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un prêté pour un rendu
Certains dramas vous marquent à vie par leur originalité ou leur jeu d’acteur. Pour moi, ce fut le cas de Ie Uru Onna en 2016. Depuis, j’espère toujours retrouver la folie de Kitagawa Keiko, au sens premier du terme. Car, avouons-le, c’est une vraie psychopathe dans cette série. Je n’ai pas souvenir qu’elle ait incarné un rôle aussi marquant depuis. Mais près de dix ans plus tard, l’espoir renaît avec cette histoire de mère de famille ravagée qui kidnappe et élève la fille de son Némésis, et cela, sous ses yeux. Une vengeance non plus froide, mais glaciale, qui s’étale, elle aussi, sur dix ans. Un rôle sur mesure pour celle qui possède le regard le plus noir de sa génération.Et elle va en user et en abuser dans ce thriller centré sur la filiation parentale, qui vous prendra certainement aux tripes. Épisode après épisode, votre cœur balancera entre le camp du magnat de l’agroalimentaire, celui de la famille de la victime, ou encore les personnages secondaires, certe caricaturaux, comme la journaliste, mais tellement justes dans leur interprétation.
Celui qui donne le plus de frissons, c’est Omori Nao. Non pas par des rictus ou des plans serrés sur un regard inquiétant, mais justement parce qu’il ne laisse rien transparaître. C’en est flippant de simplicité. Son jeu donne vraiment l’impression qu’il ne sait rien des affaires, le rendant d’autant plus crédible, sympathique et troublant. Tout le contraire de notre héroïne, qui, à chaque plan fixe, peaufine son regard et son sourire forcé.
On retrouve ses grimaces de Ie Uru Onna, mais dans un contexte bien plus inquiétant. Cela pourra agacer à la longue, tant elle abuse de cette attitude alors qu’elle rumine sa vengeance depuis plus de dix ans. Heureusement, elle a plus d’une corde à son arc, avec un jeu qui va de l’émotion à la conviction. On pleure avec elle, on hurle avec elle, surtout si l’on est parent.
Parent, précisément, d’une jeune fille polie, mais ado rebelle, magnifiquement jouée par la jeune Isshiki Kasumi, qui découvre les premiers émois… envers les trains, sa grande passion. On a donc une série résolument japonaise, où les trains et la bouffe industrielle hantent les relations parent-enfant, et où le kidnapping est presque aussi présent que les pères sont absents de l’éducation de leurs enfants.
Mais c’est justement en appuyant sur le mystère de ce père, pas assez souffrant selon Kitagawa Keiko, que transparaît en filigrane une réflexion sur la place due celui-ci dans l'éducation. Si le concept "Ma fille, ma bataille" semble être l’apanage d’une mère ravagée dans les premiers instants, nul doute que vous aurez également de la compassion pour Omori Nao qui est vraiment avec Isshiki Kasumi la bonne surprise de ce mystery drama rondement mené.
Une production de qualité, qui n’abuse pas trop des tics du genre (il y en a, rassurez-vous). Un excellent ending signé Back Number, qui donne envie d’apprendre la guitare sèche. Des larmes à sécher régulièrement, d’ailleurs, car si vous êtes parent, ou avez grandi dans une famille monoparentale, ce drama ne pourra que vous toucher. Il interrogera, il divisera, mais il marquera.
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Une PiCU-re d'émotion
Alors que la crise des vocations gangrène la société moderne toujours plus médicalisée, mais paradoxalement, toujours plus en manque de médecins, le drama médical, lui, a toujours autant la côté. Ces super héros du quotidien, rongés par le doute et en même temps pourris par leur pouvoir de donner la vie et la mort à leurs patients, sont à chaque fois admirables et énervants par le peu de réalisme. Mais avec PICU, et comme souvent avec le drama japonais, vous allez être touchés par la sincérité des acteurs et le réalisme qui se dégage de la meilleure série médicale de 2022.On retrouve dans PICU le héros de Kakegurai, Takasugi Mahiro, qui livre une prestation bien plus convaincante que dans ses adaptations de survivals games. Mais on peut surtout admirer Yoshizawa Ryo dans le rôle principal et lui aussi adepte du genre, qui va vous faire fondre et pas seulement pour sa gueule d'ange. Si le sujet porte évidement à l'empathie, en se plaçant dans une unité pédiatrique de soins intensifs, c'est le jeu des acteurs qui transforme ce que certains appelleront un Soap-Hospital en chef-d'œuvre de sensibilité. Je sais à quel point cela peut être irritant, les plans fixes sur les larmes qui coulent au son des boucles musicales. Mais là, c'est amplement justifié et c'est bien de l'autre côté de l'écran qu'il y aura le plus grand besoin de mouchoirs.
Il faut dire que tous les ingrédients sont réunis :
Premièrement, un Hôpital sur une ile isolée. OK, on est loin ici de l'ile du Dr Koto (coïncidence de calendrier ?), puisqu'on est dans un hôpital d'Hokkaido. Mais cette partie du Japon a besoin encore de développer ses infrastructures de santé et de transport. Son immensité, son climat et ses parties encore sauvages font qu'il est très difficile d'approcher en urgence un chirurgien, de surcroît spécialiste en pédiatrie. Les déplacements peuvent se compter en heures pour trouver la première clinique et le (pour une fois excellent) Yasuda Ken se donne corps et âme pour raccourcir les délais. Accueillir les enfants en détresse ne sera pas son seul sacerdoce. Son empathie, qui sonne avec justesse, ira vers ses jeunes collègues, souvent cassés par la vie, et qu'il guide, un peu comme ses enfants.
Deuxième, la scénariste à la manœuvre, en la personne de Kuramitsu Yasuko semble bien plus à l'aise avec les séries médicales que les survivals games. En effet, elle m'avait déjà enchanté en 2020 avec Alive et sa sensibilité exaspérée pour ensuite pondre le scénario vu et revu d'Alice in Borderland. Tout est pardonné ici, avec des histoires parallèles toutes plus touchantes les unes des autres, mais aussi une place pour le patient-enfant que seuls les Japonais arrivent à donner dans leur série.
C'est bien ce troisième point qui vous fera serrer votre petit cœur aigri par la vie quotidienne. Tous vos petits soucis deviennent relatifs quand vous voyez évoluer ces jeunes enfants atteints de maladies graves ou en situation de détresse. Ils jouent à la perfection et le miroir qu'est le visage de Yoshizawa Ryo leur renvoie leurs émotions au centuple. Ses expressions et ses traits infantiles débordent de sensibilité. Rarement, j'ai vu larmes aussi sincères de la part d'un si jeune acteur. Des litres de collyre ont sûrement été nécessaires, mais cela n'enlève rien à so?n talent. Il transmet, comme si c'était nécessaire, les sentiments qu'on a tous en voyant l'enfant lutter contre la fatalité. La scénariste à la bonne idée de les suivre sur plusieurs épisodes, évitant les défauts habituels du "10 épisodes, 10 histoires qui finissent en général bien à la 45ᵉ minute". Tout comme dans l'hôpital idéal que voudrait Yasuda Ken, le patient est pris en charge et suivi d'un épisode sur l'autre et ça on achète.
Alors, on peut être choqué par le peu de patients et le nombre important de personnes qui gravitent autour, surtout au début de l'histoire. Mais cela permet de se concentrer sur les nombreux personnages récurrents et les interactions qui en découlent. Il y a cette bande de jeunes étudiants qui introduit la série. Tous pleins d'espoir et qui semblent déjà épuisés par la vie quelques années après. Ces médecins et en particulier, la toujours excellente Kimura Fumino (Chou no Rikigaku, Love Life, ...) qui n'arrête jamais de m'enchanter et qui délivre ici un combat pour la femme, la mère, la vie qui m'a touché au plus haut point. La parentalité est, en filigrane, le sujet de chaque épisode. Au long cours avec notre héros homme-enfant vivant avec sa maman déjà âge, mais qui vous fera sourire par ses manières et SA manière d'aborder la relation mère- fils. Et ces futures mamans plainent de doutes ou ces parents absents ou trop présents… Tout est abordé avec sagesse et retenu.
Le côté médical est intéressant, mais ce sont surtout les relations humaines, si nécessaires à ce métier, qui seront mises en lumière. Comment trouver les bons mots face à un patient, à sa famille ? Comment délivrer de l'empathie ? Toutes les choses que notre héros n'a surement pas apprises à l'université et que l'on découvre avec lui.
Je pourrai m'étaler encore des heures sur cette série, mais je ne peux en dévoiler plus. Si évidement Dr Koto est dans votre top 10 des séries avec un médecin habité par son métier, vous devez foncer. Ce drama risque clairement de le détrôner dans votre petit cœur. Mais il n'a pas dit son dernier mot, ce vieux Koto. Puisqu'il revient sur les écrans pour noël 2023. Casse la tienne. Les producteurs de PICU ont mis toutes leurs chances de leur côté puisqu'ils ont réussi à faire sortir la vraie seule "Star Japonaise" de sa retraite pour l'ending. Bien sûr, à 70 ans, Nakajima Miyuki ne vole plus sur des dragons d'argents, mais cette voix, ces mélodies, cette écriture ... et cette voix ...
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Un air de déjà vu, ou pas ...
Qui n'a jamais rêvé de changer de vie ? Retourner dans le passé pour modifier si ce n'est qu'un seul de ses choix. L'être humains est un animal rongé par les regrets et la frustration. Moi, si je pouvais retourner dans le passé, ce serait le moment où j'ai fait le choix d'apprendre la langue japonaise. Je changerais alors ce choix pour la langue coréenne. Et j'aurais pu alors, donner mon avis sur la série originale de 2018 dont est tirée ce remake. Une fois de plus je ne ferai pas de comparaison, car bien sûr les voyages dans le temps n'existent que dans les romans. Et on peut dire que c'est un filon plus qu'exploité depuis la Machine à explorer le temps de HG Wells (1895, un sacré bon dans le temps, donc) Mais qu'y a-t-il encore à raconter en 2021 sur le sujet ?Déjà le parti pris de la comédie romantique est plutôt rafraichissant. Loin de la lourdeur de Theseus no Fune ou Erase (2 conseils de regardure). La présence (pour mon plus grand bonheur) de Hirose Alice dans le rôle secondaire apporte beaucoup à la série. Même si une fois de plus son jeu est empreint de lourdeur. Mal dirigé, peut être, ou difficile de se faire passer encore pour une lycéenne à 26 ans, les scènes de flashback peuvent faire sourire malgré le message qu'elles veulent faire passer (émotion, émotion, émotion ....). Mais les premiers instants de la série sont mémorables et Alice est à la fois flippante et touchante en jeune mère de famille désabusée et aux abois. J'en étais à me demander si ce n'était pas son meilleur rôle, jusqu'aux scènes ou elle force son sourire, donc.
Mais le vrai rôle principal est tenu par Okura Tadayoshi qui à 35 ans passé ne peut plus jouer les jeunes premiers. Le voilà donc en père de famille frustré, vivant la vie de millions de salaryman du japon et d'ailleurs (mais surtout du Japon). Metro boulo dodo c'est son lot quotidien, avec l'espoir d'être accueilli par un okaeri et un sourire de sa femme en tablier, après son passage à l'izakaya. Soucies d'argent, au boulot et nuits blanches à répétition avec gamins en bas ages, sans, selon lui, recevoir l'amour et la reconnaissance qu'il mériterait de sa femme. Il rêve de changer de vie, c’est-à-dire, de femme.
On peut s'interroger sur la morale et encore une fois les préjugés des mâles en Asie et ailleurs, face à la cellule familiale idéale. Femme soumise au foyer et homme apporte l'okané. Mais on dira que c'est pour les besoins de l'histoire. D'autant plus qu'Alice prend vraiment sa revanche et travaille (un peu) pour améliorer la condition féminine. Très ancrée dans la société japonaise cette série choquera certainement les occidentaux peu au fait de celle-ci. Mais plus vous évidemment.
Les rôles secondaires sont plutôt intéressants et réunissent la jeune garde des acteurs trentenaires japonais, avec Kawaei Rina, qu'on ne voit pas assez souvent en 1er rôle et Matsushita Kouhei qui tout comme Rina avait illuminé mon année 2020 et dieux sait qu'il le fallait pour oublié ce virus, dans .... #Remolove. Leur vie sera totalement bouleversée et nous de même par les choix de Tadayoshi.
Drama destiné comme souvent à un public féminin (cliché ?). Petit à petit c'est la vision sur les (sa) femmes du héros qui change et en même temps peut-être celui du spectateur homme. Ayant vu pour l'instant peu d'épisodes je ne sais pas encore si la série continuera dans ce sens. Mais j'espère bien qu'elle contribuera un minimum, à faire intéresser les hommes à savoir ce que pensent ..., ce que ressentent...., bref, à mieux connaitre leur épouse.
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Vraiment rien à se reprocher ?
Attention, en visionnant ce qui pourrait être une énième romance plan plan, comme le suggère le titre, l'affiche ou l'Opening, vous allez suivre la descente aux enfers d'un petit professeur d'université qui n'avait pourtant rien demandé. Une personne qui n'est rien, avec sa gentille petite femme et sa trop choupinette petite fille. Vous allez être choqué par la façon dont il se laisse séduire par une étudiante, trop directe pour être honnête, par la différence d'ages, par les gouts de cette jeune étudiante ou encore par le peu ou la trop grande opposition du professeur à ses avances. Vous aurez 1000 raisons différentes d'être choqué puisqu'on a "affaire" finalement à une histoire basique d'adultère, qui pourrait d'ailleurs très mal passer en ses temps de libération de la parole. On est plus du temps de Feydeau ou de Marivaux, tout de même. Et votre consternation sera renforcée par la mise en avant constante du charme de Yamashita Mizuki, Idole et Model de 22 ans dans la vie réelle et convoitée par tous les beaux gosses de la fac dans la série, avec un manque de réalisme certain vu le charisme de mollusque affiché par Hamada Gaku.Et pourtant, l'histoire qui n'a rien d'exceptionnelle et qui se déroule sur un nombre d'épisodes que l'on peut juger trop long pour une simple "affaire", devient plausible et même touchante grâce à ces acteurs, montrant une sincérité et une fragilité qui prend corps au fil du temps. Hamada est parfait et ses sueurs froides, comme ses bégaiements et hésitations sonnent vrais, au point que beaucoup s'identifieront. Il transpire la culpabilité au sens propre comme au figuré, mais a aussi des principes et est constamment tiraillé dans sa conscience, et cela, pour nos plus grands éclats de rire.
Mizuki chan est très mystérieuse et dégage une aura impressionnante pour son âge tout en faisant des appels du regard pleins de fragilité auxquels aucun étudiant de son âge ne pourrait résister. Konishi Manami en femme au foyer idéal (toujours ses vieux clichés), nous fait flipper à souhait et mourir de rire en même temps quand elle dévisage son mari dégoulinant de culpabilité. Et que dire de Takarabe Kahomi la petite fille du couple tellement mimi et talentueuse du haut de ses 8 ans. Tous les personnages secondaires sont intéressants (comprendre barrés) et vous feront rire à un moment ou un autre.
Une Romance douce amère, touchante et drôle, jouant avec les sentiments des personnages, du spectateur, mais qui fait finalement s'interroger sur le bonheur, la vie de couple et la fidélité, évidement. Et cela, même pour une personne qui n'est rien, comme nous. Attention tout de même en regardant cette série en couple. Si vous constatez que votre compagne vous dévisage de près au lieu de fixé l'écran, c'est qu'elle se doute de quelque chose. Restez alors impassible. N'avalez pas votre salive et surtout aucune goute de sueur ne doit couler de votre front. Elle cherche à savoir si vous avez quelque chose à vous reprocher... Ou alors vous avez juste un gros point noir sur la joue.
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Parallel Fufu: Shinda “Boku to Tsuma” no Shinjitsu
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3 min de chaque côté
Les mondes parallèles ont la cote depuis des années, particulièrement dans l’univers du manga — et ce, malheureusement, jusqu’à l’overdose. Le drama japonais avait été plutôt épargné, à l’exception de quelques adaptations comme Isekai Izakaya, qui copient souvent, trait pour trait, les anime sans trop faire mal à notre cerveau. La raison ? Des budgets pour les décors ou les effets spéciaux généralement bien au-delà de ce que peut se permettre une chaîne de télévision.Mais ce que l’on prend d’abord pour une sitcom classique, reposant sur trois lieux (l’appartement, le bureau — le même pour le couple marié — et un bar), permet ici de sérieuses économies au genre. Reste à savoir : l’argent économisé est-il réinvesti dans le casting et les dialogues, les éléments les plus importants dans une comédie ?
La façon de jouer du gouté.
Rassurez-vous tout de suite : on est clairement au niveau des dramas de l’après-midi ou de ce que proposent les plateformes gratuites comme TVer. Les acteurs sont fades, ou font en sorte de l’être. Saito Nagisa joue un rôle secondaire, auréolée pourtant de son quasi-premier rôle dans Oshi no Ko. Mais comme dans cette excellente adaptation, elle semble, ici aussi, passer à côté de son personnage, cherchant constamment à s’effacer.
Un autre habitué des rôles de sidekick timide (donc, fade ?), c’est le bellâtre Nomura Kota. Bien qu’il cherche fréquemment à incarner des personnages mystérieux, il force encore ici le côté lunaire, et donc... agaçant. Mais la palme revient à notre couple de défunts : même si Ihara Rikka reprend, comme souvent dans ce genre de drama, le rôle de l’adulte responsable et mature face à un mari bourré de doutes et de complexes, tous deux incarnent des caricatures du jeune couple urbain.
Si la vie à deux est magnifiée dans les premières minutes, elle devient vite irritante, bien avant la séparation brutale des tourtereaux. La faute en revient au jeu exécrable d’Inoo Kei, qui, s’il cherchait à faire oublier ses rôles plus matures (comme dans l’excellent Junkyouju Takatsuki Akira no Suisatsu), y parvient… hélas. Il aligne ici tous les tics des pires personnages de sitcoms d’après-midi.
Pour préserver ma santé mentale, je vais vite m’atteler à rattraper la série des Kaseifu no Mitazono. Elle m’intrigue de plus en plus, même si le nombre de saisons me fait un peu peur — surtout s'il faut attendre son apparition.
Et du néant nait le merveilleux...
Une fois les bases posées, il faut bien l’admettre : le pitch est plutôt intéressant. La possibilité pour le couple de se parler seulement trois minutes par jour, après une disparition brutale, donne lieu à quelques bonnes idées humoristiques et à des quiproquos prometteurs. La question est : tiendra-t-on sur la durée ?
Le switch constant entre les deux mondes, destiné à créer un effet de miroir, devient vite répétitif, notamment dans les premiers épisodes, centrés sur les doutes d’Inoo Kei quand il imagine la vie débridée de sa femme. Mais n’oublions pas que nos protagonistes sont morts dans des circonstances étranges, ce qui ouvre la porte à une résolution de mystère et à une ambiance qui, peu à peu, transforme l’histoire en un mystery drama plutôt bien mené.
Avec une ambiance oscillant entre la mauvaise sitcom et le thriller SF presque — oui, presque — adulte, Parallel Fuufu est la bonne surprise des séries courtes de ce printemps. Reste à espérer qu’elle tienne ses promesses jusqu’à la fin du minuteur. Sinon l'arrêt risque d'être brutal.
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10% de malheur, 90% de bonne humeur
Outré par la violence de ce drama, j’hésite à le recommander malgré la présence de Kawaei Rina dans le rôle principal. Elle qui peut être si douce et si touchée par les problèmes de chacun quand elle joue l'aide-soignante... Mais comment une agente qui porte un si joli nom au civil, peut-elle être aussi rude avec ses acteurs ? Car vous allez en voir de sa part, des croche-pattes et autres coups de coude dans ce nouveau drama qui explore les méandres du rôle d'agent de stars en devenir.En réalité, c’est une violence jouissive que notre actrice fétiche distille dans ce drama feel good. Et c’est d'ailleurs elle qui vous procurera le plus de sourires, pour ne pas dire de rires, par ses réactions, on ne peut plus excellemment jouées, prouvent une fois de plus qu’elle fait partie des grandes actrices de notre époque, et de surcroît dans un registre tout aussi comique qu’émotionnel. Appuyé par un Chiba Yudai au meilleur de son sourire forcé malgré la quarantaine qui approche, on assiste ici à une chouette comédie, pas dénuée de messages sur le monde du showbiz moderne, les masse médias et la rédemption nécessaire à voir et soutenir les autres dans leur réussite, quand soi-même, on a tout loupé.
La réalisation est légère et enjouée alors que le propos peut être parfois rude. Une bande de seconds couteaux, déjà dans leur statut d'acteurs réels, joue de leur propre histoire pour dépeindre une galerie de ratés, mais tellement sympathiques.
Sans en dévoiler plus, la présence de Yasuda Ken et, même si elle est moins nécessaire, de Kichise Michiko en maîtresse d'orchestre de tout ce chantier d'une boîte d'agents au bord de la faillite donne ce côté mystérieux sans user d'artifices de production comme des appuis lourds de caméra et des regards noirs de personnages qui inspiraient la sympathie jusque-là. Les tics classiques des mystery-dramas sont évités en majorité, mais pas complètement absents. On adorera donc suivre la découverte des secrets de chacun, révélés comme il se doit à chaque épisode… ou pas, histoire de maintenir un suspense qui fonctionne.
Bien produit, on ne sera pas lassé sur la longueur, surtout que le duo Kawaei Rina / Yasuda Ken fonctionne à merveille. On ne cherchera évidemment pas à savoir qui manipule l'autre en prenant plaisir à imaginer que ce sont les femmes qui auront le dernier mot. Le monde du showbiz est tellement pollué par le machisme (et encore, je reste poli), que le patriarcat soit malmené dans cette série, nous rend tellement joyeux, comme un titre d'IVE.
Rien à jeter donc dans ce drama, parfait sur telement de choses, à se demander s'il ne surpasse pas Oshi no Ko (le manga, pas le live action. Là, la question ne se pose pas) dans la peinture du monde du spectacle en 2025. Avec une vraie ex-Idole en agente, capable de jouer Chihiro au théâtre Londonien à encore 30 ans, et de vieux briscards comme Yasuda Ken, la question ne se pose même pas. Alors, foncez, le "10 %" japonais vous attend et il est bien meilleur que le petit franchouillard.
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Boire ou descendre les escaliers, il faut choisir.
Il est plus que temps de sécuriser les escaliers au Japon. Si ma mémoire est bonne, Issei Takahashi s’était déjà pris les pieds dans une marche en 2021 dans Heaven and Hell: Soul Exchange. Et voilà que la perte d’équilibre entraîne une nouvelle fois son esprit dans le corps d’un autre. Après avoir vécu dans la peau d’une femme, le voilà contraint de refaire sa vie dans celle d’un « pauvre ». Car passer de la pourriture la plus riche du monde (mettez ici le nom que vous voulez) au cafard qu’il méprise ne sera pas simple. Un drama à destination des patrons des GAFAM et du « plus grand pays du monde », mais qui n’est pas dénué de défauts.Mis à part son scénario bancal qui mélange échange de corps vu mille fois et time slip vu dix mille fois, on est déjà fasciné par la médiocrité de ce premier épisode rempli de bons sentiments et de caricatures de pourritures humaines. Comment un aussi bon acteur qu’Issei Takahashi peut-il aussi mal jouer le Elon Musk de service ? Être obsédé par le pouvoir et l’argent ne veut pas dire être dénué de sentiments. À force de vouloir rendre son personnage froid, il en devient irréel. Après tout, même Donald a lâché Elon, ou vice versa. Comme quoi, l’argent de l'Oncle Picsou n’a pas suffi à vouloir écraser l’ensemble des pauvres fonctionnaires des États-Unis.
En plus de sonner faux tout au long du premier épisode, son personnage est entouré d’une galerie de mièvreries incarnées parfaitement par le gendre idéal Ouji Suzuka. S’ensuit alors toute une série d’épisodes où, tout en cherchant à rencontrer son ancien moi pour le détourner de la route de l’enfer, mais également celui qui l’y a poussé, il applique à la petite rue marchande ses anciens réflexes capitalistes pour la faire prospérer. Des situations plus ou moins « what the fuck » parsèment la série : l’invention des gilets et des tours de cou réfrigérants des années avant le Covid, des conseils d’investissement au doigt mouillé pris au sérieux par de grands groupes, des occasions de picoler en plein milieu de la journée qu’on n’avait pas vues depuis Juliette je t'aime, et surtout cette petite sœur qu’il n’avait pas remarquée dans son ancienne vie et qui aurait dû jouer un rôle majeur.
Gardons à l’esprit que Reborn tient davantage de la comédie familiale que du drama mystérieux à la Heaven and Hell: Soul Exchange, et c’est peut-être dommage. Mal à l’aise dans les deux rôles qu’il joue ici, Issei Takahashi transmet davantage un malaise qu’une joie de vivre. Reste à découvrir qui lui veut du mal (à priori l’ensemble de la planète) et comment tout cela va finir. Cela vaut peut-être le coup rien que pour voir la classe prolétaire japonaise descendre des litres de saké chaque fin d’après-midi.
Si vous avez ri devant « The Ch’ti, the North-South Exchange » (les Ch’tis, quoi), nul doute que vous apprécierez l’humour. Les autres, il vous faudra sans doute boire plus… mais avec modération.
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Pet Shop Boys
Alors là, les choses commencent vraiment à se compliquer. Si les K-dramas envahissent mes chroniques, je vais complètement perdre en crédibilité. Déjà qu’avec Married My Husband Japan, je me sentais comme Emmanuel Macron à la Japan Expo, faisant semblant de m'y connaître en Kamehame, alors qu'ado, il lisait du Mallarmé. Hatsukoi Dogs est la deuxième coproduction nippo-coréenne que je chronique en une semaine. Et comme pour la première, issue de la même maison de production Studio Dragon, je me sens comme un escroc de vouloir la chroniquer, tant elle transpire les codes de la comédie romantique coréenne. Des milliers de spécialistes écrivent des commentaires chaque jour sur MyDramalist.com, et moi, je voudrais donner des leçons… Encore un point commun avec notre président.Ironie de ma trop longue intro : Na In Woo, fameux acteur coréen, fait partie de ce triangle amoureux alors qu’il était déjà l’héritier dans la version originale de Married My Husband. Je vais donc, une nouvelle fois, faire mon François Bayrou essayant de ne vexer aucune formation politique, qu’elle soit coréenne ou japonaise, surtout que vous savez bien de quel côté de la mer penche mon cœur.
C’est donc reparti pour un K-drama romantique, triangle amoureux des plus classiques, porté par trois poids lourds de la bogossitude :
Je ne m’étalerai pas sur Na In Woo, même si, d’après mes sources, beaucoup le souhaiteraient, pour faire une inclinaison, en tout bien tout honneur, sur Narita Ryo et Kiyohara Kaya, qui semblent bien partis pour une carrière au-delà de l'Asie.
Et avec tous les tics (c’est là que je vais commencer à me faire incendier par les fans) des K-dramas, tout est fait pour les propulser. Ça brille, c’est coloré, c’est bien filmé, avec des mouvements de caméra dignes des meilleurs clips. Les levers et couchers de soleil synthétiques subliment les peaux, le maquillage et les moues boudeuses. Même les toutous ont droit à leur traveling make-up (désolé, je ne connais pas le terme exact), rendant les regards entre eux des plus... glamour.
C’est beau, parfois dérangeant, mais je suppose tourné avec une pointe d’humour pour se moquer des clichés du genre.
Je l’espère, du moins, car à l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais pas encore si je regarderai les 10 épisodes. Moi qui avais apprécié Kiyohara Kaya dans Invert: Jozuka Hisui Toujoshu, où elle endossait plusieurs rôles avec une certaine maîtrise, elle me donne ici l’impression de subir son rôle d’avocate, qui croit peu en l’amour, et qui fond pourtant pour le beau Narita Ryo dès le premier épisode. Ces premiers moments sonnent tellement faux, avec son allure transpirant de sex-appeal, mais refusant tout contact avec la gent masculine, responsable de tous les maux de la Terre selon elle. C’est la loi du genre, d’accord, et même si la loi, c’est son domaine, on aurait voulu un peu plus de réalisme sentimental.
Pas de réalisme, mais du glam, donc. Yokohama se transforme en Palm Springs, avec un soleil éclatant, des urbains en Prada promenant leurs tout petits wan-chan (ça, c’est vrai par contre, question de place) jusqu’au véto de luxe, équipé en bloc opératoire et assistant·es trop sexy en blouse multicolore. Je me souviens alors avec émotion de la pauvre clinique de Kiken na Venus, pour nous, gens simples.
Mais n’ayez crainte : si Kiyohara Kaya risque fort de vous irriter (tout comme le riche héritier Na In Woo — pardon pour les fans), Narita Ryo rattrape tout. Un jeu dans la retenue et un caractère, on ne peut plus sympathique, pour ne pas dire séduisant. C’est vraiment le point fort de la série, car je le sais bien : c’est avant tout pour ses mignons petits animaux que vous êtes venus frapper à la porte de Hatsukoi Dogs.
Vous vouliez voir des petto trop kawaii ? Mais là aussi, sans être un spécialiste, on est clairement dans l’outrance pour pouvoir réellement s’attacher aux bêtes. Retouches Photoshop (ou IA plutôt, cette expression n’étant plus à la mode depuis 2023) à foison, on a parfois l’impression d’être dans un remake live-action d’un vieux Disney. Visuellement, c’est dérangeant, mais encore une fois, sans être expert en K-dramas, c’est peut-être moi qui surréagis.
Le scénario n’étant pas encore assez développé après deux épisodes (il y en aura dix, ça me laisse sans aboiement), il est impossible de le juger, au-delà de sa classitude absolue pour une comédie romantique. J’attends probablement l’introduction d’un troisième chien, qui viendrait troubler la romance naissante. Mais évidemment, on apprendrait dans l’épisode suivant que cette chienne est la sœur du mâle, et non pas sa petite amie. Hun hun, que de rebondissements.
La fin du second épisode laisse présager des rebondissements canins des plus mystérieux. De quoi tenir jusqu’au dernier sans se lasser de ce énième « fuis-moi, je te suis ; suis-moi, je te fuis ». Et puis une promenade dans Yokohama, ça ne se refuse pas, surtout avec de tels maitres.
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Les vraies Cat's Eyes sont députées
Un drama réunissant deux des plus belles et talentueuses actrices de leur génération ne pouvait qu’attirer mon attention. Même si la concentration de bons acteurs au sein d’une même série n’est pas forcément un gage de qualité, le récent Kidnap Game en tête, la présence de Takahashi Issei, Watabe Atsuro, Kusakari Masao, Sakou Yoshi et Furutachi Kanji, dans la peau de vieux politicards véreux, promet une vengeance bien plus sympathique sur les puissants qui se gavent à nos dépends, que les images lamentables de violence que l’on nous fait ingurgiter aux infos francaise en ce moment.Ishihara Satomi et Kawai Yuumi forment un duo de Cat’s Eyes de la politique qui prend sa revanche sur ce petit monde déconnecté, englué dans ses combines et ses privilèges.
Le patriarcat et la consanguinité sont dénoncés comme jamais dans ce milieu et, malgré la présence d'une femme comme Première ministre dans le vrai monde, tout le monde a compris que Nipponia désigne encore le système politique japonais actuel. Difficile à comprendre dans la réalité,comme dans la série, et même avec une bonne traduction, celui-ci dégouline de dessous-de-table, de magouilles entre hommes de pouvoir, et personne n'est dupe tant les scandales ont éclaboussé le Japon depuis 1955 et que le PLD est au pouvoir (ça c'est la réalité). Allez, je balance, quitte à avoir des problèmes avec des barbouzes : j'ai de vraies couilles, moi !
Tout comme Ishihara Satomi qui, avec une mise en scène à la Cat’s Eyes et à la Lupin, c'est-à-dire glam mais fauchée, mais on n'en attendait pas moins d'elle, commet des petits larcins jusqu'à ce qu'elle se prenne une vocation à la Robin des Bois. Voler la caisse noire des politiques pour redistribuer à une pauvre, elle même. Celle-ci est enfermée derrière le bureau du Premier ministre, en millions de billets de 10 000 yens. Si cette pratique est interdite en France depuis qu'on n'achète plus de diamants à Bokassa (vraiment ?), le lancer d'enveloppes aux députés semble être encore un sport national à Nipponia (en fait, je n'ai pas de si grosses couilles que ça).
S'ensuit alors une transformation d'Ishihara-san en secrétaire directrice de campagne, un rôle qu'elle a déjà plus ou moins déjà endossé et qu'elle maîtrise à la perfection. Takahashi Issei lui donne la réplique en devenant son némésis, mais la star des dramas romantiques va-t-elle succomber à son charme d'idole (sic) ?
À moins que ce soit Kawai Yuumi, qui prend tous les risques en se mesurant à son frère pas encore député, à son père, encore député, et à toute la mafia de la sphère politique des homme de plus de 70 ans. Son combat est noble, mais elle joue la candide avec perfection et détermination, comme elle le fait à chaque fois. Certainement l'actrice la plus douée de sa génération, elle revêt le costume cintré de future députée avec élégance et passion.
Une série donc à voir pour ses acteurs et pour les thèmes de la conquête du pouvoir, mélangés à la noble cause de voler les riches pour donner aux pauvres (17 octobre en force !) Un mix avec Arsène Lupin pas si exploité, qui permet de voir la Diète de l'intérieur, nous qui, lorsque nous avons la chance de voyager au Japon, ne pouvons nous asseoir que sur les pauvres bancs devant l'entrée. Vous saurez maintenant que deux actrices d'exception y ont également posé leur postérieur pour un drama pas si facile à comprendre, mais qui s'annonce passionnant et haut en couleur grâce évidement à ses acteurs, le scénario c'est toujours pareil, depuis 1955.
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L'important ce n'est pas la destination, mais le voyage
Un bon tantei drama n’est pas si facile à produire. Les centaines de clones de Miss Marple, surtout au Japon, se ressemblent tellement qu’il devient difficile, au milieu de tous ces suspects, de trouver le coupable idéal. Haru relève donc le défi de renouveler le genre : " je suis passionné de mystères et j'aide des enquêteurs incompétents dans leur tâche." Mais sommes-nous prêts à la suivre pendant un voyage de 10 épisodes ?Elle embarque, simple serveuse qu’elle est, Aso Kumiko, mère au foyer dévouée à sa famille, en plein questionnement sur sa vie après la découverte de la tromperie de son mari. Haru la pousse alors à recontacter son premier amour en l’emmenant en road trip à Osaka.
Le spectateur devient donc le partenaire d’Haru, endossant malgré lui le rôle d’un docteur Watson inutile à travers les yeux de cette femme trahie.
Si retrouver l’hatsukoi d’Aso Kumiko constitue le fil conducteur du drama, chaque épisode reste d’un classicisme profondément ennuyeux pour un mystery drama. Même si l’Histoire d’Osaka, passion d’Haru dans la série, peut séduire, le tout est combiné à une visite de la ville très bien filmée, avec des faits historiques présentés sous forme animée ou reconstituée numériquement, embellis par des costumes et maquillages d’époque. On obtient alors une carte postale parfaite qui donne envie de visiter la ville et de ce plonger dans la littérature d'époque.
Pour le reste, on est dans le classicisme absolu. Haru est une Miss Marple imprégnée de Keigo. Aso Kumiko joue aussi bien la mère au foyer japonaise que Haru la Mary Poppins (encore) transgenre. Il y a bien une complicité entre les deux femmes, qui apporte un certain intérêt à la série, mais cela paraît assez suranné. D’autant que le manque de réalisme dans les crimes et les enquêtes, renforcé, comme toujours, par des policiers incompétents, n’aide pas à entrer dans cette histoire d’amitié entre femmes.
Dommage. Trop grand public, la série manque d’âme, même si la romance naissante entre les deux protagoniste peut avoir un certain intérêt. Mais elle reste parfaite pour découvrir l’histoire, les légendes et l’architecture liés à Osaka. Moi, j’ai déjà pris mon billet, en tout cas.
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Anciens élèves, nouveaux malaises
Si Takeuchi Ryoma a crevé le plancher et fait fondre toute la glace non encore atteinte par le réchauffement climatique en cette fin d’année 2025, il a su également se montrer touchant en amoureux largué par Kao, en quête d’indépendance culinaire dans l’excellent Jaa, Anta ga Tsukutte Miro yo.Infatigable, il reprend déjà le rôle d’un flic paumé dans un blockbuster qui prend la suite de 10Dance sur Netflix, taillé une nouvelle fois pour lui.
Après avoir sauvé la Terre des zombies, Kaoko de sa maman trop protectrice et son père du passé en reconstruisant un bateau, l’acteur japonais numéro un, ... dans la danse de salon, revient au genre ultra-galvaudé du childhood thriller.
À peine terminé le sympathique mais peu original Ii ko, Warui ko, j’aurais voulu voir autre chose qu’une enquête sur le passé d’une bande de copains se retrouvant vingt ans plus tard, déterrant des time capsules et autres secrets inavouables. Mais dès le premier épisode, on sent bien que le scénario de Saikai, Silent Truth va révéler plus et mieux que son prédécesseur automnal.
Finement amenés, les premiers indices vont rapidement poser les bases de personnages à plusieurs facettes. Loin d’être lisse, même l’héroïne principale, ancien, voire toujours, béguin du beau Ryoma, possède une personnalité inquiétante.
Le premier épisode suit donc la vie de Ryoma et Mao : entre flic paumé, traumatisé par une scène de son adolescence, et mère courage prête à tout pour son fils. Mais dès les premières minutes, la série sombre dans le malsain. Et pas seulement pour Seto Koji, encore une fois cantonné au rôle de faire-valoir du héros. Il est pathétique, il est inquiétant, mais pourquoi toujours lui, dans ce rôle ?
La réunion d’anciens élèves n’a rien de joyeux ici. Il faudra donc être prêt à accepter d’être confronté aux plus grandes bassesses humaines, mais également à la fragilité exagérée de Ryoma. Certes, il sera tiraillé entre son devoir, ses amitiés et ses amours passées, ce qui augure d’une série de haute volée.
Diffusée sur Netflix mais produite pour la chaîne Asahi, on nous épargne les raccourcis et le lissage international propre aux productions du streamer. Pas de production chiadée à grand renfort d’effets de caméra, mais la qualité est présente et largement au-dessus de la majorité des mystery dramas.
Malgré donc son pitch classique, Saikai nous promet de vibrer de toutes les manières, avec des acteurs de haut rang. Adaptée d’un roman à succès, je n’ose imaginer une baisse de régime.
Foncez les yeux fermés, mais gardez le secret. Ryoma est à nous,Hollywood pourrait nous le piquer. On va l’enfermer dans une boîte pour les vingt prochaines années, impossible qu'il en ressorte.
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Cœur de rockeur, pantoufle de verre.
Comme tous les dramas japonais diffusés sur Netflix, les reviews et les notes pleuvent sur kisskh seulement quelques heures après la mise en ligne. Preuve de la popularité de la plateforme (bande de binge-watchers). Souvent dithyrambiques, et classant ses dramas parmi les 20 premiers du top 100 japonais, en popularité, je me demande malgré tout s’il n’y a pas manipulation de la part de Big N. Si Alice in Borderland mérite sa place, One Piece ou First Love: Hatsukoi me semblent clairement surcotés. Notes et critiques pourraient être alimentés par une fanbase du manga ou de Sato Takeru trop zélée. Il rempile d'ailleurs ici, pour la plateforme, traînant avec lui d'autres pointures comme Masaki Suda, Shison Jun ou Noda Yojiro de Radwimps pour la BO. Et le thème exploré annonce déjà un hit sur la partition papier : Gloire et la déchéance d'un groupe de pop-rock. Alors vais-je, moi aussi, succomber aux sirènes du showbiz en classant ce drama parmi les hits pop rock de l'année ? Que dis-je… du siècle.Tout d'abord, on ne peut qu’être séduit par les premières minutes qui s'enchaînent comme un clip de Bon Jovi des années 90. Pluie filmée en 300 images par seconde résonnant sur une batterie, filmée par des nuées de drones 16K. Les mouvements de caméra sont en rythme avec la musique de Noda Yojiro, les séquences durent longtemps. Avant-arrière sur chaque membre, sans compter les plans ultra-ralentis. On connaît la chanson depuis MTV, mais putain, qu'est-ce que c'est beau. Le scénario pourrait ne pas exister que cette série serait déjà un hit. En production française, sur le même thème, on a Tout pour la lumière… vous imaginez la comparaison ? La BO s’écoute seule, comme souvent avec Radwimps, sans parler de l'album créé pour la série et interprété par le groupe fictif Tenblank. Mais j’y reviendrai, car d'autres pointures y ont participé. Restons sur l'image, la lumière et les couleurs qui éclatent tout du long, pas seulement dans les concerts ou les faux clips, dont les deux réalisateurs doivent être coutumiers, mais dans chaque séquence calculée au cordeau, romantique comme tendue. Les inserts songs regroupent en plus aussi bien Taka que Mrs. Green Apple (évidemment) et vont parfaire le vernis.L'histoire de One OK Rock sera d'ailleurs une source d'inspiration inattendu pour la série. Les fans reconnaîtront les clins d'œil.
Mais l'inspiration du groupe Tenblank se cherchera plutôt du côté de [Alexandros], dont Sato Takeru reprend ici les tics vocaux. Même si certains auront l'impression d'entendre VK Blanka ou Galileo Galilei. Si bien qu’aux premières secondes de chant (patientez épisode 2 seulement) il me semblait impossible que ce soit l'acteur lui-même qui interprète. Son interprétation, d’ailleurs, est à la hauteur du personnage, même si, clairement, on le présente comme un elfe du showbiz asexué, affublé du pouvoir magic de la musique, placé sur Terre pour faire le bien par ses mélodies. J'exagère à peine son génie. Assurément, il est tellement parfait et lunaire en compositeur habité qu'il ne fait pas caca comme vous et moi ?
Mais les séries ou comédies musicales n'ont jamais vraiment brillé par leur scénario, souvent résumé à une romance impossible ou interdite qui devrait se finir mal façon Roméo et Juliette, mais toujours bien sur Netflix. Et c’est surment le cas ici. Après avoir maté 5 épisodes, j'en suis persuadé. Certains durent moins de 40 min (Big N, escroc !) proposant 20 min de musique et une pauvre action faisant avancer péniblement les amourettes. Jalousie, vengeance, neketsu. Les gambatte sont légion, si bien qu’on est à la limite d'un shôjo manga. Les musicaux étant nombreux, débouchant inlassablement sur un nouveau girls rock band, Netflix s’est plutôt attelé à adapter ce roman sous forte influence harem manga. Comme il se doit, toutes les personnalités masculines sont représentées : du lunaire, au sérieux, à lunettes évidemment, en passant par le rebelle au grand cœur. Rôle qui a dû beaucoup amuser Masaki Suda, souvent critiqué pour ses chansons trop midinettes.
Midinette d’ailleurs très bien jouée par Miyazaki Yu, qui se révèle son jeu ici, tout en copiant le jeu de Nagano Mei ou Nounen Rena à leurs débuts. Comme Yu-chan paraît très jeune du fait de la production, on sent un peu le malaise face à tous ces trentenaires ayant bourlingué dans le monde sulfureux du Rock et à sa candeur. On était plus habitué à la création d'un groupe au lycée, voir au collège. Les membres ayant environ le même âge, cela nous parait plus saint, à nous occidentaux. Mais la musique et la réalisation méritent qu'on passe du temps dans cet univers rose bonbon et blouson noir au grand cœur. Les méchants ne restent pas méchants très longtemps et tout se termine en chanson, comme chez Astérix
N'ayant pas fini la série au moment où j'écris ces lignes, je n'arrive quand même pas à imaginer une baisse de qualité, ni une véritable surprise scénaristique, tout juste une fin à la Netflix, matinée de happy end lourdement suggéré. Je fais donc confiance aux autres critiques et notes et mets moi-même la note maximale, participant à la grande mascarade des classements orchestrés par les maisons de disques elles-mêmes.
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Strange: Junji Ito's Tales for Sleepless Nights
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Un souffle nouveau, mais pas assez glaçant pour cet été
Les réseaux sociaux continueront à me glacer le sang encore longtemps quand on s'attarde à lire des commentaires du genre : « J'espère que cette adaptation fera honneur à l'œuvre originale », ou encore : « Ce sera sûrement meilleur en live action qu'en PowerPoint. » Au-delà de l'ignorance patente de haters n'ayant jamais entendu parler du kamishibaï et voulant se faire passer pour des esthètes après avoir découvert Junji Ito à la Japan Expo, les attentes des réseaux sur ce qui n'est qu'un énième teen horror drama d'été à la japonaise me glacent le sang. « J'espère qu'il sera sous-titré, qu'on le découvrira en France... » Non mais arrêtez. Ce format est de toute façon destiné à rafraîchir légèrement les nuits étouffantes de l'été japonais, qui, du reste, ressemblent de plus en plus aux nuits françaises, mais il n'est certainement pas destiné à rester dans les annales de l'horreur, malgré son imprégnante odeur.Si l'épisode le plus choquant est certainement le premier, qui restera véritablement une légende urbaine pour des raisons de déprogrammation en urgence, les deux suivants, ainsi que le teaser du troisième, n'engagent rien de bon pour la suite.
Mais rien d'étonnant à cela. Junji Ito, si je n'en suis pas un spécialiste, est un maître de l'horreur par le grotesque qu'il arrive à immiscer dans le quotidien. Voilà pourquoi les situations dépeintes ici n'ont rien d'exceptionnel. Des déclarations d'amour détournées à Hosoda Kanata, qui sera le seul personnage récurrent, jusqu'aux retrouvailles de deux copains de terrain de jeux, l'auteur se joue de situations banales, souvent clichés, pour nous plonger dans cette angoisse dérangeante, proche de la psychiatrie. Rapidement, on se rend compte que l'esthétique manque pour vraiment apprécier la série comme ses œuvres nous le devraient. Ce live action n'arrive pas à retransmettre l'intensité des courtes scénettes de l'auteur, en étirant lamentablement des parties ennuyeuses et en faisant des raccourcis de quelques secondes d'un temps de plusieurs heures, jours, voire années. Et ce n'est pas un manque de moyens, mais bien un manque d'ambition qui en est la cause.
En effet, le théâtre de papier, sans un rond, y arrive pourtant très bien. Il peut retranscrire toute la psychologie et la peur du manga, car il est souvent pourvu de véritables talents de conteur et d'une vraie touche artistique, proche de l'œuvre originale, qui manquent clairement dans cette série.
L'irruption du surnaturel ne fait pas effet, car le cheap est ici partout, maladroit jusque dans la musique et les plans de caméra qui invitent le spectateur à avoir peur sans jamais le surprendre. Certes, plusieurs acteurs s'attaquent à la série, et la juger dans son ensemble serait sans doute une erreur de ma part, puisque je l'abandonne déjà. Mais pour un épisode excellent, combien de mauvais faut-il endurer ?
Je n'ai plus cette patience à mon âge et préfère me perdre dans les planches du maître, ou perdre mon temps à faire la queue pendant des heures, porte-monnaie vide, dans les (trop ?) nombreuses conventions où il apparaît pour décrocher une photo de son sourire. C'est quand même sa spécialité, le sourire hypocrite, non ?
Je sens déjà le souffle glacé des commentaires des haters me caresser la nuque, après cette dernière phrase.
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25 ans ferme
Les dramas prenant le point de vue du stalker plutôt que celui de la victime ne sont pas nombreux, et pour cause. Comment peut-on avoir l'empathie nécessaire pour suivre, sur la longueur, un homme qui la mate, se cache d'elle et, souvent, la harcèle ? Sans être aussi mal à l'aise que l'héroine, le dégoût, ou tout du moins l'inconfort, nous fait vite abandonner la série. Il faudra donc au moins le gendre idéal Matsumura Hokuto dans le rôle de l'amoureux louche et transit pour nous faire vibrer à ses côtés.Et pourtant, ça commence très mal. Car ce n'est ni au travail ni à l'université qu'il rencontre Okazaki Sae, son oshi pour la vie, mais au jardin d'enfants, comme le suggère déjà le titre. Vingt-cinq ans se sont écoulés à observer en cachette chacun des faits et gestes de son amour secret. Au-delà du fait que cela n'a aucune crédibilité scénaristique, puisque personne ne s'est rendu compte de rien alors qu'ils ont fréquenté les mêmes écoles et les mêmes lieux de travail, cette série semble justifier une pratique totalement amorale et pourtant bien trop répandue dans le milieu des idoles, entre autres, au Japon et ailleurs.
Un mec si beau, gentil, adoré des belle-maman, ne se fait courtiser par aucune autre nana en 15 ans de vie adulte. Soit, on est au Japon, le pays de la retenue et des bonnes manières. Mais c'est la même chose pour Okazaki Sae qui, en plus d'être jolie, est l'une des plus grandes héritières des entreprises japonaises, dans la série. À priori, ils ne connaissent pas l'entre-soi au Japon. Ils devraient envoyer leurs enfants dans les grandes écoles européennes pour leur promettre un beau mariage entre gens de la haute. Ça éviterait qu'un gueux coure après leur fille.
Bref, il faut passer toutes ces barrières psychologiques pour commencer à apprécier la série. Mais même une fois le concept accepté, il y a encore des freins à vouloir vraiment plonger dans les mystères suggérés. Comme à l'accoutumée, les personnages dérangeants ont le trait forcé. Je ne parle pas de la timidité exacerbée, ou feinte, de notre couple, chacun jugera leur jeu, mais bien des seconds couteaux. Un flic suspect, un ex-taulard miséreux et revanchard qui bouffe des corn-dog à longueur de journée en mettant du ketchup partout. Le comble de la bassaisse humaine, quoi. Sans parler de la belle-mère pire que celle de Cendrillon. Les clichés sont trop nombreux et mal interprétés pour pardonner à Okazaki Sae son manque de discernement face à tous ces personnages qui n'en veulent qu'a son argent. Cela la catégorise dans le rôle de la gentille idiote, et ça, je ne peux pas l'accepter en tant que Wota de Sae Chan.
Pas grand-chose, donc, ne va dans la série et son seul intérêt, mis à part le physique et le jeu de nos héros, est de sonder leur psychologie. Bien sûr, on espère un happy end où, après vingt-cinq ans, le couple se forme enfin malgré le lourd passé psychiatrique de notre héros. On espère qu'ils vivront heureux et auront plein d'enfants, qui pourront lire les journaux intimes de leur père pour s'endormir le soir. Si la série se termine ainsi, vous saurez que vous avez vraiment perdu votre temps. Heureusement, pas vingt-cinq ans de votre vie.
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Go to eat, mais avec modération, par pitié...
Ok, je sais déjà les commentaires qui vous viendront à l'esprit. "Pourquoi continue-t-il à chroniquer des dramas avec Sakurai Hinako ? Il sait très bien que ce sera au mieux un shōjo un peu niais, au pire un navet abandonné après le 1er épisode." Mais j'attends toujours à nouveau un rôle à la Janus no Kagami ou un, finalement assez drôle Flora, mais le désespoir me gagne et la mort est proche. Je suis à deux doigts de noyer mon chagrin dans cette junk food dont semble raffoler Hinako-chan.Pourtant, au vu du cast, ça partait plutôt bien. Okazaki Sae qui avait peut-être enfin la chance d'être mise en avant autrement qu'en assistante médicale, ou en copine cool et trop Tokyo Girl, et surtout Furukawa Yuki qu'il faut absolument voir dans la série des Ishi no Mayu et ses séquelles et qui restera l'éternelle ado cool et froids d'Itazura no Kiss., le chef-d'œuvre incontesté du shōjo manga (drôle) en drama., m'ont mis l'eau à la bouche.
Mais mes espoirs ont été balayés en quelques minutes, vu l'ambiance office lady dans une start-up trop cool et kawaï des premières minutes. Du mauvais josei manga faisant la publicité éhontée des heures supplémentaires et de l'exploitation des jeunes femmes surdiplômées, reléguées dans les bureaux, à faire des photocopies et à apporter le café. Un autre temps, un autre monde... Et après une dure journée de labeur, réalisée avec le sourire de façade qui va bien et la vie sociale qui ne va pas, le seul plaisir, avant de se coucher, est un arrêt dans le fastfood du coin... pour en faire la promotion. Le premier épisode, au choix, consterne, laisse de marbre ou écœure, vu le porn food exacerbé qui dégouline des gros plans beaucoup trop longs sur les burgers. On est loin du pourtant très semblable et aussi très marketé "Go to Eat" O mimi ni aimasu. Moins sensible, moins drôle (même si c'est pas fou fou) et surtout moins original cette publicité à peine voilée pour les chaines de restaurants m'a vraiment écœuré de prime abord. Même la danse en Opening semble ridicule, si on la compare a l'Ending vitaminé de Omimi.
Alors qu'y a-t-il à garder dans ce josei qui relègue une fois de plus la femme japonaise à son destin de faire valoir pour homme ? Et ben je n'en sais rien. Simple consommatrice dans une société patriarcale juste bonne à se taire et comblant sa frustration par des plaisirs immédiats et gras, la jeune femme ne peut pas se retrouver dans cette vie. La production est fade, les scènes de bouffe ne donnent pas faim, tellement mal filmées qu'elles sont, le jeu des acteurs ne rattrape rien. Ils ne font aucun effort pour se détacher des stéréotypes. Furukawa Yuki en premier, avec un sous rôle de gars sérieux et mystérieux, bien plus crédible dans Itazura no Kiss. Pour des personnages dessinés, certains traits de caractère tout surjoués qu'ils soient passent toujours mieux. Ici, en live, on frôle une fois de plus le ridicule. C'est "sauvez par le gong" au pays des fastfoods, gênant pour sa vulgarité, son côté "c'est comme ça qu'un jeune urbain trop cool doit vivre" et sa fatuité.
Si ce manga doit être un reflet de la jeunesse d'aujourd'hui je veux rester vieux, passer mes nuits à regarder la TV plutôt que de trainer dans les chaines de restauration rapide. On y apprend tellement sur le monde dans lequel on vit. On apprend, par exemple, que même de bons acteurs doivent parfois faire un job "alimentaire" pour vivre.
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