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  • Join Date: August 15, 2020
Ongoing 8/10
Brush Up Life
2 people found this review helpful
Feb 23, 2023
8 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 9.5
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 10
Rewatch Value 8.5

Changer ton passé, tu peux te brosser !

Un Drama peut en cacher un autre. C'est clairement la réflexion que l'on a au fur et à mesure de notre progression dans Brush Up Life tant on ne sait plus à quoi s'attendre d'un épisode à l'autre. Annoncé au départ comme de la SF, ayant pour thème une énième voyage dans le temps. On s'attendait à revivre les sempiternelles scènes de dizaines d'œuvres ayant déjà abordé le sujet. Shitteru Wife ou Back to the future, vers quelle comédie ce drama va lorgner ? Certainement pas vers le romantisme absolu du premier, car c'est le génialissime Bakarhythm qui œuvre au scénario. Une fois de plus, il dépeint la société japonaise, avec son humour, parfois noire, mais toujours absurde et tout en retenu. La série prend donc des aspects protéiformes, lorgnant autant vers le questionnement philosophique que le burlesque. La vie, la mort, le bonheur, les frites ou les appareils de massages du téléachat. Ce drama est une pièce maitresse de l'humour intello à la japonaise faisant rythmer les mots avec la stupidité des gents et plus généralement de la condition humaine. Une œuvre d'étude dans les UV de civilisation japonaise à l'étranger et que je vais décortiquer comme un maquereau en sushi.

Pour ses acteurs déjà, qui non contents de faire déjà partie de la Dream Team des trentenaires pour les personnages principaux, sont accompagnés de pléthore de featuring d'un épisode à l'autre. Ando Sakura (Shoplifter, Manpuku) transcende toujours ses premiers rôles grâce à sa joie de vivre communicative, même si ici, le rôle demande plus de retenue. Accompagnée de Kaho, Kinami Haruka ou Matsuzaka Tori (Perfect world), on aurait pu s'arrêter là, mais Kuroki Haru, Nakamura Toru, et bien sûr Bakarhythm himself nous feront le bonheur de leur présence.

On appréciera la vision du scénariste sur la famille, le travail, l'école, réglant ses comptes au passage avec le système éducatif japonais. Il prend le parti de décrire plusieurs vies pour le même personnage qui devraient être normalement très différentes, mais pas tant que cela, finalement. Il a trouvé en Ando Sakura sa muse pour interpréter ses névroses. Woody Allen n'est surement pas loin avec cette proportion à se moquer de lui tout en dénonçant les travers de la société. On aime la modestie dont il fait part et qu'il a su insuffler au personnage principal et à ses congénères Quel que soit le degré de réussite dans les différentes vies proposé à notre héroïne. L'humour d'écalé, notamment les scènes du purgatoire, fait mouche. Même si certaines séquences lunaires ou trop longues en conversations et silences ont parfois du mal à capter notre attention sur la durée.

Comme souvent avec les dramas de Bakarhythm et c'est ce qui pourra rebuter nous occidentaux ne maitrisant pas les subtilités de la langue, une voix off, petite voix intérieure du personnage principal, est omniprésente. Le flow aussi de celle-ci pourra devenir légèrement irritant, allant jusqu'à commenter ses propres commentaires. Mais pour les adeptes des réseaux sociaux, ses saillies verbales dérangeront peu. Les silences gênants étant une marque de fabrique de notre comique, il en use et en abuse sur la longueur de ses 10 épisodes. Après le 3e justement, on commence à se demander où veut-il bien en venir. Va-t-il tourner en rond pour ternir sur la longueur et nous perdre complètement ?

Eh bien finalement, pas du tout. Bien contient que revivre incessamment les mêmes scènes peuvent rebuter rapidement le spectateur, il insuffle à chaque épisode une originalité tout restant dans la continuité de la série. Et même à la fin du 7e qui aurait pu servir de conclusion à celle-ci, il nous surprend à nouveau et nous redonne en-vie de repartir encore une fois avec lui, priant pour que notre héroïne meure une nouvelle fois dans des circonstances atroces.

La musique est pertinente, mais dans cette BO, le bonheur viendra de toutes ces Madelaine de Proust que l'on entendra régulièrement. Avec des titres Pops Japonais qui ont marqué les 40 dernières années. Étant un grand fan de J-pop et de nostalgie, je ne pouvais qu'être aux anges. Mis si vous aimez qu'un temps soit peu la J-pop, vous aussi adorerez certainement revivre incessamment ses 40 années passées. La musique accompagne la série comme elle a accompagné notre vie et assurément celle de Bakarhythm. Tout comme l'arrivée des Mall Center, les Purikura ou des karaokés qui rappellent tant de bons souvenirs. Toute cette nostalgie dégouline de ce drama sans jamais être larmoyant ou donneur de leçons avec du "C'était mieux avant". Sans être japonais et avoir vécu ses 46 premières années dans ce formidable pays, par ce drama, je peux imaginer la vie des gents ordinaires et avoir l'impression de l'avoir vécu avec eux. Et si par malheur, je rencontre un putain de camion en traversant la route, je sais déjà quel nouveau choix de vie et en l'occurrence de langue, je ferai pour mes études. Ère Heisei, me voilà !

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Completed
10Dance
1 people found this review helpful
16 days ago
Completed 0
Overall 9.0
Story 7.5
Acting/Cast 10
Music 9.0
Rewatch Value 9.0

C’est ici que tu commences à aimer… avec ta sueur.

C’est un magnifique cadeau que nous offre Big N pour ce Noël glacial. Un film idéal pour les rediffusions annuelles tant il respire cette période de l’année. 10Dance réchauffera les cœurs pendant bien des hivers, comme un Dirty Dancing le fait encore, grâce à ses scènes de danse à la chaleur torride et à son romantisme exhacerbé. Si, en 2025, il est devenu tendance d’adapter des boys’ love sur les plateformes, l’initiative reste malgré tout audacieuse pour la très mainstream Netflix, surtout au pays de Trump et Musk. Une prise de risque qui mérite d’être saluée.

Mais que vaut réellement l’ultra-encensé 10Dance ? Non pas que ma tête soit devenue si grosse que mes chevilles aient du mal à suivre, mais n’étant clairement pas la cible (enfin… j’essaie de m’en persuader, même si j’en doute de plus en plus), j’ai peut-être un regard plus neutre sur l’œuvre.
Futur quinquagénaire, mâle bêta, marié depuis vingt-cinq ans, il fallait vraiment que j’admire les deux acteurs principaux pour me lancer dans cette compétition de danse de salon. Tout juste ma femme regarde Danse avec les stars depuis tant d’années que j’ai fini par me familiariser, malgré moi, avec le quickstep et le foxtrot, sans jamais vraiment adhérer au concept.
Et pourtant… avec cette adaptation d’un manga déjà acclamé, une prise de risque à tous les niveaux, plateforme, timing, acteurs, je ne pouvais qu’être séduit par le projet. Bien sûr, Netflix oblige, j’ai hésité quelques jours : le buzz a sur moi, comme souvent, l’effet inverse. Un nombre de critiques dépassant les 100 en quelques heures, une note frôlant les 9/10 sur kisskh… tout cela aurait dû me freiner, les films japonaises, étant souvent boudés hors d'asie. Mais les photos sur les réseaux sociaux ont eu raison de ma curiosité. La plastique, la lumière, les décors, les positions d’enchaînement, j’étais déjà subjugué et ce n’était que le début.
Une fois lancé, le film m’a immédiatement rappelé ces pop-corn movies de danse des années 80-90. Je pensais l’arrêter rapidement n'étant pas fan, mais j'ai persévéré. Grave erreur. Une fois les premiers pas exécutés, il devient impossible de quitter la piste.

Takeuchi Ryoma livre une performance à faire rougir les Oscars. Patrick Swayze n’est plus, mais son petit scarabé est japonais et risque bien de faire parler de son déhanché aussi longtemps que son illustre prédécesseur. Grâce, sex-appeal, tablettes de chocolat défiant la chaleur la plus torride… et tout cela sans artifices de caméra, sans retouches IA, sans musique excessivement pop façon Moulin Rouge. Avec des standar musicaux la réalisation arrive à rendre la danse de salon sexy, moderne, brûlante, bref Netflixiène.
La plateforme parvient ici à faire revivre l’esprit des années 80 bien mieux, ce qui n’était pas difficile, que la cinquième saison de Stranger Things.

Des sensations étranges accompagnent tout le film. Peut-être parce que c’est Noël, période la plus romantique au Japon (qui semble ici s’étirer sur plusieurs mois). Peut-être parce que l’on voyage entre Cuba et Brighton, deux facettes du romantisme. Peut-être parce que les femmes y sont respectées, enfin débarrassées de leur statut d’objets. Ou peut-être, cessons de nous mentir, parce que vous êtes follement amoureux du bouillant Takeuchi Ryoma ou de la beauté froide de Machida Keita.
Comme tout bon boys’ love (je fais semblant de m’y connaître, mais j’en ai tout de même lu quelques-uns dans ma médiathèque de jeunesse, la responsable des achats était fan), la dualité feu/glace est exacerbée. L’excellente idée ici est de la traduire par les deux styles de danse. Sous couvert d’un concours mondial où à force de travail il faut se dépasser, manga japonais oblige, on nous fait découvrir les dix danses de salon classiques. Mais le véritable classicisme est ailleurs : deux beaux gosses que tout oppose tombent peu à peu amoureux alors qu’ils étaient rivaux, c'est presque une histoire connue depuis la nuit des temps.
Et pourtant choisir entre leur passion et l’amour ne sera pas le cœur de l’intrigue, et tant mieux. Le vent de fraîcheur vient précisément de cette relation, étonnamment bien intégrée dans les moeurs, peut-être parce que le milieu de la danse s’y prête. On en oublierait presque que l’histoire se déroule au Japon, pays où le mariage entre hommes vient à peine d’être toléré.

10Dance est donc le film de Noël 2025. Avec des acteurs occidentaux, il aurait sans doute rempli les salles du monde entier, voire dominé les classements de la plateforme. Mais, comme le souligne le film lui-même, le simple fait d’être asiatique condamne souvent à rester numéro deux. Une critique raciale subtile, ajoutée à d’autres observations sociales tout aussi fines, qui rapproche 10Dance des meilleures œuvres romantiques que j’ai vues ces dernières années.
J’ai pris une claque artistique, anti-masculiniste, civilisationnelle et tout ça dans un boys’ love de qualité qui mérite déjà une suite. Alors les gars, sueur et larme pour arriver à ce niveau de danse n'étaient pas vain. On remonte en piste, Hop !

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Sep 28, 2025
11 of 11 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 10
Music 8.5
Rewatch Value 9.0

École de nuit dans la Voie lactée

Avoir une belle gueule en tant qu’acteur a un prix : celui de devoir toujours prouver son talent pour ne pas être cantonné au rôle de simple distributeur de cartes, histoire d’augmenter la “bogossitude” d’une suite insipide et scénaristiquement inutile. Simple Joker dans l’ultra-attendu Alice in Borderland, l’acteur numéro un dans le cœur des Japonais pourrait bien être Isomura Hayato, précédé à 33 ans par une longue carrière déjà riche dans tous les domaines. Et cet été, il a peut-être signé sa plus belle performance avec Bokutachi wa Mada Sono Hoshi no Kosoku wo Shiranai. Un drama poétique, centré sur l’école, le handicap et le “train des étoiles”. Vas-y Kenji, fais-nous rêver.

J’ai longtemps cherché le jeu de mots autour de son patronyme (peut-être lié à la forme des kanjis), mais le prénom, lui, ne trompe pas : les références pleuvent tout au long des 10 épisodes. On assiste bel et bien à un nouvel hommage au grand Miyazawa Kenji, subtilement incarné par ce doux rêveur de Shiratori Kenji. Il se perd dans les étoiles pour échapper à une réalité bien sombre, lui qui a été ostracisé à l’école puis au lycée à cause d’un léger handicap cognitif. Alors qu’on sublime aujourd’hui le HPI en prêtant tous les pouvoirs et tout l’humour du monde à nos héros de séries policières (ça a commencé avec Monk, et pitié, arrêtons-ça maintenant…), personne ne pense vraiment à montrer le quotidien d’un adulte souffrant de troubles autistiques, même légers, mais lourds de conséquences dans sa vie. Heureusement, Sono Hoshi no Kosoku wo Shiranai corrige cette injustice en racontant le combat d’un jeune avocat complètement fermé aux codes de la vie sociale et qui souvrira difficilement aux autres.

Alors je vous entends déjà : « Oui, c’est encore un shōnen où un gars incapable de parler en public résout toutes les affaires dès le 3ᵉ épisode. » Eh bien non. Certes, il a obtenu son diplôme, mais il reste cantonné aux conseils juridiques, sans réel contact humain. Et c’est poussé par sa famille et ses amis qu’il replonge malgré lui dans l’univers scolaire qu’il a tant détesté. Le pitch est simple, mais efficace. L’histoire, que certains jugeront “nian-nian” à cause d’un romantisme platonique exacerbé, touche pourtant en plein cœur. Elle ne cache pas la haine du héros envers le système scolaire, ni sa peur des contacts humain, et lui permet d’asséner à des adolescents paumés ou à une institution sclérosée, les conseils qu’il a appris à force de lutter pour la justice. On reconnait tous les principes qui ont guidé le professeur et po^éte Miyazawa Kenji le long de sa courte vie.

Comme il se doit dans un school drama, on retrouve une galerie de jeunes acteurs déjà très à l’aise devant la caméra, livrant à chaque épisode leurs déboires d’adolescents. Les problèmes sont mieux amenés, plus réalistes et originaux que dans beaucoup d’autres séries. Certains les trouveront plus légers, mais la gentillesse et la bienveillance qui se dégagent des situations font un bien fou en cette période troublée, où, pour “divertir” les foules, on ose montrer dans un blockbuster un jeu reproduisant l’attaque du métro au gaz sarin. Que le même acteur joue dans les deux séries montre bien son importance dans le monde du show running nippon.

Mais même sans sa présence, la série resterait passionnante. Hotta Mayu continue d’incarner à merveille son rôle de jeune femme gaffeuse et coincée (mais qui sait aussi revêtir des rôles inquiétants, souvenez-vous de l’autre phénomène Mikami Sensei) et toujours animée par sa passion du métier. Le lycée est privé (et cela se voit), mais les problèmes traités sont universels. Et le fait que le héros, tout comme les professeurs, n’ont rien de Super neketsu sensei apporte un réalisme salvateur au genre. Kenji doit affronter et conseiller sur des situations qu’il a lui-même vécues et mal supportées : harcèlement, isolement… S’il devient rapidement le chouchou des élèves, il n’en reste pas moins solitaire face à son handicap.
De l’émotion donc, avec ce voyage dans les étoiles par une belle nuit d’été que tout élève rêverait de partager avec son professeur idéal. Mais le plus heureux dans ce moment-là, je peux bien vous le dire, c'est le professeur.

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Completed
95
1 people found this review helpful
Jul 30, 2024
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 9.5

95, la vie file comme l'éclair

1995, l'année de mes 18 ans. Vous pensez bien qu'un drama de 2024 se déroulant dans cette période bénie des dieux ne pouvait que m'intéresser. Quand, de plus, on sait que l'histoire prend place à Shinjuku, alors que la jeunesse japonaise ne rêve que d'émancipation et d'occident en adoptant et transformant tous ses codes, mon espoir d'avoir un Drama madeleine, plein d'images d'époques, semble tout proche. Jonny's, Eurobeat et chemises à carreaux, le Japon paraissait courir vers des jours heureux en cette décennie, jusqu'à ce coup d'arrêt...

Annus horribilis
L'attentat de la secte Aum, le séisme de Kobe ou les conséquences toujours plus présentes de l'éclatement de la bulle financière rappelle à tous, en cette année 1995, que rien ne nous met à l'abri, aussi loin parvenu dans la vie. Même issu de la classe moyenne, dans le pays le plus sûr au monde. La fragilité de la vie ou l'accumulation futile des biens matériels, mise en évidence par ces catastrophes, serviront de révélateurs au lycéen insouciant joué par Takahashi Kaito (King&Prince). L'émergence du millénarisme achèvera son envie de donner un sens à sa vie avant la fin du monde programmée par Nostradamus et... Paco Rabane.

Team Shibuya
Heureusement, l'excellent Nakagawa Taishi le prendra sous son aile et lui apprendra à profiter de la vie à travers les valeurs d'une Team formée par 3 autres acteurs non moins talentueux dans leur jeu et leur plastique respectifs. Ce groupe de (5) mecs trop cools initieront Q (9) au carpe diem du Cercle des Poètes Disparus (check les uniformes) et à la fureur de vivre, pour l'ambiance guerre de gangs, référence a la fin du monde, de l'enfance et conquête du cœur de la belle Matsumoto Honoka. On traverse alors cette année 95 de la plus belle Kakkoi-attitude qu'il soit. Et même si, à travers cette team, on pense au propre groupe de Kai-chan, 95 n'est pas un drama sur la musique ou même la mode, c'est un hymne à la jeunesse et sa fureur de vivre, comme seuls les dramas savent les retranscrire et une tranche de l'histoire du Japon moderne que nos plus jeunes ignorent certainement.

Les cœurs à vif, rouge vif
Si on peut être déçu par les premiers épisodes plutôt orientés 90210 Beverly Hills, avec des gosses de riches profitant de leur fric, intéressés que par la mode, la musique et leur nombril, on sent que quelque chose va changer. En attendant, on apprendra le fonctionnement des magazines ados de l'époque qui montaient de toutes pièces des groupes de jeunes stars et les rivalités entre elles. Mais ces rivalités "marketing" cachent de vrais enjeux mafieux. Si l'imaginaire Yankee, par des mangas qui l'ont trop exploité, peut faire fantasmer aujourd'hui, la réalité de l'époque est bien moins rose. Ou plutôt, elle tire vers le rouge écarlate. Les guerres de gangs sont retranscrites de manière ultra-violente et cela sans avertir le spectateur. Les acteurs livrent alors des prestations, dans le combat, impressionnantes de réalisme. C'est la Fureur de Vaincre qui vient alors à l'esprit et un soupçon de Karate Kid

Natsukashii!
Si chaque épisode ne fait que 35 min, les prestations des acteurs renforce une histoire de passage à l'âge adulte, somme toute classique, et cette fulgurance temporelle rajoute à l'urgence adolescente. La mise en scène est léchée et s'offre même le luxe d'inclure des images d'archives, sans faux raccord, des cascades et des bêtisiers qui donnent envie de devenir acteur ou Jonny's. La musique est d'ailleurs dans le ton et Moooove des King&Prince n'aurait pas pu trouver meilleur Ending. On voit enfin, en la présence de Yasuda Ken et Sakurai Yuki un excellent fil rouge narratif qui renforce cette nostalgie des 18 ans. Celle qui parle à tous ceux qui sont rentrés dans la "maturité" depuis bien longtemps.

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Completed
Kyojo
1 people found this review helpful
May 19, 2023
2 of 2 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 8.5
Acting/Cast 10
Music 8.5
Rewatch Value 9.5

Ouvrir l'œil et le bon !

La diffusion de Kazama Kimichika : Kyojo 0 sur les écrans de TV me donne l'occasion de replonger dans la saga Kyojo. Exit les Eikechi Onizuka et autres Koro Sensei. Le professeur le plus kakkoï du Japon est instructeur à la Police Academy. Tâchez de le retenir, bande de bleus.

Pour ceux qui suivent mes aventures depuis longtemps, vous connaissez mon amour incommensurable pour le corps professoral. Ayant la chance de faire partie de cette belle famille où tout n'est qu'amour et paix, mes modèles ont été GTO, le professeur Koro ou plus récemment Hiragi Sensei dans 3 Nen A Gumi. Une belle brochette de psychopathes qui n'égalent en rien mon nouveau mentor en terme d'éducation, qu'est Kazama Kimichika. Incarné, que dis-je, habité par, Kimura Takuya, déjà formé aux méthodes d'enseignement alternatives avec Hero, il y a bientôt 20 ans, cet instructeur en chef, pour former la police de quartier, ne vous laissera pas de marbre. Les méthodes, d'une efficacité redoutable pour dresser le futur OmawariSan, sont à ne pas montrer à la ligue des droits de l'homme ou de la défense de la dignité humaine. C'est Full Metal Jacket à la Police Academy.

Alors, avec un format qui gâche un peu le plaisir malsain de voir des bleus se faire maltraiter, cela vaut-il le coup de s'imposer deux fois 2 h de brimades, d'engueulades et de torrents de larmes envers ses jeunes acteurs ? Et ben oui. Dans leur rôle, ils sont tous formidables. Kudo Asuka est comme souvent pathétique en beautifull looser. Ses remises en question permanentes sont remplies d'humanité. Kawaguchi Haruna est énervante comme il faut en kawaï mascotte de la police, mais vous verrez finalement qu'il y a une justice dans les kobans. Oshima Yuko plait par sa franchise dans son jeu, etc, etc. En réalité, comme fréquemment, avec un drama school life, les producteurs ont su réunir une équipe assez diverse et talentueuse pour les élèves. Mais s'intéressant chaque 1/2 heure à un personnage, on en oublie les autres et on a du mal à se relancer sur une autre story. 2 h, c'est trop long, on ne peut pas digérer les personnalités de chacun. On a le cerveau broyé par l'instructeur, sans pouvoir apprécier les remises en question. Faite donc des pauses et apprécier ces deux films comme une dizaine d'épisodes. Le plaisir sera décuplé.

La musique et la mise en scène font froid dans le dos, mais sont excellentes. Bravo à la production. On dirait qu'on regarde le mélange improbable de Brazzilia et Police Academy. Tout en distillant, à chaque fois ) de l'émotion à ce qui aurait dû être une fin d'épisode. Et quel souci du réalisme. Les scènes en classe, sur le terrain d'entrainement, d'inspection des recrus…, Tout paraît vrai et on est au plus proche de leur vie. Comment peut-on soupçonner un tel engagement et une telle formation du policier de quartier quand on le regarde à travers les drama. Quelle performance d'acteur, pour l'instructeur évidemment, mais pour les recrues aussi. La chorégraphie, les expressions faciales, les gestes du policier. Tout y est. Certainement le drama qui en apprend le plus sur la vraie vie de recrue. J'adore. Ce film est un must, il faut le recommander à tous les enfants qui rêvent de devenir policiers, ou pas.

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Completed
Crime Family
1 people found this review helpful
May 8, 2023
4 of 4 episodes seen
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.5

Famille d'accueil

Les histoires de famille loufoques ont la cote depuis des décennies dans les séries japonaises. Si Spy Family a trouvé son public également en occident, elle est le résultat d'une longue série de gags mangas, prenant place dans ce qui reste la dernière aventure moderne tout en soudant la nation japonaise, la cellule familiale. Ainsi, en seulement 4 épisodes de 20 min, on retrouve tous les poncifs du gag manga familial. Avec, comme pour Spy Familly ou l'excellent Nanba MG5 ce manque de moralité et de bien séance. Ses transgressions par procuration sont tellement libératrices pour tout membre d'une famille biparentale, monoparentale ou recomposée, prisonnier des stéréotypes qu'il côtoie chaque jour et destiné à les reproduire.

Amoral et feel good en même temps, l'histoire se passe au sein d'une famille adepte des crimes crapuleux, mais qui a tout de la petite famille parfaite. Une belle villa en banlieue, un papa gentil, une maman dévoué, le couple garçon-fille adolescents et assurément sérieux à l'école. Mais quand Un jeune cambrioleur mal dans sa peau et orphelins débarque dans leur vie, les masquent tombes. Les situations de comédie avec une pointe de violence et un manque de moralité rafraîchissant s'enchainent alors sur les deux premiers épisodes. La bonne idée du jeu TV, fait mouche, mais rapidement le reste de la série tourne à un drama bien moins loufoque. Le sérieux prend le pas et les leçons de moral, des biens pensants, insidieusement, revient. Avec cette volonté affichée de devoir pour être heureux, recréer les stéréotypes de la petite famille parfaite japonaise.

Plus d'épisodes, plus d'immoralité encore et plus de fun à la Nanba MG5 auraient été bien venu. Des gags, il pouvait en avoir à la pelle. Des voisins trop curieux qui s'immiscent dans les affaires de la famille. Une police incompétente qui tente de les coffrer, en vain, la famille qui va aider des habitants du quartier, qui iront jusqu'à les protéger. Tout en maintenant les chantages, extorsion de fonds, manipulation à la sugar dady ou sectaire que vous verrez rapidement aborder, mais toujours avec beaucoup d'humour.

On aurait pu s'attacher aux personnages. D'autant plus que le héros est parfaitement joué par Hongo Kanata qui, avec ses maladresses et ce rictus gêné, nous touche et le rend convaincant. Ce besoin de recréer une famille est fort, mais c'est dommage qu'il prenne le pas sur l'humour à partir de la moitié des 4 épisodes. Il y avait de quoi faire une longue série récurrente pour les fins d'après-midi, mais les biens pensants en ont décidé autrement. Pas que cela ne donne des idées à la jeunesse japonaise chaste et vertueuse.

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Completed
The Honest Realtor
1 people found this review helpful
Sep 25, 2022
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 7.5
Rewatch Value 8.0

Vendeur, menteur

Le mensonge et la mauvaise foi semblent être devenu aujourd'hui l'outil indispensable pour gagner tous les combats. Jusque dans la réalité la plus horrible, quand un dirigeant ment en regardant le monde dans les yeux, il arrive à convaincre, même ses plus féroces opposants, qu'il a peut-être raison. Dans cette ambiance détestable dans lequel l'être humain vie aujourd'hui, il reste des médias qui cherchent encore à mettre des principes de vie, qui paraissent probablement désuets, en avant, par des dramas sans prétention, pourtant tellement indispensables actuellement. La NHK fait ce qu'on attend d'elle pour une télévision publique. Elle nous fait vibrer et réfléchir sur les valeurs d'honnêteté, de compassion et d'engagement avec ce Shoujiki Fudosan, où tout est déjà dit dans le titre.

En effet, le pitch tient sur un timbre-poste (il y en a encore au Japon, heureusement). Un agent immobilier, obsédé par l'argent, ment à ses clients, ses conquêtes et tout son entourage pour faire du chiffre et vivre la belle vie de riche célibataire. Un jour, il se voit dans l'incapacité de mentir. Si bien que, les 10 épisodes de ce drama vont se transformer en leçon de vie, quasi bouddhique. L'honnêteté paye toujours, on le dit bien. Mais cela va mettre du temps à venir. Loin d'être une sinécure, la NHK nous montre bien à quel point le monde des agences immobilières ressemble à celui des Yakuzas. On découvre un système mafieux incarné par le grand méchant de l'histoire. Celui-ci, voulant conquérir les autres agences immobilières. Mais surtout, ses petites sociétés, sont chacune dépeintes comme des clans de Yakuzas, prêtes à foncer sur leurs victimes, les clients, en les embobinant. C'est là qu'est toute la force de ces dramas pédagogiques. Même si c'est une adaptation de manga, pleine de clichés et de "what's the fuck", très clairement, le but principal de la série est d'alerter tous ceux qui doivent passer par une agence pour vendre, acheter ou louer. Les coups fourrés sont nombreux, mais des panneaux informatifs apparaissent à chaque scène en face à face client x agent pour expliquer tous les termes techniques. On connait le procédé, mais on apprécie toujours.

Bien sûr, on est en face d'un énième feel good drama. Tout fini toujours bien ou presque. Cependant, on en a vraiment besoin ses derniers temps. Car les situations dépeintes, de personnes réellement dans la merde, après des mauvais conseils ou de la malhonnêteté, on en connait tous. Les émissions françaises où l'on fait semblant de régler les problèmes des gents dans le besoin, à coup de grande gueule, n'ont pas un 100e de classe de ses dramas. La vulgarité etn face de la finesse japonaise. Certains diront la japoniaiserie, pas moi. Bien qu'on pourra regretter la pauvreté du scénario renvoyant à Liar Liar un film qui a maintenant une trentaine d'années. Mais soyons honnêtes, les acteurs et leurs personnages touchent au cœur, bien plus que les simagrées et grimaces d'un Jim Carey.

Yamashita Tomohisa à la quarantaine bien cachée, a déjà une longue carrière derrière lui, de beaux gosses en tant que premiers rôles. Ce qui ne l'empêche de jouer dans ce drama qui n'a rien d'un blockbuster. Il oblige tout de même, un jeu d'acteur capable de passer du séducteur-prédateur, à celui qui a tout perdu et suscite la sympathie, voir l'empathie. Et il y arrive parfaitement. À part, peut-être, ces moments "jogging" où la production essaye de l'enlaidir. Mais rien à faire quand on est bô, on est bô.

Fukuhara Haruka qui va certainement exploser en popularité avec son rôle principal dans le nouveau Asadora de la NHK: le bien nommé Maiagare ! est ici, déjà parfaite dans son personnage de candide idéaliste. Sorte de conscience pour l'horrible menteur qu'est le héros, elle sublime ce drama, par sa présence. Tellement naturelle et fraiche, elle apporte cette touche d'humanité et de candeur dans un milieu de requin, que dis-je dans ce monde réel pourri jusqu'à l'os.

Les autres acteurs sont bien sûr à la hauteur, notamment le sombre Ichihara Hayato ou les personnages féminins pas si secondaires que ça, qui qui apportent tous leurs lots de mystère. Il y aura, très franchement, quelques rebondissements intéressants, jusqu'à la dernière minute, si bien qu'on en demandera davantage.

L'attachement aux personnages, l'ambiance feel good et l'envie de devenir agent immobilier est bien là. La NHK a encore réussi son pari. Et j'attends avec impatience d'autres catégories socio-professionnelles dépeintes de la même manière, en évitant une fois de plus s'il vous plait une énième adaptation de Toritsu Mizusho. Et cela en toute franchise.

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Completed
Itoshii Uso: Yasashii Yami
1 people found this review helpful
Mar 7, 2022
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 7.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 8.5
Rewatch Value 7.5

Ce n'est pas beau de mentir

Le mensonge est souvent au cœur des mystery dramas. Avec toute la subtilité qui caractérise le jeu des acteurs japonais, on ne se lasse pas de décrypter les expressions du visage distillées de manière si subtile, afin de déceler la (non-)culpabilité du personnage. Vous l'avez compris à mon introduction, elle-même d'une grande subtilité, je ne vais pas être tendre avec Itoshi Uso: Yasashi Yami, énième adaptation de manga relatant un terrible secret d'une bande d'anciens copains d'école et évidement rattrapée par celui-ci.

Du vu et du revu au niveau du scénario donc, même si le(s) secret(s) met du temps à émerger vraiment au long des épisodes, comblant un peu l'ennui de cette série qui se veut pourtant adulte. Le problème, c'est qu'avec tant de clichés, on a du mal à accrocher. Je sais, je regarde un drama qui plus est adapté d'un manga. Je devrais, par conséquent, être habitué et indulgent, mais là.... Passe la réunion d'anciens élèves, où on retrouve ses amis et ancien béguin du collège dans une ville campagnarde. Passe les personnalités toutes plus stéréotypées comme la mangaka ratée introvertie, toujours fleur bleue et tellement célibataire à 29,99 ans. Non, le vrai problème, c'est le combo scénario/mise en scène. Aucune fantaisie, le peu de surprise possible est cassé pas ses œillades d'acteurs forcées du fait d'une direction maladroite ou par ses scènettes vues mille fois. Le gars capuchonné qui pousse au passage piéton, par exemple. On veut nous choquer, un peu, mais surtout pas nous surprendre ou nous perdre dans des méandres de réflexion. En tout cas dans les premiers épisodes...

En effet, malgré la déception du début, on peut se prendre au jeu à partir de la fin du 3e épisode et bizarrement, moins il y a de personnages à l'écran, plus cela devient intéressant, mieux dirigé et scénarisé, jusqu'à terminer la série à l'opposé du ressenti initial. La maladresse et le lourd, laisse place à des moments forts et touchant dans les sentiments. Je réserverai donc ce mystery drama à ceux qui les dévorent et qui ne sont jamais rassasiés, plus qu'à ceux qui les découvrent. Car je le redis, l'ennui ou la moquerie peu vite faire son apparition. Des chefs-d'œuvre de mystery dramas où le cerveau est retourné du début à la fin, il y en a la pelle, si ce n'est que Shin Hannin Flag qui est diffusé en même temps sur un autre Chanel.

Reste, quand même, une certain malaise créé par une ambiance crasseuse assez bien mené. Une cruauté dans les propos, voir une certaine violence distillée par des acteurs vraiment flippants. C'est en réalité ses rôles là qui donnent du sel à la série. La mangaka jalouse ou le marie violant sont assez justes. Mais dans un certains sens, c'est l'ensemble du cast qui a du mérite. Ils rattrapent tous une histoire éculée de vengeance, en mettant l'accent sur la jalousie et la frustration d'adultes ayant mis de côté leurs rêves d'ados. Haru est légèrement irritante en candide de 30 ans, trop bien élevée pour se rebeller et on rêverait qu'elle reprenne son caractère exécrable et pourtant si adorable de chef des tests PCR de #Remolove. Dans le cast, il semblerait qu'il y ait une prime au joli grain de beauté, puisque vous vous amuserez à déceler ceux des autres jusqu'à ne plus voir que cela. Ok je dois être un peu fétichiste, mais ce dernier détaille montre bien à quel point on peut parfois chercher de l'intérêt dans l'histoire. Certes, il reste la musique, qui essaye d'être moderne dans la composition, mais pas de thème fort qui reste dans la tête. Plutôt une copie de ce qui ce qui marche ailleurs. Un peu comme ces cassettes de cover qu'on achetait l'été sur les marchés dans les années 80-90. Efficace sur le moment, mais vite oubliés.

Un casting intéressant. Avec des jeunes trentenaires plutôt bien choisis, pour leur physique et leur jeu. Mais un mystère qui manque d'originalité et surtout une production largement pas à la hauteur qui gâche les efforts de ses acteurs et peut être même une histoire originale que je ne connais pas, mais qui aurait largement mérité mieux. À moins que toute cette chronique ne soit qu'un gentil mensonge...

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Completed
The Man from the Sea
1 people found this review helpful
Aug 10, 2021
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 7.5
Rewatch Value 7.0

Face à la mer

Fukada Koji est un grand réalisateur de cinéma qui peine encore à percer au delà du Japon, alors même qu'il fait régulièrement l'affiche des festivals européens depuis 10 ans. Certains diront "si, si, son succès est incontestable au-delà de ses frontières", mais même l'ultra surcotée Kawase Naomie n'est peu connu du grand publique, malgré le succès, là aussi relatif, des Délices de Tokyo (An) ("à oui, c'est elle !!!"). La faute à une distribution et un mépris heureusement de moins en moins catastrophiques, mais qui a encore du chemin à faire. Effectivement, ce "Soupir des Vagues" (jolie titre français d'ailleurs) Umi o kakeru en original, date de 2018 et sort en juillet 2021 dans les cinémas français. Fort du succès, toujours relatif, d'Harmonium et en attendant d'autres œuvres, Hanabi et ArtHouse essayent d'effacer l'insulte faite à ce grand réalisateur, passionné de cinéma. Le Covid n'excuse pas tout et il serait tant que les mégacomplexes s'emparent aussi de ses productions encore cantonnées, en province tout du moins, aux salles de cinéma indépendantes.

Car le cinéma de Fukuda a ce ne je sais quoi qui fait le sel des productions comme Parasite pourtant largement encensées en 2019. L'image est belle et l'ouverture de cette histoire, se passant sur les plages indonésiennes est un plan fixe d'une minute sur les vagues qui vous envouteront à souhait. Pas spécialiste du cinéma, en général, je sais pourtant apprécier, son cadrage, son montage, la couleur et sa lumière, loin de donner la nausée et comme Kawase c'est justement trop bien le faire.

Difficile de décrire un film de Fukuda sans spolier l'intrigue et je pense que c'est justement ce qui justifie, parfois, la mauvaise note que peuvent obtenir ses films sur toutes plateformes de critique du net, celle-ci y comprit. En effet, souvent pépère durant la première moitié du film, anesthésiant le spectateur par des tranches de vie parfois sans intérêt, surgit plus au moins à un moment inattendu un switch qui vous fait crier au génie. Mais qui malheureusement, et c'est là sa faiblesse, rend le film insipide si on vous l'a divulgâché. Alors 3 ans après sa sortie au cinéma et déjà vue par bon nombre de passionnés, grâce aux bouches à oreilles, ce film, comme d'autres du réalisateur peut perdre clairement de son intérêt si on vous gâche la fin. Comme ce n'est pas mon cas, il faudra courir voir ce film au cinéma pour son image, donc des paysages des plages indonésiennes, lieu même où c'est déroulé le tsunami qui à fait tant de ravage et de morts.

L'autre intérêt par rapport à d'autres de ses films, c'est l'entrée du fantastique, certes léger, mais surtout la diversité des cultures qui se mêlent et le rappel constant à l'histoire de ce pays. Si vous cherchiez beaucoup de lignes de texte en japonnais vous serez sans doute déçus, car c'est la langue indonésienne qui est mise en avant. L'histoire se passant dans une famille binationale, qui reçoit la venue d'une cousine du Japon en visite. Mais c'est l'arrivée de Dean Fujioka qui va bouleverser la vie de cette famille plutôt aisée, vivant dans un pays encore très pauvre. On découvre donc l'Indonésie et sa langue mise en avant par le réalisateur et ça fait du bien. Un réalisme saisissant qui tranche avec l'entrée du fantastique. Un quotidien presque ennuyeux qui se révèle fort de symboles pour ceux qui savent les déceler. La présence du Japon durant la 2de guerre mondiale, la disparition des proches, la fatalité face aux éléments naturelle, les castes, le système patriarcal, etc...

Bien sûr, certains seront attirés par les acteurs japonnais, Dean Fujioka en premier. Mais son rôle nécessite, très peu de dialogue et encore moins de présence et pourtant quel charisme ici aussi. Les groupies seront sans doute déçues. Un peu moins, peut-être pour la jolie et talentueuse Abe Junko qui se spécialise dans les rôles arti et internationaux au cinéma et c'est un peu dommage, car elle pourrait illuminer de sa présence un peu plus le petit écran. Mais tout ce qui est rare est précieux, non ? Comme sa parole d'ailleurs, car les dialogues sont finalement assez absents de ce film.

L'image est forte et belle. Le contenu est aussi fort de sens. Les effets spéciaux pourront faire un peu rire et sont presque superflus, mais comme pour tous ses films, Fujikoda arrive à renverser la vapeur à un moment ou à un autre et nous fait ressortir moins bête et le sourire aux lèvres, en se disant je ne l'avais pas vu venir celle-là, une fois de plus. Comme cette vague qui a ravagé tant de famille en 2004.

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Completed
Fake Mommy
0 people found this review helpful
7 days ago
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 8.5

Mamans Poules

Une histoire de cachotteries réunit deux des actrices les plus douées de leur génération : Haru en super nanny coincée et Kawaei Rina en maman fantasque aux préoccupations légères. Si le ton peut paraître léger, rappelant une certaine Anya Forger découvrant l’élégance de l’académie Eden, la série n’en est pas moins profonde et touchante. Elle contribue, comme d’autres ces dernières années, à interroger la notion de famille au XXIᵉ siècle, face à des mœurs japonaises figées à l'ère Edo.

Le parallèle avec Spy×Family s’arrête toutefois assez vite. C’est même presque l’inverse : la sympathique Ikemura Aoi est un génie né, prête à tout pour intégrer l’école réservée aux enfants surdoués du pays. Pas de chance, comme dans la célèbre série d’espionnage à la fake family, il faut être issu d'une famille "équilibrée" de la haute bourgeoisie pour intégrer l'académie. Sa mère, auto-entrepreneuse dans la vente de jus de fruits, n’a ni le pedigree ni le temps à consacrer à la scolarité de sa fille, qui rêve de devenir astronaute, ou tout du moins astronome. Face à un tel rêve et à un tel potentiel, elle commet l’impensable pour faire plaisir à sa fille : une mère de substitution. Haru Poppins elle même surdiplômée, mais au chômage, prend alors sa place pour parvenir à l’inscrire dans cette école d'élites

On pourrait alors espérer une multitude de quiproquos, de moments gênants et hilarants pour préserver le secret, mais Fake Mummy n’est pas un gag manga comme SXF. Pleine de bons sentiments, elle pourrait laisser présager de longs moments pathos. Pourtant, des mystères et des moments angoissant viennent parsemer la série et ils sont plutôt bien menés. La réalisation comme l’écriture évitent l’ennui et tiennent en haleine, notamment grâce au soutien de très bons acteurs. Les trois acteurs masculins principaux forme d'ailleurs un trio d'élégance, chacun dans leur genre.

Se croisent alors une guerre entre deux start up, dont la rivale de Kawaei est dirigée par un salaud toujours aussi magistral dans ce rôle qu'est Kasamatsu Sho, des cachotteries faites à d’anciens camarades de classe, et des mensonges omniprésents envers ses amis les plus chers. Les histoires d’amour qui naissent entre les protagonistes sont de ce fait rudement menées. À cela s’ajoutent des seconds rôles certes vus mille fois, comme les parents délégués au pouvoir surdimensionné dans l’école et au profil aussi inquiétant que drôle.

Mais l’essentiel est ailleurs. On retrouve dans cette série ce qui fait le charme d’une présence d'enfant. On ne peut qu’être touché par la maturité d’Aoi-chan face aux déboires des adultes et à l’énergie qu’ils déploient pour son bonheur. Le trio qu’elle forme avec Haru et Kawaei Rina touche à coup sûr. Des moments de vie traversent ces dix épisodes, critique une fois de plus d’une société sclérosée, mais sans temps mort, et l’émotion est régulièrement au rendez-vous. La série est moderne : elle dépeint des familles de 2025, et vous vous reconnaîtrez forcément dans l’un ou l’autre des personnages.

La beauté de cette série n’a d’égale que le nombre de "grains" visibles à l’écran, et pas seulement celui d'Haru. Et comme si être le grain de beauté le plus célèbres du Japon ne suffisait pas, Haru termine la diffusion de celle-ci en même temps qu'elle célèbre son mariage avec Takasugi Mahiro, marquant l’année 2025 de son empreinte. Une autre figure marquante de l’année participe à la messe : la talentueuse Chamina, qui signe un ending de très haut niveau.

Après tous ces mystères et ces émotions, il est temps pour moi d’aller prendre une claque de romantisme avec Watashi no Oyome-kun. Sûr qu’il aura désormais une autre saveur.

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Completed
Cube
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9 days ago
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Overall 7.5
Story 7.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

La boucle est bouclée, encore et encore...

C’est en me faisant une rétrospective Masaki Suda que j’ai eu comme une impression de « déjà-vu » avec ce film de 2021. Mon présentiment ressemblait à un passage d’une pièce à une autre, tout en rentrant toujours dans la même, et cela sans jamais trouver la sortie. Et c’est en voulant chercher le lien sur « le dieu Internet » entre As the Gods Will et Cube (ceux qui ont vu les deux comprendront) que je me suis rendu compte que j’avais déjà vu ce film il y a bientôt… 30 ans.
Et oui. Dans une autre vie, avant d’être passionné par le drama japonais, je faisais un cursus mathématique et découvrais par la même occasion, en 1997, Cube sur les écrans. Presque dix ans avant Numbers, la série américaine, le Canadien Vincenzo Natali réalisa cet hommage aux mathématiques et inventa du coup le concept d’escape room « en live » (avant, c’était du point & click, mais ça, c'est de la préhistoire). Bien sûr, depuis Running Man (1982) de Stephen King, rien de nouveau dans le survival game. Chacun dévoilait déjà sa personnalité dans un jeu de la mort, et en 2021 comme en 1997, ce n’est pas l’ultraviolence des scènes gore qui devrait attirer le spectateur. D’autant plus que même un évidage de tronc ne provoque pas des litres de sang à l’écran dans cette version de 2021, la rendant presque aseptisée.

L’avantage d’avoir complètement oublié l’original, et n’étant pas un cinéphile, je me contenterai, comme 99,9 % des spectateurs de 2025, de regarder Cube avec l’œil des années 2020, et seulement celui-ci. Donc pas de déversement de haine de ma part pour un massacre de l’œuvre originale, la note moyenne sur ce site en est surement déjà la conséquence.

Pas de déversement non plus de haine pour un massacre des mathématiques. La (ou les) cellule(s) est/sont décorée(s) par l’éponge de Menger, et le design est donc tout à fait dans le thème, voire classieux. En se concentrant bien, on comprendra les allusions aux nombres premiers, aux coordonnées cartésiennes, au Rubik’s Cube et bien sûr aux nombres fractals, hyper à la mode dans les années 90. Entre vulgarisation et concepts quand même perchés, vous ne serez toutefois pas trop perdus. Surtout pour additionner 3 chiffres avec Masaki Suda. Car si Cube (2021) n’apporte rien au niveau du scénario, il permet tout de même de voir réunis cinq acteurs de haut rang dans la même pièce durant deux heures, même si c’est toujours la même. Alors qu’on serait prêts à payer une fortune pour les voir sur une même scène dans une pièce kafkaïenne ou d’Albert Camus, on a ici la chance de les voir jouer sans autre artifice qu’eux-mêmes, la comédie humaine. Certes, on comprend rapidement que ce film et leurs rôles sont purement alimentaires, ou peut-être un hommage, mais il faut bien nourrir les enfants et les plateformes de streaming. Leur cachet a dû être inversement proportionnel au budget décors, réutilisé à l’infini, mais ça valait le coup de les réunir.

Bien sûr, les révélations de leur passé sont complètement bidon, voire spoilées dès les dix premières minutes, tant la mise en scène à la japonaise sait trop bien le faire. Le rôle de Watanabe Anne est assez vite compris, tant elle est absente des événements. Les sous-entendus du jeune garçon face au grand-père, ou à son onii-chan de circonstance en la personne de Masaki Suda, et les flash-back sans aucune subtilité de ce dernier nous font assez vite comprendre les enjeux sociétaux de l’œuvre. Bien sûr, ils n’ont rien à voir avec les maths, mais en tant que professeur, et malgré tout le manque de finesse dont fait preuve l’œuvre, ils sont tout aussi importants, si ce n’est fondamentaux, dans le métier. Cette fractalisation de la vie d'un homme adulte, qui se répercute sur le futur adulte qu'est l'enfant, à l’infini, fait écho à l’infinité des concepts abordés. Si vous passez à côté en ne voyant qu’une énième « jeu de la mort » dans ce film, forcément l’œuvre vous paraîtra aussi creuse que le cube de Menger, qui, par son infinité de trous, ne pèse rien.
Ce paradoxe fait écho à un film bourré d’acteurs talentueux, mais tellement plein de trous qu’il en devient vide de talent. La boucle est bouclée.

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Completed
As the Gods Will
0 people found this review helpful
10 days ago
Completed 0
Overall 8.0
Story 7.0
Acting/Cast 8.5
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

1, 2, 3 Kagome

Alors que je m’étais juré de ne plus chroniquer un battle royale après Samurai Standing, de peur de tous les trouver fades, me voilà pourtant à critiquer l’un des fondateurs du genre « jeux d’enfants/massacres sanglants ».
Si certains pensent encore à Squid Game, c’est peut-être parce qu’il aura fallu attendre presque dix ans pour pouvoir enfin profiter de As the Gods Will de Takashi Miike sur un écran européen. Bien sûr, les plus chanceux avaient pu le découvrir dès 2014 dans plusieurs festivals, notamment spécialisés dans le cinéma d’horreur. Mais le curseur de ce qui est « supportable » pour un public occidental s’étant largement déplacé avec Squid Game il y a déjà cinq ans, on peut enfin rendre hommage à ce précurseur d’un genre déjà galvaudé par les mangas en 2014, en le visionnant aujourd’hui sur Prime Video.

En réalité, les fans de manga connaissaient déjà bien la série achevée en 2017, connue en France sous le bien nommé "Jeux d'enfants". Et après Mirai Nikki, Doubt et bien sûr Battle Royale, ce n’est pas en 2014 que le fan allait être scotché par un énième jeu de massacre entre lycéens. Heureusement, dans le film en tout cas, Takashi Miike va droit à l’essentiel. Dès les premières images, les têtes explosent, le sang gicle, avec des effets spéciaux encore non pollués par l’IA. C’est cru, c’est violent, c'est dérangeant...

La seule justification de ce jeu de massacre, c’est que le héros, incarné par sa muse, Sôta Fukushi, s’ennuie dans sa vie de lycéen. Pas d’enfance misérable, pas de harcèlement scolaire qui pourrait évoquer une vengeance méritée envers ses camarades. Non : il s’ennuie. Et ce premier Daruma Game l’amuse presque tant il le sort de sa torpeur. Ce jeu de type « 1, 2, 3 soleil » frappe directement l’esprit du fan d'une certaine série coréenne, et évidemment les similitudes ne cesseront de parasiter, ou d’alimenter, le plaisir sadique que l’on peut trouver à suivre les mésaventures de ces lycéens, sans aucune justification morale.

Mais si, comme moi, vous avez été frustré il y a 5 ans par le succès de Squid Game au détriment des anciens et nombreux survival games japonais, As the Gods Will disponible partout est une revanche jouissive. Les jeux traditionnels sont bien là, sanguinaires et non dénués d’humour noir. Les effets visuels sont bluffants, notamment avec les poupées Kokeshi ou le Manekineko, et l’on se plaît à entendre des références populaires comme le kagome kagome ou le shiritori.

Mais tout n’est pas parfait. Si les costumes et les décors oscillent entre un collège tout droit sorti des années 80 et Le Monde de Narnia, donnant un côté kitsch clairement assumé, voire revendiqué comme un hommage, c’est surtout la vacuité du scénario qui pose problème. D’accord, le film se veut un brûlot dénonçant la violence gratuite de la société, notamment chez les jeunes, la santé mentale, tout ça… mais clairement, les scènes en dehors de l’arène scolaire sont d’un non-sens et d’une inutilité pathétique.

Le problème vient surtout du fait que, dix ans après, la suite, c’est-à-dire l’adaptation des autres tomes, n’est toujours pas en chantier. Ce premier opus reste donc orphelin des explications nécessaires à cette introduction et à la venue d'autres personnages.
Nul doute que si le film était sorti initialement à l’international via Netflix, dans la lignée de Squid Game, le succès aurait été au rendez-vous et une suite aurait sans doute répondu à toutes les questions laissées en suspens. Les personnages secondaires introduits resteront donc un mystère, même s’ils sont ultra clichés, renforçant encore l’hommage au cinéma de genre : l’hikikomori qui se découvre super-héros, l’attaque extraterrestre, ou encore le vieil homme sans-abri, déchu mais sans doute surpuissant.
Bien sûr, il faudra lire le manga pour aller plus loin… mais après la folie meurtrière de Takashi Miike, il risque de me paraitre bien pâle.
Tout comme un certain Squid Game.

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Completed
Frontline
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14 days ago
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Overall 8.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 8.0
Rewatch Value 7.5

Alors là , elle ne s'amuse plus du tout !

Replonger dans la période du coronavirus, ça vous dit ?
J’ai eu la même réaction que vous en lisant le pitch de Yokohama: Frontline. Mais une fois passée la remontée des mauvais souvenirs de l’époque (déjà cinq ans), je me suis demandé : qu’est-ce que je sais vraiment de l'histoire du Diamond Princess ?
Cette croisière destinée à une clientèle étrangère ultra riche, qui a viré au cauchemar, est un épisode que le Japon tente d’oublier, tant la gestion de la situation a été jugée inhumaine. Sans chercher à faire croire que la croisière s’est transformée en partie de plaisir, le film remet les choses en perspective et s’impose comme une pièce d’histoire qui ne cherche pas à la réécrire. Mais se taper deux heures anxiogènes vaut-il le prix de l’information ?

Deux avertissements posent clairement le cadre : le film se présente comme une docufiction dès le début du générique, et pour celui de fin, les producteurs s’excusent des libertés prises, notamment concernant le port du masque, afin de mettre en avant les acteurs et le drame humain. Les précautions sont évidentes, presque excessives, sans doute pour prévenir de nouvelles critiques et mets en lumière à quel point le sujet et délicat à aborder.
Car ce qui interroge le plus, et fait écho à d’autres catastrophes de l’histoire du pays, c’est bien l’opinion publique. On a du mal à s’en souvenir, surtout quand on entend parlé de l’hospitalité japonaise envers les étrangers, mais une véritable cabal s’est emparée de l’opinion lors de la mise à quai du bateau. Fallait-il débarquer les malades ? Les médecins pouvaient-ils rentrer chez eux ? Mais comme le dit un directeur d’hôpital acceptant de recevoir des patients : « Nous avons beaucoup à apprendre de vous ». Et nous avons donc beaucoup à apprendre de ce film.
Mais ce moment touchant reste une version Bisounours de l’histoire. En réalité, les refus des hôpitaux étaient légion, alors qu’aucun cas positif n’avait encore été détecté sur l’archipel. Et, portés par des médias en quête de sensationnalisme, ce sont les soignants eux-mêmes, ainsi que leurs familles, qui ont subi le rejet de la société tout entière. Le syndrome d’Hiroshima n’est jamais bien loin. Et au-delà des belles paroles de solidarité, qui se souvient encore des déplacés de Fukushima ?
Cela dit, tous ces faits sont relatés avec beaucoup de délicatesse et d'humilité. On suit le quotidien de la cellule de gestion des catastrophes, épaulée par un membre du ministère de la Santé résilient. Tout le monde apprend sur le tas, commet des erreurs, et la présence de Sakurai Yuki en reporter se découvrant peu à peu une conscience professionnelle, ainsi que Mori Nana, qui ne finit plus de me surprendre depuis Hirayasumi , donne un véritable intérêt au récit, au-delà du simple film catastrophe à visée informative.

On découvre certainement bien des choses sur la gestion du moment, notamment ce fameux transfert nocturne, à cinq heures de route du bateau. Mais l’essentiel du film réside dans la bienveillance qui s’en dégage. En cela, il se présente comme un hommage à tous ces soignants et à tous ceux qui étaient en première ligne en février 2020, alors que le monde oscillait entre indifférence et rejet.
Mais le monde a-t-il vraiment changé ?

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Completed
Last Samurai Standing
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22 days ago
6 of 6 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.0
Rewatch Value 9.0

Demo-Slayer, mais pas que...

Une méfiance viscérale envers les productions Netflix m’a fait hésiter plusieurs semaines avant de visionner ce que beaucoup annonçaient comme un Squid Game féodal. Rien que cette étiquette suffisait à me repousser. Un énième battle royale, vingt-cinq ans après la sortie du premier film et prenant place de surcroît à une époque où trancher des têtes semblait aussi banal qu’un live TikTok, promettait surtout une avalanche de sang boostée aux effets IA, combinée à un scénario inexistant. La derniere saison d'Alice in Borderland à peine (mal) digéré, et d’autres séries certes esthétiquement irréprochables mais désespérément vides d’histoire, avaient encore refroidi mes ardeurs à l’idée de resigner un abonnement chez Big N. First Love ou le plus récent Glass Heart sont beaux, très beaux même, mais tellement creux. Or les émotions ont besoin de plus que du simple vernis visuel ou auditif pour être suciter.

C’est donc en prenant mon courage à deux mains que je me suis réinscrit sur la plateforme, prêt à rejoindre ces centaines de participants au grand jeu de l’ennui. Mais quelle erreur… ou plutôt, quelle surprise. Jamais je n’aurais imaginé être à ce point happé par la série. Moi qui pensais rester un simple spectateur, libre de quitter mon sofa à tout moment, je me suis retrouvé prisonnier du récit, incapable de décrocher avant la fin, ou la mort par ennui, ce qui, heureusement, n’est jamais arrivé.

Le premier épisode est d’un pathos assumé : à l’aube de l’ère Meiji, le Japon se modernise à marche forcée, laissant sur le bas-côté une population plus pauvre que jamais. Famine, choléra, chômage massif après l’éradication du métier de samouraï… N’en jetez plus, la misère est condensée en quelques minutes afin de justifier l'arrivée express au temple servant d’arène pour les premiers combats. Dans cette introduction, véritable tuto du desepoire humain, j’oubliais les dix premières minutes de boucherie et d’explosions, pré-introduction bien trop proche de celle de Golden Kamuy, pour apprécier toute la bestialité de la guerre.

Bref, tout le monde se tape dessus pour une poignée de yens. Les chorégraphies s’enchaînent comme dans un western spaghetti, ou plutôt dans les films de samouraïs qui les ont tant inspirés. Fist, Swords & Guns se mêlent dans un hommage appuyé au cinéma de kung-fu, à Kurosawa et à toute une cinématographie que l’on peut aussi bien adorer que détester. Mais c’est efficace, indéniablement. Imamura Keisuke, en charge de la photographie, n’en est pas à son premier coup d’éclat, et cela se voit immédiatement à l’écran. Visuellement comme auditivement, on assiste à ce qui se fait de mieux. Mais aussi artistiques soient-elles, des têtes tranchées et des gerbes de sang ne suffisent pas à faire une grande série.

Heureusement, celle-ci est adaptée d’un best-seller retraçant la transition entre le Japon féodal et le monde moderne. Une transition qui résonne fortement avec notre époque : disparition des agriculteurs, nouvelles guerres hybrides, IA omniprésente pour remplacer les emplois, appauvrissement généralisé de la population. Mais arretons d’accumuler les parallèles anxiogènes et concentrons-nous plutôt sur les acteurs, autre immense force de la série. Ils sont nombreux, tous remarquables, et méritent sans doute des salaires confortables aux frais des abonnés de la plateforme. Côté personnages « modernes », inutile de dresser une liste exhaustive, même si Iura Arata, Hamada Gaku et Tanaka Tetsushi impressionnent par leur justesse dans leurs costumes cintrés de fonctionaire, npuveau samouraï des temps modernes. Attardons-nous justement sur les vrais Ronins.

Évidemment, Okada Junichi, également producteur, s’octroie un rôle de choix, mais ses seconds couteaux sont loin d’être en reste. Abe Hiroshi et Ito Hideaki incarnent sans doute les plus belles pourritures jamais vues dans un anime... Oui, la faute est volontaire, tant le parallèle est frappant. Terrifiants, puissants, d’une brutalité fascinante, ces deux-là mériteraient presque un Oscar pour leurs apparitions pourtant sporadiques dans cette série. On sent le plaisir qu’ils prennent à incarner de tels rôles, et ce plaisir est contagieux.

Mais la véritable révélation de ce taiga moderne reste Kiyohara Kaya. Son nom peut surprendre si l’on connaît sa filmographie : beaucoup de romantisme, un peu de suspense, et surtout du sex-appeal. À seulement 24 ans, elle prend tout le monde à contre-pied avec un rôle de samouraï lanceuse de couteaux, s’investissant corps et âme dans les scènes d’action. Les mouvements sont naturels, sublimés par les kimonos, et chaque apparition est hypnotique. Sa présence, sa gestuelle, son jeu, jusqu’à ses répliques, font d’elle le véritable cœur du récit. Je me suis surpris à la contempler, comme ces gueux devant le théâtre au début du quatrième épisode.

Autre belle surprise : Sometani Shota, dans le rôle du bon samaritain mystérieux venu du Grand Nord. John Snow n'a qu'a bien ce tenir. Après de telles acrobaties, la prochaine saison de Golden Kamuy risque de paraître bien fade.

Mais tout n’est pas parfait au pays des cascades de sang. Le découpage reste très classique : les combats servent de prétexte à des flashbacks omniprésents révélant les liens entre les participants. Une mécanique bien connue depuis les shōnen des années 80 : Dragon Ball et Saint Seiya en tête. Malgré l’adaptation d’un roman qui se veut adulte, on se retrouve plongé dans un Demon Slayer permanent : némésis surpuissant, amitiés de circonstance constitutant un groupe hétérogène de caractères et compétences, éveil de celles-ci, quête d’un senpai et transmission avec le personnage de la jeune Fujisaki Yumia.

Difficile de savoir s’il s’agit de clins d’œil assumés au shōnen, ou si l’influence de l’esthétique anime est devenue si prégnante aujourd'hui que la production n’arrive plus à s’en détacher. Quoi qu’il en soit, on ne s’en plaindra pas. Les décors, les mouvements de caméra, parfois à la première personne, souvent en drone, surpassent ce que proposent même les meilleurs animes. Un vrai bonheur pour les amoureux des ères Edo et Meiji.

Malheureusement, malgré l’adaptation du roman de Shōgo Imamura, le manque d’ambition scénaristique finit par se faire sentir. Dès les premières minutes, on comprend l’objectif de ce jeu de massacre, si bien que la révélation du quatrième épisode tombe à plat. La seule question restante étant de savoir lequel des trois tire réellement les ficelles.

La décision de limiter la série à six épisodes de cinquante minutes, dont dix de générique, comme toujours chez Netflix et afin de tester la popularité avant une éventuelle suite donne, une fois encore, de l’urticaire. Elle nous pousse même à nous désabonner en attendant la suite. Suite qui, soyons honnêtes, sera probablement celle qui me fera ressortir la carte bancaire.

En attendant, Golden Kamuy fera très bien l’affaire.

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Escape
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28 days ago
10 of 10 episodes seen
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Overall 8.5
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 7.5

Impossible d'y échapper

Présentée comme la sensation J-Drama de l’automne, Escape avait tout pour faire un hit. Deux acteurs dans le vent, aussi jeunes que beaux, incarnés par Sakurada Hiyori et Sano Hayato. Une romance indémodable de la belle enlevée par la bête, qui finit par en tomber amoureuse. Des pouvoirs paranormaux, un mystère, et une production sans faille : moderne, léchée, accompagnée d’une bande-son aussi catchy que romantique.
Mais trop de générosité ne conduit-elle pas à l’indigestion ?

Si le premier épisode laisse présager le meilleur, avec une princesse plus proche de Fiona que de Sissi, on se rend vite compte que les épisodes défilent comme un énième resucé du Fugitif. Le kidnappeur a beau avoir commis un crime, l’enlèvement d’une riche héritière, il possède un cœur aussi profond que le vide de ses poches. Accompagné de sa victime, qui s’émancipe dès les premières minutes et finit plutôt par le diriger, il découvre qu’elle n’aspirait qu’à une chose : fuir son père et le monde bling-bling qu’elle déteste. Ces deux-là étaient faits pour s’entendre. Cassés par une vie faite de pertes tragiques, ils se montrent particulièrement sensibles aux personnes qu’ils croisent au fil de leur cavale.
On retrouve donc la mécanique habituelle : rester discret pour ne pas se faire attraper, tout en voulant aider, épisode après épisode, les personnes dans le besoin.

Mais le parallèle avec Le Fugitif s’arrête là, même si les Mustang que l’on croise un peu trop souvent dans une campagne évoquant l’Amérique des années 60 ne sont clairement pas là par hasard. La modernité des dialogues et des situations, influenceurs, presse intrusive, hacking, et surtout le pouvoir des couleurs, nous ramènent bien en 2025. L’écriture, combinée au jeu débordant d’humour de Sano Hayato, ne laisse aucun doute sur la jeunesse de l’équipe de scénaristes. Hayato est la véritable force de la série. Ses gaffes et sa gouaille yankee sont maîtrisées à la perfection, pour notre plus grand plaisir.

Sakurada Hiyori apporte quant à elle la dose d’émotion nécessaire pour contrebalancer un humour souvent potache. Les larmes coulent en cascade, sans jamais sonner faux. Nos deux Roméo et Juliette sont entourés d’une belle troupe de seconds rôles : Kitamura Kazuki, en père troublé, autant touchant qu'inquiétant. Son secret constitue l’un des grands enjeux de la série, mais son jeu peut fasciner autant qu'agacer. Même constat pour Shida Mirai, surprenante hackeuse dont la présence reste aussi mystérieuse que ses capacités informatiques. Ces intrigues parallèles relancent un trop grand classicisme de la romance à la "fuis-moi, je te suis".

Mais les moments passés devant Escape sont loin d’être perdus. Les acteurs sont beaux, l’intrigue prenante, et l’on peut presque faire son shopping en parallèle tant le style vestimentaire des héros respire l'ultrafashion. C’est d’ailleurs là que réside, pour ma part, le plus grand mystère de la série. Comment, en passant des nuits dehors, sans argent ni valise, parviennent-ils toujours à être aussi bien habillés et coiffés ? Pour une princesse, certes, mais notre mécanicien affiche lui aussi une chevelure brillante comme le soleil un épisode sur deux. Demanderait-il une coloration et une carte-cadeau Shein à ses hôtes en récompense de les avoir aidés ?

Qu’importe. Le thème central du mystère étant la couleur de l’âme, celles des personnages ne pouvaient être que chatoyantes. Le sens de la mise en scène, grande force des productions japonaises, associé à la bande-son, sans même parler de cet ending signé Leo Leiri en duo (évidemment), confirme une fois de plus son statut de princesse incontestée des tie-ups des romances modernes.

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