions. Du statut de super héros sans failles, ils passent à des personnages très humains auxquels on peut tout à fait s'identifier. Chacun à sa petite histoire parallèle, ses raisons pour lesquelles ils sont devenus urgentistes et par un excellent jeu d'acteur vous toucherons.
Les excellents acteurs sont bien sûr la grande force de cette série, mais peut être une faiblesse aussi selon votre passif dramastique. Certains reprennent, à la virgule près, les rôles, les tics et parfois même le mystère qui entour son personnage déjà vu dans d'autres séries. Comme Tanaka Kei, que j'adore pourtant, mais qui nous fait un bis repetita de Unsung Cinderella ou Kitamura Takumi qui reprend les traits du maladroit infirmier de Nijiro Karute. Haru n'a plus à démontrer ses talents en médecine et quel bonheur de la voir sans masque, mais Okazaki Sae mériterait tellement mieux qu'un faire valoir d'Haru. À quand un premier rôle ? Heureusement (ou pas) celle-ci perd de l'importance jusqu'au milieu de la série permettant à chaque personnage d'avoir son épisode consacré.
Mais c'est évidemment pour les Johnny's, que certain(nes) se précipiteront au portillon pour faire signer les autographes. Car on a droit à un coup double en la présence de Kishi Yuta des King&Prince et Kitamura Takumi des DISH// . Pour ma génération (les vieux, donc) des acteurs confirmés comme Sawamura Ikki ou Maya Miki seront les bien venus, mais très en retrait, vous vous en doutez et pourtant les relations entre chaque protagoniste vont prendre rapidement une tournure inattendue redonnant dès le 3e épisode un regain d'intérêt pour une série médicale qui semblait bien banale au premier abord. Des liens dans le passé, des interconnexions, des secrets, des relations peut-être futures, avec des histoires pour chacun bien amené ce qui relègue malheureusement vu le nombre de personnages et donc d'histoires, certains au 3e rang. Kishi Yuta par exemple a vraiment du mal à s'imposer même après ce premier épisode ou il semblait être le presonnage principal. Avoir placé tous les protagonistes dans le même immeuble se révèle être finalement une très bonne idée. Même si avoir tant d'hommes autour d'elle, pour Haru, donne des allures de harem manga à certains moments.
Comme pour d'autres séries, souvent médical d'ailleurs, ce passant à Yokohama, la ville et en particulier le port sont mis en avant par une image d'un esthétisme proche de l'office du tourisme japonais. Il est impossible de ne pas avoir envie de voir Minato Mirai de ces propres yeux après ça.
Une série, donc, qui regroupe un casting, une image, et même des histoires qui ont bien plus d'intérêt qu'aux premiers abords (non, mais ce titre, il faut arrêter) Une série donc à regarder d'une traite, durant votre service de nuit dans cet hôpital dont les urgences ressemblent bien plus aux notres que celle des USA.
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C'est dans les vieux pots…
Peut-on attendre quelque chose de frais, voir d'originale dans une série prenant place dans un commissariat en 2022 ? La réponse est clairement non si on regarde d'un air détaché les premiers épisodes de Keishicho Outsider. Énième réinterprétation du mythe des détectives fringués comme des malfrats, mais ayant un cœur et un intellect gros comme ça. Ne prenez pas vos jambes à votre coup tout de suite, car plusieurs points de vigilances m'ont fait tomber sous le charme de cette série à la fois désuètes et hommage à des séries de Keishicho(u). Loin donc d'un manque de respect au genre.Des jeux de mots douteux et des quiproquos seront légion dans ce drama. Ce moquant à la fois des accents de la campagne, des gents du peuple, du langage des jeunes et des vieux à la ramasse. Toutes les "subtilités" destinées à nous faire rire par ce petit côté "beauf"seront difficiles à comprendre pour qui ne maitrise pas la langue du peuple, mais le jeu d'acteur aidera beaucoup. Non pas qu'il soit particulièrement bon, mais plutôt, particulièrement surjoué pour renforcer ce côté campagne. Alors même que l'action se passe à Kumamoto, la plupart des protagonistes, viennent de différentes régions et apporte leur lot de spécificité. L'humour apparait souvent du fait des affrontements de personnalités. Certains trouveront la mise en scène comme le reste trop lourd à digérer, mais il faut voir ce drama réellement pour ce qu'il est. Un moment de détente en famille, non-prise de tête, un peu comme si vous regardiez les films français Taxi. Chacun rigolera ou trouvera ça débile pour une autre raison. Les gents bien de la ville se moqueront des bouseux et les autres apprécieront ce côté plus chaleureux des relations, non aseptisées et plus spontanées.
Pour ma part, c'est le plaisir de voir jouer ensemble un lot d'acteurs que j'apprécie énormément qui me fera accrocher à la série. Nishijima Hidetoshi qui casse une image toujours propre sur lui, mais qui garde ce côté lunaire en Détective Yankee complètement à côté de la plaque avec le monde moderne. Son partenaire en la personne de Hamada Gaku cachant un lourd secret (aurait-il la tête à cela ?) en censé être son antagoniste, par son sérieux et son calme, mais rien n'est si simple, heureusement.
Le premier épisode beaucoup trop brouillon, par une mise en scène se voulant dynamique, mais perdant entièrement le spectateur, décevra un peu. Des personnages à gogo, loufoque, certes, mais sans lien bien expliqué et présentant les femmes comme étant très secondaires nous noient rapidement. J'attendais de voir Kamishiraishi Moka (Adieu) beaucoup plus vite et d'une manière bien plus subtile que la fille du commissaire tout juste diplômée de l'école de police placé là par son père. Mais son rôle, dans la suite, prend une importance inversement proportionnelle à sa présence dans cet épisode. Elle fait même complètement oublier nos deux partenaires qui se fondent finalement dans une équipe qui n'a plus rien de faire valoir à nos deux détectives. La série devient donc chorale. Hommage à toutes ses séries faisant la gloire du travail en équipe de la police métropolitaine, plutôt qu'un énième "Arme Fatale".
Chaque personnage à ses défauts, surexploité par la mise en scène. Hamada Gaku est suspect avec son front trop dégagé, assez pour faire apparaitre la sueur du mec qui a tout à cacher. Nishijima Hidetoshi est décalé avec son temps, fan lui-même des vielles séries policières, qui au Japon comme ailleurs ont été longtemps trop nombreuses à la TV. Les jeunes ne peuvent pas s'en souvenir. Kamishiraishi Moka est exubérante et c'est finalement comme ça qu'on l'aime. En faisant trop avec son skill théâtral, loin d'être lourde, on se surprend à attendre ses interventions. Si elle a toujours joué parfaitement ses rôles dramatiques, en premier rôle comique, elle s'en sort avec panache. Mais, soyons honnêtes, c'est bien en chanteuse qu'elle est la meilleure.
Finalement, d'une série basique de commissariats, on peut en tiré du plaisir, certes un peu honteux, mais ne le boudons pas. La détente et la joie de vivre qu'amène la série loin de tout réalisme policier (visez plutôt la série des Ishi no Mayu pour cela) est indispensable au regard de l'actualité. Et ce poncif des journalistes que je viens d'écrire n'est pas du tout démodé. Tout comme ses séries policières aussi vielles que la télévision. C'est en tout cas ce que j'aime à penser à mon âge avancé.
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L'ADN ne ment jamais
Tanaka Kei me surprendra toujours par ses talents d'acteurs. Lui qui peut prendre le rôle du médecin blasé, irascible, voir inquiétant tant il est difficile de lui arracher un sourire, mais qui peut jouer avec autant de brio le mec lunaire, maladroit et un peu niait le rendant si enfantin parfois. Tout le contraire de Yasuda Ken souvent habitué aux mêmes rôles de vieux bougon intègre, voir rigide et la plupart du temps flic sur en fin de carrière. Deux talents très différents et deux personnalités très différentes réunies pour un énième Detective Drama basé sur le duo flic sérieux/scientifique excentrique. L'ADN va-t-elle matcher entre ces vieux briscard du Showbiz et le jeune dramavors que je suis ?Un premier trop long épisode de 1 h 30 a du mal à mettre en place l'histoire de ce papa veuf élevant seul sa kawaï de petite fille de 11 ans. C'est vrai qu'elle est trop choupinette et parait beaucoup plus jeune que son âge, ce qui créé un premier malaise, surtout quand elle commence à philosopher sur la vie et la mort. D'autres fautes de goût viendront étayer ce drama qui multiplie les maladresses. Un serial killer très peu plausible et assez vite démasqué, ne parlons même pas du crime de l'épisode 2, qui est avant tout un crime à notre intelligence. L'épisode 3 s'en sort mieux et la narration devient plus classique, mais manque toujours de sens commun.
Les gaffes et incohérences se multiplient. Des pouvoirs quasi mystiques conférés à l'ADN et donc au chercheur vénéré comme une Idole par ses confrères (plutôt sœurs ici, d'ailleurs). Un superflic courant à la vitesse de la lumière assénant des coups dignent de comics trip. Une voix off commentant l'histoire comme un asadrama, même si c'est l'excellente et toujours jeune Matsuzaka Keiko qui si colle. Pourquoi la surnommer Baba dans l'histoire, d'ailleurs ? Encore une faute de goût. Évidemment choisir Un tube des BTS en ending n'en est pas une, mais cela aurait pu être un inédit et rajouté un peu d'éclat à une production assez fade qui s'ouvre par un opening trop inspiré des King Gnu ou Official髭男dism.
J'ai du mal a situé la série et savoir si on est dans la parodie (Detective Conan, sort de ce corps) ou dans le premier degré, car l'humour reste quand même au niveau de blaguounettes. Les acteur vous ferons sourire, car ils sont doués, mais vous serez aussi gêné, notamment quand Yasuda Ken se met à chialer à l'écoute d'une histoire trise. Ont-ils voulu être drôle ? Dans ce cas, j'aurai aimé plus de folie, à la Massage Tantei Joe, par exemple. La preuve, sil en fallait une, qu'une adaptation de mangas en live action peut être hilarante. Ne parlons même pas de l'addiction de Tanaka Kei, toxico des pâtisseries qui surjoue ce côté à certain moment tout en semblant absent durant les enquêtes et donc arrive à ce fait oublier à l'écran.
En voulant copier par ARN Messager d'excellentes séries de duo de détective x scientifique, celle-ci a perdu en qualité. Comme une brebis née par clonage et qui vie maladroitement sur ses 4 pattes, alors que ses parents gambadent fièrement dans la nature. La viande synthétique ne remplacera jamais complètement la vraie.
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La fille chocolat
Le rêve de tout gouvernement en quête d'économie dans le système de santé est en passe de se réaliser dans ce Drama à la morale plus que douteuse. Payer ses chirurgiens avec du chocolat, attribuer aucune formation aux assistants et ne faire plus que de la chirurgie ambulatoire, avec aucune règle d'hygiène en opérant à domicile. Mais quel est donc ce pays où, pour couronner le tout, les enfants de 10 ans sont exploités et ne vont pas à l'école ?Ni une dictature, ni un pays en proie aux guerres de tribus, nous sommes bien au Japon, pays de la bienséance et du respect d'autrui. Mais alors qu'est-il arrivé au scénariste de ce mystery drama à la morale et au bon sens totalement absents ? Devoir payer un million de yens cash pour se faire opérer d'un cancer à quelque jours de l'échéance fatale. Laisser une fillette de 10 ans sans occuper, avec des conditions sanitaires dignes d'un abattoir dans la jungle. Les patients sont des politiciens véreux ou des yakuzas, ou les deux en même temps. Assistée par une bande de bras cassés ayant peu de compétences médicales, mais sont, au hasard : flambeurs, humoristes ratés ou bourrés de troubles compulsifs. Les patients font confiances à Sakaguchi Kentaro en tant que chirurgien alors qu'il n'y a pas plus suspect que sa gueule. Et pour couronner le tout, il lui manque sa main droite, un comble pour la confiance en un chirurgien.
Le What the fuck va jusqu'à la passion dévorante pour les dramas romantiques chinois de notre petite fille. Mais là, évidement, tous ceux qui sont arrivés jusqu'à ses lignes la comprennent tellement.
Tout ceci peut être considérée d'une nullité absolue. Et ne parlons même pas du faux suspense du tatouage ridicule, ou de la facilité qu'à une journaliste à obtenir des informations des yakuzas ou des flics. Mais à force, on se prend au jeu de l'enquête qui est menée, même si encore une fois ses rebondissements sont capillotractés. Il faut accepter d'être dans un univers parallèle loin de tout bon sens. Mais n'oublions pas que c'est la loi des mystery-dramas japonais de mélanger humour, mystère et un peu de fantastique. Détective Conan, en tête, ne fait-il pas vibrer le spectateur adulte depuis des décennies. Alors pourquoi pas une chirurgienne enquêtrice et payée en chocolat âgé de 10 ans.
Parlons chocolats justement. La véritable star de ce Drama. Tandis que les placements produits ont envahi insidieusement tous nos dramas jusqu'à la crise de foie. Nous, petits européens, allons nous régaler en découvrant des produits, parfois classés comme luxueux, parfois classés comme F sur l'indice Nutri-score. Mais toujours présentés comme le comble du raffinement. Ce n'est pourtant, je le redis, qu'un habile (ou grossier) placement produit, dont vous aurez la confirmation quand la marque Lindor, qui pullule dans nos magasins français, sera citée plus de 10 fois dans un épisode. Grâce à cela, la production a eu les moyens de se payer d'excellents acteurs comme Sakaguchi Kentaro. Avec son regard tantôt mystérieux, tantôt donnant envie de l'adopter, on se demande comment la révélation d'Anata no ban desu, Nishino Nanase pourrait résister. Elle démontre une nouvelle fois sa palette d'actrice qui va bien au-delà des rôles de Cendrillon qu'on lui inflige parfois. Mais bien sûr, la plus kawai, la plus choue, la plus douée, c'est Shiroyama Noa. Habillée comme une poupée durant tous les épisodes, elle symbolise à elle seule tout ce qu'est un drama d'enquête à la japonaise. Les références à l'époque de l'entre deux guerres, à la Agatha Christie ou à l'époque victorienne sont vestimentairement nombreux. L'histoire a beau être ancrée dans les années 2020, ce rayon de soleil semble sortir tout droit d'une bonne famille de 1920, voir 1820 en Angleterre. Le mélange des genres, même s'il est lourd, est rafraichissant tout comme la bonne humeur de Shiroyama Noa qui, à elle seule, donne à ce drama le mérite d'être visionné. Mais débrancher vraiment votre côté rationnel de votre cerveau durant tous les épisodes, pour l'apprécier pleinement.
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Satomi Anatomy
Difficile pour moi d'être honnête sur la critique de Unnatural, tant le casting de rêve que nous offre la production peut supprimer toute objectivité. À commencer par le premier rôle Ishihara Satomi, son joli minois et sa moue bien naturelle pour le coup, peu faire fondre tout homme, même confortablement installé en chambre froide et cela à chacune de ses apparitions dans les dramas. Accompagnée de Kubota Masataka ultra-populaire auprès des demoiselles et bien plus encore auprès de moi-même, depuis que j'ai eu la chance de le rencontrer à la JapEx (qui me manque tant), et qui joue toujours aussi impeccablement le jeune bleu un peu benêt. Si on rajoute en collègue exécrable en la personne de Iura Arata (qui d'autre ?) ou un chef de bureau largué mais sympa comme Matsushige Yutaka (qui d'autre aussi ?), nous avons des rôles secondaires qui donnent à eux seules envie de se plonger dans la série. Et quel bonheur de revoir l'ancien duo pére/fils de Death Note (2015) réuni, même si les interactions sont moins importantes, évidement.Au départ, j'étais un peu déçu de retrouver une fois de plus ses acteurs dans un milieu médical, même s'il faut dire qu'ils portent bien la blouse. Mais j'ai vite compris que cette fois-ci il ne valait mieux pas être un de leur patient et pourtant dieu sait que c'est le rêve de beaucoup d'entre nous. On suit, en effet, les aventures d'un laboratoire privé de médecine légiste. J'étais passé à côté de la série à sa sortie venant juste de visionner Sign (Jap) et ne voulant pas me replonger dans cet univers, disons ... plutôt frisquet. Mais loin du sérieux du susnommé, Unnaturel aborde dès le début les autopsies de manière assez, voir trop, légère. Ça rigole, ça plaisante et ça joue la compétition au-dessus des cadavres, nous faisant ainsi partager le même malaise que Kubata, tout juste débarqué dans le métier.
Manque de respect ou manière de se protéger contre les 7K (à découvrir dans la série, mais évidement il y a kusai), on le découvre bien assez vite, d'autant plus que nos héros ont tous un lourd secret à cacher. Ce qui fait évidemment le sel de ce genre de série. Chaque épisode tourne autour d'un mystérieux meurtre, d'une maladie ou d'un accident qui comme toute enquête bien écrite vous tiennent en alêne jusqu'à leurs résolutions. Mais c'est la vie de nos acteurs préférés qui se dévoile, au fur et à mesure des 10 épisodes qui vous fera les enchainer sans vous arrêter. Même si à la fin du second on commence à imaginer facilement la tournure un peu trop classique des événements futurs. Mais avec autant de persos secondaires, comme le jeune croque-mort ou les collègues du labo qui nous donnent envie de connaitre ce qu'ils cachent également, il y a de quoi rester accrocher. Quand on repense en plus au premier épisode qui nous glace le sang à telle point il raisonne de manière affolante avec les événements de 2020, je me dis qu'il faudrait les prescrire à nos ministres de la Santé.
Production impeccable, suspense bien mené, secrets bien cachés et vie privée bien merdique, Inutile d'aller plus loin dans la dissection de la série, car tous les ingrédients sont réunis pour en faire un excellent drama d'enquête. Juste avant de refermer le corps pour le rendre à la famille, un dernier détaille me titille. Avec un tel Ending, comment se fit-il que la série n'est pas encore eu plus de succès. Jusqu'à en faire un film, ou des séquelles. On parle quand même de Kenshi Yonezu. Mais peut-être que justement, le succès phénoménal (et justifié) de Lemon a complètement embaumer la série. Une disparition, complètement unnatural, due à un Serial Tuber. Affaire classée, donc.
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Un éléphant, ça trompe énormément
Révélée par son superbe rôle dramatique dans l'indispensable film "Je veux manger ton pancréas", consacrée à l'age de 20 ans, alors qu'elle est sensée en avoir 11, dans des superproductions comme The Promised Neverland, Hamabe Minami arrive sur son simple nom et son joli minois quand même, à faire venir des hordes de fans de Light Novel ou de Manga devant le petit comme le grand écran. Si en plus son personnage est une otak à la langue bien acérée et ... porte des lunettes, alors là, je dis : qu'importe la classification en "comédies romantiques" de ce drama, je fonce.Présentée comme la énième histoire mettant en scène une mère célibataire à la recherche du copain idéal pour sa fille, celle-ci étant bien trop préoccupée par les études (et les BL), cette comédie romantique révèlera bien vite une joie de vivre et un humour décalé, autant que de belles et touchantes relations entre les personnages. À commencer donc, par cette mère et cette fille, vivant seules dans un superbe appart de l'arrondissement de Minato, avec vu imprenable sur la Tokyo Tower (jalousie) et ... un petit éléphant, mais malheureusement pour elles, complètement fauchées. Et pour cause Kanno Miho, la quarantaine et auteure de roman d'amour sur le déclin, vit largement au-dessus de ses moyens. Ce qui enrage sa fille étudiante qui se montre bien plus mature que sa mère. La tête pleine d'histoires d'amour pour elle ou sa fille, mais incapable de les retranscrire sur le papier, l'inspiration manquant cruellement. Sa fille décide donc de l'aider à trouver des idées romantiques en se lançant dans une quête amoureuse dont elle n'a pas vraiment envie. Le but final étant de pouvoir continuer à vivre ensemble dans cet appart avec vue sur un petit éléphant. Trouver un mari pour vivre entre filles, chercher la logique ?
Mais finalement on comprend ce caprice. Les scènes dans les parcs, devant les temples, dans les petites rues commerçantes ou dans ce vieux Izakaya reconverti en vendeur de Taiyaki sont si typiques d'un Tokyo historique. Certainement un de mes quartiers préférés et certainement une des raisons de pourquoi ce drama m'enchante tellement.
Les actrices principales sont doués, mais ça, nous le savions déjà, même si l'intonation dans la voix de Kanno Miho peut énerver. Disons que c'est pour les besoins du personnage qui doit forcer son immaturité. Les personnages secondaires ne sont pas inoubliable, mais assez bon quand il s'agit de faire rire, car il donne souvent de leur personne. C'est cet humour un peu potache qui m'a fait accrocher à la série et finalement les clins d'œil un peu lourds du début, faits au spectateur, en brisant régulièrement le 4e mur, deviennent vite indispensables. En plus, moi qui déteste les bêtisiers et autres fou-rire, je les attends maintenant avec impatience à la fin de chaque épisode.
Au final, un drama dont je n'attendais pas grand-chose, mais qui avec ses petites attentions, est rentré dans ma vie comme un ... petit éléphant. Auquel on s'attache et qui devient indispensable au point de tout faire pour le (re)garder. Comme cet appart dans le quartier très bobo de Minato.
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Bas les masques !
En cette fin d'année 2020 les productions françaises font encore totalement l'impasse sur la pandémie de Covid, qui continue à bouleverser nos vies. Peut-être dû à la gestion catastrophique de celle-ci en France, mais aussi à l'idée que les masques et autres gestes barrières dans les fictions pourraient faire fuir le spectateur. En Asie, les séries ancrées dans la réalité pandémique (notre réalité, donc) sont arrivées dès cet été. Mais j'avoue que moi-même, j'étais à la fois attiré par la curiosité de découvrir comment le sujet était traité et repoussé par cette anxiété de la vie quotidienne que je ne voulais pas retrouver dans un divertissement. C'était sans compter sur l'effet cathartique que pouvait avoir un drama qui traite intelligemment et avec beaucoup d'humour du sujet.C'est le cas de #Remolove, qui, si l'on s'arrête à l'affiche ou au résumé, peut être pris comme une énième histoire de futur trentenaire qui cherche à se caser avant ce satané 30ième anniversaire (cliché, quand tu nous tiens). Mais qui nous montre plutôt avec un certain humour à quel point la situation que nous vivons tous est absurde. Sur fond de romance par messageries interposées à la Meg Ryan(assez peu réaliste d'ailleurs), le drama traite des réseaux sociaux et de l'anonymat, de la solitude, de la vie de couple, ou des relations humaines en général, en cette étrange année 2020. Il donne à réfléchir et on se retrouve tous à un moment ou à autre dans ce drama.
Mais le point fort de la série, pour moi, c'est l'humour. Rire avec les masques, le lavage des mains et surtout la distanciation sociale paraissait mission impossible, mais c'est grâce à la jolie Haru dans le rôle de Mimi Sensei que tout cela est possible. Le port du masque l'oblige à intensifier son jeu d'actrice et surtout son regard hyper expressif. Ses expressions corporelles font mouchent à chaque fois. Son rôle de Médecin du travail obsédé par les gestes barrières permet une telle outrance dans le jeu, et cela sans jamais sonner faux. Les autres acteurs paraissent bien fades à côté, surtout les rôles masculins, qui malheureusement sont encore trop marqués par l'immaturité. Le port du masque devient ainsi un problème pour distinguer tous ses mâles au même traits de caractère. Mais c'est peut-être voulu, montrant à quel point Mimi Sensei est désabusée par les hommes. Après 3 épisodes j'espère bien encore être surpris, mais le teaser de l'épisode 4 me fait un peu peur. À voir donc.
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Je veux mon BB !
Attention, story à ne surtout pas mettre entre toutes les mains. C’est immoral, glauque et ancré dans la réalité des citadins en quête d’une vie de couple. Et qui de mieux pour incarner la trentenaire perdue dans sa vie de l’immense et pleine de solitude Tokyo que Uchida Rio. Même si les directeurs de casting ont tendance à la catégoriser dans les rôles de femme manquant de "finesse", pour rester poli, on peut dire qu’à chacune de ses apparitions c’est un bonheur de jeu réaliste et parfois dérangeant. Cette série ne déroge pas à la règle, où elle incarne la trentenaire perdue dans sa vie, passant d’homme à homme dans les bars à host après avoir été largué par son mari et ami d’enfance.Complètement immoral, la série dépeint un Japon ancré dans la tradition d’avoir un enfant dans un couple à la trentaine, en confrontation avec la vie moderne et solitaire des mégalopoles. Déjà vu mille fois dans l’insistance de la famille à demander à ses enfants de former le couple idéal avec le petit chéri, ici la série montre un réalisme cru, où l’infertilité entraîne les pires dérives.
Uchida Rio prend à bout de bras la série par son talent et sa présence, les autres acteurs n’ont qu’un jeu proche du soap opéra, que ce soit son ex-mari, sa rivale et bien d’autres seconds couteaux. Coucherie et coups bas, pour l’argent ou le pouvoir, rien ne sera épargné dans cette série déconseillée aux moins de 16 ans. Des scènes crues d’avortement, par exemple, poseront les bonnes questions et, sous prétexte d’une série de vengeance, typique du format 20 min de la nuit, la société est une nouvelle fois interrogée.
Et même si certaines situations relèvent du fantasme scénaristique, la réalité est bien mise en face de nous comme un miroir qui nous renvoie à notre condition minable d’être humain du XXIe siècle. Urbains, seuls, malheureux. Une série à ne surtout pas regarder après une rupture.
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l'histoire sans fin de 24 heures
Uso daro ! Nippon TV a osé nous remplir notre temps de cerveau disponible cet été (2025) avec une troisième saison de Senkyo. Et vous n’allez pas le croire, j’ai encore une fois kiffé débrancher celui-ci avec la même histoire, les mêmes personnages et la construction scénaristique qu’il y a deux ans. Ma chronique pourrait s’arrêter là, mais comme revivre les mêmes événements inlassablement ne semble pas vous déranger, voici le bis repetita de ma review de 2023… ou pas.Après avoir pris en otage un hôpital, un aéroport, on s’attendait bien sûr à une gare, un bateau, ou le centre des impôts à la veille de la fermeture. Mais non, coupe drastique dans les budgets oblige, la prise d’otages se fait dans les locaux de Nippon TV. C’est tout du moins ce qui est suggéré par le nom de la chaîne, et certainement les émissions visibles. Mais les clins d’œil à votre mémoire collective sont surtout pour la série elle-même : auto-référence assumée, elle se parodie alors qu’elle est déjà une parodie de 24 et consorts. Et la fractalisation de votre cerveau n’est qu’à ses débuts avec l’introduction de la prise d’otage du bus, car une fois les caméras en place pour les Oni masqués (enfin Yokai, mais où est vraiment la différence, pour nous Occidentaux), le 4e mur est brisé définitivement en assistant au programme de la chaîne de TV en temps réel. Seule véritable trouvaille de cette saison, nous plongeant dans un tableau d'Eicher. Le reste, c’est tout pareil.
Jusqu’au casting, qui ressemble à s’y méprendre à celui de la première. Si les fans de Sexy Zone seront contents du retour de leur Oni préféré, ça sent clairement le réchauffé, voire le brûlé. D’un côté, on peut découvrir la série avec cette saison, mais je la sens bien moins folle que la première. Déjà la deuxième était moins excitante par ses délires de situations improbables. La magie de la découverte estompée, on a du mal à retrouver ces éclats de rire sur une bagarre entre deux protagonistes qui étaient à l’article de la mort deux secondes avant. On connaît la chanson, alors la production s’est dit : « Faisons tout pareil. Et voyons l’accueil. » Et effectivement, on est subjugué par l’audace du manque d’originalité voulu. Un peu déçu par le peu de rôle que joue la fille de Musashi Keiji, alors que le potentiel était de créer une sorte de Maman, j’ai raté l’avion version Yokai. Frustration qui nait après le clin d’œil à son père du 2e épisode et le sentiment que la relève était là.
Mais comme dit, le what the fuck reste permanent même si la surprise est contenue. On reste donc aspiré par les cliffhangers d’avant coupure pub et surtout d'avant générique. Le kitsch et les réductions de budget transpirent de la série, mais retrouver les mêmes musiques, personnages, envies de vengeance, masques, lieux et pièges mortels un peu cheap, c’est un peu comme une madeleine de Proust. On se dit que le monde n’a pas changé depuis 2023. Un côté rassurant dans cette période en perpétuel mouvement. Vivement la version de Noël, dans un grand magasin, diffusée en après-midi de décembre sur TF1.
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Avis de crachin
Avec ce drama on peut s'interroger sur la santé mentale des producteurs japonais. Où voulaient-ils en venir en confiant a la mignonne petite chanteuse de folk Ohara Sakurako un rôle d'apprentie détective, passant son temps à être trempée des pieds à la tête en chemisier blanc et costume de secrétaire ? Car c'est bien ce qui frappe dans les premières images de cette production assez cheap. Pour les acteurs déjà. Pas vraiment de tête d'affiche, puisque l'héroïne, comme son frère, joué par Amato Yuma restent cantonnée dans le paysage médiatique japonais à des rôles secondaires, malgré quelques années de carrières et des apparitions dans pléthores de dramas. Le cadre ensuite, ce Love hotel bien kitch, de bord d'autoroute, avec ses tours façon château de parc Disney et ce père vicelard, tenancier justement de cet hôtel.Mais ne passez pas votre chemin tout de suite, puisque au delà des apparences ce drama recèle un non-sens et un humour bien moins lourd dingue qu'il n'y parait. On pourra même y trouver un certain charme.
Alors, oui, les habits de notre héroïne sont trempés et oui "vas y oni-chan" lors du jet de seau d'eau est limite-limite, mais la production a su rester quand même dans la décence et rendre ses scènes bien plus prudes qu'elles auraient pu l'être dans d'autre pays. N'attendez donc pas des images à la "Alerte à Malibu". Ohara-chan mettant plutôt en avant sa coiffure arrangée de 10 façons différentes en effet "wet". Jouant le rôle d'une étudiante en fin de parcours à la recherche de son premier emplois. Passant d'entretien en entretien, la série s'ancre dans la réalité des étudiants, malgré le caractère complètement fantasque du reste de l'histoire. La disparition soudaine de la maman, sans que les personnages semblent vraiment s'en souciés (on t'ils seulement contacté la police) Cet hôtel qui sert également de bureau au frangin, se prenant pour un Sherlock Holmes résolvant des disparitions de chats et autre mystère d'échanges d'étiquettes de promotion dans les Combinis. Où notre héroïne qui n'a qu'une seule amie, joué par la jeune et fantasque actrice Taiwanaise Pipi qui se retrouve présente complètement par hasard dans toutes ses affaires.
Affaires donc que Ohara chan aide à résoudre par son super pouvoir, qui lui-même n'est pas prêt d'être expliqué dans ces 12 épisodes de 20 min. Le pouvoir de remonter dans le temps grâce à une bonne quantité de flotte déverser sur son corps. Elle assiste donc à chaque épisode au vol de melon pan ou au meurtre ou à un meurtre des plus sordide. Car affaires ne sont pas du tout graduées dans ce drama. Construites toujours de la même manière, deux clients le A et B apportent leur demande et souvent et c'est là qu'on peut être déconcerté, car seule une affaire semble résolue au bout des 20 min. Est-ce voulu ? ...
Mais le charme de ce drama est justement dans cette déconstruction foutraque qui au fur et à mesure de ses épisodes prend son sens et donne de l'épaisseur à un mysterie drama fantastique, à la Detective Conan, comme on en voit tant. Des points clés comme la fin de l'épisode sur le toit font avancer l'histoire principale et donne finalement envie d'en savoir plus. Surtout que l'humour que certain diront lourd, est omniprésent. À la limite du Manzai avec le duo père fils justement très lourdingue. Mais si vous appréciez le genre et les situations très caricaturales (et japonaises) des jeunes filles cachées derrière un arbre pour espionner, vous allez adorer.
Ohara chan nous gratifie d'un Ending composé et chanté par elle-même, qui vaut à lui seul la vision du drama. Se mettant en scène pour le chant dans le générique. l'Opening n'est pas en reste, puisque les Enpitsu Macaroni nous offrent une ouverture Power-rock punchi et bien mise en scène par des effets d'eau classieux. Certains diront que c'est le seul moment qui a de la classe dans ce drama, je dirais que le Japon à aussi son charme pour son humour bien particulier. Et c'est pas Pipi-chan qui me dira le contraire. Épisode 4 à pisser de rire.... OK, je sors.
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