Émotions trop Automatic
Je ne vais pas m'étendre sur ce blockbuster puisque comme toutes les rares productions japonaises Netflix, les avis en français se déversent comme la pluie au-dessus d'un parapluie d'amoureux. Cependant, je ne pouvais pas m'empêcher de donner mon regard de vieux franchouillard amateur de drama à caractère lacrymale, sur ce très bien noté First Love : Hatsukoi. Dans la grande tradition japonaise de capitaliser sur une œuvre à succès et de changer de support, First Love surfent sur la vague des miniséries adaptées des chansons romantiques. Le Dry flower de Yuri c'en était, d'ailleurs, plutôt bien sortie, en se limitant à 3 courts épisodes et en associant le chanteur. Mais l'exercice est casse-gueule. Surtout avec la tendance sur Netflix de vouloir gommer les particularités japonaises afin de plaire à un maximum de culture. Pourvu que l'expérience ne se développe pas plus. Lemon et son bientôt milliard de vues pourrait bien en faire les frais. Après un premier amour impossible à retrouver, une absence impossible à combler. Et ça n'aurait rien d'Unnatural.Le choix d'une chanson d'Utada Hikaru n'est donc pas le fruit du hasard, c'est plutôt, qu'elle reste, du haut de ses vingt-cinq ans de carrières, une des stars asiatiques la plus internationale. Par sa jeunesse à New York à sa vie à Londres, sans parler de son style jazzie/R&B/electro, qui s'est fondu dans les productions américaines, comme les sushis en Californie. Bien sûr, elle fait partie de mon Panthéon, pour la voix et le style, et cela, depuis que j'ai des oreilles. Malgré cela, sa présence dans le déroulement de cette série est tellement intrusive, que ça en devient gênant. Mais c'est peut-être uniquement pour ceux qui, comme moi, n'ont pas assisté à la sortie de son premier album. Puisque avant internet, le Japon n'était promu en occident que par les animes. Les publicités à la TV, les affiches énormes dans le Métro ou les airs fredonnés par les acteurs marquent l'époque, mais ressemble à un matraquage plus caractéristique de la nôtre. Cet engouement peut donc paraitre faux pour ceux qui n'ont pas vécu la fin des années 90 au Japon. C'est-à-dire la majorité des spectateurs de cette série. OK, fille d'une célèbre chanteuse et d'un non moins célèbre producteur, son premier album composé par elle-même à seulement 16 ans faisait fit de démonstration de petit singe savant pour les médias et Sony. Ils ont certainement dû à l'époque en faire des caisses, mais là, trop c'est trop. Un peu comme ce commentaire.
En faire des caisses, c'est justement le problème récurrent de la série. Notamment dans les deux premiers épisodes, qui regroupent tous les défauts des séries japonaises Netflix. Passons sur les insupportables placements produits, qui heureusement s'atténuent à partir du 3e. Normal, puisque les marques ne misent que sur un ou deux épisodes, les spectateurs se désintéressant statistiquement des suivants rapidement. Ils dévorent bien, en général, le dernier et cela ne loupe pas, l'industriel revient à la charge. Avec cette fois-ci, un véritable scandale sanitaire quant au choix du produit. Il gâche complètement la tension et les émotions du climax, par une mise en valeur qu'on avait plus vu depuis John Wayne. J'étais moins gêné à voir l'inutile scène érotique, mais tellement indispensable pour Netflix. Et qu'on ne me dise pas : "ce sont les années 90, il n'y avait pas de loi Evin, c'est pour faire réaliste". Le pognon dégouline de la production et il vient bien de quelque part.
Génériques léchés et cinématographiques, tout comme la photographie et le piqué d'image. Celui-ci pourra, d'ailleurs, irriter la rétine lors des flashbacks, par ce grain faussement année 90, qui gâche votre écran 4K. Quelques minutes n'auraient pas gêné, mais plus de la moitié de la série ce passe dans ses années 90-2000, ou même la vie était en 480p. Heureusement la production n'a pas osé le 4/3. La musique, au-delà de l'omniprésence de la diva, est tout aussi à la pointe. Les passages piano solo, ou insert song font mouche et sont dignes des œuvres de la reine des opening. Les effets de caméra, vues plongeantes de drones, scènes aériennes, sont magnifiques, cinématographiques et dégoulinent d'empreintes carbones. On s'inscrit donc dans une très grosse production qui, du coup, rendent gênants les défauts qui n'avaient pas lieu d'être.
Si le perso de Namiki Harumichi, joué par Sato Takeru et Kido Taisei peut sembler cohérent physiquement (et encore) et cohérent dans le jeu, celui de Noguchi Yae agresse notre bon sens à chaque switch temporel. Et cela devient rapidement gênant au vu du parti pris de dévoiler les événements au fur et à mesure de l'avancée en parallèle des deux histoires. D'où ce choix, entre autre, du grain d'image pour faire comprendre au spectateur occidental, trop con ou raciste, que ce sont les mêmes persos. Avec tout de même, deux excellentes actrices, tout comme pour Namiki d'ailleurs. Dommage, que dans les premiers épisodes, on ne pense qu'à ce manque de ressemblance physique, sans pouvoir se concentrer sur les personnalités. D'autant plus, justement, qu'elles sont parfois bien différentes elles aussi. Cassés par la vie, ça peut se comprendre, mais là, les changements sont trop Automatics.
Grosse production oblige, destinée de surcroit à l'internationale, une pléthore de seconds rôles déjà connu en occident, tout du moins de visages, grâce au cinéma, défile dans cette série. Iura Arata, Furutachi Kanji ou Kaho, diront quelque chose aux habitués des salles obscures. Publique cible, j'en suis sûr, de ce drama pas si populaire que ça. Car on est bien ici dans des acteurs de cinéma d'auteur. Celui qui s'exporte si bien, notamment vers la France. Heureusement pour moi, donc, qui est fan de tous ses seconds rôles, ce qui m'a poussé à passer la porte du 3e épisode. Car il faut bien le dire, l'histoire devient vraiment intéressante à ce moment-là. Quand on dépasse enfin cette amourette d'un jeune génie du soudtracking et d'une influenceuse TikTok, présente pour attirer une génération bien éloignée des séries, mais également les clichés school life qui pullulent dans les premières minutes. C'est vrai, que ça peut faire sourire, comme un épisode de Sauvé par le Gong ou Hélène et les Garçons, mais ce n'est pas ce que j'attendais d'une telle production. Les lourdeurs s'estompent, alors, avec les épisodes qui passent, et les tentatives de légèreté, mais toujours dégoulinante de pognons dans la production (l'épisode mars) font passer la poésie avant le mainstream Tokyo style.
Pardon, j'avais oublié, l'histoire se passe à Hokkaido et un tout petit peu à Tokyo, comme si l'office du tourisme de l'île avait participé au financement pour rendre la région trop sexy. Il faut dire que ça marche, même un carrefour filmé par drone donne envie de visiter Sapporo. Vous aurez, si vous êtes patient, donc droit à des moments neigeux, trop "5cm per second". Mais le réchauffement climatique sera tout de même bien présent. Avec, entre autre, le mini short bien trop court de Aoi Yamada, dansant pour ses vidéos, en plein milieu des nuits fraiches de l'île la plus au nord du Japon.
Désolé, j'ai encore une fois eu un trou de mémoire, puisque j'avais annoncé ne pas m'étaler sur cette critique… Mais je voulais encore dire que Kanchiku Yuri, la réalisatrice et scénariste, si connait en clip classieux, puisqu'elle a tourné surtout des vidéos pour AKB48. Ce qui transparait dans son style et son amour pour la musique (Non, il n'y a pas de malice dans mes propos). Car, on sent bien, qu'au-delà du mainstream de la prod et du scénario un peu bidon (si, si !), c'est bien l'amour pour les love song, l'imaginaire d'un romantisme sublimé et cette nostagie qu'elle a voulu maladroitement faire passer. À nous, entre autres, petits occidentaux assommés par des clips de Rap et de chanson revancharde à la Miley Cirrus. Je la remercie donc de faire découvrir à grand coup de santiags dans la porte, certes, la délicatesse du romantisme à la japoniase. Et, je ne peux après ça, que conseiller de passer à Silence sortie sur les écrans en même temps et qui s'ancre vraiment, lui, dans un romantisme plus réaliste et qui j'en suis sur vous tirera bien plus de larmes. De plus, le succès phénoménal de son ending fait penser irrésistiblement à celui d'une chanson d'Utada Hikaru, alors pourquoi s'en priver ?
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Fake Plastic Ebifuraï
Voilà un sentiment étrange. Partagé entre mon envie de mettre en avant l'excellent travail d'Art House et de Hanabi, sur la distribution et la promotion des films japonais en général, et la déception d'une promesse non tenue pour ce film. Cette hype exagérée autour de cette comédie romantique qu'est Tempura. Un peu comme ses aliments de plastiques dans les vitrines des restaurants japonais. Vous assurant que le goût sera à la hauteur du visuel et pourtant… Malgré les promesses de nourriture et de franche rigolade qui allaient dans le sens d'un très bon moment passé dans nos salles obscures, ce catalogue des hésitations de notre héroïne avec en tête le fameux : " Je me mets en couple ou je reste célibataire ? ", pendant 2 h 15, ne m'a pas vraiment convaincu.Pourtant, tout semblait partir du meilleur pied. L'actrice principale, Nounen Rena, est excellente en Kuroda Mitsuko. C'est évidement le pilier du film autour duquel est bâtie une histoire, on ne peut plus banale pour une comédie japonaise. [30 ans, il est tant de se mettre en couple, mais mon petit ami est "légèrement " moins âgé que moi et ne trouve pas les mots pour déclarer sa flamme. Moi-même, j'hésite, que dois-je faire ? Garder mon indépendance de célibataire ou former une famille. ] Le hic n'est pas tant l'ultra vu des situations, mais à force de vouloir souligner la banalité de celles-ci (employée moyenne dans un office lambda,...) la réalisatrice Ohku Akiko arrive à nous ennuyer assez rapidement. Bien sûr, le but étant de nous approprier l'histoire, il fallait mettre l'accent sur la simplicité de la vie de Mitsuko, mais là, quel gâchis. Son jeu d'actrice est pourtant bien au-dessus de beaucoup d'autres, avec des passages émotionnels forts et surtout ce petit accent tellement mignon. La voix intérieure, calme et posée, qui l'accompagne tranche tant avec ses mots et son attitude. Les larmes, les joies, les cris imaginaires ou réels sont joués et transmis au spectateur sans accros. On souffre, on partage ses émotions. De son côté, Il n'y a vraiment rien à redire sur elle, si ce n'est pourquoi Non-Chan ne fait pas plus d'apparitions dans les dramas. OK, elle a performé en 2013 dans l'Asadora NHK Amachan, mais depuis elle manque assurément au petit écran. Gardant tout son talent d'actrice pour le cinéma jusqu'à réaliser elle-même ses derniers films, ce qui pose vraisemblablement problème pour le temps qu'il reste à consacrer aux autres productions et donc à ses fans qui l'apprécient tellement en tant qu'actrice.
Il ne faut en conséquence pas bouder son plaisir de la voir dans ce rôle fort et Hanabi ne s'est pas trompé en mettant en avant l'actrice dans sa promotion. Je n'en dirais, malheureusement, pas autant de la partie Tempura X Cuisine. On touche presque à l'escroquerie tant la promesse d'une passionnée de cuisine et de ce fait d'un film retraçant cette passion n'est pas tenue. Des dramas de bouffe, j'en ai vu des dizaines et pour cause, il n'y a quasiment que ça à la TV nippone. On y présente des restos ou des chaines de restos. Des spécialités comme les ramen ou les gyozas sont les stars parfois d'un seul drama déroulé sur 10 épisodes de 20 min. Sans compter les histoires se passant dans les cuisines d'un resto, dans la salle ou même sur des podcasts de critique de resto. Et là, mis à part les 20 premières minutes (le film dure 140 min quand même) les tempuras et la passion de la cuisine sont vite diluées dans la vie de notre héroïne. Pas de passion exacerbée, donc pour la cuisine. Un simple passe-temps du week-end, parmi tant d'autres. On a ce goût amer, cette impression d'avoir été floué par ses faux aliments qui ressemblaient tellement aux vrais.
Reste alors l'intrigue principale, qui retrace en gros une année dans la vie de Mitsuko. Montée de manière aléatoire afin de casser le rythme linaire de sa vie, énormément de flashbacks, amenés de façon assez fine, ponctus cette longue tranche de vie. On y côtoie une série d'acteurs tous très bons, plutôt habitués au cinéma, même si l'on croise le petit ami idéal et timide, Hayashi Kento dans énormément de dramas. Cette histoire, trop diluée sur la longueur, perd de sa saveur rapidement. Quelques incartades en Italie, par exemple, aurait pu permettre de redonner du sel à un plat fade, mais elles arrivent comme un cheveu sur la soupe. Le pouvoir comique des situations est mal géré, je pense en particulier dans l'avion ou certes, Non Chan est à son maximum en tant actrice, mais impossible de décocher un rire tant la mise en scène est lourde.
Mais ce qui m'a le plus gêné, c'est le support "film" et non "drama". Car on est bien ici face à une histoire au long cours, devant s'étaler sur une saison et non 2 h. De la comédie, des sentiments qui doivent prendre leur temps pour se développer. On sent bien que le montage en flashback est fait pour nous donner l'impression du temps qui passe, mais ça ne fonctionne pas sur moi. Encore la tête pleine de séries, comme Tokyo Tarareba Musume (2017), dont le pitch ressemble étrangement. Celui-ci va beaucoup plus loin dans le scénario et le développement des personnages. La comparaison n'est pas flatteuse et seul le jeu de Non est un poil au-dessus de celui de Yoshitaka Yuriko. Et encore. Même les sashimis de morue parlants, de cette série, sont bien plus fun que cette voie intérieure, certes classe ou rigolote... C'est en cela que j'en veux au distributeur français. J'ai l'habitude de regarder des films indépendants donneur de leçons ou montrant le "Vrai Japon" et je ne m'en plains pas d'habitude. Artistiquement parlant, il y a du bon dans le "mal nommé" Tempura (Retenez-moi, m'aurait plus, à moi). Mis là, j'étais mal engagé psychologiquement pour l'apprécier. Un peu comme si je m'attendais à ce qu'on vienne chez moi pour faire connaissance et qu'on reparte juste avec mon repas préparé par mes soins dans un Tupp. Une promesse non tenue, mais d'autres découvertes. Surtout une actrice majeure, et peut-être les interrogations de toute une génération pour ceux qui n'ont pas encore vu un drama sur les trentenaires metro-urbains japonais. Quel crime !
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Un petit sourire, pour la photo
Nous avons ici (les "vrais" savent), une Review de Radiation House, 3 ans après sa sortie sur le petit écran. Vous vous en doutez une nouvelle saison arrive bientôt et le souvenir des bons moments passés à mater cette série, à l'époque, m'oblige à m'y replonger pour profiter à fond de la nouvelle. Et je peux dire que je ne regrette en rien le re-visionnage complet d'une des meilleures série médicale ... ou pas, d'ailleurs que j'ai pu voir. Chaque moment me rappelle pourquoi je l'ai tant aimé il y a maintenant fort longtemps et me l'a fait encore aimer aujourd'hui.La réalisation est impeccable. Les décors sont réalistes et certainement réelles. On est plongé dans un hôpital (d'où le temps d'attente pour la saison 2, certainement, COVID oblige). L'action se passe en grande partie dans le secteur Radiologie, avec des longs travellings dans les couloirs, salle des machines et bureaux des radiologues. Souvent en un seul plan séquence, on passe d'une pièce à l'autre, avec un enchaînement d'acteurs et d'actions à l'écran sans la moindre coupure. Heureusement qu'il y a de la pub toutes les 10 min au Japon, pour souffler. Aucun temps mort dans les scènes et on se retrouve plongé au cœur de l'action avec cette impression de faire partie de l'équipe. Mais d'être totalement inutile, à courir toujours après nos collègues et avoir un temps de décalage.
Un peu comme Hirose Alice (qui d'autre, pour jouer la newbie ?) qui débarque fraichement sortie d'une formation de technicien dans ce service de radiologie, qui, présenté ainsi à tout d'un métier ennuyeux où l'on va enchainer patients, installations devant les machines, prises de photos, et cela, jusqu'à la fin de sa vie, en obéissant sagement aux ordres des médecins radiologues. Bonjour le Powa-hara, donc. Mais le cœur de l'histoire ne se focalise pas sur Alice-chan qui n'est qu'une extension de notre regard (et quel regard), mais bien sur le duo Honda Tsubasa et Kubota Masataka, vieux amis d'enfance dont un seul des 2 s'en souvient. Une histoire donc d'amnésie et d'amour de jeunesse, au cœur d'un service médical dont vous connaitrez tous les rouages et les luttes de pouvoirs. Comme d'habitude vous aurez une folle envie de devenir technicien en radiologie, tant vous voudrez de faire partie de cette équipe composée de bien plus de personnages déjà cités et surtout ressemblant fortement à une classe de lycéen déjantée. On trouve le beau gosse au pouvoir de persuasion tellement flippant, la beauté froide cassante, mais pas que, le maladroit poltron et héros qui s'ignore, des chefs de services ignobles, incompétents et carriéristes et une présidente bienveillante, mais manipulatrice et fofolle. Ce Drama, adapté évidement d'un manga, vous fera furieusement penser à GTO, transposé en Radiologie et c'est peut-être pour cela que je l'aime tellement.
Mais c'est aussi et surtout pour Kubota Masataka. Il joue ici un de ses meilleurs rôles, en Technicien/Médecin complètement lunaire, mais d'une compétence folle dans tous les domaines, sauf en amour évidement. Amoureux transi et maladroit invétéré, il est d'une drôlesse exacerbée et vaut à lui seul le visionnage, re-visonnage et re-re-visionage de la série. Bien sûr, des histoires parallèles avec une pléthore d'acteurs, en guest, viendront étayer la série. On aura beaucoup de plaisir à tous les revoir. Comme il se doit chaque personnage récurant aura sa petite histoire, mais on a ici une réalisation et un scénario qui permet d'avoir toujours de la place pour tout le monde dans chaque épisode. Contrairement au récent Night Doctor, par exemple.
On appréciera les trouvailles d'angles de caméra ou les utilisations des écrans, toujours à bon escient. Et heureusement, car ils sont omniprésents, comme toute cette technologie, mais avec justement avec les relations humaines tellement mises en avant dans cet environnement trop froid et technologique. Tout vous réchauffera le cœur, y compris cette musique si parfaite et si ... médical. Et comment ne pas sourir de bonheur en entendant Man with a Mission en Ending ? Et mieux que ça en ayant le groupe au cœur du scénario d'un épisode. Pour la saison 2, je ne peux dire qu'une chose "Fly Again" (les vrais savent !).
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Qui a laissé traîner ses chaussettes ?
La famille, y a que ça de vrai et les Japonais ont un sens aigu et une représentation très codifiée de la vie familiale. Dans "Sousa Kaigi wa Living de!" on retrouve Mizuki Alisa en mère de famille beaucoup plus sympathique que celle incarnée dans "Watachitachi ha douka shite iru" mais qui n'a pas moins de mordant, puisque elle fait partie des forces d'intervention spéciales de la police. On est pourtant bien devant une comédie d'enquête pépère dont les Japonais raffolent (et moi aussi). Une grande partie de chaque épisode se déroule dans le salon de la famille, d'où le titre, Et celle-ci cherche à résoudre des délits aussi passionnants que la disparition de Manekinekos sur le pas d'une porte.Composé donc de la maman flic, du papa écrivain (de romans policiers, tu m'étonnes) et d'un écolier un peu trop sérieux pour son âge, le trio ressemble un peu trop à une photo publicitaire pour quartier résidentiel. Mais voulant s'éloigner des clichés patriarcaux de trop de dramas (moins en moins quand même), c’est-à-dire, le père absorbé par le travail, toujours absent de la maison et la mère au foyer, les scénariste et la mise en scène nous fait tomber dans l'excès inverse en présentant une maman jouant ce type de papa et vis versa. Les ressorts comiques reposent surtout sur la dissimulation des métiers de chacun et sont finalement un peu légers. Les seconds rôles prennent heureusement le relai.
Malgré ses défauts, on prend plaisir à découvrir le quotidien d'un banal quartier résidentiel japonais, leurs us et coutumes (les codes, toujours), mais si vous n'accrochez pas au premier épisode, passez votre chemin. Toute la série est ainsi. Moi j'attends la saison 2, car j'aime toujours me plonger dans le quotidien (pas) prise de tête des Japonais.
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Le soleil a rendez-vous avec la lune
Le retour de la plus "dangereuse femme au foyer" du Japon, Ayase Haruka, dans un thriller policier ne pouvait qu'attirer mon attention. J'ai donc regarder le premier épisode de Heaven and Hell sans vraiment lire le résumé et je dois dire qu'au bout de 40 min j'étais prêt à abandonner l'enquête. Celle-ci étant menée de manière bien trop classique, voir ennuyeuse, avec en plus un montage des plus étranges. Entre paysage de claire de lune onirique et scènes animés hors sujet. Sans parler d'un choix musical d'un autre âge avec un "pom, pom, pom, pom" que même Beethoven ne supporte plus. Et pourtant il est sourd.Tout est fait, en plus de cette introduction de plus d'une heure quand même, pour nous faire détester l'environnement de l'héroïne. Malmenée par ses supérieurs ultras machos voir caverneux quant au statu de la femme, qui touche à la parodie tant l'unique femme enquêtrice peut faire faux dans ses bureaux bourrés à la testostérone. Mais en même temps, les dernières déclarations du patron du commité olympique japonais nous rappelle à quel point les situations de drama sont encore la réalité des femmes japonaises de 2021. Certains diront que ce sont des banalités sur le Sekuhara et autres Powahara dans les entreprises, mais on se convaincra que c'est pour les besoins de la série et le changement de personnalité en sera que plus marqué. Vous devrez donc attendre les 5 dernières minutes pour comprendre le pourquoi de tant de lourdeur dans ses situations, qui ne sont pas pour autant excusables, tant au point de vue du fond ... que de la mauvaise mise en scène. Si vous avez lu cette critique jusqu'ici, vous aurez donc la patience d'apprécier la série à partir du deuxième épisode.
Le body swaping n'est pas nouveau et mainte fois repris dans beaucoup d'œuvres. Entre mère et fille pour que chacune comprenne les difficultés générationnelles de l'autre ou pour des échanges de vie que chacun trouve merdiques, mais une fois échangée, elles sont géniales ... jusqu'à regretter l'ancienne. Mais ce qui a été peu exploité dans les séries, c'est l'échange Cop-Serial Killer. Ce n'est pas dans la tête, mais littéralement dans son corps que l'héroïne se plonge, donnant ainsi une leçon d'acting particulièrement réussit. Devant jouer les deux rôles, son magnifique sourire devient un inquiétant masque quand cet Elon Musk japonais prend possession de son corps.
Takahashi Issei, joue ce beau gosse surdoué, aux tiques étranges, richissime et patron d'une firme ultra cotée qui vous veut du bien (Elon Musk donc) n'est pas en reste dans le jeu d'acteur. Il me ferait même oublier Ayase Haruka, tant son personnage féminin est touchant. Même si les tiques, des deux côtés d'ailleurs sont un peu forcés, pas de problèmes du côté du jeu une fois l'échange fait.
Les scènes de crimes sont particulièrement gores, ce qui dénote avec le reste de la série. Mais de la légèreté fait son entrée dès le deuxième épisode, puisque comme tout bon body swaping, une scène de levé de drapeau surprendra notre enquêtrice. Et malgré mon statu de fan incontesté de Your Name je peux encore être amusé par ses légèretés et sûrement vous aussi. On ne se refait pas. Et heureusement d'ailleurs, car la fin du 1er épisode laisse vraiment présager de scènes d'une rare violence perpétrées par une femme psychopathe assoiffée de sang.
Des acteurs merveilleux, car même la lourdeur de Kazuki Kitamura habitué des rôles de flics balourds fait mouche (et oui !). Un scénario qui semble tenir la route pour l'instant, du suspense haletant et du fantastique qui surgit de nul part. Seules certains choix musicaux sont à revoir. Excuse-moi, Ludwig, mais tu ne fais pas le poids face au Tadaima de Teshima Aoi. Mais ne change pas d'apparence qui veut. Il faut savoir se contenter de ce qu'on a et on a là un bon thriller-fantastique qui va vous tenir en halène jusqu'à que le soleil reprenne sa place à la lune.
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Cool jusque d∀ns le titre
Une avalanche de testostérone vous submerge dès les premières minutes de ce drama et vous n'êtes pas près de remonter à l'air libre. Avec un Pitch très classique, dépeignant une organisation qui travaille dans l'ombre, pour punir le politicien ou l'industriel véreux, on a pourtant droit à une série remarquablement efficace. Une action rythmée, des punchlines qui font mouche et une mise en scène adulte et dynamique. Tout ceci donne de l'intérêt à une situation de départ tellement déjà vue. Ne parlons même pas du jeune flic Rooki, muté pour insubordination, dans ce service du 6e sous-sol, caché au milieu des archives. La porte, une fois ouverte, laisse apparaitre des ressources "humaines", un budget et des gadgets sans commune mesure. Extension de nos yeux, comme toujours dans cette situation, le Nouveau joue la stupéfaction face à l'illégalité, mais efficacité du groupe et serre de caisse de résonance de notre propre aberration. Et ça marche ! Même si ça a été vu 1000 fois et souvent avec des séries de très bonnes qualités encore récentes, comme Cheat ou Nana-ri no Hisho. Cependant, dans celle-ci, on passe à l'âge adulte avec un côté violent et sombre qui tranche clairement avec le côté bon enfant des sus nommés.Sans doute les acteurs n'y sont pas pour rien. Ayano Go, acteur caméléon, capable d'exceller dans les romances lunaires comme Koi no Deep, ou Frankenstein Love nous montre tout son potentiel de Bad Boy à la cool et mérite à lui seul le visionnage. Mais il n'est justement pas seul et clairement Takahashi Maryjun est l'alliée de poids qu'il ne faut pas énerver sous peine de réveiller son sang philippin nourrit au kick boxing. Si le harcèlement sexuel semble enfin être pris au sérieux dans le milieu politique en France, ses messieurs pourront s'estimer heureux de ne pas la trouver sur leur chemin. Sa pisse le sang, c'est libérateur pour les perso de la série loin de la retenue qui fait le charme de ce si calme pays (en apparence, évidement). Ces deux acteurs sonnent justes, au même titre que la très stricte Kimura Yoshino dans son rôle de Bosley des temps moderne, en recherche de justice, voir de vengeance.
En effet, c'estle propos principal le propos principal de la série. La vengeance, face au Sekusuhara ou au Powahara qui ont tourné aux drames, mais malheureusement, peut être, d'une manière un peu maladroite à force de répéter les mêmes schémas dans chaque épisode. Pour les 4 premiers, on a l'impression de vivre un jour sans fin tant ils sont construits de la même manière. Heureusement la routine est assez vite cassée. Même si, à mon sens, 5 épisodes, c'est trop long pour que l'excellent grand méchant chic Watabe Atsuro (qui d'autre ?) réagisse à la situation. Mettre à la vu de tous, par les réseaux sociaux, les travers des politiques devraient les rendre un peu plus réactif. Un manque de réalisme, comme toujours, dans ses situations, mais qui ne gâche rien. Y compris la présence de Chiba Yudai adepte des rôles de beaux gosses androgynes, qui peine un peu à convaincre en geek tourmenté.
Un casting coup de poing, une mise en scène forte, une musique du tonnerre et stressante à souhait, un Ending de Uverworld ouvrant la perspective d'un nouveau monde nettoyé de toute impureté (tu parles). Voilà une avalanche de raisons de regarder ce mont Fuji des séries d'action.
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Netflix joue ça dernière carte, mais la partie est déjà pliée
Deux ans d’attente pour ce qui reste la série japonaise la plus plébiscitée (Shōgun est canadienne, One Piece est hors catégorie), toutes plateformes de streaming confondues. La hype était telle que la moindre faute risquait de décevoir des fans devenus accros aux merveilles d’Alice et de son petit lapin. Et pourtant, la conclusion de la saison 2 était belle : une fin ouverte, laissant, comme Squid Game, l’espoir de ne pas trop en faire avec une saison suivante. Car le défaut des survival games, c’est leur répétition, surtout après trop d’épisodes. Une impression de déjà-vu, encore pire dans cette saison 3, que je qualifierais déjà de « trop » après seulement deux épisodes visionnés (je hais le binge watching).Eh oui, au grand dam des fans, une nouvelle fois dithyrambiques sur les six épisodes, on nous ressert à chaque scène la « bogossitude » d’un Yamazaki Kento, oubliant au passage ce qui faisait le charme de la saison 2 : le développement des personnages et ces épisodes entiers consacrés à leur passé ou à leur présent. Certes, il y a bien quelques flashbacks, mais après deux heures de visionnage, ils se résument à une passation de carte entre un autre beau gosse, Isomura Hayato et des seconds rôles insipides. Alors que chacun avait compris depuis longtemps que le thème serait le joker, le summum du cheap survient avec la sortie d’une carte de sa poche par chaque nouveau personnage, sous un drapeau flottant. Je ne m’attendais pas à éclater de rire ici. Ils sont trop forts en production. Ils viennent de gagner 1 min de film.
Et le malaise continue avec des jeux que je trouvais déjà sans saveur dans la saison 1. Autant la saison 2 et la fin de la 1 avec la chasse à la sorcière m’avaient fasciné, autant le début m’avait ennuyé. Bercé par des mangas comme Battle Royale, Liar Game ou Mirai Nikki, ce n’était pas en 2020 qu’Alice in Borderland allait me scotcher à mon écran. Mais la tournure des événements, le climax de la saison 2 se rapprochant toujours plus de l'histoire originale de Lewis Caroll, m’avait définitivement conquis. Sans parler de Yamazaki Kento qui avait enfin haussé son jeu, tandis que d’autres acteurs habitaient déjà des personnages très forts.
Je m’étais attaché, comme tout le monde sans doute, à cette bande d'amis, que dis-je, à cette famille. La mort de plusieurs membres m’avait brisé le cœur. La conclusion de la saison 2 était magnifique. Mais voilà, sans cesse jouer avec mes souvenirs finit par m’agacer. Ces deux premiers épisodes sont insipides : aucun personnage ne me touche. Pire, on force l’émotion avec un personnage en situation de handicap, sans subtilité. Présentée comme une conclusion, cette saison me semble une insulte à ceux qui ont su apprécier la série sur la durée.
Le scénario ? Il n’y en a pas. « Tu disparais, je vais te retrouver et pour ça je retourne dans le monde des merveilles. » Mais bon sang, c’est Super Mario : désolé, « Peach est dans un autre château. » Maintenant que l’on sait que les morts ne meurent pas vraiment, ou alors sont déjà morts, la tension n’est plus la même. Les personnages paraissent lisses, comme ces deux potes de la saison 1 partis trop tôt, dont on espérait le retour. Mais cette fois, on sait qu’on ne reverra personne. Des personnages kleenex, qui ne suscitent aucune empathie, dont la mort n’a plus rien de tragique.
Alors, Alice retrouvera-t-il sa princesse ? Euh..., c’est un Netflix, rien à voir avec Gannibal (Disney+), qui tient en haleine sans jamais promettre de happy end. Si vous n’avez pas encore prévu un voyage à Tokyo, vous découvrirez bien quelques lieux… mais la déception est la même côté production. Shibuya et les autres quartiers n’ont plus cette intensité du vide. Temples, bureaux, métros ont une hygiène clinique qui sent le studio fermé et l’IA. Ça brille, c’est lisse, mais ça manque de poésie et franchement avec une attaque au gaz dans le métro, c'est une faute de goût impardonnable. Les plantes grimpantes cheap du 109 avaient au moins quelque chose de bucolique.
En réalité, le premier épisode m’a fâché, car c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire dans une suite non prévue. Il fallait plonger directement dans le pays des merveilles avec d’autres personnages ou héros qui après attachement auraient pu mourir tragiquement. On se serait demandé, pourquoi ils sont là. Si on était aussi dans leur subconscient. En quelle année, de quelle manière…, Des indices auraient pu nous mettre sur la piste. Puis Usagi serait apparue, et l’on se serait interrogé. Juste avant de mourir, Alice l’aurait sauvée en réapparaissant lui aussi. Cela, vers le 4e épisode, une fois les autres personnages bien installés. Bien sûr, Usagi aurait expliqué qu’elle cherchait quelqu'un, car un scientifique lui aurait dit qu’il est dans le coma. Putain, j'espère que ce n'est pas ça la fin de cette saison, c'est tellement mal suggéré dès les cinq premières minutes… mais honnêtement, si c’est le cas, les scénaristes doivent retourner à l’école, la production doit laisser tomber l'IA (surtout pour l'affiche) et moi, je vais continuer à attendre le prochain Golden Kamui, car honnêtement, ce n'est pas celui-là le meilleur drama japonais.
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Zombis repetita
Quel intérêt de faire une Review supplémentaire sur la saison 2 de Kimi to Sekai ga Owaru hi ni ? !!!!!! Impossible d'en parler sans spolier la fin de la saison 1. Et faire allusion aux peu de nouveautés du premier épisode pourrait gâcher les révélations du dernier. Et pourtant je voulais remettre une couche sur ce Zombie outbreak qui m'a particulièrement marqué et continue à l'heure qu'il est à me maintenir en allène chaque semaine. Et dieu sait que j'en ai ma claque des infections, des virus et des vaccushin depuis plus d'un an.Oui, cette série est très gore avec ses cascades de sang, de chaires à vif et ses coups d'objets contondants en pleine tête, en gros plan, perpétrés par femmes et mêmes enfants. Mais qu'est-ce qu'elle donne comme leçons d'humanité aussi ! Tous les défauts de la race humaine sont exacerbés. De la jalousie (très présent) à la peur, mais comme ils le répètent eux-mêmes assez souvent dans la série, les protagonistes forment une véritable famille avec ses querelles, mais surtout l'entraide, l'amitié voir l'amour que nécessite la survie dans ce monde approchant de sa fin.
Ne vous trompez pas, dès la dernière seconde de l'épisode 10, vous enchainerez la deuxième saison. C'est également l'étrange décision qu'a pris le diffuseur Hulu. Et cela, même si créer une attente aurait augmenté le buzz autour d'une série qui le mérite amplement. Bien plus d'ailleurs qu’Alice in Borderland, extrêmement surcoté quand on compare la qualité de Kimi to Sekai ga Owaru hi ni. Netflix à beau avoir le nez creux, il a laissé passé, ici, une série au succès qui pourrait être mondial si on s'en donnait la peine.
Takeuchi Ryoma est charismatique à n'en plus finir et nous rappelle un Will Smith à ses débuts au cinéma. Les autres acteurs ont créé des personnages attachants qui nous déchireront le cœur s'ils viennent à disparaitre.
Seulement 6 épisodes seront largement insuffisants pour satisfaire notre envie de suivre leur (sur)vie dans ce monde sans espoir. Mais le 1er épisode de la saison 2 ne laisse pas de doute sur ce qu'il serait encore possible de faire dans une 3e saison. Je vous laisse imaginer les conséquences de chaque "acte".
Toujours réservé à un public averti (moins de 16 ans, passez votre chemin). La mise en scène comme les musiques restent d'une qualité cinématographique. Bien que les flashbacks tout mignons me manquent en fin d'épisode. Même si le générique, en défilement du staff, donne une classe supplémentaire au tube de Masaki Suda. Et nous fait croire un peu plus qu'on est au milieu d'une grande salle de cinéma en train de regarder un excellent Blockbuster, quelque part, avant la pandémie mondiale qui a tellement bouleversé notre vie.
Review de la saison 1 ici : https://kisskh.at/profile/Kenseiden/review/121401
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Attention les secousses
Méfiez-vous d'une femme trompée, bafouée, humiliée. C'est le message asséné par ce drama qui, tout au long de ses 10 épisodes, répète que l'on peut organiser toute sa vie sur la vengeance envers une femme et son ex-mari. Replica reprend la formule éculée de La vengeance aux deux visages entamée en 1983, et qui a donné lieu à tellement de répliques depuis que le titre de ce drama popcorn en est presque un clin d’œil. Alors, vaut-il mieux en cette fin 2025 se jeter sur cette marque, ou choisir dans le rayon junk food plutôt Musume no Inochi wo Ubatta Yatsu wo Korosu no wa Tsumi desu ka?, un autre drama de vengeance féminine, mâtiné de chirurgie improbable, mais moins obnubilé par la fierté bafouée d'une femme ? On parle quand même de meurtre pour notre fukushū drama d'automne, ici cela parait du coup un peu léger pour tenir en haleine 10 épisodes de 45 min.De l’ijime à tous les étages pour notre germano-japonaise Triendl Reina, spécialiste malheureusement des guest roles dans les nanars télévisuels. Alors, quand elle obtient un premier rôle, on ne peut que se méfier. Malheureusement, je constate souvent que les acteurs binationaux n'ont droit qu'à de petits rôles et souvent dans des bouses. Je pense à Becky ou à d'autres. Je sais, je vois le mal partout, mais ça doit être à force de visionner des dramas comme celui-ci.
Effectivement, notre Cendrillon n’a pas de chance, du collège à son divorce., c’est la très machiavélique Miyamoto Mayu qui la harcèle pour sa laideur, lui pique son mari et l'a fait virer de son emploi. Non, vraiment, on comprend que, de laidron, elle souhaite devenir mannequin grâce à une chirurgie qui, de manière un peu plus réaliste, ne se fait pas en un clin d’œil comme dans Musume no Inochi. Il faudra quelques mois et beaucoup de bandages pour arriver à une schöne Fräulein. Tous les lieux communs de ce genre de drama défileront : les hommes préfèrent les belles ingénues stupides, les belles femmes sont cupides et superficielles.
La réalisation ne casse pas de briques, le scénario est convenu, on espère tout juste avoir un peu de surprise avec le second rôle de Senga Kento, qui laisse planer le mystère sur ses intentions. Mais vous aurez quand même votre quota de rigolades, non voulues, évidement, pour les FX maquillage. Car malgré les efforts sur les paupières, il faut vraiment se forcer à ne pas reconnaître le personnage de Reina. C’est là que les acteurs doivent montrer tout leur talent : « Ah, c’était toi, je ne t’avais pas reconnue ! » Non, franchement, vous allez bien en rire. Et pleurer aussi un peu, car le mari de Reina me fait réellement de la peine. Lui si gentil et carré… comment peut-il succomber au charme de ces diablesses ? Bon, vous ne tiendrez peut-être pas, tout comme moi sur la longueur. Mais j’ai quand même regardé la bonne moitié, malgré le fait de ne pas être la cible de ce drama. Kimura Ryō, le mari, n’était pas la cible non plus, et il a malgré tout été visé par sa femme moche, sa maîtresse ultra-sexy et à nouveau sa femme ultra sehr schöne. La revanche des geeks à lunettes. Trop la classe le mec !
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Extrême Oiran
Dans la jungle des dramas japonais, il est parfois difficile de choisir une nouvelle série à regarder. Celle-ci a été choisie uniquement sur un jeu de mot d'une nullité affligeante et donc qui touche au génie. Car une telle prise de risque (certains diront inconscience) de la part des producteurs décuplée par une affiche racoleuse au possible (geisha aguicheuse sur fond de building) ne pouvait qu'aiguiser ma curiosité (malsaine ?).Alors on ne fait pas dans le détail, dès les premières secondes, une courtisane de l'époque Edo débarque dans une famille vivant chichement dans le Tokyo de 2021, et cela sans autres explications. Elle gardera sa coiffure traditionnelle durant tous les épisodes, voir ses kimonos également, et cela pour faire toutes sortes de baïtos. Elle aura accepté sa situation au bout des quelques premières minutes et les épisodes s'enchaineront avec une capacité d'intégration dans le Tokyo de 2021 étonnante pour une déracinée temporelle.
De toute façon les voyages dans le temps étant devenus courants dans les dramas, inutile de s'encombrer d'explications. On continue donc d'explorer l'histoire du Japon comme c'était déjà le cas avec le romantique Line! Hikari Genji-kun ou le plus ludique, mais incompréhensible en replay Rekishi meikyuu kara no dasshutsu. Si on reste dans la veine romantique et ayant un peu trop de similitude avec le premier nommé, l'humour qui se dégage de Edo Moiselle m'a plutôt agréablement surpris.
En effet, je m'attendais à beaucoup de situations graveleuses sur les courtisanes de l'époque Edo, mais c'était sans compter que ce drama était pour un public japonais et non international. L'héroïne est souvent touchante et fait mouche face aux mâles modernes avec finalement une défense de la condition féminine permanente. Le parallèle des bars à hôtesse, nécessaire pour signer un contrat, sonne assez juste, par exemple.
Sans vouloir en permanence donner des leçons, notre héroïne est empreinte de modernité, mais reste en adéquation permanente avec l'époque d'où elle vient. Mais c'est dans les situations de comédie que l'on prend le plus de plaisir. Même si en permanence l'humour joue sur le décalage des époques, je me surprends à pouffer de rire pour une simple photocopie.
Les acteurs sont malheureusement assez banals (dans le jeu, le physique, mais pas le look...). Edo Moiselle n'a rien d'une superproduction même si Okada Yui porte magnifiquement la coiffure d'époque et sait habiller son regard. Hayama Shono a peine à convaincre tout comme le reste du casting, voilà peut-être pourquoi il porte ses habits si improbables, ceux de l'Oiran passeraient presque inaperçu à côté. Dans une sitcom, ce n'est pas si grave et tous ses acteurs habitués au second rôle sont aussi rafraichissants et changent des Hirose et autres Kubota un peu trop parfaits pour nous.
Si pour vous, c'est l'humour qui prévôt, avec un peu de romantisme et de sensibilité, si les costumes et coiffures d'époque sont votre kif et si vous n'en avez pas marre des voyages dans le temps, Edo Moiselle saura répondre à vos attentes. Étant un homme j'irai plus vers ce drama que vers Iine! Hikari Genji-kun. Mais c'est à vous de faire votre choix. "Madame" à tant de plaisirs à vous proposer.
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La valse des remplaçants
Le sensei nouveau du printemps est arrivé (forcément, l'école commence au printemps). Et ce n'est pas le seul marronnier qui vous attend dans ce énième Hiiro Sensei Drama de la télévision japonaise. Étant moi-même prof, je l’ai dit cent fois : j’ai toujours à cœur de découvrir de nouvelles perceptions du métier et les compétences de mes collègues des antipodes. Si en plus c’est l’éternellement drôle et gaffeuse Hirose Alice qui endosse la tâche de mater la génération Z, je ne vais pas bouder mon plaisir de revoir les sempiternelles scènes d’adultes qui détournent les yeux face au harcèlement, et la bataille entre les pédagogies différenciées de la principale, de l’adjoint, des parents et des profs. Allez, c’est reparti pour un tour !Il est loin, le temps de GTO, et pourtant si proche dans la personnalité de Urumi Shizuka, qui, tout comme notre Great Teacher, n’en a rien à faire des élèves et cherche juste à se la couler douce comme fonctionnaire après une longue période en tant que NEET. Le bagou d’Onizuka-sensei en moins, tout de même. C’est surtout ce que l’on pense dans le premier épisode, avant de découvrir la vraie situation de notre héroïne, qui résoudra, à l'insu de son plein grès, les problèmes des ados, qu’elle déteste tant. Pas de spoil ici, c’est simplement la loi du genre. Et les caricatures vont être nombreuses : entre les profs lèche-bottes de l’adjoint, les parents toxiques et l’Ijime, qu’il faut, malgré tout, toujours dénoncer. Les acteurs n’ont pas besoin de forcer le trait tant on connaît la chanson, mais j’ai quand même un petit faible pour le prof de maths loser face à ses collègues et ses élèves, et qui se croit expert en conseils de vie. Question de corporatisme, peut-être.
Bien sûr, on attend essentiellement Hirose Alice au tournant, semblant être le seul véritable atout de cette comédie qu’on espère tous voir partir dans un délire total, jusqu’au bout. Jamais aussi bonne que dans un rôle mi-yankee, mi-gaffeuse, placée là où elle ne devrait pas être et se plaignant mentalement à chaque conversation ennuyeuse, les premiers épisodes augurent de très bons moments. Le secret d’Alice tarde à être dévoilé et reste volontairement en retrait, sans doute pour éviter de reproduire le traumatisme divulgâchique qu’a été "La danse du paon" de sa petite sœur, il n’y a de cela que quelques semaines, et cela, dès le premier épisode, en plus.
Bien sûr, chaque épisode suit la trame habituelle : un élève, un problème, une solution à la fin. Mais certains vont plus loin. Dès la fin du troisième, tout n’est pas si rose, et on imagine le scénario prendre de l’ampleur. Quelques trouvailles, comme la place prépondérante d’internet en tant qu’aide (pour éviter de donner une trop grande supériorité au professeur face au commun des mortels), sont salvatrices.
Sans être un chef-d'œuvre du genre, on prend toujours autant de plaisir à suivre l’histoire d’une classe sur une saison, espérant y déceler la future Nagano Mei, Hara Nanoka ou Kawai Yuumi. On s’amusera des facéties de Hirose-san, aussi forte pour sourire que pour faire la gueule. Et là, elle décroche la palme, renforcée par cette frange improbable, mais qui vaut, à elle seule, le visionnage.
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Cœur de loup
S'il y a un genre que j'apprécie particulièrement, c'est bien le school drama, surtout lorsqu'il est empreint de mystère et qu'il ravive chez-moi la flamme de la jeunesse et celle de l'enseignement. J'attendais, donc, depuis longtemps un successeur à 3-nen A-Gumi, tant du point de vue du casting, de l'intrigue que de la réalisation. J'avais foi en Saiko no Kyoshi: 1 Nen Go, Watashi wa Seito ni Sareta (2023) et en la très bonne prestation de Matsuoka Mayu, mais je restais encore sur ma faim.Aucun acteur n'était encore arrivé à la cheville de Suda Masaki dans le rôle du professeur principal psychopathe, mais... entièrement dévoué à ses élèves. Il se pourrait bien, cependant, qu'il ait trouvé un véritable concurrent en la personne de Matsuzaka Tori, qui n'a plus rien à prouver, mais qui pourtant, concourt ici pour la meilleure performance masculine de l'année.
Ceci dit, un bon drama ne repose pas sur un seul acteur, et encore moins dans ce genre si particulier qu'est la prise en main d'une classe (de terminale, pour coller encore plus au cahier des charges du genre) sur l'année. Un bon casting dans la classe, qui a révélé ou confirmé tant de jeunes talents dans 3-nen A-Gumi ou Salomon no Gihou, est l'élément essentiel pour ces dramas. Il semblerait que Mikami Sensei coche toutes les cases avec la présence de Nagase Riko, Takaishi Akari ou Kubozuka Airu, pour n'en citer que trois. Souhaitons à ces jeunes acteurs la même trajectoire que Nagano Mei, Kamishiraishi Moka, Katayose Ryota, ou encore Hotta Mayu, qui revient ici pour signer ici une performance magistrale, à des kilomètres de ses univers habituels.
Le drama est d'ailleurs très sombre et d'un sérieux qui pourrait en rebuter plus d'un. Les rares moments de délires adolescents en deviennent d'autant plus précieux et je vous invite à les savourer. On ressent le poids que le monde actuel fait peser sur nos enfants : la pression constante sur cette nouvelle génération dans un monde en perpétuel mouvement, où l'éducation, dans les pays du G20, parait être le seul levier capable de changer la donne pour assurer la survie d'une nation. Conquérir ou s'élever toujours plus haut que les autres... Des questions fondamentales de survie politique, culturelle, ethnique et familiale sont au cœur d'une intrigue policière menée d'une main de maître par toute la production.
L'écriture du scénario est diabolique. La mise en scène repousse les critères du mystery drama de qualité. Bien sûr, certains plans insistent sur des évidences, mais grâce à des mouvements lents et des angles de caméra audacieux choisis, assistés par une bande-son religieuse, ils instaurent un sentiment d'asphyxie encore plus présent que la simple pression décrite sur ces futures élites. On pourrait imaginer une exagération pour les besoins de l'intrigue, mais les récents scandales dans certains lycées privés français nous prouvent qu'on est parfois loin de l'horrible réalité.
Mikami Sensei va très certainement devenir une nouvelle référence du professeur psychorigide, mais profondément attaché à ses élèves. Matsuzaka Tori habite littéralement son personnage. Il excelle lorsqu'il doit paraître ennuyeux, tel le bureaucrate qu'il est. Il est impressionnant dans ses explications mathématiques autant que philosophiques. Et bon sang, qu'il a l'air humain lorsqu'il donne des leçons de vie à ses élèves ! Sans parler de son côté sombre lorsqu'il se transforme en enquêteur... Horrible pour ses collègues, qui, loin de lui servir la soupe, s'avèrent être d'excellents seconds couteaux, renforçant ainsi cette œuvre qui s'impose comme une nouvelle référence des dramas dénonçant un système qui broie totalement les individus. Il se permet même des de l'autodérision lorsqu'il décrit les dramas scolaires, imposants une image du prof héros irréprochable. De l'autodérision, il y en aura aussi dans le choix de One OK Rock pour l'ending. De révolutionnaire, on pensera plutôt à une référence aux gosses de riches.
Du classique, me direz-vous ! Mais ici, tout va plus loin dans la critique : L'éducation, bien sûr, mais aussi la bureaucratie, les castes, les médias, avec une interrogation sur le rôle du journaliste dans un monde gouverné par la rumeur et le poids des réseaux sociaux. Et le monde politique, impliquée dès le premier épisode, qui raisonne de manière synchrone avec une société japonaise sclérosée par ses conventions. La courageuse enseignante incarnée par Yoshioka Riho en est l'exemple parfait, broyée par sa propre famille. On y trouve aussi des enquêtes bâclées ou étouffées par l'argent et le pouvoir, si on ne peut même pas compter sur la police. Décidément, tout y est. Ce drama ne laisse aucune faille apparente.
On pourrait seulement lui reprocher la difficulté du vocabulaire lorsqu'on le regarde en RAW, mais il est certain qu'il marquera les esprits, comme d'autres avant lui en leur temps. Malheureusement, politique et éducation, dans la vraie vie, ne sont que ruine de l’âme... J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de Mikami Sensei pour nous protéger de tous ces loups, qui n’attendent que de remplacer l’ensemble du corps enseignant par des IA. Mais si c’est Lucy, l'éducation de notre pays pourrait enfin être sauvée.
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Natsu, petite fille des montagnes ...
Les Asadoras de la NHK ont un format très particulier 15min/jour, pendant 6 mois. Il faut pouvoir trouver son compte pour accrocher aussi longtemps à une histoire, qui soyons honnête tirent parfois en longueur. Pour ma part j'adore ce format qui permet de lancer des épisodes en rafale. De plus, ses dernières années, les thèmes abordés, la qualité d'écriture et la pléthore de stars en premiers rôles ou en guest arrivent à vous tenir en haleine malgré les moments un peu plan plan. C'est presque le cas de Natsuzora qui offre à Suzu Hirose un premier rôle à la hauteur de son talent et qui justifie à elle seule le visionnage. Comme cela semble devenir la norme avec ce format on découvre son personnage enfant et on suit sa vie sur plusieurs décennies. Bien moins palpitante, à mon avis que celle de Suzume dans Hanbun Aoi (mon Asadora préféré) on trouvera quand même son compte d'émotions dans la première partie de l'histoire et quelques rebondissements, certes attendus redonneront un regain d'intérêt. Découvrir la vie difficile des japonais du siècle dernier, partis coloniser Hokkaido et des orphelins d'après-guerre ma fait verser ma petite larme.Dans cette version japonaise d'Heidi (les similitudes sont quand même très fortes même si on essaye de nous vendre 'la petite maison dans la prairie') l'histoire nous touche par les liens créés par Natsu et son grand-père adoptif. Personnellement si je trouve que les rôles secondaires manquent de profondeur dans cette partie (et trop caricaturaux plus tard, pour les collègues de Natsu adulte), Awano Sari qui joue Natsu enfant et Kusakari Masao le grand-père vont vous faire fondre. Plus tard, la recherche désespérée de son frère et de sa soeur réussiront aussi à vous tirer une larme supplémentaire.
Mais soyons honnête, si je me suis plongé dans cette histoire ce n'est évidement pas pour les paysages bucoliques et les vaches d'Hokkaido ni pour suivre le combat difficile de l'émancipation des femmes japonaise, fil rouge de beaucoup d'Asadoras, mais pour le thème principal : la genèse de l'animation japonaise. Car comme beaucoup, avant de m'intéresser aux dramas, je suis un fan d'animation et de mangas. Et on suis bien les pionniers de l'animation dans cette histoire. Le terme 'Pionnier' semble être le fil conducteur de la série tout au long des 156 épisodes. On découvre les premiers films d'animations, le métier d'animateur de coloriste, de doubleur, les premiers studios d'animations, etc ... Cerise sur le gâteau des séquences d'animation ont été spécialement créés pour l'occasion, avec vers la fin de la série des un épisode quasi entier animé (d'une qualité un peu décevante par rapport au générique d'ailleurs). Car si on reconnait facilement la Toei dans le studio où Natsu travaille il était hors de question d'utiliser des séquences de film réels. Et on s'amusera donc à chercher à quel film fait référence cette séquence. Jusque dans le générique, créer par une jeune animatrice, chanté par le groupe Spitz et qui nous rappellera tellement le Heidi de Miyazaki. L'ombre du maitre plane sur les épisodes et certains des personnages ont du hérité de traits de caractère. Tezuka et Go Nagai ne sont pas très loin non plus. Voilà pourquoi je conseille cette série, qui ravira tous les fans d'animations d'après-guerre jusqu'au années 80, les vieux comme moi, quoi. La musique colle parfaitement à la série et vous vous surprendrez à fredonner les thèmes principaux. Un de mes Asadoras préféré.
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Mon papa à moi est un gangster, mais c'est lequel ?
Si l’auteur Uketsu reçoit un succès attendu en France (savamment orchestré par les maisons d’édition), ce n’est pourtant pas lui qui remporte le prix littéraire de la maison la plus étrange automne 2025. Dixit les très kawaii et très jeunes enfants dont Matsushima Sō et Shirasu Jin ont la charge. Cette série a un petit goût salvateur. À la volonté de bousculer les stéréotypes s’ajoute le combat quotidien d’élever des enfants dans le Tokyo de 2025. Un combat sponsorisé par le gouvernement métropolitain en quête d’une augmentation du taux de natalité, mais certainement pas par la nouvelle Première ministre, à qui je dédie cette chronique et, bien sûr, cette série pleine de tolérances, d’humanité et de familles recomposées.Adaptée d’un manga en 13 tomes, on a du mal à imaginer un renouvellement de l’histoire sur la durée étant donné le pitch de départ. D’autant plus que, très vite, le « non-couple » (je ne veux pas trop en dévoiler) est accepté et apprécié par l communauté des mères de famille, dès le deuxième épisode. Mais le fil conducteur n’est pas la recherche d’une maman pour accompagner nos deux superpapas, ou d'une reconnaissance de la société. Non, il s’agit de ce qui relie chaque Japonais à sa famille, a ses racines : la bouffe, évidemment.
Pour faire de cette salade recomposée une vraie famille, il est vite sous-entendu qu’il faut se mettre à la cuisine. Nos papas se transforment donc en super chefs, même si cela est loin d’être facile et la série, comme bien d'autres, en tuto culinaire.
Mais loin de se limiter à ce genre surreprésentés, le drama explore les liens familiaux et amicaux, avec douceur et justesse. Matsushima Sō joue un ancien délinquant et on se prend à enquêter sur le terrible secret que semble cacher Shirasu Jin.
Et c’est là que la série bascule dans un univers inattendu. D’une tendresse et parfois d’une drôlerie de chaque instant, certaines séquences parviennent à troubler, voire à glacer le sang. Car si la fillette, future star à coup sûr, vous fera craquer et éclater de rire, Shirasu Jin est suffisamment inquiétant pour maintenir le suspense à son comble.
Malgré son casting de Johnny’s et son côté fuwafuwa, cette série s’impose comme un véritable vade-mecum sur la famille de 2025. Une bouffée d’air frais qui donne le sourire tout en invitant à réfléchir sur les vraies valeurs de la vraie vie. Le gouvernement métropolitain de Tokyo valide de son tampon d'un autre âge. La première ministre, elle....
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Docteur Knock, ou pas
La bataille pour le meilleur J-Drama médical est à encore rude cette année. Dr Ashura m'a passionné ce printemps et je me demandais quelle valeur accorder à Doctor Price. Mais celui-ci m’a choqué par son approche financière et m’a poussé à consulter un autre spécialiste assez vite. Avec son titre improbable désignant de manière péjorative une des spécialités en médecine moderne, j’ai osé prendre rendez-vous avec ce drama pour continuer à avoir ma dose de Fuka-chan après sa performance dans Married My Husband Japan, mais aussi pour son ending rappelant qu'il n'y a qu'une seule chanteuse qui sache vraiment écrire des folk songs au Japon : c'est bien sûr Aimyon.Mais je m'égare, car vous, c'est le côté « l'amour à l'hôpital » ou « super neketsu doctor » qui vous fait vibrer. Alors, ce énième byouin drama va-t-il répondre à vos attentes ?
Baisse de la natalité ou crise des vocations, la France n'est pas première en la matière. Au Japon, il n’y a plus beaucoup de bébés depuis longtemps et les médecins généralistes sont encore moins nombreux. Moins de 3 % des futurs docteurs choisissent cette spécialité qui n'est même pas considérée comme telle par leurs pairs. D'où ce titre repris du web manga éponyme, la plaçant après les 18 vraies spécialités. Vous imaginez donc un Matsumoto Jun que personne n'attendait dans la vraie vie, se faisant déjà rare dans les séries ces dernières années, et débarquant dans cet hôpital en revendiquant une place de médecin généraliste. Son avis est méprisé lors des réunions, mais sa personnalité va certainement vous séduire comme elle séduit au fil des épisodes ses collègues confondant hôpital et usine.
En effet, il est la grande force de la série, reléguant Fuka-chan à une simple assistante condamnée à lui « servir la soupe » par son admiration. Empathique est un euphémisme tant il sait écouter les patients, les analyser, les comprendre. La gentillesse déborde par tous ses pores. Si bien qu'on rêverait tous de l'avoir comme médecin traitant. Bien sûr, ses consultations ressemblent souvent plus à ce qu'on attend d'un psy, mais les moments passés à écouter ses patients, à leur donner des conseils, sont criants de vérité et on se sent tous prêts à se livrer face à son écran. Une téléconsultation loin du concept des télécabines déshumanisées qui naissent un peu partout dans les pharmacies.
La douceur qui se dégage de la série, sublimée par l'ending d’Aimyon, est si troublante face aux terribles situations et maladies que vivent les patients. Alors bien sûr, le manque de clash, d’humour ou d’amour, le côté pathos accompagné de cascades de larmes et le peu de scènes sensationnelles rebuteront les adorateurs des Grey’s Anatomy-like, mais je suis persuadé qu'elle touchera sa cible et reboostera des vocations chez les 97 % d'apprenti médecins qui hésitent à embrasser la médecine de ville.
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