Rencontre avec le type du 3e
Je l'attends comme le retour de la neige et comme elle, il arrive parfois sans crier gare. C'est bien sûr le nouveau délire scénaristique de Bakarhythm, cet extraterrestre du paysage comique japonais qui semble avoir trouvé la formule magique depuis le multirécompensé Brush Up Life. Associé pour la troisième fois consécutive à Oda Rena, déjà productrice sur ce dernier, et s'entourant une fois de plus des meilleures actrices de sa génération, Baka Pierrot encore accroché à sa Lune, nous embarque cette fois dans l'espace…, à moins que ce soit dans un Renault Espace.Même si, comme à son habitude, il n'apparaîtra pas en chair et en os, c'est bien la marque de fabrique de cet Hitchcock du rire qui imprègne chaque ligne de dialogue ou à l'opposé, chaque silence gênant. Il a d’ailleurs depuis longtemps élevé les situations absurdes au rang d’art. Après la réincarnation ou le pouvoir de guérir par les pouces à grand cri de Hatatatatata !, il poursuit sa quête du merveilleux dans le monde triste ordinaire en comptant l’histoire d’un extraterrestre tout à fait ordinaire.
Grand philosophe du banal, il excelle à transformer les doutes du quotidien en suspense captivant. Il est capable de nous tenir en haleine pendant 45 minutes sur une interrogation aussi anodine que : reste-t-il du papier toilette à la maison ? En se liant, bien malgré lui, d'amitié avec une équipe de femmes quadragénaires (un retour dans Brush up life) cet E.T. héros se sent obligé de mettre ses capacités extraordinaires au service de la résolution de problèmes insolubles pour le commun des mortels. Placer une protection en verre sur un smartphone, décrocher un ballon coincé en hauteur… L'absurde de la situation nous fait autant rire qu'elle insupporte le héros. À travers cette critique subtile de la société japonaise, ultra-assistée par l’abondance de services, Bakarhythm souligne à quel point l’homme moderne ne sait plus rien faire de ses mains, pas même changer une ampoule. J’ai bien dit l’homme. Car, comme souvent avec le mari de l’ex-Dempagumi.inc Yumemi Nemu, on ressent son amour et son admiration pour les femmes – et pas seulement en tant qu’ancien wota.
On retrouve dans le personnage de Kakuta Akihiro tous les traits caractéristiques de Bakarhythm : son aspiration à une vie simple, faite de loisirs otakus, fréquemment méprisés par les « vrais adultes ». Même s'il choisit de ne pas apparaître physiquement, sa personnalité transparaît partout. Ce Pierrot lunaire n’a rien d’extraordinaire : incollable sur les Gunpla, mais incapable de changer une ampoule. Finalement, il ressemble beaucoup à ces hommes célibataires ou divorcés de 40-50 ans, qui n’aspirent qu’à une vie détachée des obligations familiales.
Le drama prend alors des accents féministes, mettant en avant la mère célibataire gérant seule les tâches du quotidien et son travail tandis que l’homme se prélasse dans les bains chauds. Fainéant et incapable, l’extraterrestre semble avoir pris les pires de la gent masculine… et on n’en attendait pas moins de notre expert de la nature humaine qu’est Bakarhythm. Ceci dit, les femmes japonaises ne sont pas épargnées non plus : incapables de s’intéresser sincèrement à l’autre, ou même de faire semblant une fois qu’elles ont obtenu ce qu’elles recherchaient. Cesser de voir l’autre que comme un service qu'il peut rendre, plutôt qu’une personne, voilà le véritable message de la série.
En cela, cette œuvre pose de véritables questions sur nos liens aux autres, dans un cadre qui me fait toujours autant rêver : la ville en apparence banale et très touristique de Kawaguchiko, mais qui, avec son lac, ses montagnes et le mont Fuji en toile de fond, invite toujours à la méditation. Quel meilleur endroit pour poser sa soucoupe ?
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L'héritage des romans de gare
L'amour des Japonais pour les romans policiers en général et d'enquêtes en particulier est incommensurable. Déclinés en animes, en jeux vidéo et bien sûr en dramas, la liste des médias est longue. Les œuvres influencées par de grands auteurs, comme Agatha Christie ou Gaston Leroux, côtoient les adaptations d'auteurs japonais, de nouvels ou de mangas genrés mystery, par dizaine à la télévision. Et cela encore aujourd'hui. Alors comment choisir ? Et ben, c'est tout bonnement impossible ! On regarde le premier épisode en croisant les doigts et faisant le vœu qu'on soit bien devant un chef-d'œuvre comme Mystery to Iunakare, plutôt qu'un très dispensable Sousa Kaigi wa Living de ! Pour accroitre la difficulté, le premier épisode ne reflète pas toujours la série. Il faut parfois s'accrocher et passer les premières impressions pour apprécier celle-ci. C'est le cas de Motokare no Igonjo qui, malgré la présence de l'excellente Ayase Haruka en tête d'affiche, a du mal à nous convaincre avec ses deux premiers épisodes très "Dix petits nègres".Et pour cause, cette série est clairement un hommage, un peu trop appuyé, à des romans publiés il y a 100 ans maintenant. Loin de références subtiles, on nous rappelle que des évènements sont semblables à ce que l'on peut lire dans ces romans du 20e siècle. Petit lecteur, j'avouerai que ça me laisse un peu sur le carreau. Alors, qu'à coup sûr, les grands fans de ses classiques apprécieront grandement les références. Clairement destiné aux Otaku Mystery, j'ai plutôt ronchonné, quand la série a commencé par une n-ième enquête dans un manoir ou une dizaine de personnages sont réunis afin de démasquer le coupable. Vu le titre et l'ambiance, j'ai d'abord cru que toute la série se déroulerait dans une unité de lieu, de temps et de personnages et je voyais déjà pointer l'ennui. Mais L'héritage de l'ex-boy-friend de notre avocate-héroïne n'est pas ce manoir, mais un bien, bien plus encombrant, que vous découvrirez à la fin du deuxième épisode. Moment où, la série prend une autre tournure, s'éloignant d'Hercule Poireau et autre Gaston Leroux. Mais pas trop, puisque les références continuent tout le long des dix épisodes. Incarnées par l'associer de notre avocate, féru de ses romans de gare, il l'aidera à résoudre des affaires criminelles, malgré eux.
En effet, Ayase Haruka campe une avocate vénale, dont les scrupules sont inversement proportionnelles à son amour pour la bouffe. Les situations liées à ces deux traits de caractères sont donc les piliers humoristiques de la série, et avec quelques autres moments de gêne, justifie le visionnage de la série. Car pour le reste, à l'instar d'un Colombo, on connait souvent dès les premières secondes le coupable. Et si ce n'est pas le cas, on nous fait très vite de l'œil par des plans grossiers sur des personnages, des situations ou des objets accusant quelqu'un. Sans subtilité, on zoome sur les yeux de notre avocate pour nous montrer qu'il faut scruter l'environnement. On est loin de la torture mentale que nous infligent des Kiken no Venus ou Shinhannin Flag.
Il faut, de ce fait, prendre ce drama pour un divertissement qui vous fera si ce n'est rire tout du moins sourire. Car il faut bien avouer que les blagues sur la bouffe peuvent être parfois lourdes. Le duo Ayase Haruka - Oizumi Yo est plutôt croustillant, même s'il manque un peu d'originalité. Tout les oppose, comme il se doit. Évidement, L'avocate obsédée par l'argent et sa carrière et le majordome pommé, pauvre et altruiste. Chacun apprendra de l'autre. Comme d'habitude dans ce genre d'histoire jusqu'à être transformé par l'expérience. Un fil conducteur fera le lien entre chaque épisode et une certaine originalité, tout de même, viendra pimenter ce très classique drama. La récurrence et même l'agrégation de personnages pourtant complètement secondaire dans certains épisodes. Rien ne laisse présager, par exemple, leur retour et donc la formation petit à petit d'une équipe récurrente, pour ne pas dire d'un club d'enquêteurs. Formant, finalement, une agence de détective.
Très maladroit dans les enquêtes proposées et le réalisme des situations, les petits mystères sont à la ramasse, tout comme ce pouvoir donné à une avocate de mené enquête. Mais par contre, le ou les mystères portés par les personnages principaux qui servent de fil conducteur à la série donnent cet intérêt et cette envie d'en savoir plus. Les personnages secondaires récurrents deviennent vraiment indispensables jusqu'à attendre leurs apparitions. D'autant plus, qu'ils ne sont pas communs. Un bon divertissement, des références, mais pas de casse-tête qui donne la migraine, d'où une petite déception. J'en attendais plus d'un drama porté par Ayase Haruka dans le rôle d'une avocate. Je m'en vais, aller la revoir dans Heaven and Hell, dans le rôle… d'un homme.
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5 divorces et un mariage
Se marier sur un coup de tête, ne peut rien apporter de bon. C'est le conseil qu'on aurait dû donner à Kitagawa Keiko avant d'épouser dès les premières minutes de la série le secouriste Nagayama Eita venu la sauver d'une mort certaine, ou plutôt d'un chagrin d'amour.Ce drama part, dès la cérémonie de mariage, complètement en cacahouète. Avec des familles et des collègues complètement déjantés. On comprend très vite que tous les couples présents sont sur le point de divorcer et nos deux héros vont arriver à cette même décision, dès le soir de la lune de miel.
Cette facilité à quitter son conjoint peu surprendre dans le pays des traditions monolithiques, mais il faut savoir que divorcer au Japon n'est souvent qu'une simple formalité administrative. Apposer deux signatures sur un bout de papier et hop, on oublie femme (mari) et enfant, créant des millions de mères célibataires condamnées ... à être les héroïnes, ou les faire valoir, de millier d'animés, de films et de dramas. Une fois qu'on a accepté ce postulat on prendra un plaisir dingue à suivre ses différents couples, hésitant entre ses deux choix de vie.
À commencé donc par nos deux super héros, Kitagawa Keiko qui éblouie à nouveau l'écran par son charme et son jeu. Montrant ses facultés de caméléon, dans un rôle d'apprenti femme au foyer maladroite, elle qui à toujours été indépendant dans son métier. Fashion girl, capable d'avoir 5 coupes de cheveux et 10 tenues différentes dans un même épisode, au point de ne plus la reconnaitre d'une scène à l'autre. Contraste élevé avec la rigueur militaire de Nagayama Eita, qui n'est pas en reste quant au difficile apprentissage de la vie à deux. Cette guerre sera pour lui la plus dure à gagner, mais autant Keiko était le point d'attraction central d'un Ie Uru Onna (2016), autant, c'est Eita qui porte la série sur ses épaules. Il donne littéralement de sa personne pour l'emmener au-dessus du lot de toutes les comédies romantiques du moment.
Physiquement d'abord, avec une carrure de titan. Son jeu ensuite est à mourir de rire entre Albert Dupontel, période stand up et Stallone période Rambo, il est hyper touchant dans les moments d'intimité ou quand il se retrouve complètement à la ramasse fasse à la gent féminine. Difficile apprentissage que la vie de couple. Faire des concessions, tout en ne reniant pas sa personnalité (encore plus dur au Japon) les différents couples justement montrent différente période de la vie et des choix à faire. Miroir du futur pour nos héros, ses acteurs parsèment la série de scènes mémorables.
Les seconds rôles loin d'être des faire-valoir ne montrent aucun temps mort dans l'humour ou le sentimental. Les militaires, trop ... militaires. Les vieux père de famille de l'ère Showa, trop .... chef de famille de l'ère Showa et les célibataires, trop célibataires.
On notera une incongruité, avec Sano Shiro, brutalement remplacé par Hirata Mitsuru à partir de l'ep 4 bien, moins charismatique, mais montre à quel point la production des dramas est tendue. Et on appréciera la présence du bellâtre Shirasu Jin de I Don't Love You Yet qui prend une place non négligeable dans le paysage drama-stique japonais avec des rôles toujours plus inquiétants. On sent qu'il prend un malin plaisir à casser son image de beau gosse et on le prend avec lui.
Bien sûr, on ne peut terminer ce tableau déjà parfait avec un Ending digne d'un drama passant en prime time et avec une telle qualité d'acteurs.
Même si on est loin d'un Lemon, c'est toujours un plaisir d'entendre un inédit de Yonezu Kenshi. OK, j'aurais dû commencer par ça, pour vous donner envie de voir ce drama, mais ça reviendrait à commencer à envisager le divorce avant même la fin de la nuit de noce, non ?
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2 semaines sans prendre de douche
Un remake porte forcément en lui le péché originel. Voué à être comparé à son (illustre) prédécesseur, il sera maltraité, insulté et mis au ban de la société, tout comme le supposé meurtrier de Two Weeks. Mais les remakes japonais<->coréens, dans un sens comme dans l'autre, apportent souvent leur lot de bonnes surprises et montrent un côté bien plus fréquentable que les remakes américains, et cela ... tout comme le supposé meurtrier de Two Weeks.Homme de pouvoir véreux, beau gosse paumé, accusé à tort de meurtres qu'il n'a pas commis à l'insu de son plein gré, jeune et jolie procureure pleine d'illusion et d'inexpérience. Les ingrédients trop classiques d'un thriller sont là, ce qui peut laisser craindre le meilleur comme le pire. Alors quand est-il vraiment ?
Plusieurs arguments prêchent en la faveur de ce remake. Je précise évidemment que je n'ai pas vu l'original coréen de 2013 mais je ne doute pas qu'il soit excellent pour l'avoir ressorti des cartons 6 ans après.
Pour commencer, j'ai eu une pensée particulière tout au long du visionnage de la série pour l'acteur principal Miura Haruma. Retrouvé pendu chez-lui, en juillet 2020, accompagné d'une lettre de suicide, comme il est malheureusement de coutume dans le pays ou le soleil ne se lève plus pour tant de personnes de talent. Car du talent il en avait pour jouer si bien le père prêt à tout pour sauver la vie de sa fille. Une carrière trop courte, même si elle a commencé à 7 ans, qui a fait de lui un acteur très populaire et qui s'est arrêtée à peine à 30 ans, quelques mois après la diffusion du Drama. Son rôle dans la série n'en a que plus de force.
Ce drama a heureusement d'autres atouts, bien plus joyeux. Les filles trop kawaï qui y jouent par exemple et dont une en particulier. Vous voyez surement de laquelle je parle puisqu'elle fait fondre tous les papas de la terre (et les mamans surement aussi) C'est la jeune Inagaki Kurumi, 8 ans dans la série et atteinte d'une grave maladie et pour qui n'importe qui serait prêts à donner ses deux reins, son fois et ses tripes pour la sauver, tant son sourire est ravageur.
Bien sûr quelques maladresses entachent la cohérence du tout. Comme notre fugitif, qui s'arrête à chaque fois qu'une personne est en danger, pour l'aider (une fois ça va, mais à chaque épisode...) avec au bout du compte cette personne qui le trouve trop sympa pour le croire coupable de meurtre. Y a des limites aux cascades de bons sentiments. Comme si ça ne nous suffisait pas de chialer à chaque fois que sa fille lui apparait en songes. Si vous n'avez pas un cœur de pierre, les larmes couleront à chaque rêve éveillé ou scène à l'hôpital. Alors inutile dans faire trop messieurs les scénaristes. En tant que parent, je me suis certainement trop projeté dans l'histoire, mais il faut dire qu'elle vous prend vraiment aux tripes et pas que pour la relation père-fille. Bien filmée, bien jouée et bien écrite quand même avec une action très présente et un suspense bien mené. On a même droit à un triangle amoureux (concours de circonstances peu plausible d'accord, mais bon ...), alors vous allez enchainer les épisodes à coup sûr.
Des acteurs confirmés comme Takashima Masanobu ou Kuroki Hitomi qui ont en commun un regard profond qui en dit long sur leurs intentions rajoutent encore du sel à la série. Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas le regard de Miura Haruma qui donne aussi une tel profondeur à son personnage.
Dernière interrogation et non pas des moindres, pourquoi certains acteurs ont-ils les cheveux ... si gras dans la série ? Le fugitif, on peut comprendre, mais le grand méchant ou la procureure ? Y aurait-il eu pénurie de shampoing sur le tournage les empêchant de prendre des douches pendant ses 2 longues semaines.
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Assassination Childhood
Nakagawa Taishi est l'archétype du maladroit à la télé nippone. Son rôle de prédilection, autant dans des situations sérieuses comme en tueur à gage, qu'en amour, comme dans l'Asadora Natsuzora ou plus récemment Oya Baka Seishun Hakusho. Autre comédie extrêmement drôle de l'été dernier. Alors cet été, saura-t-il relevé une nouvelle fois le défi de nous faire rire et nous faire oublier un instant cette ambiance morose qui n'en finit pas.Grosse comédie de l'été 2021, Boku no Satsui ga Koi wo Shita relate les péripéties d'un Hitman obsédé par la mort de son père adoptif, tué par un autre tueur à gage en la personne de Araki Yuko. Beauté froide et énigmatique ayant pour couverture la profession de mangaka. Très bon choix de la part de la production puisqu'aucune autre actrice japonaise ne sait faire la gueule comme elle. Et malgré toutes les gaffes de notre Inspecteur Gadget ou Grand Blond (Pierre Richard sort de ce corps), il sera très difficile de lui faire décocher un sourire. Les tentatives d'assassinats avortées, toutes plus drôles les unes des autres, seront un vrai régal, avec un jeu d'acteur vraiment au top. Les visages sont extrêmement expressifs et grimace sur grimace accompagnent parfaitement chaque pensée aussi idiote que malsaine, du moins les premiers épisodes.
Car l'amour ou le mystère prennent le pas sur la comédie et certains rôles deviennent rapidement trop sérieux. Heureusement le Nemesis de notre héros n'est pas en reste. Même s'il débute la série de manières grotesque dans sa méchanceté à la Moriarty du Sherlock Holmes de Miyazaki, il passe à remplacer le héros dans son rôle de candide en Amour. Les rôles secondaires sont de tout niveau, mais mention spéciale pour la secrétaire de notre mangaka-assassin, qui a une personnalité pour le moins singulière (la fameuse limite des 30 ans, vous voyez).
La musique, plutôt bien fichue, joue un grand rôle dans l'excellente mise en scène et est punchy à souhait. On n'échappera pas à des lourdeurs proches du manga comme des flashbacks (qui sont en réalité très drôles par leur répétition surtout la leçon sur tableau blanc), ou un Prince de la mort très méchant et donc très bête. Étant membre d'EXILE, il peut au moins faire à merveille ses danses macabres.
De très bons acteurs, donc, des références à des films occidentaux cultes, que je vous laisse découvrir, et un humour et un contexte qui rappelle, au début du moins, Satsui no Dotei. Mais bien moins noir que celui-ci, pour ceux que cela rebutait. Que du bon donc. La production a clairement atteint sa cible (moi). Mission accomplie !
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Jeux d'enfants
Les dramas sur la vie et la mort des petites entreprises japonaises sont nombreux et ont toujours un petit côté épique. Le travail et la réussite par celui-ci étant une fin en soi pour bon nombre de Japonais, la vie dans une entreprise est souvent présenté comme un combat de tous les jours faces à des ennemies de plus fort. Tout comme dans un jeu vidéo ou chaque défaite nous rend plus fort pour affronter le prochain niveau. Ce n'est évidement pas un hasard si pour l'intro de Atom no Ko, j'ai choisi le parallèle avec le monde du gaming.En effet, c'est bien le jeu et le monde de l'enfance dans toutes ses dimensions qui est magnifiquement défendu dans ce drama aux accents de Dallas, tant les trahisons sont nombreuses, pour nos héros Otaks. Un mélange des genres jouissif qui commence pourtant mal. Le sourire de Kishii Yukinoqui, qui est pourtant l'un des plus réconfortants de sa génération, est caché derrière une façade de working girl blasée et austère. Mais c'est pour mieux basculer, une fois passé les premières minutes, vers ses traits de caractère enjoués et cette bonne humeur qu'elle nous transmet à chaque drama dont elle est l'héroïne. Des rôles phares, il y en a pléthore dans cette série et c'est l'un de ses nombreux points forts.
Si les geeks ont eu longtemps, en occident, une représentation très typée : acné x lunette, on s'en est éloigné depuis quelques années, grâce à leur conquête du monde (GAFAM et bizness média) dans les années 2000. Mais là, on a droit à un défilé de beaux gosses rarement vu, à commencer par Yamazaki Kento qui change des stéréotypes de Jonny's dans ce genre de drama, avec sa longue crinière et ses traits enfantins. Ce Geek de génie à la carrière contrariée, face aux événements tragiques qui ont brisé l'amitié avec ses anciens partenaires, va nous émouvoir en nous relatant ses passions et ses failles. Et cela, tout en flattant la rétine de qui sait apprécier la beauté sauvage. Cela rattrape son rôle lourdingue de super héros dans le gâchis qu'a été la première saison d'Alice in Borderland. Idem pour Matsushita Kouhei qui pourrait être le côté obscure du geek (le retour des grosses lunettes), mais qui n'a rien à envier côté bogossitude. Il mérite enfin une vraie place de premier rôle même s'il la partage d'admirablement avec ses deux compères.
Mais de bons et beaux acteurs ne font pas une bonne série. En plus d'une musique épique et entêtante, il faut également un méchant exécrable. Et là, les différentes facettes du Némésis de nos héros, qui n'a rien à envier aux pires pourritures des séries internationales, en commençant par le père à tous, le regretté JR, vont leur faire vivre des aventures à la Dark Soul. Tous les personnages ont une personnalité forte, même si certains, très secondaires, me laissent pantois. Je pense à Lee Hyun Ri que j'adore, mais qui n'est ici que la caution coréenne, pour faire plus internationale. Les producteurs japonais devraient enfin penser à elle pour des premiers rôles, elle le mérite. Mais en général, les persos étrangers qui font leur apparition, sont, disons ..., très typé. Mais tout ça se fait dans la bonne humeur, sans vouloir heurter ou se moquer de tel ou tel pays. Car c'est plutôt la société japonaise qui est, une fois de plus, pointée du doigt et son système économique. Les banques, les grandes firmes, les artisans qui essayent de survivre face à ses multinationales. Ses artisans qui sont magnifiquement interprétés par des acteurs d'un bel âge. Cela rajoute encore de la chaleur à cette série qui dénonce tout le cynisme de la startup nation, de l'argent roi et des firmes internationales face aux petites entreprises à la papa.
Alors que l'antagonisme aurait dû être du côté de la modernité des jeux vidéo face à l'archaïsme du jouet fabriqué de manière artisanal (comprendre : mouler en plastique, on est quand même au Japon), il en est tout autre. L'alliance de la jeunesse et des papys boomers, pour sauver un patrimoine qui va des figurines de Godzilla à l'indie gaming, est rafraîchissante au point qu'on ne peut plus se passer de regarder cette série. Quelles que soient les épreuves et il y en aura le long de ses dix épisodes, la vie de cette entreprise face au requin du Nikkei vous fera comme une partie de Super Meat Boy. Aussitôt mort, Aussitôt remis sur pied pour encore progresser dans la série. Addictif et bourré de références pas très fines, mais qui font plaisir. Une leçon de vie, de courage et de bonne humeur face à l'adversité. Certains diront aussi de guimauve. C'est tellement inutile la régression enfantine, entend-on dire çà et là. Mais en réalité, c'est devenu indispensable dans nos vies, pour survivre à cette société, à ce monde pourri par l'argent, les guerres et je ne sais encore quelles préoccupations d'adultes. Une ode à l'enfance, mais aussi au patrimoine japonais qu'est le jeu dans toutes ses facettes. Un antidote à la violence de Squid Game. Mais est-ce vraiment si éloigné ?
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Toc, toc, toc, ... Miraï Connor ?
Jusqu’à quel point peut-on se confondre avec son personnage ? Même prénom, même métier, peut-être même caractère : Shida Mirai endosse le rôle avec un naturel décomplexé d’une 9borders désespérée de ne toujours pas avoir réussi à percer dans le monde du spectacle. Avec cette histoire écrite pour elle, et pas seulement pour le prénom, elle réussit à nous faire oublier son statut d’ex-enfant star et habite son rôle comme si elle était elle-même débutante dans le milieu. Maladroite et passionnée, elle transmet immédiatement cette sensation infinie de galère qu’est sa vie de célibataire malchanceuse.Par ailleurs, son interprétation dans cette comédie romantique parvient à faire oublier le côté complètement « what the fuck » de la situation dès le premier épisode. Il y a bien quelques rappels, çà et là, d’une montre qui vient du futur, mais très peu de clins d’œil au monde de 2036, et le parti pris est plutôt rafraîchissant. Ce petit garçon ultra débrouillard et tellement chou, du haut de ses 6 ans, ne connaît rien au monde des adultes à part sa crèche, qui est sûrement préservée de l’IA et de la robotisation qui exploseront avec l’avènement de Skynet en 2036. En plus, elle est cassée, la montre, donc aucune information ne trouble le monde bien réglé du Japon de 2026.
Mirai-chan enchaîne les baito, les petits copains et les galères en gérant sa nouvelle vie de maman. Le scénario aurait tout aussi bien pu être l’abandon du fils à la naissance et la récupération de celui-ci après la mort du père. Mais la comédie remplace le drame dans une situation de single mother où la quête est inversée. On ne recherche pas le père pour le mettre devant ses responsabilités, parentales ou financières, mais pour savoir comment va être le futur de Mirai, du point de vue sentimental, mais aussi professionnel, puisqu’elle reçoit enfin des propositions de rôles, qu’elle devra abandonner à cause de l’apparition de son fils, tant le Japon de 2026 ressemble encore à celui de 1986 pour les femmes.
« Qui sera le papa ? » remplace la comptine du « Papa, où t’es ? », rendant tellement plus sympathique cette quête. Un conte moderne où Mirai n’est la princesse de personne et ne compte pas le devenir. Être maître de son destin n’est-il pas le futur rêvé de toute la génération Z ? La musique est bonne, la production est bonne, l’humour et les sentiments sont omniprésents. Un must de l’hiver 2036.
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Le T-Rex de l'an 2000
Voilà déjà un quart de siècle que ce nouveau millénaire a commencé, et j’attends toujours une adaptation drama ou anime de 20th Century Boys, l’œuvre monstrueuse de Naoki Urasawa. En comparaison du manga, les trois films font pâle figure, et je suis persuadé qu’on peut atteindre la qualité de Monster ou Pluto en anime. Mais soyons honnête, qui s’intéresse encore à cette histoire, du siècle dernier et de la peur de l’an 2000, à part la génération X, comme moi ?Quelques dramas reprennent le principe éculé d’adultes se retrouvant vingt ans après, pour inonder l’écran de flashbacks sur leur enfance et enquêter sur l’un d’entre eux après de mystérieux meurtres… Ii koto, Warui koto ne change rien à la règle, mais apporte-t-il du sang neuf en attendant l’adaptation ultime de mon manga préféré ?
Réunion d’anciens élèves, rêves d’enfance non réalisés, enquête pour retrouver certains d’entre eux : du déjà-vu, certes, mais ici, c'est rondement mené et rien d’étonnant, au vu du casting.
Mamiya Shotaro, qui ne cesse de se bonifier avec l’âge et qui n’a sans doute jamais été aussi mature (comprendre : beau) que dans ce rôle d’ancien harceleur scolaire, prenant enfin conscience de la gravité de ses actes passés.
Araki Yuko, connue pour ses rôles de râleuse tant son sourire crispé est devenu sa marque de fabrique, ne pouvait être que cette ancienne victime de harcèlement, véritable sport national au Japon. Belle lorsqu’elle sourit, glaçante quand celui-ci s’efface. C’est exactement ce qu’on lui demande ici, afin de laisser planer le doute sur ces meurtres tous plus glauques les uns les autres. En est-elle l’origine ? Une vengeance compréhensible quand on découvre à quel point les enfants peuvent être cruels entre eux…
Si le trait semble parfois exagéré par le manque d’empathie de quasiment toute l’école envers le personnage d’Araki Yuko, il l’est tout autant du côté des adultes, dont très peu reconnaissent à quel point le harcèlement est ignoble. Peut-être déformons-nous la réalité de l’an 2000 avec nos yeux de 2025, mais j’en doute. Petit moment de gêne donc, lors de ces scènes pourtant bien représentatives de notre enfance. Le reste du casting ne démérite pas, chacun sonne juste. Elles pourraient bien agir comme un miroir pour nous et nous toucher droit au cœur.
Et évidemment, on ne peut qu’admirer l’aisance des enfants, d’autant plus qu’ils ressemblent vraiment à leurs équivalents adultes. Si l’on fait fi d’un pitch trop convenu pour ce type de thriller, et qu’on accepte que les flics soient encore une fois d’une nullité abyssale, incapables de mettre en garde à vue la suspecte n°1, même après le quatrième meurtre d’un ancien harceleur, vous passerez un bon moment à tenter de déterminer qui est à l’origine de ces assassinats dignes de Destination Finale.
En résumé, un Mystery Drama, pas original dans son concept, mais un peu plus dans son déroulé, porté par un bon jeu d’acteurs et un suspense solide. Et surtout, un drama qui nous replonge avec nostalgie à l’aube des années 2000, à coups de parties de Bomberman et de cartes Yu-Gi-Oh. À chaque génération son 20th Century Boy, finalement.
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Kawaiiii Pervenche
Des duos de flics, on en a eu et on en aura encore tant que les séries et les scénaristes en manque d'inspiration existeront. Mais comment bouder notre plaisir avec en rookie Nagano Mei et en vieux (si on peut dire) briscard confirmé, Toda Erika, deux stars, ayant déjà eu leur Asadora rien qu'à elles, mais surtout habituées des comédies légères, mais souvent efficaces.Ma petite chouchoute, Nagano Mei retrouve également le fantasque Muro Tsuyoshi pour la soutenir, au point de reprendre son rôle de papa poule. Mais son personnage reste très secondaire par rapport au père surprotecteur et de fait beaucoup moins drôle de Oya Baka Seishun Hakusho. C'est vraiment Toda Erika, par son jeu et son statue de senpai/grande sœur/maman, envers Mei qui donne du charme à cette Arme Fatale des Koubans.
Vous découvrirez donc la vie trépidante des policiers de quartier japonais, chargés d'indiquer le chemin aux personnes âgées et de retrouver qui à fait tomber le bonzaï devant la porte. Rien de nouveau, peut être, car tant de mangas en ont tiré les traits et vu l'ambiance générale de la série, on est certainement en face d'une adaptation (que je n'ai pas lu, évidemment).
Mais vous n'êtes tout de même pas devant un gag-manga de plus. Car malgré l'humour omniprésent, insufflé par le jeu de Mei et Erika, mais aussi des seconds couteaux, flics masculins, c'est beaucoup d'émotion, aussi, qui est distillé dans ce feuilleton. Juste recrutée comme elle le dit elle-même, un peu par hasard, chez les flics. Son rêve de défendre le citoyen va se transformer rapidement en cauchemar tant elle semble éloigné des attentes du métier.
En réalité le scénario cache (mal) quelques secrets qui va changer sa vision du métier, mais surtout sa vie d'adulte, qu'elle apprend à gérer grâce à son mentor un peu trop envahissant. Notre Jeune Marie Pervenche (je me demande si Daniele Évenou ne serait pas une inspiration , d'ailleurs, au moins pour les cheveux) sera très entourées. Notamment dans son minuscule appart, transformant la série en Sitcom, mais toujours à la japonaise. C'est-à-dire avec les bons conseils du Senpai à son disciple pour la faire progresser, malgré les litre d'lcool bus à chaque scène. Le personnage de Mei, un peu trop Candide pourra énerver, mais elle le joue tellement bien. Pas vraiment de scénario à dévoilé car peu évolué, sans être une comédie qui vous fera pisser de rire comme Oya Baka, elle vous détendra après une dure journée de labeure. Un conseil, au producteur, une séquelle réunissant le duo Yamada Yuki, Miura Shohei en personnages principaux pourrait faire son effet, car c'est la bonne surprise de ce drama. Après la déception, Nishino Nanase et Muro Tsuyoshi largement sous exploités, voir transparents.
Bien sûr, on termine et on commence même, une fois n'est pas coutume par un Opening digne d'un (bon) anime punchy à souhait et surtout par un Ending tubesque interpréter par la Sia japonaise, Milet que j'adore. De quoi se mettre de bonne humeur malgré la prune sur le pare-brise de la voiture.
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La lutte pour avoir la class
M'étant focalisé sur les dramas japonais, il m'est temporellement très compliqué de revenir à un drama coréen. Encore plus, quand il est produit par Netflix, souvent aseptisé et trop mainstream, afin de convenir à l'international. Si de surcroit, il est encensé par tous…. Non pas que je me sente supérieur au commun des mortels, mais les avis du genre : " Squid - Hunger - Battleroyale - Game c'est tellement du jamais vu", m'ont, pour le moins, refroidi ses dernières années. Et Netflix, n'est jamais très loin dans l'affaire. Avec Squid Games c'était : Toute cette violence dans un univers enfantin, blablabla, tu devrais regarder… Bref, j'ai regardé le premier épisode y a deux ans, comme tout le monde, et toujours pas vu les autres aujourd'hui. Et voilà qu'on me refait le coup avec Itaewon Class. Même plateforme Mainstream, même discourt formaté. " Tout ce friendship qui tournera à la trahison dans ce drama de vengeance envers une société (et une Société) pourrie jusqu'à l'os. C'est vraiment original". Mais putain, arrêtez de regarder des séries françaises, merde ! Donc j'avais évidement décidé de pas le voir et voilà que sort Roppongi Class, remake Japonais qui aurait dû m'en faire bouger une sans faire bouger l'autre, comme dirait notre président. Surtout que l'originale est par convention bien meilleure que la copie, n'est-ce pas Manu. MAIS, car il y a un mais, Takeuchi Ryoma, quoi ! Je ne pouvais, décemment pas, ne pas le voir. Après cette introduction comme toujours trop longue et qui essayée d'avoir la class, sans y parvenir, il est temps de visionner le nouveau Ryoma-Kun. Un apéritif, en attendant la 3e saison de Kimi to Sekai ga Owaru hi ni.Introduction trop longue, donc, comme ce premier épisode retraçant les événements qui conduiront à neuf autres; ayant pour fil conducteur une vengeance qui se transformera pourtant, petit à petit, en comédie romantique. Multipliant ainsi des triangles amoureux imbriqués les uns dans les autres. Des moments sentant parfois tellement la guimauve que l'on se demande comment cette vengeance peut être accomplie, vu les trahisons et le niveau de violence nécessairement attendus, par la préparation mental du spectateur dans la première heure.
La construction de la série, par trop classique, pour une qui se veut actuelle, reste tout du moins accrocheuse. Les personnages sont distillés au compte-gouttes et leur histoire est comptée bien après leur première apparition. Sous la forme, évidement, de flashbacks. Ce montage fatiguera les plus aguerris, mais réjouira par ses révélations ceux peu habitués au pingpong spatiotemporel à répétition. Le temps passé, parfois de 10 ans, étant au cœur du scénario, ses révélations sont nécessaires, même si rarement surprenantes et le friendship qui en découle et qui est, lui aussi, au cœur de la série, prend parfois des allures de Friends, justifiant ses bons en arrière sans fin. Comment on s'est connu ? Comment on est devenu potes ? Des petites révélations, mais c'est bien sûr des révélations sur nos héros que l'on attend le plus. Heureusement, le scénario est assez bien ficelé pour donner des infos sans gâcher le mystère. Laissant ainsi un spectateur, même aguerri, comme vous l'êtes, dans le questionnement nécessaire à l'envie de continuer.
Vient quand même le difficile constat d'une mise en scène très fan-service de Tokyo, la ville la plus cool du monde. Roppongi est un quartier particulier, mais c'est à travers celui-ci que la mégalopole se voit ériger une statue à sa gloire. Un aimant pour toutes les jeunesses en mal de sortie, d'amusement, de Spot instagramables et de cool attitude. Les boites et les restaurants hypes sont des églises dans lesquelles on vient célèbre les divinités des réseaux sociaux. Le pouvoir de ceux-ci, loin d'être dénoncé, est même encouragé par le côté cool des influenceurs de quartier. Nous interrogeant ainsi, sur le pourquoi de continuer à frire des karahage toute la journée, dans cette ambiance étouffante d'huile de friture, alors que quelques photos et son avis suffisent à devenir riche et famous. C'est justement le cas de Hirate Yurina qui rejoindra rapidement l'équipe de Takeuchi Ryoma dans son restaurant minable. L' ex-leader des Keyakizaka46 habitué aux rôles de psychopathe bipolaire (Hibiki, quand même) mènera la vie dure à son boss avant d'en tombée follement amoureuse, faisant complètement oublier cette histoire de vengeance censée être au cœur de l'ntrigue.
C'est cette bipolarité de l'histoire, adaptée d'un webtoon coréen à grand succès, qui est déconcertante, bien plus que celle du personnage féminin, aussi cool que notre héros. Pourtant, l'acteur le plus kakkoï du Japon, Takeuchi Ryoma, est censé être rongé par la haine envers le roi des karahages et son stupide fils. Mais il monte tranquillement son restaurant avec des repris de justice et des laissés pour compte de la société et cela en se donnant non pas 10 ans, mais 20 ans pour réussir. C'est long 20 ans, surtout après avoir passé une partie de sa jeunesse en prison.
Débordant de bonté, fuwa fuwa comme de la guimauve, son sourire ravageur en fera fondre plus d'une, ou d'un d'ailleurs. Le chaud comme le froid sont soufflés à chaque instant et clairement ce choix d'acteur capable de joué les brutes comme les gentils niais est excellent. Même si la direction artistique, a choisi de forcer le trait. La mort du panda, par exemple, qui plongera notre héros au fond du trou est à peine surjoué, non... ? Excellente également l'actrice Araki Yuko, souvent choisie pour des rôles de femmes froides, pour ne pas dire faisant la gueule, mais qui arrive toujours à attirer la sympathie lorsqu'elle décoche un sourire.
En mélangeant à fond, la carte de la comédie romantique, du friendship et de la violence, latente dans une vengeance qui se réalisera forcément, la tension et l'attention sont maintenues jusqu'au bout. La direction artistique brille de mille feux comme Tokyo et la musique a forcément la classe en Opening comme en Ending : Beat Garden/Alexandro, qui dit mieux ? Une série qui se dévore, sans vous prendre la tête. Quoique, Ryota-Kun s'est fait une spécialité, dans ses derniers dramas, de redonner la foi en cette humanité pourrie jusqu'à l'os et c'est déjà pas mal pour votre état mental.
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La suprématie des dividendes, x 4 en 2033
Voilà quelques années que je ne regarde plus d'animes de manière régulière. Je suis donc devenu "Normal". Ne m'intéressant plus aux "dessins animés" infantiles, initiatiques ou fan service dont le nombre et la popularité ont en parallèle explosé ces 10 dernières années. Est-ce la lassitude de revoir 100 fois la quête d'un ados dans un isékaï, se faisant des amies de ses anciens rivaux, ou tout simplement mon gain en maturité (LOL, je regarde des dramas), comme semble le suggérer Anime Supremacy ? Qui sait ? C'est donc avec un peu d'espoir et beaucoup de crainte que j'ai abordé le visionnage du film. Imaginant 2 h 00 de clichés sur les métiers de l'animation, mais espérant surtout des délires scénaristiques bien potaches, de la passion, à grand coup d'effets spéciaux, de clins d'œil, de souvenir de tous ces animes qui ont jalonné ma longue vie, tout en me redonnant l'envie de m'y replonger. Un peu comme le chef-d'œuvre du genre qu'a été le drama (et donc le manga dont il est adapté) Aoi Honoo ! Alors ce film adapté d'une novel (ça commence mal vu le thème) sera-t-il une nouvelle fois rallumer la flamme en moi, ou est-il un autre pétard mouillé, à la Natsusora.T'as rien compris, c'est une critique du système !
Diront les bien-pensants. Mais malheureusement, vous n'attendrez pas longtemps à comprendre que cet Anime Supremacy manque terriblement de fantaisie. Ce qui explique certainement une distribution à l'étranger homéopathique pour une histoire relatant le média le plus populaire au monde dixit Forbs et Capital. Et c'est bien là le problème. Ce film est une ode à l'animation japonaise, vu par une industrie du spectacle qui ne fera que très peu transmettre la passion. Les récentes annonces, Cool Japan, du ministre de l'Économie, prévoyant de multiplier par 4 le rendement mondial de l'animation japonaise d'ici à 5 ans, n'ont rien pour rassurer les amateurs de Tokyo Animation et du Studio Ghibli. D'ailleurs Hayao Miyazaki donne régulièrement le ton. Fustigeant la piètre qualité de l'animation actuelle. Tout, dans ce film, fait l'éloge de l'anti-Ghibli. Les courbes de statistique épisode après épisode obligeant à revoir le scénario, les personnages et jusqu' la fin de la série pour coller au standard marketing.
Les Animes pour les Nuls
Alors bien sûr, notre héroïne-réalisatrice se bat pour que le côté artistique prenne le pas sur le merchandising. Mais qu'est-ce que c'est maladroit. On pourrait déjà lui expliquer durant la production que c'est grâce à cet argent gagné que l'on peut continuer à transmettre l'art au spectateur trop paresseux pour dénicher lui-même les pépites sans promotion. Même si Miyazaki, le dernier dinosaure, dira qu'il doit qu'à se sortir les doigts du cul, ce spectateur. Pas comme ça, mais l'idée est là. Les flashbacks, la soumission à son responsable marketing, son statut de femme, jeune, qui ne vient pas du milieu et son abnégation pour réussir, abandonnant jusqu'à son seul plaisir quotidien, un éclair au chocolat, tout ça pour réussir dans le métier. Ces montagnes de clichés shojo/shonen s'enchainant comme si on était encore en 1980. Alors que le film relate bien l'animation de 2022. Et en même temps, la réalisatrice débutante apprend le métier, comme si elle n'avait fait ni école de marketing, ni école d'art. Une ingénue de 30 ans, de surcroit tyran pour ses collègues sous ses ordres.
Mon nombril et rien d'autre
Comme on pouvait si attendre, la mise en abyme est là. Voulant produire un anime, elle devient elle-même l'héroïne d'une quête initiatique fasse à un rival surdoué, beau et médiatique qui deviendra son mentor. J'ai encore du mal à comprendre à qui ce film est destiné. Au grand publique, dit les normaux, qui pourrait éventuellement découvrir le monde de la création. Aux enfants alors ? Le doublage, la colorimétrie…, Il vaut mieux se retourner vers les deux dramas cités en introduction alors. Ce n'est pas destiné non plus au otaks? Certes, y a du Seiyu/Idol, et du studio IG pour les vrais-faux animes présentés. Mais qu'est-ce que c'est classique. Montrer qu'il faut produire des copier-coller de ce que le public a déjà apprécié pour vendre, bof. Alors, ... les acteurs sont sympas. Emoto Tasuku et Nakamura Tomoya sont ténébreux ou mignons, jouent bien et sont par de trop rares moments drôles dans le film. Yoshioka Riho me déçoit, un peu, car son côté gaffeuse qui aurait pu rendre vraiment le film délirant n'a pas le pouvoir comique attendu. Et enfin, Ono Karin qui a le rôle le plus attachant à mon sens, n'est pas assez présente à l'écran. J'aurais tellement voulu que l'anime, pardon, le film soit basé sur son personnage et la relation avec Kudo Asuka. Cela aurait pu faire une excellente comédie romantique dans le monde du manga.
La bataille finale
Ici, vous risquez de profondément vous ennuyer. Honnêtement, il y a tromperie sur la marchandise avec ce titre, très accrocheur. Pas de folie scénaristique, comique ou de mise en scène. J'aurais réellement voulu que l'héroïne parle à ses créations, par exemple, même en rêve. Du Marie Poppins, plutôt que ses incrustations de commentaires SNS, déjà vu mille fois ailleurs. Comme un mauvais shōnen ou magical girl, tous les rivaux deviennent amis ou mentors et chacun se surpassent pour le bien de l'entreprise. Dommage. Il y avait de quoi faire un délire sous forme de comédie musicale ou autre. Ici, nous avons simplement un film marketé pour le grand public qui donne l'illusion d'être tolérant avec les Otakus. Une bonne conscience rachetée avec 50% de condescendance en plus en cadeau.
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Pandora no Kajitsu: Kagaku Hanzai Sosa File Season 2
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Une (deuxieme) saison en enfer
Quelques semaines seulement après mon premier avis sur Pandora no Kajitsu, voilà que je rempile déjà pour regarder la deuxième saison. Comme c'est souvent le cas au Japon, elle suit directement la fin de la première, pour la diffusion, mais également dans la série. En général, j'annonce toujours une critique des saisons suivantes quand j'en écris la première, mais je ne les fais jamais, car je suis fréquemment déçu par celles-ci. Shinhannin Flag 2, Radiation House 2, etc ... Elles n'arrivent jamais à la hauteur des premières, voir comme pour Radiation House, ... Non, non, je ne préfère pas en parlé. Mais alors qui y a-t-il à dire de plus sur Pandora no kajitsu ? En fait, tout est à de nouveau analyser, car cette partie n'a plus rien a voir avec la première, et cela, pour notre plus grand bonheur.Comme si la science avait enfin progressé et gagné face à l'obscurantisme moyenâgeux des Terebi-Dramas, les producteurs ont continué le virage entamé à partir de la moitié de la première saison. Ce virage avait son point d'orgue dans les deux derniers épisodes. La montée en actions, en suspens et en dynamisme, c'est diffusée dans toute la deuxième saison, et cela, dès le premier épisode. Chacun d'eux, d'ailleurs, tient beaucoup plus en haleine qu'avant. Même si on peut regretter qu'il y en a que 6, ils sont intenses et les personnages principaux révèlent tout leur potentiel d'acteurs. Plus sombre, amenant certes moins à réfléchir, quoique…, chaque épisode est aussi plus violant, plus gore et, en l'occurrence, tourné aussi avec beaucoup plus de moyens. Exit le cheap des premiers épisodes, il n'y a plus d'économie d'argent ici. Comme si les producteurs avaient compris qu'ils avaient de l'or dans les mains avec ce duo et cet univers qui a gagné en profondeur au fur et à mesure des épisodes. Ils ont rajouté tout ce qu'il manquait et comme si cela ne suffisait pas, Yoshimoto Miyu refait enfin son grand retour dans un drama. Et on peut dire que cette fan de SF casse la baraque. Toujours aussi bougonne et rentre dedans que dans Sakura no Oyakodonburi, où je l'avais découverte, elle a ici un skill dont je ne peux révéler l'essence, mais qui vous scotchera, c'est certain. Son rôle est essentiel à la nouvelle direction artistique prise et ça fait du bien. Accompagnant le lourdaud, mais efficace dans l'humour, Yusuke Santamaria dans ses enquêtes. Les équipes se séparent ,maintenant, chacune de leur côté, donnant encore plus de dynamisme à la série. On voit également plus Sato Ryuta infiltré au ministère de la Santé prendre activement sa part à celle-ci.
L'univers de Pandora no Kaijutsu, est devenu d'une richesse incroyable, foisonnant de personnages secondaires récurrents. Les histoires se déroulant désormais sur plusieurs épisodes, se terminant en cliffhanger digne des meilleurs séries actuelles occidentales (comme si c'étaient des références, je me gausse...). La série mériterait un succès à la X-files et la référence n'est pas fortuite, évidement. La BO reste la même, simpliste, mais tellement efficace, avec ses accélérations de coda. Même le générique de fin, toujours accompagné de la ritournelle démoniaque de notre dandy Fujioka, force le respect malgré sa voix de fluet. Cinématographique, épique, violant comme il faut… Pas de hic, donc, à part peut être une attente trop longue pour une prochaine saison. Mais ça vaudra vraiment le coup, car on est ici face à ce qui se fait de meilleurs dans le genre.
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Une PiCU-re d'émotion
Alors que la crise des vocations gangrène la société moderne toujours plus médicalisée, mais paradoxalement, toujours plus en manque de médecins, le drama médical, lui, a toujours autant la côté. Ces super héros du quotidien, rongés par le doute et en même temps pourris par leur pouvoir de donner la vie et la mort à leurs patients, sont à chaque fois admirables et énervants par le peu de réalisme. Mais avec PICU, et comme souvent avec le drama japonais, vous allez être touchés par la sincérité des acteurs et le réalisme qui se dégage de la meilleure série médicale de 2022.On retrouve dans PICU le héros de Kakegurai, Takasugi Mahiro, qui livre une prestation bien plus convaincante que dans ses adaptations de survivals games. Mais on peut surtout admirer Yoshizawa Ryo dans le rôle principal et lui aussi adepte du genre, qui va vous faire fondre et pas seulement pour sa gueule d'ange. Si le sujet porte évidement à l'empathie, en se plaçant dans une unité pédiatrique de soins intensifs, c'est le jeu des acteurs qui transforme ce que certains appelleront un Soap-Hospital en chef-d'œuvre de sensibilité. Je sais à quel point cela peut être irritant, les plans fixes sur les larmes qui coulent au son des boucles musicales. Mais là, c'est amplement justifié et c'est bien de l'autre côté de l'écran qu'il y aura le plus grand besoin de mouchoirs.
Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis :
Premièrement, un Hôpital sur une ile isolée. OK, on est loin ici de l'ile du Dr Koto (coïncidence de calendrier ?), puisqu'on est dans un hôpital d'Hokkaido. Mais cette partie du Japon a besoin encore de développer ses infrastructures de santé et de transport. Son immensité, son climat et ses parties encore sauvages font qu'il est très difficile d'approcher en urgence un chirurgien, de surcroît spécialiste en pédiatrie. Les déplacements peuvent se compter en heures pour trouver la première clinique et le (pour une fois excellent) Yasuda Ken se donne corps et âme pour raccourcir les délais. Accueillir les enfants en détresse ne sera pas son seul sacerdoce. Son empathie, qui sonne avec justesse, ira vers ses jeunes collègues, souvent cassés par la vie, et qu'il guide, un peu comme ses enfants.
Deuxième, la scénariste à la manœuvre, en la personne de Kuramitsu Yasuko semble bien plus à l'aise avec les séries médicales que les survivals games. En effet, elle m'avait déjà enchanté en 2020 avec Alive et sa sensibilité exaspérée pour ensuite pondre le scénario vu et revu d'Alice in Borderland. Tout est pardonné ici, avec des histoires parallèles toutes plus touchantes les unes des autres, mais aussi une place pour le patient-enfant que seuls les Japonais arrivent à donner dans leur série.
C'est bien ce troisième point qui vous fera serrer votre petit cœur aigri par la vie quotidienne. Tous vos petits soucis deviennent relatifs quand vous voyez évoluer ces jeunes enfants atteints de maladies graves ou en situation de détresse. Ils jouent à la perfection et le miroir qu'est le visage de Yoshizawa Ryo leur renvoie leurs émotions au centuple. Ses expressions et ses traits infantiles débordent de sensibilité. Rarement, j'ai vu larmes aussi sincères de la part d'un si jeune acteur. Des litres de collyre ont sûrement été nécessaires, mais cela n'enlève rien à so?n talent. Il transmet, comme si c'était nécessaire, les sentiments qu'on a tous en voyant l'enfant lutter contre la fatalité. La scénariste à la bonne idée de les suivre sur plusieurs épisodes, évitant les défauts habituels du "10 épisodes, 10 histoires qui finissent en général bien à la 45ᵉ minute". Tout comme dans l'hôpital idéal que voudrait Yasuda Ken, le patient est pris en charge et suivi d'un épisode sur l'autre et ça on achète.
Alors, on peut être choqué par le peu de patients et le nombre important de personnes qui gravitent autour, surtout au début de l'histoire. Mais cela permet de se concentrer sur les nombreux personnages récurrents et les interactions qui en découlent. Il y a cette bande de jeunes étudiants qui introduit la série. Tous pleins d'espoir et qui semblent déjà épuisés par la vie quelques années après. Ces médecins et en particulier, la toujours excellente Kimura Fumino (Chou no Rikigaku, Love Life, ...) qui n'arrête jamais de m'enchanter et qui délivre ici un combat pour la femme, la mère, la vie qui m'a touché au plus haut point. La parentalité est, en filigrane, le sujet de chaque épisode. Au long cours avec notre héros homme-enfant vivant avec sa maman déjà âge, mais qui vous fera sourire par ses manières et SA manière d'aborder la relation mère- fils. Et ces futures mamans plainent de doutes ou ces parents absents ou trop présents… Tout est abordé avec sagesse et retenu.
Le côté médical est intéressant, mais ce sont surtout les relations humaines, si nécessaires à ce métier, qui seront mises en lumière. Comment trouver les bons mots face à un patient, à sa famille ? Comment délivrer de l'empathie ? Toutes les choses que notre héros n'a surement pas apprises à l'université et que l'on découvre avec lui.
Je pourrai m'étaler encore des heures sur cette série, mais je ne peux en dévoiler plus. Si évidement Dr Koto est dans votre top 10 des séries avec un médecin habité par son métier, vous devez foncer. Ce drama risque clairement de le détrôner dans votre petit cœur. Mais il n'a pas dit son dernier mot, ce vieux Koto. Puisqu'il revient sur les écrans pour noël 2023. Casse la tienne. Les producteurs de PICU ont mis toutes leurs chances de leur côté puisqu'ils ont réussi à faire sortir la vraie seule "Star Japonaise" de sa retraite pour l'ending. Bien sûr, à 70 ans, Nakajima Miyuki ne vole plus sur des dragons d'argents, mais cette voix, ces mélodies, cette écriture ... et cette voix ...
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Avec toi, le jour où ta cuisine s'arrêtera
Deux de mes acteurs préférés reprennent un manga où la cuisine est centrale. Je sens que je vais me régaler. D’autant plus qu’on est ici dans la comédie pure, et c’est bien là que Takeuchi Ryoma et Kao excellent le plus.Non contents d’être beaux, jeunes ( et ils le resteront sans doute toujours ), ils sont aussi formidables dans la comédie. Ryoma, déjà irrésistible dans Overprotect Kaoko, et Kao, si décalé dans Hot Spot, ne pouvaient que faire des étincelles dans les rôles d’un couple « fuis-moi, je te suis ; suis-moi, je te fuis ». Le principe est éculé, certes, mais peu importe : ici, tout part du refus de Kao d’épouser l'homme idéal, par dédain pour sa cuisine ! S’ensuit alors une remise en question du beau Ryoma, amoureux autant de sa compagne que de la gastronomie, mais incapable de comprendre ce qu’elle ressent lorsqu’il lui fait des remarques, qu'il pense futiles.
Contrairement à beaucoup de dramas culinaires, il y a finalement peu de scènes de cuisine pure. Exit donc les longs plans sur les plats en préparation : on suit plutôt la vie de nouveau célibataire de Ryoma, enchaînant les passages au supermarché et les repas à préparer pour tenter de comprendre ce que vivait et ressentait sa compagne. Celle-ci, en pleine crise de la trentaine, a consacré sa jeunesse à Ryoma, comme au temps de l’ère Shōwa. Fin cordon-bleu, il cherche, à travers la reproduction de ses plats, les souvenirs des dix années passées avec Kao. Ryoma excelle dans les scènes d’émotion et vous touchera certainement. Mais le cœur du drama, c’est bien l’humour, et on se délecte des situations comiques.
Travaillant dans le milieu des toilettes (un comble pour un fin gourmet), Ryoma enchaîne les mésaventures, tandis que le nouveau petit ami de Kao, caviste, fait couler la téquila, comme de l'eau. Mais ne regardez surtout pas cette série avec modération ! Elle a un côté feel-good indéniable, avec une écriture inspirée et une mise en scène élégante, alliant humour et tendresse. Les caméos, comme l’apparition de Nakajō Ayami en presque petite amie de Ryoma, parleront aux fans des deux acteurs, et rendent les scènes encore plus savoureuses.
Clairement, la dose de joie et de bonne cuisine dont on avait besoin pour illuminer cet automne maussade.
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Pas six bras, pas de massage
Il arrive !Je parle bien sûr de l'adaptation en drama du manga Dr. Ashura, sorti en 2015. Attendue par des fans encore inconsolables après l'arrêt soudain de sa publication cette même année. Et je peux tellement les comprendre : après avoir passé la première consultation avec ce énième neketsu-doctor, vous deviendrez incontestablement accro. Au point que chaque semaine, il vous faudra votre dose d’auscultation un tantinet masochiste.
Il faut dire que Dr. Asura a de quoi séduire, malgré les douleurs qu'il va vous procurer. Pas seulement par son incarnation esthétique, qui reprend presque trait pour trait les personnages du manga, notamment grâce à Matsumoto Wakana. Elle, qui m'avait dernièrement impressionné dans le récent Watashi no Takaramono ou Kimi ga Kokoro wo Kuttakara, malgré un rôle très secondaire. Elle, qui joue la tristesse à la perfection, aura ici un rôle à la hauteur de son talent, et sera certainement une révélation pour certains. Il faut dire que les rôles de psychorigide réussissent en général aux beautés froides du showbiz. Elle m’a tellement rappelé la performance de Kitagawa Keiko dans Ie no Onna ! Mais ici, elle va encore plus loin, dans ce mélange de crainte et d’empathie qu'impose par son personnage.
Le reste de la production n’est pas en reste, même si le côté looser du Johnny’s Sano Masaya peut agacer, surtout que son jeu sonne faux à certains moments. Mais son incapacité à dépasser ses incompétences devient presque salvatrice pour tous ceux énervés par les retournements de situation bidon où le noob de service devient soudain le nouveau héros d'un shonen manga.
Ce seinen mâtiné de josei reste solidement ancré dans la catégorie adulte, avec des scènes poignantes et un semblant de réalisme, notamment médical, où les urgences ressemblent à un véritable champ de bataille. Avec les moyens du bord de cette clinique au bord de la faillite, notre héroïne donnerait jusqu’à sa vie pour sauver le moindre patient. Élevée jusqu’au rang de déesse de la chirurgie, Asura semble avoir six bras pour pouvoir s’occuper de tous ses patients en même temps. Une tension sans fin anime toute la série, et ce, dès les premières secondes. On retrouve ce qui nous avait fait aimer des séries comme Urgences dans les années 90, et peut-être qu’elle fera même naître des vocations. Souvent les mains dans les viscères, la tension et certaines scènes peuvent aller jusqu’à choquer les âmes les plus sensibles.
Mais heureusement, l’assistant ou les docteurs gaffeurs et un peu caricaturaux, normal pour une adaptation de manga, font redescendre la pression. Les infirmières sont sympathiques, et comme habituellement, plus malignes que les chirurgiens. Une mention spéciale pour eux : si certains endossent les rôles classiques de pourriture ou de supérieur inquiétant, d’autres sont très drôles, à la limite du gag manga. Suzuki Kosuke et sa petite moustache en tête.
Un excellent drama médical, qui donne envie de lire le manga, malheureusement trop court. Mais qui donne surtout envie de s’engager dans les urgences… ou, à défaut, de suivre avec sérieux le traitement de choc de chaque épisode jusqu’à la fin. Tout du moins, jusqu’à l’apparition d’un sourire sur le visage de notre docteure Asura. Je peux vous promettre qu’il vaut l’attente.
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