Details

  • Last Online: 17 hours ago
  • Gender: Male
  • Location: France
  • Contribution Points: 0 LV0
  • Roles:
  • Join Date: August 15, 2020
Completed
Oshi no Ko
3 people found this review helpful
Dec 14, 2024
8 of 8 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 8.0

Les enfants de leur mère

Je l'ai attendu, cette version live de Oshi no Ko (1 an, donc). Non pas comme tous les fans d'animes, qui s'empresseront de cracher sur cette version, mais comme fan du monde du showbiz, en général, et nippon en particulier. Attendez-vous donc à subir une critique d'une personne qui a vénéré l'animé jusqu'à assister à des conférences du staff en Allemagne (et en allemand), écoutée Idole en boucle ou accrochée un poster sur son lieu de travail après avoir visionné la saison 1. Et qui, pourtant, a abandonné le visionnage de la saison 2 (en anime donc), après 3 épisodes, trouvant l'intrigue mole comme un Wota après 3 jours de convention. La pression montait donc pour moi envers ce drama qui reprend tous les codes visuels du manga, en essayant discrètement de se démarquer de l'œuvre originale.

Les Idoles pour les nuls
Mais à qui s'adresse donc Oshi no Ko ? Déjà..., pas à tout le monde, sinon il aurait été produit par Netflix et non pas par Amazon prime qui est souvent la plateforme : "par hasard". J'achète des livres, donc j'ai Prime, donc si je n'ai rien à faire, je regarde une série. Le thème abordé reste un thème de niche, on n'est pas sur Crunchyroll. On craint donc le moins bon pour une œuvre qui permet tellement de comprendre le monde du spectacle et des influenceurs. La compression de l'œuvre en 8 épisodes et un film, va évidemment faire hurler (ou soulager) le fan. Mais soyons claire, l'essentiel de l'anime est bien là et combiner deux saisons en une, permet de ne pas lasser le néophyte français habitué au format Cats Eyes/Les gouttes de dieux. On regrettera quand même l'abandon du préquel et le postulat de la production, qui suppose que tout le monde connait l'histoire de l'accouchement. Le drama est donc dès les premières minutes hermétiques aux non-initiés et c'est bien dommage. D'autant plus que si on déteste la musique "idole/kawai/pop sucrée" on passera son chemin dès le concert d'introduction, trop long pour convaincre les réticents, mais hyper fan service en reprenant le titre de B-Komachi et le clin d'œil dessin animé. Heureusement, l'épisode 7 reprend les bases avec beaucoup d'émotions, je dois dire et les choses deviennent plus claire pour ma grand-mère qui regarde le drama avec moi sur le sofa.

Balance ton Ko
Pour les initiés, on regrettera le peu de passage au lycée se focalisant uniquement sur les deux personnages principaux et leurs quêtes. Avec quelques quêtes annexes des trois personnages secondaires, heureusement. Mais l'ambiance est bien là. Pas seulement pour les costumes, coiffures et décors, qui vous plongent dans l'univers... de l'anime et du Showbiz. Une entrée bien plus digeste que dans Perfect Blue, pour heurterles mentalités de ceux qui ne voient encore qu'un étalage de chaire fraiche pour Otaks libidineux. Le monde du spectacle dans son ensemble est dénoncé, sans évidement le remettre en cause, puisqu'on sait bien qu'il ne fait vivre, pas seulement les stars, mais tout un monde de scénaristes, monteurs, etc... Il serait donc sain de moins mépriser celui-ci et ce drama peut évidemment y contribuer.

Perfect Ruby, ou pas
Pour ceux qui ne connaissaient pas l'histoire (il en reste), vous serez pris par celle-ci, comme on l'a tous été, qu'importe le média. Ici, cela sera surtout du fait des acteurs, qui malgré toutes mes craintes (sauf pôur Ano, choix évident) sont dans leur rôle sans être caricaturaux. Seule la coiffure de Kaito fait trop manga pour être réelle et je regrette le manque de charisme de Saito Nagisa. Mais c'est peut-être voulu, vu le parcours de son personnage. Comme je m'en doutais, Ano fait sortir le personnage des cases du manga dans le monde réel, tellement elle c'est elle. Mais si Kaito arrive à donner ce côté sombre à Aqua (on, sent que c'est LE rôle, pour lui), c'est dans le personnage de Hara Nanoka que vous aurez surement le plus d'empathie ou d'admiration. Car si Idole il y a, elle l'incarne à la perfection. Certainement, plus que Ai.

Cœur de Stalker
La musique habite la série, mais pas par des lives inutiles qui serviraient à combler un scénario fin comme un Cheki. L'ensemble des groupes à la mode se retrouve dans la BO. Mais pas d'Opening fort comme dans l'animé malheureusement. Je parle de la J-pop utilisée, la musique orchestrale, elle, est à la hauteur de la production. La mise en scène est bonne, les acteurs attachants, ce qui vous fera hurler, encoré ! entre épisodes trop peu nombreux et attente de la diffusion du film en France, on en voudrait plus. Les voir vivre dans leur quotidien. Et ces bébés jumeaux, on aurait tellement voulu plus de scènes avec eux. L'humour est présent, mais étant une œuvre inclassable, entre thriller, musical, fan service, humour, ... pour tout caser au format Amazon, on ne peut qu'être frustré comme après un Showcase de 20 min d'une star japonaise, en Europe.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Evil Does Not Exist
3 people found this review helpful
Apr 24, 2024
Completed 0
Overall 9.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 10
Rewatch Value 9.5

Takumi Ingalls s'en va couper du bois

Convaincre un fan de drama, à la sauce Netflix, d'aller jusqu'au bout d'un film d'Hamaguchi Ryusuke c'est un peu comme vouloir faire comprendre à un citadin que "se ressourcer dans la nature" ce n'est pas passer un week end à Centerpark. La forêt, la vraie, se mérite. Et ce n'est pas en la traversant pour rejoindre le dôme piscine surchauffé, en 5 min, avec son vélo électrique que vous la comprendrez. Il faut bien 2h de votre temps, s'est dit le réalisateur. Même si l'histoire aurait pu être dépliée en moins de temps qu'une tente Queshua .

Deux camps irréconciliables
Nul doute qu'Hamaguchi essuiera beaucoup de critiques pour son dernier film, pourtant récompensé à la Mostra de Venise. Opportuniste: Sur fond ultra écolo, si on est incapable d'y voir un éloge de l'homme et de la nature à la Rousseau. Soporifique: Bien plus que les 3h00 de Drive My Car et ses longs monologues kafkaïens, si on est incapable de ressentir la beauté symbiotique de l'image, de la musique et des propos. Évoquant tour à tour l'absence d'un être chère et la solitude de l'être humain, deux thèmes chers au réalisateur. Incompréhensible, si on est incapable de s'interroger sur un monde ni tout blanc, ni tout noir.

Trois films pour le prix d'un
Dans les premières minutes vous aurez l'impression de voir un documentaire animalier. Avec cette beauté figée où même les branches n'osent pas bouger devant la caméra du réalisateur. Puis vous serez happés par ces mouvements de caméra déroulant. Évoquant les défilements des vieux jeux vidéo, dans la même direction à vous en donner la nausée. Tout comme cette musique, faite de surcouches de nappes synthétiques, hypnotiques qui dans un premier temps vous envoûtera, mais là aussi, jusqu'à l'ivresse. Vous la trouverez envahissante couvrant le silence qui vous avait dans un premier temps gêné. C'est la nature qui vous enivre. On se prend à supplier l'arrêt de ces plans ou plus généralement de ces situations banales et interminables. Et cet arrêt vient soudain par la musique. D'un point de vu sonore tout est fait pour créer le malaise. Cette musique qui inspirée ce film. Ce silence, coupé par des coups de feux, très lointains pourtant. Mais pourquoi créer ce malaise dans ce paradis perdu ? Y a-t-il quelque chose à cacher dans cette petite communauté. Les citadins vont-ils tous être exterminés par un psychopathe limité intellectuellement, du fait de la consanguinité et caché par sa grand mère prêtresse du cannibalisme . D'autant plus que le film est parsemé d'indice dans ce sens et à qui sait les voir. Le titre du film, l'affiche, un simple jeu d'enfant où il tient le rôle d'un Akuma. Des 4x4 hyperpolluants et des tronçonneuses hyper bruyantes, nous font déjà comprendre que le diable se cache dans les détails.

Le malaise est clairement expliqué dans la deuxième partie qui ressemble alors à un documentaire d'Envoyé Spécial ultra orienté (pléonasme). Les faibles et gentilles villageois contre le gros consortium avide de subventions. D'évidence Hamaguchi a voulu forcer le trait pour nous donner un max d'empathie et faire détester ses deux personnages envoyés pour prendre la température. Arrive alors la 3e partie et les personnes qui ont su intégrer, apprécier et réfléchir durant les deux premières, apprécieront la suite comme personne et crieront, tout comme moi, au chef d'œuvre. Les autres auront déjà passé leur chemin restant dans le blanc ou le noir, sans pouvoir apprécier toutes les nuances de gris de cette partie. La fin vous hantera longtemps. Et chaque ballade en foret, que je vous souhaite nombreuses, vous remémorera la dernière scène. Bon je vous laisse, je vais m'entraîner à couper du bois, ça a l'air tellement cool.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Dai Byoin Senkyo
3 people found this review helpful
Mar 26, 2023
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 10
Story 10
Acting/Cast 10
Music 10
Rewatch Value 10

The Oni Picture Show

Les dramas, c'est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Le pitch improbable, "un hôpital de Yokohama pris en otage par des terroristes masqués", peut donner un avant goût. Mais vous risquez d'être vite surpris par la tournure que va prendre cette série B, voir Z de NTV. Cette deuxième couche qui va surprendre, décevoir ou enchanter par son arrière-goût vraiment "bizarre". Car" bizarre" est bien l'adjectif qui qualifiera le mieux cet Action Drama fleurant bon les années 80, le Cheap et l'hommage, malgré lui, aux Midnight Movies. Replongeons donc à la belle époque de la VHS et des vidéoclubs.

Difficile ainsi, de savoir si durant les premières heures, on se retrouve face à un hommage, ou si vraiment les producteurs, les scénaristes, réalisateurs, et même, les pourtant bons acteurs, ont voulu être premier degré. Tout rappelle l'âge d'or de la location des VHS. Un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. Quand il fallait approvisionner par des centaines heures de films d'actions les rayons de ces vidéoclubs. Jean-Claude Van Dam, Steven Seagel, Scharzy, Stallone et bien sûr Bruce Wallis, une des deux principales inspirations de ce "chef-d'œuvre". Plagiant, sans aucune dignité, Die Hard, mais également '24h' dans les postures, le montage, les stress ou l'action sans fins, on sera tantôt enchantés, tantôt outrés par l'audace de la production. Tout porte à croire donc que ce nanar ne vaut pas les 10 fois 45 min que l'on s'apprête à subir. Mais voulus ou non, le non-sens, le réalisme au niveau 0, que dis-je -1, le jeu d'acteur à la ramasse, bref, le What the Fuck permanent érigent ce supposé Action Drama au rang de chef-d'œuvre de l'humour. Et c'est dans l'état d'esprit de s'attendre à éclater de rire dans les moments se voulant les plus dramatiques que vous allez apprécier le plus le navet de l'année.

On sourira toutes les 5 secondes grâce à des cliffhangers improbables, tels que: Une attaque de dizaine de drones kamikazes dans un conduit d'aération que l'on évite sans peine. Des ennemis qui vous tirent dessus cent 100 fois à la mitraillette, des fights scènes sans fin où l'on ressort toujours indemne. Des masques, bien sûr, que l'on ne retire pas à l'agresseur sonné. Et mon préféré, la scène de la fenêtre. Mais là, je vous laisse la découvrir en entier, car c'est une leçon de tout ce qu'il ne faut pas faire en projet de fin d'étude de cinéma. Les acteurs eux-mêmes semblent, à peine sortie du club de théâtre de leur collège. Des acteurs confirmés, qui savent ce qu'est jouer, font pourtant partie du casting. Tsutsui Mariko ou Watabe Atsuro qui rejounte éternellement leurs rôles de politiciens véreux, surjouent comme ce n'est pas permis. Je ne peux évidement pas dévoiler beaucoup le reste du cast, la dizaine d'Onis façon Sentai est là comme des Kinder Surprise à attendre de dévoiler leurs identités, à chaque générique de fin. Qui se cachera derrière le bleu, le rouge, etc ... c'est à la fois ridicule et palpitant. Un peu comme quand on attend le casting de "danse avec les Stars". Y aura-t-il justement des stars ? En tout les cas, on sent pour les acteurs principaux que cela reste surtout alimentaire, le choix de jouer dans ce drama.

Sakurai Sho est indestructible et un mauvais père qui tente des vans que même bruce willis n'osait plus. Sa femme Higa Manami est une sainte qui veut sauver le monde entier. Leur fille de 8 ans qui est certainenent la meilleure actrice de la série, se rebelle comme une ado de 15 ans et devient la star des réseaux sociaux. Les réseaux sociaux, n'en parlons pas, ils sont aussi impossibles à fermer dans cette série que les volets de cet hôpital à ouvrir. Ressemblant plus à un parlement-bunker nord-Coréen, il est bourré de pièces secrètes et de lasers. Vous allez adorer. Rien n'a de sens. Les technologies sont à la fois obsolètes (talkiewalkie) et ultra-futuristes. Les hackers geeks sont ultra-clichés, comme tout le reste, de toute façon. Je pourrais parler pendant des heures de ce drama, disséquer chaque scène, voir ouvrir une école de cinéma inversée, pour montrer tout ce qu'il ne faut pas faire, rien qu'avec le générique, les catch-eyes, ou la musique grandiloquente. Le dernier épisode vaut vraiment son pesant de cacahuètes pour cela. Et attention à la scène post-générique, où on atteint des sommets stratosphériques. Je mets donc la note maximale pour tout. Et je suis sûr qu'on a un Horror Picture Show du drama d'action face à nous. Vivement les soirées cinéma cosplayées en Musashi Saburo et Yamato Koichi. On a des s masques et des phrases cultes. Uso daro ! 10/10 je vous dis.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Red
3 people found this review helpful
Jan 19, 2022
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 7.5
Rewatch Value 8.0

Mother, ou pas ...

Tsumabuki Satoshi acteur reconnu et populaire auprès de la gent féminine, et on peut le comprendre, vu son physique, a eu ses dernières semaines deux de ses films à l'affiche en même temps en France. Mais dans un registre assez différent puisque the Asadas est plutôt orienté comédie… pleine de sensibilité, quand même, alors que Red, sortie chez nous sous le nom tordu de The Housewife (au cas où on n'aurait pas compris) vous fera vivre une histoire d'amour passionnée, mais impossible, et cela, pour différentes raisons que vous découvrirez tout au long d'une mise en scène de haute volé qui laisse planer le mystère jusqu'à la dernière minute de ses 2 h 30.

À commencer par ce Road Trip entre les deux protagonistes à travers une tempête de neige, qui servira de fil conducteur à une histoire qui pourrait être simplement qualifiée de coucherie si on restait sur certains moments assez chauds. Passons rapidement sur ses scènes qui tout en voulant être subjectives, n'en sont pas moins trop longue pour envisager de voir ce film en famille, pour nous concentrer, si on y arrive encore, sur le sujet principal de cette œuvre. Cela tombe bien, c'est justement la place de la famille dans les relations amoureuses qui est questionnée ici, ou peut-être la place des relations amoureuses dans la famille selon l'avancé de l'histoire. Et cela à travers l'évolution d'une jeune "Mère au foyer" en la personne de l'excellente actrice Kaho. Autant je n'avais pas fait attention à elle dans de mignons dramas comme Coffee ga ikaga deshou ka, autant elle donne tout son potentiel dans les salles de cinéma et dans cet œuvre en particulier. Ses sentiments sont justes, retombant follement amoureuse à la vu de son ancien amant, se rappelant sa vie active, avant de se marier et d'avoir un enfant trop jeune, certainement.

Cette traversée, que l'on suppose du pays et sous cette tempête très anxiogène, nous fait penser à une fuite, mais une fuite de quoi. L'histoire se déroule, entrecoupée de ses scènes qui ne semblent pourtant pas être liées, ce qui donne inévitablement envie de connaitre le dénouement, qui je vous rassure aura bien lieu. Pas de fin ouverte, si vous savez interpréter les signes, évidement, mais une confrontation à une réalité brute qui ne peut pas décevoir. La vie n'est pas simple pour les femmes, comme le rappel un dialogue du film, mais elle ne l'est pas non plus pour leur entourage. Et cette vision de la réalisatrice est salutaire, loin d'un Anoko l'Aristo. Mishima Yukiko qui signe aussi le scénario, livre ici une œuvre réfléchit sans manichéisme. Une histoire ou personne ne sortira indemne. Des choix qui influenceront tout le reste d'une vie doivent être faits et on se sent vraiment embarqué dans les questionnements de notre héroïne. Certain diront que ses choix peuvent être les mauvais, mais qui sommes-nous pour juger ? Seule l'omniprésence d'alléluia par Jeff Buckley devrait vous irriter, et c'est peut-être le seul choix discutable, vu sa connotation.

Au fur et à mesure que l'histoire avance, vous les comprendrez et peut être même que vous les approuverez. Mais réfléchissez bien, une fois engager sur cette route sinueuse de montagne la tempête est telle qu'il n'y a pas de retour possible.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Aristocrats
3 people found this review helpful
Jan 16, 2022
Completed 6
Overall 7.0
Story 7.5
Acting/Cast 8.5
Music 7.0
Rewatch Value 7.0

Je suis aristo, c'est pas de pot !

Les films de cinéma indépendant japonais respirent toujours l'air du temps et nous obligent souvent à regarder notre société dans les yeux. Anoko is an Aristocrat ne déroge pas à la règle et ambitionne de résumer la condition féminine (japonaise) des années 2010 en 2 h. Bien sûr, ne vous attendez pas à des révélations ou quoi que ce soit d'original si vous connaissez un tant soit peu la société japonaise au-delà des clichés de savoir vivre et de finesse. Dramas et autres supports mettent en scène, depuis des décennies, les aspirations d'indépendance des femmes dans une des dernières sociétés patriarcales des pays dit riches. Indépendance qui rentre continuellement en contradiction avec le syndrome du conte de fée "mariage/petite famille modèle avant 30 ans", qui a la vie dure dans l'imaginaire collectif. Ce film aurait tout aussi bien pu sortir il y a 10, 20 ou 50 ans. D'autant plus que la réalisatrice, Sode Yukiko, ne cherche pas à en mettre plein les yeux par une production outrancière ou des décors à couper le souffle. J'irai même jusqu'à dire que le choix des acteurs, peut-être pour une question de budget, n'a rien de tape à l'œil. Même s'ils sont tous très bons dans leur rôle.

L'argent, c'est vraiment un sujet central dans ce film inutilement coupé en 5 chapitres, comme un roman, dont il est justement une adaptation. Sur la longueur, on comprend mal ce choix qui n'apporte pas grand-chose. Oui, les allez-retours entre le présent et le passé sont constants, dévoilant petit à petit les relations qui lient chacun, mais cette mise en scène fait assurément très scolaire. Comme cette surenchère dans le lourd quand notre héroïne aristocrate mets les pieds dans un Izakaya où les toilettes n'ont plus été nettoyées depuis l'époque Edo et les hommes semblent sortir de prison tant ils sont rustres. Parallèlement, la rencontre avec son futur marie est tellement surjouée dans le côté prince charmant qu'on espère rapidement avoir affaire à un serial killer pour faire disparaitre tout ce miel qui a dégouliné sur l'écran.

Heureusement ou malheureusement, il n'en est rien et le film continue à dépeindre la vie de femmes (les hommes sont au boulot ...eux) de différents rangs sociaux. Tokyo est présenté comme le mix de Neuilly et Bombay où les castes ne se mélangent pas ou alors juste dans les bars à hôtesses. Pourtant, ses femmes vont se rencontrer et apprendre chacune l'une de l'autre. C'est bien des discussions calmes et posées auxquelles vous allez assister. Sans effusion de colère entre la femme et l'ex-maitresse ou de jalousie pour les autres protagonistes, moins riches, moins intégrées, etc... Avec des renoncements pour chacune d'elle, mais également l'espoir d'une vie meilleure.

Le parti pris de situer l'histoire dans un monde recroquevillé sur lui-même de politiciens, médecins ou avocats n'est qu'un prétexte pour nous présenter une liste non exhaustive de profils féminins d'aujourd'hui. Si finalement, les aspirations de liberté et d'être maître de son destin apparaissent comme évidentes à toutes, chacune cherche à y parvenir à sa manière. Même si le point de vue de la réalisatrice ou du roman suggère, en filigrane, qu'on ne peut pas être heureux en couple... pour une femme... au Japon. Car une fois de plus, indépendance rime avec shigoto, shigoto, shigoto. Mais quel dommage encore, que dans une ville de 30 millions d'habitants, on nous présente les incontournables bars à hôtesses comme le seul moyen de gagner sa vie pour une provinciale. Malheureusement, au bout de quelques dizaines de minutes, je ne voyais plus que des tonnes de clichés dans ce film qui joue du coup, selon moi, en la défaveur de la cause féminine.

Les hommes sont vus au mieux comme des machos arrivistes, au pire comme des parasites soulards et dégueulasses, jusqu'au propre frère de Mizuhara Kiko. Le dégout suggéré au spectateur envers les hommes n'a apriori pas suffit à la réalisatrice, puisse qu'elle dépeint les femmes des générations "d'avant" comme des complices ou responsables du manque de liberté de la femme moderne. Les mères et grands-mères sont critiquées, en décrivant des situations obsessionnelles sur l'argent ou la succession. Tout est too much, mais nul doute que ce film satisfera un bon nombre d'occidentaux tellement contents de vivre dans un pays si avant-gardiste sur les droits sociaux, complètement à l'opposé d'un Japon rétrograde. J'en viens à me demander si Mizuhara Kiko n'a pas été choisie justement pour ses origines américaines. Je sais, je vois le mal partout. En Mikasa du dispensable Attaque des Titans, le film, ça peut se justifier, mais là ... Vouloir différencier physiquement les deux actrices principales, à ce point, me met mal à l'aise, surtout si c'est pour opposer un Japon traditionnel (la pureté) et moderne (le mélange). L'histoire n'avait pas besoin de ça et je m'excuse d'avance de mon interprétation erronée, au cas où.

Ne vous m'éprenez pas, je n'ai pas détesté le film. La contemplation des visages, des regards en gros plans, les silences et non-dits, la fin ouverte, tout rappelle le cinéma de Hamaguchi Ryusuke. Mais j'aurais tant désiré, à l'instar d'une Valérie Lemercier qui sait se moquer de l'aristocratie sans lui cracher dessus, que les messages passent avec un peu plus d'humour. La vie des gosses de riches n'est pas simple, mais de là à la présenter toujours comme une cage d'orée. La vie des provinciaux, non plus évidemment, mais pourquoi imaginer constamment que les femmes n'ont que leur corps, pour survivre à Tokyo. Ou encore, que l'on ne peut être heureux que dans un métier artistique, à parcourir le monde en éclaboussant son indépendance et son bonheur aux visages de tous.

Désolé pour le son de cloche sûrement différent des autres critiques dithyrambiques sur ce film. Certains diront même que c'est facile pour moi de critiquer, puisque je suis un homme. Et c'est surement là que l'on sent le plus notre différence de castes.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Hikikomori Sensei
3 people found this review helpful
Jul 12, 2021
5 of 5 episodes seen
Completed 0
Overall 9.5
Story 9.0
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 9.0

Si bien chez-soi, ...

Si Hikikomori Sensei était un film américain, Sato Jiro obtiendrait, à coup sûr l'oscar du meilleur acteur. Son rôle affiche toutes les cases, qu'un jury en manque d'inspiration coche pour satisfaire la conscience collective d'une société bien pensante. Acteur confirmé (52 ans) et très populaire, il a souvent joué dans des comédies, mais a eu aussi quelques rôles jolis dramatiques durant sa carrière. Il interprète ici un ancien hikikomori ayant fui ses congénères durant de nombreuses années, avec en toile de fond, l'absence de sa fille unique (sa femme ?). Ultra introverti, bégayant et fuyant du regard, il accepte avec peu de motivation d'aider un lycée à faire revenir dans une classe d'adaptation des élèves totalement absent de l'école depuis des mois. Véritable poison sociétal au japon, l'isolement des jeunes et moins jeunes d'ailleurs fait souvent l'objet d'épisode dans les séries de school life/sensei qui pullulent dans au pays de l'Ijime. Mais c'est rarement le thème principal, surtout avec un personnage de cet âge. Touchant ainsi une plus large audience, La NHK cherche clairement à sensibiliser une société qui préfère encore trop souvent mettre la poussière sous le tapis. Alors, est-ce que ça marche ?

Je vous l'ai dit, Sato Jiro est un excellent acteur, qui peut être énervant comme dans Super Radical Gag Family ou Shiro demo Kuro..., mais formidable dans un rôle titre. Il vous fera monter les larmes aux yeux pour sa relation avec les autres et sa fille en particulier. Les larmes n'auront rapidement plus de place sur le globe oculaire, tant les histoires de chaque élève vont vous toucher. Ses jeunes acteurs interprètent avec fraicheur et sincérité leur rôle, leur âge et leur physique, sans méchanceté de ma part, se rapprochant du monde réel et non pas des idoles ou models trop présentent dans ce genre de série.

Dans cet univers déjà riche, ou l'on voit avec plaisir revenir à chaque épisode des élèves à l'école, des personnages inquiétants font leur apparition. Le lourd passé de notre ex Hikikomori semble le rattraper et les embûches vont se multiplier. Il faut dire que le cast des adultes est plus que bon pour faire monter la sauce à Yakitori: Suzuki Honomi en assistante sociale désespérée, Takahashi Katsunori en principal arriviste, Tamaoki Reo en Hikikomori flippant. Sakuma Yui a malheureusement la tache difficile d'incarnée la énième professeur débutante de dorama, pleine de doutes et de questionnement et arrive difficilement à relever le défi du renouvellement. Face justement à Suzuki Honami, elle parait insipide et c'est bien d'hommage. Suzuki Rio à peine agé de 15 ans est une bonne surprise et son rôle prend vraiment de la profondeur au fur et à mesure des épisodes. On s'attache vraiment à ses élèves qui ne sont, pour le coup, vraiment encore que des enfants.

Mais bien sûr, c'est Sato Jiro qui porte toute la série sur ses larges épaules. Géant bien portant, on souffre avec lui quand il court tant de km pour ses élèves et il montre tellement de sensibilité quand il s'occupe de ses fleurs ou fait tourner en boucle ses ritournelles d'idole dans son petit hizakaya. L'ambiance musicale de ce drama a été particulièrement soigné et rajoute alors qu'il n'en avait pas réellement besoin encore une corde de sensibilité. Composée quasiment uniquement au piano, je tenais à la mettre en valeur, tant elle touche au cœur, à qui c'est l'écouté. Comme l'ensemble de l'œuvre d'ailleurs, qui seulement avec 5 épisodes pourra peut-être sensibiliser les parents et enseignants qui regardent bien trop souvent ailleurs. Ayons le courage de monter cet escalier, ouvrir la porte de cette chambre trop longtemps fermée et prenons-lui enfin la main ...


Read More

Was this review helpful to you?
Mar 28, 2021
2 of 2 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

Abeille du printemps - battle à l'écran - le chant des poètes

Encore une romance avec une des soeurs Hirose, me direz-vous. Mais si vous vous intéressez un temps soit peu à autre chose que les animes quand on vous parle du Japon, ne passez pas à côté du téléfilm An no Ririkku.

Après plusieurs années passées à m'intéresser à ce beau pays, il y a une chose que je peux laisser aux japonais. C'est leur amour des lettres, des mots, bref ... de l'écriture. Et ce film résume tout ce que j'aime dans cette philosophie. Si vous n'êtes pas fan de Haiku, court poème d'une seule phrase, tenant sur la marge d'un cahier d'écolier, mais concentrant toute la philosophie orientale, nul doute que vous tomberez quand même sous le charme, si vous accepté de suivre les aventures de notre jeune poète en devenir. Elle-même d'ailleurs déjà très fan des mots dans les différents films Chihayafuru que je vous conseille également. Des cafés cultures, aux concours retranscrits à la tv, jusqu'aux écrans de Shibuya, un pan insoupçonné d'un loisir bien moins désuet qu'il n'y parait s'ouvrira à vous. Bien sur pour créer de l'intérêt, il a été jugé nécessaire par les scénaristes d'introduire, assez maladroitement d'ailleurs le monde du rap. Comme s’il y avait en 2021 de la nouveauté à faire rimer posse et poésie (MC Solaar 1990 quand même).

La France et le Japon se retrouve donc sur cet amour des mots et pas seulement dans le Rap. Rien qu'à voir le succès des jeux de lettre à la tv française, depuis des décennies, par exemple. La production de ce téléfilm met particulièrement bien en en avant les haïkus en les affichant à l'écran et je salue la traduction anglaise d'ECO TV, respectant le sens, le fond et la forme. Donnant ainsi la possibilité aux anglophiles d'apprécier toute la subtilité de ses courts poèmes.

Si effectivement le monde du Hip hop reste caricatural, comme celui littéraire d'ailleurs avec un Tanabe Seiichi en dandy, cheveux trop longs à la BHL, Alain Finkielkraut ou Luc Ferry, il est ici, pour le moins touchant avec ce Hagebose qui cherche ses mots chez une jeune étudiante amoureuse des Haïkus. Finalement pas mal de scene sont assez cocasses (on n'ira pas jusqu'à drôles) mais surtout une fois de plus Hirose Suzu nous montre ses talents sur scène. Alors qu'elle m'avait déjà laissé sur le cul dans Ichido Shinde Mita, en Metal girl au phrasé juste, ici elle explose durant la battle contre Hagebose. Telle une Enimen au feminin, tant du flow, au costume.

Mais là, j'en dévoile trop, car MC Hachimitsu est une des grandes réussites de ces presque 3h de drama qui reste quand même assez fleur bleue, comme le montre parfois ses jolies scènes impressionnistes, malheureusement sous exploitées. Cela permet tout comme le thème principal de mélanger deux mondes. La tradition et la modernité, la ville et la campagne, les réseaux sociaux et la littérature, bref un concentré du Japon, représenté par leurs meilleurs acteurs. Suzu, bien sûr, même si porter des lunettes pour se cacher reste trop cliché et gâche un jeu qui n'en a pas besoin. Miyazawa Hio qui en plus d'être un bellâtre est juste dans son rôle d'écrivain torturé et mérite maintenant d'apparaître bien plus souvent sur les écrans. Les seconds rôles participent aussi avantageusement à un téléfilm qui aurait mérité pour le coup d'être un véritable drama saisonnal comme le thème principal de beaucoup Haïkus, qui je suis sûr, vous feront fondre comme une Omurisu, omurisu, omu, omu, omurisu ....

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Satsui no Michinori
3 people found this review helpful
Dec 28, 2020
7 of 7 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 8.0
Acting/Cast 10
Music 10
Rewatch Value 9.0

Le meurtre "Pour les nuls"

Attiré par un unique nom, Bakarythm, je ne m'attendais pas à prendre autant de plaisir à visionner ses quelques courts épisodes. L'affiche et le pitch laisse présager un drama noir, sérieux et un peu ennuyeux avec pour thèmes la vengeance teintée de violence et de mépris. Mais c'est mal connaitre Bakarythm, ici scénariste et co-premier rôle, mais surtout comique ultra populaire au Japon. Son humour, effectivement parfois noir, mais souvent décalé et subtile est basé sur les mots et les non-sens et il a fait mouche depuis longtemps dans le cœur des Japonais qui lui rendent hommage par de nombreux prix et émissions à la télé. Son flegme (amplifié par ses grimaces, il faut bien dire) fait de lui le partenaire idéal d'Iura Arata. Son cousin dans la série, rongé par la vengeance suite au suicide de son père.

Tout comme pour Bakarythm, le jeu d'acteur d'Iura fait beaucoup dans la réussite de l'œuvre. L'écriture du comique-scénariste lui donne l'occasion de sauter de pensés meurtrières à des détails d'une insignifiance délirante qui me fait éclater de rire malgré la répétition des situations ubuesques. À force on sait à quoi s'attendre, mais la tension est parfois telle, avec un monologue très sérieux et extrêmement bien récité par Iura et ses traits de visage très durs, que la cassure avec la situation suivante n'en est que plus drôle.

La mise en scène également est fantastique. Tous ses silences après une énormité dite avec le plus grand sérieux. Avec en plus une musique au top, placée comme il faut et donnant un côté glaçant à la manière des musiques de John Carpenter, synthétiques et minimalistes. Mais également avec des coupures de silence parfaitement maitrisées. Le timing dans la mise en scène est parfait. L'introduction avant le générique, le découpage des épisodes avec à chaque fois un thème en fil rouge.

Si vous avez peur de l'humour noir, il faut au contraire absolument voir cette série. Elle vous fera lever vos craintes, car elle ne contient rien de choquant. Au contraire, la douceur apportée par les personnages féminins va terminer de vous convaincre. Mais loin d'être des faire-valoir, elles prennent un rôle essentiel dès le premier épisode. Si ce n'est que le parti pris un peu trop sérieux de la fin de la série (mais je n'en dis pas plus) et le fait qu'on aurait voulu deux ou trois épisodes en plus, il n'y a rien à redire. Les 30 min en eux ne sont pas très gênants, mais seulement 7 épisodes, rahhhh!!!!

On nous promet un film pour le mois de février 2021, mais cela semble plutôt un remontage. Si c'est le cas je ne peux que le déconseiller, tant le format chapitre touche au génie. Mais si un scénario alternatif, voir original est proposé je crois que je serai prêt à assassiner quelqu'un pour le voir.
Maintenant que je sais comment faire...

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Seiren no Zange
3 people found this review helpful
Nov 21, 2020
4 of 4 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.5
Music 9.5
Rewatch Value 8.5

Breaking / News - les infos qui font mal

Les dérives des médias japonais, voilà ce que "Seiren no zange" veut dénoncer et je dois dire que c'est plutôt bien réussit. Alors que le pitch de départ est des plus classiques, pour un thriller qui se veut sérieux. Harcèlement d'une jeune fille qui conduit à sa mort, on suit l'enquête à travers les yeux d'une jeune journaliste vénère et de son compère bourré de testostérone. Loin donc des dramas comico-mystery...ques, que j'affectionne tant.

Dans cet univers adulte et malsain, les personnages transpirent de défauts et les pires caractères humains ressortent. Mention spéciale au chef du service reportage-investigation. Dommage que les trais des jeunes loubards soient un peu trop forcés, comme souvent dans ses séries, on a du mal à faire dans la dentelle avec les exclus, volontaires ou non de la société japonaise. Jetés en pâture à la vue de tous par des médias en quête de sensationnalisme, on accentue de manière voulu ou non leur non-conformité. L'actrice principale en quête de justice, nous plonge dans ses doutes face à son métier et montre, certes avec moins de subtilité que le film "l'infirmière" de Fukada Koji, à quel point les médias et les réseaux sociaux ont le pouvoir de faire l'opinion. Véritable cancer de nos sociétés modernes et du Japon en particulier, c'est une série à montrer à ceux qui imagine encore que le japon reste le pays le plus paisible au monde où il fait bon vivre." Pas de criminalité, les gens sont si gentilles, etc ...". Avec une musique épique (un peu trop peut-être) je n'ai qu'un seul bémol à ma critique plutôt positive. 4 épisodes c'est trop long pour une enquête de ce type, mais c'est bien trop court pour le sujet des médias. J'attends avec impatience une nouvelle saison, le sujet étant vaste, la production et les acteurs étant à la hauteur. Et peut être qu'on verra enfin sourire Araki Yuko cette fois.

Read More

Was this review helpful to you?
Ongoing 7/10
Shiko Funjatta!
6 people found this review helpful
Jan 29, 2023
7 of 10 episodes seen
Ongoing 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 9.0
Rewatch Value 8.5

On se sert le Mawashi ?

Se lever tous les jours à la même heure, allumer son PC et écrire inlassablement des critiques de dramas japonais, mais que peut-être personne ne lira. C'est sûrement dans cet état d'esprit que sont les héros de Shiko Funjatta! le remake drama, version Disney+ d'un film à succès de 1992 sur le Sumo.

Même si plusieurs mots ont dû vous effrayer dans mon introduction (Disney, remake, sumo…, ) ne partez pas tout de suite. Tout comme les quelques uniques membres de l'équipe de sumo de cette université, vous aurez d'abord des aprioris et voudrez fuir en courant. Puis, par curiosité, vous l'observer d'un air un peu moqueur, en vous disant que c'est ridicule. Très vite, vous admirerez le courage des acteurs pour vous faire rire et surtout pour vous faire progresser dans votre idée du Sumo. En les trouvant de plus en plus cool, comme ce sport millénaire mêlant religion et bouffe, et encore tellement méconnu et rayé en occident.

On retrouve évidement tous les poncifs des œuvres sportives japonaises. Des jeunes sans aucun talents se mettent à faire un sport en perdant tout leur match d'abord, puis petit à petit, on gagne en force et en classe. Les concurrents qui deviennent ensuite partenaires, les amis qui ne cessent d'augmenter, les débuts dans un local minable, mais qui gagne lui aussi en classe au fur et à mesure. Et bien sûr, les perdants, dans le doute, qui sont prêts à abandonner, mais qui reviennent encore plus motivés dans l'épisode suivant. Alors, vous n'aurez pas une série au long cours de 150 épisodes comme pour le baseball ou le soccer, mais une minisérie de 10 épisodes qui heureusement ne reprend pas tout à fait la trame du film de 1992.

Et pour cause, plutôt qu'une renaissance, c'est une suite, 30 ans donc, après le film. Les décors et la musique sont repris. Cette Ending qui ne vous sort plus des oreilles, d'ailleurs, et qui devient encore plus addictif en anglais. Les mentors, pour nos jeunes recrus, sont les acteurs du film original. Si Motoki Masahiro, le héros charismatique, ne fait pas d'apparition, Takenaka Naoto revient pour notre plus grand bonheur. Mais un peu moins, pour celui de nos toilettes. En comparant avec son image de 1992, on voit à quel point la barbichette et le crane lisse lui donne de la classe. Qu'il perd aussi vite durant les premières secondes. Shimizu Misa, elle, n'a pas changé si vous comparez aux images d'époque. Les femmes japonaises restent éternellement jeunes et pétillantes, ça me fascine toujours. Mais concentrons-nous sur les jeunes pousses.

On retrouve Hayama Shono, éternel rôle secondaire des sitcoms à la japonaise. Celles calibrées pour les retours d'écoles, faites de gueules d'anges et de sourires, parfaites pour une production Disney. étonnamment, il ajoute une petite profondeur à un personnage lisse, typique des productions pour ados occidentales. Il arrive à être touchant, mais ça n'a aucune commune mesure avec la vraie révélation de cette série, à mon sens, qu'est Ihara Rikka.

Choisie peut-être pour sa bouille un peu ronde. Afin de rappeler que le sumo, ce n'est pas fait pour les filles filiformes dans l'imaginaire commun. Sa présence va bien au-delà d'un physique qui, on le sent, est un peu travaillé pour la série. Elle illumine ce drama comme premier rôle. Ses capacités à faire des shikos nous fascinent en premier. Puis son leadership sur une équipe entièrement masculine nous réjouit et subjugue. Par ses mouvements, sa présence, ses expressions faciales, sa voix et son intonation, ce drama mérite à lui seul d'être vu. La grâce qu'elle dégage dans ce sport machiste au Japon et moqué en occident, vous tiendra en haleine jusqu'au bout de la série. Sa combativité pour gagner des matchs bien sûr, mais aussi et surtout faire vivre son club, faire aimer son sport, se faire des amies, alors qu'elle devrait avoir tout pour rebuter, vous fera fondre. Se battre également pour faire accepter la mixité dans son sport, raisonne avec le combat permanent que se livre hommes et femmes qui souhaitent l'égalité au Japon et ailleurs d'ailleurs.

Loin d'être réservé aux amoureux du sport, et encore moins à des Japonais, ce drama est une déclaration d'amour au Sumo. Vous aurez au minimum le béguin pour ce sport en suivant les aventures de nos beautiful loser. Car c'est quand même un championnat de la lose auquel on assiste. Mais on peut avoir une autre interprétation, celle d'une mise en avant de la tolérance. Pour un sport différent et qui véhicule tant de cliché ridicule en occident et tant de belles valeurs en réalité. Pour des personnalités différentes aussi, dans un pays en plus remplis de conformisme. Le tas de muscle idiot, le danseur trentenaire au chômage timide, ou l'Otaku asocial… tellement de personnalités encore rejetées par les groupes, à l'école et dans la société et accueillies dans ce sport qui forme une véritable famille. La compétition n'est pas le plus important dans la série. C'est la tolérance et l'accueil avec des diners monstrueux d'après entrainement et l'égalité de tous dans le cercle du dojo. Du réconfort pour l'âme, mais ne vous attendez pas à une série larmoyante. Vous réfléchirez sur votre comportement face à la différence, certes, mais tout en vous esclaffant par le comique de situation, visuel, tactile et olfactif dont les Japonais raffolent. Et pour le coup vraiment international.

Je vous invite donc à pousser la porte de la remise derrière votre école et vous verrez, vous prendrez goût à bien vous faire serrer le Mawashi par un pote en sueurs de 130 kilos derrière vous.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Watashi no Otto wa Reitouko ni Nemutte Iru
5 people found this review helpful
May 30, 2021
6 of 6 episodes seen
Completed 0
Overall 8.0
Story 8.5
Acting/Cast 8.0
Music 7.5
Rewatch Value 7.5

Voilà l'été

L'été arrive enfin et il est temps de brancher ce vieux congélateur dans la remise pour savourer un délicieux kakigoori. Mais n'allez pas y fouiller, car vous y trouverez le marie de la belle Motokariya Yuika.

Watashi no Otto wa Reitoko ni Nemutte iru est le petit Drama horrifique qui nous donnera les frissons nécessaires durant les chaudes nuits d'été. Enfin horrifique, on ne sait pas trop. Jouant avec une mise en scène permettant les twists les plus improbables, le format 20 min donne également une intensité et un climax à chaque épisode. Seul le nombre restreint de 6 peut décevoir, car il y avait la matière pour doubler en longueur le suspense.

Sauf avoir lu le manga, on sera au moins surpris par un twist ou une scène par épisode, tant les personnages sont inquiétants à souhait ou au moins bourrés de cachoteries et de mystères.

Le jeu peut parfois rebuter, surtout pour Yuika qui semble hésiter entre en faire trop et pas assez. Mais ces maladresses prennent tous leur sens avec son personnage que l’on découvre au fur et à mesure. Shirasu Jin en marie parfait et inquiétant à souhait montre tout son talent et son visage de beau gosse. À telle point qu'on ne sait plus si c'est le pire des salopards ou une victime. Et la mise en scène sans effets spéciaux autre que la glace recouvrant le visage, donne le frisson comme il faut. Une série de fantômes, un rêve, une réalité, le suspense est entier jusqu'à la dernière minute ? Alors n'hésitez pas, car la glace fond vite par ses temps chauds.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
Warui Natsu
2 people found this review helpful
Aug 11, 2025
Completed 0
Overall 9.0
Story 9.5
Acting/Cast 10
Music 8.5
Rewatch Value 9.0

La métamorphose des cigales

L'été de tous les records, en chaleur, a accouché également d'un film bien moite, dégoulinant de misère sociale et de violence gratuite. Il ne vous apportera aucune fraîcheur pour le corps, mais glacera les esprits par sa brutalité et son réalisme. Si la présence du troubadour de ces dames, Kitakura Takumi, peut poser quelques doutes sur la noirceur de cette œuvre, Kawaii Yuumi a déjà prouvé dans le récent Yakuza, par exemple, qu’elle pouvait porter très mal son nom en jouant parfaitement la vulgarité pour ne pas dire la salopette. Et surtout, Kubota Masataka n'en est plus à un rôle musclé près.

C'est, en réalité, une performance de chacun à laquelle vous allez assister, pour un film qui se regarde d'une traite par une soirée de canicule. Yuumi-chan performe dans son rôle de pétasse, mais tellement attendrissante quand elle apprend à être mère. Masataka-kun, lui, est flippant à souhait en yakuza looser et Kinami Haruka poignante en mère courage, mais c'est Takumi-kun qui va vraiment vous impressionner dans son rôle. Certes, pas dans les premières minutes, où il joue à la perfection le fonctionnaire coincé et inutile, comme il pourrait être dépeint par un journaliste de C News. Engoncé dans son costume, il part sous une chaleur torride à la recherche de la moindre arnaque à la prestation sociale. Rentrant dans les appartements miséreux remplis de sacs-poubelle et sortant avec la conviction d'être un homme bien et utile à la société en octroyant un misérable renouvellement de droits.

Cependant, rien ne se passera comme dans un drama feel-good de l'été. Ce film est même peut-être l'antidote aux cascades de bons sentiments de ces séries trop nombreuses à cette période. Manipulation, abus, escroquerie… tout est crade, respire la sueur et bon nombre de personnages vont en faire les frais. Les personnalités changent radicalement à un moment ou à un autre, et nos convictions avec. Tout va dans la surenchère, avec des moments forts, voire choquants. Il vaut mieux être averti, vu les cascades de bons sentiments des premières minutes.

Mais la production a disséminé tant d’indices visuels et sonores dès le début, qu'on ne peut pas se plonger corps et âme dans Warui Natsu par hasard. Et pourtant, elle souffle le chaud et le froid, alternant tous les côtés positifs et négatifs de la nature humaine, parfois dans le même personnage. Deux pointures sont à la manœuvre là-derrière : Jojo Hideo à la réalisation, épaulé par Mukai Kosoku à l’écriture. Et ils arrivent à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière seconde et l'ouverture de cette porte.

Clairement, ce film aurait dû faire la tournée des festivals et ... arriver chez nous en plein hiver trois ans après sa sortie japonaise, comme à la Belle Époque d'avant les plateformes (je plaisante, elle n'était pas si belle, pour la localisation !). Mais la guerre menée par Amazon et consorts pour avoir toujours plus d'exclusivités fait que les cinémas, de surcroît indés, disparaissent, et leur programmation déviante avec. Quel dommage, j’aurais tellement voulu le (re)voir en 2027 avec trois autres retraités de la fonction publique. Bien sûr, en les méprisant, car " je l'ai déjà vu, il y a longtemps" me dirai-je. Et en me disant qu'ils se sont fait arnaquer en payant 10 € leur place de ciné ( j'ai dit cinéma indé). Qui sait, ça arrivera peut-être : il y a toujours moyen de se faire du fric sur le dos des personnes fragiles dans le grand théâtre de la vie.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
After School Doctor
2 people found this review helpful
Dec 31, 2024
10 of 10 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 7.5
Acting/Cast 9.0
Music 7.5
Rewatch Value 8.5

L'infirmerie, après les cours

Le genre médical, comme le genre school life - GTO like sont exploités depuis des décennies sans jamais que le succès n'en démord. Après tout, on est tous malades et on va tous à l'école. Alors bien sûr, quand on tente de réunir les deux, toute la dramasphère est en émoi. Bon d'accord, c'est surtout moi qui frisonne à découvrir quel angle d'attaque ou quelle originalité va-t-on voir surgir de ce combo... Sauf que tout, dans Hokago Karte respire-le "excusez-moi d'être là, je ne voulais pas déranger". La production, accompagnée de sa musique plan plan, les décors d'une école primaire très commune et des acteurs avec à peine plus de cachet (j'y reviendrai, ne criez pas au scandale tout de suite). Mais cela, tout du moins en façade. Car cette histoire de punition pour médecin trop peu empathique recèle des trésors que seuls les vrais savent déceler et apprécier.

Soyons honnête, les débuts sont poussifs. On est loin du punch d'un GTO ou d'un choc à la 3 Nen A Gumi. Matsushita Kouhei n'est pas seulement mal à l'aise face aux enfants, il semble mal à l'aise dans son rôle. Comme si ses trop nombreux dramas passés à faire le joli cœur avaient dépeint sur sa réelle personnalité. L'empêchant, de fait, de faire le méchant. Il est censé être exécrable avec tout le monde, mais on ne nous la fait pas à nous, on sait qu'il est trop chou, malgré ses lunettes de prof de maths de manga. Début poussif aussi parce que (entre autres) Morikawa Aoi surjoue aussi un peu trop le double bénéfique du médecin. Trop gentille avec les enfants et les collègues, elle ira jusqu'à mettre en danger sa santé par servitude. Bref pas vraiment Gen Z comme ambiance, mais plutôt manga des années 80.

En réalité, la bonne surprise viendra des enfants qui sont au centre de(s) l'histoire(s). Alors que, situé la trame dans une école primaire pourrait faire craindre l'ennui (ils ont où les ados rebelles), cette prise de risque va vous prendre droit au cœur. Les élèves ne sont pas seulement attachants, ils sont de très bons acteurs et respire la joie de vivre et honnêteté dans le jeu. Forçant les adultes à améliorer leur jeu au fur et à mesure des épisodes. Chacun met de l'eau dans son vin et s'éloigne des caricatures qu'ils étaient dans le premier épisode. Se développe alors des histoires entre élèves, parents, professeurs... et ce médecin, toutes plus touchantes les unes des autres et qui sonnent justes. Rien d'exceptionnel. Des histoires de tous les jours, imprégnées parfois de la maladie, de l'absence, du rejet ou du handicap que l'on voudrait tellement éviter à nos enfants. Mais qui les rattrape dans la réalité et dans cette série qui devient une vraie leçon de vie, sans nous faire la morale

Matsushita Kouhei ne joue pas les super-héros et remet même ceux qui voudraient le faire à leur place. Il tente de résoudre les problèmes sans artifice, tout comme la production qui s'acharne à des mises en scène cheap, à la "soap opéra". Cela pourrait qui pourrait rendre fade l'ensemble, mais c'est dans sa simplicité qu'on apprécie ce drama. Les sentiments sont ressentis au plus profond de notre cœur, jusqu'au dernier épisode. On comprend alors à quel point les acteurs adultes ont voulu mettre les enfants en avant dans leur retrait. Et les émotions deviennent alors le seul point d'intérêt de l'histoire. Pas de romance, pas de vengeance, mais 10 épisodes qui vous transforment comme cette année scolaire, trouvant évidemment son point d'orgue à la remise des diplômes. On se prend alors pour le professeur quittant ses élèves pour toujours. Clairement, si un ministre de l'Éducation nationale ou de la santé me lit (je sais qu'il y en a, ils sont tellement nombreux) regardez cette série ! vous saurez alors comment donner l'envi à la Génération Z de devenir enseignant/médecin.

Read More

Was this review helpful to you?
Completed
VR Ojisan no Hatsukoi
2 people found this review helpful
Jun 2, 2024
32 of 32 episodes seen
Completed 0
Overall 8.5
Story 8.5
Acting/Cast 9.0
Music 9.5
Rewatch Value 7.0

Session de Retro Loving

Alors que la prophétie des sœurs Wachowski s'est depuis longtemps réalisée, il restait un pan de la société qui n'avait pas encore basculé dans la Matrice. Je pense évidemment à nos Vieux. Ce terme indélicat et plutôt mal défini l'est encore plus au Japon, quand on sait que Oji(i) peut désigner autant un adulte très âgé, âgé, peu âgé ou même son oncle ou son papi, pourvu que la personne qui le désigne soit plus… Jeune. Mais, quand on imagine un Vieux se mettre dans la peau d'un avatar féminin, jeune en uniforme scolaire, du dégout vient immédiatement à l'esprit. D'autant plus que VR Oji san no Atsukoi montre le monde virtuel en prise réelle. Pas d'images synthétiques ici. C'est une lycéenne, qui évolue avec les pensées de cet hikikomori de 40, toujours puceau. Incapable d'exprimer ses sentiments et d'avoir des émotions, autrement qu'en Sailormoon. Mais alors, pourquoi la league de vertu ne crie pas au scandale pédophile avec cette série de 32 épisodes de 15 minutes, diffusée de surcroit sur la télévision publique NHK ?

Pas de panique, j'ai mon slip.
Ce manque de réaction scandaleux me direz-vous, n'est pas seulement dû à case horaire 22h45 (très tard pour le Japon). Mais justement pour son appartenance à la collection des Yoru dramas de cette chaine, dont les prises de risques sociétales ne se comptent plus. Les yorudramas font souvent bouger les lignes d'un patriarchas et d'un conformisme mortifères pour les minorités. Tout comme le précédent Tsukuritai Onna to Tabetai Onna ,VR Oji interroge sur la place de l'homosexualité dans la société japonaise. Maisle propos reste peu finalement mis en avant. Car ce drama pousse surtout chacun à se remettre en question sur l'individualisme de notre monde moderne. À travers Nomaguchi Tohru qui joue parfaitement son rôle d'Otak introverti, voire inquiétant, incapable d'avoir de l'empathie pour les autres. Jusqu'au jour, où il rencontre Honami dans le monde virtuel. Née alors une amourette entre les deux personnages virtuels féminins. Bien vite, il cherchera à savoir qui est réellement Honami. Homme, femme ? Qu'importe. L'amour, ou simplement l'empathie, est un état d'esprit, une manière de vivre qui dépasse le sexe ou la Cast. Le rythme des épisodes est intéressant et une fois les personnages dévoilés, la série prend une tout autre dimension. S'interrogeant sur le travail, la famille, les amis et les liens qui nous unissent et nous renforcent.

Habillé comme une pièce montée, de choux à la crème.
Dans des décors somptueux pour le monde virtuel, on apprécie les premiers épisodes remplis d'onirisme. Les références au roman le Train de nuit dans la voie lactée, les parcs d'attractions clinquant servant de décors et surtout cette forêt de bambous qui donne envie de se plonger à corps perdu dans ce monde. Les costumes manquent un peu de finesse, certes. Faisant ressembler nos héroïnes à des choux à la crème. Mais c'est pour la bonne cause. Afin de trancher avec l'appartement sombre et inquiétant du héros, mais aussi pour faire ressortir le côté amateur des joueurs. Vous apprécierez cette mise en scène accompagnée de deux titres de C&K répétés en boucle sans jamais vous saouler. Comme la BO d'un Jeu Vidéo que vous relancez indéfiniment.

Cours à distance.
Si pendant bon nombre d'épisodes, notre attention est focalisée sur le personnage principal. Chaque personnage secondaire réel, présenté comme insignifiant dans sa vie, prendra de l'importance à l'écran en même temps que pour notre héros. Et par conséquent, on se sentira petit à petit vivre la sienne. Comme plongé dans un monde virtuel. Les émotions, l'empathie, tout devient réel pour nous par cette mise en scène et cette progression de l'histoire. Si bien que les derniers épisodes vont vous serrer votre petit cœur. Plus un questionnement sur notre existence que sur l'orientation de genre, les thèmes abordés sont l'amour, la vie, la mort, la famille, les interactions, bref les choses vraiment importantes et si éphémères. Pour plus de développement, je ne peux que conseiller de vous plonger dans ses 32 sessions de cours en visio, abordant la philosophie de la vie pour les 7 à 77 ans.

Read More

Was this review helpful to you?
May 2, 2024
20 of 20 episodes seen
Completed 0
Overall 9.0
Story 8.0
Acting/Cast 9.0
Music 8.0
Rewatch Value 8.0

La cuisine des sentiments

Peu connue, pour ses talents d'actrices, Nishino Emi est une pianiste hors pair dont j'ai eu cette chance de la voir accompagner sur scène des artistes comme Reona ou Aimer. C'est donc par pure curiosité que j'ai regardé l'an dernier la première saison de Tsukuritai Onna to Tabetai Onna. Et comme beaucoup, je me suis laissé happer par cette série qui sous ses airs de courtes récréations culinaires, après une journée de bureau harassante, parvient à toucher au cœur, comme à l'esprit. Sa réflexion sur la solitude et les problèmes qui touchent aux genres, de surcroît au Japon, nourrira votre âme et réchauffera votre cœur comme un bon Oden.

La NHK continue inlassablement sa quête de normalité pour la communauté LGBT+ en proposant régulièrement, notamment dans sa case Yorudrama de 22h45 des questions de sociétés. Un horaire qui permet d'aborder des faits majeurs loin du regard des plus jeunes et qui permet également de toucher un grand nombre de personnes. Des étudiants aux retraités, en passant par les célibataires qui croulent sur les heures sup obligatoires et qui se verront, en mangeant seuls leur cup ramen du soir, en miroir face à ce drama. Car avoir un grand nombre de spectateurs devant l'écran devient une gageure aujourd'hui et aborder de tels thèmes, un risque de les faire fuir. Seule, donc, la télévision publique peut prendre ce risque. Maîtrisé quand même, puisque le format de 15min, entouré donc de 3 séquences pub, permet une rentabilité à la japonaise. Un format qui rappelle nos shorts-séries, style "un gars une fille", mais qui sont souvent le miroir de notre société, même sur le ton de l'humour.

L'humour sera très léger ici. Le manga shosei d'origine et son adaptation prennent le parti de la légèreté de l'être, plutôt que celle des propos. Les propos semblaient justement très légers dans la première saison. Avec une apprentie influenceuse culinaire publiant ses plats sur Insta pour tuer l'ennuie. Et comme beaucoup de gents qui publient, pour chercher une reconnaissance de ceux qui les lisent (ben, oui, je parle de moi, encore...). Même si j'adore Higa Manami, la voir cuisiner l'adaptation japonaise du chou-crime, ou du monts-blancs dans un four de chambre d'étudiant, pendant même seulement 15 min, me paraissait insurmontable. Et pourtant la première saison d'uniquement 10 épisodes m'a subjugué au point que j'attendais la suivante, bien plus que celle de Yu Yu Hakusho ou One Piece. Il faut dire qu'on court à l'indigestion d'adaptation de Shonen, sur les plateformes en ce moment.

Car la grâce touche cette série de toutes parts. Si dans la première saison, la relation entre nos deux voisines reste que suggérée, cette nouvelle saison rentre directement dans le sujet de l'amour et de la vie pour les couples LGBT. La série est si bien faite, comme le manga certainement, que tout est en subtilité. Les questionnements sont réels, dans une chronologie qui laisse le temps aux personnages, comme au spectateur de réfléchir. La famille, les amis, les collègues de travail, tous sont interrogés. Ce drama ne se précipite pas, déroule ses propos et ses doutes dans la vie réelle avec réalisme et bienveillance, mais même pour les personnages moins "open". Je pense au père de Kasuga san qui représente tellement le patriarcat à la japonaise, accompagné d'une mère qu'on ne voit jamais, mais qui raisonne comme la petite voix de la société qui demande de se conformer aux règles. Car l'injonction de rentrer à la maison doit se comprendre comme celle de rentrer dans le moule demandé par la société. Hautes études, exploitée au travail, mariage, enfants, femme au foyer. Voilà encore ce qui attend la femme japonaise en 2024. Plus que la préférence de genre, c'est la liberté et l'indépendance des femmes qui font peur aux patriarches et ce drama exacerbe les propos.

Le calme apparent des personnages principaux n'est qu'une façade face au bouillonnement intérieur. Bouillonnement des sentiments étouffés par le regard des autres. Un écrasement dans cet univers qui peut sembler rose bonbon à grands coups de Cup Cake ou de Parfait au chocolat, mais qui transpire la chape sociale. Comme les sourires de façade dans cette boîte de pub trop cool qui ne sont là que pour demander toujours plus d'heures sup en plus à la jeunesse célibataire. Et cette prestation époustouflante de la part de Nishino Emi qui habite ce personnage dont les sentiments sont cadenassés depuis si longtemps.

Seul bémol pour notre pianiste, alors que le drama prône la liberté de choix face aux conventions, il faut souligner le paradoxe. L'auteure originale à chercher quand même à masculiniser son personnage de façon un peu trop grossière. Manutentionnaire, toujours en jogging, ... j'en passe dans le cliché. Mais surtout, on est face à un couple en devenir, où une femme après une longue journée de travail met encore le tablier et regarde amoureusement (comprendre: attendre son "umaï" en récompense comme une caresse pour un chien) sa bien-aimée avaler en deux secondes le bon petit plat qu'elle lui a cuisiné pendant des heures. L'égalité des sexes ne serait pas possible même dans un couple homosexuel ? Pourquoi vouloir reproduire encore une fois ce schéma de soumission, même consenti ?

Mais ne vous y trompez pas. Même dans cette saison, vous apprécierez le temps pris par la série, son calme, ses longs silences et non-dits vous apaiseront de votre journée harassante. Et vous ressortirez une fois de plus grandi, comme après un long moment de méditation prôné par un influenceur basé à Dubaï. Je suis sûr que vous pourrez mettre en pratique dans votre vie les recommandations de ce drama prodigué de manière si subtiles et pas seulement pour faire un Oden dans votre 4m² d'étudiant.

Read More

Was this review helpful to you?