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  • Last Online: 10 hours ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
  • Roles:
  • Join Date: August 15, 2020
Dropped 5/12
Replica: Revenge of the Ex-Wife
0 people found this review helpful
Oct 22, 2025
5 of 12 episodes seen
Dropped 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 7.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Attention les secousses

Méfiez-vous d'une femme trompée, bafouée, humiliée. C'est le message asséné par ce drama qui, tout au long de ses 10 épisodes, répète que l'on peut organiser toute sa vie sur la vengeance envers une femme et son ex-mari. Replica reprend la formule éculée de La vengeance aux deux visages entamée en 1983, et qui a donné lieu à tellement de répliques depuis que le titre de ce drama popcorn en est presque un clin d’œil. Alors, vaut-il mieux en cette fin 2025 se jeter sur cette marque, ou choisir dans le rayon junk food plutôt Musume no Inochi wo Ubatta Yatsu wo Korosu no wa Tsumi desu ka?, un autre drama de vengeance féminine, mâtiné de chirurgie improbable, mais moins obnubilé par la fierté bafouée d'une femme ? On parle quand même de meurtre pour notre fukushū drama d'automne, ici cela parait du coup un peu léger pour tenir en haleine 10 épisodes de 45 min.

De l’ijime à tous les étages pour notre germano-japonaise Triendl Reina, spécialiste malheureusement des guest roles dans les nanars télévisuels. Alors, quand elle obtient un premier rôle, on ne peut que se méfier. Malheureusement, je constate souvent que les acteurs binationaux n'ont droit qu'à de petits rôles et souvent dans des bouses. Je pense à Becky ou à d'autres. Je sais, je vois le mal partout, mais ça doit être à force de visionner des dramas comme celui-ci.

Effectivement, notre Cendrillon n’a pas de chance, du collège à son divorce., c’est la très machiavélique Miyamoto Mayu qui la harcèle pour sa laideur, lui pique son mari et l'a fait virer de son emploi. Non, vraiment, on comprend que, de laidron, elle souhaite devenir mannequin grâce à une chirurgie qui, de manière un peu plus réaliste, ne se fait pas en un clin d’œil comme dans Musume no Inochi. Il faudra quelques mois et beaucoup de bandages pour arriver à une schöne Fräulein. Tous les lieux communs de ce genre de drama défileront : les hommes préfèrent les belles ingénues stupides, les belles femmes sont cupides et superficielles.

La réalisation ne casse pas de briques, le scénario est convenu, on espère tout juste avoir un peu de surprise avec le second rôle de Senga Kento, qui laisse planer le mystère sur ses intentions. Mais vous aurez quand même votre quota de rigolades, non voulues, évidement, pour les FX maquillage. Car malgré les efforts sur les paupières, il faut vraiment se forcer à ne pas reconnaître le personnage de Reina. C’est là que les acteurs doivent montrer tout leur talent : « Ah, c’était toi, je ne t’avais pas reconnue ! » Non, franchement, vous allez bien en rire. Et pleurer aussi un peu, car le mari de Reina me fait réellement de la peine. Lui si gentil et carré… comment peut-il succomber au charme de ces diablesses ? Bon, vous ne tiendrez peut-être pas, tout comme moi sur la longueur. Mais j’ai quand même regardé la bonne moitié, malgré le fait de ne pas être la cible de ce drama. Kimura Ryō, le mari, n’était pas la cible non plus, et il a malgré tout été visé par sa femme moche, sa maîtresse ultra-sexy et à nouveau sa femme ultra sehr schöne. La revanche des geeks à lunettes. Trop la classe le mec !

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Ongoing 2/10
Edo Moiselle: Reiwa de Koi, Itashinsu
3 people found this review helpful
Mar 3, 2021
2 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 7.5
Music 7.0
Rewatch Value 7.0

Extrême Oiran

Dans la jungle des dramas japonais, il est parfois difficile de choisir une nouvelle série à regarder. Celle-ci a été choisie uniquement sur un jeu de mot d'une nullité affligeante et donc qui touche au génie. Car une telle prise de risque (certains diront inconscience) de la part des producteurs décuplée par une affiche racoleuse au possible (geisha aguicheuse sur fond de building) ne pouvait qu'aiguiser ma curiosité (malsaine ?).

Alors on ne fait pas dans le détail, dès les premières secondes, une courtisane de l'époque Edo débarque dans une famille vivant chichement dans le Tokyo de 2021, et cela sans autres explications. Elle gardera sa coiffure traditionnelle durant tous les épisodes, voir ses kimonos également, et cela pour faire toutes sortes de baïtos. Elle aura accepté sa situation au bout des quelques premières minutes et les épisodes s'enchaineront avec une capacité d'intégration dans le Tokyo de 2021 étonnante pour une déracinée temporelle.

De toute façon les voyages dans le temps étant devenus courants dans les dramas, inutile de s'encombrer d'explications. On continue donc d'explorer l'histoire du Japon comme c'était déjà le cas avec le romantique Line! Hikari Genji-kun ou le plus ludique, mais incompréhensible en replay Rekishi meikyuu kara no dasshutsu. Si on reste dans la veine romantique et ayant un peu trop de similitude avec le premier nommé, l'humour qui se dégage de Edo Moiselle m'a plutôt agréablement surpris.

En effet, je m'attendais à beaucoup de situations graveleuses sur les courtisanes de l'époque Edo, mais c'était sans compter que ce drama était pour un public japonais et non international. L'héroïne est souvent touchante et fait mouche face aux mâles modernes avec finalement une défense de la condition féminine permanente. Le parallèle des bars à hôtesse, nécessaire pour signer un contrat, sonne assez juste, par exemple.

Sans vouloir en permanence donner des leçons, notre héroïne est empreinte de modernité, mais reste en adéquation permanente avec l'époque d'où elle vient. Mais c'est dans les situations de comédie que l'on prend le plus de plaisir. Même si en permanence l'humour joue sur le décalage des époques, je me surprends à pouffer de rire pour une simple photocopie.

Les acteurs sont malheureusement assez banals (dans le jeu, le physique, mais pas le look...). Edo Moiselle n'a rien d'une superproduction même si Okada Yui porte magnifiquement la coiffure d'époque et sait habiller son regard. Hayama Shono a peine à convaincre tout comme le reste du casting, voilà peut-être pourquoi il porte ses habits si improbables, ceux de l'Oiran passeraient presque inaperçu à côté. Dans une sitcom, ce n'est pas si grave et tous ses acteurs habitués au second rôle sont aussi rafraichissants et changent des Hirose et autres Kubota un peu trop parfaits pour nous.

Si pour vous, c'est l'humour qui prévôt, avec un peu de romantisme et de sensibilité, si les costumes et coiffures d'époque sont votre kif et si vous n'en avez pas marre des voyages dans le temps, Edo Moiselle saura répondre à vos attentes. Étant un homme j'irai plus vers ce drama que vers Iine! Hikari Genji-kun. Mais c'est à vous de faire votre choix. "Madame" à tant de plaisirs à vous proposer.

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Ongoing 4/10
The Reluctant Preacher
1 people found this review helpful
May 19, 2025
4 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 9.0
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 8.5

La valse des remplaçants

Le sensei nouveau du printemps est arrivé (forcément, l'école commence au printemps). Et ce n'est pas le seul marronnier qui vous attend dans ce énième Hiiro Sensei Drama de la télévision japonaise. Étant moi-même prof, je l’ai dit cent fois : j’ai toujours à cœur de découvrir de nouvelles perceptions du métier et les compétences de mes collègues des antipodes. Si en plus c’est l’éternellement drôle et gaffeuse Hirose Alice qui endosse la tâche de mater la génération Z, je ne vais pas bouder mon plaisir de revoir les sempiternelles scènes d’adultes qui détournent les yeux face au harcèlement, et la bataille entre les pédagogies différenciées de la principale, de l’adjoint, des parents et des profs. Allez, c’est reparti pour un tour !

Il est loin, le temps de GTO, et pourtant si proche dans la personnalité de Urumi Shizuka, qui, tout comme notre Great Teacher, n’en a rien à faire des élèves et cherche juste à se la couler douce comme fonctionnaire après une longue période en tant que NEET. Le bagou d’Onizuka-sensei en moins, tout de même. C’est surtout ce que l’on pense dans le premier épisode, avant de découvrir la vraie situation de notre héroïne, qui résoudra, à l'insu de son plein grès, les problèmes des ados, qu’elle déteste tant. Pas de spoil ici, c’est simplement la loi du genre. Et les caricatures vont être nombreuses : entre les profs lèche-bottes de l’adjoint, les parents toxiques et l’Ijime, qu’il faut, malgré tout, toujours dénoncer. Les acteurs n’ont pas besoin de forcer le trait tant on connaît la chanson, mais j’ai quand même un petit faible pour le prof de maths loser face à ses collègues et ses élèves, et qui se croit expert en conseils de vie. Question de corporatisme, peut-être.

Bien sûr, on attend essentiellement Hirose Alice au tournant, semblant être le seul véritable atout de cette comédie qu’on espère tous voir partir dans un délire total, jusqu’au bout. Jamais aussi bonne que dans un rôle mi-yankee, mi-gaffeuse, placée là où elle ne devrait pas être et se plaignant mentalement à chaque conversation ennuyeuse, les premiers épisodes augurent de très bons moments. Le secret d’Alice tarde à être dévoilé et reste volontairement en retrait, sans doute pour éviter de reproduire le traumatisme divulgâchique qu’a été "La danse du paon" de sa petite sœur, il n’y a de cela que quelques semaines, et cela, dès le premier épisode, en plus.

Bien sûr, chaque épisode suit la trame habituelle : un élève, un problème, une solution à la fin. Mais certains vont plus loin. Dès la fin du troisième, tout n’est pas si rose, et on imagine le scénario prendre de l’ampleur. Quelques trouvailles, comme la place prépondérante d’internet en tant qu’aide (pour éviter de donner une trop grande supériorité au professeur face au commun des mortels), sont salvatrices.

Sans être un chef-d'œuvre du genre, on prend toujours autant de plaisir à suivre l’histoire d’une classe sur une saison, espérant y déceler la future Nagano Mei, Hara Nanoka ou Kawai Yuumi. On s’amusera des facéties de Hirose-san, aussi forte pour sourire que pour faire la gueule. Et là, elle décroche la palme, renforcée par cette frange improbable, mais qui vaut, à elle seule, le visionnage.

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Ongoing 4/10
Mr. Mikami's Classroom
1 people found this review helpful
Feb 21, 2025
4 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.5
Rewatch Value 9.0

Cœur de loup

S'il y a un genre que j'apprécie particulièrement, c'est bien le school drama, surtout lorsqu'il est empreint de mystère et qu'il ravive chez-moi la flamme de la jeunesse et celle de l'enseignement. J'attendais, donc, depuis longtemps un successeur à 3-nen A-Gumi, tant du point de vue du casting, de l'intrigue que de la réalisation. J'avais foi en Saiko no Kyoshi: 1 Nen Go, Watashi wa Seito ni Sareta (2023) et en la très bonne prestation de Matsuoka Mayu, mais je restais encore sur ma faim.

Aucun acteur n'était encore arrivé à la cheville de Suda Masaki dans le rôle du professeur principal psychopathe, mais... entièrement dévoué à ses élèves. Il se pourrait bien, cependant, qu'il ait trouvé un véritable concurrent en la personne de Matsuzaka Tori, qui n'a plus rien à prouver, mais qui pourtant, concourt ici pour la meilleure performance masculine de l'année.

Ceci dit, un bon drama ne repose pas sur un seul acteur, et encore moins dans ce genre si particulier qu'est la prise en main d'une classe (de terminale, pour coller encore plus au cahier des charges du genre) sur l'année. Un bon casting dans la classe, qui a révélé ou confirmé tant de jeunes talents dans 3-nen A-Gumi ou Salomon no Gihou, est l'élément essentiel pour ces dramas. Il semblerait que Mikami Sensei coche toutes les cases avec la présence de Nagase Riko, Takaishi Akari ou Kubozuka Airu, pour n'en citer que trois. Souhaitons à ces jeunes acteurs la même trajectoire que Nagano Mei, Kamishiraishi Moka, Katayose Ryota, ou encore Hotta Mayu, qui revient ici pour signer ici une performance magistrale, à des kilomètres de ses univers habituels.

Le drama est d'ailleurs très sombre et d'un sérieux qui pourrait en rebuter plus d'un. Les rares moments de délires adolescents en deviennent d'autant plus précieux et je vous invite à les savourer. On ressent le poids que le monde actuel fait peser sur nos enfants : la pression constante sur cette nouvelle génération dans un monde en perpétuel mouvement, où l'éducation, dans les pays du G20, parait être le seul levier capable de changer la donne pour assurer la survie d'une nation. Conquérir ou s'élever toujours plus haut que les autres... Des questions fondamentales de survie politique, culturelle, ethnique et familiale sont au cœur d'une intrigue policière menée d'une main de maître par toute la production.

L'écriture du scénario est diabolique. La mise en scène repousse les critères du mystery drama de qualité. Bien sûr, certains plans insistent sur des évidences, mais grâce à des mouvements lents et des angles de caméra audacieux choisis, assistés par une bande-son religieuse, ils instaurent un sentiment d'asphyxie encore plus présent que la simple pression décrite sur ces futures élites. On pourrait imaginer une exagération pour les besoins de l'intrigue, mais les récents scandales dans certains lycées privés français nous prouvent qu'on est parfois loin de l'horrible réalité.

Mikami Sensei va très certainement devenir une nouvelle référence du professeur psychorigide, mais profondément attaché à ses élèves. Matsuzaka Tori habite littéralement son personnage. Il excelle lorsqu'il doit paraître ennuyeux, tel le bureaucrate qu'il est. Il est impressionnant dans ses explications mathématiques autant que philosophiques. Et bon sang, qu'il a l'air humain lorsqu'il donne des leçons de vie à ses élèves ! Sans parler de son côté sombre lorsqu'il se transforme en enquêteur... Horrible pour ses collègues, qui, loin de lui servir la soupe, s'avèrent être d'excellents seconds couteaux, renforçant ainsi cette œuvre qui s'impose comme une nouvelle référence des dramas dénonçant un système qui broie totalement les individus. Il se permet même des de l'autodérision lorsqu'il décrit les dramas scolaires, imposants une image du prof héros irréprochable. De l'autodérision, il y en aura aussi dans le choix de One OK Rock pour l'ending. De révolutionnaire, on pensera plutôt à une référence aux gosses de riches.

Du classique, me direz-vous ! Mais ici, tout va plus loin dans la critique : L'éducation, bien sûr, mais aussi la bureaucratie, les castes, les médias, avec une interrogation sur le rôle du journaliste dans un monde gouverné par la rumeur et le poids des réseaux sociaux. Et le monde politique, impliquée dès le premier épisode, qui raisonne de manière synchrone avec une société japonaise sclérosée par ses conventions. La courageuse enseignante incarnée par Yoshioka Riho en est l'exemple parfait, broyée par sa propre famille. On y trouve aussi des enquêtes bâclées ou étouffées par l'argent et le pouvoir, si on ne peut même pas compter sur la police. Décidément, tout y est. Ce drama ne laisse aucune faille apparente.

On pourrait seulement lui reprocher la difficulté du vocabulaire lorsqu'on le regarde en RAW, mais il est certain qu'il marquera les esprits, comme d'autres avant lui en leur temps. Malheureusement, politique et éducation, dans la vraie vie, ne sont que ruine de l’âme... J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de Mikami Sensei pour nous protéger de tous ces loups, qui n’attendent que de remplacer l’ensemble du corps enseignant par des IA. Mais si c’est Lucy, l'éducation de notre pays pourrait enfin être sauvée.

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Ongoing 4/11
Soda Master
0 people found this review helpful
Feb 8, 2026
4 of 11 episodes seen
Ongoing 2
Overall 9.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 9.0

Hen na koto

Spielberg n’en finit plus de laisser des traces dans l’inconscient collectif. Une semaine après avoir conclu dix ans de Stranger Things, les années 80 et leur esthétique geek pour quinquagénaires trop fortunés reviennent déjà avec le bien nommé Ramune Monkey.

Trois ojisan se remémorent l’année 1988 dans une ambiance rappelant tous les films de l’époque. Dès les premières secondes, les clins d’œil, parfois trop appuyés, de Rencontres du troisième type à l’ambiance Goonies, nous font une fois de plus dire, « c’était mieux avant ». Le premier épisode pose les bases de l’ensemble des personnages grâce à la séance de cinéma organisée à l’école, véritable point de confluence de toute la série. Et cette galerie de personnages donne furieusement envie de voir la suite. Yankees, prof courage dans le personnage de la trop rare Kiryuu Mai, ou ados légèrement débiles, tous les codes sont là, avec le prisme de l’ère Shōwa, la meilleure.

On pourrait en avoir marre de tous ces time slips, d’autant plus qu’on se retrouve pour la énième fois à chercher qui a tué Laura Palmer. Diffusé en même temps que Silent Truth et juste après Ii koto warui koto, retour encore et toujours à l’époque de l’école primaire, à se remémorer ses anciens camarades et les faits de l’époque. Mais on n’est pourtant pas du tout dans la même ambiance, car à cinquante ans bien tassés, les souvenirs fantasmés déforment la réalité. Et les passages dans l’enfance sont tellement jouissifs, avec des allusions à Jason et à d’autres films qui nous ont tant marqués, qu’on en vient presque à regretter que la série ne se déroule pas entièrement à cette époque.

Rois du kung-fu en pleine période Jackie Chan, les enfants ont tous des super-pouvoirs et vivent des aventures extraordinaires dans la tête de vieux briscards complètement has-been dans leur époque. Dans leur travail, dans leur famille, ce sont des pépés un peu à la masse qui retrouvent, dans la recherche de la vérité, une seconde jeunesse. VHS et vélos volants réjouissent la génération (Spartan) X que je suis, et mon amour pour l’ère Shōwa, et en particulier pour la city pop, est comblé avec cette série. Kiryuu Mai est tout aussi étrange, flippante et attractive pour ces ados en devenir. Les papis l’idéalisent, mais comment faire autrement, tant on aurait voulu avoir une responsable de club de ce niveau ?

La génération Z se retrouvera dans Fukumoto Riko, qui accompagne nos trois enquêteurs, et c’est plein d’émotion qu’on suivra leurs retrouvailles avec tout leur childhood et leur professeur encore en vie. Bien plus intéressant que s’ils s’étaient donné rendez-vous dix ans après, ce saikai quarante ans après le collège réserve de savoureuses scènes.

Je ne comparerai pas plus à Stranger Things, ayant arrêté de regarder des séries américaines avec la fin d’Urgences. J’imagine le parallèle, mais j’imagine aussi le côté sentimental bien plus développé dans le pays du natsukashii. Dépêchez-vous de visionner cette bonne dose de nostalgie avant que la Stargate, la cabine ou la DeLorean ne se referment.

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Ongoing 136/156
Natsuzora
0 people found this review helpful
Oct 4, 2020
136 of 156 episodes seen
Ongoing 0
Overall 9.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 10
Rewatch Value 7.0

Natsu, petite fille des montagnes ...

Les Asadoras de la NHK ont un format très particulier 15min/jour, pendant 6 mois. Il faut pouvoir trouver son compte pour accrocher aussi longtemps à une histoire, qui soyons honnête tirent parfois en longueur. Pour ma part j'adore ce format qui permet de lancer des épisodes en rafale. De plus, ses dernières années, les thèmes abordés, la qualité d'écriture et la pléthore de stars en premiers rôles ou en guest arrivent à vous tenir en haleine malgré les moments un peu plan plan. C'est presque le cas de Natsuzora qui offre à Suzu Hirose un premier rôle à la hauteur de son talent et qui justifie à elle seule le visionnage. Comme cela semble devenir la norme avec ce format on découvre son personnage enfant et on suit sa vie sur plusieurs décennies. Bien moins palpitante, à mon avis que celle de Suzume dans Hanbun Aoi (mon Asadora préféré) on trouvera quand même son compte d'émotions dans la première partie de l'histoire et quelques rebondissements, certes attendus redonneront un regain d'intérêt. Découvrir la vie difficile des japonais du siècle dernier, partis coloniser Hokkaido et des orphelins d'après-guerre ma fait verser ma petite larme.
Dans cette version japonaise d'Heidi (les similitudes sont quand même très fortes même si on essaye de nous vendre 'la petite maison dans la prairie') l'histoire nous touche par les liens créés par Natsu et son grand-père adoptif. Personnellement si je trouve que les rôles secondaires manquent de profondeur dans cette partie (et trop caricaturaux plus tard, pour les collègues de Natsu adulte), Awano Sari qui joue Natsu enfant et Kusakari Masao le grand-père vont vous faire fondre. Plus tard, la recherche désespérée de son frère et de sa soeur réussiront aussi à vous tirer une larme supplémentaire.
Mais soyons honnête, si je me suis plongé dans cette histoire ce n'est évidement pas pour les paysages bucoliques et les vaches d'Hokkaido ni pour suivre le combat difficile de l'émancipation des femmes japonaise, fil rouge de beaucoup d'Asadoras, mais pour le thème principal : la genèse de l'animation japonaise. Car comme beaucoup, avant de m'intéresser aux dramas, je suis un fan d'animation et de mangas. Et on suis bien les pionniers de l'animation dans cette histoire. Le terme 'Pionnier' semble être le fil conducteur de la série tout au long des 156 épisodes. On découvre les premiers films d'animations, le métier d'animateur de coloriste, de doubleur, les premiers studios d'animations, etc ... Cerise sur le gâteau des séquences d'animation ont été spécialement créés pour l'occasion, avec vers la fin de la série des un épisode quasi entier animé (d'une qualité un peu décevante par rapport au générique d'ailleurs). Car si on reconnait facilement la Toei dans le studio où Natsu travaille il était hors de question d'utiliser des séquences de film réels. Et on s'amusera donc à chercher à quel film fait référence cette séquence. Jusque dans le générique, créer par une jeune animatrice, chanté par le groupe Spitz et qui nous rappellera tellement le Heidi de Miyazaki. L'ombre du maitre plane sur les épisodes et certains des personnages ont du hérité de traits de caractère. Tezuka et Go Nagai ne sont pas très loin non plus. Voilà pourquoi je conseille cette série, qui ravira tous les fans d'animations d'après-guerre jusqu'au années 80, les vieux comme moi, quoi. La musique colle parfaitement à la série et vous vous surprendrez à fredonner les thèmes principaux. Un de mes Asadoras préféré.

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Ongoing 3/10
Kotodamasou
1 people found this review helpful
Oct 29, 2021
3 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.0
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 7.5
Rewatch Value 7.5

C'est à son tour, maintenant

Avec son casting de rêve, la nouvelle production horrifique d'Abama x Asahi TV promet monts et merveilles sur le papier. Mais nous avons appris à nous méfier des productions trop gourmandes en ex-Idoles et autres Models. Pourvu que ce rêve ne se transforme pas à nouveau en cauchemar...

Un rêve qui se réalise au début du premier épisode, pour la jolie et sympathique ex-Nozikaya 46, Nishino Nanase. Finie la vie de Youtubeuse solitaire (comprendre otak, donc) et vive la vie avec une bande de copines aux caractères très différents (pour les otaks, ... donc). Une Mansion à 8 appartements tous occupés par une jeune femme célibataire est le cadre idéal pour un scénario plutôt convenu. Le pitch de départ tenant sur une dent d'un timbre de poste, ne laisse aucun doute sur le genre Horreur/Thriller. Mais on sait depuis Anata no Ban Desu que ce huis-clos peut provoquer, chez le spectateur, une addiction envers une série qui ne payait pourtant pas de mine au départ. Mais une interrogation survient à la lecture de la phrase précédente. Nishino Nanase parviendra-t-elle une nouvelle fois à nous maintenir en haleine comme elle l'a justement si bien fait dans Anata no Ban. La comparaison risque d'être douloureuse, voir horrible.

Si le genre de cette nouvelle série est clairement orienté horreur, cela ne peut pas suffire à faire oublier ce chef-d'œuvre du polar/mystère surtout que dès le premier épisode une locataire décède et on se doute bien que c'est le point de départ d'une série de morts plus horribles les unes des autres. Heureusement les futurs victimes font partie de la crème des jeunes actrices de série (parfois Z) du moment. La géniale Uchida Rio qui sait mettre ça personnalité folle au service d'un scénario toujours déjanté et complexe (Raise de wa Chanto Shimasu, Mukai no Bazuru Kazoku, ...) et les 6 autres locataires que je ne citerai pas une à une et pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque tant elles auraient pu tenir un premier rôle chacune.

Si on se doute de leur fin tragique et certainement violente selon l'épisode à venir, reste le mystère qui entoure cette immeuble. Vieux cimetière indien ou ancien lieu de culte Celte ? Que s'est-il passé dans ce bâtiment ou le mensonge est interdit, sous peine de voir sa fin arrivée. Ce ne sont pas les exorcismes minables du pseudo prêtre shintoïste, excellemment joué par Nagayama Kento qui parviendra à faire baisser la tension. La religion est clairement critiquée ici, par son côté mercantile. Mais ce partenaire maladroit de notre enquêtrice Nanase chan vous donnera un sourire salvateur au milieu d'un océan de sueur froide.

Car la peur est bien là, présente à chaque épisode. Une horreur parfois subtile, mais avec des codes éculés pour ceux qui suivent le cinéma asiatique depuis longtemps. Mais même un vieux briscard comme moi se fait avoir et les reflets dans le miroir, les mains sales ou les cheveux longs recouvrant le visage, par exemples, font toujours leurs effets. Et comme souvent on est content qu'un épisode ne dure que 20 min. Vous faire croire que j'ai vu tous les épisodes à l'heure qu'il est serait le 3e mensonge de cette chronique, alors je vais m'arrêter là dans mes commentaires, même si vous êtes certainement déçu (si si,...). Mais je tiens encore un peu à la vie. Si ce n'est que pour découvrir le fin mot de cette histoire pas si commune au final ... Aaaargh, uso da yo !!!

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Dropped 3/8
Cut, Dad!: Are We the "Best" Family?
0 people found this review helpful
4 days ago
3 of 8 episodes seen
Dropped 0
Overall 7.0
Story 6.0
Acting/Cast 6.5
Music 7.0
Rewatch Value 7.0

Une sitcom qui ne voit pas le malaise qu’elle met en scène

Une sitcom mollassonne qui recycle, pour la énième fois, le concept du père célibataire surprotecteur, le tout sous couvert de réseaux sociaux. Mou Papa ! veut faire rire et divertir les ados, déjà lessivés par leurs huit heures de lycée et leurs quatre heures de cours du soir. Mais parvient-il à toucher sa cible, voire à élargir son audience au vieux débris analogique que je suis ? À 16 ans, les seuls potins que je dévorais se trouvaient dans des magazines en papier, le buzz sur 6 pouces ne m'intéressant toujours pas.

Ayant le double, voire le triple, de l’âge du public visé, je me place plutôt du côté du père. Un benêt incorrigible, incapable de voir qu’après quinze ans d’exploitation de l’image de sa fille, il a lui-même contribué à sa détresse et à sa soumission.

Mal à l’aise face à un "peech" déjà recyclé maintes fois, et pas plus tard que dans un épisode de l’excellent Plastic Beauty, qui consiste à rappeler aux parents qu’il faut laisser leurs enfants déployer leurs ailes. Le tout dans un Japon où l’on apprend pourtant l’autonomie dès la maternelle ! J’espérais alors retrouver un humour à la Futekisetsu ni mo Hodo ga Aru! ou à la Oya Baka Seishun Hakusho, deux séries qui m’avaient tellement enchanté par leur écriture et leurs pères aussi stupides qu’aimants. Mais leur charme reposait aussi sur le jeu de Nagano Mei et de Kawai Yuumi, qui apportaient une vraie personnalité à leurs personnages.

C’est donc vers l’actrice Hara Nanoka, après une succession de rôles secondaires, notamment dans Oshi no Ko et les premiers rôles encore trop souvent romance adolescente, que se tournent désormais les regards. Elle est aujourd’hui présentée comme l’un des nouveaux visages du modèle esthétique et comportemental à transmettre à notre jeunesse, notamment à la Gen Alpha, comme on a encore pu le constater avec son apparition dans Nurse X (t'es nunuche, mais tu vas y arrivé). Pourtant, je trouve qu’elle peine à convaincre dans ce rôle formaté, laissant finalement la réalité dépasser la fiction.

Car ce n’est pas seulement son père fictif qui cherche à façonner son image : c’est aussi la production qui la rend lisse, voire benête. Elle reste enfermée dans son rôle de fille modèle et candide, tiraillée entre sa fidélité à son père, à ses frères et, par extension, à sa famille, et des sentiments qui ne semblaient guère avoir été pris en compte pendant les quinze années précédentes.

Pourtant, les flashbacks qui émaillent la plupart des épisodes insistent bien sur le malaise qu’elle ressent à 5 ou à 10 ans, et sur la manière dont celui-ci se transmet à son entourage. Un malaise amplifié par tout le petit monde de l’agence de jeunes talents et par les autres YouTubeurs qui parsèment les épisodes. Quant au prince charmant, il est fauché, mais en pâmoison devant sa belle influenceuse, créant une relation toxique avec un fan qu’elle voulait à tout prix éviter.

En réalité, Mou Papa! ressemble davantage à une énième itération des Cinderella au pays des influenceurs, avec des inversions de rôles, mais surtout de grosses maladresses dans sa dénonciation du système et de la manipulation des sentiments.

Le malaise est palpable à chaque épisode, et je crains fort que la série produise l’effet inverse de celui attendu. Au lieu d’ouvrir les yeux de certaines familles qui monétisent un peu trop leur vie, et plus particulièrement celle de leurs enfants, elle finit parfois par justifier leur soumission, aussi bien au père fictif qu’au producteur de la série. Ce dernier impose à Hara Nanoka un jeu que je trouve ringard, au risque de renforcer précisément les stéréotypes que la fiction prétend dénoncer.

Pour mesurer à quel point ce sujet mérite mieux, je conseille à tout le monde de revoir Mukai no Bazuru Kazoku, qui abordait déjà cette question en 2019 avec une approche autrement plus intéressante.

Quant à moi, je retourne voir Oshi no Ko ! Au moins les parents n'ont pas forcés leurs enfants

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Ongoing 3/8
Plastic Beauty
0 people found this review helpful
Sep 20, 2026
3 of 8 episodes seen
Ongoing 0
Overall 9.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 8.5

Des clichés à la scalpel, de l'émotion en injection

Un visage taillé au cordeau : c’est l’argument de big N pour avoir choisi Naka Riisa comme méchante chirurgienne plastique dans ce drama bling-bling et donc tellement Netflix.

Si vous cherchez une once de feeling à la japonaise dans cet énième revenge medical drama, vous voudriez peut-être passer votre chemin, mais faite vous le bon choix. Plastic Beauty est, comme son nom l’indique, surtout tape-à-l’œil afin de séduire l’Occidental que nous sommes. Les filles et les mecs sont beaux comme des hosts de Kabukichō et assument à mort leur chirurgie, tout comme la série elle-même, qui fait briller les beaux quartiers de Tokyo en rendant même glamour et sympathiques les usuriers des bas-fonds de la mégalopole.

Adapté certainement d’un webtoon, je l’aurais plutôt vu comme un remake d’un soap coréen. Sans vous méprendre, il y a souvent du bon dans ces séries et, grâce à une galerie d’acteurs formidables, on peut trouver du plaisir à un scénario qui tient sur un timbre-poste. Mais là, on ne peut être que déçu, surtout si l’on s’arrête au premier épisode, ce que je vous déconseille fortement. Les cicatrices et le dégonflement mettent du temps à révéler toute la perfection d’une série après un premier épisode qui se veut racoleur.

Passons sur la VF, qui vous donne l’impression, comme trop souvent, d’être, lorsque l’on ferme les yeux, dans un shōjo manga de magical girl, pour nous concentrer sur les personnages originaux, qui ont pourtant du mal à m’impressionner d’entrée de jeu. Après le succès d’Unmet et sa sensibilité taillée au scalpel, je m’attendais à une direction tout aussi remplie d’émotion de la part du réalisateur Yuki Saito. Mais il n’en est rien ici, tout du moins dans les premières heures. Il semblait avoir pris le parti de gâcher le pouvoir expressif de l’excellente, mais trop peu présente à l’écran, Matsuoka Mayu.

En pause depuis 2024, elle revient ici dans une série qui, si l’on s’attache aux apparences, ne va pas laisser une seule cicatrice visible dans le paysage dramatique japonais. Et pourtant, dès la salle d’attente, c’est elle qui réalise la meilleure prestation. Déterminée et vraie dans son jeu, sa nemesis Naka Riisa et les personnages masculins, Mamiya Shotaro en tête, font tellement glamour forcé et host maquillé que cela en devient ridicule. Hautaine, hautain ou arriviste, tout en charmant son auditoire par des yeux de biche et un ton condescendant… Pitié, quoi !

Je ne m’attendais pas à voir Les Feux de l’amour, mais une vraie série qui donne à réfléchir sur l’apparence, la chirurgie et la psychologie en général, dans un monde où l’image est reine. Mais ça, c’était jusqu’au 2e-3e épisode. Car la profondeur et le thème du bien-être mental vous éclatent d’un seul coup au visage comme une bombe artisanale. Et c’est alors des heures et des heures de chirurgie réparatrice qui s’enchaînent dans votre cerveau. La force de la mise en scène nous fait accompagner Matsuoka Mayu dans sa remise en cause, et dans la nôtre, des idées reçues sur la chirurgie plastique.

Et, pour couronner le tout, la carriériste inhumaine Naka Riisa redescend de son piédestal en apprenant de notre chirurgienne désorientée. L’humanité, les sentiments, l’émotion sont partout. Des seconds rôles tenus par l'excellente Amano Hana, récurrente et touchante, ou par la vétérane Ken Naoko, qui, à 73 ans, va vous faire pleurer toutes les larmes de votre corps, si vous en avez encore à ce moment là.

Quelques fausses notes gâchent un peu l’expérience, comme cette propension à vouloir faire dans le sensationnalisme gore. D’accord, la chirurgie doit être montrée sous toutes ses facettes pour éviter l’effet glamour et publicité pour clinique. Mais un peu de retenue aurait ouvert la série à davantage de monde, notamment aux adolescents, qui ont bien besoin d’être aiguillés dans ce monde gangrené par l'apparence reine.

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Ongoing 3/11
GTO
1 people found this review helpful
Aug 6, 2026
3 of 11 episodes seen
Ongoing 3
Overall 9.0
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 8.5

Un Arc-en-Ciel de Nostalgie

La vie est parfois cruelle. Voir un nouveau GTO, 25 ans après le début de ma carrière de Great Teacher, me fait vraiment prendre un sacré coup de vieux.

Comme toute la génération X (oui, Burger King, c'est la génération X, pas les boomers, les années 80 !), j'ai découvert GTO à l'âge d'or des mangas en France, à la fin des années 90, début des années 2000. À cette époque, jeune professeur que j'étais, je cherchais de l'inspiration pour comprendre une jeunesse biberonnée à la PlayStation et aux Pokémons.

S'il y a une chose que GTO m'a apprise, c'est qu'un adolescent reste un adolescent et qu'un adulte reste un adulte. Ce dernier sera toujours en décalage, quelle que soit l'époque dans laquelle il enseigne ou la posture qu'il adopte pour tenter de leur ressembler. En revanche, s'il reste proche de ses élèves, s'il cherche à les comprendre, s'il s'intéresse à leurs envies, à leurs attentes et à leurs rêves, alors il sera malgré tout en phase avec eux.

Et voilà qu'à 50 ans, le bel âge, Onizuka reprend du service devant des lycéens le nez constamment plongé dans leurs tablettes et désormais coachés par l'intelligence artificielle. Pourtant, il conserve le même humour potache d'ancien yankee des années 90. Mais cet humour fait-il encore mouche aujourd'hui ?

Cela dépend beaucoup de votre état d'esprit. Il y a évidemment le facteur nostalgie, qui touchera avant tout les générations ayant grandi avec GTO. Sorimachi Takashi reprend son rôle à la perfection et n'a absolument rien perdu des mimiques qui lui ont permis d'incarner avec autant de fidélité le personnage du manga, et surtout celui de l'anime. Lorsqu'il se cache derrière un poteau, grimace ou tente maladroitement de rattraper un élève qui veut mettre fin à ses jours, tout est fidèle au matériau d'origine et rappelle une foule de souvenirs.

Comme beaucoup de Français au début des années 2000, je n'avais pas eu l'occasion de découvrir le drama, mais l'anime était déjà exceptionnel. Et ne pas avoir vu la série originale n'est finalement pas un problème : on comprend immédiatement qu'Onizuka a vécu heureux avec Fuyutsuki Azusa durant ces vingt-six dernières années, à l'écran comme dans la vraie vie.

En revanche, pour les générations plus jeunes, des millennials jusqu'à la génération Alpha, le personnage risque d'être plus clivant. Sa familiarité excessive, ses blagues lourdes, son besoin permanent de créer un lien avec ses élèves, tous ces comportements que l'on qualifierait aujourd'hui de... « hara ». Pourtant, GTO dénonçait déjà le harcèlement scolaire, l'éclatement de la cellule familiale ou encore les violences entre élèves et au sein des familles. Le manga abordait ces sujets avec une étonnante modernité alors que la société préférait encore détourner le regard.

Et le voici désormais dépassé par le monde qu'il a lui-même contribué à faire évoluer. Vous serez sans doute, comme moi, touché par son sentiment d'exclusion face à une société qu'il ne comprend plus totalement. Un peu à l'image de la série Extremely Inappropriate!, où la génération de l'ère Shōwa se sent déclassée avant de réaliser que, dans le fond, les êtres humains n'ont pas tant changé que cela.

Rien n'a véritablement changé non plus dans la mise en scène, et c'est peut-être la principale faiblesse de ce nekketsu sensei drama. Aujourd'hui, GTO ne souffre plus seulement de la comparaison avec son illustre prédécesseur, mais avec tous les dramas qui se sont inspirés de lui. Une classe qui le déteste, un élève différent à sauver à chaque épisode, une relation qui se construit progressivement jusqu'à faire de cet élève un allié d'Onizuka… Cette structure, quasiment inventée par Toru Fujisawa, peut désormais paraître bien trop classique, voir de l'âge de pierre.

Des œuvres comme 3 Nen A Gumi ou Assassination Classroom, pour ne citer que les plus célèbres de la décennie précédente, ont modernisé mainte fois cette formule. Face à elles, ce nouveau GTO semble parfois appartenir à une autre époque.

Mais c'est précisément cette volonté de retrouver l'esprit du GTO des années 90 qui rend la série si attachante. Oui, elle joue à fond la carte de la nostalgie, mais le contraste entre Onizuka et ses jeunes collègues est tellement marqué que chaque épisode devient un véritable plaisir. Mention spéciale à Nukumi Meru qui, dans le rôle d'une jeune enseignante de la génération Z, assume avec beaucoup d'autodérision tous les clichés de son époque.

Bien sûr, nous sommes face à une sitcom portée avant tout par ses acteurs et pas grand chose d'autre. Les adolescents sont attachants, l'ambiance rappelle énormément les sitcoms des années 80 et 90 que l'on regardait en rentrant du lycée, jusque dans le générique. J'ai surtout le sentiment que cette série a été produite avec énormément d'amour et de nostalgie, davantage pour rendre hommage à une œuvre culte et à une époque que dans un simple objectif commercial.

D'autres séries récentes exploitent aujourd'hui cette formule avec davantage de maîtrise et d'ambition, et je vous laisserai établir vous-même la liste. Mais, pour ceux qui ont grandi avec Onizuka, retrouver ce vieux professeur au grand cœur reste un plaisir difficile à bouder.

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Ongoing 5/11
Learning to Love
1 people found this review helpful
Aug 17, 2025
5 of 11 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.0
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 7.5
Rewatch Value 7.5

L'école des sentiments tarifés

Les romances réprimandées par la société, malgré leur exploitation dans la littérature depuis Genji Monogatari, font encore le bonheur des producteurs et auteurs, tout média confondu, en cette bientôt fin de monde annoncée. De surcroît au Japon, terre de la bienséance et de la discrétion. Imaginer une amourette entre une professeure et un élève analphabète peut encore, malgré le cliché de la situation, faire vibrer les foules en 2025. Et pourtant, on a du mal à imaginer faire mieux que Garden of Words de Shinkai Makoto, surtout qu’en 2013, avec son trait de crayon et seulement 46 min, il avait tout dit et tiré les larmes nécessaires à la situation.

Ici, pour faire vibrer la corde sensible, le cordonnier est remplacé par un host de Kabukicho, ce qui ne nous rassure pas au premier abord. Du rentre-dedans et des beaux mecs androgynes vont parsemer 10 épisodes de hime-sama en direction des trentenaires à la recherche de l’aventurette télévisuelle. Vous entendrez donc soit votre voix intérieure, soit celle à côté de vous dans le canapé vous dire : C’est honteux cette exploitation de la misère amoureuse, tout en sachant que le voyeurisme est la raison principale de notre fascination.

Mais en réalité, tout est fait pour dénoncer le mizushōbai, à commencer par le ridicule dont les jeunes hosts s’affublent. Car si l’ensemble des intervenants semble donner les bons arguments pour critiquer l’exploitation de la solitude des femmes, ce sont les situations vécues par les hosts qui en font la meilleure critique. Mis plus bas que terre, traités comme des moins que rien, pas seulement par leur patron. Les clients, la société, les regardent comme des caniches à maman. Et c’est d’ailleurs très touchant de voir à quel point le héros de l’histoire cherche à travers son métier la reconnaissance maternelle qu’il n’a pas eue dans sa jeunesse.

Le trait sera donc forcé pour l’héroïne incarnée par l’excellente Kimura Fumino, en mère courage prête à tout pour sauver de l’illettrisme Murakami Maito Raul. Sa photo illustre d’ailleurs sur Wikipédia la définition de vieille fille. Dans son tailleur grisâtre, affublée d’un chignon et de lunettes, esquissant très peu de sourires face à sa classe de jeunes filles d'une école privée catholique. Oui, tout est dit. Les clichés sont ultra-forcés, comédie romantique oblige. Le paradis blanc, la journée. L’enfer rouge, la nuit. Raul-kun est présenté comme un Satan prêt à dévergonder la plus toute jeune vierge. Il faut choquer le bourgeois, que diable.

En vraie, la production cherche à choquer un public habitué et donc anesthésié par les mœurs de Kabukicho, mais n’y arrive pas vraiment. Encore moins si on vit au Japon, où les lieux de culte catholique n’ont pas réellement de sens au-delà du mariage. Mais toutes ces montagnes de clichés gâchent-elles l’expérience ? En réalité, très peu, car on assiste ici à de très belles performances d’acteurs. Kimura Fumino est évidemment habitée par sa mission de super neketsu sensei (celle-là je vais la ressortir à chaque fois, maintenant) mais sans en faire trop. Elle met énormément de temps à succomber au soi-disant charme de Raul-kun. D’ailleurs, est-ce qu’elle y succombe seulement ? Ces situations donnent une part de réalisme bienvenue. Ce drama est ancré dans la vraie vie et fait finalement très peu de place à la romance. Exit les longs plans "je te regarde dans les yeux pendant une minute". Kimura Fumino refuse et exècre les tapes sur l’épaule et autres avances ou mots doux appris à l’école des hosts. Les histoires de couple sont bien ancrées dans le Japon d'aujourd'hui: mariages arrangés, rencontres sur appli, misère affective, monétisation des sentiments. Les questions sociétales sont nombreuses, bien amenées et rendent le suivi de l’histoire passionnant.

En effet, Raul-kun ne cherche pas à faire plaisir à sa professeure, en apprenant à la vitesse grand V à écrire. Au contraire, le jeu du chat et de la souris dure et montre à quel point enseigner n’est pas donné à tout le monde. Une IA est encore loin de remplacer le contact humain, tant vouloir faire apprendre quelque chose à quelqu’un contre son gré est délicat. Délicat sera donc le mot d’ordre du drama.

Loin donc d’un énième reportage voyeuriste pour occidentaux prêts à se complaire dans des remarques du genre "tous des pervers ces Japonais", tout en se rinçant l’œil. Ce drama renforce la certitude de chacun sur la nécessité de mettre fin à ces pratiques d’escortes. Pas seulement pour les arnaques à l’argent, mais surtout pour les arnaques aux sentiments. Et pour cela, une seule solution : l’éducation.

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Ongoing 3/10
Papa and Daddy's Home Cooking
1 people found this review helpful
Oct 21, 2025
3 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 8.0
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

Mon papa à moi est un gangster, mais c'est lequel ?

Si l’auteur Uketsu reçoit un succès attendu en France (savamment orchestré par les maisons d’édition), ce n’est pourtant pas lui qui remporte le prix littéraire de la maison la plus étrange automne 2025. Dixit les très kawaii et très jeunes enfants dont Matsushima Sō et Shirasu Jin ont la charge. Cette série a un petit goût salvateur. À la volonté de bousculer les stéréotypes s’ajoute le combat quotidien d’élever des enfants dans le Tokyo de 2025. Un combat sponsorisé par le gouvernement métropolitain en quête d’une augmentation du taux de natalité, mais certainement pas par la nouvelle Première ministre, à qui je dédie cette chronique et, bien sûr, cette série pleine de tolérances, d’humanité et de familles recomposées.

Adaptée d’un manga en 13 tomes, on a du mal à imaginer un renouvellement de l’histoire sur la durée étant donné le pitch de départ. D’autant plus que, très vite, le « non-couple » (je ne veux pas trop en dévoiler) est accepté et apprécié par l communauté des mères de famille, dès le deuxième épisode. Mais le fil conducteur n’est pas la recherche d’une maman pour accompagner nos deux superpapas, ou d'une reconnaissance de la société. Non, il s’agit de ce qui relie chaque Japonais à sa famille, a ses racines : la bouffe, évidemment.

Pour faire de cette salade recomposée une vraie famille, il est vite sous-entendu qu’il faut se mettre à la cuisine. Nos papas se transforment donc en super chefs, même si cela est loin d’être facile et la série, comme bien d'autres, en tuto culinaire.

Mais loin de se limiter à ce genre surreprésentés, le drama explore les liens familiaux et amicaux, avec douceur et justesse. Matsushima Sō joue un ancien délinquant et on se prend à enquêter sur le terrible secret que semble cacher Shirasu Jin.
Et c’est là que la série bascule dans un univers inattendu. D’une tendresse et parfois d’une drôlerie de chaque instant, certaines séquences parviennent à troubler, voire à glacer le sang. Car si la fillette, future star à coup sûr, vous fera craquer et éclater de rire, Shirasu Jin est suffisamment inquiétant pour maintenir le suspense à son comble.

Malgré son casting de Johnny’s et son côté fuwafuwa, cette série s’impose comme un véritable vade-mecum sur la famille de 2025. Une bouffée d’air frais qui donne le sourire tout en invitant à réfléchir sur les vraies valeurs de la vraie vie. Le gouvernement métropolitain de Tokyo valide de son tampon d'un autre âge. La première ministre, elle....

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Ongoing 3/10
Iroha's Love Runs across Eras
0 people found this review helpful
2 days ago
3 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.5
Story 8.0
Acting/Cast 9.5
Music 8.5
Rewatch Value 8.0

Un time slip drama qui évite la somnolence

Un membre des Snow Man maladroit et malchanceux, en amoureux transi, en la personne de Mukai Koji, et Kamishiraishi Mone, spécialiste des comédies romantiques depuis trop longtemps : ce duo ne me donnait pas franchement envie de découvrir cette énième love story entre professeurs débutants en plein questionnement sur leur avenir.

Mais, tout comme une classe qui accueille un intervenant extérieur, l'introduction des mathématiques et des méthodes d'enseignement de l'ère Edo a piqué ma curiosité, jusqu'à me subjuguer. L'effet peut être celui de la nouveauté, en opposition à un professeur que l'on côtoie tous les jours. Mais surtout du fait de la maestria des différentes interprétations de l'aînée Kamishiraishi. Je vais donc tenter de captiver votre attention pour un sujet qui ne passionne que moi : les maths.

Je plaisante, mes chères élèves. En vrai, le sujet aurait pu être une tout autre discipline, et en particulier l'histoire du Japon féodal, tant elle tient une place importante dans la série. Les reconstitutions sont bluffantes et loin des clichés de politesse et de propreté des palais royaux. Les scènes se passent souvent dans la rue, en kimono banal et peu reluisant, avec l'accent du Kantō à couper au couteau.

Seki Takakazu, que l'on découvre ici, est un personnage qui a vraiment existé. Passionné par les mathématiques, il est l'un des maîtres du wasan au XVIIe siècle, alors que le Japon est fermé aux étrangers et que les mathématiques occidentales se développent à une vitesse exponentielle avec Newton et Leibniz en Europe. Takakazu-sensei continue, lui, à transmettre une certaine harmonie dans les mathématiques à la japonaise à travers les sangaku, géométries énigmatiques que l'on trouve dans les temples, bien sûr, ou des problèmes de résolution par les équations et le nombre de pattes dans une basse-cour, que l'on connaît bien chez nous. Il crée ses propres écritures et méthodes et est un professeur hors pair pour les enfants de la bourgeoisie.

Mais, signe des temps, les femmes restent reléguées au rôle de simples compagnes des hommes, comme le cheval ou d'autres amis à quatre pattes, et surtout n'ont que peu, voire pas, droit à un enseignement académique, contrairement à certains garçons issus des classes favorisées, quand bien même leur famille aurait les moyens d'éduquer leur fille. C'est alors que débarque le personnage d'Iroha, interprété de main de maître par la sœur d'Adieux. Si j'ai toujours préféré Moka à son aînée pour les compositions et le jeu, il faut dire qu'ici, Mone-chan crève littéralement l'écran, reprenant ainsi sa place de leader dans la fratrie.

Mais c'est justement la place abusive du « masculin » dans les mots et les sciences qu'elle cherche à dénoncer dès son arrivée dans le monde dit « moderne ». Car si un time slip n'a rien d'original, surtout pour un personnage historique dans un drama japonais, le fait que Mone joue si bien l'ère Edo et la femme en recherche d'indépendance apporte une réelle fraîcheur au genre.

La vérité de l'époque est palpable par sa diction, son accent et sa gouaille, qui ont été travaillés avec passion. Ses gestes sont parfois maladroits, mais bien reproduits et traduisent son décalage avec notre époque. Bien sûr, certains retrouveront un petit côté Jacquouille la Fripouille lors de ses découvertes et de ses accidents en relation avec le monde moderne. On pourrait même y voir un hommage et, si j'avais la chance de l'interviewer, je lui poserais la question : « Les Visiteurs ont-ils eu une influence sur votre jeu ? » Quoi qu'il en soit, on rigole à pleines dents (cariées) de ces maladresses, tout comme elle qui découvre le bonheur de voir que, 300 ans après, la femme a enfin gagné son indépendance et les mêmes droits à étudier que les hommes. C'est en tout cas ce qu'elle croit dans les premiers épisodes.

Bien sûr, la romance est présente dès le début et gâche un peu le jeu, dépeignant Koji Mukai comme un benêt sans fin, harcelé par les élèves, les parents, sa direction, sa petite sœur (hikikomori, évidemment) et la malchance. C'est trop pour un seul homme. Surtout quand on sait qu'Iroha vit au pays du masculinisme. Le choc, pour elle, risque d'aller au-delà de le voir en tablier faire la cuisine pour sa petite sœur.

Ce sont pourtant ces petites scènes de la vie quotidienne qui rendent le drama passionnant. Les moments en classe et le décalage entre la passion d'Iroha, qui découvre en même temps que ses élèves le monde moderne, et Ikuru, qui ne cherche qu'à le fuir, donnent du baume au cœur à tout enseignant et montrent la voie.

いろはの恋は時代(とき)をかける fait partie, tout comme GTO et bien d'autres nekketsu sensei dramas, des séries indispensables en 2026. Ce sont celles qui doivent donner l'envie de transmettre ou, tout simplement, d'apprendre. Bien sûr, elle est à l'eau de rose, candide, et tout se finira bien… Quoique ! Suis-je le seul à me soucier vraiment du sort de Nashiki-sensei, la première incarnation du personnage d'Iroha ? Les épisodes passent et personne, sa famille en tête, ne semble s'inquiéter du manque de nouvelles. Même Ikuru-kun, qui l'a quand même poussée du haut du toit !

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Ongoing 3/10
Hide and Seek
0 people found this review helpful
8 days ago
3 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 7.0
Story 6.0
Acting/Cast 7.5
Music 8.5
Rewatch Value 5.5

Uso darou !

Pas facile d’adapter un roman de gare à l’écran quand il cache la vérité visuelle dans des phrases elliptiques. Le réalisateur doit jouer des sous-entendus autant que des non-dits pour maintenir un suspense beaucoup plus facile à entretenir par le texte que par l’image. Le parti pris dans cette adaptation d’un des rois du mystère, Imamura Masahiro, également scénariste à ses heures, est de disséquer les événements en les mélangeant chronologiquement dans un gros sac opaque, façon puzzle. Et non seulement il manque des pièces, mais la mise en scène a tendance à en utiliser un peu trop en double, avec d’autres ficelles de réalisation, pour combler un certain vide scénaristique.

Les premières minutes sont brouillonnes, irréalistes à souhait, et l’on retrouve les mêmes séquences de cinq minutes à l’identique dix minutes après le début. Très vite, on se rend compte que l’œuvre cherche à rivaliser avec les pires (certains diront les meilleurs) nanars d’action du paysage audiovisuel japonais, la série des Senkyo en tête.

Alors que Sakurai Sho nous faisait rire, peut-être malgré lui, avec son jeu over the top, Fukushi Sota habite un peu trop son rôle de Jason Bourne, kakkoi comme une gravure de Johnny’s. Si bien que, même dans les moments d’intimité, en flash-back donc, avec sa princesse enlevée qui se trouve dans un autre château, il en impose presque la crainte.

Les plans sur son physique et ses exploits en combat et en parkour sont exagérément cool et sexy, mais cela ne fait qu’ajouter de l’invraisemblance à une histoire qui n’avait pas besoin d’un super-Saïyen. L’écriture des personnages, chacun cachant un lourd secret derrière de faux-semblants (c’est ainsi que l’histoire nous est présentée), aurait pu suffire si l’interprétation et la mise en scène avaient été à la hauteur.

Si le casting compte peu d’acteurs bankables (désolé, M. Kyaru Pamyu Pamyu…), c’est sans doute pour mettre en avant l’histoire, peut-on se dire. Mais après trois épisodes qui auraient pu tenir sur un seul, on peut regretter la débauche d’argent consacrée aux effets plutôt qu’au jeu d’acteur. Bien sûr, chacun doit afficher un regard inquiétant dans les gros plans du réalisateur, accompagné de sa petite musique angoissante, histoire de nous faire douter de l’honnêteté du personnage. Mais les pièces du puzzle sont déjà tellement mélangées que l’on en perd l’intérêt de chercher à comprendre. Les révélations sont censées tomber à chaque épisode, mais pas sûr que les non-amateurs d’action accepteront de se laisser balader ainsi, avec des situations encore plus improbables que dans Kidnap Game (eh oui, c’est possible). On a vraiment l’impression qu’à la veille d’Halloween, les producteurs font la course à la citrouille pour nous faire frissonner d’angoisse face à une IA qui remplace de plus en plus les scénaristes.

Autre révélateur du vide d’écriture et des limites de l’acting : les scènes interminables de remise en question ou de souvenirs, parfois sous la douche, pour le beau Fukushi Sota et le mystérieux Johnny’s Tanaka Juri (pas ensemble, je vous rassure), le tout accompagné de la version extended play d’un titre de SixTONES, j’imagine. On frôle l’escroquerie. Et surtout, le what the fuck des débuts s’estompe dès le troisième épisode, rendant la série franchement insipide. La révélation au cœur de l’intrigue n’en est pas une et ajoute à la déception, tant elle est téléphonée. Seul un excellent épisode 4 pourrait raviver la flamme, sans quoi une fuite en Corée semble être la seule échappatoire.

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Ongoing 3/10
Diary of a Surgical Resident: Madoka
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Jan 29, 2025
3 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.0
Story 8.0
Acting/Cast 8.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Les deux mois de la marmotte

Grey’s Anatomy vous manque ? En particulier les premières saisons où l’on découvrait l’innocence et l’incompétence de jeunes étudiants fraîchement débarqués dans un hôpital ? Vous preniez plaisir à les voir gaffer en apprenant leur métier, tout en explorant intensément leurs relations sentimentales – pour ne pas dire sexuelles ?

Si c’est le cas, Madoka, 26 ans, vous replongera dans cette ambiance, que vous ayez déjà vécu ces moments avec Ellen Pompeo et ses camarades, ou que vous les découvriez pour la première fois (même si j’en doute). Ce drama pousse d’ailleurs la réflexion plus loin en s’adressant à plusieurs générations, voire en tentant de les réconcilier, à travers l’opposition entre les médecins issus de l’ère Shōwa et la nouvelle génération « 9h-17h ».

Ce que l’Occident nomme la génération Z est souvent assimilée, au Japon, aux jeunes diplômés de l’ère Heisei (20 à 30 ans), qui revendiquent désormais des horaires de fonctionnaires (je suis fonctionnaire). Finies les heures supplémentaires interminables et les appels professionnels impromptus le dimanche ! Même les futurs chirurgiens comptent désormais leurs heures, au grand dam de leurs aînés. Une tension qui se cristallise particulièrement lorsque ces derniers deviennent les tuteurs des nouvelles recrues, ne tolérant aucun faux pas et imposant une rigueur à laquelle les jeunes semblent moins habitués.

Ces thématiques sont au cœur du drama. Yoshine Kyoko, notre héroïne, semble avoir dû ingurgiter un bon nombre d’épisodes de Grey’s Anatomy pour incarner avec justesse l’inexpérience des jeunes internes. Le doute, l’incompétence – réelle ou ressentie – et les choix cruciaux de vie et de carrière résonnent avec ces stages enjoints de rotation tous les deux mois. On ne peut rien reprocher à la qualité de la série, qui reprend tous les codes des bons dramas médicaux : un casting intergénérationnel au sommet, une mise en scène efficace et, malgré son énième rôle de médecin, Suzuki Nobuyuki charme toujours autant sans en faire trop.

Cependant, bien que la série mette en avant l’émancipation des « 9h-17h » face à leurs aînés, elle n’échappe pas à une vision paternaliste du rôle des anciens, omniprésente. Je pense notamment au directeur de l’hôpital, figure du vieux sage, ou, pire encore, à l’ascendance excessive de Suzuki Nobuyuki sur Madoka dès le premier épisode. Bien sûr, on cherche à souligner le côté romantique de leur relation, mais, comme souvent, notre frêle héroïne ne réalise pas l’amour et la protection que lui prodigue cet homme, viril et mystérieux. Une dynamique de domination masculine sur une femme jugée vulnérable refait ainsi surface. Sans parler du comportement étrange du petit ami officiel de Madoka, qui renforce encore cette impression d’emprise.

La série pourrait s’adresser à un public en quête d’identité et de reconnaissance dans la société, mais, à l’image d’une marmotte sortant timidement de son terrier, le vieux monde résiste, et l’aspect romantique vient légèrement gâcher le dépassement de soi. Madoka a 26 ans et doit encore suivre deux années de formation en rotation, ce qui, si mes calculs sont bons, représente 12 épisodes et autant d’histoires parallèles vite oubliées une fois visionnées. Pourvu que la conclusion ne s’arrête pas sur la fameuse date de péremption des 30 ans ! J'essaye de faire de l'humour, tout comme les auteurs si sont attelés avec une certaine réussite, car au final, c'est ce qui va me faire continuer le visionnage de la série.

Mais ça risque d'être insuffisant, pour finir les deux années et valider mes 12 UV. J’attends du développement, des intrigues solides, des changements radicaux qui ravivent l’intérêt. Introduire comme point essentiel l’incompétence et la supposée paresse de la jeune génération pourrait donner lieu à des moments forts pas seulement dans l'humour, , mais je crains que l’on reste cantonné au déroulement classique des dramas à mission éducative, voire moralisatrice. Dépasse-toi, car tu deviendras la meilleure... Espérons que la série nous surprenne en allant au-delà de ce schéma trop convenu. Je raviserai ma chronique dans ce sens, mais je n'ai à ce jour fait mon stage que dans 3 épisodes. Et tout comme Madoka, je ne suis pas sortie indem de ce dernier.

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