Cœur de loup
S'il y a un genre que j'apprécie particulièrement, c'est bien le school drama, surtout lorsqu'il est empreint de mystère et qu'il ravive chez-moi la flamme de la jeunesse et celle de l'enseignement. J'attendais, donc, depuis longtemps un successeur à 3-nen A-Gumi, tant du point de vue du casting, de l'intrigue que de la réalisation. J'avais foi en Saiko no Kyoshi: 1 Nen Go, Watashi wa Seito ni Sareta (2023) et en la très bonne prestation de Matsuoka Mayu, mais je restais encore sur ma faim.Aucun acteur n'était encore arrivé à la cheville de Suda Masaki dans le rôle du professeur principal psychopathe, mais... entièrement dévoué à ses élèves. Il se pourrait bien, cependant, qu'il ait trouvé un véritable concurrent en la personne de Matsuzaka Tori, qui n'a plus rien à prouver, mais qui pourtant, concourt ici pour la meilleure performance masculine de l'année.
Ceci dit, un bon drama ne repose pas sur un seul acteur, et encore moins dans ce genre si particulier qu'est la prise en main d'une classe (de terminale, pour coller encore plus au cahier des charges du genre) sur l'année. Un bon casting dans la classe, qui a révélé ou confirmé tant de jeunes talents dans 3-nen A-Gumi ou Salomon no Gihou, est l'élément essentiel pour ces dramas. Il semblerait que Mikami Sensei coche toutes les cases avec la présence de Nagase Riko, Takaishi Akari ou Kubozuka Airu, pour n'en citer que trois. Souhaitons à ces jeunes acteurs la même trajectoire que Nagano Mei, Kamishiraishi Moka, Katayose Ryota, ou encore Hotta Mayu, qui revient ici pour signer ici une performance magistrale, à des kilomètres de ses univers habituels.
Le drama est d'ailleurs très sombre et d'un sérieux qui pourrait en rebuter plus d'un. Les rares moments de délires adolescents en deviennent d'autant plus précieux et je vous invite à les savourer. On ressent le poids que le monde actuel fait peser sur nos enfants : la pression constante sur cette nouvelle génération dans un monde en perpétuel mouvement, où l'éducation, dans les pays du G20, parait être le seul levier capable de changer la donne pour assurer la survie d'une nation. Conquérir ou s'élever toujours plus haut que les autres... Des questions fondamentales de survie politique, culturelle, ethnique et familiale sont au cœur d'une intrigue policière menée d'une main de maître par toute la production.
L'écriture du scénario est diabolique. La mise en scène repousse les critères du mystery drama de qualité. Bien sûr, certains plans insistent sur des évidences, mais grâce à des mouvements lents et des angles de caméra audacieux choisis, assistés par une bande-son religieuse, ils instaurent un sentiment d'asphyxie encore plus présent que la simple pression décrite sur ces futures élites. On pourrait imaginer une exagération pour les besoins de l'intrigue, mais les récents scandales dans certains lycées privés français nous prouvent qu'on est parfois loin de l'horrible réalité.
Mikami Sensei va très certainement devenir une nouvelle référence du professeur psychorigide, mais profondément attaché à ses élèves. Matsuzaka Tori habite littéralement son personnage. Il excelle lorsqu'il doit paraître ennuyeux, tel le bureaucrate qu'il est. Il est impressionnant dans ses explications mathématiques autant que philosophiques. Et bon sang, qu'il a l'air humain lorsqu'il donne des leçons de vie à ses élèves ! Sans parler de son côté sombre lorsqu'il se transforme en enquêteur... Horrible pour ses collègues, qui, loin de lui servir la soupe, s'avèrent être d'excellents seconds couteaux, renforçant ainsi cette œuvre qui s'impose comme une nouvelle référence des dramas dénonçant un système qui broie totalement les individus. Il se permet même des de l'autodérision lorsqu'il décrit les dramas scolaires, imposants une image du prof héros irréprochable. De l'autodérision, il y en aura aussi dans le choix de One OK Rock pour l'ending. De révolutionnaire, on pensera plutôt à une référence aux gosses de riches.
Du classique, me direz-vous ! Mais ici, tout va plus loin dans la critique : L'éducation, bien sûr, mais aussi la bureaucratie, les castes, les médias, avec une interrogation sur le rôle du journaliste dans un monde gouverné par la rumeur et le poids des réseaux sociaux. Et le monde politique, impliquée dès le premier épisode, qui raisonne de manière synchrone avec une société japonaise sclérosée par ses conventions. La courageuse enseignante incarnée par Yoshioka Riho en est l'exemple parfait, broyée par sa propre famille. On y trouve aussi des enquêtes bâclées ou étouffées par l'argent et le pouvoir, si on ne peut même pas compter sur la police. Décidément, tout y est. Ce drama ne laisse aucune faille apparente.
On pourrait seulement lui reprocher la difficulté du vocabulaire lorsqu'on le regarde en RAW, mais il est certain qu'il marquera les esprits, comme d'autres avant lui en leur temps. Malheureusement, politique et éducation, dans la vraie vie, ne sont que ruine de l’âme... J’ai bien peur qu’il n’y ait pas de Mikami Sensei pour nous protéger de tous ces loups, qui n’attendent que de remplacer l’ensemble du corps enseignant par des IA. Mais si c’est Lucy, l'éducation de notre pays pourrait enfin être sauvée.
Was this review helpful to you?
Hen na koto
Spielberg n’en finit plus de laisser des traces dans l’inconscient collectif. Une semaine après avoir conclu dix ans de Stranger Things, les années 80 et leur esthétique geek pour quinquagénaires trop fortunés reviennent déjà avec le bien nommé Ramune Monkey.Trois ojisan se remémorent l’année 1988 dans une ambiance rappelant tous les films de l’époque. Dès les premières secondes, les clins d’œil, parfois trop appuyés, de Rencontres du troisième type à l’ambiance Goonies, nous font une fois de plus dire, « c’était mieux avant ». Le premier épisode pose les bases de l’ensemble des personnages grâce à la séance de cinéma organisée à l’école, véritable point de confluence de toute la série. Et cette galerie de personnages donne furieusement envie de voir la suite. Yankees, prof courage dans le personnage de la trop rare Kiryuu Mai, ou ados légèrement débiles, tous les codes sont là, avec le prisme de l’ère Shōwa, la meilleure.
On pourrait en avoir marre de tous ces time slips, d’autant plus qu’on se retrouve pour la énième fois à chercher qui a tué Laura Palmer. Diffusé en même temps que Silent Truth et juste après Ii koto warui koto, retour encore et toujours à l’époque de l’école primaire, à se remémorer ses anciens camarades et les faits de l’époque. Mais on n’est pourtant pas du tout dans la même ambiance, car à cinquante ans bien tassés, les souvenirs fantasmés déforment la réalité. Et les passages dans l’enfance sont tellement jouissifs, avec des allusions à Jason et à d’autres films qui nous ont tant marqués, qu’on en vient presque à regretter que la série ne se déroule pas entièrement à cette époque.
Rois du kung-fu en pleine période Jackie Chan, les enfants ont tous des super-pouvoirs et vivent des aventures extraordinaires dans la tête de vieux briscards complètement has-been dans leur époque. Dans leur travail, dans leur famille, ce sont des pépés un peu à la masse qui retrouvent, dans la recherche de la vérité, une seconde jeunesse. VHS et vélos volants réjouissent la génération (Spartan) X que je suis, et mon amour pour l’ère Shōwa, et en particulier pour la city pop, est comblé avec cette série. Kiryuu Mai est tout aussi étrange, flippante et attractive pour ces ados en devenir. Les papis l’idéalisent, mais comment faire autrement, tant on aurait voulu avoir une responsable de club de ce niveau ?
La génération Z se retrouvera dans Fukumoto Riko, qui accompagne nos trois enquêteurs, et c’est plein d’émotion qu’on suivra leurs retrouvailles avec tout leur childhood et leur professeur encore en vie. Bien plus intéressant que s’ils s’étaient donné rendez-vous dix ans après, ce saikai quarante ans après le collège réserve de savoureuses scènes.
Je ne comparerai pas plus à Stranger Things, ayant arrêté de regarder des séries américaines avec la fin d’Urgences. J’imagine le parallèle, mais j’imagine aussi le côté sentimental bien plus développé dans le pays du natsukashii. Dépêchez-vous de visionner cette bonne dose de nostalgie avant que la Stargate, la cabine ou la DeLorean ne se referment.
Was this review helpful to you?
Natsu, petite fille des montagnes ...
Les Asadoras de la NHK ont un format très particulier 15min/jour, pendant 6 mois. Il faut pouvoir trouver son compte pour accrocher aussi longtemps à une histoire, qui soyons honnête tirent parfois en longueur. Pour ma part j'adore ce format qui permet de lancer des épisodes en rafale. De plus, ses dernières années, les thèmes abordés, la qualité d'écriture et la pléthore de stars en premiers rôles ou en guest arrivent à vous tenir en haleine malgré les moments un peu plan plan. C'est presque le cas de Natsuzora qui offre à Suzu Hirose un premier rôle à la hauteur de son talent et qui justifie à elle seule le visionnage. Comme cela semble devenir la norme avec ce format on découvre son personnage enfant et on suit sa vie sur plusieurs décennies. Bien moins palpitante, à mon avis que celle de Suzume dans Hanbun Aoi (mon Asadora préféré) on trouvera quand même son compte d'émotions dans la première partie de l'histoire et quelques rebondissements, certes attendus redonneront un regain d'intérêt. Découvrir la vie difficile des japonais du siècle dernier, partis coloniser Hokkaido et des orphelins d'après-guerre ma fait verser ma petite larme.Dans cette version japonaise d'Heidi (les similitudes sont quand même très fortes même si on essaye de nous vendre 'la petite maison dans la prairie') l'histoire nous touche par les liens créés par Natsu et son grand-père adoptif. Personnellement si je trouve que les rôles secondaires manquent de profondeur dans cette partie (et trop caricaturaux plus tard, pour les collègues de Natsu adulte), Awano Sari qui joue Natsu enfant et Kusakari Masao le grand-père vont vous faire fondre. Plus tard, la recherche désespérée de son frère et de sa soeur réussiront aussi à vous tirer une larme supplémentaire.
Mais soyons honnête, si je me suis plongé dans cette histoire ce n'est évidement pas pour les paysages bucoliques et les vaches d'Hokkaido ni pour suivre le combat difficile de l'émancipation des femmes japonaise, fil rouge de beaucoup d'Asadoras, mais pour le thème principal : la genèse de l'animation japonaise. Car comme beaucoup, avant de m'intéresser aux dramas, je suis un fan d'animation et de mangas. Et on suis bien les pionniers de l'animation dans cette histoire. Le terme 'Pionnier' semble être le fil conducteur de la série tout au long des 156 épisodes. On découvre les premiers films d'animations, le métier d'animateur de coloriste, de doubleur, les premiers studios d'animations, etc ... Cerise sur le gâteau des séquences d'animation ont été spécialement créés pour l'occasion, avec vers la fin de la série des un épisode quasi entier animé (d'une qualité un peu décevante par rapport au générique d'ailleurs). Car si on reconnait facilement la Toei dans le studio où Natsu travaille il était hors de question d'utiliser des séquences de film réels. Et on s'amusera donc à chercher à quel film fait référence cette séquence. Jusque dans le générique, créer par une jeune animatrice, chanté par le groupe Spitz et qui nous rappellera tellement le Heidi de Miyazaki. L'ombre du maitre plane sur les épisodes et certains des personnages ont du hérité de traits de caractère. Tezuka et Go Nagai ne sont pas très loin non plus. Voilà pourquoi je conseille cette série, qui ravira tous les fans d'animations d'après-guerre jusqu'au années 80, les vieux comme moi, quoi. La musique colle parfaitement à la série et vous vous surprendrez à fredonner les thèmes principaux. Un de mes Asadoras préféré.
Was this review helpful to you?
Le live action d'ONK qu'on attendait
Alors qu’il s’apprête à sortir au cinéma, Love on Trial de Kōji Fukada remet une nouvelle fois le monde des idoles sur le devant de la scène. Et pourtant, dès Perfect Blue (1997) du regretté Satoshi Kon, ce milieu avait déjà été sévèrement critiqué pour son miroir aux alouettes et la monétisation des sentiments, des corps et des sourires. Le fan lui-même n’est jamais vraiment dupe, et ce jeu du mensonge a été si brillamment décrit dans le manga Oshi no Ko qu’on peut légitimement se demander ce qu’une énième série peut encore apporter, d’autant plus lorsqu’elle s’étale sur 13 épisodes de 50 minutes, retraçant l’ascension de trois futures stars.Et pourtant, étonnamment, Oshi no Satsujin est peut-être l’œuvre la plus pertinente d’un point de vue informatif sur ce milieu. Et ce, malgré un scénario peu réaliste qui, comme vous allez le voir, part dans toutes les directions pour mieux se rassembler au final. Du plus sombre au plus what the fuck, du plus glauque au plus kawaii, même Élise Lucet serait choquée par ce "Complément d’enquête", comme il se doit, à la fois dénonciateur et voyeuriste, d'Envoyé Spécial au pays des idoles.
Exit donc l’amour impossible, la folie du dédoublement de personnalité ou la vengeance envers un père absent. Le cadre des idoles sert ici un thriller anxiogène porté par trois jeunes actrices encore peu connues : Tanabe Momoko, Yokota Mayuu et Hayashi Meari. Elles se partagent le premier rôle comme trois membres d’un groupe unies pour la vie. Mais c’est plutôt la mort qui les rassemble et les transforme progressivement en une véritable famille. Trois sœurs inséparables, partageant des secrets de plus en plus nombreux, immoraux et macabres, tout en cherchant à construire la famille dont elles ont été privées.
Si Yokota Mayuu et Hayashi Meari incarnent parfaitement des rôles de discrêtes, presque transparentes, Tanabe Momoko est une véritable révélation en leader du groupe. Les secrets se dévoilent peu à peu, révélant toutes les aspérités, loin de l’image lisse attendue d’une idole. Si les idoles sont les reines du mensonge, elle, en est l'impératrice. Elle crève l’écran dans un rôle fort, même si le scénario a parfois tendance à la confronter aux pires situations sans vraiment y réfléchir. Comme dans tout slasher, nos trois preincesses de la scène se jettent régulièrement dans la gueule du loup, sans aucune protection et réflexion.
Pourtant, elles sont bien entourées. Une pléthore de Johnny’s participe au casting masculin. Et, tout comme dans un Scary Movie, nul ne sait vraiment à qui faire confiance. Il faudra attendre les derniers épisodes pour dévoiler le cœur de l’intrigue et le rôle de chacun. En attendant, de nombreuses side stories viennent nourrir l’ensemble : l’ascension des idoles, des triangles amoureux, un mystérieux serial killer faisant l’aller-retour entre Osaka et Tokyo, des amitiés d’enfance, du harcèlement scolaire, des rêves de petites filles… Les clichés liés aux idoles sont nombreux, mais souvent réalistes. Le caractère informatif est bien présent : les fans sont lourds, suants, gras, tels que les journalistes français aiment les dépeindre. Les idoles travaillent dur et percent finalement, parfois en donnant bien plus que leur voix.
Chaque personnage secondaire incarne une facette de la pensée sociétale autour du show-business. Une femme bafouée déteste les idoles et les compare à des prostituées avec des arguments recevables, tandis qu’une mère est immensément fière de voir sa fille réaliser son rêve d’enfant, monter sur scène en robe de princesse. Tous les arguments se valent, et juger devient difficile au final.
Seule la qualité artistique de l’œuvre, oscillant entre nanar et chef-d’œuvre, peut réellement être débattue. Le jeu de certains acteurs est parfois irritant, notamment lorsqu’ils dévoilent leur personnalité macabre ou qu’ils en font trop dans la gentillesse. Le petit côté provincial, avec l’accent d’Osaka forcé, est à la fois plaisant et excessivement surjoué. Les plaintes ponctuées de « ya » en fin de phrase accentuent le côté pleurnichard du personnage de Hayashi Meari, ce qui peut lasser assez rapidement.
Grâce à une durée étonnamment longue pour le genre, la série vous entraîne dans de multiples directions et parvient à maintenir le suspense. On ne sait jamais vraiment ce qui va se passer dans l’épisode suivant, et rien que cela est déjà un exploit pour une série japonaise souvent trop friande de clins d’œil divulgâcheurs. Bien sûr, cette longueur et ce scénario alambiqué masquent un manque de moyens évident au niveau de la production. Les décors et la réalisation sont cheap, comme les scènes de rue et les maisons louées filmées caméra au poing, sans artifice. Même les scènes dans les salles de spectacle semblent parfois captées au smartphone, par les fans.
Mais une bonne surprise artistique accompagne malgré tout la dizaine d’heures de visionnage. Une bande originale qui porte bien son nom, moderne et entêtante, dont on aura du mal à se débarrasser. Je ne parle pas des chansonnettes créées pour le faux groupe, mais bien de la bande-son signée Dejizue et Kuroda Mori. Et cet ending de Yu-ka, qui arrache une larme à chaque meurtre, donnera définitivement envie de déposer une rose noire sur le corps de chaque victime.
Was this review helpful to you?
Mon papa à moi est un gangster, mais c'est lequel ?
Si l’auteur Uketsu reçoit un succès attendu en France (savamment orchestré par les maisons d’édition), ce n’est pourtant pas lui qui remporte le prix littéraire de la maison la plus étrange automne 2025. Dixit les très kawaii et très jeunes enfants dont Matsushima Sō et Shirasu Jin ont la charge. Cette série a un petit goût salvateur. À la volonté de bousculer les stéréotypes s’ajoute le combat quotidien d’élever des enfants dans le Tokyo de 2025. Un combat sponsorisé par le gouvernement métropolitain en quête d’une augmentation du taux de natalité, mais certainement pas par la nouvelle Première ministre, à qui je dédie cette chronique et, bien sûr, cette série pleine de tolérances, d’humanité et de familles recomposées.Adaptée d’un manga en 13 tomes, on a du mal à imaginer un renouvellement de l’histoire sur la durée étant donné le pitch de départ. D’autant plus que, très vite, le « non-couple » (je ne veux pas trop en dévoiler) est accepté et apprécié par l communauté des mères de famille, dès le deuxième épisode. Mais le fil conducteur n’est pas la recherche d’une maman pour accompagner nos deux superpapas, ou d'une reconnaissance de la société. Non, il s’agit de ce qui relie chaque Japonais à sa famille, a ses racines : la bouffe, évidemment.
Pour faire de cette salade recomposée une vraie famille, il est vite sous-entendu qu’il faut se mettre à la cuisine. Nos papas se transforment donc en super chefs, même si cela est loin d’être facile et la série, comme bien d'autres, en tuto culinaire.
Mais loin de se limiter à ce genre surreprésentés, le drama explore les liens familiaux et amicaux, avec douceur et justesse. Matsushima Sō joue un ancien délinquant et on se prend à enquêter sur le terrible secret que semble cacher Shirasu Jin.
Et c’est là que la série bascule dans un univers inattendu. D’une tendresse et parfois d’une drôlerie de chaque instant, certaines séquences parviennent à troubler, voire à glacer le sang. Car si la fillette, future star à coup sûr, vous fera craquer et éclater de rire, Shirasu Jin est suffisamment inquiétant pour maintenir le suspense à son comble.
Malgré son casting de Johnny’s et son côté fuwafuwa, cette série s’impose comme un véritable vade-mecum sur la famille de 2025. Une bouffée d’air frais qui donne le sourire tout en invitant à réfléchir sur les vraies valeurs de la vraie vie. Le gouvernement métropolitain de Tokyo valide de son tampon d'un autre âge. La première ministre, elle....
Was this review helpful to you?
C'est à son tour, maintenant
Avec son casting de rêve, la nouvelle production horrifique d'Abama x Asahi TV promet monts et merveilles sur le papier. Mais nous avons appris à nous méfier des productions trop gourmandes en ex-Idoles et autres Models. Pourvu que ce rêve ne se transforme pas à nouveau en cauchemar...Un rêve qui se réalise au début du premier épisode, pour la jolie et sympathique ex-Nozikaya 46, Nishino Nanase. Finie la vie de Youtubeuse solitaire (comprendre otak, donc) et vive la vie avec une bande de copines aux caractères très différents (pour les otaks, ... donc). Une Mansion à 8 appartements tous occupés par une jeune femme célibataire est le cadre idéal pour un scénario plutôt convenu. Le pitch de départ tenant sur une dent d'un timbre de poste, ne laisse aucun doute sur le genre Horreur/Thriller. Mais on sait depuis Anata no Ban Desu que ce huis-clos peut provoquer, chez le spectateur, une addiction envers une série qui ne payait pourtant pas de mine au départ. Mais une interrogation survient à la lecture de la phrase précédente. Nishino Nanase parviendra-t-elle une nouvelle fois à nous maintenir en haleine comme elle l'a justement si bien fait dans Anata no Ban. La comparaison risque d'être douloureuse, voir horrible.
Si le genre de cette nouvelle série est clairement orienté horreur, cela ne peut pas suffire à faire oublier ce chef-d'œuvre du polar/mystère surtout que dès le premier épisode une locataire décède et on se doute bien que c'est le point de départ d'une série de morts plus horribles les unes des autres. Heureusement les futurs victimes font partie de la crème des jeunes actrices de série (parfois Z) du moment. La géniale Uchida Rio qui sait mettre ça personnalité folle au service d'un scénario toujours déjanté et complexe (Raise de wa Chanto Shimasu, Mukai no Bazuru Kazoku, ...) et les 6 autres locataires que je ne citerai pas une à une et pourtant, ce n'est pas l'envie qui me manque tant elles auraient pu tenir un premier rôle chacune.
Si on se doute de leur fin tragique et certainement violente selon l'épisode à venir, reste le mystère qui entoure cette immeuble. Vieux cimetière indien ou ancien lieu de culte Celte ? Que s'est-il passé dans ce bâtiment ou le mensonge est interdit, sous peine de voir sa fin arrivée. Ce ne sont pas les exorcismes minables du pseudo prêtre shintoïste, excellemment joué par Nagayama Kento qui parviendra à faire baisser la tension. La religion est clairement critiquée ici, par son côté mercantile. Mais ce partenaire maladroit de notre enquêtrice Nanase chan vous donnera un sourire salvateur au milieu d'un océan de sueur froide.
Car la peur est bien là, présente à chaque épisode. Une horreur parfois subtile, mais avec des codes éculés pour ceux qui suivent le cinéma asiatique depuis longtemps. Mais même un vieux briscard comme moi se fait avoir et les reflets dans le miroir, les mains sales ou les cheveux longs recouvrant le visage, par exemples, font toujours leurs effets. Et comme souvent on est content qu'un épisode ne dure que 20 min. Vous faire croire que j'ai vu tous les épisodes à l'heure qu'il est serait le 3e mensonge de cette chronique, alors je vais m'arrêter là dans mes commentaires, même si vous êtes certainement déçu (si si,...). Mais je tiens encore un peu à la vie. Si ce n'est que pour découvrir le fin mot de cette histoire pas si commune au final ... Aaaargh, uso da yo !!!
Was this review helpful to you?
L'école des sentiments tarifés
Les romances réprimandées par la société, malgré leur exploitation dans la littérature depuis Genji Monogatari, font encore le bonheur des producteurs et auteurs, tout média confondu, en cette bientôt fin de monde annoncée. De surcroît au Japon, terre de la bienséance et de la discrétion. Imaginer une amourette entre une professeure et un élève analphabète peut encore, malgré le cliché de la situation, faire vibrer les foules en 2025. Et pourtant, on a du mal à imaginer faire mieux que Garden of Words de Shinkai Makoto, surtout qu’en 2013, avec son trait de crayon et seulement 46 min, il avait tout dit et tiré les larmes nécessaires à la situation.Ici, pour faire vibrer la corde sensible, le cordonnier est remplacé par un host de Kabukicho, ce qui ne nous rassure pas au premier abord. Du rentre-dedans et des beaux mecs androgynes vont parsemer 10 épisodes de hime-sama en direction des trentenaires à la recherche de l’aventurette télévisuelle. Vous entendrez donc soit votre voix intérieure, soit celle à côté de vous dans le canapé vous dire : C’est honteux cette exploitation de la misère amoureuse, tout en sachant que le voyeurisme est la raison principale de notre fascination.
Mais en réalité, tout est fait pour dénoncer le mizushōbai, à commencer par le ridicule dont les jeunes hosts s’affublent. Car si l’ensemble des intervenants semble donner les bons arguments pour critiquer l’exploitation de la solitude des femmes, ce sont les situations vécues par les hosts qui en font la meilleure critique. Mis plus bas que terre, traités comme des moins que rien, pas seulement par leur patron. Les clients, la société, les regardent comme des caniches à maman. Et c’est d’ailleurs très touchant de voir à quel point le héros de l’histoire cherche à travers son métier la reconnaissance maternelle qu’il n’a pas eue dans sa jeunesse.
Le trait sera donc forcé pour l’héroïne incarnée par l’excellente Kimura Fumino, en mère courage prête à tout pour sauver de l’illettrisme Murakami Maito Raul. Sa photo illustre d’ailleurs sur Wikipédia la définition de vieille fille. Dans son tailleur grisâtre, affublée d’un chignon et de lunettes, esquissant très peu de sourires face à sa classe de jeunes filles d'une école privée catholique. Oui, tout est dit. Les clichés sont ultra-forcés, comédie romantique oblige. Le paradis blanc, la journée. L’enfer rouge, la nuit. Raul-kun est présenté comme un Satan prêt à dévergonder la plus toute jeune vierge. Il faut choquer le bourgeois, que diable.
En vraie, la production cherche à choquer un public habitué et donc anesthésié par les mœurs de Kabukicho, mais n’y arrive pas vraiment. Encore moins si on vit au Japon, où les lieux de culte catholique n’ont pas réellement de sens au-delà du mariage. Mais toutes ces montagnes de clichés gâchent-elles l’expérience ? En réalité, très peu, car on assiste ici à de très belles performances d’acteurs. Kimura Fumino est évidemment habitée par sa mission de super neketsu sensei (celle-là je vais la ressortir à chaque fois, maintenant) mais sans en faire trop. Elle met énormément de temps à succomber au soi-disant charme de Raul-kun. D’ailleurs, est-ce qu’elle y succombe seulement ? Ces situations donnent une part de réalisme bienvenue. Ce drama est ancré dans la vraie vie et fait finalement très peu de place à la romance. Exit les longs plans "je te regarde dans les yeux pendant une minute". Kimura Fumino refuse et exècre les tapes sur l’épaule et autres avances ou mots doux appris à l’école des hosts. Les histoires de couple sont bien ancrées dans le Japon d'aujourd'hui: mariages arrangés, rencontres sur appli, misère affective, monétisation des sentiments. Les questions sociétales sont nombreuses, bien amenées et rendent le suivi de l’histoire passionnant.
En effet, Raul-kun ne cherche pas à faire plaisir à sa professeure, en apprenant à la vitesse grand V à écrire. Au contraire, le jeu du chat et de la souris dure et montre à quel point enseigner n’est pas donné à tout le monde. Une IA est encore loin de remplacer le contact humain, tant vouloir faire apprendre quelque chose à quelqu’un contre son gré est délicat. Délicat sera donc le mot d’ordre du drama.
Loin donc d’un énième reportage voyeuriste pour occidentaux prêts à se complaire dans des remarques du genre "tous des pervers ces Japonais", tout en se rinçant l’œil. Ce drama renforce la certitude de chacun sur la nécessité de mettre fin à ces pratiques d’escortes. Pas seulement pour les arnaques à l’argent, mais surtout pour les arnaques aux sentiments. Et pour cela, une seule solution : l’éducation.
Was this review helpful to you?
Les deux mois de la marmotte
Grey’s Anatomy vous manque ? En particulier les premières saisons où l’on découvrait l’innocence et l’incompétence de jeunes étudiants fraîchement débarqués dans un hôpital ? Vous preniez plaisir à les voir gaffer en apprenant leur métier, tout en explorant intensément leurs relations sentimentales – pour ne pas dire sexuelles ?Si c’est le cas, Madoka, 26 ans, vous replongera dans cette ambiance, que vous ayez déjà vécu ces moments avec Ellen Pompeo et ses camarades, ou que vous les découvriez pour la première fois (même si j’en doute). Ce drama pousse d’ailleurs la réflexion plus loin en s’adressant à plusieurs générations, voire en tentant de les réconcilier, à travers l’opposition entre les médecins issus de l’ère Shōwa et la nouvelle génération « 9h-17h ».
Ce que l’Occident nomme la génération Z est souvent assimilée, au Japon, aux jeunes diplômés de l’ère Heisei (20 à 30 ans), qui revendiquent désormais des horaires de fonctionnaires (je suis fonctionnaire). Finies les heures supplémentaires interminables et les appels professionnels impromptus le dimanche ! Même les futurs chirurgiens comptent désormais leurs heures, au grand dam de leurs aînés. Une tension qui se cristallise particulièrement lorsque ces derniers deviennent les tuteurs des nouvelles recrues, ne tolérant aucun faux pas et imposant une rigueur à laquelle les jeunes semblent moins habitués.
Ces thématiques sont au cœur du drama. Yoshine Kyoko, notre héroïne, semble avoir dû ingurgiter un bon nombre d’épisodes de Grey’s Anatomy pour incarner avec justesse l’inexpérience des jeunes internes. Le doute, l’incompétence – réelle ou ressentie – et les choix cruciaux de vie et de carrière résonnent avec ces stages enjoints de rotation tous les deux mois. On ne peut rien reprocher à la qualité de la série, qui reprend tous les codes des bons dramas médicaux : un casting intergénérationnel au sommet, une mise en scène efficace et, malgré son énième rôle de médecin, Suzuki Nobuyuki charme toujours autant sans en faire trop.
Cependant, bien que la série mette en avant l’émancipation des « 9h-17h » face à leurs aînés, elle n’échappe pas à une vision paternaliste du rôle des anciens, omniprésente. Je pense notamment au directeur de l’hôpital, figure du vieux sage, ou, pire encore, à l’ascendance excessive de Suzuki Nobuyuki sur Madoka dès le premier épisode. Bien sûr, on cherche à souligner le côté romantique de leur relation, mais, comme souvent, notre frêle héroïne ne réalise pas l’amour et la protection que lui prodigue cet homme, viril et mystérieux. Une dynamique de domination masculine sur une femme jugée vulnérable refait ainsi surface. Sans parler du comportement étrange du petit ami officiel de Madoka, qui renforce encore cette impression d’emprise.
La série pourrait s’adresser à un public en quête d’identité et de reconnaissance dans la société, mais, à l’image d’une marmotte sortant timidement de son terrier, le vieux monde résiste, et l’aspect romantique vient légèrement gâcher le dépassement de soi. Madoka a 26 ans et doit encore suivre deux années de formation en rotation, ce qui, si mes calculs sont bons, représente 12 épisodes et autant d’histoires parallèles vite oubliées une fois visionnées. Pourvu que la conclusion ne s’arrête pas sur la fameuse date de péremption des 30 ans ! J'essaye de faire de l'humour, tout comme les auteurs si sont attelés avec une certaine réussite, car au final, c'est ce qui va me faire continuer le visionnage de la série.
Mais ça risque d'être insuffisant, pour finir les deux années et valider mes 12 UV. J’attends du développement, des intrigues solides, des changements radicaux qui ravivent l’intérêt. Introduire comme point essentiel l’incompétence et la supposée paresse de la jeune génération pourrait donner lieu à des moments forts pas seulement dans l'humour, , mais je crains que l’on reste cantonné au déroulement classique des dramas à mission éducative, voire moralisatrice. Dépasse-toi, car tu deviendras la meilleure... Espérons que la série nous surprenne en allant au-delà de ce schéma trop convenu. Je raviserai ma chronique dans ce sens, mais je n'ai à ce jour fait mon stage que dans 3 épisodes. Et tout comme Madoka, je ne suis pas sortie indem de ce dernier.
Was this review helpful to you?
un prêté pour un rendu
Certains dramas vous marquent à vie par leur originalité ou leur jeu d’acteur. Pour moi, ce fut le cas de Ie Uru Onna en 2016. Depuis, j’espère toujours retrouver la folie de Kitagawa Keiko, au sens premier du terme. Car, avouons-le, c’est une vraie psychopathe dans cette série. Je n’ai pas souvenir qu’elle ait incarné un rôle aussi marquant depuis. Mais près de dix ans plus tard, l’espoir renaît avec cette histoire de mère de famille ravagée qui kidnappe et élève la fille de son Némésis, et cela, sous ses yeux. Une vengeance non plus froide, mais glaciale, qui s’étale, elle aussi, sur dix ans. Un rôle sur mesure pour celle qui possède le regard le plus noir de sa génération.Et elle va en user et en abuser dans ce thriller centré sur la filiation parentale, qui vous prendra certainement aux tripes. Épisode après épisode, votre cœur balancera entre le camp du magnat de l’agroalimentaire, celui de la famille de la victime, ou encore les personnages secondaires, certe caricaturaux, comme la journaliste, mais tellement justes dans leur interprétation.
Celui qui donne le plus de frissons, c’est Omori Nao. Non pas par des rictus ou des plans serrés sur un regard inquiétant, mais justement parce qu’il ne laisse rien transparaître. C’en est flippant de simplicité. Son jeu donne vraiment l’impression qu’il ne sait rien des affaires, le rendant d’autant plus crédible, sympathique et troublant. Tout le contraire de notre héroïne, qui, à chaque plan fixe, peaufine son regard et son sourire forcé.
On retrouve ses grimaces de Ie Uru Onna, mais dans un contexte bien plus inquiétant. Cela pourra agacer à la longue, tant elle abuse de cette attitude alors qu’elle rumine sa vengeance depuis plus de dix ans. Heureusement, elle a plus d’une corde à son arc, avec un jeu qui va de l’émotion à la conviction. On pleure avec elle, on hurle avec elle, surtout si l’on est parent.
Parent, précisément, d’une jeune fille polie, mais ado rebelle, magnifiquement jouée par la jeune Isshiki Kasumi, qui découvre les premiers émois… envers les trains, sa grande passion. On a donc une série résolument japonaise, où les trains et la bouffe industrielle hantent les relations parent-enfant, et où le kidnapping est presque aussi présent que les pères sont absents de l’éducation de leurs enfants.
Mais c’est justement en appuyant sur le mystère de ce père, pas assez souffrant selon Kitagawa Keiko, que transparaît en filigrane une réflexion sur la place due celui-ci dans l'éducation. Si le concept "Ma fille, ma bataille" semble être l’apanage d’une mère ravagée dans les premiers instants, nul doute que vous aurez également de la compassion pour Omori Nao qui est vraiment avec Isshiki Kasumi la bonne surprise de ce mystery drama rondement mené.
Une production de qualité, qui n’abuse pas trop des tics du genre (il y en a, rassurez-vous). Un excellent ending signé Back Number, qui donne envie d’apprendre la guitare sèche. Des larmes à sécher régulièrement, d’ailleurs, car si vous êtes parent, ou avez grandi dans une famille monoparentale, ce drama ne pourra que vous toucher. Il interrogera, il divisera, mais il marquera.
Was this review helpful to you?
Un air de déjà vu, ou pas ...
Qui n'a jamais rêvé de changer de vie ? Retourner dans le passé pour modifier si ce n'est qu'un seul de ses choix. L'être humains est un animal rongé par les regrets et la frustration. Moi, si je pouvais retourner dans le passé, ce serait le moment où j'ai fait le choix d'apprendre la langue japonaise. Je changerais alors ce choix pour la langue coréenne. Et j'aurais pu alors, donner mon avis sur la série originale de 2018 dont est tirée ce remake. Une fois de plus je ne ferai pas de comparaison, car bien sûr les voyages dans le temps n'existent que dans les romans. Et on peut dire que c'est un filon plus qu'exploité depuis la Machine à explorer le temps de HG Wells (1895, un sacré bon dans le temps, donc) Mais qu'y a-t-il encore à raconter en 2021 sur le sujet ?Déjà le parti pris de la comédie romantique est plutôt rafraichissant. Loin de la lourdeur de Theseus no Fune ou Erase (2 conseils de regardure). La présence (pour mon plus grand bonheur) de Hirose Alice dans le rôle secondaire apporte beaucoup à la série. Même si une fois de plus son jeu est empreint de lourdeur. Mal dirigé, peut être, ou difficile de se faire passer encore pour une lycéenne à 26 ans, les scènes de flashback peuvent faire sourire malgré le message qu'elles veulent faire passer (émotion, émotion, émotion ....). Mais les premiers instants de la série sont mémorables et Alice est à la fois flippante et touchante en jeune mère de famille désabusée et aux abois. J'en étais à me demander si ce n'était pas son meilleur rôle, jusqu'aux scènes ou elle force son sourire, donc.
Mais le vrai rôle principal est tenu par Okura Tadayoshi qui à 35 ans passé ne peut plus jouer les jeunes premiers. Le voilà donc en père de famille frustré, vivant la vie de millions de salaryman du japon et d'ailleurs (mais surtout du Japon). Metro boulo dodo c'est son lot quotidien, avec l'espoir d'être accueilli par un okaeri et un sourire de sa femme en tablier, après son passage à l'izakaya. Soucies d'argent, au boulot et nuits blanches à répétition avec gamins en bas ages, sans, selon lui, recevoir l'amour et la reconnaissance qu'il mériterait de sa femme. Il rêve de changer de vie, c’est-à-dire, de femme.
On peut s'interroger sur la morale et encore une fois les préjugés des mâles en Asie et ailleurs, face à la cellule familiale idéale. Femme soumise au foyer et homme apporte l'okané. Mais on dira que c'est pour les besoins de l'histoire. D'autant plus qu'Alice prend vraiment sa revanche et travaille (un peu) pour améliorer la condition féminine. Très ancrée dans la société japonaise cette série choquera certainement les occidentaux peu au fait de celle-ci. Mais plus vous évidemment.
Les rôles secondaires sont plutôt intéressants et réunissent la jeune garde des acteurs trentenaires japonais, avec Kawaei Rina, qu'on ne voit pas assez souvent en 1er rôle et Matsushita Kouhei qui tout comme Rina avait illuminé mon année 2020 et dieux sait qu'il le fallait pour oublié ce virus, dans .... #Remolove. Leur vie sera totalement bouleversée et nous de même par les choix de Tadayoshi.
Drama destiné comme souvent à un public féminin (cliché ?). Petit à petit c'est la vision sur les (sa) femmes du héros qui change et en même temps peut-être celui du spectateur homme. Ayant vu pour l'instant peu d'épisodes je ne sais pas encore si la série continuera dans ce sens. Mais j'espère bien qu'elle contribuera un minimum, à faire intéresser les hommes à savoir ce que pensent ..., ce que ressentent...., bref, à mieux connaitre leur épouse.
Was this review helpful to you?
Vraiment rien à se reprocher ?
Attention, en visionnant ce qui pourrait être une énième romance plan plan, comme le suggère le titre, l'affiche ou l'Opening, vous allez suivre la descente aux enfers d'un petit professeur d'université qui n'avait pourtant rien demandé. Une personne qui n'est rien, avec sa gentille petite femme et sa trop choupinette petite fille. Vous allez être choqué par la façon dont il se laisse séduire par une étudiante, trop directe pour être honnête, par la différence d'ages, par les gouts de cette jeune étudiante ou encore par le peu ou la trop grande opposition du professeur à ses avances. Vous aurez 1000 raisons différentes d'être choqué puisqu'on a "affaire" finalement à une histoire basique d'adultère, qui pourrait d'ailleurs très mal passer en ses temps de libération de la parole. On est plus du temps de Feydeau ou de Marivaux, tout de même. Et votre consternation sera renforcée par la mise en avant constante du charme de Yamashita Mizuki, Idole et Model de 22 ans dans la vie réelle et convoitée par tous les beaux gosses de la fac dans la série, avec un manque de réalisme certain vu le charisme de mollusque affiché par Hamada Gaku.Et pourtant, l'histoire qui n'a rien d'exceptionnelle et qui se déroule sur un nombre d'épisodes que l'on peut juger trop long pour une simple "affaire", devient plausible et même touchante grâce à ces acteurs, montrant une sincérité et une fragilité qui prend corps au fil du temps. Hamada est parfait et ses sueurs froides, comme ses bégaiements et hésitations sonnent vrais, au point que beaucoup s'identifieront. Il transpire la culpabilité au sens propre comme au figuré, mais a aussi des principes et est constamment tiraillé dans sa conscience, et cela, pour nos plus grands éclats de rire.
Mizuki chan est très mystérieuse et dégage une aura impressionnante pour son âge tout en faisant des appels du regard pleins de fragilité auxquels aucun étudiant de son âge ne pourrait résister. Konishi Manami en femme au foyer idéal (toujours ses vieux clichés), nous fait flipper à souhait et mourir de rire en même temps quand elle dévisage son mari dégoulinant de culpabilité. Et que dire de Takarabe Kahomi la petite fille du couple tellement mimi et talentueuse du haut de ses 8 ans. Tous les personnages secondaires sont intéressants (comprendre barrés) et vous feront rire à un moment ou un autre.
Une Romance douce amère, touchante et drôle, jouant avec les sentiments des personnages, du spectateur, mais qui fait finalement s'interroger sur le bonheur, la vie de couple et la fidélité, évidement. Et cela, même pour une personne qui n'est rien, comme nous. Attention tout de même en regardant cette série en couple. Si vous constatez que votre compagne vous dévisage de près au lieu de fixé l'écran, c'est qu'elle se doute de quelque chose. Restez alors impassible. N'avalez pas votre salive et surtout aucune goute de sueur ne doit couler de votre front. Elle cherche à savoir si vous avez quelque chose à vous reprocher... Ou alors vous avez juste un gros point noir sur la joue.
Was this review helpful to you?
Parallel Fufu: Shinda “Boku to Tsuma” no Shinjitsu
0 people found this review helpful
3 min de chaque côté
Les mondes parallèles ont la cote depuis des années, particulièrement dans l’univers du manga — et ce, malheureusement, jusqu’à l’overdose. Le drama japonais avait été plutôt épargné, à l’exception de quelques adaptations comme Isekai Izakaya, qui copient souvent, trait pour trait, les anime sans trop faire mal à notre cerveau. La raison ? Des budgets pour les décors ou les effets spéciaux généralement bien au-delà de ce que peut se permettre une chaîne de télévision.Mais ce que l’on prend d’abord pour une sitcom classique, reposant sur trois lieux (l’appartement, le bureau — le même pour le couple marié — et un bar), permet ici de sérieuses économies au genre. Reste à savoir : l’argent économisé est-il réinvesti dans le casting et les dialogues, les éléments les plus importants dans une comédie ?
La façon de jouer du gouté.
Rassurez-vous tout de suite : on est clairement au niveau des dramas de l’après-midi ou de ce que proposent les plateformes gratuites comme TVer. Les acteurs sont fades, ou font en sorte de l’être. Saito Nagisa joue un rôle secondaire, auréolée pourtant de son quasi-premier rôle dans Oshi no Ko. Mais comme dans cette excellente adaptation, elle semble, ici aussi, passer à côté de son personnage, cherchant constamment à s’effacer.
Un autre habitué des rôles de sidekick timide (donc, fade ?), c’est le bellâtre Nomura Kota. Bien qu’il cherche fréquemment à incarner des personnages mystérieux, il force encore ici le côté lunaire, et donc... agaçant. Mais la palme revient à notre couple de défunts : même si Ihara Rikka reprend, comme souvent dans ce genre de drama, le rôle de l’adulte responsable et mature face à un mari bourré de doutes et de complexes, tous deux incarnent des caricatures du jeune couple urbain.
Si la vie à deux est magnifiée dans les premières minutes, elle devient vite irritante, bien avant la séparation brutale des tourtereaux. La faute en revient au jeu exécrable d’Inoo Kei, qui, s’il cherchait à faire oublier ses rôles plus matures (comme dans l’excellent Junkyouju Takatsuki Akira no Suisatsu), y parvient… hélas. Il aligne ici tous les tics des pires personnages de sitcoms d’après-midi.
Pour préserver ma santé mentale, je vais vite m’atteler à rattraper la série des Kaseifu no Mitazono. Elle m’intrigue de plus en plus, même si le nombre de saisons me fait un peu peur — surtout s'il faut attendre son apparition.
Et du néant nait le merveilleux...
Une fois les bases posées, il faut bien l’admettre : le pitch est plutôt intéressant. La possibilité pour le couple de se parler seulement trois minutes par jour, après une disparition brutale, donne lieu à quelques bonnes idées humoristiques et à des quiproquos prometteurs. La question est : tiendra-t-on sur la durée ?
Le switch constant entre les deux mondes, destiné à créer un effet de miroir, devient vite répétitif, notamment dans les premiers épisodes, centrés sur les doutes d’Inoo Kei quand il imagine la vie débridée de sa femme. Mais n’oublions pas que nos protagonistes sont morts dans des circonstances étranges, ce qui ouvre la porte à une résolution de mystère et à une ambiance qui, peu à peu, transforme l’histoire en un mystery drama plutôt bien mené.
Avec une ambiance oscillant entre la mauvaise sitcom et le thriller SF presque — oui, presque — adulte, Parallel Fuufu est la bonne surprise des séries courtes de ce printemps. Reste à espérer qu’elle tienne ses promesses jusqu’à la fin du minuteur. Sinon l'arrêt risque d'être brutal.
Was this review helpful to you?
10% de malheur, 90% de bonne humeur
Outré par la violence de ce drama, j’hésite à le recommander malgré la présence de Kawaei Rina dans le rôle principal. Elle qui peut être si douce et si touchée par les problèmes de chacun quand elle joue l'aide-soignante... Mais comment une agente qui porte un si joli nom au civil, peut-elle être aussi rude avec ses acteurs ? Car vous allez en voir de sa part, des croche-pattes et autres coups de coude dans ce nouveau drama qui explore les méandres du rôle d'agent de stars en devenir.En réalité, c’est une violence jouissive que notre actrice fétiche distille dans ce drama feel good. Et c’est d'ailleurs elle qui vous procurera le plus de sourires, pour ne pas dire de rires, par ses réactions, on ne peut plus excellemment jouées, prouvent une fois de plus qu’elle fait partie des grandes actrices de notre époque, et de surcroît dans un registre tout aussi comique qu’émotionnel. Appuyé par un Chiba Yudai au meilleur de son sourire forcé malgré la quarantaine qui approche, on assiste ici à une chouette comédie, pas dénuée de messages sur le monde du showbiz moderne, les masse médias et la rédemption nécessaire à voir et soutenir les autres dans leur réussite, quand soi-même, on a tout loupé.
La réalisation est légère et enjouée alors que le propos peut être parfois rude. Une bande de seconds couteaux, déjà dans leur statut d'acteurs réels, joue de leur propre histoire pour dépeindre une galerie de ratés, mais tellement sympathiques.
Sans en dévoiler plus, la présence de Yasuda Ken et, même si elle est moins nécessaire, de Kichise Michiko en maîtresse d'orchestre de tout ce chantier d'une boîte d'agents au bord de la faillite donne ce côté mystérieux sans user d'artifices de production comme des appuis lourds de caméra et des regards noirs de personnages qui inspiraient la sympathie jusque-là. Les tics classiques des mystery-dramas sont évités en majorité, mais pas complètement absents. On adorera donc suivre la découverte des secrets de chacun, révélés comme il se doit à chaque épisode… ou pas, histoire de maintenir un suspense qui fonctionne.
Bien produit, on ne sera pas lassé sur la longueur, surtout que le duo Kawaei Rina / Yasuda Ken fonctionne à merveille. On ne cherchera évidemment pas à savoir qui manipule l'autre en prenant plaisir à imaginer que ce sont les femmes qui auront le dernier mot. Le monde du showbiz est tellement pollué par le machisme (et encore, je reste poli), que le patriarcat soit malmené dans cette série, nous rend tellement joyeux, comme un titre d'IVE.
Rien à jeter donc dans ce drama, parfait sur telement de choses, à se demander s'il ne surpasse pas Oshi no Ko (le manga, pas le live action. Là, la question ne se pose pas) dans la peinture du monde du spectacle en 2025. Avec une vraie ex-Idole en agente, capable de jouer Chihiro au théâtre Londonien à encore 30 ans, et de vieux briscards comme Yasuda Ken, la question ne se pose même pas. Alors, foncez, le "10 %" japonais vous attend et il est bien meilleur que le petit franchouillard.
Was this review helpful to you?
Pet Shop Boys
Alors là, les choses commencent vraiment à se compliquer. Si les K-dramas envahissent mes chroniques, je vais complètement perdre en crédibilité. Déjà qu’avec Married My Husband Japan, je me sentais comme Emmanuel Macron à la Japan Expo, faisant semblant de m'y connaître en Kamehame, alors qu'ado, il lisait du Mallarmé. Hatsukoi Dogs est la deuxième coproduction nippo-coréenne que je chronique en une semaine. Et comme pour la première, issue de la même maison de production Studio Dragon, je me sens comme un escroc de vouloir la chroniquer, tant elle transpire les codes de la comédie romantique coréenne. Des milliers de spécialistes écrivent des commentaires chaque jour sur MyDramalist.com, et moi, je voudrais donner des leçons… Encore un point commun avec notre président.Ironie de ma trop longue intro : Na In Woo, fameux acteur coréen, fait partie de ce triangle amoureux alors qu’il était déjà l’héritier dans la version originale de Married My Husband. Je vais donc, une nouvelle fois, faire mon François Bayrou essayant de ne vexer aucune formation politique, qu’elle soit coréenne ou japonaise, surtout que vous savez bien de quel côté de la mer penche mon cœur.
C’est donc reparti pour un K-drama romantique, triangle amoureux des plus classiques, porté par trois poids lourds de la bogossitude :
Je ne m’étalerai pas sur Na In Woo, même si, d’après mes sources, beaucoup le souhaiteraient, pour faire une inclinaison, en tout bien tout honneur, sur Narita Ryo et Kiyohara Kaya, qui semblent bien partis pour une carrière au-delà de l'Asie.
Et avec tous les tics (c’est là que je vais commencer à me faire incendier par les fans) des K-dramas, tout est fait pour les propulser. Ça brille, c’est coloré, c’est bien filmé, avec des mouvements de caméra dignes des meilleurs clips. Les levers et couchers de soleil synthétiques subliment les peaux, le maquillage et les moues boudeuses. Même les toutous ont droit à leur traveling make-up (désolé, je ne connais pas le terme exact), rendant les regards entre eux des plus... glamour.
C’est beau, parfois dérangeant, mais je suppose tourné avec une pointe d’humour pour se moquer des clichés du genre.
Je l’espère, du moins, car à l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais pas encore si je regarderai les 10 épisodes. Moi qui avais apprécié Kiyohara Kaya dans Invert: Jozuka Hisui Toujoshu, où elle endossait plusieurs rôles avec une certaine maîtrise, elle me donne ici l’impression de subir son rôle d’avocate, qui croit peu en l’amour, et qui fond pourtant pour le beau Narita Ryo dès le premier épisode. Ces premiers moments sonnent tellement faux, avec son allure transpirant de sex-appeal, mais refusant tout contact avec la gent masculine, responsable de tous les maux de la Terre selon elle. C’est la loi du genre, d’accord, et même si la loi, c’est son domaine, on aurait voulu un peu plus de réalisme sentimental.
Pas de réalisme, mais du glam, donc. Yokohama se transforme en Palm Springs, avec un soleil éclatant, des urbains en Prada promenant leurs tout petits wan-chan (ça, c’est vrai par contre, question de place) jusqu’au véto de luxe, équipé en bloc opératoire et assistant·es trop sexy en blouse multicolore. Je me souviens alors avec émotion de la pauvre clinique de Kiken na Venus, pour nous, gens simples.
Mais n’ayez crainte : si Kiyohara Kaya risque fort de vous irriter (tout comme le riche héritier Na In Woo — pardon pour les fans), Narita Ryo rattrape tout. Un jeu dans la retenue et un caractère, on ne peut plus sympathique, pour ne pas dire séduisant. C’est vraiment le point fort de la série, car je le sais bien : c’est avant tout pour ses mignons petits animaux que vous êtes venus frapper à la porte de Hatsukoi Dogs.
Vous vouliez voir des petto trop kawaii ? Mais là aussi, sans être un spécialiste, on est clairement dans l’outrance pour pouvoir réellement s’attacher aux bêtes. Retouches Photoshop (ou IA plutôt, cette expression n’étant plus à la mode depuis 2023) à foison, on a parfois l’impression d’être dans un remake live-action d’un vieux Disney. Visuellement, c’est dérangeant, mais encore une fois, sans être expert en K-dramas, c’est peut-être moi qui surréagis.
Le scénario n’étant pas encore assez développé après deux épisodes (il y en aura dix, ça me laisse sans aboiement), il est impossible de le juger, au-delà de sa classitude absolue pour une comédie romantique. J’attends probablement l’introduction d’un troisième chien, qui viendrait troubler la romance naissante. Mais évidemment, on apprendrait dans l’épisode suivant que cette chienne est la sœur du mâle, et non pas sa petite amie. Hun hun, que de rebondissements.
La fin du second épisode laisse présager des rebondissements canins des plus mystérieux. De quoi tenir jusqu’au dernier sans se lasser de ce énième « fuis-moi, je te suis ; suis-moi, je te fuis ». Et puis une promenade dans Yokohama, ça ne se refuse pas, surtout avec de tels maitres.
Was this review helpful to you?
L'important ce n'est pas la destination, mais le voyage
Un bon tantei drama n’est pas si facile à produire. Les centaines de clones de Miss Marple, surtout au Japon, se ressemblent tellement qu’il devient difficile, au milieu de tous ces suspects, de trouver le coupable idéal. Haru relève donc le défi de renouveler le genre : " je suis passionné de mystères et j'aide des enquêteurs incompétents dans leur tâche." Mais sommes-nous prêts à la suivre pendant un voyage de 10 épisodes ?Elle embarque, simple serveuse qu’elle est, Aso Kumiko, mère au foyer dévouée à sa famille, en plein questionnement sur sa vie après la découverte de la tromperie de son mari. Haru la pousse alors à recontacter son premier amour en l’emmenant en road trip à Osaka.
Le spectateur devient donc le partenaire d’Haru, endossant malgré lui le rôle d’un docteur Watson inutile à travers les yeux de cette femme trahie.
Si retrouver l’hatsukoi d’Aso Kumiko constitue le fil conducteur du drama, chaque épisode reste d’un classicisme profondément ennuyeux pour un mystery drama. Même si l’Histoire d’Osaka, passion d’Haru dans la série, peut séduire, le tout est combiné à une visite de la ville très bien filmée, avec des faits historiques présentés sous forme animée ou reconstituée numériquement, embellis par des costumes et maquillages d’époque. On obtient alors une carte postale parfaite qui donne envie de visiter la ville et de ce plonger dans la littérature d'époque.
Pour le reste, on est dans le classicisme absolu. Haru est une Miss Marple imprégnée de Keigo. Aso Kumiko joue aussi bien la mère au foyer japonaise que Haru la Mary Poppins (encore) transgenre. Il y a bien une complicité entre les deux femmes, qui apporte un certain intérêt à la série, mais cela paraît assez suranné. D’autant que le manque de réalisme dans les crimes et les enquêtes, renforcé, comme toujours, par des policiers incompétents, n’aide pas à entrer dans cette histoire d’amitié entre femmes.
Dommage. Trop grand public, la série manque d’âme, même si la romance naissante entre les deux protagoniste peut avoir un certain intérêt. Mais elle reste parfaite pour découvrir l’histoire, les légendes et l’architecture liés à Osaka. Moi, j’ai déjà pris mon billet, en tout cas.
Was this review helpful to you?
