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  • Last Online: 3 hours ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 1 LV1
  • Roles:
  • Join Date: August 15, 2020
Ongoing 7/11
Usotoki Rhetoric
2 people found this review helpful
Jan 5, 2025
7 of 11 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.5
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 9.0
Rewatch Value 8.5

Demon Liar

Mentir, c'est tout un art. D'autant plus pour un homme pour lequel une femme peut lire comme dans un livre ouvert. Moi, par exemple, cela fait bientôt 200 chroniques de dramas japonais dans lesquelles je travestis la réalité. Série "exceptionnelle" par sa réalisation ou le jeu d'acteur ? Ma grandiloquence doit en énerver plus d'un (si, si, inutile de mentir !). Surtout après s'être laissé séduire par mes mensonges rédactionnels et avoir été déçu par la piètre qualité du drama.

Mais comme tout passionné, je n'ai pas conscience de mon mensonge. L'héroïne de Usotoki Rhetoric ne pourra donc pas me démasquer. Mais moi, je ne suis pas dupe. J'ai bien compris que ce énième Tantei Drama essaye pour la 100ᵉ fois de faire du neuf avec du vieux. Mais comme on dit, c'est dans les vieux nabe qu'on fait les meilleurs oden...

Meiji Patron
L'ère Meiji et les Années folles sont souvent utilisées comme cadre dans les Mystery Drama et autres histoires de détective. Il faut dire que c'est aussi la grande période de la littérature de gare. Le Japon se modernise, s'industrialise, tout en gardant cette touche de l'ère Edo, avec les rues des grandes villes ressemblant davantage à des villages et ses costumes mélangeant borsalino et kimono.

C'est donc visuellement que Usotoki séduit. Les couleurs et les décors sont chatoyants. La reconstitution de ces quartiers flatte la rétine, et clairement, une nouvelle page s'ajoute à l'arsenal du Cool Japan pour attirer les touristes américains. Tout comme Demon Slayer, le meilleur de l'ère Meiji est montré ici. Et clairement, on comprend la fascination de notre héroïne à venir travailler en ville pour ce détective bidon, elle qui n'a connu que les affres de la campagne.

La malédiction de la répétition
Une fois séduit par le cadre, on sera bien plus critique sur les personnages et l'intrigue. Comme souvent avec les Tantei Drama, on use et abuse d'un pouvoir ou d'une malédiction, attribué au détective ou à son partenaire. Le pouvoir de détecter les mensonges, pourtant central, ne vous fera donc pas sauter au plafond.

Perçu comme une malédiction par Matsumoto Honoka, son personnage manque clairement de personnalité. Il aurait fallu davantage de folie ou de dynamisme, mais l'auteur a choisi un personnage complexé et renfermé. Trop proche de son rôle de Suzu dans l'excellent Dans un recoin de ce monde, je ne conseille cette série que si l'on est fan de l'actrice. L'étant, je passerai donc sur sa discrétion pour me pencher sur le manque d'éclat également du côté de Suzuka Oji et Mikata Ryosuke. Au moins l'un des deux aurait pu être flamboyant, mais la retenue est de mise pour les deux, ce qui donne un rythme bien trop lent à l'ensemble de la série et des dialogues.

L'humour est présent, mais à dose homéopathique. Très léger, car la série se veut vraiment familiale. Vous ne trouverez donc pas réellement d'originalité ni de raison de regarder tous les épisodes, hormis l'esthétique Meiji. L'émotion n'est présente qu'à très peu de moments par ailleurs et ça, ça peut être rédhibitoire.

Bof, mais...
Je conseille particulièrement les deux épisodes sur les poupées. Marqués par une esthétique très soignée et des moments forts sur le plan scénaristique. L'ending de Eiru est de plus un moment de grâce dans la série, qui n'en a pas tant que ça. Une écriture certainement trop respectueuse du rythme du manga, voire proche de la littérature du début du 20ᵉ siècle, gâche ce qui aurait pu être une œuvre steampunk flamboyante. Clairement, le Sherlock Holmes de Miyazaki est plus moderne et passionnant, sans parler d'un Demon Slayer, arc du train de l'infinie ou des quartiers du plaisir.

Trop plan-plan, donc je déconseille ce drama aux moins de 40 ans. Et pourtant, je l'ai regardé avec passion... à moins que je ne mente sur mon âge.

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Ongoing 6/9
Destiny
3 people found this review helpful
May 19, 2024
6 of 9 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.5
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.5
Rewatch Value 7.5

C'est ton destin, Manu !

Ishihara Satomi s'est faite rare sur les écrans ces derniers temps, puisqu'elle n'y est plus apparue depuis 2021. C'est dire si on attendait son retour avec impatience. D'autant plus, que sa destinée est liée aux productions japonaises prévues à l'export, et cela, depuis son apparition remarquée dans le succès international qu'a été Shin Gozilla en 2016. En voilà donc une série qui réunit tous les ingrédients qui en feront un nouveau succès pour la plateforme Netflix. Un amour hatsukoi et impossible, contre l'avis de la famille et des amis, façon Roméo et Juliette, 10 ans après. Un trauma insurmontable, de la vengeance. Bref, on n'échappe pas à sa destinée, de revoir se dérouler inlassablement les mêmes scénarios devant ses yeux. C'est le fardeau des fans de dramas, mais bon sang que c'est bon.

Un dimanche à la campagne
Oie blanche, incarnation de la pureté, Satomi-san vous énervera dans les premiers épisodes, mais révèlera tout son potentiel de jeu vers la mi-série. C'est d'ailleurs après l'épisode 5 qu'elle trouve vraiment un intérêt scénaristique, même si on pouvait se douter du déroulement des évènements, c'est bien comme cela que l'on espérait que les choses allaient évoluer pour nous surprendre. Et c'est en ça que les dramas sont passionnants. En se limitant aux premiers épisodes, on ne voyait rien d'autre qu'une romance "10 après" déjà tellement vu et revu, surtout si on ne regarde que Netflix. De plus, sur cette plateforme, toute référence à la culture japonaise est souvent réduite au minimum ou exagérément cliché par son caractère international.

Des acteurs au top
Que ce soient Ando Masanobu, Yamoto Yuma ou Nakamura Toru qui sont abonnés toujours aux mêmes types de rôles, c'est-à-dire le gendre idéal trompé, le support du héros gaffeur ou le mec en costume impec, ils réalisent tous les trois des prestations tout en retenu. Et clairement, cela peut aider à enlever cette étiquette, injustifiée, qui colle aux dramas japonais. Celle du surjeu. Malheureusement, je n'en dirai pas autant de Ishihara san. Pour sa période universitaire, elle minaude à chaque scène et nous rappelle ses premiers dramas. Heureusement, c'est dans sa phase procureure qu'on la préfère et arrive à nous faire transmettre clairement ses émotions, ses doutes et sa peur. Mais c'est Miyazawa Emma qui me bluffe vraiment dans ce drama, car elle a un naturel dans son jeu qui donne vraiment cette touche de réalisme à l'histoire. Kamenashi Kazuya est un cas à part Car avec un très bon jeu, on arrive à la fois à le détester et à avoir de la compassion pour lui. Peu de dialogue, mais alors une présence à l'écran qui impressionne. Là aussi pas dans sa période université qu'il est le moins convaincant, car cela sonne encore assez faux.

En conclusion, accompagné d'une musique épique, d'une production léchée et de rebondissement sans temps mort, c'est certainement une de mes productions Netflix préféré, malgré le classicisme des propos. Présentée comme une romance sur la plateforme française, on est plus dans Roméo et Juliette que dans Premier Baisé. Soyez prévenu, il n'y aura pas de dépôt de plainte possible.

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Ongoing 6/11
Marriage is Difficult for a Ninja
4 people found this review helpful
Feb 5, 2023
6 of 11 episodes seen
Ongoing 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 8.0
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Mariage mal arrangé, Nin Nin !

Le mariage, dernière aventure moderne. Ce poncif des séries TV n'en finit plus d'être exploité avec la variante du divorce et du remariage depuis quelques décennies. Rappelant sans cesse à qu'elle point partager la vie d'autrui est une gageure dans un monde hyper individualiste. Mais partager sa vie avec un Ninja, du clan adverse de surcroit, et tout ça sans le savoir relève du scénario d'anime. Vous l'avez compris, Spy x Family n'est pas loin dans cette comédie qui ne révolutionnera pas le genre, mais qui vous informera sur le fonctionnement des clans ancestraux de Shinobi et sur la vie des couples trentenaires actuels.

L'histoire prend le parti inverse de Spy x Family. Le couple s'est marié récemment et bat de l'aile du fait de la monotonie de la vie. Lui ne range pas ses chaussettes et ne descend pas le couvercle des toilettes et elle a perdu toute féminité et soutient à son mari (indispensable au Japon). Du grand classique des sitcoms maritales, avec ses cachoteries qui pour la série consistent à l'appartenance de chacun à un clan de Ninjas. Les Ninjas reviennent régulièrement à la mode en orient et en occident (Aaaah, les années 80) et sont ici représentés à toutes les sauces. Bar à Ninjas, influenceuse Ninja, etc. Tout ce contexte donne des situations sympathiques, parfois drôles, mais rarement à se péter de rire. Une sitcom familiale en sorte, portée par de bons acteurs, maniant la grimace, la moue ou l'hébètement à loisir, mais restant quand même assez lisses.

J'aurais aimé plus de folie, notamment de la part de Suzuki Nobuyuki, qui dans Boku no Satsui ga Koi wo Shita faisait un Death Prince d'anthologie. Mais la folie vient surtout des personnages secondaires. Souvent Ninja ou Ninja fan, leur passion rentre en décalage avec des évènements banals nous arrachant un petit sourire. Quelques runnings gags comme l'apparition de guests livrant des messages pourra faire plaisir au début, mais Spy x Family a déjà tout montré, alors tout cela devient vite plat. Et même de temps en temps moralisateur du fait du féminisme affirmé de Nanao, et des images balourdes que véhicule les hommes dans cette série. Les clichés sont légion, mais ont du mal à faire rire.

Reste donc les messages à caractère informatif délivré. Non pas l'historique des Shinobi, mais comment réussir sa vie de couple. Célibataire, indépendante, fidèle à la famille, moderne, ancien, tout type de couples sont passés en revu. Quelques messages du genre : il faut faire chacun des efforts, on apprend à aimer sur la durée, énerveront.... ou ferons du bien dans une société hyper consumériste et individualiste. Chacun se fera ainsi sa propre opinion sur une comédie sans prétention, mais qui rappel les fondamentaux. Et puis y a des Ninjas, donc c'est forcément bien.

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Ongoing 4/8
Lion no Oyatsu
3 people found this review helpful
Jul 18, 2021
4 of 8 episodes seen
Ongoing 0
Overall 9.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 8.5

La régression pour rémission

Qui ne se souvient pas de ces goûters pris après la fin de la classe. Ces moments de partage avec une membre de sa famille, avant de retourner aux devoirs. C'est sans doutes ses souvenirs qui ont inspiré cette série à la sensibilité exacerbée.

Autant prévenir tout de suite, si vous décider de vous plonger dans cette histoire, vous devez être sacrément préparé. Le thème principal, comme celui des 8 épisodes est notre rapport à la mort. Et quelque soit votre âge, votre sensibilité ou votre vécu, vous ne sortirez pas indemne de ses goûtés qui font remonter les souvenirs des patients en convalescence, qui vous le comprendrez très vite sera leur dernière demeure. Les pensionnaires dont les maladies ou la fin de vie vous toucheront à un point au delà des frontières et des cultures avec un jeu sincère et remarquable. L'idée de cette Madelaine de Proust, qu'est un gouté pris chaque épisode et choisi par l'un des pensionnaires, semble excellente pour faire remonter les souvenirs, même si elle sonne souvent comme la dernière cigarette du condamné.

Prévoyez donc un camion de mouchoir en papier, car chaque épisode vous arrachera des larmes et pas seulement Tsuchimura Kaho et Ryusei Ryo, les acteurs principaux peu habitués des premiers rôles, mais qui forment un joli couple à l'avenir ensemble impossible. Madonna, la responsable de l'EPAHD, vous fera d'abord rire et vous vous demanderez rapidement si vous n'êtes pas tombé dans une convention de cosplay. Mais ça ne durera que quelques secondes et cette fantaisie sera bienvenue pour les patients et pour le spectateur. Tous comme cette gentillesse que l'on trouvera fausse et exagérée le temps d'un battement d'ailes de papillon cette fois, tant l'atmosphère lourde et la disparition subite des personnages nécessitent cette légèreté et cette bienveillance de chaque instant. On comprend à quel point cela doit être difficile de travailler dans ses lieux.

Les décors et la mise en scène sont somptueux, pour ce genre de mélodrame. La NHK sait mettre les moyens, quand il s'agit de toucher au cœur des gens et des générations. La mort et la vieillesse sont des thèmes centraux au Japon et vont le devenir en occident comme un retour de bâton après des décennies de jeunisme. Et c'est déjà le cas depuis le début de la pandémie de COVID. En abordant avec le soin d'une belle production, la chaîne publique montre une nouvelle fois à quel point elle œuvre pour le bien de la nation japonaise en particulier, mais surtout pour l'humain en général.

Certains y verront des clichés avec cette retraite sur une île verdoyante et ses décors d'îlots au loin, ses fermiers retournés à la terre, après une vie urbaine ou cette trop grande bienveillance même pour l'héroïne qui ne veut pas déranger ça famille avec sa maladie et du coup qui sonne faux pour nous occidentaux. Mais ce drama nous met fasse à nos angoisses sur la mort, la veillasse et la maladie et devrait pour les jeunes et moins jeunes générations mettre définitivement un point final aux interrogations sur le bien-fondé des mesures prises pour protéger les personnes fragiles durant la COVID.

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Ongoing 6/10
Riding a Unicorn
2 people found this review helpful
Aug 23, 2022
6 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 7.5
Rewatch Value 8.0

Mon petit poney VS Vieux canasson

Quand on se prend à rêver à des duos de stars dans un drama, on ne pense pas tout de suite à Nagano Mei et Nishijima Hidetoshi. 31 ans séparent ces excellents acteurs, et à part une apparition de Nishijama San en papa de Mei Chan, dans un drama dans lequel elle serait le personnage principal, on a du mal à imaginer d'autres situations. Enfin, vous peut-être, mais un scénariste japonais fait fit des conventions et de la bienséance. Dans le bien nommé Unicorn ni notte, les conventions sociales vont voler en éclats, pour notre plus grand bonheur.

Ne vous trompez pas, c'est bien Nagano Mei, l'héroine de cette comédie romantique au pays des Startups. Mais si, bien entendu, personne ne peut lui voler la vedette, elle laisse quand même de la place aux autres protagonistes pour développer leurs propres histoires. On retrouve ici le schéma classique des comédies romantiques à la japonaise. Une, encore très jeune, présidente d'une de ses fameuses ultra-cool Licornes du Net, met toute sa vie dans son travail et son entreprise. Pas le temps de penser à l'amour et à toute autre activité d'ailleurs, alors qu'elle se bat pour faire vivoter ça microentreprise. Elle est pourtant entourée de beaux garçons, dont l'un deux est follement amoureux d'elle et évidement elle ne semble pas en avoir conscience. La réalité est en fait plus compliquée que cette situation de Shōjos, mais on l'apprendra plus tard. Car malgré ses aspects de comédie plan plan, l'histoire est plutôt bien écrite et les révélations bien amenées. La situation se compliquera encore plus, avec l'arrivée inattendue dans sa vie de Nishijima Hidetoshi, 51 ans au compteur et embauché presque par accident par cette équipe de quasi-ados.

Les sentiments qui vont se développer entre nos héros resteront donc à l'appréciation de la morale du moment. Selon le degré d'acceptation de la Société dans laquelle vous avez grandi, vous serez soit choqué, soit enchanté par ses histoires d'amours, intergénérationnelle, platonique…, ou pas. En tout cas, les triangles amoureux vont s'enchainer et certainement vous faire naitre en vous l'espoir de fins heureuses à ses nombreuses Love Story et cela tout le long des 10 épisodes. Moi, quoi qu'il en soit, j'ai pris beaucoup de plaisir à imaginer qui finira ensemble. Mais l'intérêt essentiel, trouvédans ce drama, n'a pas été dans ce romantisme exacerbé (blasé surement). Non, c'est dans la manière dont a été compté l'histoire et le fond de celle-ci. L'histoire de ses Licornes du Net. Des rêves et des espoirs de la jeunesse d'aujourd'hui, nourri aux réseaux sociaux, aux rencontres virtuelles qui respirent la peur de l'engagement, mais aussi à la réussite facile. Ses aspirations et ses certitudes qui rentrent en collision avec l'ancien monde représenté par Nishijima San. Ce fossé entre les générations, mais également les classes sociales, qui par l'énergie que nos deux héros mettent à essayer de le combler, redonne foi en une humanité qui semble justement petit à petit la perdre. Le métavers et ses questionnements sont abordés. Les liens entre les personnes sont au cœur des réflexions. Mais quels liens ? Contre toutes attentes, c'est Le vieux ringard de l'histoire qui vient mettre de l'humain dans ses entreprises qui devraient pourtant respirer le friendship. Symbolisé par ses espaces remplis de poufs roses flashy, censés rendre tellement cool le travail dans ses startups, dans lesquelles tout le monde communique à travers des appareils. Ojisan amène de l'analogique à une génération en manque de tactile. Et c'est bien lui qui est prêt à apprendre des jeunes. Leur façon de travailler, entre autre, mais pas que… C'est lui, le plus ouvert à la nouveauté, dépeignant ainsi une jeunesse renfermée sur elle-même, égoïste et rempli de préjugés.

Me rapprochant dangereusement de l'age de Nishima san, je suis un peu partisant. Mais tout comme lui dans la série, je suis fan de Nagano Mei, qui insuffle toujours de la joie de vivre dans ses rôles, malgré les défaites et l'adversité. Mais en réalité, la série entière est un "feel good drama". Loin d'être mièvre comme beaucoup, il donne la pêche à qui a le moindre parcelle de petit cœur en soi. Ce ne sont pas que les sourires de Mei-chan ou de Nishijima-san, qui sont parmi les plus beaux du showbiz, mais ce sont vraiment leurs positives attitudes qui mettent en joie. Surtout en contre balance de tous ses influenceurs, programmeurs pétants et méprisants que l'on peut croiser. Même la musique respire la joie de vivre.

Cette comédie ne cherche pas forcément à vous faire mourir de rire par des situations improbables, mais bien à vous faire sourire et vous rendre un poil plus heureux qu'avant. Certes, Bando Ryota qui refait un drama avec Nishijama Hidetoshi vous fera sans doute marrer avec ses airs assumés d'hikikomori flippant (encore), mais cette série est réellement plus touchante que marrante. Elle vous apprendra le fonctionnement du monde du travail japonais, pour ceux qui ne le connaissent pas encore. Bien mis à jour pour la Startup Nation et les épisodes finiront, comme il se doit, par un Ending feel good de Dish// (#qui d'autre ?). Alors, il est temps de lever des fonds et d'investir dans cette licorne.

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Ongoing 7/10
Guilty Flag
2 people found this review helpful
Jan 2, 2022
7 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 8.0
Music 8.5
Rewatch Value 9.0

Un air de déjà vu et alors !

Un acteur de talent et très populaire en rôle principal, au centre d'une affiche parsemée de photos de dizaines d'autres protagonistes désignant du doigt celui-ci. Le cadre est posé, tout accuse cet homme, Nishijima Hidetoshi connu en France pour le film Drive my car, mais surtout très apprécié pour ses rôles dans de nombreux dramas, souvent remplis de mystère. Shinhannin Flag ne déroge pas à la règle. Un cadre familial transpirant le bonheur "surjoué" dans les premières minutes, pour mieux le salir par des révélations ou des scènes toutes plus glauques les unes des autres. C'est la règle du genre et c'est dommage que la mise en scène et le jeu des acteurs soit si brouillon dans ce premier épisode. Mais aux vues du nombre de protagonistes et du format 45 min, les dialogues comme le cadrage nécessitent d'être directs, dynamiques et donc trop riche en informations difficiles à emmagasiner pour notre petit cerveau. J'aurais préféré un rythme plus lent à la Anata no Ban Desu.

Ce n'est évidement pas un hasard si je cite AnaBan, ce bijou du Mystery Drama dès mon introduction. On retrouve ici l'équipe formée par Komuro Naoko et Sakuma Noriyoshi à la réalisation et Takano Minato au scénario, déjà tous à l'œuvre sur ce drama commençant aussi de manière très nunuche, respirant le bonheur de sitcoms et terminant par des séquences, on ne peut plus choquantes. Je vous conseille évidemment de visionner les 24 épisodes de ce drama choral, pour les acteurs et le scénario à multiples tiroirs, avant de vous plonger dans cette nouvelle histoire de secrets et de coupable idéal qu'est Shinhannin Flag. Le propos principal étant ici, la surmédiatisation de la disparition de cette petite famille idéale, à travers les réseaux sociaux, les médias de masse et bien sûr toutes les rumeurs de voisinages qui vont détruire la réputation d'un homme.

C'est bien la double peine, de la perte de tout ce qui fait la vie et accessoirement le bonheur d'une personne et la mise au pilori par la vindicte publique qui au centre de la série. Toujours amplifié au japon par la culture du "pas de vague" et du présumé coupable. L'affiche résume à elle seule le malaise que fait naitre dès le premier épisode le comportement et les jugements de la majorité des concitoyens. Ce M. tout le monde, livré à la haine de la publique par ses YouTubers ou journalistes en quête de notoriété ou de sensationnalisme. Nous avons ici, une fois de plus, une série à montrer à tous les adorateurs du Japon 'entre tradition et modernité', où l'éducation est si policée et parfaite que l'on oublie la partie sombre de cette société de l'uniformité. Une série choque, certes moins mainstream que AnaBan avec sa surenchère d'acteurs bankables, tant au niveau de l'ancienne garde que des jeunes pousses, mais qui permet d'en découvrir d'autres.

Les acteurs, Nishijima Hidetoshi mise à par, ne payent effectivement pas de mine. Même Yoshine Kyoko, me parait un poil irritante alors qu'elle était très bien dans Two Weeks. Ici elle en fait vraiment trop dans l'aide et l'empathie. Évidement un tel attachement a son patron la rend éminemment suspecte. Mais comme c'est le cas de tous les protagonistes qui transpirent, soit la jalousie, soit la culpabilité, leurs jeux peut franchement dérouter. Ceci dit Sano Hayato et Hara Nanoka, les jeunes premiers sont clairement trop mignons et promettent pour la suite de leurs carrières. Mais si vous aimez les vraies gueules, plutôt que les gueules d'anges, vous serez servi également, car bien enlaidis, certains acteurs valent le détour. On aimera par ailleurs les caméos, que je vous laisse découvrir, vers AnaBan, évidement. Rappelant qu'on est entre "Vrais... qui savent".

Des points d'irritations peuvent être encore nombreux pour les non-initiés. Mise en scène théâtrale cheap, avec les mêmes ressors que AnaBan (Adapté au théâtre, justement, ... il n'y a pas de hasard) Avec des plans de caméra en zoom saccadé sur des détails qui se veulent choquant, mais que je trouve contre productif. Ses petites scènes de moment de bonheur, ou de détente presque indécentes et même délibérément drôles (si si, elles sont vraiment drôles), mais qui tranchent tellement avec une situation de désespoir pour le héros. OK, l'empathie ce n'est pas de plonger avec la personne qui va mal, mais lui lancer une corde, mais là, les ficelles sont bien trop grosses et manque de franchises.

La franchise, c'est bien l'interrogation que le spectateur aura de tous ses personnages qui doivent, scénario oblige surjouer les émotions. C'est dommage, on sent bien que c'est la direction prise par le metteur en scène qui donne ce jeu en manque de réalisme et pas le talent des acteurs, l'excellente musique, dont un Opening de Novelbright, ou le scénario tortueux. Même défauts et donc mêmes qualités qu'Anata no Ban, finalement. Jusque dans la personnalité des deux héros, niais à souhait, sympathique, drôle, mais assurément déterminer. Il faudra juste que Nishijima Hidetoshi prenne des cours chez Tanaka Kei pour apprendre à pleurer sur commande.

Au bout des 10 épisodes, que vous regarderez d'une traite, j'en suis sûr, vous ressortirez secoué et peut être encore plus interrogatif. Et cela pas uniquement parce qu'une Contre-Attaque est prévue en 2022. Et oui, on ne se refait pas !

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Ongoing 8/10
Rebooting
2 people found this review helpful
Feb 23, 2023
8 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 9.5
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 10
Rewatch Value 8.5

Changer ton passé, tu peux te brosser !

Un Drama peut en cacher un autre. C'est clairement la réflexion que l'on a au fur et à mesure de notre progression dans Brush Up Life tant on ne sait plus à quoi s'attendre d'un épisode à l'autre. Annoncé au départ comme de la SF, ayant pour thème une énième voyage dans le temps. On s'attendait à revivre les sempiternelles scènes de dizaines d'œuvres ayant déjà abordé le sujet. Shitteru Wife ou Back to the future, vers quelle comédie ce drama va lorgner ? Certainement pas vers le romantisme absolu du premier, car c'est le génialissime Bakarhythm qui œuvre au scénario. Une fois de plus, il dépeint la société japonaise, avec son humour, parfois noire, mais toujours absurde et tout en retenu. La série prend donc des aspects protéiformes, lorgnant autant vers le questionnement philosophique que le burlesque. La vie, la mort, le bonheur, les frites ou les appareils de massages du téléachat. Ce drama est une pièce maitresse de l'humour intello à la japonaise faisant rythmer les mots avec la stupidité des gents et plus généralement de la condition humaine. Une œuvre d'étude dans les UV de civilisation japonaise à l'étranger et que je vais décortiquer comme un maquereau en sushi.

Pour ses acteurs déjà, qui non contents de faire déjà partie de la Dream Team des trentenaires pour les personnages principaux, sont accompagnés de pléthore de featuring d'un épisode à l'autre. Ando Sakura (Shoplifter, Manpuku) transcende toujours ses premiers rôles grâce à sa joie de vivre communicative, même si ici, le rôle demande plus de retenue. Accompagnée de Kaho, Kinami Haruka ou Matsuzaka Tori (Perfect world), on aurait pu s'arrêter là, mais Kuroki Haru, Nakamura Toru, et bien sûr Bakarhythm himself nous feront le bonheur de leur présence.

On appréciera la vision du scénariste sur la famille, le travail, l'école, réglant ses comptes au passage avec le système éducatif japonais. Il prend le parti de décrire plusieurs vies pour le même personnage qui devraient être normalement très différentes, mais pas tant que cela, finalement. Il a trouvé en Ando Sakura sa muse pour interpréter ses névroses. Woody Allen n'est surement pas loin avec cette proportion à se moquer de lui tout en dénonçant les travers de la société. On aime la modestie dont il fait part et qu'il a su insuffler au personnage principal et à ses congénères Quel que soit le degré de réussite dans les différentes vies proposé à notre héroïne. L'humour d'écalé, notamment les scènes du purgatoire, fait mouche. Même si certaines séquences lunaires ou trop longues en conversations et silences ont parfois du mal à capter notre attention sur la durée.

Comme souvent avec les dramas de Bakarhythm et c'est ce qui pourra rebuter nous occidentaux ne maitrisant pas les subtilités de la langue, une voix off, petite voix intérieure du personnage principal, est omniprésente. Le flow aussi de celle-ci pourra devenir légèrement irritant, allant jusqu'à commenter ses propres commentaires. Mais pour les adeptes des réseaux sociaux, ses saillies verbales dérangeront peu. Les silences gênants étant une marque de fabrique de notre comique, il en use et en abuse sur la longueur de ses 10 épisodes. Après le 3e justement, on commence à se demander où veut-il bien en venir. Va-t-il tourner en rond pour ternir sur la longueur et nous perdre complètement ?

Eh bien finalement, pas du tout. Bien contient que revivre incessamment les mêmes scènes peuvent rebuter rapidement le spectateur, il insuffle à chaque épisode une originalité tout restant dans la continuité de la série. Et même à la fin du 7e qui aurait pu servir de conclusion à celle-ci, il nous surprend à nouveau et nous redonne en-vie de repartir encore une fois avec lui, priant pour que notre héroïne meure une nouvelle fois dans des circonstances atroces.

La musique est pertinente, mais dans cette BO, le bonheur viendra de toutes ces Madelaine de Proust que l'on entendra régulièrement. Avec des titres Pops Japonais qui ont marqué les 40 dernières années. Étant un grand fan de J-pop et de nostalgie, je ne pouvais qu'être aux anges. Mis si vous aimez qu'un temps soit peu la J-pop, vous aussi adorerez certainement revivre incessamment ses 40 années passées. La musique accompagne la série comme elle a accompagné notre vie et assurément celle de Bakarhythm. Tout comme l'arrivée des Mall Center, les Purikura ou des karaokés qui rappellent tant de bons souvenirs. Toute cette nostalgie dégouline de ce drama sans jamais être larmoyant ou donneur de leçons avec du "C'était mieux avant". Sans être japonais et avoir vécu ses 46 premières années dans ce formidable pays, par ce drama, je peux imaginer la vie des gents ordinaires et avoir l'impression de l'avoir vécu avec eux. Et si par malheur, je rencontre un putain de camion en traversant la route, je sais déjà quel nouveau choix de vie et en l'occurrence de langue, je ferai pour mes études. Ère Heisei, me voilà !

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Completed
95
1 people found this review helpful
Jul 30, 2024
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 9.5

95, la vie file comme l'éclair

1995, l'année de mes 18 ans. Vous pensez bien qu'un drama de 2024 se déroulant dans cette période bénie des dieux ne pouvait que m'intéresser. Quand, de plus, on sait que l'histoire prend place à Shinjuku, alors que la jeunesse japonaise ne rêve que d'émancipation et d'occident en adoptant et transformant tous ses codes, mon espoir d'avoir un Drama madeleine, plein d'images d'époques, semble tout proche. Jonny's, Eurobeat et chemises à carreaux, le Japon paraissait courir vers des jours heureux en cette décennie, jusqu'à ce coup d'arrêt...

Annus horribilis
L'attentat de la secte Aum, le séisme de Kobe ou les conséquences toujours plus présentes de l'éclatement de la bulle financière rappelle à tous, en cette année 1995, que rien ne nous met à l'abri, aussi loin parvenu dans la vie. Même issu de la classe moyenne, dans le pays le plus sûr au monde. La fragilité de la vie ou l'accumulation futile des biens matériels, mise en évidence par ces catastrophes, serviront de révélateurs au lycéen insouciant joué par Takahashi Kaito (King&Prince). L'émergence du millénarisme achèvera son envie de donner un sens à sa vie avant la fin du monde programmée par Nostradamus et... Paco Rabane.

Team Shibuya
Heureusement, l'excellent Nakagawa Taishi le prendra sous son aile et lui apprendra à profiter de la vie à travers les valeurs d'une Team formée par 3 autres acteurs non moins talentueux dans leur jeu et leur plastique respectifs. Ce groupe de (5) mecs trop cools initieront Q (9) au carpe diem du Cercle des Poètes Disparus (check les uniformes) et à la fureur de vivre, pour l'ambiance guerre de gangs, référence a la fin du monde, de l'enfance et conquête du cœur de la belle Matsumoto Honoka. On traverse alors cette année 95 de la plus belle Kakkoi-attitude qu'il soit. Et même si, à travers cette team, on pense au propre groupe de Kai-chan, 95 n'est pas un drama sur la musique ou même la mode, c'est un hymne à la jeunesse et sa fureur de vivre, comme seuls les dramas savent les retranscrire et une tranche de l'histoire du Japon moderne que nos plus jeunes ignorent certainement.

Les cœurs à vif, rouge vif
Si on peut être déçu par les premiers épisodes plutôt orientés 90210 Beverly Hills, avec des gosses de riches profitant de leur fric, intéressés que par la mode, la musique et leur nombril, on sent que quelque chose va changer. En attendant, on apprendra le fonctionnement des magazines ados de l'époque qui montaient de toutes pièces des groupes de jeunes stars et les rivalités entre elles. Mais ces rivalités "marketing" cachent de vrais enjeux mafieux. Si l'imaginaire Yankee, par des mangas qui l'ont trop exploité, peut faire fantasmer aujourd'hui, la réalité de l'époque est bien moins rose. Ou plutôt, elle tire vers le rouge écarlate. Les guerres de gangs sont retranscrites de manière ultra-violente et cela sans avertir le spectateur. Les acteurs livrent alors des prestations, dans le combat, impressionnantes de réalisme. C'est la Fureur de Vaincre qui vient alors à l'esprit et un soupçon de Karate Kid

Natsukashii!
Si chaque épisode ne fait que 35 min, les prestations des acteurs renforce une histoire de passage à l'âge adulte, somme toute classique, et cette fulgurance temporelle rajoute à l'urgence adolescente. La mise en scène est léchée et s'offre même le luxe d'inclure des images d'archives, sans faux raccord, des cascades et des bêtisiers qui donnent envie de devenir acteur ou Jonny's. La musique est d'ailleurs dans le ton et Moooove des King&Prince n'aurait pas pu trouver meilleur Ending. On voit enfin, en la présence de Yasuda Ken et Sakurai Yuki un excellent fil rouge narratif qui renforce cette nostalgie des 18 ans. Celle qui parle à tous ceux qui sont rentrés dans la "maturité" depuis bien longtemps.

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Completed
Shut Up
1 people found this review helpful
Feb 28, 2024
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.5
Rewatch Value 9.5

Ne le dis à personne !

La cause féminine est devenue un argument marketing depuis quelques années. On se prend alors à suspecter chanteuses et actrices de promouvoir le "me too" histoire de pisser dans le sens du vent (propos hautement machistes... désolé) et de chercher une fenêtre médiatique. Shut Up va clairement vous interroger sur l'opportunisme du moment. Mais il faut garder en tête que même s'il parait résolument moderne, le Japon à encore des années de retard dans la libération de la parole. Shut Up est nécessaire pour ne pas dire indispensable dans un pays encore coincé en 1950 dans l'état d'esprit.

Le casting réunit une jeune garde au talent affirmé, portée par Nimura Sawa excellente dans son rôle d'étudiante fauchée. Peu habitée au rôle principal ce drama rend hommage à son jeu, comme celui de ses comparses. La mise en scène est subtile, sans fioriture, peut être même clinique. Ce qui donne ce côté anxiogène permanent qui en rebutera plus d'un. Une majeure partie de l'action se passe dans la collocation, pour ne pas dire dans un washitsu de 4 m², habité par 4 étudiantes en quête d'un avenir. Celui-ci sera terni par l'annonce de l'une d'entre elles, mais surtout par le manque de considération du principal protagoniste masculin. En terme de fumier, on fait difficilement pire que Ichinose Hayate. Son attitude le caractérise déjà par le dédain et ses propos par un machisme d'un autre âge. S’en suivent alors des évènements en chaîne qui donnent irrésistiblement envie de voir l'épisode suivant.

Le format est intéressant, 8 épisodes de 40 min, qui malgré le rythme lent ne laissent pas la place à l’ennui. Et cela savamment accompagnée d'une mise en scène chirurgicale et d'une musique à la fois discrète et anxiogène quand il le faut. On découvre tous les pièges tendus à la jeunesse actuelle et urbaine qu'elle soit japonaise ou pas. L'argent facile, avec un point de vu intéressant sur le phénomène ultra racoleur (pour nos journalistes français) des Papakatsu (sugar dady). La E-réputation, l'intimidation ou le harcèlement qui en découlent, l'emprise et les abus en général, pas seulement des hommes prédateurs sur les femmes, mais de tout ou une société patriarcal ou à la recherche du profit facile par des arnaques toutes plus méprisables les unes des autres. Nos jeunes protagonistes feront l'expérience de la vie et surtout du statut de victime pour chacune d'entre elles.

Dans un pays, comme le Japon, où les victimes deviennent rapidement les coupables, la honte face à la société pousse pourtant à ces dérives obligeant souvent à garder le silence, pour préserver la réputation d'on ne sait qui. L'enfer que vivent ces jeunes filles est certainement le quotidien de beaucoup d'entre elles. C'est pour cela que la série à tend de force. Même si elle tend vers le positif, les différents épisodes montrent qu'aucune victoire n'est définitive, tant que les hommes n'auront pas pris eux-mêmes le problème en mains. Et ce n'est pas toutes ces excuses publiques et certainement feintes, que l'on voit quasi quotidiennement à la TV nipponne qui changeront les choses. Il n'y aura jamais assez de séries et de film qui traiteront du sujet. Que l'on soit Femme ou Homme, cette série doit nous inciter à ne plus la fermer.

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Completed
Kyojo
1 people found this review helpful
May 19, 2023
2 of 2 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 8.5
Acting/Cast 10
Music 8.5
Rewatch Value 9.5

Ouvrir l'œil et le bon !

La diffusion de Kazama Kimichika : Kyojo 0 sur les écrans de TV me donne l'occasion de replonger dans la saga Kyojo. Exit les Eikechi Onizuka et autres Koro Sensei. Le professeur le plus kakkoï du Japon est instructeur à la Police Academy. Tâchez de le retenir, bande de bleus.

Pour ceux qui suivent mes aventures depuis longtemps, vous connaissez mon amour incommensurable pour le corps professoral. Ayant la chance de faire partie de cette belle famille où tout n'est qu'amour et paix, mes modèles ont été GTO, le professeur Koro ou plus récemment Hiragi Sensei dans 3 Nen A Gumi. Une belle brochette de psychopathes qui n'égalent en rien mon nouveau mentor en terme d'éducation, qu'est Kazama Kimichika. Incarné, que dis-je, habité par, Kimura Takuya, déjà formé aux méthodes d'enseignement alternatives avec Hero, il y a bientôt 20 ans, cet instructeur en chef, pour former la police de quartier, ne vous laissera pas de marbre. Les méthodes, d'une efficacité redoutable pour dresser le futur OmawariSan, sont à ne pas montrer à la ligue des droits de l'homme ou de la défense de la dignité humaine. C'est Full Metal Jacket à la Police Academy.

Alors, avec un format qui gâche un peu le plaisir malsain de voir des bleus se faire maltraiter, cela vaut-il le coup de s'imposer deux fois 2 h de brimades, d'engueulades et de torrents de larmes envers ses jeunes acteurs ? Et ben oui. Dans leur rôle, ils sont tous formidables. Kudo Asuka est comme souvent pathétique en beautifull looser. Ses remises en question permanentes sont remplies d'humanité. Kawaguchi Haruna est énervante comme il faut en kawaï mascotte de la police, mais vous verrez finalement qu'il y a une justice dans les kobans. Oshima Yuko plait par sa franchise dans son jeu, etc, etc. En réalité, comme fréquemment, avec un drama school life, les producteurs ont su réunir une équipe assez diverse et talentueuse pour les élèves. Mais s'intéressant chaque 1/2 heure à un personnage, on en oublie les autres et on a du mal à se relancer sur une autre story. 2 h, c'est trop long, on ne peut pas digérer les personnalités de chacun. On a le cerveau broyé par l'instructeur, sans pouvoir apprécier les remises en question. Faite donc des pauses et apprécier ces deux films comme une dizaine d'épisodes. Le plaisir sera décuplé.

La musique et la mise en scène font froid dans le dos, mais sont excellentes. Bravo à la production. On dirait qu'on regarde le mélange improbable de Brazzilia et Police Academy. Tout en distillant, à chaque fois ) de l'émotion à ce qui aurait dû être une fin d'épisode. Et quel souci du réalisme. Les scènes en classe, sur le terrain d'entrainement, d'inspection des recrus…, Tout paraît vrai et on est au plus proche de leur vie. Comment peut-on soupçonner un tel engagement et une telle formation du policier de quartier quand on le regarde à travers les drama. Quelle performance d'acteur, pour l'instructeur évidemment, mais pour les recrues aussi. La chorégraphie, les expressions faciales, les gestes du policier. Tout y est. Certainement le drama qui en apprend le plus sur la vraie vie de recrue. J'adore. Ce film est un must, il faut le recommander à tous les enfants qui rêvent de devenir policiers, ou pas.

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Completed
The Honest Realtor
1 people found this review helpful
Sep 25, 2022
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 7.5
Rewatch Value 8.0

Vendeur, menteur

Le mensonge et la mauvaise foi semblent être devenu aujourd'hui l'outil indispensable pour gagner tous les combats. Jusque dans la réalité la plus horrible, quand un dirigeant ment en regardant le monde dans les yeux, il arrive à convaincre, même ses plus féroces opposants, qu'il a peut-être raison. Dans cette ambiance détestable dans lequel l'être humain vie aujourd'hui, il reste des médias qui cherchent encore à mettre des principes de vie, qui paraissent probablement désuets, en avant, par des dramas sans prétention, pourtant tellement indispensables actuellement. La NHK fait ce qu'on attend d'elle pour une télévision publique. Elle nous fait vibrer et réfléchir sur les valeurs d'honnêteté, de compassion et d'engagement avec ce Shoujiki Fudosan, où tout est déjà dit dans le titre.

En effet, le pitch tient sur un timbre-poste (il y en a encore au Japon, heureusement). Un agent immobilier, obsédé par l'argent, ment à ses clients, ses conquêtes et tout son entourage pour faire du chiffre et vivre la belle vie de riche célibataire. Un jour, il se voit dans l'incapacité de mentir. Si bien que, les 10 épisodes de ce drama vont se transformer en leçon de vie, quasi bouddhique. L'honnêteté paye toujours, on le dit bien. Mais cela va mettre du temps à venir. Loin d'être une sinécure, la NHK nous montre bien à quel point le monde des agences immobilières ressemble à celui des Yakuzas. On découvre un système mafieux incarné par le grand méchant de l'histoire. Celui-ci, voulant conquérir les autres agences immobilières. Mais surtout, ses petites sociétés, sont chacune dépeintes comme des clans de Yakuzas, prêtes à foncer sur leurs victimes, les clients, en les embobinant. C'est là qu'est toute la force de ces dramas pédagogiques. Même si c'est une adaptation de manga, pleine de clichés et de "what's the fuck", très clairement, le but principal de la série est d'alerter tous ceux qui doivent passer par une agence pour vendre, acheter ou louer. Les coups fourrés sont nombreux, mais des panneaux informatifs apparaissent à chaque scène en face à face client x agent pour expliquer tous les termes techniques. On connait le procédé, mais on apprécie toujours.

Bien sûr, on est en face d'un énième feel good drama. Tout fini toujours bien ou presque. Cependant, on en a vraiment besoin ses derniers temps. Car les situations dépeintes, de personnes réellement dans la merde, après des mauvais conseils ou de la malhonnêteté, on en connait tous. Les émissions françaises où l'on fait semblant de régler les problèmes des gents dans le besoin, à coup de grande gueule, n'ont pas un 100e de classe de ses dramas. La vulgarité etn face de la finesse japonaise. Certains diront la japoniaiserie, pas moi. Bien qu'on pourra regretter la pauvreté du scénario renvoyant à Liar Liar un film qui a maintenant une trentaine d'années. Mais soyons honnêtes, les acteurs et leurs personnages touchent au cœur, bien plus que les simagrées et grimaces d'un Jim Carey.

Yamashita Tomohisa à la quarantaine bien cachée, a déjà une longue carrière derrière lui, de beaux gosses en tant que premiers rôles. Ce qui ne l'empêche de jouer dans ce drama qui n'a rien d'un blockbuster. Il oblige tout de même, un jeu d'acteur capable de passer du séducteur-prédateur, à celui qui a tout perdu et suscite la sympathie, voir l'empathie. Et il y arrive parfaitement. À part, peut-être, ces moments "jogging" où la production essaye de l'enlaidir. Mais rien à faire quand on est bô, on est bô.

Fukuhara Haruka qui va certainement exploser en popularité avec son rôle principal dans le nouveau Asadora de la NHK: le bien nommé Maiagare ! est ici, déjà parfaite dans son personnage de candide idéaliste. Sorte de conscience pour l'horrible menteur qu'est le héros, elle sublime ce drama, par sa présence. Tellement naturelle et fraiche, elle apporte cette touche d'humanité et de candeur dans un milieu de requin, que dis-je dans ce monde réel pourri jusqu'à l'os.

Les autres acteurs sont bien sûr à la hauteur, notamment le sombre Ichihara Hayato ou les personnages féminins pas si secondaires que ça, qui qui apportent tous leurs lots de mystère. Il y aura, très franchement, quelques rebondissements intéressants, jusqu'à la dernière minute, si bien qu'on en demandera davantage.

L'attachement aux personnages, l'ambiance feel good et l'envie de devenir agent immobilier est bien là. La NHK a encore réussi son pari. Et j'attends avec impatience d'autres catégories socio-professionnelles dépeintes de la même manière, en évitant une fois de plus s'il vous plait une énième adaptation de Toritsu Mizusho. Et cela en toute franchise.

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Completed
Itoshii Uso: Yasashii Yami
1 people found this review helpful
Mar 7, 2022
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 7.5

Ce n'est pas beau de mentir

Le mensonge est souvent au cœur des mystery dramas. Avec toute la subtilité qui caractérise le jeu des acteurs japonais, on ne se lasse pas de décrypter les expressions du visage distillées de manière si subtile, afin de déceler la (non-)culpabilité du personnage. Vous l'avez compris à mon introduction, elle-même d'une grande subtilité, je ne vais pas être tendre avec Itoshi Uso: Yasashi Yami, énième adaptation de manga relatant un terrible secret d'une bande d'anciens copains d'école et évidement rattrapée par celui-ci.

Du vu et du revu au niveau du scénario donc, même si le(s) secret(s) met du temps à émerger vraiment au long des épisodes, comblant un peu l'ennui de cette série qui se veut pourtant adulte. Le problème, c'est qu'avec tant de clichés, on a du mal à accrocher. Je sais, je regarde un drama qui plus est adapté d'un manga. Je devrais, par conséquent, être habitué et indulgent, mais là.... Passe la réunion d'anciens élèves, où on retrouve ses amis et ancien béguin du collège dans une ville campagnarde. Passe les personnalités toutes plus stéréotypées comme la mangaka ratée introvertie, toujours fleur bleue et tellement célibataire à 29,99 ans. Non, le vrai problème, c'est le combo scénario/mise en scène. Aucune fantaisie, le peu de surprise possible est cassé pas ses œillades d'acteurs forcées du fait d'une direction maladroite ou par ses scènettes vues mille fois. Le gars capuchonné qui pousse au passage piéton, par exemple. On veut nous choquer, un peu, mais surtout pas nous surprendre ou nous perdre dans des méandres de réflexion. En tout cas dans les premiers épisodes...

En effet, malgré la déception du début, on peut se prendre au jeu à partir de la fin du 3e épisode et bizarrement, moins il y a de personnages à l'écran, plus cela devient intéressant, mieux dirigé et scénarisé, jusqu'à terminer la série à l'opposé du ressenti initial. La maladresse et le lourd, laisse place à des moments forts et touchant dans les sentiments. Je réserverai donc ce mystery drama à ceux qui les dévorent et qui ne sont jamais rassasiés, plus qu'à ceux qui les découvrent. Car je le redis, l'ennui ou la moquerie peu vite faire son apparition. Des chefs-d'œuvre de mystery dramas où le cerveau est retourné du début à la fin, il y en a la pelle, si ce n'est que Shin Hannin Flag qui est diffusé en même temps sur un autre Chanel.

Reste, quand même, une certain malaise créé par une ambiance crasseuse assez bien mené. Une cruauté dans les propos, voir une certaine violence distillée par des acteurs vraiment flippants. C'est en réalité ses rôles là qui donnent du sel à la série. La mangaka jalouse ou le marie violant sont assez justes. Mais dans un certains sens, c'est l'ensemble du cast qui a du mérite. Ils rattrapent tous une histoire éculée de vengeance, en mettant l'accent sur la jalousie et la frustration d'adultes ayant mis de côté leurs rêves d'ados. Haru est légèrement irritante en candide de 30 ans, trop bien élevée pour se rebeller et on rêverait qu'elle reprenne son caractère exécrable et pourtant si adorable de chef des tests PCR de #Remolove. Dans le cast, il semblerait qu'il y ait une prime au joli grain de beauté, puisque vous vous amuserez à déceler ceux des autres jusqu'à ne plus voir que cela. Ok je dois être un peu fétichiste, mais ce dernier détaille montre bien à quel point on peut parfois chercher de l'intérêt dans l'histoire. Certes, il reste la musique, qui essaye d'être moderne dans la composition, mais pas de thème fort qui reste dans la tête. Plutôt une copie de ce qui ce qui marche ailleurs. Un peu comme ces cassettes de cover qu'on achetait l'été sur les marchés dans les années 80-90. Efficace sur le moment, mais vite oubliés.

Un casting intéressant. Avec des jeunes trentenaires plutôt bien choisis, pour leur physique et leur jeu. Mais un mystère qui manque d'originalité et surtout une production largement pas à la hauteur qui gâche les efforts de ses acteurs et peut être même une histoire originale que je ne connais pas, mais qui aurait largement mérité mieux. À moins que toute cette chronique ne soit qu'un gentil mensonge...

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Completed
The Man from the Sea
1 people found this review helpful
Aug 10, 2021
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Face à la mer

Fukada Koji est un grand réalisateur de cinéma qui peine encore à percer au delà du Japon, alors même qu'il fait régulièrement l'affiche des festivals européens depuis 10 ans. Certains diront "si, si, son succès est incontestable au-delà de ses frontières", mais même l'ultra surcotée Kawase Naomie n'est peu connu du grand publique, malgré le succès, là aussi relatif, des Délices de Tokyo (An) ("à oui, c'est elle !!!"). La faute à une distribution et un mépris heureusement de moins en moins catastrophiques, mais qui a encore du chemin à faire. Effectivement, ce "Soupir des Vagues" (jolie titre français d'ailleurs) Umi o kakeru en original, date de 2018 et sort en juillet 2021 dans les cinémas français. Fort du succès, toujours relatif, d'Harmonium et en attendant d'autres œuvres, Hanabi et ArtHouse essayent d'effacer l'insulte faite à ce grand réalisateur, passionné de cinéma. Le Covid n'excuse pas tout et il serait tant que les mégacomplexes s'emparent aussi de ses productions encore cantonnées, en province tout du moins, aux salles de cinéma indépendantes.

Car le cinéma de Fukuda a ce ne je sais quoi qui fait le sel des productions comme Parasite pourtant largement encensées en 2019. L'image est belle et l'ouverture de cette histoire, se passant sur les plages indonésiennes est un plan fixe d'une minute sur les vagues qui vous envouteront à souhait. Pas spécialiste du cinéma, en général, je sais pourtant apprécier, son cadrage, son montage, la couleur et sa lumière, loin de donner la nausée et comme Kawase c'est justement trop bien le faire.

Difficile de décrire un film de Fukuda sans spolier l'intrigue et je pense que c'est justement ce qui justifie, parfois, la mauvaise note que peuvent obtenir ses films sur toutes plateformes de critique du net, celle-ci y comprit. En effet, souvent pépère durant la première moitié du film, anesthésiant le spectateur par des tranches de vie parfois sans intérêt, surgit plus au moins à un moment inattendu un switch qui vous fait crier au génie. Mais qui malheureusement, et c'est là sa faiblesse, rend le film insipide si on vous l'a divulgâché. Alors 3 ans après sa sortie au cinéma et déjà vue par bon nombre de passionnés, grâce aux bouches à oreilles, ce film, comme d'autres du réalisateur peut perdre clairement de son intérêt si on vous gâche la fin. Comme ce n'est pas mon cas, il faudra courir voir ce film au cinéma pour son image, donc des paysages des plages indonésiennes, lieu même où c'est déroulé le tsunami qui à fait tant de ravage et de morts.

L'autre intérêt par rapport à d'autres de ses films, c'est l'entrée du fantastique, certes léger, mais surtout la diversité des cultures qui se mêlent et le rappel constant à l'histoire de ce pays. Si vous cherchiez beaucoup de lignes de texte en japonnais vous serez sans doute déçus, car c'est la langue indonésienne qui est mise en avant. L'histoire se passant dans une famille binationale, qui reçoit la venue d'une cousine du Japon en visite. Mais c'est l'arrivée de Dean Fujioka qui va bouleverser la vie de cette famille plutôt aisée, vivant dans un pays encore très pauvre. On découvre donc l'Indonésie et sa langue mise en avant par le réalisateur et ça fait du bien. Un réalisme saisissant qui tranche avec l'entrée du fantastique. Un quotidien presque ennuyeux qui se révèle fort de symboles pour ceux qui savent les déceler. La présence du Japon durant la 2de guerre mondiale, la disparition des proches, la fatalité face aux éléments naturelle, les castes, le système patriarcal, etc...

Bien sûr, certains seront attirés par les acteurs japonnais, Dean Fujioka en premier. Mais son rôle nécessite, très peu de dialogue et encore moins de présence et pourtant quel charisme ici aussi. Les groupies seront sans doute déçues. Un peu moins, peut-être pour la jolie et talentueuse Abe Junko qui se spécialise dans les rôles arti et internationaux au cinéma et c'est un peu dommage, car elle pourrait illuminer de sa présence un peu plus le petit écran. Mais tout ce qui est rare est précieux, non ? Comme sa parole d'ailleurs, car les dialogues sont finalement assez absents de ce film.

L'image est forte et belle. Le contenu est aussi fort de sens. Les effets spéciaux pourront faire un peu rire et sont presque superflus, mais comme pour tous ses films, Fujikoda arrive à renverser la vapeur à un moment ou à un autre et nous fait ressortir moins bête et le sourire aux lèvres, en se disant je ne l'avais pas vu venir celle-là, une fois de plus. Comme cette vague qui a ravagé tant de famille en 2004.

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Completed
Miss King
0 people found this review helpful
7 days ago
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Kishi drama

2025 a été le retour du shogi dans les dramas. Le sport cérébral numéro 1 au Japon s'est fendu de deux dramas le mettant à l'honneur dans des contextes en manque, malheureusement, d'originalité. D'abord Hotei no Dragon remettait sur le devant de la scène Mone Kamishiraishi sans vraiment me convaincre, puisqu'il n'était rien d'autre qu'un énième lawyer drama. Puis Miss King et sa promesse d'épisodes courts (38 minutes), peu nombreux (8), mais efficaces pour renouveler le genre du revenge drama, grâce à des stratégies issues du shogi. Tient-il plus la route ? Il serait de bon ton d'analyser la feuille des déplacements d'après-match pour le savoir.

Je suis donc arrivé sans trop de difficultés jusqu'à la finale (des épisodes) et voté pour la promulgation en kishi de ce revenge drama. Mais je dois avouer être encore perplexe. Si voir Non dans un premier rôle enchante par sa fraîcheur, sa simplicité et son franc-parler, l'histoire reste plutôt creuse. Vue mille fois dans d'autres contextes, on est loin de la psychologie et des émotions de March Comes in Like a Lion, le maître étalon du genre, celui du "petit génie du ... ".

Bien sûr, Miss King est une excellente entrée en matière pour découvrir le monde du shogi. J'ai bien dit le monde, et pas les règles, car le néophyte sera tout simplement incapable de suivre un tant soit peu une partie. Heureusement, les scènes courtes consistent surtout en des plans sur les visages des concurrents et un rapide survol du plateau afin d'apprécier les différentes manières de déplacer les pièces. Du glissement hésitant au claquement de celles-ci sur le plateau, toute la subtilité de l'attaque psychologique envers l'adversaire réside dans le simple bruit de la pièce posée sur le bois.

Si la trame principale n'est pas très passionnante, classant la série dans le genre shonen avec des sensei à gogo, fusionnant maître Miyagi avec maître Yoda et transformant la « miss padawan kid » fougueuse en génie du calme et de la réflexion, la production essaye quand même d'envoyer des messages au spectateur. Mais là aussi, sans réelle finesse. Miss King interroge la parentalité, en reprenant de la manière la plus maladroite possible la vieille rengaine du « Papa outé ». Elle dépeint également la condition féminine dans le monde du shogi, parabole de la société japonaise actuelle (ou presque). Ce manuel du féminisme pour les nuls hérite lui aussi de clichés grotesques (mais en cours encore dans ce milieu), femmes méprisées par des hommes se croyant encore à l'ère Edo. Mais qui n'arrivent à convaincre qu'eux-mêmes.

Reste la prestation de Non, qui aurait mérité une réalisation plus ambitieuse, des sidekicks et des histoires parallèles d'opposants détestables devenant des alliés essentiels sur plusieurs épisodes, par exemple. Les personnages secondaires sont aussi transparents que l'a été son père durant son enfance. AbemaTV a clairement décidé de ne pas ennuyer le public avec des longues side story, et le choix est plutôt discutable, sachant la réussite de March Comes in Like a Lion dans ce domaine.

Peu de profondeur de toute part, cette série ne laissera donc que peu de traces dans le monde des shonens sportifs, rendant contre-productif son message. Comme si la première kishi femme n'était pas un événement en soi. Comme si les femmes n'étaient pas capables de tout abandonner pour leur passion comme un homme, esclaves de leurs émotions qu'elles sont. Pour ce monde moderne qui souhaite tant revenir au système patriarcal de l'ère Edo, la part de féminité est un poison à combattre, ramenant la gent masculiniste à sa propre faiblesse. Ce drama révèle toute la bassesse de l'homme avec un petit h et c'est déjà ça !

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Completed
Setsuen Chase
0 people found this review helpful
Feb 6, 2026
2 of 2 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 7.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Le colonel Moutarde, avec le snowboard, dans la bibliothèque

Voilà le drama idéal pour faire honneur aux sportifs japonais participants aux JO de Cortina. Un détective un peu pataud, accompagné de sa jeune recrue dynamique, cherchent le suspect d’un meurtre au beau milieu d’une station de ski. C’est le pitch d’un "Spécial" de Noël, spécialité japonaise comblant le trou des programmes entre la fin des séries d’automne et le début de celles d’hiver. Si, en plus, ces spécialités saisonnières et télévisuelles peuvent rassembler les familles devant le poste, durant le shōgatsu, moi, diffuseur, je dis "j'achète !" pour les recettes publicitaires.

La recette du pactole ? Une série consensuelle et familiale. Une réunion d'acteurs identifiables et appréciés des familles comme Muro Tsuyoshi et Nakama Yukie et un petit beau gosse maladroit en la personne du gendre idéal Hosoda Kanata. Un cadre paradisiaque, c’est fait aussi : les montagnes sont magnifiques en toute saison et une entrée d’argent supplémentaire avec la promotion éhontée de la station complétera les frais engendrés par les cachets des acteurs. Un scénario simple, voire simpliste, achève la recette, même si Higashino Keigo, grand auteur de roman de gare, est cité dans le titre.

Artistiquement et scénaristiquement, cette série en deux épisodes n’a pas d’autre intérêt que de nous faire passer un moment tranquille au coin du feu un dimanche d’hiver durant ces Jeux olympiques où les Japonais vont certainement briller en snowboard, vu le niveau dans la série. Nous, on assénera des « yokatta » chaque fois que les protagonistes se les pèleront dehors. Les paysages de montagne sont magnifiques, sublimés par la HD, et vont clairement faire augmenter la clientèle de cette station dès les prochaines vacances d’hiver.

Le but de cette série est donc atteint. Mais la déception de ne pas avoir vu plus de folie dans ce Spécial, aussi. Hosoda Kanata et Nakama Yukie sont quand même connus pour ça. Le personnage du détective a une retenue et une soumission à ses supérieurs décevantes. Seules quelques grimaces le sauvent.

Bref, faites votre opinion vous-mêmes : les Tantei Drama se passant dans des décors extérieurs sont assez rares pour piquer votre curiosité. Mais attention, le froid, ça pique vraiment.

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